Wahou ! Plus j'écris et la fin se rapproche et plus j'aime mes chapitres *.* Pas que les premiers me paraissent nuls ou quoi mais je préfère tout ce qu'il se passe en ce moment !
Bref, sur ce, bonne lecture ! Et remercier le NaNoWriMo de me donner l'inspiration :)
Tournant et retournant dans sa chambre, Stiles n'a qu'une pensée en tête. « N'importe qui ». Il est n'importe qui. Il se demande à quel moment tout a dérapé pour qu'il finisse par se prendre ce tsunami en pleine face. Il vient littéralement de se faire rejeter par l'homme avec qui il passait les trois quarts de son temps, avec qui il partageait des passions, avec qui il pensait éventuellement faire sa thèse de fin de diplôme. Il a été d'une stupidité sans nom.
« Stiles ? »
Isaac vient de rentrer dans son mini-royaume – autrement dit, sa chambre – et il lui sourit tranquillement, puis il lui prend le bras et les fait tomber tous les deux sur le lit dans un grand cri victorieux. Et alors que Stiles se relève sur un coude, le plus jeune lui enlève son appui et rit doucement, pendant que l'aîné va s'écraser sur l'oreiller une nouvelle fois.
« Tu n'es pas censé faire attention avec ton plâtre ? le sermonne-t-il.
- Je n'ai plus mal, et ça fait déjà une semaine Stiles, ça a presque fini de guérir !
- Ce serait quand même bête de prolonger ton arrêt maladie parce que tu veux me jeter sur un lit.
- D'ailleurs, on peut dormir ensemble cette nuit ?
- Isaac… grommelle-t-il dans le tas de plumes. On a vingt-cinq ans, merde !
- Oui mais Scott est de garde cette nuit et il y a de l'orage.
- T'as pas fait de crise la dernière fois.
- Il n'y a pas eu de coupure de courant la dernière fois.
- Et là ? » proteste Stiles.
Et évidemment, au moment où il finit sa question rhétorique, l'électricité se coupe. A croire qu'Isaac avait senti venir le danger. L'aîné soupire en sachant déjà comment va se passer sa nuit, en plus du fait qu'Isaac a un plâtre et qu'il ne pourra sûrement pas réviser le lendemain. Mais il sent contre lui son cadet se rapprocher et murmurer un « merde » qui rend les choses encore moins drôles. Stiles sait parfaitement qu'avec les problèmes d'enfance de son ami, ce dernier a peur du noir et plus particulièrement quand il y a de l'orage dehors. Les éclairs lui rappellent la lumière clignotante, et le tonnerre, les bruits de ses poings cognant contre le couvercle pour essayer de le soulever.
Lors de la dernière crise, il avait déchiré tous ses draps et s'était ouvert la jambe avec un bord du lit. Scott et Stiles n'ont jamais trouvé comment il avait réussi cet effroyable exploit mais ils étaient devenus plus que prévenants. C'est d'ailleurs pourquoi l'aîné ne résiste pas à la peur qu'il sent émaner d'Isaac et qu'il lui ouvre ses bras.
« Comment t'as su ? Pour la panne de courant.
- Je ne savais pas. Je voulais qu'on dorme ensemble pour te réconforter. »
Stiles ne peut s'empêcher de penser qu'Isaac est vraiment adorable quand il ne fait pas son imbécile arrogant. Mais il doit vraiment être un piètre menteur si son ami frère adoptif a remarqué que quelque chose n'allait pas.
« Je vais bien.
- Mais oui bien sûr. Tu es trop silencieux pour réussir à me convaincre. Quand tu te tais, c'est que tu penses trop. Et donc que quelque chose te perturbe.
- T'aurais dû être flic et pas véto, grommelle le plus grand.
- Non, trop de haine dans ce monde. Un chien qui est trop bête pour ne pas voir un grillage est cent fois mieux qu'un homme en tuant un autre pour de l'argent.
- J'approuve. »
Stiles ne tente pas consciemment de mettre fin à leur discussion, c'est juste qu'il sait qu'Isaac est du genre persistant et qu'il ne le laissera pas en paix tant qu'il n'aura pas ce qu'il est venu trouver. Alors en attendant, ils continuent de se tenir les mains – celles de libres en tout ça –, protégés de l'orage par des couettes épaisses et une atmosphère chaleureuse.
« Tu sais ce que tu vas faire après ton master ?
- Pourquoi pas journaliste ?
- Avec ton intelligence ? Ce serait du gâchis.
- Peut-être reporter spécial. Ou chercheur sur le terrain.
- C'est déjà mieux. Et Peter veut faire la même chose ? »
Stiles ne peut s'empêcher de se crisper un peu en entendant le prénom de son ex-ami. Ça le rend tellement triste de savoir qu'en fait l'autre ne l'a jamais considéré autrement que comme un camarade de classe tout au plus.
« Je ne sais pas.
- Il va bien ?
- Sûrement.
- T'es plutôt vague, remarque Isaac après un léger temps de pause.
- Et tu commences à être pénible, s'énerve faussement Stiles.
- Mais pas aussi con que toi au moins, sourit narquoisement le cadet.
- Quoi ?! s'étrangle le brun.
- Roh je te connais hein. Vous n'étiez pas d'accord, vous vous êtes énervé, il a dû dire un truc de travers et t'en as fait tout un plat. Résultat, tu te sens mal, il se sent mal, et tu vas l'ignorer pendant la semaine et demie où tu restes ici pour réviser. Et franchement, tu serais même capable de l'éviter pendant vos partiels. »
Stiles reste la bouche un peu ouverte, un instant étonné par le fait qu'Isaac a totalement raison sur TOUT le déroulement de l'histoire. Il ne compte plus jamais reparler à Peter après leur discussion. A quoi ça servirait de toute façon vu l'importance que lui porte son cadet ? Ça ne permettrait que de le ridiculiser. Mais ça sonne tellement enfantin quand son frère en parle que ça ne doit pas être le meilleur plan du monde.
« Ça n'a pas d'importance.
- Moi je crois que si.
- Tu n'étais pas là. »
Stiles ne voulait pas que sa phrase sonne aussi désespérée. Maintenant, Isaac le regarde avec un petit froncement de sourcils qui lui prouve qu'il ne lâchera pas l'affaire tant qu'il ne saura pas tous les MOINDRES détails. Sauf que c'était déjà dur à vivre alors ranimer ses souvenirs est désagréable pour l'aîné.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Il a hacké mon ordi.
- Oh allez, Stiles ! »
Ce dernier a l'impression de voir les yeux d'Isaac faire des loopings dans leurs orbites, mais il n'est pas sûr vu qu'ils sont plongés dans les ténèbres.
« Qu'est-ce qui t'a vraiment dérangé ?
- Je ne compte pas pour lui.
- Bien sûr que si. Sinon il ne serait pas resté le week-end où on était là.
- Ça ne veut pas dire qu'il tient à moi.
- Non, pas du tout. C'est tout à fait commun qu'un inconnu vous raconte sa vie en vous consolant dans votre lit pendant une nuit entière.
- Arrête le sarcasme.
- Arrête la stupidité. Evidemment qu'il tient à toi, ça nous a presque crevé les yeux à Scott et moi. Je pense par contre que ton problème c'est de savoir à quel point tu tiens à lui. »
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Les deux jeunes hommes arrivent avec cinq minutes de différence dans leur salle d'examen, mais c'est suffisant pour qu'une vingtaine d'étudiants les séparent. Peter se contente donc de regarder le dos de Stiles à quelques mètres de lui, jusqu'à ce qu'il aille s'asseoir. Heureusement, il a une place attribuée à l'autre bout de la pièce. Il n'aurait sûrement pas réussi à rester concentré si son ex-ami avait été juste devant lui.
Cependant, il doit quand même lui parler.
Son aîné a royalement ignoré les quelques messages qu'il a eu le courage de lui envoyer pendant la deuxième semaine. Ce n'était pourtant pas des SMS accusateurs ou agressifs. Il lui demandait juste de l'appeler ou de lui dire s'il allait bien, mais aucune réponse. Et maintenant qu'il a pu l'apercevoir, il s'est rendu compte que Stiles a un peu maigri et qu'il semble un peu trop tendu pour les examens. Les deux meilleurs de la promotion savent parfaitement qu'ils vont réussir. L'enjeu ici est de voir s'ils vont pouvoir échapper à l'année prochaine en atteignant les 85% de réussite.
Peter ne voit pas le temps passer et ne vérifie pas sa montre une seule fois, jusqu'à ce qu'il rende son devoir. En deuxième. Stiles est sorti cinq minutes avant lui, et le cadet sait parfaitement qu'il ne le retrouvera pas. Le plus âgé semble prendre un malin plaisir à l'éviter et ça commence un peu à l'énerver, en plus de le rendre triste. Il a réussi pendant ces deux dernières semaines à se persuader que Stiles ne le rejetait pas à cause de sa nature mais du fait qu'il avait dû être choqué par la révélation et par le fait qu'il ne lui en avait pas parlé de lui-même. Mais l'attitude que son ex-ami lui montre aujourd'hui le fait douter. On ne tient pas rancœur à ce point à quelqu'un qui avait trop peur de vous avouer une vérité qui risquait de détruire un début de relation, si ? Est-ce qu'en plus d'être un menteur et un traître, Stiles a ajouté à la liste de ses défauts qu'il est un lâche ? Ou est-ce que son aîné est trop arrogant pour penser qu'un jeune adulte en plein doute ne mérite pas son attention ?
Le plus jeune passe sa semaine entre ses examens étrangement faciles et ses questions douloureusement épineuses. Puis le vendredi soir, alors qu'il allait partir pour le QG, il entend quelqu'un derrière sa porte. Il reconnait sa respiration, ses battements de cœur, mais il attend que l'autre fasse le premier geste. Et après d'interminables secondes, il le fait en donnant de légers coups contre la porte. Comme s'il espérait qu'il n'entendrait pas. « Dommage pour toi » pense Peter, alors qu'il ouvre pour voir Stiles dans l'entrebâillement.
Stiles qui a passé la semaine à sentir les regards de Peter sur lui, et à faire tout ce qu'il pouvait pour ne pas l'observer en retour. Il n'avait pas envie de voir le mépris ou l'indifférence dans ses yeux, et plus que tout, il ne voulait pas qu'il sache. L'aîné a déjà suffisamment de problèmes à avoir compris son nouveau secret, il n'aurait pas voulu que son ex-ami l'apprenne lui aussi avant qu'il n'ait le temps de lui en parler. Et c'est précisément pour ça qu'il est allé chez lui ce soir.
« Salut.
- Salut. »
Aucun des deux ne sait comment relancer ces dialogues sans fin qu'ils avaient deux semaines auparavant. Trop de questions et de reproches semblent peser entre eux pour ça.
« Tu n'as pas répondu à mes messages.
- J'ai désactivé mon téléphone.
- Pendant deux semaines ?
- Trois. Je ne l'ai pas encore rallumé. »
En fait, Stiles a peur de ce qu'il pourrait recevoir comme messages s'il ose le réactiver. Entre Peter, Isaac et Lydia, il ne sait pas lequel des trois est le plus terrifiant, parce que le premier est imprévisible, le deuxième trop têtu et la dernière une véritable furie. Evidemment, c'est de sa faute s'ils sont tous dans cet état, mais le plus âgé n'a pas encore trouvé la force de leur faire face. Enfin, il commence avec son camarade de master.
« Tu voulais me dire quelque chose en particulier ?
- Savoir si tu allais bien. »
Le cœur de Stiles a raté un battement, mais il essaie de ne pas y faire attention. Se donner de faux espoirs pourrait être bien trop fatal pour qu'il ne se laisse aller.
« Ah, je vois. Et bien… euh… ça va. Et toi ?
- Je pourrais aller mieux. Pourquoi tu es là ?
- Pour… parler avec toi ?
- Comme ça ? »
Peter désigne leur situation, lui dedans, Stiles dehors et un espace assez important les séparant. Est-ce que le plus âgé fait exprès d'être aussi loin de lui ? Est-ce qu'il a peur ?
« Je n'ai pas envie de m'imposer. »
Le cadet roule des yeux et s'efface, offrant ainsi à Stiles l'opportunité de s'avancer dans l'appartement et prouvant qu'il n'y voit aucun inconvénient. Il va même s'asseoir sur son canapé pendant que son camarade ferme la porte et le rejoint, mais toujours avec cet espace entre eux. Et Peter en a tellement marre de faire des suppositions sur ce qu'il se passe dans la tête de son ex-ami qu'il ne tient plus.
« Est-ce que je te fais peur pour que tu restes aussi éloigné de moi ? »
Stiles sursaute et fixe ensuite ses yeux dans les siens. Le plus jeune peut y lire beaucoup de confusion et d'hésitation, mais aussi ce qu'il a suggéré et il ne pensait pas que ça lui ferait cet effet. Il serre un peu les dents, et le plus âgé semble le remarquer vu qu'il précise :
« Je ne sais pas comment tu vas réagir. J'ai peur de ta réaction, en fait.
- Par rapport à quoi ?
- J'ai un truc à te dire.
- Ça doit être important.
- Pour moi, oui.
- Est-ce que ça va m'énerver ?
- Possible.
-Est-ce que ça va me rendre heureux ?
- Je ne pense pas.
- Est-ce que je vais te perdre ? »
Leurs yeux ne sont plus que deux mélanges d'émotions intenses dont celle qui prédomine est l'appréhension. Et toute la tension semble émaner de Stiles. Parce que Peter peut être tellement incontrôlable qu'il ne sait pas comment il va réagir. Et s'il le rejetait ? le frappait ? l'insultait ? Le plus âgé a déjà connu ça et il ne veut pas recommencer à être haï.
Mais après tout, il ne sera tranquille que lorsqu'il aura une réponse.
« Je t'aime. »
Vous avez la haine un peu là non ? Un peu moins si je vous dis que je n'ai pas fait exprès mais que quand je suis arrivée ici j'avais mon quota ? :D
Bref, je vous adore et je vous dis à mercredi prochain ^^
