Disclaimer: Cette ficlette appartient à Elfin Maid à qui j'ai demandé l'autorisation (et elle me l'a donnée!). L'univers de Tolkien ne m'appartient pas, ni la fiction.

Vous pouvez désormais me retrouver sur ma page FB "Natasha Nox".

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"Memory"

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by Elfin Maid

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Chapitre 2

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Avec un soupir, Tauriel tira son poignard de son fourreau.

Elle examina la lame acérée, à la recherche d'un quelconque signe de rouille. Il n'y en avaient aucun.

Sa conversation avec Thranduil l'avait fait trembler comme une feuille. Une barrière avait été érigée à cause des attitudes de défis entre eux qui avaient eu lieu entre eux, et avec le retour de Legolas, elle savait que cette barrière ne serait que plus importante. Thranduil ne daignerait jamais à la laisser partir à la rencontre de Legolas, et elle voulait l'éviter à tout prix.

Elle ne voulait pas avoir une autre altercation avec le Roi des Elfes.

Au fond, Tauriel sentait que Thranduil avait peur pour son fils. Il ne voulait pas que son cœur soit brisé, comme lui.

Mais son cœur est guéri, pensa Tauriel. Un peu, du moins. C'est juste une autre cicatrice, comme l'une des nombreuses cicatrices que nous avons tout deux sur nos corps et dans nos âmes.

Soudain, on ouvrit la porte. Ce fut l'air choqué que Tauriel réalisa qu'il s'agissait de Legolas.

Legolas, celui qu'elle avait prévu d'éviter à tout prix. Maintenant, il l'avait trouvée, et faisait irruption dans sa chambre sans même prendre la peine de toquer. Une étincelle d'agacement s'enflamma en elle, mais elle l'éteignit aussitôt.

Après tant de temps écoulé, elle ne savait pas à quoi s'attendre. Il resta immobile, l'air maladroit, aussi étranger dans cette salle vide que des cheveux aux couleurs de feu parmi une foule d'elfes.

Soupirant à nouveau, elle l'ignora pendant une seconde, puis remit son poignard en place.

Tauriel se tenait debout, sereine et distante.

« — Cela fait longtemps. », dit-elle calmement, en inclinant la tête.

« — Oui. », répondit Legolas, ses yeux la contemplaient d'un air presque avide.

Finalement, comme s'il ne pouvait plus résister, Legolas avança rapidement vers elle et l'attira dans ses bras. Durant un battement de cœur, Tauriel résista, mais elle abandonna, en se reposant contre lui.

Elle finit par se forcer à reculer.

Tauriel prit une inspiration rapide, respirant l'air comme si cela allait la noyer. Après tant de temps ...

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« — Vous ne pouvez pas chasser trente orques toute seule, Tauriel. »

Alors qu'elle se retournait vers lui, un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

« — Mais je ne suis pas seule. »

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Des larmes perlaient aux coins des yeux de Legolas, et il les ravala encore et encore.

« — Je pensais que vous étiez morte. », finit-il par dire en faisant éclater sa colère. « Je pensais que vous étiez morte, Tauriel ! Vous devriez comprendre, je ne savais pas que vous étiez toujours en vie ! Je serais parti à votre recherche. Si je l'avais su ...»

Sa voix se brisa, et Tauriel fronça les sourcils, l'air confus.

« — Que voulez-vous dire ? », demanda-t-elle, distante.

« — Je vous ai abandonnée ! », gémit Legolas.

Tout prit sens en elle, et une vague de désir insupportable et de douleur l'envahit.

« — Vous n'êtes pas à blâmer. », dit-elle, luttant pour garder une voix ferme.

Ce fut une bataille qu'elle savait qu'elle allait perdre.

« — En effet, je ne suis pas à blâmer non plus. Je défiais votre père, Legolas. Pour une bonne cause, peut-être, mais après m' être opposée à ses ordres, j'en ai payé le prix. »

Elle rengaina délicatement son poignard, puis replaça son carquois et son arc.

« — Qu'auriez-vous éventuellement fait ? Même maintenant, que pourriez-vous dire ou faire pour que votre père comprenne enfin pour quelle raison je l'ai trahi ? »

Legolas baissa la tête.

« — Je n'y ai pas réfléchi. », murmura-t-il. « Ne voyez-vous donc pas, Tauriel ? J'ai fui. Je me suis enfui loin de tout, de mon père, de vous, de mes devoirs. »

« — Je l'ai entendu. », affirma Tauriel d'une voix neutre. « Et je ne vois aucune raison de vous le reprocher. »

Une pensée lui vint soudainement à l'esprit.

« — Peut-être qu'il en était mieux ainsi de toutes manières. Vous savez que votre père vous mariera à une Elleth de son choix. »

« — Non ! », s'invectiva Legolas. « J'en ai fini de me soumettre à tous ses désirs, à combler ses rêves pour lui. Je ne vais pas le laisser choisir ma fiancée pour moi ! »

Tauriel eut un mouvement de recul, stupéfaite.

« — Vous voulez le défier ? », demanda-t-elle, l'air incrédule.

« — Oui. », dit-il avec véhémence. « Je le voudrais, au plus vite, Tauriel. »

Elle se tenait immobile, étouffant ses propres émotions à chaque souffle.

« — Vous ne le pouvez pas ! »,s'agaça Tauriel. « Je me suis trop sacrifiée pour vous voir faire la même chose ! »

Sa respiration était haletante, et les larmes coulaient à présent sur son visage.

Elle entendit le claquement sec de nouvelles bottes, et soudain il était là, levant son menton avec sa main rude.

« — Tauriel. », chuchota Legolas. « Ne comprenez-vous donc pas ? Je le fais pour vous. »

Tauriel retira son visage d'entre ses mains. Il lui fallut des efforts énormes. Elle entraperçut une douleur vive sur son visage, qui afficha aussitôt son regret.

Trébuchant en arrière, aveuglée par les larmes, Tauriel remit son arc et tira sur le capuchon de son manteau. Elle voulait qu'il voit à quel point elle avait changé, pour réaliser qu'il ne pouvait pas agir ainsi.

Mais, alors qu'elle essayait de rassembler son courage, il se retourna à nouveau.

Sa volonté vacilla comme une bougie dans une tempête, et fut finalement soufflée.

Elle déposa le lourd matériel à terre, ôtant ses armes.

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Des bras chauds enveloppèrent son corps gelé, et lentement, le froid s'enfuit.

« — Legolas ? »

« — Oui, Tauriel ? »

« — Votre père ne sera pas content de ce que vous êtes en train de faire. Pourquoi agissez-vous ainsi ? »

« — Pour vous, Tauriel. Maintenant, reposez-vous. »

Elle regarda dans l'obscurité, et le sommeil la rattrapa peu à peu.

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Un sentiment de fureur s'empara d'elle.

« — Regardez-moi, Legolas. », dit-elle.

Au fur et à mesure qu'elle parlait, elle levait la voix :

« — Regardez-moi et dites-moi, pensez-vous vraiment que tout est resté pareil ? Tout a changé ! Nous ne pourrons jamais, jamais revenir en arrière. Nous n'avons pas ce choix. Je n'ai pas du tout ce choix. J'ai renoncé à tout, Legolas ! votre père va vous renier pour le restant de vos jours. S'il vous plaît, ne vous forcez pas à agir ainsi ! »

Sa voix se brisa, et elle enfouit son visage dans ses mains couvertes d'hideuses cicatrices.

Tauriel se calma peu à peu. Le fixant de ses yeux emplis de larmes, elle vit les épaules de Legolas se mouvaient, en silence mais comme pris de soubresauts.

Choquée, elle se rendit compte que lui aussi était anéanti.

Les regrets, tranchants comme la lame la plus affûtée, l'avaient poignardée.

Elle avança de trois pas lents et hésitants vers lui, posant une main sur son épaule. Le pincement de sa cotte de mailles était un sentiment de bienvenue.

« — Je suis désolée. », murmura-t-elle. « Je voulais juste vous faire comprendre. »

Elle baissa la tête quelques instants, puis marcha rapidement vers la porte.

« — Je dois y aller. »

« — Attendez, Tauriel. »

Ses paroles l'avaient aussitôt arrêtée.

Lentement, elle se retourna. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine.

« — Oui, Legolas ? »

« — Que voulez-vous signifier... », dit-il lentement. «...quand vous me dites « Regardez-moi » ? »

Tout se figea autour d'eux.

« — Rien. », répondit-elle à haute voix. « Ce n'était rien. »

Elle tourna les talons, dans l'espoir de quitter rapidement cette chambre soudainement trop petite et trop éloignée de la chaleur du confort.

« — Tauriel. »

Ces mots étaient prononcés avec douceur, mais c'était un ordre :

« — Regardez-moi. »

Non, non, non ... Lentement, avec difficultés, elle leva les yeux vers lui, levant son menton en signe de défi.

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« — Regardez-moi, Tauriel. », lui ordonna Legolas d'une voix de velours tout en baissant les yeux vers elle.

Lentement, Tauriel s'exécuta, le laissant entrevoir une blessure sur sa pommette.

« — Merci. », dit-il calmement.

Ses longs doigts la touchèrent et nettoyèrent avec douceur le sang qui coulait lentement sur son visage.

Elle frissonna à son contact.

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Legolas l'observa sans ciller durant trois longues, très longues secondes. Il regarda les creux dans ses pommettes ; il nota le regard terne dans ses yeux. Il y aperçut la douleur et l'inquiétude qui avaient abimé son visage tant de fois par le passé. Il y vit un esprit sauvage et étranger essayant de se contenir, puis se briser. Et il y remarqua ... l'amour?

Sortant de sa torpeur, Legolas soutint le regard de Tauriel, le temps d'un battement de coeur, avant de détourner les yeux.

« — Je vous remercie, Tauriel. », dit-il d'une voix rude, se levant brusquement et la frôlant au passage.

Tauriel était debout, confuse et soulagée, dans la petite pièce qui semblait désormais plutôt vide , sans lui.


41 vues, soit, c'est peu...mais j'aimerais bien avoir au moins un retour...histoire de ne pas passer du temps sur une traduction pour peanut... même pas un encouragement...