Bpnjour !

Merci encore pour tout vos commentaires! Hihihi, alors j'ai bien retenu vos remarques quand au faite que c'était un peu rapide entre Charles et Erik pour l'O.S. n°4, donc ici je vous livre une histoire beaucoup plus longue, j'espère que vous serez rassasié :P

Une commande de la part de Dumini - Youhouuu :D Hihihi ! - J'ai adoré l'idée d'un Londres Victorien, Erik travaillant dans une usine de métal ... hihi et Charles en aristo inaccessible! :D

J'espère que cet O.S. vous plaira j'ai passé pas mal de temps dessus, je voulais vous livrer une histoire à la fois riche et intense... à vous de me dire si ce paris est réussit !

Bonne lecture !

Amis ?


L'usine Xavier tournait à plein régime, de nuit, comme de jour, à aucun moment les hauts fourneaux ne s'arrêtaient de cracher de la fumée noire et de couvrir de suie tout le quartier industriel de Londres. C'était une importante fabrique de métallurgie et ma production qui en sortait servait à la construction de tout un tas de chose, comme le London Bridge ou des bateaux de guerre… C'était une véritable usine de la mort également. Les conditions de travail étaient harassantes et souvent il survenait des accidents et de nombreux morts se comptaient à chaque fin d'année. Cependant cela ne freinait pas la production, qui continuait sur une cadence infernale. Les ouvriers – ouvrières pouvaient commencer à rentrer dans l'usine dès leur six ans… souvent ils devenaient inapte vers trente ans tant leur corps était brisé par le manque de soin et l'environnement hautement dangereux. Les horaires n'avaient rien d'humain, plus de quinze heure d'affilés, mais personne ne songeais à s'en plaindre, c'était comme ça et si on refusait ce travail, on pouvait toujours aller se prostituer à Whitechapel…

Erik, un immigré polonais, vivait et travaillait là depuis cinq ans déjà. Il ne se plaignait jamais, il travaillait en restait taciturne, il ne parlait que peu. Il ne c'était pas fait d'ami et de toute façon sons statut d'immigré le plaçait tout en bas de l'échelle humaine. Erik était seul… les soirs de liberté qu'il avait, il dépensait sa maigre paye dans des cabarets, se soûlant et baisant jusqu'au petit matin, jusqu'à retourner travailler. Les jours s'enchaînaient comme un perpétuel supplice quotidien. La tâche de la veille ressemblait à celle du lendemain et celle à venir également. Rien ne changeait, rien n'évoluait. Erik travaillait, Erik ne parlait pas, Erik restait seul, Erik payait pour boire, Erik payait pour satisfaire ses besoins corporels, Erik était seul… Seul au monde dans ce Londres qui ne pensait qu'à prospérer sans se soucier du petit peuple. Cependant Erik ne s'en plaignait pas. Pour lui travailler avec le métal n'avait rien d'une tâche éprouvante, au contraire. Erik était un mutant, un manipulateur de métal et de champ magnétique. Il avait sauvé quelques personnes qui risquaient de mourir écrasé par des poutres en acier, pour lui « porter » les charges ne représentait rien. Il mimait la difficulté, mais au final, c'était un jeu d'enfant pour lui. La routine écrasait sa vie, mais il ne s'en plaignait pas, s'il avait quitté sa Pologne natale c'était pour trouver une meilleure vie, ici c'était le cas… là-bas ses parents étaient morts de faim. Ici il mangeait bien mieux, il avait une chambre et un poêlon et même assez d'argent pour s'offrir de la boisson et des corps à serrer… Il ne voyait pas la différence entre les jours, c'était un enchevêtrement de minutes dépensées à l'usine, jusqu'au jour où…

- Les gars ! On va avoir la visite du nouveau patron ! Il vient d'hériter de l'usine et il veut s'assurer que tout fonctionne bien. Je ne veux pas un putain de bruit ! Je ne veux pas un regard de travers ! Et encore moins des demandes d'augmentations où ce genre de stupidités ! J'ai été clair ?!

Personne ne répondit, la masse salariale regardait le chef de production sans souffler mot. La visite du patron ? Bah, qu'est-ce que ça pouvait changer ?! Erik reporta son attention à la caisse de boulon qu'il devait transbahuter sur un chariot. Deux heures plus tard, toute cette histoire était sortie de la tête d'Erik. Ce n'est qu'en voyant un jeune homme richement vêtu marcher sur une des passerelles, qui surplombait les cuves de métal en fusion qu'Erik se rappela les mots du contremaître. Erik leva ses yeux vers le jeune patron. Il portait une veste en velours à motifs en brodequins d'argent, son chapeau haut de forme, coincé sous son bras et sa canne de dandy cognant sur le métal de la passerelle. Il avait chaud. Les vapeurs de métal en fusion l'agressaient. Il n'avait pas l'habitude d'être ainsi exposer. Le jeune homme sortit un mouchoir de sa poche et s'épongea le front, avant de se couvrir la bouche pour endurer les fumées. Il conversait avec les responsables. Erik s'amusa de voir un type de la haute aussi incommodé par quelques vapeurs. Erik s'autorisa encore une petite pause en regardant l'héritier. Quel âge avait-il ? Il avait des traits fin, une silhouette…Erik sentit le métal se fendre. Son esprit toujours à l'affut capta cette variation. La passerelle allait céder sous le poids de cette délégation ! Avant qu'Erik n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit, le nouveau patron baissa son regard vers lui. Erik fut subjugué. Il avait un regard si bleu, si intense, celui-ci esquissa une moue moqueuse.

Charles n'avait jamais eu le droit de visiter les usines de son père, surtout depuis que son connard de beau-père avait repris les affaires mais maintenant que l'homme était mort – quel dommage – Charles pouvait se permettre ce genre de fantaisie. Il avait vécu toujours reculé, à l'écart des autres. Aujourd'hui il découvrait avec une sorte d'effarement ce que c'était que le « travail », cela n'avait rien à voir avec ce qu'il avait cru… tout ce qu'on lui avait jamais conté sur le travail en usine n'étaient que des fariboles ! Il découvrait couvert de honte le travail des enfants couverts de crasse graisseuse, des femmes enceintes penchés au-dessus de cuve en fusion, inhalant les vapeurs, des hommes d'à peine vingt ans brisé comme des vieillards de quatre-vingt ! C'était l'enfant de Dante avant la mort ! Charles visitait pour se rendre compte de l'horreur qui régnait ici. Alors qu'il passait au-dessus de la cuve, fort incommodante, il capta un esprit par-dessus le tumulte des autres. Un esprit qui pensait si fort et de façon si sarcastique qu'il ne pouvait pas l'ignorer… Encore moins lorsqu'il entendit le mot : « Danger ». Charles baissa son regard vers l'individu. Un homme, grand, beau, brute, aux muscles saillant, aux cheveux blond, aux yeux d'un bleu passé, portant une barbe mal entretenue, une expression sincère d'inquiétude. Charles esquissa un sourire. C'était un mutant, ce type en bas, était un de sa race. Bien entendu cet homme l'ignorait. Tout comme il ignorait que Charles avait parfaitement saisit la situation dangereuse dans laquelle il se trouvait. Charles fouilla sa tête… Erik

- Messieurs, je pense que nous devrions descendre, je ne me sens pas bien, prétexta Charles en quittant la passerelle à grandes enjambées.

La cohorte le suivit perplexe. Erik serra les poings. Ils n'étaient pas passés loin d'un plongeon mortel. Il ferma les yeux et repéra la fissure, Erik sans avoir à bouger solidifia la structure avant qu'il n'y ait un malheur.

- Intéressant, souffla une voix amusé dans le dos d'Erik.

Celui-ci se retourna dans un bond, il n'avait pas entendu quelqu'un approcher ! Les deux hommes se firent face. Charles affichait un sourire poli, mais ses yeux brûlaient d'en savoir plus, Erik baissa les yeux, ému de se retrouver nez à nez avec son grand patron. Lui qui ne savait pas parler sans faire ressortir son accent polonais.

- Erik Lehnsherr ? questionna Charles tout en connaissant parfaitement la réponse.

Erik hocha la tête.

- Tu es muet ? sourit Charles.

- Non, mais il parle si mal monsieur ! s'exclama le contremaître.

- Vous ai-je parlé Monsieur McCormac ? demanda de façon glacial Charles.

- Non Monsieur…

- Dans ce cas, taisez-vous ! Je suis navré Monsieur Lehnsherr de devoir vous imposer ce spectacle navrant, le personnel n'est plus ce qu'il était, avant on respectait son chef !

La réplique cinglante coupa la chique aux six personnes qui accompagnait Charles. Erik déglutit. Il avait beau être jeune, l'héritier en avait dans la culotte !

- Depuis combien de temps êtes-vous au service de mon entreprise ? questionna Charles d'une voix plus douce.

- Cinq ans, répondit Erik essayant de maîtriser son accent.

- Cinq ans, reprit le plus jeune… et vous n'avez jamais pu monter dans un poste mieux payé ?

- C'est un étranger ! se révolta un des hommes de la commission.

- Et vous votre père était germanique il me semble Monsieur Kruster ! Je ne vous prive pas d'augmentation, ni d'évolution ! Et puis, qu'est-ce que ces manies de m'interrompre sans cesse alors que je converse tel un gentleman ?! Lehnsherr, veuillez me suivre je vous prie. Laissez votre activité à une autre personne. Je vous relève de votre fonction pour la journée, et Monsieur McCormac, veuillez cesser immédiatement de faire cette tête-là !

A ces mots Charles saisit le poignet du blond et le tira à sa suite. Erik éberlué suivit docilement son patron, jusqu'à sortir de l'usine en pleine journée, chose qui ne lui était jamais arrivé depuis son entrée dans l'usine ! Le soleil l'éblouit tel il ne se rendit pas compte sur l'instant qu'il montait dans une voiture tirée par quatre chevaux gris. Erik sentait la transpiration le souffre et le chaud, Charles était parfumé, propre et d'une élégance rare. Erik se sentait ridicule comparé à lui.

- L'habit ne fait pas le moine, commença Charles.

Erik serra la mâchoire, comment ce garçon pouvait savoir ce qui se passait dans sa tête ?!

- C'est simple, je le lis.

Erik leva un regard sombre vers Charles.

- Ah, enfin tu daignes me regarder ! Je tiens tout d'abord à te remercier Erik, sans toi, je serais très probablement mort aujourd'hui. Tu m'as prévenu à temps on dirait, je te dois une fière chandelle.

- Pa-pardon ?

- Pour la passerelle.

- Ah…

Non, Erik ne voyait pas comment il avait pu avertir le…

- Charles, je m'appelle Charles. Et j'aimerais que toi et moi nous nous tutoyons. Nous avons bien plus en commun que ce que tu penses l'ami ! s'enthousiasma Charles en lui tendant une main gantée.

Erik regarda cette main, décidément ce Charles était bien excentrique. Il serra la main en soutenant le regard d'infini de son patron. Erik déglutit, Charles sourit.

- Alors, tu peux contrôler le métal ? demanda de but en blanc Charles en se penchant vers Erik.

Le blond pâlit si violemment que le brun éclata d'un rire frais.

- Pardon, je ne voulais pas t'effrayer. C'est juste que… rencontrer quelqu'un comme toi, c'est si rare, vraiment rare… Pour ma part je suis télépathe.

Erik serra les dents en bloqua ses pensées qui commençaient à poindre, surtout celles qui portait sur la beauté incendiaire de Charles.

- Je lis dans les esprits et c'est en percevant tes pensées que j'ai pu me sauver la peau là-haut… Ah, on arrive à la maison…

Erik regarda alors dehors. Ils avaient quitté le cœur de Londres et se retrouvait dans une avenue plus dégagée, aux bâtisses cossues et magnifiques. La voiture s'arrêta devant l'une des plus imposantes. La portière s'ouvrit et Charles descendit, enfilant son couvre-chef d'un geste expert, sa canne frappant le sol.

- Alors, Erik, tu viens ?

Les cheveux, qui dépassaient du haut de forme, brillaient au sol. Charles était étincelant dans la lumière du jour, Erik se sentait encore plus misérable, lui créature de la nuit. Il sortit de la voiture voûté, tant il était grand. Charles lui emboîta le pas et d'égal à égal ils entrèrent dans sa demeure. Charles se débarrassa de sa veste, canne et chapeau auprès d'une petite soubrette les yeux ronds comme des soupes en voyant la créature qu'avait ramené son maître.

- Veuillez préparer un bain pour mon ami et une collation, servez-là nous dans le patio. Ma sœur est-elle rentrée ?

- Non Monsieur, elle vous fait savoir qu'elle déjeunera chez son ami Monsieur McCoy.

- Bien… Merci.

La petite domestique s'empressa de disparaître. Charles entra tel un prince dans un salon attenant au hall d'entrée.

- Allons, l'ami, ne restes pas planté dans l'entrée ! Nous avons beaucoup à dire !

- Vraiment ?

- Oh oui ! Je suis certain que tu as beaucoup de questions !

- Parce que vous… pardon, toi non ?

- Moi ? s'amusa Charles en prenant place dans son fauteuil fétiche devant la fenêtre. Moi, je sais déjà tout sur toi.

- Tout ? s'étrangla Erik en restant planté au milieu du tapis persan.

- Oui…

Erik n'en revenait pas, il n'était pas au travail, il était en compagnie du directeur de son usine, dans sa maison et il connaissait tout de lui… Et il l'appelait « l'ami »… Erik avait besoin d'une boisson forte !

- Brandy ? suggéra Charles en trottinant tranquillement devant son mini bar.

- Heu oui, oui…

Charles servit à Erik une bonne rasade et lui tendit le verre. En attrapant la boisson Erik effleura les doigts fin et blanc de Charles. Ils étaient si doux… il regarda ses propres mains… il eut honte.

- Un bon bain et il n'y aura plus de quoi s'alarmer pour un peu de saleté.

- … Pourquoi ?

Erik fixait sa boisson.

- Pardon ?

- Pourquoi fais-tu tout cela ? Pourquoi ai-je le droit à toutes ces considérations ? Pourquoi m'offrir l'hospitalité, ce verre, et cette amitié ?

- Je te l'ai dit l'ami, des comme nous, il n'y en a pas beaucoup, on doit se serrer les coudes entre mutants.

- Mutants ? répéta avec un arrière-goût amer Erik.

- Oui.

- On dirait une créature que Dieu aurait rejetée…

- Dieu n'y est pour rien dans l'évolution, c'est un phénomène naturel. L'homme évolue et ceux depuis sa naissance. J'axe mes travaux sur cette question depuis longtemps. Je peux dire, sans trop m'avancer, que toi et moi Erik, sommes la prochaine branche de l'évolution humaine. Nous sommes l'avenir. Allons boit, je vais ensuite te conduire à ton bain et nous pourrons déjeuner tranquillement au soleil.


Erik trempait dans une eau tiède, il avait dû la changer trois fois avant qu'elle ne reste un tant soit peu claire. Il avait brossé ses ongles et sa plante des pieds. Il ne se rappelait pas la dernières fois qu'il avait fait ça. Il se sentait étrange. Était-il vraiment un mutant ? Une sorte d'être supérieure aux simples humains ? Erik quitta la baignoire et vida l'eau dans le siphon. Spectacle incroyable pour quelqu'un qui ne se lavait qu'à l'aide d'un gant de toilette ! La salle de bain était trois fois plus large que sa chambrette. Erik se découvrit dans un miroir pour la première fois de pied. Il se voyait des pieds à la tête, nu… il ressemblait à ça ? Il trouva sur le rebord du lavabo un blaireau, de la mousse et un rasoir. Erik entreprit de se raser, après tout Charles lui avait conseillé de faire comme bon lui semblait et de prendre son temps. Erik chassa de ses joues cette vieille barbe. Erik trouva qu'il ressemblait à son père. Il ne l'avait pas remarqué jusqu'à présent. Il se tourna vers ses habits et constata à quel point il était sales, usés. Il ne voulait pas passer ce que la petite soubrette lui avait déposé en arrivant, mais maintenant il reconsidéra la chemise propre et le pantalon. Erik serra les dents et s'habilla de propre. Un pantalon bleu gris, des souliers en cuirs, un peu large, une chemise blanche, une paires de brettelles noires, une veste assortie au pantalon et un gilet sombre. Il y avait également une cravate aristocratique, mais Erik ne la passa pas. Il n'était pas de ce monde-là. Il ne devait pas se faire trop d'illusion. Demain il retournerait à l'usine. Erik se regarda à nouveau. Il avait fier allure, il avait presque du mal à se reconnaître. Il se trouva… beau… une première ! Il redescendit les marches d'un pas tranquille, Charles l'entendit approcher. Le brun sentit la transformation avant de la voir. Il avait lu les pensées d'Erik, il se sentait à l'aise, propre et détendu. Charles sourit et quitta son fauteuil pour le rejoindre dans le hall. Il allait accueillir cet homme avec un sourire franc et ils pourraient discuter de leur avenir et de leur collaboration et… Charles resta figé sur place. Où était passé l'homme usé, à la peau grise, aux cernes tombantes et à l'aspect puant ? Devant lui se tenait un homme, grand, superbe, musclé, fier, élancé et au regard perçant. Charles n'avait pas perçu ce qu'il y avait caché sous toute cette saleté. Charles se sentit défaillir. Il trouva Erik magnétique, attirant et terriblement… quel était ce mot un peu vulgaire, mais qui résumait parfaitement cet homme ? Ah oui : Sexy !

- Quelque chose ne va pas ? questionna Erik tendu par l'absence de réaction de la part du brun.

- Au contraire mon ami ! sourit Charles. Tu es fantastique ! Je me doutais que les habits de mon beau-père devraient t'aller… Tu es plus maigre que lui, cela ne fait pas de doute…

Charles ne devait pas considérer Erik qu'autrement que comme un allier… Non, il ne pouvait pas…

- Tu te sens bien dedans ?

- Parfaitement, sourit pour la première fois Erik.

Charles se mordit la langue. Bordel, Erik était un magnifique homme. Charles détourna le regard.

- J'ai faim ! Tu as faim ?!

- Un peu…

- Ne fais pas le modeste, allons-y !

Le brun attrapa le bras du blond, ils se sourirent. Le cœur de Charles cogna durement. C'est ainsi que débuta leur amitié.


Charles exigea qu'Erik quitte son travail pour lui offrir une promotion, il le logea à son domicile, faisant de lui son contremaître principale! Il avait pour mission de s'assurer que ses nouvelles directives soient appliquées dans toutes ses usines. Maintenant les salaires étaient revus à la hausse, les heures de travail raccourcit et même il existait un fond de dédommagement en cas d'accident ou d'accouchement, pour laisser le temps au malade de se remettre sur pied et aux mères de se remettre de la naissance de leur bébé. Erik s'acquittait de son travail avec plaisir. Il avait à cœur de servir Charles, l'homme qui l'avait tiré de la boue où il était. Charles lui avait tout donné, un toit, un travail, une condition et son amitié, la chose la plus précieuse qu'il n'avait jamais pu posséder. Erik s'accommodait très bien à tout cela, il aimait côtoyer Charles, si drôle, si spirituel, si progressiste, si soucieux du bien-être de ses employés. Erik avait aussi appris à vivre en compagnie de la sœur de Charles, une jeune femme pointilleuse, mesquine et prétentieuse, enfin, lorsqu'Erik était dans les parages, car en simple compagnie de son frère elle se transformait en une créature douce, remplie de compassion et compréhensive. Le jour et la nuit en sommes !

Un soir, alors que des invités importants quittaient la demeure familiale après un bon repas, Charles demeura en retrait. Volontairement, car dans le petit salon Erik et une jeune femme, la fille d'un banquier, discutaient à voix basse. Le brun ferma les yeux. Il entendait les pensées des deux amoureux… Charles se doutait bien qu'il se tramait quelque chose entre eux, maintenant il en avait le cœur net, c'était bien pour cela qu'il avait fait venir cette greluche ce soir ! Il sentait les pensées d'Erik fuser à toute allure, il hésitait pour l'embrasser, ou juste lui toucher la main… elle, elle n'attendait que cela, qu'il l'embrasse sauvagement, qu'il la prenne même dans la seconde… écœurant. Charles en avait les larmes aux yeux. Il savait qu'il ne devait pas s'attacher de la sorte, non, il n'en avait pas le droit. Il ne pouvait pas espérer plus que ce qu'il avait déjà. Il recula et monta s'enfermer dans sa chambre. Raven surprit son frère le visage rouge, deux larmes glissant sur son menton juste avent de fermer en douceur sa porte. Elle fronça les sourcils et descendit voir ce qui avait pu mettre son si cher frère dans cet état. Elle s'immobilisa, dans embrasure de la porte, Erik embrassait Miss Mac Taggert. C'était donc ça… son petit protéger batifolait avec l'élue de son cœur ! Raven avait une envie folle de débarquer et de casser l'ambiance. Elle voulait gifler Erik pour son manque de tact envers Charles ! Comment pouvait-il ignorer ce que son frère avait sacrifié pour en arriver là ?! Elle attendit caché dans l'ombre que la jeune fille se détache d'Erik pour rejoindre son père qui s'habillait dans le hall en compagnie des derniers invités. Elle regarda Erik passer son pouce sur ses lèvres, un frisson d'excitation dans les yeux. Telle une chatte, elle rentra dans la pièce et ferma la porte.

- Raven ? fit étonné Erik.

- Je croyais que tu estimais mon frère, persifla-t-elle l'œil noir.

- Pardon ? fronça ses sourcils Erik.

- Comment peux-tu embrasser à pleine bouche l'ex fiancée de mon frère sous son toit et sans te soucier d'être vu par lui ?!

Erik reçu une douche froide.

- Je n'en savais rien, je…

- Tu n'es qu'un profiteur !

- Je l'ignorais, je puis te l'assurer !

- A d'autre ! Tu ne peux pas te contenter de vivre à ses crochets, tu dois aussi t'approprier tout ce qu'il…

- Raven, je le jure sur ma vie, j'ignorais que Miss Mac Taggert était l'ex fiancée de Charles…

- Si tu t'intéressais un peu à lui, tu aurais su ! s'emporta Raven toute griffe dehors. Tu saurais qu'il a dû rompre avec elle à la mort de notre beau-frère ! Tu saurais que cela ne remonte pas à plus de trois mois ! Tu saurais qu'il n'a pas le droit de se marier sinon il perd toute l'entreprise ! Tu saurais que notre beau-père était un monstre tyrannique qui a fait en sorte de brimer mon frère ! Il a ajouté une clause dans son testament stipulant que Charles hériterais de tout, à une seule condition qu'il reste à jamais célibataire ! Et toi ! Monstre d'égoïsme tu embrasses Moira sous son nez !

Erik pâlit. Charles l'avait vu ?!

- Je l'ignorais…

- Change de phrase ! Ce refrain est usant ! Tu l'ignorais, parce que tu étais bien trop content de vivre sans avoir à ne te soucier de personne d'autre que de toi !

- Tu es injuste Raven ! gronda Erik en reprenant du poil de la bête. Je ne suis pas l'enfoiré que tu penses !

- Si et chaque jour un peu plus te me le prouve !

- Je dois parler à Charles, décida Erik en quittant la pièce.

- Tu n'as pas fait assez de mal comme ça ?!

Erik décida d'ignorer la dernière remarque de Raven, que le diable l'emporte celle-là ! Il grimpa quatre à quatre les marches et frappa à la porte de la chambre de Charles, avant de rentrer sans plus attendre. Un verrou n'était pas grand-chose pour lui. Il trouva son ami torse-nu, la mine défaite.

- Charles, je…

- Qu'est-ce que tu fais là ? Je ne t'ai pas autorisé à rentrer. J'allais me mettre au lit je suis fatigué je…

- Je tenais à m'excuser, je ne voulais pas te blesser, commença Erik en s'approchant de son ami pour le regarder droit dans les yeux.

Charles en un clin d'œil vit la conversation qu'il venait d'avoir avec Raven. Le brun se retourna aussitôt, il cacha son visage à Erik.

- Je ne t'en veux pas, pour rien, maintenant laisse-moi.

- Voyons, Charles, laisse-moi une chance de m'expliquer, je…

- Erik, tu as embrassé Moira, vous avez le droit tous les deux. Je n'ai aucun droit de regard, ni sur elle, ni sur toi… Soyez heureux, vous avez ma bénédiction.

Ces mots brûlèrent la gorge du plus jeune, il resta de dos, ses yeux se remplissaient à nouveaux de larmes.

- Charles… Je… ta bouche dit cela, mais, j'entends ton cœur me chuchoter autre chose…

La main chaude d'Erik se posa sur son épaule. Charles se déroba.

- Laisse-moi, je ne suis pas en tenu pour te recevoir.

Erik ne voulait pas abandonner, il ne voulait pas que son ami s'imagine qu'il ne prenait pas en considération…

- Erik, je vais bien, je ne t'en veux pas, laisse-moi…

Le blond déglutit, Charles avait la fâcheuse tendance à écouter ses pensées au lieu de l'écouter.

- On ne ment pas avec ses émotions, répondit mécaniquement Charles.

- Tu peux voir alors à quel point je me sens misérable de t'avoir infligé la douleur de cette trahison, j'ignorais totalement que tu aimais Moira.

Charles soupira dans un sourire remplit de larmes.

- Très bien, laisses-moi maintenant.

Erik attrapa Charles par les épaules et le retourna pour l'obliger à lui faire face. Le blond fixa son regard dans celui du brun. Il fut remplit par l'émotion en découvrant ces yeux si bleus, d'ordinaire si rieur et joyeux, si terne et désespéré.

- J'ai vraiment merdé, souffla Erik dépité. Pardon mon ami, pardon. Je jure que je ne la verrais plus, je ferais ce qu'il faut, tu comptes plus pour moi que n'importe quelle femme.

- Erik, sors !

Charles n'en pouvais plus, il ne pouvait pas supporter ce qu'Erik lui disait. Entendre qu'il était plus important que… Non, Charles devait garder la tête froide, il n'aurait pas dû s'accrocher à ce point à Erik ! Quelle belle connerie ! Il n'aurait pas…

- Je ne partirais pas tant que tu ne seras pas convaincu que…

- Erik, j'ai compris, je l'ai lu en toi. merci. Maintenant, laisse-moi me reposer et lâche-moi je te prie…

- Pardon, fit Erik en levant ses mains.

Il ne c'était pas rendu compte qu'il serrait si fort les épaules de Charles. Charles se passa une main dans ses cheveux, désordonnant les sillons de ses larmes.

- Pardon, dit encore Erik la mort dans l'âme.

- Mais arrêtes veux-tu ! s'emporta subitement Charles. Arrêtes ! Arrête ! Tu ne comprends rien ! Tu… Tu es tellement aveugle ! Maintenant sors !

- Aveugle ?!

- SORS !

Charles poussa Erik vers la sortie.

- Sors de ma chambre !

- Aveugle sur quoi ?! exigea de connaître Erik.

- Dehors !

- Parles-moi Charles ! Je ne partirais pas tant que…

Charles céda. Comme un barrage qui subit trop de pression, tout fini par être emporté par les eaux. Charles céda et plaqua sa bouche salé sur celle d'Erik. Il l'embrassa de façon si belle, si désespéré qu'Erik ne réalisa pas immédiatement ce qui se passait. Charles recula et mit fin au baiser. Il se mordit les lèvres et se détourna.

- Tu vois, je ne t'en veux pas d'avoir embrassé Moira…

Dans le cerveau d'Erik les connexions se firent à une lenteur effrayante.

- Charles, finit par articuler le blond.

- Sors, demanda d'une voix minuscule Charles.

- Je ne savais pas que tu aimais les…

Le télépathe colla ses doigts sur ses tempes, soudain Erik ne fut plus maître de son corps. Il était bloqué dans son corps. Corps, qui quitta la chambre, ferma la porte et alla se coucher. Charles relâcha la pression lorsqu'Erik s'endormit à sa demande. Il s'assit alors sur son lit et éclata en sanglot. Il venait de tout foutre en l'air !


Au matin Erik ouvrit l'œil dans un sursaut. Il palpa son corps. Il se souvenait de tout. De la dispute, du baiser et de se retour forcé dans sa chambre. Erik se redressa un peu vite, sa tête lui tournait. Il n'avait pas réalisé que Charles était un homosexuel. Non. D'abord, qu'est-ce qui le différenciait des autres hommes ? Rien. Erik passa ses doigts sur ses lèvres. Il se souvenait du baiser échangé avec Moira, consentit, attendu, consensuel et de l'autre infligé par Charles : chaotique, désordonné, passionné, beau. Erik déglutit. Avait-il aimait ce baiser ? Il devait voir Charles, lui parler, comprendre ! Il s'habilla à la hâte et dévala l'escalier en trombe. Il trouva Charles dans son bureau, assit devant la véranda les yeux tournés vers le jardin. Les jambes croisées avec élégances dans son fauteuil en velours cramoisi devant le plateau d'échec.

- Erik, je me doutais bien que tu allais venir, dit d'une voix morne Charles sans détourner son regard du jardin.

Il portait une robe de chambre épaisse et bleu, qui tranchait vraiment avec le rouge du fauteuil. Il n'était pas habillé, ni prêt à sortir.

- Je tiens à m'excuser pour hier soir, ce qui s'est produit, n'auras plus lieu. Je n'ai pas su me contrôler, excuse ma faiblesse. Pour ce qui de Moira, je n'ai aucune objection à ce que vous vous revoyez… c'est ta vie Erik, je n'ai pas à la diriger. Raven t'a informé de la clause de mon beau-père… Cet homme nous haïssait, il haïssait la réussite de mon père, lorsqu'il est mort, il s'est empressé d'épouser sa veuve et de nous imposer ses lois. Ce dernier pied de nez finalement m'arrange bien. Je ne peux pas me marier sans tout perdre. Tant mieux, je ferais un mari déplorable, comme tu as pu le constater hier… Je ne te demande pas de me comprendre, encore moins d'appuyer mes choix. Si je te rebute, tu peux partir, je ne t'en voudrais pas, je ne te priverais pas de ton poste, tu fais de l'excellent travail et j'ai toute confiance en toi.

Erik était glacé par ce qu'il entendait, aussi bien par le discours que par la voix si éteinte de Charles.

- As-tu quelque chose à rajouter ? demanda Erik respectant la volonté de son ami.

Le télépathe tourna son visage fatigué. Ses yeux bleus étaient magnifiques. Il sourit tristement.

- Veux-tu que j'efface ta mémoire ?

- Quoi ?! Non ! Non, pas question !

- Bien, alors non. Les usines sept et quinze attendent ta visite aujourd'hui. Ne t'attarde pas trop en ma compagnie…

Erik recula vers la sortie. Il acceptait le choix de Charles. Il allait faire comme si de rien n'était. Qu'il soit attiré par les hommes ou les femmes cela ne changeait rien, absolument rien.

- Ce soir nous terminerons notre partie d'échecs ? s'enquit Erik sur le pas de la porte.

- Si tu le souhaite Erik, répondit Charles le regard à nouveau dirigé vers le jardin.

- A ce soir l'ami.

- … Bonne journée.


Erik passa sa journée comme d'ordinaire, il essaya de ne pas songer à Charles de rester plongé sur ses tournées et… Non, il devait se concentrer ! Quand il avait embrassé Moira avait-il ressentit la même pulsion dans son corps ? …Oui… Evidemment ! Moira était une femme ! C'était évident ! Lorsque la langue de Charles avait caressé la sienne pourquoi une décharge avait soulevé sa poitrine, alors que le baiser avec Moira ne lui avait donné que la satisfaction d'avoir eu lieu ? Concentration bordel ! Il devait s'assurer que les employés avaient bien eut le droit à leur augmentation et… Les yeux de Charles… pourquoi avait-il était si bouleversé en les voyant. Le parfum qu'il portait, sa peau douce sous ses doigts, ses lèvres rouges, sa salive sur sa langue… CONCENTRATION ! Il ne devait pas… Il devait écouter ce qu'on lui disait, prendre des notes et… l'urgence du baiser donné par Charles n'avait rien de comparable avec ce qu'il avait pu connaître. Cette douleur et cette douceur… Plus Erik y repensait plus son pouls s'emballait, moins il y comprenait quelque chose. Erik était hétéro, oui, des femmes, il aimait les femmes et si le baiser de Charles l'avait bouleversé à ce point c'est parce qu'il embrassait drôlement bien et qu'il était assez efféminé dans ses traits ? Non, c'était débile, Charles n'était pas efféminé ! Il était musclé, des traits fin, certes, mais viril ! Il était beau, fier, élégant et rempli de morgue et de… Erik crispa ses doigts sur le papier. Il avait besoin de boire un verre !

En quittant l'usine et avant de se rendre à la suivante Erik décida d'aller boire un bon verre, dans le café d'en face. Alors qu'il traversait la route, une silhouette se pressa à sa rencontre.

- Monsieur Lehnsherr ! Quelle surprise de vous trouver ici ! s'exclama la voix fraîche de Moira.

- Oh ! Miss, c'est plutôt moi qui devrais être étonné de vous voir venir dans ce genre d'endroit ! Très peu recommandé pour une lady telle que vous.

- Baliverne, chantonne Moira en attrapant le bras d'Erik. Et puis, ce que nous avons entreprit hier soir m'a si chamboulée, que je ne pouvais passer la journée sans vous revoir, continua-t-elle sur un ton plus badin.

- Ah oui…

Erik n'était pas mal à l'aise. Mais il… Il ne se sentait pas… Il…

- Je me suis peut-être montré un peu audacieux hier soir…

- Oh, non, pas du tout, je dirais même que cela n'était pas suffisant, soupira la jeune femme dans un sourire mutin.

Erik voulait-il vraiment rester avec cette jolie jeune femme ? L'image de Charles se superposa à son esprit. Il ferma les yeux. Il devait en avoir le cœur net. Sans prévenir il attrapa le visage de Moira et happa ses lèvres. Il l'embrassa. C'était doux, tendre, mou, sans saveur, plat, inconsistant et son cœur ne battait pas comme hier soir… il relâcha le visage de Moira qui était rouge pivoine et avait du mal à se remettre de cet étonnant baiser.

- Monsieur Lehnsherr ! soupira-t-elle sous le coup de l'émotion.

- Navré, je… Non.

Erik recula. Non. Il n'avait rien éprouvé. Il devait rentrer ! Il devait voir Charles ! Il devait l'embrasser LUI ! Il devait le serrer lui contre sa personne ! Il devait boire ses larmes et mettre un sourire sur ses lèvres et il devait l'embrasser lui, encore et encore jusqu'à en avoir mal au ventre et au cœur ! Oui ! MAINTENANT !

Ses jambes s'actionnèrent, il hurla un « Désolé » et déguerpit en quatrième vitesse, abandonnant sur le champ son idée de boire un coup, Moira, sa voiture et l'usine suivante à visiter. Il oubliait tout ! Tout pour Charles !

Ses poumons étaient en feu, mais il s'en moquait, il fonçait à tout allure comme un train lancé en pleine vitesse, il se moquait bien de bousculer les gens. Il ne prêtait guère attention à leurs insultes. Lorsqu'un objet métallique était sur son passage d'un geste de la main et sans ralentir son allure il le déplaçait. Il se foutait des conséquences ! Il devait voir Charles ! En arrivant devant la demeure, il entra tel un fou dans la maison, ne touchant pas à la porte, effrayant la petite domestique au passage.

- CHARLES ! rugit Erik au pied de l'escalier.

Le télépathe était attablé à son bureau, encore emmitouflé dans son peignoir, l'esprit absorbé à tout, sauf à son travail. Il entendit les pensées d'Erik avant qu'il n'atteigne la maison. Charles se leva, cela devait être grave pour qu'Erik rentre bien avant la fin de sa tournée ! La porte d'entrée s'ouvrit dans un grand fracas, Charles se dirigea vers l'escalier, que se passait-il donc de si terrible ?! La voix d'Erik monta dans la cage d'escalier jusqu'à lui. Une voix remplie d'une émotion puissante, terrible et violente. Charles resta figé. Erik monta les marches sans ralentir. Lorsque leurs regards se croisèrent, Charles su. Erik arriva telle une tornade devant lui et le repoussa dans son bureau claquant sans y toucher la porte et la verrouillant. Leurs yeux ne se quittaient pas. Erik était en transe, il transpirait, sa poitrine se soulevait à un train d'enfer. Charles était hypnotisé par cette beauté sauvage, cette puissance animale qui se dégageait de lui, cette force. Erik était là, enfin, face à Charles. Il le voyait, il observait sa bouche, ses yeux, son aura. Il était magnifique. Le blond devait l'embrasser, il devait savoir. Il ne pouvait attendre une seconde de plus. Il captura les lèvres pourpres du brun, et sans forcer, sa langue se glissa dans sa bouche. Ses bras s'enroulèrent naturellement atour de la taille du télépathe, réduisant la distance entre eux, collant leur torse l'un à l'autre. La pression dans le corps de Charles augmenta, le sang battait à ses tempes, il s'agrippa à la veste ouverte d'Erik. Il monta sur la pointe de ses pieds pour approfondir leur baiser de plus en plus fou et insensé. Charles lisait les pensées chaotiques d'Erik. Il aimait ce moment, il aimait l'embrasser. Erik grogna de plaisir tandis que Charles laissait sa main déraper sur sa poitrine. D'un geste vif le blond raffermit sa prise sur le brun et plaquant ses mains sur les fesse de Charles, lui arrachant un gémissement de surprise et de satisfaction. Charles fit fondre ses doigts dans la chevelure d'Erik, le repoussant contre une bibliothèque, le baiser devenait de plus en plus désordonné, fusionnelle et exigeant. Le feu qu'il y avait entre eux brûlait de façon si intense, que ni l'un ni l'autre ne pouvait y mettre un terme. Erik le dos contre une centaine s de livre serrait si fort Charles contre lui, qu'il le soulevait presque de terre. Il n'avait plus aucun doute. Ce qu'il vivait avec Charles, cet homme, jamais il ne l'avait éprouvé à qui que ce soit. Et si toute sa vie il c'était fourvoyé ? Finalement, s'il n'était pas hétéro ?

- Tu veux que l'on s'arrête… Que tu réfléchisses ? demanda Charles entre deux respirations éperdues.

Erik saisit le visage de Charles, il le contempla.

- Pas question d'arrêter, ni maintenant, ni jamais.

Le brun rougit à ces mots. Bien sûr il était flatté, mais il ne devait pas flamber les étapes.

- Je peux attendre, je ne te demande pas de…

- Je te veux, ici et tout de suite.

Charles lu le regard débordant d'envie d'Erik. Il voulait goûter à son corps et refusait d'attendre. La pression dans le corps de Charles se concentra à son entre-jambe.

- Et je vois que toi aussi tu ne veux pas attendre, susurra Erik en sentant l'érection de du télépathe contre lui.

Le brun sourit, heureux, excité, impatient.

- Oui, j'ai envie de toi, avoua Charles en mordant l'oreille d'Erik.

Erik n'avait aucune foutue idée de comment s'y prendre avec un homme, mais cela ne devait pas être sorcier et après tout, cela devait être absolument la même chose qu'avec une femme ! Charles entendit ses pensées et tout en l'embrassant, il sourit. Le brun se recula et dévoila sans pudeur son torse nu, en retirant son peignoir. En découvrant son ami, qui se mettait nu face à lui, Erik sentit sa peau brûler, son sang bouillir et des pulsions bestiales l'attraper. Voir toute cette peau… si fine, si délicate, si blanche… Il avait besoin de marquer son territoire, de laisser sa trace. Il planta ses dents dans sa nuque, sur ses épaules, suça les tétons roses et fondant, fit gémir Charles tandis que sa main découvrait le contacte avec sa verge gorgée d'envie. Les doigts du télépathe s'activèrent, il retira la veste, le veston, la cravate et la chemise d'Erik, il fit tomber les bretelles et le pantalon traina bas sur ses hanches. Il était tellement érotique ainsi. Charles ne pouvait ignorer la bosse qui tendait le tissu au bas ventre d'Erik. Le télépathe adorait la manière si sensuelle dont Erik le dévorait du regard. Le brun retira, ce qui le séparait du blond et tous les deux furent nus. Ils s'enlacèrent, s'embrassèrent encore à en perdre la tête. Gémissant, se mordant, s'excitant. Erik palpait les fesses de Charles, malaxait son dos, sa poitrine et jouait avec son sexe tendu. Il voulait apprendre, savoir comment faire jouir Charles, comment le mener vers ses désirs les plus intimes, il voulait l'aimer entièrement.

- Je veux te lécher, murmura Erik.

Charles tressaillit à ces mots. Le blond repoussa Charles sur son fauteuil devant la fenêtre et l'assit d'office.

- Pas ci, on pourrait nous…

Erik s'agenouilla, plongea son regard enfiévré dans celui de Charles et sortit sa langue rose avant de se baisser vers sa hampe. Charles se mordit les lèvres. Il n'osait pas regarder dehors, il s'enfonça dans son fauteuil et hoqueta de plaisir lorsqu'il sentit le premier coup de langue sur son gland. Charles mourrait d'envie de saisir les cheveux d'Erik et de le guider, de le faire engloutir son sexe, mais il le laissait aller à son rythme, léchant, testant, suçotant sa verge. Charles tressaillait, gémissait, c'était si bon. Il mourrait d'impatience qu'Erik continue, qu'il le…

- Han !

Le blond saisit fermement sa verge et le branla en douceur. Charles colla sa tête contre le fond du fauteuil. Finalement il se foutait des passants ! Erik explorait les réactions de son amant, c'était un vrai plaisir que d'associer de nouveaux sons, goûts et désirs venant de Charles. Il remonta pour l'embrasser tout en continuant à le masturber avec une lenteur atroce. Lèvres à lèvres, Charles les yeux fermés, endurait ce supplice en gémissant doucement.

- Tu vas me tuer, grogna-t-il.

- Guides-moi, demanda Erik d'une voix sensuelle.

Le brun ouvrit à nouveau ses yeux. Erik était arrivé à la limite de ses connaissances sexuelles pour deux hommes. Charles retira la main d'Erik de son sexe, non sans mal, tant il attendait plus.

- Assieds-toi.

Charles se redressa, Erik prit sa place dans le fauteuil.

- Charles… tu es magnifique.

- Et toi tellement bandant.

Charles se pencha, l'embrassa tendrement et se détourna rapidement.

- Ne bouge pas !

Erik resta assit, son cœur cognant. Charles farfouilla dans la pièce. Erik baissa son regard sur son sexe. Il était droit, fier et gonflé. Il attendait. Charles revient, un petit flacon entre les mains.

- Qu'est-ce que c'est ?

Le brun prit doucement la main d'Erik entre les siennes, il suça le majeur en l'engloutissant, déclenchant chez Erik un soubresaut de désir. Charles enduisit ensuite le doigt, ainsi que les deux voisins, de lubrifiant. Le brun s'approcha et monta à califourchon sur Erik, écartant ses cuisses.

- Vu la taille de ton sexe, tu dois me préparer…

- Te préparer ? répéta le novice sans être bien certain d'avoir compris.

- Tu vas me sodomiser, mais avant il va me mettre tes doigts.

Erik en avait entendu des trucs cochons, mais dans la bouche de Charles et de cette façon-là… son cœur s'arrêta tout bonnement avant de reprendre à une vitesse terrible. Il avait face à lui l'homme le plus érotique de tout Londres te il lui demandait de le « préparer ». Erik déglutit et tremblant, il caressa les fesses de Charles, trouvant l'entrée, il hésita. Et s'il lui faisait mal ?

- Vas-y, tu peux y aller, l'encouragea Charles en gémissant.

Erik enfonça doucement son majeur en Charles, c'était étroit, chaud et la réaction du brun était tout simplement très excitante.

- Il faut… hum… détendre les muscles pour… ne pas trop souffrir lorsque… oui… fais-le… deux doigts… han… Attends… hum… Oui, trois, ce ne sera pas de trop… ahn… Oui… Dou-doucement, ahn…

Charles embrassa Erik, leurs dents s'entrechoquaient. Le blond se laissait faire, il sentit Charles lui retirer sa main et s'installer. Le télépathe envoyant à Erik un signal pour qu'il sache qu'il était prêt. Le blond guida son sexe en Charles comme il l'aurait fait pour une femme. Il resta cloué sur place, tandis que Charles s'enfonçait entièrement en poussant un cri grave de plaisir. Le brun ouvrit les yeux, il vit l'expression d'Erik passer de l'inquiétude à l'émerveillement. Le désir brûlait entre eux. Erik était presque euphorique de découvrir comment deux hommes pouvait s'aimer, comme un puzzle que l'on assemble. Il comprenait qu'il aimait plonger dans les profondeurs étroites et brûlantes de Charles. Lorsque le brun commença à bouger, Erik enroula sans bras autour de sa taille, bouche à bouche, gémissant de concert. Charles essayait de se détendre, Erik était un gros morceau ! Il l'accueillait plus profondément encore et plus vite et plus fort.

- Charles !

Le blond était incapable de trouver quoi dire tant le plaisir était intense. Il sentait l'urgence de son corps et les sensations décuplé par l'ondulation parfaite de son amant. Erik bandait si fort, qu'il avait eu peur de blesser Charles, mais celui-ci montait et descendait sur le membre sans éprouver de douleur, seulement un plaisir qui montait de façon fulgurante.

- Charles… Ô Charles…

Ils fusionnèrent leur regards, le brun gémissait, les paupières plissées de désirs.

- Je vais jouir, informa le télépathe en accélérant encore.

- Moi aussi…

Erik donna de grands coups de bassin, arrachant à Charles des sons inhumain, bestiaux. Ils se serraient l'un à l'autre, prit dans leur tornade, rien n'aurait pu les arrêter, soudain la vague s'abattit sur eux. Charles se cambra en arrière et manquant de basculer totalement. Erik le rattrapa au vol l'attirant contre lui. Déposant sa tête sur sa poitrine. Ils respiraient fort, convulsant sous leur orgasme. Charles n'en revenait pas. Il venait de faire l'amour avec celui qu'il désirait depuis des semaines. Il avait dans ses bras et dans son corps Erik. Le blond embrassait le front humide de Charles. Il avait jouit si fort. Il avait bien sentit son sexe se déverser en abondance dans l'antre du brun. L'odeur de Charles était envoûtante, pimentée, sensuelle, chaleureuse. Charles rouvrit ses yeux subitement, il se redressa sur le torse musclé d'Erik.

- Tu en veux encore ?

Erik embrassa Charles, happant sa langue, griffant son dos.

- Charles, je veux que tu m'enseigne tout ce que tu sais. Et lorsque ce sera terminé, je te ferais l'amour, encore et encore…

Le télépathe n'était pas du genre à rougir sottement, pourtant là, ses joues s'enflammèrent.

- Tu veux dire que… ?

- Je ne veux pas te quitter, je veux être ton amant ?

Le brun sourit ému. La voix chaude et rocailleuse, dû à son accent polonais, rendait Erik encore plus irrésistible.

- Amant, c'est parfait.

- Charles…

- Erik.

- Tu as fait de moi un homme nouveau.

- Toi, tu m'as donné un espoir en l'avenir.

Erik enveloppa Charles de baisers tendre, chassant de ses lèvres un futur qui était douteux, laissant entrer le soleil et l'espoir. Et sans ajouter un mot Erik recommença doucement ses va et vient. Les gémissements emplirent à nouveau la pièce et les deux hommes s'aimèrent jusqu'à ce que la nuit éclaire le ciel d'étoiles et que leur corps rompus ne réclament des caresses moins rudes. Ce n'était que leur première journée en tant qu'amant. Erik était déjà impatient de l'être pour la fin des temps, Charles lui savourait ce qu'il avait enfin trouvé : le bonheur.


*soupire d'aise* ahnnnn... Alors qu'en avez-vous pensé?!

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A très vite !