Tadaaam ! Bonne lecture :D
« Qu'est-ce… Qu'est-ce que tu racontes ?
- Ne fais pas l'innocent avec moi. Ça fait une semaine que je le sais, et c'est flagrant quand on est dans la confidence.
- Mais n'importe quoi !
- Alors pourquoi tu disparais soudainement des cours ? Que tu m'as laissé en plan plusieurs fois à la bibliothèque pour réviser ? Que tu ne réponds pas à ton téléphone alors qu'il est toujours allumé et que même quand on joue à la PS6 tu arrives à envoyer des SMS ?
- J'ai un travail à côté, je te l'ai dit.
- Et tu ne veux jamais en parler, ce qui n'est pas très étonnant vu que les Avengers sont considérés comme des agents secrets.
- Arrête.
- Quoi Peter ? Je dois tout te dire mais toi tu te gardes le droit de me révéler le truc le plus ahurissant de ta vie ? Je viens de te parler de JACKSON bordel !
- Arrête ! »
L'instant se fige, alors que les deux étudiants se font face. Stiles est clairement en colère et Peter aussi, mais le deuxième a plus peur qu'autre chose. Son ami sait. Son ami sait alors qu'il voulait garder ça secret.
« Comment tu pourrais comprendre un truc pareil Stiles ? Ça fait bientôt cinq ans que je vis avec ça, tout seul ! Et tu voudrais que je t'en parle aussi librement que tu me parles d'un de tes camarades de classe ?
- Un dealer ! Un putain de foutu dealer qui a tué des gens !
- J'ai aussi tué des gens ! Et tu crois que j'ai envie d'en parler ?
- Je croyais qu'on était proche tous les deux ! Est-ce que ces quatre mois ne comptent pas pour toi ?
- Quatre mois ce n'est rien, et on ne parle pas d'un secret aussi lourd avec n'importe qui. »
Peter sait immédiatement que ses mots sont allés trop loin. Le visage de Stiles se décompose et une vague de frissons dévore ses avant-bras.
« Je…
- Pars.
- Stiles, je…
- Peter. Je te jure que même si tu as des superpouvoirs, si tu ne sors pas maintenant de chez moi, je vais te mettre par terre et t'envoyer à l'hôpital. »
Alors à contrecœur, le cadet prend son sac et sort de chez celui qu'il considérait comme son ami.
Le lendemain, Stiles n'apparaît pas en cours. Peter à beau chercher dans tous les amphis, le plus âgé n'y est pas, alors il se décide à réutiliser le mouchard mais il n'a que le temps de le géolocaliser avant que la connexion ne coupe. Stiles a réussi à éjecter le virus, et il est à Beacon Hills.
Ok, les cours du second semestre se finissent aujourd'hui.
Ok, ils ont deux semaines de libres pour réviser avant les partiels.
Ok, il a un peu exagéré hier avec la panique et tout ça.
Mais Stiles s'est barré à l'autre bout du pays !
Peter n'en revient pas. Si ce n'est pas totalement insensé un plan pareil ! La colère qu'il a ressenti la veille se réveille et elle grandit encore un peu. Sa mâchoire et ses jointures de doigts se contractent pour essayer de le calmer, mais c'est vain. Une tête se tourne vers lui et fronce les sourcils sauf que c'est une autre personne qui intervient :
« Qu'est-ce qu'il se passe Peter ?
- Rien. »
Natasha écarquille un peu les yeux. Il ne lui a jamais parlé aussi sèchement.
« C'est clair que toute la gentillesse du monde se dégage de ta personne, Collant.
- Qu'est-ce que t'y connais à la gentillesse, Stark ? » réplique hargneusement le plus jeune.
Le salon entier se fige alors que tous les adultes présents – soit la presque totalité des Avengers – regarde Peter avec stupéfaction. Ce dernier n'a pas besoin d'entendre leurs commentaires désobligeants. Il rabat fermement le haut de son ordinateur, évite le bras de Sam qui voulait le retenir et jette un regard glacial à Wanda qui voulait sûrement faire de même. Il décide de prendre les escaliers pour chasser ce soudain trop plein d'énergie négative qui semble le consumer mais ça ne fonctionne qu'à peine.
En arrivant dans sa chambre, il lance son ordinateur sur son lit, puis enlève ses chaussures et les jette contre un mur. Il ne pouvait pas risquer de casser son dernier point d'ancrage. Mais il ressent une émotion étrangement douloureuse. Il aurait peut-être besoin d'aller se fatiguer sur des sacs de frappe, et ceux du Captain de préférence. Ou de faire le tour de la ville en courant. Les lumières de New York sont magnifiques la nuit depuis les toits.
Mais la douleur s'intensifie soudain et Peter préfère se recroqueviller sur son lit, serrant son oreiller dans ses bras. Et il comprend ce qui le dérange. Ça peut paraître si évident, mais c'est aussi très troublant. Il va perdre Stiles – il l'a déjà perdu – et ça lui fait le même effet que la mort de Tante May. Comme une espèce de déchirure et de perte totale de repères vitaux à l'intérieure de son âme. Ça brûle, ça glace et ça fait surtout atrocement souffrir. Il n'a réussi à se faire qu'un ami et il va devoir y renoncer à cause de ce qu'il est réellement.
Peter en a tellement marre de devoir constamment combattre sa nature. Il aurait préféré ne jamais avoir ses pouvoirs, qui ne l'ont pas aidé à sauver sa tante, ni la dizaine d'enfants à l'origine de sa rechute huit mois plus tôt. Il n'est que gaspillage et abomination, un être incapable d'aimer sans détruire. Et c'est horrible de comprendre ça parce que son ami s'est éloigné de lui de plus de 4700km.
« Je peux entrer ? »
La voix qui vient de derrière la porte le ramène à la réalité matérielle, et il se rend compte qu'il n'a pas répondu quand Steve a toqué. Ce qui ne l'empêche pas de ne pas répondre à la question. Il n'est donc qu'à moitié étonné quand le premier héros américain ouvre doucement et s'invite dans la pièce avant de la refermer. Il sent son regard dans son dos et il n'ose pas se retourner. Qu'est-ce qu'il fait là au juste ? N'est-il pas en train de gaspiller leurs temps à tous alors qu'il ne sert à rien ?
« Peter, soupire Steve. Je ne te demanderais pas d'explications, sauf si tu veux en parler, mais j'aimerais que tu viennes au moins manger avec nous. C'est la première fois depuis deux mois que tout le monde est là. »
A contrecœur, le plus jeune se force à croiser le regard du Captain en se retournant. Steve est resté leur chef au grand cœur, s'inquiétant toujours du moral de ses troupes. C'est un homme fantastique et Peter se demande comment il a réussi à surmonter tout ça tout seul. Quoi que le plus vieux a eu la chance d'avoir le soutien de Peggy Carter, la fondatrice du SHIELD. La solitude ne serait donc qu'une émotion et non une réalité ? C'est tout de même triste de se dire que dans une ville de plus de huit millions et demi d'habitants, quelqu'un arrive à se sentir abandonné à ce point.
« Tout le monde ? demande finalement le cadet.
- Même Clint. » insiste Steve.
Et Peter sait qu'en tant qu'adulte, il va devoir y aller même s'il se sent un peu coupable de son comportement. Alors il soupire lui aussi, prend la ferme résolution de ne réagir à aucune des répliques de Tony et se lève pour faire face au Captain.
« Ça va ?
- On va dire que oui. »
Le plus vieux décide tout de même de l'étouffer dans une étreinte digne d'un ours pendant une bonne minute. Ça fait très longtemps que Peter n'a pas eu le droit à ce qu'il appelle des "câlins paternels", prodigués par Steve et Tony, et parfois Bruce même si ce dernier est bien moins tactile. Il avait oublié à quel point se sentir accepté – complètement et sans condition – peut être rassurant. Le fait de se dire qu'il finira sans doute ses jours avec les mêmes personnes, spéciales comme lui, a trop souvent tendance à lui miner le moral mais un de ses tuteurs parvient toujours à le raisonner et à lui redonner confiance.
Steve, le loyal, le magnifique avec son assurance et sa tendresse.
Tony, le joueur, l'ingénieur, avec ses blagues et ses inventions.
Bruce, le timide, l'altruiste avec ses découvertes et ses expériences.
Le premier le rassure, le second le guide et le troisième l'inspire. C'est comme ça que Peter a toujours vu leurs relations et il ne veut pas que ça change. Ils sont ses piliers pour se rappeler qu'il mérite de vivre et que ce n'est que le destin qui lui pourrit l'existence. IL. MERITE. DE. VIVRE. Comme tout le monde d'ailleurs.
« Tu t'excuseras auprès de Wanda ? Et de Sam ? »
La tête de Peter doit exprimer le regret parce que Captain lui renvoit un sourire indulgent. Si les plus âgés et avisés de leur équipe sont ses parents, il considère Wanda comme sa sœur. Il est arrivé dans sa vie juste après la mort de Pietro, c'est-à-dire à l'époque où la jeune femme avait perdu son jumeau et que lui-même apprenait la mort de sa tante. Le fait qu'ils soient tous les deux des orphelins, en plus de leurs âges assez semblables, les avait beaucoup rapprochés. La douleur brise les barrières, lui a un jour dit Banner, et il l'a parfaitement expérimenté avec Wanda.
Samuel, lui, est comme son frère. Plus vieux, certes, mais pas plus mature et c'est ce qui avait finalement facilité la création de liens entre eux. Le faucon s'ennuyait ferme quand Peter était arrivé au QG, car Steve était tellement préoccupé par son ami d'enfance – Bucky, récemment intégré lui aussi – qu'il en avait négligé son plus proche compagnon. Ce n'est qu'en voyant le goût prononcé du plus jeune pour les bêtises que le soldat ailé avait décidé de se joindre à lui et de retrouver un peu d'entrain. Ils étaient devenus des "camarades de farce", quoi qu'une sévère compétition continue de les opposer pour savoir lequel des deux est le meilleur. Evidemment, elle se fait aux dépends des autres Avengers que Peter considère tout de même comme des membres plus ou moins éloignés de la famille bizarre et hétéroclite qu'ils forment.
Et normalement il se satisfait de la vie qu'il a, c'est juste que Stiles est arrivé et qu'il a bousculé chacune de ses certitudes.
Bon j'avoue que niveau inspiration, ce chapitre a été épineux ^^'
Et la suite risque d'être un peu en retard (hum hum) parce que comme vous le savez tous - j'espère - lundi c'est Halloween et que j'organise la soirée de l'école pour jeudi soir sur ce même thème donc c'est pas mal de boulot, en plus d'obligations familiales évidemment ce WE :) et du début du NANOWRIMOOOOOOOOOO *.*
