Chapitre 6 : Dryada.

Alors que Kinan essayait de sortir le loup de la salle de bain sans se faire mordre, je consultai les invisibles du vent afin de voir s'il y avait une explication, mais malheureusement Zelph était déjà « relié » à son loup avant le début de l'histoire, je tentai quand même de contacter Zeïka par le biais du miroir, mais cette tentative échoua. Pestant je demandai à Kinan l'heure, celui-ci jura et me lança qu'on allait être en retard pour notre rendez-vous avec Léonard, sautant sur le pont, puis fendant la foule, nous arrivâmes légèrement en retard, mais notre guide nous excusa vu que lui-même était en retard, puis il nous invita à monter dans la tour. Au sommet Kinan s'exclama, en me disant que c'était superbe, je lui demandai de me décrire l'archipel, mais Léonard s'en chargea. A sa description et au son de sa voix, les îles étaient sublimes et chaque une avait une spécialité.

Sur l'île estivale on peut s'y balader en tenue légère même si c'est l'hiver, par contre certains arbres et autres végétaux passent en « mode été » lorsque c'est la saison estivale , l'île ressemble à une immense plage avec quelques lacs et rivières qui sillonnent l'île, où se sont installés un bon nombre de casinos.

Sur l'île hivernale, il y a de la neige toute l'année, mais certains endroits sont qu'en hiver, car au printemps les plantes repoussent rendant certaines pistes impraticables. Mais cette île est surtout tournée vers la cuisine où des visiteurs du monde entier venaient pour leur cuisine.

L'île automnale est la plus discrète des trois îles, mais la plus importante, car on y retrouve toute l'administration de l'archipel ainsi que les savants et chercheurs. C'est surtout à l'automne quelle est connue, car il y a tous les cuisiniers de l'île hivernale qui s'y précipitent vu que c'est la saison des champignons.

A son inverse l'île printanière est la plus connue des quatre, les visiteurs affluents du monde entier pour voir les dernières tendances en matière de mode. Une partie des curieux vient surtout voir au printemps l'éclosion des fleurs de tissus, des arbres du même nom, qui est bien évidement la matière première de l'île.

Kinan dû le regarder de travers, car Léonard explosa de rire et lui promit de lui montrer ces fameux arbres. Soudain le guetteur attrapa un miroir et le bougea de façon répétée en direction d'une maison, une voix cria un remerciement, je lui demandai ce qui s'était passé. Celui-ci me répondit franchement qu'une personne attendait un bateau et que ce navire venait d'arriver dans l'archipel. Nous restâmes ainsi pendant trois heures à regarder l'archipel et à me la décrire, avant que la relève n'arrive, puis notre hôte nous demanda de le suivre à la maison de Dryada, afin d'aller faire son rapport avant d'aller manger. Kinan allait encore décliner l'offre, lorsque je lui tapotai que le loup n'était pas encore approchable pour le moment et que là-bas il y aurait surement des informations sur les allées et venues des bateaux. Suivant Léonard, jusqu'à une petite maison au sommet de l'île, l'homme nous expliqua qu'elle préférait être à l'écart de la ville, mais pas trop afin d'être prévenue de n'importe quel problème sur l'archipel au plus vite. Dès qu'il entra dans le jardin, un autre homme sortit de la maison sensiblement mécontent, car il lança à l'adulte qui nous accompagnait que la jeune fille était encore en vadrouille. Poussant un soupire, notre hôte nous demanda d'excuser l'adolescente, car d'habitude elle est chez elle à cette heure-ci, puis nous rebroussâmes le chemin et prîmes la direction de celle de Léonard. Avant de pousser la porte de sa maison, l'homme nous demanda d'excuser de la conduite de sa femme, puis entra. A peine nous franchîmes le seuil, que deux bras grassouillets nous happèrent pour nous enfoncer dans une imposante poitrine.

« Oh, mes pauvres petits chéris. Vous devez être affamés, vous avez la peau sur les os.

-Mmmmmmmph ! S'écria Kinan.

-Mais tu ne vois pas que tu les étouffes ? Lança son mari.

-Mais les pauvres choux, dit-elle en nous regardant de haut en bas. Je vais vous faire un bon ragout de loup et …

-Quoi ? M'écriai-je. Vous allez nous faire manger du loup ?

-Bien sur que non, c'est le nom de la recette. Avant les gens mangeaient les loups, mais maintenant que les loups sont protégés c'est devenu un simple ragout d'agneau et le nom est resté, expliqua calmement Léonard.

-A d'accord, dit Kinan. C'est juste qu'on vient de l'île du Loup et donc…

-Vous venez de l'île du Loup ? S'étonna la maîtresse de maison. Je comprends mieux ta réaction ma petite. Vous connaissez la femme du dojo ? C'est une amie à moi.

-C'est ma mère, répondis-je.

-Je croyais qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant, lança Léonard en commençant à servir le repas.

-J'ai été adopté lors d'une attaque lorsque j'avais cinq ans, expliquai-je poliment.

-Oh je suis désolée ma louloutte, dit la femme en me faisant passer une assiette copieusement remplie. »

Lui disant que ce n'était rien, discrètement j'ordonnai à Kinan par tapotement de se taire sur la vraie raison de notre venue. Clignant des yeux, mon compagnon me fit comprendre qu'il était d'accord avec moi, puis il enchaîna avec beaucoup de naturel, sur son enthousiasme à aller sur chaque île de l'archipel durant l'après-midi. A la fin de ce très long repas et après que notre hôte nous ait raconté une petite histoire sur les îles en fumant une pipe, il nous convia à le suivre pour aller visiter l'archipel. Kinan prit la direction du port, mais le guetteur s'esclaffa en nous disant qu'entre les îles on n'utilisait pas les navires et caravelles, interloquée je lui demandai la raison. Il nous expliqua que Dryada était fatiguée que les pirates et les marines se chamaillent à cause d'un accrochage alors qu'ils manœuvraient, elle interdit aux gros navires de voguer d'îles en îles, car les ports étaient toujours bondés et il y avait toujours des bouchons. On utilisait donc des petits voiliers qui peuvent transporter de quatre à huit personnes, mais lors de la fête de l'archipel, les habitants construisent d'énormes pontons pour relier les îles afin de s'amuser autochtones et touristes. Acquiesçant je pris le bras que me tendait notre guide, qui nous conduisit jusqu'au port de plaisance où nous prîmes place dans une petite barge.

Durant la traversée, Kinan demanda pourquoi l'eau était plus claire en plein milieu de l'archipel, tournant la tête vers Léonard je sentis qu'il avait le visage renfrogné et triste. N'insistant pas le jeune homme poussa un cri de ravissement lorsque nous fûmes arrivés à l'île hivernale, il me lança que les personnes faisaient du ski en short et paréo et plus loin des enfants faisaient des batailles de boules de neige. Ne sachant pas de coin il parlait, je me contentai de sourire à chaque une de ses exclamations, comme il me semblait que la neige était froide, je fis remarquer à Léonard que les enfants ne ressentaient pas le froid. Pour toute réponse il se baissa et prit de la neige qu'il me déposa dans les mains, par rapport à la température de l'air la neige me semblait fraiche. L'homme ajouta que les scientifiques essayaient d'expliquer pourquoi la neige s'adaptait à la saison de l'île et que personnellement il s'enfichait. Souriante je donnai à la neige une forme de boule, puis sentant que Kinan me tournait le dos, je la lui lançai, pressentant que quelque chose allait dans sa direction, il se retourna et se la prit en pleine figure. Riant, je sentis qu'il balayait la neige de ses cheveux, puis avec un sourire espiègle, il m'en lança deux, nous continuâmes ainsi, jusqu'à ce que Léonard s'y mette et ce n'était pas des boules de neige que l'on affrontait, mais une tempête de neige. Quelques minutes après nous étions allongés dans la neige riant aux éclats, puis la tempête de neige humaine déclara que nous devions aller faire le tour de l'île.

Malgré la quantité astronomique de restaurant sur l'île et un grand nombre de cuisinier/pirates, mon frère ne s'y trouvait pas, au détour d'une discussion avec des serveurs, j'appris qu'il était toujours sur la route de tous les périls, mais il est séparé de ses nakamas. Déçue, je suivis mon hôte jusqu'à la barque et pris la direction de l'île printanière.

J'émergeai de ma torpeur, lorsque nous fûmes de retour sur l'île automnale, remerciant Léonard pour la visite, je rentrai au bateau le cœur lourd, malgré un Kinan heureux et arrivés au navire, je me couchai sans un mot, ni manger.

Le lendemain, mon compagnon était déjà parti lorsque je me réveillai, Zirkon était sur son lit. Après ma toilette, je déjeunai d'un croissant tout en caressant le loup, puis des coups de marteaux résonnèrent non loin du port me firent sortir. Me laissant guider par le bruit je me retrouvai près du port de plaisance de la veille, interpellant un passant je lui demandai l'origine des coups de marteaux, celui-ci me répondit que les ouvriers étaient en train de construire le ponton pour la fête. Le remerciant, je partis dans la ville suivant les bruits et odeurs, mes pas me portèrent jusqu'à l'orée de la forêt où une brise fraîche soufflait. M'enfonçant parmi les arbres, je laissai mes doigts glisser sur les écorces, lorsque j'en trouvai une qui m'était familière : celle d'un saule pleureur.

Me juchant sur la première branche, je me laissai aller contre le tronc et fis dériver mes pensées… Mais c'était sans compter sur Zeïka. J'avais pris le miroir avec moi par habitude et je pensais qu'elle ne me parlerait pas, vu que nous n'avions pas retrouvé la réincarnation de Zelph…

*Ben alors gamine, on s'isole ?

-Je ne pourrai jamais m'isoler, vu que je dois te prêter mon corps, répliquai-je sèchement.

-C'est dommage pour toi, sinon tu serais morte depuis un moment.

-Bah sa m'aurait arrangé…

-Pourquoi ? Demanda-t-elle.

-Comme sa je me sentirai moins seule avec mes parents et j'y attendrai mon frère…

-Mais il y a un hic, coupa la démone.

-Lequel ?

-Je ferai tout pour t'empêcher de mourir, parce que j'ai une mission. Et que si par malheur nous échouons, tu n'iras pas au paradis…*

« Ta guelle, hurlai-je. Tu sais au moins ce que c'est d'être seule, aveugle et sans repère, toujours à se méfier des gens qui t'accompagne ? D'avoir ton père à tes trousses parce que tu as un objet qu'il convoite ? »

Seul mon écho me répondit, pleurant sur mon sort, je recouvris mon visage avec mes mains. Entre deux sanglots, je crus percevoir un craquement de branche sur laquelle on marche, puis un second bruit qui aurait pu passet inaperçu s'il y avait eu du vent : une traction sur une corde d'un arc.

Reviews ? Merci à Sekaihime-Ryozenka pour ton commentaire j'espère que d'autres suivrons.

A bientôt !