Avant ta peau
Chapitre 2
Genre : UA
N'oubliez pas de lire le préambule qui est le chapitre 1, je crois que la notification n'a pas fonctionné !
Cette histoire est une histoire originale parue il y a longtemps sur ce site, qui compte 51 chapitres. Comme je l'ai auto-éditée chez the book edition, j'avais retiré la plupart des chapitres.
Finalement, comme vous êtes nombreux à me la réclamer, je vais reprendre la mise en ligne de TOUS les chapitres, un peu modifiés et améliorés, pour vous permettre de connaître enfin la fin de l'histoire ^^
Je posterai un ou deux chapitres toutes les semaines, promis !
Je dédie cette fic à Nico, qui me l'a inspirée, parce que sans elle et son avis je serais perdue ^^. Merci d'être toujours là ma belle….
A mon ange...
Bonne lecture à tous
Puis je les ai oubliés, des clients il y en a beaucoup, à cette époque de l'année. C'était septembre, la saison des américains. Ils venaient tous respirer l'air de la « Riviera », pour frimer auprès de leurs amis, leurs clients, leur Conseil d'Administration.
Moi j'étais sur le point de retourner dans ma fac de droit, là haut, à Paris. Tous les jours je me disais qu'il fallait que j'en profite, avant de retrouver la grisaille. Pourtant tous les jours les touristes m'énervaient, avec leurs mines de circonstance et leurs attentes excessives. Surtout les deux blondes, là.
Elles avaient à peu près mon âge, étaient françaises et prenaient un malin plaisir à me dévisager, quand elles papotaient au bord de la piscine. Moi je mettais un point d'honneur à les oublier, je n'étais pas à vendre, non mais et puis quoi encore ?
Je me doutais que c'était un de leurs fantasmes, un pari peut être, de se payer le petit brun qui gère les serviettes et accessoirement ramasse les verres près de la piscine. Est-ce qu'elles craquaient sur mon bronzage ou juste sur l'idée de « se payer un mec », je l'ignorais. Il y en avait quelques uns de passage dans l'hôtel, des jeunes hommes compréhensifs, je n'en faisais pas partie.
En plus j'avais une copine à Paris, que j'espérais moyennement fidèle, quand même. Elle aurait voulu que je me connecte tous les soirs, j'avais des cours à réviser. Je n'étais pas romantique, je n'avais pas les moyens de l'être. Je voulais devenir avocat spécialisé en droits de l'homme, travailler à l'étranger, sauver des innocents, faire libérer des prisonniers politiques, pas me marier.
Un des avantages de ce job était d'observer les hommes d'affaires, ce qu'ils disent, ce qu'ils mangent, comment ils s'habillent. Une caste qui se reconnait au premier coup d'œil, dont je ne voulais pas faire partie mais qui m'attirait quand même, parce que la réussite est captivante.
Entre mes révisions en douce je m'interrogeais sur l'origine des touristes, leur âge, leur vie, comment ils étaient devenus riches. Il y avait les parvenus et les gens de bonne famille, pas tout à fait les mêmes. Moins clinquants pour les seconds, plus réservés. Ils louaient des voiliers, pas des jets ski. Avaient toujours l'air lointain, inaccessible. Ayant tout vu, tout vécu. Plus rien ne les enthousiasmait, ne les surprenait. Je crois que je les plaignais un peu, quand ils dînaient sur la terrasse surplombant la mer, dégustant du bout des lèvres des mets exquis, lassés par le coucher de soleil et le décor magique.
Qu'avaient ils vu de plus beau, de plus fort, à l'autre bout du monde ? Où était restés leur joies, leurs désirs, leurs craintes ? Ils étaient totalement éteints, merveilleusement désenchantés peut être, moi j'avais envie de bouffer du lion.
Le soir venu, de ma petite piaule à l'entresol, je les observais un peu, de loin, à travers la petite fenêtre, devinant leurs choix de menu, les vins, inventant les conversations. Heureusement il y avait parfois un couple amoureux, jeune ou moins jeune, avec des étoiles dans les yeux, pour rompre la monotonie des dîners. Un couple pas encore figé dans les habitudes.
Des couples illégitimes, souvent. Ceux qui ne quittaient pas leur chambre de week-end, elle les pommettes roses et la bouche gourmande, lui guettant avec inquiétude son portable ou sa montre.
Une raison de plus pour moi de ne pas vouloir me marier. Si le mariage tue les sentiments à coup d'habitude et que les époux ne revivent que dans l'adultère… non, merci, sans façon.
Le pire était les couples improbables, avec trente ans d'écart, et autant de millions.
Ils me gênaient, comme de la prostitution légale. J'évitais de les regarder, de me demander pourquoi de si belles jeunes filles se baladaient avec des ventripotents. Même les belles lumières du soir tombant sur la Côte ne les paraient pas de magie, les ficelles étaient un peu grosses. Trop grosses pour moi.
Ce soir-là la famille arrivée l'après-midi est venue dîner, sans le jeune homme. Ca m'a intrigué, comme une pièce manquante dans un jeu. Etait-il malade, parti ? Ou n'appartenait-il pas à cette famille, comme je l'avais d'abord cru ?
Matthieu, mon compagnon de chambrée, qui travaillait à l'accueil, est entré et s'est laissé tomber lourdement sur son lit :
- Encore à mater les jambes des filles, hein ?
- Pas du tout ! ai-je répondu en haussant les épaules et en détournant la tête.
- Ben voyons… tu regardais le coucher de soleil, alors ?
- Ben oui !
- Au lieu de réviser ?
- Pff… t'as raison, faut que je m'y mette.
Il m'a jeté un regard énervé :
- Bon, je vais aller regarder la télé à côté, alors… sinon, ça va t'emmerder, je le sens.
- Non, ça va, reste, je vais aller réviser dehors. Mais n'en profite pas pour fumer dans la chambre, hein ? ai-je ajouté alors qu'il posait la main sur sa poche.
- Tu fais chier, Harry.
- Ouais. Moi aussi je t'emmerde, Matthieu. Allez, à tout à l'heure.
J'ai embarqué mes cours, un gilet et je suis sorti des sous sols réservés au personnel pour m'installer sous la terrasse, sur un petit promontoire rocheux. Un endroit interdit et un peu dangereux, bien sûr. Heureusement des spots habilement installés pour mettre en valeur la côte rocheuse me donnaient un éclairage suffisant, tout en me maintenant dans l'ombre.
Peut être aurait-on pu deviner ma silhouette d'un bateau, et encore… j'aimais profiter de l'air chaud et humide de la soirée, qui ne tiédissait que très tard. C'était le meilleur moment de la journée, un havre de paix, même si le coucher de soleil m'incitait plus à rêver qu'à réviser.
J'avais surpris une fois ou l'autre des couples sur la plage, c'étaient seulement des ombres, et ça me faisait plutôt marrer. Ca m'étonnait que le directeur laisse faire ce genre de choses, lui qui veillait farouchement à la bonne tenue de l'établissement, mais peut être l'escapade au clair de lune faisait-elle partie des incontournables.
Ce soir-là j'ai aperçu une silhouette dans l'obscurité, seule, ce qui était plutôt rare. Elle s'est assise sur le bord de l'eau, sans bouger. Impossible de savoir si c'était un client ou un membre du staff, à cette distance. Juste une petite ombre le long de l'eau, une vision presque romantique. J'ai haussé les épaules et je me suis plongé dans mon droit des relations internationales, essayant d'oublier le bruit de la mer, des conversations lointaines et des cigales.
J'entendais aussi parfois des cris étouffés, sans doute un match de foot à la télé. Dans deux semaines je serais parti, je n'arrivais pas à savoir si j'étais soulagé ou non.
Soudain il y a eu comme une lueur dans l'obscurité, sur la plage. En cillant un peu j'ai vu que c'était la lumière d'un téléphone portable, la personne sur la plage avait reçu ou donné un appel.
Je commençais à fatiguer, penché en avant sur mes feuilles, el les fesses posées sur les rochers incommodes. J'ai bougé un peu et un fourmillement désagréable est remonté le long de mon dos. Il était temps que je rentre, que je me couche. Le lendemain je me levai à 6 heures pour assister au brief de 7 heures de mon manager, là aussi un incontournable. J'ai regardé à nouveau celui ou celle qui téléphonait, ça faisait bien une bonne demi-heure maintenant.
Les reflets nocturnes de la mer dansaient autour des contours de son corps, sa tête s'agitait un peu, la conversation devait être animée. Au moment où j'allais me lever l'inconnu s'est mis debout, et j'ai eu l'impression très nette qu'il – elle ? - jetait son téléphone dans l'eau, d'un geste énervé. Ou était-ce un galet ?
Les riches étant inconséquents, j'en ai vite conclu que c'était à coup sûr le téléphone, et j'ai secoué la tête d'un air désolé. Comme si la mer avait besoin d'être bousillée par les piles et autres composants électroniques de ce petit bijou.
A ce moment la silhouette a remonté les marches rapidement jusqu'à la terrasse, et bien entendu j'ai reconnu le jeune homme blond aperçu l'après-midi, ce qui ne m'a pas trop étonné, puisqu'il n'était pas apparu au repas.
Il semblait passablement énervé et courait presque, les poings fermés, alors qu'il m'avait paru lymphatique l'après midi. Il est passé près de moi, et j'aurais juré qu'il m'avait vu malgré l'obscurité, et que nos regards s'étaient croisés. J'ai senti un sillage délicat, deviné des cheveux clairs, et il a disparu.
Je suis resté un moment surpris, puis, sans vraiment savoir pourquoi, je suis descendu sur la plage déserte, longer le bord de mer. Il faisait plus frais en bas, et j'ai frissonné. Je savais que je risquais d'avoir des ennuis à me promener sur la plage réservée à la clientèle, mais, sans me l'avouer, je cherchais quelque chose.
Et je l'ai trouvé. Le téléphone avait échoué sur le sable fin, comme un quelconque détritus. Quand je l'ai ouvert il s'est brièvement allumé puis ré-éteint, émettant une faible lumière, comme un phare lointain. Je l'ai fourré dans ma poche, sans bien savoir ce que j'allais en faire.
Je suis rentré dans ma chambre qui puait le tabac froid, Matthieu ronflotait, j'ai eu envie de le secouer pour l'engueuler, mais il était tard. Trop tard pour une engueulade.
oOo oOo oOo
Le lendemain j'avais oublié l'incident, pris par mon job et mes cours, quand le jeune homme est apparu à la piscine, caché derrière des lunettes noires –comme tout le monde- avec un livre sous le bras. Il portait un caleçon plutôt élégant et j'ai tout de suite remarqué que mes deux « fiancées » se désintéressaient de moi pour le jauger en papotant, se trémoussant comme des poules. Il ne leur a pas adressé un regard, ce qui m'a secrètement ravi. A moi non plus à vrai dire, en tendant la main pour attraper la serviette que je lui donnais. J'étais bien entendu invisible, nous n'étions pas du même monde.
Il s'est installé sous un parasol, à l'extrémité de la plage entourant la piscine à débordement, si loin que j'avais l'impression qu'il aurait pu glisser lui aussi et disparaître dans l'horizon, comme les flots transparents.
A un moment il a plongé gracieusement dans l'eau, sous le regard curieux des femmes, et a fait quelques brasses élégantes, avant de retourner sur son transat.
L'insupportable gamine au maillot à paillettes a changé encore deux fois de serviettes, les poules ont plongé avec des cris de délice dans la piscine – ne récoltant que des regards méprisants, à 4 heures les mères de famille sont arrivées avec les bébés, il n'avait pas bougé de son transat. Le traité de Rome me filait mal à la tête, au loin les voiliers passaient comme des oiseaux, en silence, j'aurais tout donné pour m'y étendre et dormir un peu.
Oui, dormir un peu, comme la dame âgée sous son chapeau de comtesse, le bébé de la dame brune si chic dans son couffin à dentelles et comme le jeune homme, là-bas, au bout du monde… il ne tournait plus les pages de son roman, j'en ai conclu qu'il dormait, ou peut être réfléchissait-il à un amour impossible, la faim dans le monde ou les conséquences du réchauffement climatique sur la vie sexuelle des Inuits. Peut être regrettait-il son portable.
Des nuages sont arrivés vers 18 heures, les touristes sont repartis un à un vers leurs chambres, ou le bar, ou le golf, ou le spa. Un autre plaisir, une autre distraction. Jamais une minute d'ennui au paradis. J'ai enfilé ma veste bleu marine même si la température avait à peine baissé. Une des blondes m'a fait un clin d'œil en passant près de moi, découvrant sa langue rose.
J'ai pensé à Mélanie, seule en Bretagne avec sa meilleure amie, et j'ai souhaité qu'elle ne se conduise pas de cette façon. Non, ça ne lui ressemblait pas, de toute façon. Elle était sérieuse, pour ce que j'en savais. Ses bras m'ont soudain manqué, et son corps, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vue.
Le jeune homme blond ne bougeait toujours pas. Plusieurs fois je me suis approché de lui, pour ranger les parasols et les transats, il était toujours allongé, immobile, les yeux clos.
Vers 19 heures j'ai commencé à m'inquiéter pour lui, vaguement. Qu'avait-il fait la nuit pour être si fatigué ? Etait-il malade ? Ou avait-il abusé d'une drogue, un médicament ?
Le maître mot de l'établissement était le respect et la satisfaction du client, il était donc hors de question de le réveiller pour lui faire remarquer que la piscine était normalement close à cette heure-ci, et j'avais pour consigne de ranger tous les matelas, transats et parasols avant la fin de mon service.
Je suis passé plusieurs fois à côté de lui, il n'a pas frémi. J'observais en douce ses yeux sous ses lunettes fumées, apparemment clos, et sa bouche entrouverte, relâchée. Tout son corps paraissait détendu, relaxé. Il paraissait jeune et fragile, plus jeune que je ne l'aurais cru.
Les rayons de soleil tombaient à l'oblique sur les verres noirs, m'éblouissant un peu. Pour un peu je me serais assis sur un transat, pour attendre son réveil, mais c'était proscrit par le règlement. Pratiquement toutes les relations entre personnel et clients étaient codifiées, rien ne devant gêner ces derniers. Pourtant j'aurais bien aimé le secouer, pour lui demander s'il allait bien. Voire même lui demander pourquoi il avait jeté son portable dans la flotte, la veille, mais ça aurait été le renvoi assuré.
Ou pourquoi pas lui avouer que j'étais fatigué, que je voulais aller manger dans l'espèce de réfectoire, avec les autres esclaves du coin, mais qu'à cause d'un jeune homme mieux né que moi je devais rester immobile dans ma guérite, à attendre son bon vouloir.
Il m'énervait.
Il avait tout son temps, toute la vie devant lui, facile.
J'ai refermé mes cours d'un geste agacé, les clients prenaient l'apéritif dans le lounge bar, je n'aurais que des restes au dîner.
Les spots se sont allumés autour de la piscine, créant une atmosphère presque irréelle, bleue et blanche. Merveilleux pour les clients, mais mes yeux me piquaient.
Vers vingt heures une jeune fille –sa sœur ?- est descendue jusqu'à la piscine, cherchant visiblement quelqu'un, mais dans la lumière artificielle elle ne l'a pas vu, il était bien caché aux confins de la plage. Elle s'apprêtait à partir quand je me suis avancé vers elle :
- Vous cherchez quelqu'un ?
- Oui. Mon frère. Mais il n'y a plus personne, je crois, a-t-elle dit doucement, et j'ai trouvé qu'elle avait des yeux magnifiques, à la couleur indéfinissable, dans la lueur du soir.
- Il y a un jeune homme qui dort, ici, lui ai-je dit en lui désignant la forme allongée.
- Oh ! Draco… a-t-elle murmuré en se penchant vers lui.
Elle l'a secoué doucement, sans résultat, puis a levé un regard inquiet vers moi, sans oser parler.
- Ca ne va pas ? Vous avez besoin d'aide ?
- Il ne se réveille pas… il y a un médecin à l'hôtel ?
- Non, mais on peut en appeler un rapidement, si vous voulez…
- Je ne sais pas… il faut que je demande à mes parents. Vous pouvez rester avec lui ?
- Bien sûr… ai-je répondu promptement, sans ajouter que j'étais payé pour ça, de toute manière.
A peine avait-elle tourné le dos que le jeune homme a enfin bougé, agitant la tête comme pour sortir d'un mauvais rêve. Je me suis avancé vers lui, mais elle s'est précipitée entre nous, comme pour le protéger.
- Draco ? Ça va ?
- Oui, ça va. Quelle heure il est ?
- Vingt heures. On vient de rentrer de notre croisière, papa et maman nous attendent pour dîner.
- J'ai pas faim…
- Draco, s'il te plait, a-t-elle soufflé en me lançant un coup d'œil gêné. Il faut venir… lève-toi.
Je restais à quelques pas, intrigué par la scène, ne pouvant en détacher mes yeux, même si je savais que ma présence était plutôt dérangeante. Je ne sais ce qui me fascinait le plus, la beauté de la jeune fille, son désarroi, ou le malaise imperceptible du jeune homme. Si lisse et pourtant si trouble, au fond.
Bien sûr mon imagination fonctionnait à plein régime pour deviner ce qui se passait réellement dans cette famille. La jeune fille a tiré son frère doucement par le bras, et je sentais que ce qui la gênait le plus n'était pas son état de santé mais le fait qu'il se donne en spectacle devant un membre du personnel, moi, en l'occurrence.
Il s'est levé en chancelant légèrement, elle a passé son bras sous le sien et ils ont commencé à se diriger vers l'hôtel, mal assurés.
Décidément ce jeune homme m'intriguait, je voulais en savoir plus. J'ai rangé rapidement son transat –sur lequel subsistait la trace de sa tête, visiblement il avait beaucoup transpiré- et je suis rentré pour manger, enfin.
Retourné dans ma chambre, le soir, j'ai essayé, par curiosité, d'allumer son portable, pour y découvrir je ne sais quel secret, des noms, des photos peut-être. J'imaginais quelque belle jeune fille éthérée lui envoyant des messages cruels, ou une amitié brisée.
Ce ne pouvait pas être une bête histoire de querelle professionnelle, une perte financière ou un examen raté, non. C'était plus que ça, plus fort que ça. Moi qui n'étais pas sentimental je sentais une blessure amoureuse, comme un prédateur devine le sang.
Je regardais l'horizon au loin, échafaudant mille histoires, rêvant d'avoir joué un rôle dans cette histoire. Je me voyais le porter dans mes bras, chevaleresque, alors qu'elle lui tenait la main, inquiète. Nous remontions le grand escalier, sublimes dans nos rôles, et je le déposais sur son lit alors qu'elle appelait le médecin, angoissée. En l'attendant, elle me racontait, à voix basse, les frasques amoureuses de son frère et je compatissais à leurs malheurs, heureux d'être utile.
L'entrée brutale de Matthieu dans ma chambre a fracassé ma rêverie :
- Alors, l'inutile, t'étais en retard au dîner ! T'as couru après les transats, ou quoi ?
- Ah ! ah ! Très drôle…
- C'est vrai que t'as vraiment un boulot épuisant, Harry.
- Ben voyons. Rester debout toute la journée, c'est du gâteau.
- Ah ça ! C'est sûr que c'est plus dur de travailler que d'user ses fonds de culotte dans les amphis. On se fait un petit tarot ce soir ?
- Non, faut que je révise.
J'allais me lever quand j'ai demandé, mine de rien :
- Au fait, tu sais qui sont les gens arrivés hier après midi, des anglais blonds ?
- Les Malfoy ? Ils viennent tous les ans à peu près, c'est une famille aisée, noble je crois, ils sont plutôt discrets. Pas comme les russes, a-t-il soupiré. Pourquoi ?
- Oh, le jeune homme avait l'air souffrant, tout à l'heure, alors je me demandais…
- Merde, j'espère que c'est pas devenu un junkie, lui aussi. J'en ai marre des flics et de leurs questions.
- Ah bon ? Ca arrive souvent ?
- De plus en plus souvent, ouais. Merci les rock stars. Et je te parle pas de l'état des chambres, après…
Tout ça ne cadrait pas avec l'image que je me faisais de la famille Malfoy :
- Et il est comme ça, tu crois ?
- J'en sais rien. L'an dernier, il avait l'air normal. Presque normal, a-t-il ajouté avec un petit sourire, en allumant la télé.
- C'est quoi presque normal ?
- Ah ! ah ! bienvenue dans la vraie vie, Harry. Chuuut, c'est le début du film, fous le camp.
- Connard…
- Débile…
Je me suis levé, j'ai attrapé un paquet de feuilles au hasard et je suis sorti, retrouver ma place favorite sous les rochers.
A suivre…
Je réponds aux non inscrits :
Tohru : merci de ta review et de ta confiance, ça me touche beaucoup ^^
Fandetoi : merci d'avoir trouvé le « garçon de la pluie » glauque mais sympa, c'est un bon résumé je crois ^^. J'arrête jamais d'écrire ? Non, presque jamais. J'ai peur d'arrêter et que ça ne revienne pas, alors je continue, je pédale, je pédale…c'est la peur du vide je crois (qui a failli être le titre de la fic ^^). Non, je ne bosse pas dans une maison d'édition, je ne suis pas écrivain, mais j'ai peut être raté ma vocation, hélas …Merci pour tous tes compliments sur moi et mes consœurs, nous sommes très flattées ^^
Camee : hé bien quelle virulence ! remarque ça m'a fait plaisir, vraiment chaud au cœur. C'est vrai que j'aime l'originalité, je ne rentre plus trop dans le moule, et que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Tu as absolument raison, chacun peut s'exprimer sur ce site, je n'ai pas à rougir je crois. Je veux encore te remercier pour toutes tes belles reviews sur « le garçon de la pluie », tu es adorable ^^
Mily : merci pour ta review, c'est très sympa ^^
Scam : merci pour tes reviews et surtout merci pour tes compliments sur mes fics, ça me fait très plaisir… je suis contente que tu trouves que mon style a progressé, c'est une bonne nouvelle ! Tu as raison, parfois mes fics sont longues et tortueuses (voire tordues), je vais essayer de m'améliorer, promis. Moi aussi j'ai une tendresse particulière pour « l'arrangement », merci de ne pas l'avoir oublié. Merci de trouver que je suis un bon auteur !
une fantomette fidèle : Merci, merci, merci ^^
Lydie : merci d'avoir aimé mon début, voici la suite...merci pour ta review
Bisous à tous, à bientôt !
