Chapitre 4 : Les invisibles du vent.

Ailleurs :
« Atchoum !
-À tes souhaits mon cœur, lança un groupe de voix graves.
-Oh vous ça va ! Je préfèrerais voir une femme que vous, même ma sœur, râla une autre voix.
-Tu as une sœur ? S'exclama le cœur.
-Oui, je me demande où elle est et si elle grandit bien, répondit la voix rêveuse. »

Ici :
« Tu as un frère ? S'exclamèrent mes parents.
-Oui, je lui ressemble non ? »
Mon père regarda tout à tour l'affiche et moi, puis me répondis négativement, malgré une hésitation dans la voix. Sentant la fatigue me submerger, je remerciais ma mère pour s'être occupé de mon épaule et partie me coucher.

A mon réveil, j'entendis que mon père était heureux de les voir et qu'il lui tardait de les revoir. Lorsque j'ouvris les volets, je sentis un groupe d'hommes sortir tant bien que mal du dojo.
« Je n'ai pas trop fait de bruit Mia ? Demanda mon père.
-Non, je n'ai rien entendu. C'était les casseurs de dojos ? Questionnais-je, en montrant du doigt le groupe d'hommes.
-Oui c'était eux, répondit-il, en s'asseyant sur le rebord de la fenêtre.
-Ah ! M'exclamais-je, en m'écartant de la fenêtre. Je déteste quand tu fais cela, et comment tu fais pour montrer jusque là sans que je te sente ?
-Tu sais bien que je ne te le dirais pas, alors insiste pas.

-Qu'est-ce que tu voudrais faire plus tard ? Demanda-t-il, après un instant de silence.
-Tu le sais bien, je voudrais prendre la mer pour retrouver mon frère, ainsi que les pirates qui ont tué mes parents.
-Et si je refusais ? Proposa-t-il.
-Je partirai quand même, répliquais-je.
-Même, si dans mon testament, je t'ordonne de prendre la relève au dojo ? Demanda-t-il en se tournant vers moi.
-Même, répondis-je en me tournant vers lui. »

Il se mit à sourire, puis il se jeta dans le vide et atterrit dans la cour du dojo, porta deux doigts devant son visage et disparut. Frustrée de voir mon père partir de cette façon, je me préparai et partie à la librairie de la ville. Sur le chemin, je me suis sentie épié, mais je ne sentais pas d'où et qui. En entrant des odeurs de vieux papiers, de bois brulé et de tabac flottaient dans l'air ce qui donne à la librairie un air ancien et chaleureux, le libraire, qui me connaissait bien, m'aborda et s'étonna de ne pas voir ma mère, car d'habitude c'est elle qui me lit l'histoire, car il y a trop peu de livres en braille. Je lui demandai quels étaient les livres pour aveugle, il me récita la liste, mais un seul retient mon attention : Les invisibles du vent.
Il partit me le chercher à ma demande. Lorsqu'il revient il m'indiqua le nombre de pages (environ mille) il murmura que je mettrais plus de deux mois pour le livre, interloquée je lui répondis que je lisais assez vite et que je mettrais un mois à le lire. Soufflant, il me glissa que c'était le seul exemplaire de l'île et donc qu'il était très précieux, je me penchais vers lui et lui demanda si je lui avais déjà rendu un livre en mauvais état, il maugréa que non et s'attaqua à la fiche de prêt pendant que je lisais le résumé.
Lorsque je sortis de la librairie, je voulue commencer le livre, dont le titre et le résumé étaient alléchants, je me dirigeais vers les falaises où les vagues dispensaient fraîcheur et invitaient à la détente avec un soleil aux rayons doux. Je m'y installais et en écoutant le fracas des vagues, je me plongeai dans le roman.

Lorsque j'émergeais, quelqu'un au loin me cria de partir, car la marrée montait. Je pliais bagage et rentra au dojo où le cours du soir commençait. Par réflexe, je partis me changer pour y participer, mais ma mère me demanda de la suivre dans sa salle de consultation, je la suivie, elle me demanda de m'allonger sur le divan sur le ventre. Intriguée je m'exécutai et à peine je fus installée qu'elle entreprit de me relever mon tee-shirt, pour y placer des galets brulant le long de ma colonne vertébrale. Tandis qu'elle allumait de l'encens, je lui demandais pour l'énième fois comment mon père pouvait disparaître, en mettant simplement son index et majeur gauche joint devant son visage. Elle poussa un soupir, en me demandant, si un jour je me lasserais de poser cette question, je lui répondis un peu férocement que tant que je n'aurais pas la réponse, je n'arrêterais pas de la poser. Un silence gêné de la part de ma mère me répondit, je m'excusais de la façon dont je lui avais répondu, elle me lança que ce n'était pas grave et elle ajoutait que pour ma question, je connaissais la réponse, ou plus tôt je l'avais lu récemment.
Alors que je méditais sur ses paroles, ma mère retirera les galets devenus froids et elle appliqua sur mon dos, une crème pour les douleurs musculaires, qui pour être efficace doit être appliquée avec un massage. Je suis fière de ma mère, du monde entier elle est connue pour ses massages et sa médecine douce, un jour un homme entra et demanda à ma mère ses conseils, car il s'était fait arracher un bras par un roi des mers, je crois qu'il venait d'East Blue. L'encens et le massage eurent raison de moi, je me suis endormie quelques secondes après le début du massage.

Ma séance de massage finie et après avoir dîné, je m'enfermais dans ma chambre, pour continuer de dévorer le livre.
Dans le village où se passait l'histoire, trois personnages se démarquent : un homme qui pouvait se déplacer sans faire de bruit, un autre pouvait communiquer avec les bêtes de la forêt qui entoure le village, tandis que la seule fille de cette équipe me prend la tête. Soit elle est stupide, soit elle le fait exprès : sa seule préoccupation est de savoir si elle va être blessée durant la mission, alors que c'est une espionne hors pair, elle m'énerve cette pimbêche, avec ses jérémiades quand elle à une égratignure ou ses minauderies avec le chef du village…
De tout le village ce sont les plus forts, ils sont tellement forts qu'à la fin de certaines missions c'est le village qui doit payer les dégâts qu'ils ont fais et parfois le coût des réparations est supérieur à celui de la récompense. De temps à autre la fille du groupe, Akïez, passe d'un extrême à l'autre : soit c'est une mijaurée, soit c'est une tueuse froide et impeccable.

« Extinction des feux, jeune fille, annonça mon père, en me prenant le livre des mains avec douceur, mais fermement.
-Mais laisse-moi le livre, répliquai-je, je ne vais pas le lire.
-Arrête, tu te souviens de la dernière fois ?
-Je serais raisonnable cette fois-ci, répondis-je rougissante.
-Quand tu lis, tu ne peux pas t'arrêter et lire un livre jusqu'à six heures du matin, ce n'est pas bon pour une fille comme toi.
-Mais, pfff… Soufflais-je.
-Demain, tu vas t'occuper de la patte de Zirkon ? Demanda-t-il.
-Oui après la visite du docteur Natsic.
-D'accord. Bonne nuit Mia, dit-il en soufflant la bougie et en refermant la porte.
-Au fait comment tu sais que je dois m'occuper de Zirkon ? Interpellais-je. »

Mais un bonne nuit me répondit au travers de la porte. Je m'allongeais, maugréa un bonne nuit et m'assoupie.

Lorsque ma mère me réveilla, je sentis qu'aujourd'hui allait être une journée propice à la lecture en plein air. À peine j'eus déjeuné et habillée, que le docteur entrait dans le dojo. Je viens à sa rencontre tout en le grondant gentiment, car je n'aimais pas qu'il me fasse la consultation à domicile. Depuis que je le connais le docteur Natsic collectionne les blessures en tout genres : lumbago, tendinites aux divers membres, fractures multiples et j'en passe… Malheureusement le seul endroit où il n'a jamais été blessé c'est à la langue, c'est une catastrophe surtout quand il y a ma mère, mais cette fois-ci elle est partie au marché.
Après la consultation, alors que je le raccompagnais, j'annonçais au docteur que la prochaine fois c'était moi qui viendrais à son cabinet, pour une fois il accepta. Dans la pharmacie de la maison, j'attrapais du sparadrap, un rouleau de gaze et une atèle, je les fourrais dans mon sac, où mon livre se trouvait, puis je volai un steak dans le frigo, puis partie à la colline du Loup en sifflotant.

En chemin, j'eus la nette impression de me faire observer, mais cette fois-ci mon observateur faisait tout pour se faire remarquer ou presque. D'après ce que je sentais, c'était un jeune homme, qui faisait une tête de plus que moi et semblait moins musclé que moi. Cette information me rassura, car en cas d'attaque je pourrais me défendre, par contre il semblait souple et svelte, car il se déplaçait à grande vitesse dans la forêt. Un trottinement me tira de ma rêverie : deux, trois et on hésite à poser la quatrième.

« Salut Zirkon, lançais-je en me rapprochant pour caresser la tête du loup. Je t'ai apporté de quoi manger et de quoi te soigner, annonçais-je en attrapant l'atèle et la bande de gaze.
-Jamais je n'aurais pensé que tu pouvais en approcher.
-Tu m'observe depuis un moment, tu dois bien le savoir, répondis-je à mon observateur.
-Tu savais que je t'espionnais ?
-Il aurait fallu être sourd, pour ne pas t'entendre.
-On dit aveugle…
-Je suis aveugle, coupais-je, en serrant un peu trop fort le bandage de Zirkon.
-Ah, c'est pour ça que tu as cette version des invisibles du vent, dit-il en prenant le livre dans mon sac.
-Tiens Zirkon, c'est fini, annonçais-je au loup en sortant le steak de mon sac.
-Il ne prendra pas le steak dans ta main, il est trop méfiant, répondit le garçon.
-Tu en es sûr ? Demandais-je ironiquement, en tendant la main vers le loup qui se jetait avidement sur la viande.
-Non, dit-il désabusé, mais qui tu es pour qu'il t'écoute ? Tu es une descendante des invisibles ?
-Les invisibles sont une histoire inventée de toute pièce, répliquai-je en lui faisant face.
-Bien sûr que non, s'exclama-t-il. Tu en es où dans l'histoire ?
- Après la mission d'espionnage chez les caméléons, répondis-je.
-Ben c'est là où tu vas voir que l'histoire est de plus en plus réelle, il y a même des similitudes avec l'île.
-Arrête, si c'est de plus en plus réel, je n'ai pas envie de croiser Akïez au détour d'un chemin.
-Akïez ? Tu ne confonds pas avec Zeïka ?
-Hein ?

*Comment il la connait ?*

-Ben, il y a Akïez et Zeïka…
-Ah non, coupais-je, il n'y a qu'Akïez.
-Non, non, non, répéta-t-il, Akïez à une sœur jumelle. Après l'éclipse Akïez parle avec sa sœur.
-Non, elle discute avec une paysanne… C'est vrai que leur discussion était bizarre, murmurais-je. Tiens je me demande où est passé le blanchisseur d'argent, tu sais celui du village des nuages, précisais-je, en sentant que le jeune homme était septique.
-Tu n'as pas bien lu, lorsque le groupe repartit vers leur village, il y a eu un bruit de chute, tu te souviens ? Ils avaient cru que c'était un sac, mais en fait c'est le corps du blanchisseur, je m'explique. Le lendemain, il n'était pas à son travail et quand le groupe est repartit, ils sont allés au temple pour faire une prière et Zelph a vu qu'il y avait quinze tombes contre quatorze la veille, alors qu'il n'y avait pas eu de cérémonie ni la veille, ni ce jour-là.
-Tu pense que c'est lui ? Dans la nouvelle tombe ? Demandais-je. Mais qui l'aurait tué ?
-C'est sûrement Zeïka, dit-il en regardant le ciel. Il est bientôt midi, tu ferais mieux de rentrer chez toi sinon ta maman va s'inquiéter. À plus Zirkon veille bien sur la jeune fille.
-Hé, attend, m'exclamai-je. Tu t'appelles comment ?
-Moi, c'est Kinan du clan du Loup et toi ?
-Mia Doko…
-Celle du dojo ? Coupa-t-il.
-Oui, tu penses qu'on pourra se revoir ? Demandai-je.
-Ben si tu veux entre 14heures et 17heures, après j'ai cours de survie.
-De 16 heures à 17 heures ? J'ai entraînement avant et je le reprends à 18 heures.
-Si tu veux, on se retrouve où ? À la librairie ?
-D'accord, lançais-je joyeusement.
-Parfait, bon ben à 16 heures à la librairie alors. À tout à l'heure Mia !
-Oui, à tout à l'heure. Tu peux me rendre mon livre s'il te plait ?
- Oups, dit-il en rangeant le livre dans mon sac. Tiens, dit-il en me tendant mon sac
-Merci, c'est gentil, répondis-je en reprenant vivement mon sac »

Kinan s'enfonça parmi les arbres et disparut, je caressai le loup et rentra manger.

Lors du repas, ma mère me demanda si ma consultation s'était bien passée, je lui répondis que le docteur était content, que tout marchait très bien, mais la prochaine fois c'était moi qu'y allais. Mon père me demanda si mon dos allait mieux, taquine je lui répliquai qu'il verrait ça cet après-midi durant l'entraînement.

Rageuse je jetai mon bâton dans le réduit d'arme du dojo et partie me doucher en vitesse. Pourtant, j'avais été attentive au cours, mais à la fin mon père eu l'idée de me souffler, qu'il me confisquait le livre, parce que d'après lui j'avais la tête ailleurs. Me changeant, je lançai à ma mère que je partais à la librairie pour rallonger mon prêt à cause de mon père. En sortant, je vis Kinan sortir du magasin de calligraphie, puis nous partîmes vers la librairie tout en parlant du livre. Il me demandait si j'avais continué le livre, je lui répondis ce que m'avais dit mon père, il eut un petit rire.

*Pourquoi, alors que je discute avec lui, le pendentif de Zeïka s'échauffe doucement ?*

« Oh, non ! Ce n'est pas vrai m'exclamais-je, au bout d'un moment.
-Quoi? Demanda Kinan qui me regardait interloquée.
-Je vais être en retard à mon cours, déclarai-je en me levant. Je vais passer un sale quart d'heure avec mon père.
- Oh mince, je ne voudrais pas que tu sois en retard à cause de moi, dit-il. Je te raccompagne ?
-Si tu veux, mais fait vite, dis-je en sortant de la librairie.
-'voir, marmonna le libraire.
-A plus William, lança Kinan à l'intention du libraire. »

Fonçant dans les rues, Kinan me proposa de couper par la forêt pour arriver plus vite. Je bifurquais avec lui en direction de la forêt, le suivant tant bien que mal, à cause des arbres et des racines. À un moment, mon pied se pris dans une racine et en tombant je foulai ma cheville. Le jeune homme, qui m'avait vu tomber, me demanda si cela allait, mais lorsqu'il vit que je me massais la cheville, il me proposa de monter sur son dos, acceptant de bon cœur je m'accrochais à son cou et grâce à lui, je pus arriver à l'heure en cours.

Après l'entraînement, douche et dîner, où je me fâchais encore avec mon père, puis je partis me coucher en râlant puisque je ne pouvais pas lire.

« Tok »
*Tient ? Il pleut ?*
« Tok, tok »

J'ouvris les volets pour savoir ce que c'était, car cela n'avait pas le même son que la pluie, sa ressemblait plus à un caillou. Lorsque je repoussai les volets, quelque chose fonça sur moi, d'instinct je me reculai et la chose se posa sur le rebord de la fenêtre.

« Bonsoir, demoiselle, fit-elle.
-Hiii, laissai-je échapper.
-Chut, dit Kinan en posant un doigt ganté sur la bouche.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Murmurai-je, en le laissant entrer.
-Je voulais encore parler avec toi, même si mon prof de survie me l'a déconseillé.
-Ah bon, pourquoi ?
-Je ne sais pas, répondit-il en regardant l'extérieur du dojo.
-Pourquoi tu es aussi soupçonneux ? Remarquai-je, en effet Kinan ne cessait pas de regarder de gauche à droite.
-C'est pour surveiller si mon prof de survie ou ton père ne se pointe, répondit-il.
-Mais, vaut mieux que tu partes alors, je préférerais que tu ne sois pas puni parce que tu veux parler avec moi, lui conseillai-je.
-Non, répliqua-t-il sèchement. Puis d'une voix plus douce : J'aimerais te demander quelque chose…
-Quoi donc ?
-J'aimerais emprunter un sabre à ton père et que sa passe pour un vol, dit-il en me regardant de face.
-Pardon ? Demandai-je interloquée. Pour quelle raison ?
-Ne t'inquiète pas, c'est juste un emprunt, c'est une mission que mon clan m'a donné pour prouver que je suis digne de confiance, dit-il pour me rassurer.
-Certainement pas ! M'exclamai-je. C'est quoi cette mission ?
-Je n'ai pas le droit de divulguer cette information, passe moi au moins un sabre et je te le rends demain.
-Non, répliquai-je, je te conseille de partir avant que j'appelle mes parents.
-S'il te plait c'est pour la bonne cause…
-Va t'en, je veux plus te voir, coupai-je en le repoussant.
-Désolé, mais c'est pour ton bien, dit-il en sortant un kunaï d'une sacoche dans son dos.
-Un bon conseil : range le de suite avant d'être blessé, grondai-je.
-S'il te plait, c'est juste un emprunt.
-Jamais. »

A ce mot, Kinan se jeta sur moi en visant mon cou. Le pendentif me brûla, mais je murmurai que ce n'était pas la peine qu'elle intervienne. J'esquivai le coup du jeune homme et frappa du tranchant de la main le poignet de la main armée. Surpris par ma vitesse de réaction, il lâcha son arme et avant que son arme touche le sol, je balayai les jambes de mon assaillant, qui tomba face contre terre, lui fis une clé de bras et pour m'assurer qu'il ne se relèvera pas, je calai mon genou droit entre ses omoplates.

Lorsqu'il ne lutta plus, je me penchai vers lui et murmura que s'il toucha à un des sabres de mon père il passera de vie à trépas, sentant ma menace réelle, il me promit de ne pas les voler. Dès que j'enlevai mon genou et relâcha la pression sur son bras, Kinan partit se placer sur le rebord de la fenêtre, prêt à décamper. J'esquissai un sourire et au grand étonnement du jeune voleur, je lui demandai de dérober les invisibles du vent. Interloquée le garçon me demanda pourquoi, je lui répondis que je voulais finir de le lire d'ici demain soir, vu que je n'ai pas cours le lendemain. Me gratifiant d'un sourire le jeune homme me déclara que je trouverai le livre dans la clairière où l'on s'est rencontré, le livre sera gardé par Zirkon. Alors que j'acquiesçai, le garçon me fit face (sa respiration s'accéléra) attrapa ma main droite pour y porter ses lèvres, me souhaitant bonne nuit et disparut comme mon père.

Le lendemain je me réveilla lorsque ma mère rentra du marché, lorsque je fus habillée, mon père entra en trombe et se mit à mettre ma chambre sans dessus sans dessous. Interloquée je lui demandai ce qu'il se passait, il me répondit que mon livre avait disparu, feignant la surprise, je lui dis que je n'y avais pas touché et donc que je ne savais pas où il se trouvait. Dans l'entrée, ma mère appelait mon père et lui demanda de se dépêcher, car ils allaient être en retard. Cinq minutes plus tard, ils partirent à fond de train, puisque j'avais obligé mon père à ranger le bazar qu'il avait mit dans ma chambre et ma mère me cria que mon repas était dans le wok.

M'étirant paresseusement devant la fenêtre, pour profiter des premiers rayons du soleil, je pensais aux lieux que le livre décrivait : la place de la fontaine du loup ressemblait à celle du marché, le repère des héros avait des similitudes avec la clairière où se trouvait le saule pleureur, au pied du quel j'avais trouvé le pendentif de Zeïka.
Soudain sa voix se fit clairement entendre dans ma tête :

*Tu connais le repère ?*
« Hein tu es où ? »
*Devant toi…*
« Comment sa ? Demandai-je en scrutant avec mes sens, mais je ne senti qu'un vieux miroir face à moi. »
*Découvre le et applique le pendentif dessus.*
« Pourquoi, pour te libérer ? »
*Non, c'est juste pour te parler, dit-elle calmement.
« Qu'es qui me dit que lorsque je l'aurai fait tu ne me tueras pas ? »
*Si tu touches ton reflet, tu ne sentiras pas les doigts chauds d'un corps, mais la surface lisse et froide du verre non ?*
« Je ne me regarde jamais dans un miroir, puisque je suis aveugle »
*Puisque tu es aveugle tu dois te prendre les baies vitrées, ironisai-t-elle.*
« Non, je cherche s'il y a un encadrement dans une situation de ce genre. Mais dis-moi comment tu fais pour me parler par la pensée, alors qu'on pouvait se parler lorsque je touchais le pendentif ? »
*Tu es peut-être proche de deux objets démoniaux, supposa-t-elle. Tu sais que tu peux me parler par la pensée tu as l'air d'une malade à parler toute seule.
-Oups, désolée. Le pendentif et le miroir en sont ?
-Oui, mais ne t'inquiète pas, ils sont peu nombreux et peu puissant mis à part…
-Mis à part ? Poursuivis-je.
-Mis à part mon pendentif, le collier du bras droit et la fourche de la maîtresse. Ces trois la sont les objets démoniaux les plus puissants.
-Si tu le dis, mais ils servent à quoi et le miroir sert à quoi ?
-Le collier et la fourche réagissent de la même façon que mon pendentif, pour le miroir applique mon pendentif dessus.*

Je fis ce qu'elle demanda, mais au lieu de la voir face à moi, je vis mon corps, qui ressemblait à ce que je pensais : un corps menu et d'un blanc laiteux, de long cheveux blonds qui cachaient l'œil droit, mais les mèches avaient été repoussées derrière les oreilles. Les épaules assez musclées du fait de la pratique du sabre, les yeux étaient de la couleur du ciel avant un orage, réduit par deux fentes verticales.

Zeïka me sourit et me lançait que si j'avais quelques années de plus, je ressemblerais à sa sœur, interloquée le nom de Akïez fusa de ma bouche, étonnée la démone me demanda d'où je connaissais le nom de sa sœur, je lui répondis qu'il existait un livre relatant leur histoire, puis je me rappelai que Kinan avait laissé mon sac dans la clairière. Je me retournai sauf que mon corps ne bougea pas d'un iota, je fronçai les sourcils, ce qui fis froncer ceux de mon double, qui me lançai un regard interrogateur, puis soufflant que j'avais certainement autre chose à faire et elle porta sa main au pendentif ce que je fis aussi.
L'instant d'après le monde se drapa de ténèbres et je me retrouvai seule face au miroir, un peu nauséeuse par la rencontre de mon « double maléfique », je m'assois quelques secondes avant d'aller préparer mon petit matériel de vétérinaire.

Arrivée dans la clairière, Zirkon sorti d'un fourré avec un sac dans la gueule, lorsque je le récupérai il poussa un semblant de soupir, puis me tendis sa patte. Après avoir défait le bandage, j'auscultai la patte et découvris qu'elle était en parfait état. Je permis au loup de marcher sans lui refaire un bandage, il fit quelques pas, puis il se mit à courir et à cabrioler comme un louveteau. Après quelques minutes à le voir s'amuser, je fouillai dans le sac et y découvrit : une gourde, deux sandwichs, le livre, une serviette et une enveloppe.
Lorsque mes doigts frôlèrent le papier je m'en saisis et l'ouvrit. La lettre était épaisse et trouée, par réflexe je passai la main au bas de la lettre et sous mes doigts se dessinèrent du braille qui formait le mot : Kinan. Joyeuse je commençai à lire la lettre :

« Chère Mia,
J'espère que je ne t'ai pas trop effrayé hier soir par ma visite nocturne, j'étais obligée de le faire pour mon clan.
J'ai pensé à te faire un pique-nique, car quand tu lis tu ne t'arrêtes que pour manger ou quand tes parents insistent.
Dis-moi tu n'as jamais voulu parcourir le monde au gré des vagues ? Que penses-tu des pirates : des voleurs ou des gens libres ? Hier quand on était à la librairie, tu as grimacé, lorsque les anciens ont parlé avec déférence des pirates. J'aimerais bien en parler avec toi, la prochaine fois qu'on se verra.
Tu dois en avoir marre de lire les blablas inutiles d'un garçon, alors je vais te laisser lire.
A bientôt, biz.
Kinan.

Heureuse d'avoir reçu une lettre, je la repliai avec soin tout en pensant aux questions du jeune voleur. Pour moi les pirates ne valent pas mieux que les voleurs, mais comme je m'entends bien avec l'un d'eux pourquoi je ne m'entendrais pas avec les flibustiers, peut-être qu'il y a plusieurs genres de pirates… Mais je m'approcherai d'eux qu'en cas d'extrême nécessité. J'attrapai la serviette que j'étendis, pris le livre et me laissa emporter par l'histoire.

Zirkon me poussa du bout de sa truffe froide pour me tirer de ma lecture. Je lui demandai quelques secondes, ferma le livre et poussa un soupire d'extase, tout en glissant une main dans la fourrure du loup. Je lui chatouillai le derrière les oreilles, pensive, quand tout à coup Zirkon poussa un hurlement qui me fit sursauter, puis plusieurs hurlements répondirent à celui de Zirkon. Je rassemblai mes affaires et après une dernière caresse au loup je pris le chemin de la maison en songeant aux paysages familiers du livre.

Lorsque je rentrai, j'annonçai à mon père que j'avais retrouvé le livre en ville, celui-ci ne me répondit pas, il me tendit une boîte en fer. Au touché je la reconnue aussitôt : c'était celle qui contenait le pendentif de Zeïka.
Il me prit par les épaules et me secoua violemment en me demandant où se trouvait le pendentif de la démone. Voulant me dégager, je frôlai son cou, qui portait un collier à pointes. Instantanément le pendentif me brûla, mon père me cria d'arrêter cette lumière, le sentant aveugle, car il marchait les mains devant lui, je m'écartai, attrapa mon sac contenant le livre, j'y glissai la boîte de mes parents. Je pris un sabre à mon père et avant qu'il ne s'habitue à l'éclat du pendentif, je pris la fuite vers mon refuge : la forêt.

Alors que j'approchais de la colline du loup, je sentis la présence du jeune homme, je le remerciai pour le livre et je lui expliquai ce que je faisais ici (en faisant passer le nom de Zeïka sous silence). Il me demanda de lui montrer le pendentif, je le pris avec précaution, croyant qu'il était encore brûlant, mais il était glacial, Kinan se rapprocha de moi, car je ne pouvais pas détacher le pendentif, au fur et à mesure que ses doigts suivaient le contour du pendentif ses yeux s'écarquillèrent et il me demanda si ce n'était pas celui de Zeïka.
Alors que j'allais lui répondre, il me prit par la taille et nous cacha dans un tronc creux :

« Chut, murmura Kinan en posant un doigt sur ma bouche, ils sont à ta recherche.
-Qui ? Soufflais-je. Et pourquoi ?
-Les villageois, les casseurs de dojo, ton père… Ils te recherchent pour le pendentif.
-Les traces de pas s'arrêtent ici, cria un villageois. Et elles sont récentes.
-Elle doit être partie pour la colline du loup, suggéra mon père, allez-y je reste là au cas où.
-Elle va regretter d'avoir croisé mon chemin il y a trois ans…
-Je la veux vivante, cingla mon père. »

L'homme maugréa quelque chose puis parti avec les autres. Je voulue me dégager de Kinan, mais celui-ci se pressa contre moi et appuya sur mon bras de façon répétée, du morse. Il m'indiqua que mon père était encore là, malgré le vent qui tourbillonne entre les arbres. Je lui demandai comment il le savait, il me répondit qu'il le sentait. Un craquement au-dessus de nos têtes retentit, ce qui fit rapprocher Kinan de moi, il fut si près que je sentis son souffle dans mon cou, je détournai la tête vers la sienne, car son souffle me dérangeait.

*Si tu savais à quel point il te dévisage, murmura Zeïka moqueuse.*

Un frisson me parcourut, lorsque je l'entendis, Kinan croyant que j'avais froid, raffermit encore son étreinte. Sous son tee-shirt, je devinais la forme de ses pectoraux, qui n'étaient nullement impressionnant. Il m'annonçait que les villageois revenaient poursuivit par des loups.

Quelques instants plus tard, ce fut la pagaille : les villageois hurlant martelaient le sol de la clairière, l'un d'eux essaya de rentrer dans le trou d'arbre où nous étions, mais sa tentative échoua, car un loup lui barra la route en grondant. Aussitôt je reconnu Zirkon et je m'empressai de le tapoter à Kinan, qui me tapota la même chose, s'en rendant compte, nous nous sourîmes et le jeune homme défit son étreinte, pour voir comment cela se passait dehors et jura. En effet, mon père se rendit compte que le loup ne bougeait pas de l'arbre creux, il s'avança vers nous en aillant dégainer son sabre. Le garçon m'ordonna de monter sur son dos, rapidement je m'y installai, lorsque ce fus fait, il ajouta que cela allait accélérer très fort et donc il me conseilla de ne pas crier. À peine il eut dit ça que nous nous envolâmes.

Déjà je ne ressentais plus le sol et le vent sifflait à mes oreilles, mais derrière nous j'entendis des cliquetis métalliques, peu rassurant, lorsque j'en informai Kinan, celui-ci émit en bruit sourd et une silhouette passa devant nous, j'étouffai un cri de surprise lorsque je la reconnue : mon père. Le pendentif se mit à me brûler, mais je ne l'empoignai, car j'avais peur de tomber. Le jeune homme me transmit qu'il allait devoir partir plus tôt que prévu, je lui demandai où on allait, mais il me déposa à l'entrée de la ville et prenant ma main il m'entraîna dans les rues de la ville.
Alors que nous arrivions à la place du marché, je lui lâchai la main, l'obligeant à s'arrêter, il se retourna et me demanda :

« Quoi ?
-Qu'es qu'il se passe ? Pourquoi mon père veut le pendentif de Zeïka ?
-C'est vraiment le sien ? Demanda-t-il, avec un mélange d'admiration et de peur dans la voix.
-Oui mais avant que je rentre dans les détails, dis-moi pourquoi il veut son pendentif, répliquai-je.
-D'après mes sources le collier qu'il porte est celui d'un démon et il est à la recherche d'autres objets démoniaux et on pense que les invisibles du vent pourrait l'aider à les retrouver.
-Les invisibles serait un guide pour ces objets ? M'exclamai-je en serrant mon sac contre moi.
-Oui, vient, dit-il en se faufilant dans les rues, ne restons pas là. Sur toutes les éditions du livre sortie, c'est l'original écrit en braille, qui contient toutes les informations sur les objets démoniaux dans l'annexe...
-Mais la première édition doit être chez lui, pourquoi il l'a écrit en braille il était aveugle ou quoi ?
-Oui, il était aveugle et non tu tiens dans tes mains la première édition des invisibles du vent.
-Mais… Mais… Mais, il faut lui rendre, balbutiai-je.
-Il en a fait don à l'île. Attention à la marche, dit-il en me tendant la main, que je saisis. Dis-moi tu as réfléchi aux questions que je t'ai posé dans la lettre ?
-Oui, pour les pirates j'ai un avis mitigé, mais je n'ai pas envie de découvrir le monde vu que je n'y vois pas, même si j'ai envie de rencontrer mon frère…
-Nous y voilà, déclara Kinan.
-Qu'es que tu veux faire au port ? Demandai-je.
-Je vais prendre la mer.
-Encore une mission pour ton clan ?
-Non, je veux y échapper et je te demande de m'accompagner.
-Pardon, demandai-je.
-Écoute : soit tu viens avec moi pour retrouver ton frère, soit tu restes ici et tu te fais attraper par ton père, qui va t'obliger à lui donner le pendentif de Zeïka et le livre, mais je ne sais pas ce qu'il adviendra de toi et de cette île. Mais choisis vite, ils arrivent.
-Comment veux-tu que je choisisse entre mon frère et ma vie d'ici ? Qu'es qui te dit que mon père m'obligerait à lui donner le pendentif et le livre ? Avoue que c'est une ruse, que tu le veux ce pendentif.
-Tu as bien entendu, ton père te voulait, il a même organisé une battue générale pour te retrouver. Si j'avais voulu le pendentif, je te l'aurai dérobé depuis un moment et je ne t'aurais pas aidé dans la forêt. Pourquoi tu portes un sabre ?
-Si tu voles comme tu pistes tu n'aurais jamais eu de chance face à moi. Tu as vu l'animosité des casseurs de dojo ? Je l'ai pris au cas où.
-Face à eux tu n'as aucune chance, seule contre tout le village.

- Je ne peux pas choisir pour toi, murmura-t-il.
-Tu me fais monter à bord ? Demandai-je.
-Parfait alors allons y, dit Kinan enthousiaste, en m'aidant à monter à bord. »

Kinan me conseilla de me cacher dans la cabine tant qu'on était encore dans la baie.
Un bruit de pas, se rapprochait, mon père héla mon bateleur, mais sa voix semblait lointaine et un bruit de vague ainsi qu'un léger roulis s'installèrent. La cabine comportait deux couchettes, une cuisine ainsi, qu'une petite salle de bain, Kinan passa la tête par l'écoutille pendant mon exploration et m'annonça que je pouvais le rejoindre sur le pont, puisque nous étions au niveau des presqu'îles délimitant la baie.

Je m'installai là où le capitaine m'indiquait afin de faire contrepoids, lorsque plusieurs hurlements se firent entendre, Kinan mit le cap à bâbord, lorsqu'une forme jaillit de la presque île gauche. Dès que je la sentis je criai, car je crue que c'était mon père, mais le garçon me rassura en disant que c'était notre ami commun. Le loup se plaça à la proue et hurla en direction du grand large, prudemment je me rapprochai de l'animal et posa ma main sur sa tête.

« Qu'es que tu sens ? Demanda Kinan.
-Seulement les vagues.
-Bienvenue sur North Blue. »