Hey !

Oui, encore une fois j'ai oublié que je devais poster et je n'étais donc plus chez moi quand mon alarme (parce que j'ai quand même mis une alarme pour m'en rappeler) a sonné :D

Mais le voilà ! Ce petit chapitre qui j'espère vous séduira ;)

Bonne lecture !

PS : Merci à Fuwaaa-chan pour sa seconde lectures et ses conseils :*


Peter s'approche doucement de la porte. Il entend une voix masculine suivie juste après d'un éclat de rire cristallin et d'un autre son plus grave : le rire de Stiles. Il a appris à le reconnaître et à l'apprécier, parce que le plus âgé est le seul ami de son âge. Il se décide finalement à sonner et entend Stiles arriver derrière la porte. Celle-ci s'ouvre en grand et il a le temps de capter la transformation sur le visage de son ami. Ses fossettes se creusent un peu plus et ses yeux expriment un peu de soulagement. Mais c'est très bref alors Peter n'est pas vraiment certain d'avoir correctement compris le message que lui transmettait le corps de Stiles.

« Entre ! Peter, je te présente Isaac et Scott. »

Ils sont exactement comme il les lui a décrits. Isaac est plutôt grand et surtout mince, avec des cheveux châtains aux reflets dorés qui contrastent avec ses yeux bleu-gris. Et il a ce sourire en coin qui lui donne cette impression d'arrogance qui pourrait être insupportable si Peter ne savait pas qu'il a le cœur sur la main.
Scott, lui, est un peu plus petit mais bien plus large d'épaule, et Peter le soupçonne d'être musclé en-dessous de sa chemise. Il est brun, avec des yeux chocolat mais c'est surtout son adorable air de chiot que l'on remarque sur son visage, accentué par sa mâchoire légèrement décalée.

Ils sont parfaitement opposés, mais assez complémentaires et Peter comprend totalement pourquoi Stiles les voit ensemble. Ils se serrent tous la main dans un geste un peu formel mais que leur hôte voit d'un très bon œil, puis le plus jeune s'assoit sur le canapé avec Isaac à sa droite et la soirée reprend, comme s'il avait été là depuis qu'elle a commencé.


Quand Peter se réveille vers quatre heures, il sent que quelque chose ne va pas. Ce n'est pas son estomac qui a enduré le supplice de manger deux pizzas entières. Ce n'est pas non plus sa peau à cause de la chaleur étouffante de la couette qui le recouvre. Son dos ne le dérange pas tant que ça, même si le canapé de Stiles n'est pas la chose la plus agréable au monde pour dormir, mais de toute façon il était trop tard pour rentrer chez lui quand ils ont décidé d'aller se coucher. Le problème ne vient apparemment pas de lui, mais il a quand même cet angoissant sentiment de danger.

Puis vient le premier cri, de terreur pure et incontrôlée. Peter s'emmêle dans le tissu quand il veut se lever précipitamment et il ne réussit qu'à s'écraser lamentablement par terre. Il entend encore un hurlement, et un autre encore qui lui coupent un peu plus la respiration, mais il finit par se défaire de l'emprise démoniaque et arrive un peu essoufflé devant la chambre de Stiles. Il ouvre doucement la porte et ce qu'il voit ensuite lui brise le cœur.

Scott et Isaac sont assis sur le lit principal de la chambre, et le premier tient dans ses bras une forme floue qui se débat. Stiles ne cesse de donner des coups de poings sur le torse de son presque frère, alors que le troisième lui caresse le dos pour essayer de l'apaiser. Scott chuchote des mots rassurants pour que Stiles se calme mais ce dernier n'arrête pas de le repousser. Et finalement, Peter comprend réellement la situation.

Stiles essaye de se faire mal. Et il a déjà réussi vu le sang qui coule de son avant-bras gauche.

Le plus jeune réagit alors d'instinct et va chercher de quoi désinfecter et bander la plaie, tout en essayant de chasser la vision de ses yeux : son ami s'est griffé jusqu'au sang. Lorsqu'il revient dans la chambre, Scott s'arrange pour tenir Stiles contre son torse alors qu'Isaac lui attrape le bras et que Peter fait ce qu'il peut pour le soigner. Pendant qu'il s'applique, il entend son ami murmurer des paroles incohérentes, avec des noms qui lui sont inconnus. Stiles ne cesse de répéter qu'il est désolé et que Jackson n'aurait jamais dû vivre. Qu'Allison est morte par sa faute. Que Malia a bien fait de le quitter. Qu'il ne les mérite pas. Et toutes ses conneries percent un peu plus le cœur de Peter qui sait parfaitement que le plus âgé ne dit ça qu'à cause de la culpabilité qu'il doit renfermer depuis la mort de son père. Ça fait pile un an. Il y a 365 jours, le 2 avril 2021, John Stilinski mourrait et laissait derrière lui un jeune adulte traumatisé par la perte parentale. Peter comprend à quel point Stiles peut être au plus bas – vu qu'il a lui-même vécu ça – même s'il ne pourra jamais totalement être comme lui puisque chaque peine est différente. Mais il veut tout de même l'aider.

Sauf qu'une fois qu'il a fini, il ne sait pas quoi faire de plus. Scott est déjà en train de bercer Stiles, qui devient de moins en moins violent, et Isaac lui apporte le réconfort qui pourrait lui manquer. Peter se sent de trop dans cette bulle soudée et presque familiale. Il devrait peut-être retourner dans le salon pour attendre que tous se rendorme. Mais alors qu'il se lève, Isaac l'attrape et le coince sur le lit, avec eux.

« Reste. »

Il aurait pu protester, sauf que ce n'est pas Isaac qui le lui a demandé. C'est Stiles. Stiles qui n'a pas l'air de vouloir qu'il reste, mais d'en avoir vitalement besoin.

« Désolé. Je t'ai réveillé. »

Sa voix est beaucoup plus grave et rauque que d'habitude et Peter sait que c'est parce qu'il a crié jusqu'à ce que ses cordes vocales le brûlent. Alors il a une idée pour participer un petit peu :

« Pas grave. De toute façon, je suis resté pour ça. J'allai te faire un décaféiné au miel et à la framboise. Tu vas en avoir besoin pour ta gorge. »

Le plus âgé resserre un peu ses doigts tremblants autour de son haut de pyjamas, puis il le lâche enfin avec un petit hochement de tête. Alors Peter se lève rapidement : il ne veut pas perdre une seconde loin de Stiles. La boisson est faite en un temps record et il réussit à la ramener en moins de dix minutes. Et bizarrement, la configuration de la pièce change. Scott et Isaac descendent du lit lorsqu'il entre et retournent se coucher sur le matelas gonflable, alors que Stiles semble l'attendre.

Dire qu'ils sont tous les deux angoissés serait comme dire qu'il ne fait toujours pas jour : c'est une évidence. Peter a tellement peur de faire un faux pas qui ramènerait Stiles dans son état précédent qu'il avance précautionneusement, alors que son ami suit le moindre de ses gestes. Il atteint finalement le lit et monte dessus avec lenteur pour venir se caler à côté du plus âgé, contre le mur.

« Tiens.

- Merci. Et désolé.

- J'ai juste vidé une bouteille de miel et une demie de framboise. Pas de quoi s'affoler parce que je crois bien que tu en as une réserve entière. »

Stiles a un mince sourire avant de porter la boisson à ses lèvres. Peter stresse un peu parce que si son hôte ne l'aime pas, ce sera carrément gênant. Mais il sent imperceptiblement que l'autre se détend et qu'il retrouve même un peu de sa joie de vivre, alors il se calme lui aussi. Il n'avait pas remarqué à quel point son cœur battait vite. Ils restent silencieux le temps que Stiles boive entièrement son déca et que Peter inspecte la chambre tout en remarquant que les deux autres se sont endormis comme des princesses – même si le décalage horaire est une excuse valable. Enfin, le plus âgé pose son verre sur sa table de chevet et se met sous sa couette, restant toujours tourné vers Peter qui ne sait pas comment réagir. Alors Stiles soupire un peu puis ose demander :

« Tu peux venir ? Je n'ai pas envie d'être seul. »

Le plus jeune pourrait argumenter en disant que Scott et Isaac sont juste à côté mais il voit dans les yeux de Stiles que ce dernier en est parfaitement conscient malgré sa crise passée. Alors Peter se soulève avant de se glisser sous les draps, rapprochant son corps de celui de son ami, qui vient immédiatement se blottir contre son torse. Peter met un peu de temps avant de réagir et d'attraper les mains de Stiles dans les siennes, les gardant au chaud entre eux.

« Désolé de gâcher ton seul jour de repos.

- Arrête de t'excuser. »

Le plus jeune ne voulait pas le dire aussi directement, mais ça suffit.

« Tes réactions sont parfaitement normales comparées au trauma que tu as. Si je suis ici, c'est parce que j'en ai envie et pas parce que j'ai pitié de toi ou je ne-sais-quelle idée stupide tu as derrière la tête. Franchement Stiles, tu es le plus intelligent de nous deux et tu arrives à imaginer des absurdités sans nom quand tu es dans l'équation. Ton père n'est pas mort par ta faute, à moins que tu m'annonces maintenant que tu l'ais poussé en plein milieu de la fusillade ou que tu ais toi-même appuyer sur la gâchette.

- N-Non.

- Bien. Même si je n'en ai jamais douté. »

Ils restent un moment silencieux, mais ce n'est pas ce manque de paroles comme ils ont eu toute à l'heure pendant que Stiles buvait. C'est un silence reposant, fait d'acceptation et de gratitude. Peter peut le sentir dans l'air qu'ils partagent. Puis Stiles ose demander :

« Comment tu fais ?

- J'ai appris.

- Moi je n'y arriverai pas. Ça fait un an déjà et ça ne passe pas.

- Tu y arriveras. Avec le temps et les personnes qui t'entourent, comme Isaac et Scott. A force de faire attention aux petites choses que tu aimes, comme le latte macchiato à la framboise. Avec des nouveaux projets de vie, comme notre master.

- Et après ?

- Il y a des rechutes. Et tu n'es jamais à l'abri que ça recommence. »

Stiles plante alors ses yeux dans ceux plus foncé de son vis-à-vis.

« Ta douleur… Elle ne date pas d'un an.

- Non. »

Peter repense un instant à tout ce qu'il s'est passé depuis que ça a commencé. Il a l'impression que ce qu'il a fait pourrait remplir trois vies.

« Mon oncle Ben est mort il y a sept ans, parce que j'ai laissé passer quelqu'un dans la rue. Il m'attendait à 500m de là, mais l'autre type lui a planté un couteau dans le ventre et lui a volé sa voiture. Je n'ai rien pu faire.

- Peter, tu…

- Ensuite, le coupe-t-il, c'est ma tante May qui est décédée, le 29 février 2016. J'étais en voyage pour mon cursus et quand je suis rentré, ils m'ont dit qu'elle avait été étouffée par les flammes de l'immeuble dans lequel elle travaillait. Il y avait eu un accident un peu plus bas dans la rue alors les pompiers ont mis trop de temps pour réussir à la sauver. Elle non plus je n'ai rien pu faire.

- Je suis sûr qu'elle n'aurait pas voulu que tu te mettes en danger pour elle.

- Mais je l'aurais fait, pour eux deux, parce qu'ils m'ont élevé depuis la mort de mes parents quand j'avais quatre ans.

- Je ne savais pas. »

Peter hausse un sourcil, persuadé que Stiles savait déjà tout ce qu'il lui disait.

« Je n'ai pas voulu chercher dans tes dossiers personnels pour savoir tes histoires familiales.

- Moi non plus. Je ne l'ai fait que pour ton père, parce que j'avais un doute et que je ne te connaissais pas.

- Tu n'es pas au courant pour ma mère ?

- Non.

- Elle était malade : dégénérescence et atrophie de certaines parties du cerveau. A la fin, elle imaginait des choses et ne distinguait plus le réel des cauchemars. C'était atroce. Alors quand elle est morte, je me suis senti soulagé, pour elle, pour mon père et pour moi.

- C'était il y a longtemps ?

- Le 2 avril 2002. J'avais onze ans.

- Le… »

Peter ressent soudain comme une onde de choc qui part de son cœur. La mère de Stiles et son père sont morts le même jour. Le 2 avril. Evidemment qu'il ne supporte pas cette date au point d'en faire des crises de panique.

« Hey. Ça va mieux, OK ? Ne fais pas cette tête paniquée, l'implore Stiles en passant sa main dans le creux de son cou.

- Tu es sûr que tu ne vas pas recommencer cette nuit ?

- Non, tu m'as un peu rassuré. Mais… est-ce que tu as fait beaucoup de rechutes ?

- Non, mais elles peuvent être violentes.

- Comment ça ? »

Peter se mord un peu la lèvre, puis finit par lâcher une main de Stiles, avant de remonter légèrement le bas de son T-shirt. Le plus âgé écarquille les yeux alors que Peter explique :

« C'est une tulipe. C'était les préférés de ma tante et la dernière que je lui ai offert.

- Et ça ? » demande Stiles tandis que ses doigts libres viennent effleurer la peau marquée de son cadet.

Juste à côté de l'os de la hanche, Peter a le tatouage d'une fleur, une tulipe géométrisée. Le seul défaut de l'œuvre est une longue ligne de peau en cicatrisation qui barre le dessin, et la plaie a dû être profonde pour que l'encre du tatouage ne se réimprime pas dessus.

« Ma rechute d'il y a huit mois.

- T'aurais pu mourir !

- Non. J'ai fait attention à l'artère fémorale.

- Pourquoi tu… ?

- Je ne sais pas. J'en avais envie. Et finalement, ça exprime bien les choses je trouve. La fleur est coupée parce que la vie de ma tante l'a été elle aussi.

- Aussi simple que ça ?

- C'est parfois ce dont on a besoin. »

Et Peter ne se souvient pas de la suite, parce qu'il a sûrement dû s'endormir, rythmé par les battements de cœur de Stiles et par sa chaleur corporelle.


Bon et bien je n'ai qu'à dire rendez-vous à mercredi (on espère) prochain :D

Et n'oubliez pas de laisser vos avis ;)