Aaaaaller. Parce que je suis une folle et que j'ai foi en mon envie d'écrire, je posterai désormais deux chapitres par semaine : un le samedi et un le mercredi.
Voici donc le chapitre 11 :)
Bonne lecture !
La réaction de Peter est comme Stiles le pensait : imprévisible. Il hausse d'abord les sourcils en même temps que sa bouche s'ouvre légèrement, puis son visage redevient presque calme, avant de devenir sombre. Et Stiles n'a pas le temps de s'expliquer qu'il lui répond :
« Ce n'est pas moi que tu aimes. »
Et comme son cadet qui a dû faire des déductions pour parvenir à des conclusions aussi aberrantes, l'aîné comprend que Peter croit qu'il ne l'aime pas pour qui il est mais ce qu'il est. Et c'est tellement triste que Stiles se retient de lui faire un câlin. L'autre doit cruellement manquer de confiance en lui pour qu'une telle hypothèse soit plausible dans sa tête. Alors le plus âgé accroche fermement son regard et met toute la sincérité qu'il peut dans sa réponse.
« Si. Je ne l'avais juste pas encore remarqué.
- Bizarrement après que tu ais appris pour mon alter-ego.
- Ce que tu fais avec les Avengers n'a rien avoir là-dedans. Juste… »
Stiles se prend le front entre ses deux mains avant de continuer. Il ne pensait pas que la discussion tournerait dans ce sens.
« Ecoute, je sais ce que je ressens, pourquoi et pour qui. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce que toi tu ressens. »
Peter se fige à cette phrase, comme s'il avait oublié que lui aussi à son mot à dire dans l'histoire.
« Je ne sais pas.
- Comment ça tu ne sais pas ?
- Tu débarque après trois semaines de silence, comment veux-tu que j'y ai songé une minute ?
- Donc c'est non ?
- Je… Je ne sais pas ! »
Stiles ne supporte pas le manque de réponse de Peter, parce que lui, ça fait deux semaines qu'il essayait de comprendre et que lorsqu'il a finalement mis le doigt sur ce qu'il ressent, ça a été comme un immense feu d'artifice. Dangereux, mais magnifique. Et depuis, il a l'impression de brûler de l'intérieur.
Alors il comble l'espace qui les séparent, attrape le col de Peter et presse ses lèvres contre les siennes. Il essaie de faire passer sa peur, son envie, sa tristesse à travers ce simple geste, mais Peter ne réagit pas. Pas tout de suite. Après les quelques secondes d'étonnement cependant, il bouge un peu lui aussi et sa main vient attraper le bas du sweat de Stiles. C'est doux et timide, et le plus vieux a la sensation que son cœur explose dans sa cage thoracique.
Sauf que lorsqu'ils se séparent, Stiles voit la confusion sur le visage de Peter. On dirait que l'autre homme hésite entre considérer ça comme le plus merveilleux cadeau de Noël ou comme la pire des trahisons. Et c'est tellement douloureux de voir que son cadet ne sait toujours pas ce qu'il ressent pour lui que le plus âgé n'attend pas de voir sa réaction. Il prend son sac et sort, redoutant de partir dans des conditions encore pires. Et surtout, surtout, il ne veut pas que Peter voit à quel point ça l'affecte. Stiles prend son téléphone, le rallume et décide que s'il n'a pas de nouvelles de son camarade – mais que sont-ils finalement ? – d'ici le lendemain soir, il considèrera qu'ils n'ont plus rien à se dire.
« Stilinski, qu'est-ce que tu as trouvé ? »
Stiles se lève et vient faire face à ses collègues devant le tableau. Au fur et à mesure de ses paroles, il montre des images qui soutiennent son raisonnement.
« Donc pour toi, c'est l'oncle ?
- Oui Shérif. Il faut juste un mandat pour vérifier qu'il a bien l'alliance de sa sœur et on pourra l'arrêter.
- Beau travail. Aller, O'Brien et Holland avec moi. On va l'arrêter.
- Oui Shérif. »
Stiles voit Jordan Parrish partir avec deux de ses collègues alors que lui démonte son installation et retourne à son bureau. Adjoint des recherches, ça claque non ? C'est Parrish qui lui a proposé le poste quand il est rentré de New York quelques semaines plus tôt, et le jeune homme n'a pas refusé. Comment aurait-il pu alors qu'il cherchait justement une distraction à sa vie sentimentale désastreuse ? Peter n'avait pas repris contact, et Stiles n'a d'ailleurs plus aucune nouvelle de lui mais c'est bien mieux comme ça. Pour oublier quelqu'un, rien de meilleur que le sevrage complet. Scott et Isaac n'ont pas arrêté de le harceler et de lui dire à quel point il est stupide de réagir comme ça, mais il a réussi à ne pas les écouter pour une fois.
Peter est ce qu'il appelle le passé et il n'aura de toute façon aucune raison de le recroiser un jour. Ils ont tous les deux eu 93/100 à leurs examens, ce qui veut dire pas de cours l'année prochaine et une vie entière devant eux. Bon, il reste encore la thèse mais Stiles préfère pour l'instant s'occuper l'esprit avec les affaires de meurtre et d'incidents criminels qui se déroulent dans sa ville. Parce que Beacon Hills a beau avoir eu les pires moments de sa vie, elle a aussi eu les plus beaux. Comme toutes les choses qui se sont passées dans sa vie, rien n'a été clair ou sombre. Il y a toujours eu une nuance de positif et de négatif dans chaque moment et dans chaque personne, et c'est apparemment comme ça que se passe la vie de tout le monde.
« Allo ? »
Stiles décroche mécaniquement l'appareil téléphonique, habitué à ce que ses collègues lui demandent de faire des recherches sur leurs dossiers en cours. Sauf que ce n'est pas un policier à l'autre bout de la ligne.
« Salut Stiles. Est-ce que tu pourrais sortir pour me voir s'il te plaît ?
- Je ne crois pas non.
- Regarde tes mails, et ensuite répond-moi de nouveau. »
Le jeune policier fait ce qu'il lui dit, une boule d'appréhension lui pesant sur l'estomac. Quand enfin il voit de quoi son interlocuteur veut parler, il reprend le combiné.
« C'est quoi ça ?
- La maison de tes frères.
- Oui, je te parle de la fille qui est devant.
- Oh. Elle s'appelle Kate. Et elle adore mettre le feu aux bâtiments. Tu vois où je veux en venir ? »
Stiles regarde l'horloge murale avec panique. 16h35. Pile l'heure à laquelle Scott et Isaac sont tous les deux chez eux pour faire leur changement de garde. Et ils risquent de finir brûlés vifs.
« Qu'est-ce que tu veux ?
- Qu'on aille se promener toi et moi.
- Qui me dit que ta folle derrière ne fera pas quand même ce qu'elle a prévu.
- Parce qu'elle et moi avons un arrangement.
- Ça fait un mois et demi que je t'ai enlevé ton argent, comment tu la paies ?
- En promesses, Stiles. Mais je t'expliquerai tout quand on sera en marche. Sors maintenant. »
La ligne coupe et laisse le jeune homme désespéré. Pourquoi a-t-il fallu qu'il retombe dans ce genre de situation ? Il ne se fait aucune illusion quant à ce qu'il va se passer s'il sort et qu'il rejoint son correspondant. Ça sera douloureux, extrêmement pénible, et peut-être même que l'autre voudra le tuer. Mais est-ce qu'il a le choix ? Va-t-il sacrifier Scott et Isaac, ses FRERES, pour avoir la vie sauve ?
Stiles soupire et range alors toutes ses affaires, laissant sa plaque et son arme dans les tiroirs. Il ne manquerait plus qu'il lui fournisse des armes contre lui ! Puis il attrape son vrai blouson, pas celui de la police, et sort dans l'air chaud de Californie. Sur le parking, une Mercedes l'attend, Jackson posé contre sa portière passager. Alors qu'il avance vers lui, Stiles peut voir un sourire sincère étirer les lèvres de son ennemi. Ce dernier lui embrasse la joue quand il est assez prêt et Stiles fait tout pour retenir un mouvement de recul. Ça ne ferait qu'aggraver sa situation.
« Alors Trésor, je t'ai manqué ?
- Tu as dit qu'on allait se promener.
- Quelle impatience ! Après toi… »
Le jeune policier monte dans la voiture et sursaute quand Jackson s'assoit devant le volant. Ce dernier lui sourit, toujours aussi gentiment, comme s'ils étaient amis – ou plus, et c'est ce qui terrifie Stiles.
« On va juste faire un petit détour et ensuite on pourra rouler tranquillement.
- Pour aller où ?
- Tu verras. »
Et à ces mots, les portières se verrouillent et Stiles sent l'angoisse monter – il est pris au piège, il ne peut plus s'échapper et il sait qu'il va souffrir – sauf qu'elle est remplacée cinq minutes plus tard par l'hystérie paniquée. Ils viennent de passer devant la maison des McCall. Elle est en flammes, le feu dévorant le toit alors que les pompiers essaient de lancer de l'eau pour éteindre l'incendie.
« Non ! Espèce de salopard ! T'avais dit qu'elle ne le ferait pas ! s'acharne Stiles en essayant de sortir de la voiture.
- Je n'ai jamais dit ça. Surtout que je lui avais promis qu'elle pourrait se venger de McCall.
- Je te déteste ! » hurle le prisonnier quand il se jette sur le conducteur pour tenter de lui arracher les yeux ou quoi que ce soit d'autre.
Sauf que Jackson avait prévu cette réaction et qu'il n'a qu'à asperger le visage de Stiles avec une petite bombe de gaz pour le rendre aussitôt beaucoup moins virulent.
« Qu'est-ce… que… c'est ?
- Un sédatif. J'ai besoin que tu sois gentil pour encore une heure et demie. Dors Stiles. Tout va bien se passer. »
« Monsieur Parker. »
Peter relève la tête de son ordinateur pour poser les yeux sur son téléphone. Normalement, JARVIS ne communique jamais avec lui via son portable. Il a pour habitude de héler les personnes en plein milieu des couloirs, avec les haut-parleurs centraux. Le jeune homme prend donc son mobile et le déverrouille pour accéder à ses informations.
Tout d'abord, il ne comprend pas. Puis, il s'énerve, à la limite de la rage. Et finalement, il jette tous ses appareils électroniques sur le canapé, poussé par de la terreur pure.
Il fait un bond pour rejoindre la sortie du salon, bousculant au passage Tony qui venait le voir. Mais il s'en fiche. Plus rien ne compte pour lui en-dehors de courir vers ce foutu hangar à l'autre bout de la tour et de monter dans le Quinjet. Heureusement que Clint lui a montré les manœuvres de base, parce que sinon, il devrait faire le voyage par lui-même et ce serait beaucoup plus fatiguant. En une minute, les moteurs ont chauffé et Peter est aux commandes, faisant décoller l'appareil et inscrivant les coordonnées auxquelles il veut aller. Le GPS annonce cinq heures et demies de vol.
Peter ne le supportera sûrement pas. CINQ HEURES ? Dans cet avion, à imaginer tous les pires scénarios du monde ? C'est pire que de la torture !
« Junior, qu'est-ce que tu fais ? »
La voix de Tony résonne bizarrement dans l'habitacle mais elle arrive à réconforter le plus jeune. Il se surprend à voir voler l'Iron Man sur son flanc gauche et décide qu'un peu de compagnie ne sera pas de refus pour échapper à la folie. Il trouve le bouton qui ouvre la rampe arrière et l'active. En moins d'une minute, Stark est à bord et son armure est rangée dans le ventre de l'appareil. Il se penche au-dessus de l'épaule de son protégé et lui montre un bouton. Peter reconnait le pilote automatique et comprend qu'il va devoir parler avec son mentor. Quand la trajectoire est assurée, il fait apparaître les différents dossiers que JARVIS surveille pour lui.
« Jackson est revenu et il a emmené Stiles. Il a aussi fait brûler la maison des McCall.
- Depuis combien de temps ?
- Quatre heures.
- Pourquoi autant de temps avant…
- Parce que la disparition de Stiles n'a pas été signalée avant. Son chef pensait sûrement qu'il était sur le lieu de l'incendie et la famille pensait sûrement qu'il travaillait encore. Et cet enfoiré en a profité pour avoir de l'avance sur nous. Je ne… je ne sais pas ce qu'il est en train de lui faire mais… mais… »
Peter s'assoit lourdement sur une chaise, la tête entre les mains et les coudes sur les genoux. Tony s'accroupit devant lui et pose doucement une main sur son épaule.
Il comprend tout ce que le jeune lui a dit parce que la totalité des Avengers ont su quels étaient les problèmes personnels de Peter deux semaines plus tôt. Quand il avait failli se faire tuer en mission parce qu'il réfléchissait trop à Stiles, Steve avait dû être sévère : ils n'étaient pas sortis de la salle d'interrogatoire avant que Peter ne crache le morceau.
Tous les morceaux en fait.
Que Stiles l'aimait. Ses doutes quant à la vérité de ses sentiments. Ce que lui-même ressentait. A quel point il se sentait inutile. Combien il préférait veiller sur lui de loin pour éviter de le mettre dans les dangers qu'eux rencontraient souvent. Combien il souffrait de cette séparation.
Parler avait fait un bien fou à Peter, qui avait ensuite décidé de demander des conseils à tous ses proches, qui eux-mêmes avaient ensuite discuté entre eux et avec d'autres de sujets plus ou moins proches mais bref. Tous les Avengers savent que Peter a des problèmes relationnels avec un de ses camarades de master, et Tony est l'un des mieux informés.
« Tu nous as dit que Stiles est fort et courageux. Il ne va pas mourir Peter.
- Et si c'était pire que ça ? »
Parce que Peter sait que Jackson n'est pas du genre à juste planter un couteau dans le cœur de quelqu'un avant de l'abandonner sur le bas-côté. Non, Jackson est plutôt du genre à enlever ongle par ongle, doigt par doigt et membre par membre. Dans quel état est-ce qu'il va retrouver Stiles ?
Au fait, merci pour toutes vos reviews ! J'y répondrai quand le site arrêtera de buguer mais sachez qu'elles me donnent très envie de continuer :D
A mercredi :)
