Coucou ! Voici la suite :*
« Qu'est-ce que tu racontes ? demande Peter.
- Je ne l'ai pas volé. »
Le ton employé par Stiles et la réponse qu'il donne à Tony sans se préoccuper de son petit-ami étonnent tellement le reste des personnes présentes que tous décident de se taire et d'écouter le dialogue qui s'annonce musclé.
« Les voleurs s'approprient les biens, et ce n'est pas ce que j'ai fait.
- Et pourtant tu l'as utilisé. Sans mon accord.
- Pourquoi est-ce que j'aurais eu besoin de l'accord de quiconque ?
- Il n'est pas à toi.
- Vous n'avez pas posé de brevet pour vous l'appropriez non plus. Et si vous voulez que personne d'autre que vous n'y touche, je vous conseille fortement de complexifier son code source. Je ne m'en serais pas servi si je n'avais pas pu.
- Jarvis est MA création. Tu n'as aucunement le droit de me donner des conseils dessus et encore moins d'y toucher, c'est clair ? »
La première phrase provoque une réaction diversifiée dans l'assemblée. Stiles a donc utilisé Jarvis, l'I.A. inviolable de Stark ? Peter n'a même pas réussi à en craquer une seule fonctionnalité, et son aîné a pu s'en servir COMPLETEMENT ? Incroyable !
« Surtout que ton dernier passage a endommagé des systèmes, continue de reprocher l'adulte.
- J'étais pressé. Je n'avais pas le temps de faire dans la délicatesse et la discrétion comme auparavant.
- Tu as forcé le passage. Ça a désactivé certains niveaux de sécurité et de confidentialité. Ça aurait pu être dangereux pour nous.
- Je suis désolé pour ça, mais au moins Jackson est en prison ! »
L'insolence a laissé place à la colère et Peter connait suffisamment Stiles pour savoir qu'il va craquer s'ils continuent. Alors, il se lève, prend la main de son petit-ami qui est tendu au possible, fait un signe de tête à Tony pour être sûr que l'ingénieur ne les suive pas, et entraîne le brun dans un espace où ils seront seuls et tranquilles.
Peter les fait asseoir sur son lit, alors qu'il entend l'agitation dans la grande salle. Il garde la main de Stiles dans la sienne, faisant de lents cercles sur le dessus. Le cœur de son petit-ami bat vite, très vite, mais sa respiration est normale alors il sait qu'il est déjà en train de se calmer. Ils ont travaillé dessus pendant tout le mois. Au bout de quelques minutes, le plus âgé laisse échapper un long souffle et sa tête se pose sur l'épaule de son cadet. Ce dernier l'entoure de son bras libre et pose un léger baiser sur son front.
« Ça va mieux ?
- Oui. Mais il m'énerve.
- Je comprends.
- C'est égoïste de sa part de garder un prodige pareil pour lui tout seul, bougonne l'aîné.
- Je sais. On essaie de le lui dire.
- Je ne veux pas manger à côté de lui ce soir. Demain ça ira mais… pas tout de suite.
- Je ne pense pas qu'il mangera avec nous de toute façon.
- Pourquoi ?
- Trop de personnes. Surtout que Sam et Bucky sont revenus, que le futur couple ne devrait pas tarder et que Rhodes est en train de se garer.
- N'est-il pas ami avec Rhodes ?
- Oui, mais il lui rappelle ses erreurs et comme il entendra forcément parler de ce qu'il vient de se passer entre vous, il voudra lui aussi lui faire la leçon.
- Est-ce que quelqu'un ici apprécie sincèrement Tony ? Parce que vu ce que tu es en train de me dire, ça n'a pas l'air d'être le cas.
- Disons que certains ne supportent plus ses accès de mauvaises humeurs. Et il vient de te faire fuir, rajoute Peter.
- Ce n'est pas lui. C'est… c'est moi.
- Je sais. »
Peter resserre son étreinte alors qu'ils s'allongent tous les deux. Stiles, lui, repense à Stark et à ce qu'il doit ressentir quand tout le monde lui fait des reproches. Ça doit effectivement être désagréable, et donc pas très étonnant qu'il s'enferme souvent dans son laboratoire. Seul Peter donne l'impression de se préoccuper de lui, et il trouve ça triste.
Manger avec tout le monde a été une super expérience, surtout aux vues des plats. Comme ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord, chacun a choisi ce qu'il voulait, ce qui a donné une diversité gastronomique intéressante. Du coréen, du thaï, de l'indien, du mexicain, des pizzas, des burgers, des galettes, des fondants au chocolats, de la glace… Sam c'est fait huer parce qu'il a osé prendre un menu au McDonald's, et que la comparaison de la qualité n'est même pas nécessaire pour savoir que c'est mauvais. Stiles a pu goûter deux ou trois nouveaux plats, notamment pour l'indien et le coréen, et il a réussi à discuter avec tout le monde. Il en tire une seule conclusion :
Chaque Vengeur a un niveau minimum de folie en lui.
Ils ont tous des particularités de personnalités qui les rendent complexes et parfois bizarres, mais le jeune homme a bien ri et il est heureux de les avoir rencontrer. Mais maintenant, il commence sa "mission commando". Même Peter n'est pas au courant, et Stiles pense que c'est mieux parce que sinon il essaierait de l'en empêcher. Armé d'une boîte et de son téléphone, il descend quelques étages pendant que le reste des adultes continuent de manger et de rire.
Il est déterminé à réussir.
Les premiers passages sont faciles, presque risibles, mais au bout de trois, il est obligé d'utiliser sa technologie. Il prend plus de temps, s'attarde, et arrive enfin devant le Saint Graal après quinze minutes de bataille intense. Il met bien cinq minutes de plus à triompher de la dernière épreuve et finalement, il apparait.
« Qu'est-ce que TU fous ICI ?
- J'ai apporté de quoi manger.
- Va-t'en, je travaille.
- Manger augmente la productivité.
- Parler la diminue.
- Je n'ai jamais dit que je voulais parler. J'ai dit que j'avais apporté de quoi remplir votre estomac. Avec des chawarmas. Peter m'a dit que c'était votre plat préféré.
- Tu comptes m'acheter avec un kebab ?
- Vous êtes suffisamment riche pour que je n'ai aucune chance avec l'argent. Et la nourriture a toujours été un de mes points faibles alors…
- Est-ce que tu es toujours aussi pénible ?
- Malheureusement, je crois que oui. »
Tony Stark pose sa clé anglaise et s'approche de son cadet. Ce dernier pose sa boîte sur un établi et l'ouvre, dévoilant de la viande délicieusement grasse avec des tomates, des oignons, des poivrons et de la salade dans une sorte de galette moelleuse accompagnée de frites.
« Pourquoi c'est une double-portion ?
- Au cas où vous ayez très faim. »
Le regard suspicieux de l'ingénieur agrandit le sourire un peu moqueur de Stiles, puis il redevient sérieux.
« Bon d'accord, peut-être que je comptais en manger avec vous. Parce que je pense que vous et moi on se ressemble plus que ce qu'on voudrait, et que je trouve stupide de gâcher une chance de se comprendre parce que je n'ai pas eu l'intelligence de vous demander la permission de devenir ami avec Jarvis d'abord.
- Tu n'es pas ami avec lui.
- On s'aide réciproquement. C'est de l'amitié, non ? »
Tony émet une sorte de grognement un peu boudeur et rageur, avant de prendre une des galettes et de mordre dedans. Bon, le petit marque des points en lui apportant son plat préféré alors qu'il n'a rien mangé depuis le petit-déjeuner. Et il le regarde avec un air un peu heureux et un peu prudent qui peut être qualifié de naïf. Mais Tony sait que Stiles a perdu son innocence depuis longtemps. Il a vu tous les fichiers que le plus jeune a laissé dans les systèmes de Jarvis pour prouver la culpabilité de Jackson dans les réseaux de drogues mexico-californiens. Il sait aussi l'implication du jeune homme avec l'accusé. Et il imagine à quel point ça a dû être pénible à supporter.
« Tu ne manges pas ? »
La question est sortie toute seule et l'adulte sait déjà qu'il a perdu. Stiles est bien trop dynamique et rayonnant pour qu'il ne refuse de lui accorder son temps, son expérience et sa protection. Comme il l'a fait pour Peter. D'ailleurs, il pourra se permettre de les embêter tous les deux. Il aimerait vraiment savoir comment son protégé a pu devenir amoureux d'une petite chose qui mange aussi vite.
« Alors, comment ça se passe entre vous ? »
Stiles manque de s'étouffer avec sa dernière bouchée.
« Je croyais que vous ne vouliez pas parler.
- Il se trouve que j'ai envie de me distraire.
- Pourquoi ce sujet-là ?
- Allons, allons. Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser mon fils adoptif sans un petit interrogatoire, menace gentiment le plus âgé.
- Vous pourriez juste consulter mon dossier.
- Les face à face sont tellement plus intéressants.
- On ne couche pas ensemble. »
Cette fois-ci, c'est l'aîné qui avale de travers. Son cadet a le mérite d'être clair et spontané.
« Il ne t'attire pas ?
- Ce n'est pas la question...
- Alors c'est lui qui est trop prude ? le coupe Tony.
- Pas du tout mais…
- Ou est-ce que tu es vierge ?
- Je n'ai pas 17 ans, merci.
- Tu étais encore puceau à 17 ans ? »
Stiles fait une sorte de grondement avec de s'exclamer :
« Monsieur Stark ! Peter et moi gérons notre intimité comme nous le voulons, merci bien.
- Peut-être…
- En tout cas, si j'ai besoin de conseil, ce n'est pas vous que j'irai voir.
- Et pourquoi donc ?
- Parce que si j'ai bien compris, c'est Clint Barton qui est bi, pas vous.
- Les nouvelles vont vite.
- Le temps que Peter et moi ne passons pas à coucher ensemble nous permet de discuter. Ça s'appelle la communication de couple.
- Tu serais gentil d'enlever ce ton condescendant de ta voix, jeune homme. Ce n'est pas parce que je suis vieux et seul que j'ai besoin de me trouver une femme.
- Moi je pense au contraire qu'un peu de douceur vous aiderait à mieux vivre ici. Il y a trop de pression et de reproches pour que vous continuiez longtemps.
- Je tiens depuis presque dix ans.
- Et vous êtes au bord de la rupture.
- De quoi je me mêle ? »
Le ton de la conversation vient de passer de "gentiment sarcastique" à "doucement agressif".
« Vous voyez, c'est pour ça qu'on en parle Peter et moi. Nous n'arrivions plus à supporter grand-chose, alors il fallait trouver quelqu'un pour nous aider à porter nos fardeaux avec nous.
- Tu…
- Vous voulez savoir comment ça se passe entre nous, Monsieur Stark ? On se dispute, beaucoup. Parfois je me dis que c'est trop pour nous, que je n'arriverai pas à entendre ses reproches encore une fois. On a nos crises aussi, quand je hurle la nuit ou qu'il se met à divaguer et à sombrer en pleine journée. Nous sommes souvent fatigués après s'être vus, parce qu'il n'y a que très peu de fois où tout se passe bien. Mais on continue, parce que je l'aime, qu'il semble m'aimer lui aussi, et que c'est beaucoup moins douloureux de vivre quand quelqu'un essaie désespérément de nous aider.
- Vous partagez votre souffrance ? l'interroge Tony.
- C'est comme ça que se trouve les gens. Ils se découvrent les mêmes cicatrices et ils essaient d'en guérir ensemble. Mes parents étaient eux aussi blessés par la vie, mais ils arrivaient très facilement à l'oublier quand ils étaient tous les deux. C'est ce que nous essayons de faire avec Peter.
- Intéressant. Je ne suis pas sûr que…
- Bien sûr que si. C'est pareil pour tout le monde. Vous êtes juste trop fier pour vous avouer que vous aussi vous avez besoin d'aide. Mais je suis certain que vous trouverez la bonne personne. Celle qui saura voir tout ça elle aussi.
- Qui te dit qu'elle existe ?
- Qui vous dit que vous ne la connaissez pas déjà ? »
Le portable de Stiles vibre et il décide de le regarder, ayant reconnu le tempo.
"Il est temps de remonter, on doit être en forme demain. Je t'attends dans la chambre. Ne m'oblige pas à descendre en présumant qu'il a déjà caché ton corps dans un de ses placards."
« Bon, il va falloir que j'y aille.
- Ton prince t'appelle ?
- Pourquoi est-ce que vous présumez que je suis la princesse ?
- C'est lui qui a les superpouvoirs.
- C'est moi qui ai l'intelligence.
- Voilà. Il a les muscles et toi le cerveau. Théorie prouvée.
- Nous continuerons cette discussion quand j'aurai dormi et vous aussi. Bonne nuit Monsieur Stark.
- Bonne nuit Stilinski. »
Le plus jeune le gratifie d'un sourire, avant de se détourner et de trottiner vers la sortie. Il adore déjà l'adulte, et est très heureux d'avoir pu briser le mur qui les séparait.
Il aura le temps d'apprendre à le connaître plus encore.
J'espère que vous avez bien aimé !
Par contre, je pars en WE découverte donc pas de WIFI jusque dimanche soir et en plus je n'ai pas fini le chapitre 17 donc on revient aux bonnes habitudes et vous devrez attendre une semaine ^^
Sachez juste qu'il ne reste qu'un chapitre (le 17 donc), l'épilogue et un ou deux bonus. Profitez :)
