Disclaimer: Cette ficlette appartient à Elfin Maid à qui j'ai demandé l'autorisation (et elle me l'a donnée!). L'univers de Tolkien ne m'appartient pas, ni la fiction.

Vous pouvez désormais me retrouver sur ma page FB "Natasha Nox".

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"Memory"

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by Elfin Maid

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Chapitre 3

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Tauriel jeta un regard vers Thranduil puis se ravisa.

Le Roi des Elfes n'était pas content.

« — Legolas vous a salué avant de me visiter. », dit-il calmement.

Dans sa voix, on ressentait la colère.

Tauriel savait qu'il était préférable de ne pas mentir. Pourtant, elle était tentée de le faire.

« — Oui, monseigneur. », répondit-elle.

Son pouls était rapide, et elle savait que Thranduil allait probablement interpréter ces petits signaux comme des signes de son incompétence puis les utiliser à son avantage.

« — J'avais pensé qu'il était clair que vous deviez repousser les avances de mon fils. »

La respiration de Tauriel était saccadée. Une vague d'émotions soudaine la submergea brusquement.

« — C'est ce que j'ai fait, monseigneur, je ne suis pas allée à sa rencontre. Il est venu de lui-même. »

L'expression de Thranduil changea rapidement, passant de la sérénité à la contrariété.

« — Je vous ai donné un ordre, Tauriel, vous m'avez défié. »

Comme il y a de nombreuses années, songea tristement Tauriel. Ne va-t-il jamais apprendre à lâcher prise ?

En éloignant ces pensées de son esprit, elle sortit ses dernières cartes de rébellion à Thranduil.

« — Vous m'avez bannie, monseigneur, je ne suis plus votre sujet. Je n'ai donc aucune raison d'accéder à votre requête. »

Les mains de Thranduil tremblaient à cause d'un sentiment de colère refoulée.

« — Vous m'obéirez. », dit-il avec une voix particulièrement basse lui donnant un air dangereux.

Tauriel baissa la tête, souhaitant désespérément se battre. Malheureusement elle ne trouverait la volonté de persévérer dans cette lutte.

« — Vous devez vous souvenir, finit-elle par répondre, que ce n'était pas de ma faute ... J'ai fait de mon mieux pour suivre vos ordres, monseigneur ... Legolas s'y est opposé.

— Je ne vous crois pas. », déclara Thranduil d'un ton sec.

Quelque chose de toxique s'éleva dans l'air imprégnant ses mots, et dans sa colère, Tauriel ne pouvait plus maintenir son simulacre. Il disparut, et une fois de plus, elle surprit l'expression choquée de Thranduil avant qu'il n'ait masqué toutes ses émotions.

Elle rit amèrement.

« — Vous croyez que vous êtes le seul à avoir des cicatrices, mon seigneur ? »

On percevait une raillerie déguisée dans les mots qu'elle prononça.

Thranduil grogna quelque chose d'inintelligible, puis finit par renoncer à son apparence calme.

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« — Menteuse ! », siffla-t-il en crachant son venin.

Tauriel recula, tremblant de peur.

« — Je suis désolé, mon seigneur. », gémit-elle.

Des larmes coulaient sur ses joues couvertes de saleté, et le sang couvrait un côté de son visage. De vagues souvenirs de sang, noirs et épais, imprégnaient son esprit.

« — Vous les laissez entrer dans nos frontières, grommela Thranduil, ignorant le fait qu'elle n'était qu'une enfant et qu'elle avait elle-même échappé à la mort.

Je suis désolée, pleura-t-elle. J'ai essayé. »

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Tauriel cligna des yeux, essayant de se débarrasser des expériences passées.

« — Ôtez votre masque, dit-elle. Effacez tous ces mensonges qui ont toujours existé entre nous ... Je sais ce que vous cachez, monseigneur. »

Thranduil recula, choqué. Il retrouva enfin sa voix.

« — Je n'en ferai rien. »

La fermeté de sa voix fut comme un coup pour elle.

Surprise, Tauriel sentit les larmes lui monter aux yeux. C'était comme si elle était redevenue une elfling, qui essayait désespérément d'obtenir l'approbation et la confiance de Thranduil. Lentement, les larmes coulèrent sur ses joues couvertes de cicatrices, laissant une trace mouillée.

Thranduil la regarda à nouveau et, pour une raison quelconque, il se retourna.

« — Vous êtes en train de pleurer. » , fit-il remarquer d'un ton calme.

Tête penchée, Tauriel haleta et acquiesça.

Le Roi des Elfes l'observa étrangement. Il finit par lui adresser la parole.

« — Peut-être que vous avez raison. Peut-être que je devrais me débarrasser de tous ces mensonges, ils se dressent toujours entre nous, Tauriel. »

Tauriel leva rapidement les yeux, juste à temps pour remarquer cette peau lisse devenir de la chair, brûlée et marquée par le feu du dragon. L'œil gauche de Thranduil était d'un blanc laiteux, et sa joue sans aucune peau était blanche entourée de rouge sanguinolent.

En le regardant, plus de larmes coulèrent le long de joues de Tauriel, qui souhaitait se crever les yeux sans en être vraiment capable.

« — Je suis désolée. », finit-elle par murmurer, détournant les yeux de ce visage à moitié fondu.

Thranduil sourit, l'air ironique.

« — Nul besoin de faire des excuses. Mais, en effet, je ne m'attendais pas à ce que vous en fassiez. »

Tauriel sentit une nouvelle vague de larmes surgir. Irritée contre elle-même, elle les essuya.

« — Je suis désolée, répéta-t-elle. Je n'avais pas entièrement raison, bien évidemment. Mais je n'avais pas complètement tort, non plus. »

Les traits du visage de Thranduil se durcirent.

« — Je sais, j'admets avoir également eu mes torts, mais vous n'aviez pas le droit de vous détourner de vos engagements et de fuir. »

Il s'interrompit, cherchant ses mots.

« — Je vous demande de ne pas encourager Legolas dans cette voie. C'est tout. Je ne vous en demanderai pas plus, car, comme vous l'avez dit, je ne suis plus votre souverain. »

« — Oui, monseigneur, murmura Tauriel. Qu'il en soit ainsi. »

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Tauriel regarda fixement les pupilles de son cheval, colorés d'un ambre clair mélangé au vert clair.

« — Il y a de longues années, tu m'as amené dans cet endroit, mellon nin. »

Ses paroles étaient douces.

« — Je te demande de me transporter plus loin encore.. Il n'y a rien pour moi ici. »

Le cheval se mit au pas avec quelques hennissement tout en baissant légèrement la tête.

Avec un soupir, Tauriel remonta sur la selle.

« — Tauriel ! »

Quelqu'un l'interpellait, cette voix lui était douloureusement familière.

Tauriel baissa la tête, priant pour rester forte dans cette épreuve. Elle ne pouvait pas le laisser la voir. Pas maintenant.

« — Legolas. », répondit-elle, l'air las.

Elle ne se retourna pas.

« — Pourquoi partez-vous ? »

Approchant un peu trop près de la tête de son cheval, Legolas l'empêcha d'avancer.

« — Je ne sais pas, répondit Tauriel, sincère. Je n'ai nulle part, je suppose que je vais poursuivre mon errance. »

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Du sang. Éclaboussant son visage, s'introduisant dans sa bouche. Chaud, chaud, salé. Du sang.

La douleur, ce fut alors qu'elle cria. Elle hurla si fort que sa peau toujours douce sur son visage se déchiqueta. Maintenant, tout était noir.

Noir comme la nuit.

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Alors qu'elle tremblait sans le vouloir, Tauriel releva les yeux et croisa le regard de Legolas.

« — Que voulez-vous ? », demanda-t-elle sèchement.

La douleur se lut sur ses traits, puis Legolas se calma.

« — Tauriel. », dit-il avec douceur.

Il baissa les yeux, l'air nerveux.

« — J'ai parlé à mon père. »

Tauriel se raidit sur la selle, les yeux écarquillés de peur.

« — Et donc ? » demanda-t-elle, un léger tremblement se percevait dans sa voix.

Pendant une seconde, les yeux de Legolas, sondant son regard, se rétrécirent .

« — Finalement, répondit-il. Il a dit que vous deviez rester. »

Sous le choc, Tauriel se retourna. La colère coulait dans ses veines.

Legolas se tourna à nouveau.

« — Il veut que vous restiez, ajouta-t-il. Du moins, c'est ce qu'il m'a dit, et Tauriel, je crois qu'il a l'intention que vous m'accompagniez en Ithilien. »

Tauriel se mordit la langue alors qu'un flot de questions - et quelques protestations - menaçait de sortir de sa bouche.

« — Pardon ?! »

Elle finit par exploser, sa main se plaça inconsciemment sur ses poignards ceignis à sa taille.

Legolas recula d'un pas. Une émotion qu'elle ne pouvait pas traduire se dessinait sur son visage, mais elle fut rapidement remplacée par un masque calme et apaisé.

Ce fut avec horreur que Tauriel réalisa qu'il avait peur.

D'elle.

Abasourdie, elle laissa retomber sa main. Toutes ses protestations disparurent.

« — Je suis désolée. », murmura-t-elle.

Legolas inclina la tête sur le côté, fronçant légèrement les sourcils.

« — Pour quelle raison ? »

Tauriel grimaça, ne voyant aucun moyen de lui montrer sans aucune gêne son corps hideusement cicatrisé.

Elle déglutit, elle écarta l'illusion qu'elle s'était créée pour dissimuler sa vraie apparence. Mieux valait le laisser voir maintenant plutôt que de le surprendre plus tard.

S'il y avait un « plus tard ».

Legolas leva les yeux et recula aussitôt de trois pas. L'étalon renifla, et Tauriel reprit place, l'air misérable, sur la selle.

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« — Non ! », cria-t-elle en se jetant à corps perdus devant lui.

L'épée fendit l'air. Autour d'eux, tout bourdonnait dangereusement tandis que la pluie coulait sur les deux corps.

Et puis, l'impact. Des cris. La foudre. Du sang. beaucoup sang. Tout disparaissait au fur et à mesure que sa vie disparaissait peu à peu.

L'obscurité.

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« — Que s'est-il passé ? », demanda Legolas, toujours bouleversé.

Tauriel lâcha les rênes, et examina les cicatrices comme elle l'avait déjà fait plusieurs fois.

« — Je ne me souviens pas de tout ça. dit-elle, en luttant pour ne pas trembler. Nerveuse, elle se mordilla les lèvres. Je ... Je crois que j'ai bloqué une épée. Et ceci en est le résultat. »

La cicatrice dessinée sur l'un des côtés de son visage, tirait sur sa peau, mais elle ne le remarquait pas.

« — Vous vous êtes jetée un sort, supposa Legolas. Comme mon père. Pour quelles raisons, Tauriel ? », demanda-t-il, l'implorant.

Tauriel étouffa un sanglot.

« — Je suis un souvenir, Legolas, tout le monde me déteste ou m'oublie ... Qu'est-ce que je devais faire, j'ai dû empêcher les gens de me fuir, c'était le seul moyen. »

Mordant sa lèvre, Tauriel contempla la crinière de son cheval.

Une main se posa sur la sienne, chaude et réconfortante.

« — Je n'ai rien oublié. », lui assura calmement Legolas.

Des larmes menaçaient de couler. Alors, elle détacha sa main. Les émotions se brouillaient en elle, et finalement, elle choisit celle sur laquelle elle pouvait compter. La colère.

« — Dites à votre père que je ne reviendrai pas, fustigea-t-elle . J'en ai fini avec ses ordres.

— Non, Tauriel, s'écria Legolas alors qu'elle encourageait son cheval à avancer de quelques coups de talons. - Ce n'étaient pas ses ordres, ce sont les miens ! »

L'étalon se détourna si rapidement qu'il créa un nuage de poussière, et alors Tauriel le regarda, l'air incrédule.

« — Qu'avez-vous dit ?, s'écria-t-elle.

— Je lui ai dit que je voulais que vous m'accompagniez, admit Legolas, l'air attristé. Je veux que vous veniez en Ithilien avec moi, Tauriel. »

Elle continuait de le fixer, l'air pleine d'espoir.

« — S'il vous plaît ? », murmura-t-il.

Un silence de tombe persistait.

Legolas attendit, observant les cicatrices disparaître puis réapparaître.

Enfin, Tauriel ouvrit la bouche, et il fut surpris de voir des larmes briller dans ses yeux.

« — Oui, murmura-t-elle. Je viendrai en Ithilien. »


Je remercie Elfin Maid de m'avoir permise de traduire cette ficlette, somme toute très mignonne !

Merci à Phylicia , Jojominette, Wolfyae et Zouzou pour vos reviews qui m'ont encouragée à poursuivre cette traduction.

A très bientôt,

Natasha Nox.