Voilà la suiiite :D
Bonne lecture !
« Qu'est-ce que tu fous ? »
Stiles proteste vaguement quand Peter lui défait son porte-plâtre, mais il se tait quand il voit son sourire un peu timide mais rayonnant.
« L'infirmière a dit que tu pouvais faire un tour dans les jardins si je t'accompagnais. »
Et le sourire de Stiles reflète ensuite celui de son ami. Cinq jours qu'il rêve de sortir et de respirer l'air pur, pas celui infesté de médicaments qui circule dans le bâtiment. Cinq jours aussi pendant lesquels son ami ne l'a pas lâché, n'a pas arrêté de lui répéter qu'il serait là pour lui et qu'il ferait bien d'arrêter de se plaindre et de plutôt profiter de ce qui l'entourait.
Evidemment, Stiles aurait bien aimé se lever mais il est encore trop faible pour ça, l'incident de la salle de bain l'ayant fatigué plus qu'auparavant – et surtout mentalement – alors il laisse Peter l'aider. Ce dernier l'attrape pas le dessous des bras, comme lorsqu'il l'a détaché du crochet, et Stiles doit serrer un peu des dents pour ne rien dire. Les souvenirs sont revenus petit à petit – alors qu'il aurait préféré les effacer – et il ressent parfois un dégoût de lui-même qui lui donne envie de rejeter tous les autres. Personne ne mérite de côtoyer quelqu'un comme lui, si lâche et si naïf.
Sauf que dans ces moments-là, son ami lui sourit de cette manière qu'il n'avait pas remarqué auparavant. Un peu de timidité, de tendresse, d'affection et beaucoup de protection dans son regard, qui apaise Stiles et lui assure qu'il mérite d'être là avec eux. Alors il se laisse faire.
Peter pousse le fauteuil vers la sortie qui donne sur les petits jardins que possède l'hôpital. Il n'est pas très grand mais les bâtiments sont arrangés pour créer une cour intérieure pleine de verdure et éloignée de l'agitation urbaine. En cette moitié de mois de juin, Stiles respire un grand coup et son sourire s'épanouit un peu plus.
« Quand est-ce qu'on rentre ?
- Quand tu seras guéri.
- C'est dans deux semaines ! Minimum !
- Et alors ?
- Central Park me manque. Et le latte macchiato à la framboise. Et Lydia aussi. Elle me harcèle de messages.
- Je comprends, mais tant que tu ne peux pas marcher, tu ne bougeras pas de cet hôpital. »
Stiles fait un peu la moue, mais il sait que Peter a raison. Ce serait vraiment bête de prolonger sa condition parce qu'il y a fait des écarts.
« Au fait, tu n'es pas censé être en train de faire ta thèse ? se rappelle-t-il.
- Je n'ai toujours pas de sujet.
- Moi non plus. C'est dur de trouver ce que l'on veut vraiment, il y a tellement de thèmes possibles...
- Il y a plein de choses que j'aimerai faire, oui. »
En disant cela, Peter arrête le fauteuil. Ils sont en face d'une petite fontaine et toutes les fleurs autours d'eux sont en éclosion. Le milieu du printemps est d'autant plus radieux qu'il a plu la veille, et le soleil se reflète dans les dernières gouttes. Le plus jeune s'assoit sur le banc à côté de Stiles et il fixe l'eau qui descend en cascade d'étage en étage, suivant son cours sans s'opposer à ce qu'elle est réellement.
« Tu veux qu'on fasse nos thèses ensemble ? »
Le blessé tourne vivement la tête vers son sauveur, agréablement surpris. Il ne pensait pas que Peter serait d'accord et surtout qu'il aurait l'audace de demander. Pas qu'il soit un lâche, mais Stiles le voit plus comme quelqu'un de réservé. Lorsqu'il détache finalement son regard de la fontaine pour le poser sur lui, le plus âgé ne peut s'empêcher de sourire. C'est plus fort que lui.
L'homme qu'il a sous les yeux est magnifique, fait d'une âme resplendissante et d'un cœur sincère. Peter l'a sauvé de bien des façons, et Stiles est heureux d'avoir des sentiments pour lui.
« Oui.
- Vraiment ?
- Bien sûr. En plus, on a toute l'année pour les faire.
- Exact, lui répond Peter avec le même sourire que le sien. Est-ce que tu as quand même une ou deux idées ?
- J'aimerais décrypter l'impact d'un phénomène naturel sur les croyances des peuples qui l'entourent.
- Ce qui me permettrait de disserter sur le phénomène en lui-même et sur la biologie autour.
- Parfait alors.
- Parfait oui.
- Il ne manque plus que de se mettre d'accord sur celui qu'on veut.
- C'est ça.
- Ce n'est pas gagné ! »
L'aîné rit légèrement et le sourire de son cadet s'agrandit un peu. Ils vont devoir travailler sur le sujet. Ensemble.
« Tu veux de l'aide ?
- Non ça ira, ne t'inquiète pas.
- Comment tu veux que je ne m'inquiète pas ? T'es en béquille avec un panier-repas en équilibre sur ton épaule ! »
Stiles sourit doucement aux protestations de Peter, mais il est déterminé à rester aussi indépendant qu'avant. S'il veut porter leur pique-nique, il le fera, et s'il est trop fatigué par le poids de la bouteille qui est dedans, il le dira à l'autre homme. En attendant, il est en pleine forme et il compte bien faire un peu d'exercice.
« Alors, où est-ce qu'on se pose ?
- En plein milieu pour avoir du soleil ?
- J'aime bien ! Ça nous éloigne des arbres et donc de ces foutus écureuils. La dernière fois avec Lydia, il y en a un qui est venu chiper ma tartelette. Ma tartelette quoi ! J'attends tout le long du repas, me disant que le dessert est la meilleure récompense des gourmands, que je vais me faire exploser le ventre en mangeant finalement du beurre avec de la farine, des œufs, du sucre et des fraises et cet enfoiré de rongeur… »
Peter sourit doucement en écoutant Stiles se plaindre, mais il continue de regarder si le panier ne tombe pas ou si son aîné ne tangue pas trop. En fait, il est stressé, et pas que pour ça. Aujourd'hui est le 6 juillet, soit l'anniversaire de Stiles, et Peter a quelque chose d'assez important à lui demander.
Ils passent deux heures à dorer au soleil et à manger en dégustant du vin blanc dans des gobelets en plastiques. Il fait bon, ils ont le temps et surtout, ils ont des choses à rattraper. Stiles est très intéressé par les différentes recherches qu'à fait Peter sur les planètes et sur les systèmes biologiques récemment découverts dans l'océan, alors que le cadet écoute les aventures de son aîné pendant le mois qu'il a passé à la police. Tous deux ne font que profiter de la présence de l'autre, parce que même s'ils viennent de passer un mois ensemble, ils ont l'impression qu'ils se sont évités. Volontairement.
En-dehors de la scène "salle de bain", ils n'ont pas abordé de sujets personnels autres que leurs thèses et le rétablissement de Stiles.
« Bon ! Il est temps de travailler un peu !
- T'as fait ce qu'il fallait ?
- Evidemment ! J'ai trois propositions.
- J'en ai deux.
- T'es trop exigeant ?
- Peut-être… »
Ils sourient avant d'hausser chacun un sourcil. Puis Stiles grommelle un peu :
« Mais non… Je commence et je finis !
- C'est ça de ne pas être exigeant.
- Ok. Je propose d'étudier les Maelstroms.
- C'est quoi ?
- En gros, des trous géants et tourbillonnants dans l'eau.
- Ah non. Non non non !
-Mais pourquoi ?
- Je n'aime pas l'eau. Et tu ne me feras pas rester plus de trois heures sur un vrai bateau.
- Bon bah tant pis, parce que des scientifiques prévoyaient une expédition de deux mois en mer alors…
- Tais-toi ! Oh mon dieu ! Les vagues, les poissons, le manque d'eau potable… L'horreur !
- D'accord. Pas l'océan. Qu'est-ce que tu proposes ?
- Des vagues bioluminescentes.
- Cette blague…
- Les miennes s'étudient sur la plage.
- Ça a l'air cool…
- Je pense que la population locale mettra leurs effets sur Poseidon ou la traduction du dieu marin de leur religion. Et puis le phénomène en lui-même est magnifique et ses causes sont encore à déterminer alors ça a l'air super intéressant !
- Où c'est ?
- Hum… Les… Maldives.
- C'est loin ça, non ?
- Dans l'océan indien.
- Mais c'est hyper loin ! A l'autre bout de la planète ! Je dois te rappeler que je n'ai pas beaucoup d'argent ?
- Ça pourrait ne pas poser de problèmes tu sais…
- Peu importe, c'est trop loin !
- Parce que tu n'as rien à proposer qui ne soit pas en-dehors des Etats-Unis peut-être ?
- Euh… Et bien j'ai ce qu'ils appellent « la Porte de l'Enfer ». En Turkmenistan.
- Connais pas. C'est où ?
- A côté de la Grèce.
- Donc tu m'énerves pour trois heures d'avion de différence ?
- Ce n'est pas la même situation économique. Les Maldives sont touristiques, et attirent beaucoup de vacanciers pour les plages alors qu'en Turkmenistan… tu ne connaissais pas et moi non plus donc ça prouve bien que ça coûtera moins cher.
- Et c'est quoi « La Porte de l'Enfer » ?
- Un cratère géant d'où s'échappe du gaz, et comme des imbéciles allemands ont allumé une flamme à côté, le gaz a pris feu et il ne s'éteint jamais.
- C'est sympa mais il est où le défi ? C'est comme les rivières sous-marines ou le trou de météorite en Arizona. Tout le monde sait ce que c'est et comment ça fonctionne.
- Tu ne connaissais pas.
- Mais maintenant si, et il ne t'a fallu qu'une phrase pour me l'expliquer. Tu vois où je veux en venir ? On est censé faire une thèse d'au moins 15000 mots. Et ce n'est qu'un minimum. Je veux m'amuser à découvrir et à transmettre.
- Ouai, je vois. Ton tour.
- Les fleurs de givre. Ce sont des amas de glace sur l'eau au bord des calottes polaires.
- Tu veux qu'on aille au pôle Nord ? Voir le Père Noël ?
- Mais n'importe quoi…
- En tout cas, tu n'aimes pas l'eau mais tout ce que tu proposes se trouve à proximité.
- Parce que même si je n'aime pas ça, l'océan a plus de secrets. On n'en connait que 5%.
- Je suis d'accord mais franchement, le froid c'est loin d'être mon truc préféré donc si tu es partant pour ma dernière proposition, j'apprécierai de ne pas me les geler dans le cercle antarctique.
- Je t'écoute.
- Les foudres de Catatumbo.
- J'aime le nom. C'est où ?
- Au Venezuela.
- C'est pas trop loin en plus… Qu'est-ce que c'est ?
- Une tempête d'éclairs cinq mois dans l'année, stagnante au croisement de deux fleuves.
- Tu sais quand elle apparait ?
- D'août environ à novembre, maximum décembre.
- Et la thèse est à rendre en mars.
- Février.
- Le 1 mars.
- Oui donc en février maximum, pour ne pas être pris par le temps comme tous les autres.
- J'hésite entre te dire que tu es pénible ou que tu as raison.
- J'ai raison.
- Et tu es pénible.
- C'est pour ça qu'on s'entend si bien, non ? »
Tous deux se regardent dans les yeux, ressentant de nouveau cette chaleur tranquille partir de leurs cœurs pour se propager jusqu'aux bouts de leurs doigts. Stiles a très envie d'embrasser son cadet, mais celui-ci prend la parole avant lui :
« Par rapport à ça… Hum… Est-ce que… Est-ce que tu voudrais venir avec moi… à un mariage ? »
Un Peter rouge et fuyant son regard est beaucoup trop adorable pour que le cœur de Stiles ne rate pas un battement. Le mot « mignon » semble clignoter dans son cerveau et il lui faut quelques secondes – gênantes pour le plus jeune – pour formuler une réponse correcte.
« Ah ! Hum… Bien sûr ! C'est quand ?
- Le 27 juillet. Tu seras là ?
- Où veux-tu que je sois ?
- A Beacon Hills ?
- Je n'avais pris qu'un contrat d'un mois.
- Serais-tu devin ?
- Heureusement, non !
- Tu pourrais faire plein de trucs super cool pourtant !
- D'ailleurs, c'est le mariage de qui ?
- Comment tu es passé de "trucs super cool" à "mariage" ?
- Le mariage c'est cool.
- Moui mais…
- Surtout quand j'y vais avec toi et que j'aimerais savoir entre qui il est. »
Le sourire rayonnant et un peu sournois de Stiles ne trompe pas Peter, mais il apprécie le compliment.
« Steve et Sharon. »
Son aîné, qui mangeait de la tarte aux fraises, avale difficilement sa bouchée avant de s'exclamer et de faire des grands gestes avec les bras. Il a l'air assez comique et surtout très paniqué. Et impressionné.
« Oui, Steve Rogers et Sharon Carter. Est-ce que ça pose problème ?
- J'imagine qu'il n'y aura pas qu'eux…
- Toute la famille sera là, précisa Peter – dixit les Avengers.
- C'est… c'est…
- Trop tôt ? Trop officiel ? Trop stressant ?
- Une excellente idée mais je ne m'y attendais pas du tout.
- On peut aussi commencer par un restaurant si tu veux, ou juste aller au thaï si tu préfères quand c'est plus décontracté ou même juste un film chez moi... »
Stiles ne peut s'empêcher de se rapprocher de Peter, son buste basculant au-dessus du panier presque vide et sa main se posant sur une joue rougie. Le flot de paroles au débit anormalement élevé s'arrête aussitôt et le plus jeune regarde le visage de son aîné, s'attardant sur ses lèvres et figeant ensuite ses yeux dans les siens. Les orbes ambre ont pris une nuance plus mielleuse et tellement tendre que Peter pourrait fondre d'amour rien qu'en les voyant et en pensant à ce qu'il pense actuellement. Mais il reste une question :
« Stiles… Toi et moi, on est… On…
- Ensemble ? »
Le cadet ne fait que hocher la tête, parce que son aîné c'est encore rapproché et qu'il sent son souffle sur ses lèvres et il ne peut s'empêcher de regarder les siennes, juste une seconde.
« Si tu veux. »
Et Peter adore quand c'est lui qui a le dernier mot, et Stiles le sait, et il lui met quand même pas mal de pression là, autant physique que mental. Il doit décider de ce que ce "toi et moi" va devenir. Evidemment, ce n'est pas définitif mais il est tellement émotionnellement pris dans l'histoire qu'il sait qu'un échec serait très, très douloureux, et plus encore s'ils viennent à se rapprocher. La vraie question est : est-ce que ça en vaut le risque ? La peine, les colères, l'indifférence mais aussi la joie, l'amour et la tendresse, est-ce que tout ça mérite de s'impliquer ?
« Oui. »
Nous nous retrouvons donc samedi pour continuer cette histoire !
Il ne reste d'ailleurs que 5 chapitres :P
