Merci pour les reviews, les follows et les favos, c'est super encourageant !
Et merci à Fuwa-Chaaan pour le bêta-reading :*
Stiles relève soudainement la tête de son livre de Bio-informatique. Il ouvre la bouche mais Scott le devance sans avoir lever les yeux de ses documents. Il a toujours eu un sixième sens :
« J'ai compris Stiles. Il est incroyable. »
Le châtain referme la bouche et fait une petite moue indignée :
« On dirait presque que je te saoule là…
- Ne me fais pas ton numéro de frère mal aimé s'il te plaît.
- Ne me fais pas cette tête de "je sens que tu dis des conneries et que tu vas faire des bêtises" Bro. Et tu n'as pas répondu à ma provocation. Et je ne vais pas non plus lui construire un temple. Je dis juste qu'il est hyper doué. Il est premier dans toutes les matières – enfin l'était mais bref – ! Et on est à Columbia, pas à la fac.
- Qu'est-ce que t'as contre la fac ? gronde le brun.
- Mais rien… Je dis juste qu'on n'entre pas à Columbia comme ça et que lui, bah c'est le meilleur des meilleurs en somme.
- T'es fan quoi.
- Roooh, mais tu fais exprès ? T'as dit que t'avais compris juste pour que j'arrête ou t'as vraiment écouté ?
- J'ai malheureusement tout entendu.
- Je ne suis pas fan non plus mais c'est inspirant. »
Scott referme le compte-rendu qu'il lisait et se place bien droit face à son frère. Son haussement de sourcil suspicieux n'échappe pas à ce dernier mais il n'en fait aucun commentaire. Pour l'instant :
« Il t'inspire ?
- C'est ça. »
Mais Scott a toujours sa tête bizarre selon Stiles alors il ajoute :
« Il me donne envie de progresser. Je me dis que ce n'est pas inatteignable vu qu'on doit avoir le même âge à peu près. Et j'ai déjà commencé à le rattraper ! Dans trois matières sur huit. Enfin, j'en ai huit mais il en a peut-être d'autres… Je n'y avais pas réfléchi avant.
- Tu ne le connais pas. Même pas son prénom.
- T'es un rabat-joie, Scotty. Ça clash Parker comme nom de famille.
- T'es désespérant. » finit pas rire le brun.
Ça fait une heure que Stiles lui parle de ce Parker, alors que lui doit vérifier le travail qu'à fait Isaac aujourd'hui à la clinique. Oui, Isaac. Aussi bizarre que ça puisse paraître avec leur passé mouvementé, les deux jeunes hommes ont réussi leurs études de vétérinaires pour reprendre la clinique de Deaton. Ils se sont entraidés pour se sortir des problèmes et ça a payé. Depuis, ils sont inséparables.
« Bon, si j'arrête d'être égoïste deux secondes et que tu arrêtes d'être un mordu du travail, je peux oser te demander où vous en êtes avec Isaac ? »
Scott s'étouffe presque avec le crayon de papier qu'il mordillait et regarde Stiles avec des yeux exorbités.
« Bro ! Je ne voulais pas que tu meures, rit l'étudiant.
- Mais t'es malade ! Isaac ? ISAAC ? Nous sommes amis et collègues, insiste lourdement le plus jeune. Et je suis hétéro.
- Ce n'est pas parce que t'es sorti avec Allison et Kira que je vais te croire pur hétérosexuel mon Scotty, lui sourit-il avec indulgence. Je ne te rappelle pas ma relation avec Malia.
- Elle était bizarre. Et vous n'avez rien fait.
- Si ! Plusieurs fois. Et ne change pas de sujet, c'est moi qui ai des gênes de détective dans le sang.
- Bref, Isaac est en-dehors de mon viseur. Très, très loin. Tout comme toi je te rappelle.
- Je dois être jaloux ? le taquina Stiles.
- Non. Je dis juste qu'Isaac est comme le petit frère que je n'ai jamais eu. Toi t'es le grand et ensemble on garde la tête hors de l'eau.
- C'est émouvant. Vraiment. »
Scott roule des yeux et bouscule un peu le plus vieux avant de reprendre ses dossiers pour vérifier le travail qu'il devra faire le lendemain.
« Sarcasme.
- J'enlève seulement les cœurs qui flottent dans l'air. Mais moi aussi je tiens beaucoup à toi, et un peu moins à notre ami à écharpe mais c'est parce qu'il est toujours négatif.
- Un peu comme ton Parker.
- Comment tu peux le savoir ?
- Il t'évite. Il est jaloux, c'est logique.
- Ouai bah je sens que ça va changer ça, marmonne Stiles.
- Pardon ? »
Pour toute réponse, le châtain lui fait un clin d'œil malicieux et se replonge dans la lecture de son bouquin scientifique. Il essaie de réviser ses cours pour la rentrée parce que les examens qui arrivent seront décisifs pour savoir s'il peut continuer et il est hors-de-question pour lui de gâcher une bourse d'étude de l'Etat de Californie. Cependant, il ne peut s'empêcher de repenser à l'altercation qu'il a eu avec les deux idiots et l'autre arrogant. Il en a évidemment parlé avec Scott et celui-ci lui a donné de bons conseils, même s'il fait semblant d'en avoir marre de son frère de cœur. Ils sont bien trop proches pour se laisser tomber aussi facilement. Et il est plus qu'heureux de pouvoir passer Noël avec Scott, Mélissa et Rafael. Bon et il se doute qu'Isaac sera sûrement là lui aussi vu qu'il est orphelin et que la famille McCall semble adopter tous ceux du coin.
Le lundi de la rentrée, il planche pendant trois heures sur son examen d'analyse de données biomédicales, trouvant, exploitant et présentant les résultats et les conséquences des chiffres qu'il a reçu. Il avait heureusement pris une option dans son diplôme précédent qui l'a aidé à comprendre l'intérêt et la complexité de ce qu'il vient de manipuler : les données biologiques des traitements de différents cancers. Il est plutôt content de lui.
Sauf que quelque chose le dérange, et plus la journée passe, plus il s'en rend compte. C'est Parker. Il ne le quitte pas du regard et Stiles pourrait presque dire qu'il le suit. D'accord, ils ont tous leurs cours en commun mais d'habitude, ils ne se croisent pas dans les couloirs, ne sont pas aussi proches dans les salles et le plus grand ne le dévore pas des yeux de cette façon. Il a l'impression d'être un phénomène de foire, ce qui est particulièrement désagréable. Mais il laisse l'autre faire, attendant de lui qu'il fasse le premier pas. Alors Stiles n'est qu'à moitié surpris quand Parker vient s'assoir à ses côtés pour la pause déjeuner le lendemain.
« Je ne crois pas que nous ayons été présentés alors voilà : Peter Parker. Enchanté. »
Le plus petit des deux tend sa main solennellement, un mince sourire étirant ses lèvres. L'autre hausse un sourcil un peu perplexe mais finit tout de même par serrer la main offerte :
« Stiles Stilinski. Pourquoi maintenant ?
- J'ai pris de bonnes résolutions. »
La surprise et l'amusement font du visage du plus grand une sorte de grimace assez comique qui agrandit le sourire de Peter :
« Non, vraiment.
- J'ai peut-être compris que j'étais stupide.
- Félicitations ! » cingle Stiles.
Son sourire sarcastique agace un peu Peter parce qu'après tout, c'est lui qui a fait des efforts pour arrêter cette espèce de guerre froide qui caractérisait leur relation :
« Merci, grince-t-il.
- T'as arrêté d'être jaloux du coup ?
- Non, grogne-t-il – est-ce qu'il veut sérieusement le pousser à bout ? – Sauf que c'est débile de t'éviter parce que t'es doué. En plus, t'as l'air de quelqu'un de bien.
- Ne me complimente pas trop, je pourrais m'habituer. Mais ouai, j'espère rester quelqu'un de bien jusqu'à la fin de ma vie. »
Selon Peter, cette phrase a plus de signification qu'elle le devrait pour sa nouvelle connaissance mais il laisse couler. Ça doit être trop personnel pour être abordé avec quelqu'un qu'on connait depuis à peine cinq minutes. Alors qu'ils se jaugeaient tous deux du regard, celui de Stiles devient plus perçant :
« Sérieux, pourquoi t'es là ? Je n'ai pas l'impression que tu manges avec tous ceux de notre cursus qui n'ont pas des têtes de psychopathes.
- Les autres du cursus ne m'intéressent pas. Il n'y a qu'avec toi que j'ai la sensation que l'on pourrait être ami. On se ressemble, tu ne trouves pas ?
- C'est vrai que niveaux couleur de cheveux, taille, âge…
- Stiles. »
L'appelé le regarde avec un peu de surprise dans les yeux. Il a dit son prénom, et avec une intonation un peu particulière qui ne lui déplaît pas.
« Je ne parlais pas que du physique. »
Le châtain plisse les yeux et la méfiance revient très vite dans son cœur. Finalement, il n'apprécie pas le ton du brun. Il y a ce sérieux et cette tristesse dedans qui lui fait craindre le pire. Alors qu'il se pose pas mal de question, sa mâchoire se crispe et Peter y voit là une position défensive. Il va devoir faire attention à la façon dont il doit annoncer les choses :
« Qu'est-ce que tu sais ? demande Stiles avec hargne.
- Je… Je suis désolé pour ton père. »
Les lèvres du châtain commencent à trembler quand il comprend que Peter sait. Il a dû voir que M. Stilinski senior avait été tué lors d'une fusillade à peine neuf mois plus tôt, lors de l'exercice de ses fonctions. Il avait été enterré avec tous les honneurs et un article du journal de Californie lui avait été consacré. Pas étonnant que Parker ait réussi à trouver les infos.
« Avoue. T'es un stalkeur et je suis ta proie.
- Mais non, répond-il en roulant des yeux. Tu l'as sous-entendu quand on s'est croisé avec les deux autres abrutis alors j'ai voulu vérifié.
- Intelligent. »
La tristesse qui émane maintenant de Stiles fait regretter à Peter d'avoir commencé par ce côté-là, même si son compliment qui n'en ait pas vraiment un lui arrache un faible sourire. Sauf que son interlocuteur a désormais la tête baissée vers son repas. Alors le plus petit se dit qu'il doit se lancer :
« En fait, j'ai perdu une proche récemment moi aussi. C'était en juillet. »
La lueur d'intérêt qu'il voit de nouveau briller dans les yeux de Stiles l'aide à continuer. Un mince sourire vint éclairer un peu son visage :
« Mon oncle Sasha.* Il a veillé sur moi les dix dernières années.
- Toute mes condoléances. »
Ils se fixent tous les deux avec des lueurs de tristesse et de compassion et de légers sourires sincères. Stiles comprend maintenant pourquoi Peter lui a dit qu'ils se ressemblaient. Ils ont une faille en commun.
« Bon ! s'exclame-t-il après une longue minute. Bah rendez-vous à la bibliothèque demain soir à… disons 18h30 ? Sauf si t'as des cours.
- Pourquoi ? »
Peter à l'air assez perdu et peut-être même un peu angoissé par cette proposition. Stiles trouve ça vraiment drôle vu qu'il a compris :
« Reste calme Eric. Ce n'est pas un rendez-vous galant.
- Je crois bien que je t'ai dit m'appeler Peter et je suis sûr que tu es assez intelligent pour le retenir donc pourquoi "Eric" ? »
Le visage soudain choqué en face du sien l'informe qu'il a peut-être dit une boulette.
« Eric. Eric Beale. L'informaticien dans NCIS Los Angeles. »
Devant la tête toujours perplexe de Peter, il ajoute avec plus de véhémence :
« Non mais j'aurais tout vu ! Tu ne connais pas NCIS Los Angeles ? Un classique ! C'est un crime ! Mais bref. Eric, c'est le gars dans la salle d'opération qui trouve toutes les informations qu'il veut. Et comme t'es un stalkeur inavoué…
- Je ne suis pas un stalkeur. Et ce Eric c'est genre… Pénélope Garcia ?
- Bon, tu connais au moins Esprits Criminels. C'est déjà ça. Le truc, c'est que j'étais pas sûr que t'apprécie te faire appeler "Pénélope" donc j'ai choisi un nom masculin.
- Effectivement.
- Du coup… Péné ça te va comme surnom ?
- Quoi ? s'étrangle Peter. On dirait un nom de pâtes.
- C'est ça.
- Tu n'as pas mieux sérieusement ? gronde le brun.
- Je peux vraiment te trouver un surnom ? »
Le visage de Stiles est rayonnant, comme un enfant de cinq ans devant le sapin de Noël.
« J'ai pas trop l'impression d'avoir le choix.
- Tout juste. Donc si on en revient à notre sujet de départ, demain à 18h30 à la bibliothèque pour réviser. Et je t'aurais trouvé un truc potable.
- Sérieux ?
- Bah je vais pas t'appeler avec un truc abominable non plus.
- Non, je te parle des révisions.
- Ah. Alors, nous sommes les deux meilleurs du cursus – sans vouloir nous vanter hein – donc si on s'aide mutuellement, nous serons encore plus doués. Non ?
- Ça se tient. Je serais là.
- Cool. A demain. »
Ou comment lui sous-entendre qu'il a intérêt à ne plus le suivre jusqu'au lendemain soir. Mais Peter est content. D'accord, il a peut-être mis trois jours avant de se décider à avouer avoir lui aussi perdu quelqu'un pour pouvoir prendre contact avec Stiles, mais il ne regrette pas. Il sent déjà qu'ils seront plus que des collègues de travail.
*personnage fictif que j'ai eu besoin d'inventer, vous verrez plus tard pourquoi :)
A mercredi prochain :D !
