Jonas était l'homme qui avait réussi à s'enfuir de Delphes, pour prévenir la capitale.
Le récit qu'il avait fait, donnait froid dans le dos. Il s'était d'abord battu, puis voyant que la lutte était vaine, il avait préféré prendre la fuite, pas par couardise, mais par intelligence, pour que quelqu'un puisse prévenir. Lexa avait comprit cela, et ne blâmait pas l'homme, d'autant plus que c'était un ancien soldat à elle et qu'il avait accepté d'abandonner femme et enfants à leur sort pour remplir sa mission.
Lorsqu'ils arrivèrent à Delphes, le récit de Jonas, devint réalité.
Le spectacle laissé par l'armée de l'empereur était une horreur.
Tous les bâtiments, les maisons, les champs avaient été brûlé, il ne restait que des cendres. Une odeur acre, se mêlant à celle de bois brûlé, agressait les narines. Cette odeur était reconnaissable entre toutes, c'était une odeur, que Clarke et ses compagnons avaient trop souvent senti, celle de corps humains en train de brûler.
Leur odorat ne les avait pas trompé, arrivé au centre du village, des flammes s'échappaient d'un immense charnier. Deux hommes y jetaient des corps.
Lexa s'approcha d'eux.
Les deux hommes s'agenouillèrent en signe de respect.

- C'est bon, relevez vous, dit doucement Lexa.
- Heda, nous sommes contents de vous voir...
- Que c'est il passé ici ?
- Des hommes sont arrivés à l'aube, tout le monde dormait encore, sauf ceux qui étaient partis à la chasse. Ils ont sorti tout le monde des maisons, puis y ont mis le feu. Ensuite, ils ont demandé où se trouvait quelqu'un du nom de Clarke. Même lorsque nous avons comprit qu'ils parlaient de Vanheda, nous n'avons rien dit, alors l'horreur à commencé...

L'homme s'éclaircit la gorge, il avait du mal, à continuer son récit.

- Comme personne ne parlait, ils ont attrapé un homme au hasard et ils ont d'abord tranché, un bras, puis l'autre et ont fini par la tête. Plusieurs hommes sont morts ainsi. Ensuite, ils...ont...
- Il faut que tu continues mon ami, dit Lexa en posant sa main sur son épaule.
- Un homme a attrapé un... un enfant, le petit Samuel, il marchait à peine. Il a sortie son épée et il a..., par tous les dieux... il la embroché comme il aurait fait avec un poulet, la lame est ressortie par sa bouche... sa mère à hurlé ! Son père s'est jeté sur le soldat, il avait un pierre à la main, il a explosé le crane du soldat. Il a ensuite attrapé son enfant, et l'a bercé. Un autre soldat est arrivé, il a décapité le père, il s'est écroulé par terre, mais n'a pas lâché son enfant. Certains soldats ont ensuite attrapé les femmes par les cheveux, les ont jeté à terre et les ont violé les uns après les autres, devant, leur homme, père, mère et enfants. Les pauvres femmes hurlaient, celles qui se défendaient de trop, ont été égorgé. Puis d'un coup, une flèche a volé et traversé la gorge d'un soldat, nos amis partis chassé étaient revenus. Les soldats ont fini par fuir mais, la plupart des hommes, femmes et enfants sont morts, les autres... Les blessés ont été regroupé à l'abri là bas, dit l'homme en tendant son doigt.
- Je vais m'occuper des blessés, dit Abby en se dirigeant vers les malheureux.

Si on ne comptait que les blessés physiques, la tâche allait déjà lui prendre plusieurs jours, mais il y avait aussi les femmes, du moins celles qui étaient encore en vie. Lorsque Abby arriva, l'une d'elles tentait de se trancher les veines.

- Arrêtez ! Cria t-elle.

Elle arriva juste à temps pour l'en empêcher.
Clarke erra sur la place principale de la ville, il y avait des cadavres partout. Son regard passait d'un visage à un autre, ses yeux bleus se fixèrent sur celui qu'elle redoutait tant de trouver. Elle s'approcha jusqu'au cadavre qui gisait par terre. La robe de la jeune femme était retroussée et sa gorge était tranchée. Elle faisait partie de celles qui s'étaient défendues et l'avaient payé de leur vie. Clarke tomba à genou à coté du corps. Par pudeur, elle redescendit la robe pour cacher le corps de la jeune femme. Elle ferma ses yeux grands ouverts et pleura son amie, en espérant que la petite Klarke soit sauve quelque part.

- Sara, comme je suis désolée..., dit Clarke secouée par les sanglots.
- Elle a été tué sous les yeux de sa fille..., ses hommes sont des porcs ! Dit une voix féminine derrière elle.

Clarke se retourna et se trouva face à une vieille femme et derrière elle se cachait la petite Klarke.

- Klarke ! Grâce au ciel, tu es en vie ! Cria Clarke en tendant les bras à la petite.

Elle vit arriver en courant la petite brune, elle se jeta dans ses bras et enfouie sa tête dans le cou de Clarke.

- Les méchants, ils ont tué maman..., dit la petite ses grands yeux pleins de larmes.
- Oui, je suis désolée, mon cœur, mais tatas Lexa et Clarke vont s'occuper de toi, il ne t'arrivera plus rien, je te le promet, ma chérie, je te le promet..., dit Clarke en serrant la petite contre elle et en la berçant.
- Vous allez les faire payer n'est ce pas ? Demanda la vieille femme.
- Oui, comptez sur moi, ils vont payer pour tous leurs crimes, ils vont payer cher, dit Clarke entres les dents.

Elle se releva, la petite toujours dans les bras et se dirigea vers Lexa. Cette dernière la vit arriver, elle comprit mais posa tout de même la question avec un faible espoir.

- Sara ?

Clarke fit non de la tête, Lexa vint enlacer Clarke et la petite. Elles restèrent ainsi quelques minutes à partager leur peine.
Ils restèrent plusieurs jours pour aider à prendre soin des blessés, soutenir les femmes et brûler les cadavres. Lorsque tout cela fut fait, Lexa réunit tout le monde.

- Peuple de Delphes, croyez moi, je partage votre peine. Vous aviez déjà tant souffert avec les centrales, vous aviez payé un lourd tribut et aujourd'hui, c'est encore vous que je trouve dans la souffrance. Ces animaux, car ce sont des animaux, qui vous ont fait souffrir, vont expier leurs crimes. Cette fois, nous n'allons pas les laisser venir à nous, mais nous allons aller chez eux. Avec la même détermination, nous allons réserver un traitement particulier pour ses soldats et leur chef. Il n'y a plus rien ici, je vous propose donc de venir à Polis. Vous pourrez trouver protection et soin, mais je vous promet que, comme la dernière fois, nous reviendrons et nous rebâtirons ensemble cette ville.
- Pourquoi ne pas raser leur village comme ils viennent de le faire chez nous ? Cria une femme.

Lexa s'approcha de celle qui venait de crier. La femme recula dans un premier temps croyant sans doute que Heda n'avait pas apprécié l'interjection et qu'elle allait en payer le prix. Mais une fois arrivée à sa hauteur, Lexa prit les mains de la femme dans les siennes et dit d'une voix douce.

- Comme je viens de le dire, ce sont des animaux qui ont attaqué votre ville, pas des hommes, nous ne nous abaisserons pas à faire la même chose. Dans leur ville, il y a aussi des femmes, des enfants et même des hommes qui ne sont pas d'accord avec ce régime, nous n'allons pas les tuer, nous n'allons pas tuer des innocents. Nous nous battons avec honneur et nous continuerons sur cette voie. Par contre, je n'aurai aucune pitié pour les hommes qui sont venus ici, ils vont tous mourir.
- Entendu Heda, merci..., dit la femme d'une voix calme.

Tous reprirent la direction de Polis, dans l'espoir pour certains de revenir un jour.
La petite Klarke fit tout le voyage, tantôt sur le cheval de Clarke, tantôt sur celui de Lexa. Sa mère lui manquait bien sur, mais elle avait retrouvé malgré tout une certaine joie de vivre.
Arrivés à Polis, les réfugiés furent installé dans l'entrepôt. On leur apporta de quoi dormir, se nourrir et se changer. Lexa et Clarke avaient l'intention d'accueillir la petite Klarke chez elles mais Raven insista tellement pour la prendre chez elle, et cela avait l'air de faire tant plaisir à la petite, que les deux jeunes femmes cédèrent.
La vie reprit son cours. Lexa réfléchit longuement sur la façon de procéder pour mettre fin au règne d'Alejandro en faisant le moins de victime des deux cotés, enfin un jour, elle convoqua tout le monde pour présenter son plan.
Tous les ambassadeurs, les chefs de clans avaient été convoqués et tous étaient présents. Et comme Lexa avait informé le peuple entier et avait invité tous ceux qui voulaient venir à assister à la réunion, il avait été décidé qu'elle se déroulerait dans la clairière. Ce fut une bonne décision car, il y avait foule.
Lexa monta sur l'estrade qui avait été installé pour l'occasion.

- Vous savez tous que nous avons un ennemi que nous devons éliminer. Vous savez également ce qu'il a fait aux habitants du territoire de Delphes, nous ne pouvons le laisser continuer ! J'ai réfléchi à la meilleur solution pour le mettre hors d'état de nuire en minimisant les pertes humaines.

Des voix s'élevèrent dans la foule.

- Je sais que vous voulez votre vengeance, et vous l'aurez, même si je sais aussi, qu'elle n'apaisera pas votre peine. Nous avons perdu beaucoup des nôtres et je ne veux pas en perdre d'avantage. Un affrontement direct aurait pour conséquence de lourdes pertes humaines, des deux cotés...

Là aussi des voix s'élevèrent.

- Ils ont des femmes et des enfants aussi là bas, des innocents, ceux-là seront les premiers à mourir si nous attaquons la ville... Voulez vous être des tueurs de femmes et d'enfants sans défense ? Moi je ne le veux pas. Mais je veux la tête de l'empereur et ses hommes, alors voilà ce que je vais leur proposer. Deux combats singuliers. Un entre moi et Alejandro, et un entre le meilleur des miens et le meilleurs des siens. La victoire sera la reddition de l'empereur et ses hommes. S'ils sont intelligents, ils accepteront, dans le cas contraire, nous attaquerons la vie de front.

- Et si..., si vous échoués, hésita Kane.
- Nous n'échouerons pas..., dit Lexa les dents serrées.
- Oui mais, insista Marcus.

S'il s'était s'agit de n'importe qui d'autre que Kane, Lexa l'aurait déjà tué de suite pour avoir douté d'elle, mais c'était Kane, alors...

- Dans le cas très peu probable ou nous échouerions, bien entendu vous rasez la ville ! D'autres questions ? Aucune ? Bien, je continue... Il faudra montrer à l'empereur que nous ne plaisantons pas, nous installerons un siège tout autour de la ville, jusqu'à ce qu'il prenne une décision. Ambassadeurs, il me faudra donc votre soutien, j'ai besoin de tous vos hommes disponibles. Les deux tiers viendront avec nous en direction d'El Paso et le tiers restant restera en garnisons dans chaque clan, dans le cas ou Alejandro, nous préparerait un coup en douce. Vous devriez pouvoir réunir à vous tous, deux milles hommes, auxquels je rajouterai les deux tiers de ce qu'il y a ici, c'est à dire six cents hommes. La dernière fois que nous sommes allés à El Paso nous avons mis huit jours, mais nous étions véhiculés, cette fois cela sera différent. L'infanterie partira en premier pour un périple de probablement deux mois. Partira ensuite la cavalerie, qui en aura pour un mois, puis partiront les véhicules. Nous aurons tous rendez vous, ici, dit Lexa en montrant une carte, nous serons à cinquante kilomètres de la ville. Une fois réunis, nous avancerons ensemble. Avez vous des questions ?
- Quand partons nous ?
- L'infanterie partira au plus tard dans un mois. Puis les autres suivront.
- Qui fera le deuxième duel ?
- Que ceux et celles qui veulent le faire se présente cet après midi à la clairière, je choisirai. Bien rassemblez vos hommes et soyez prêt, vous pouvez disposer.

La foule se dispersa petit à petit. Roan s'approcha de Lexa.

- Heda, pas besoin de perdre du temps à sélectionner quelqu'un, vous savez que je suis le meilleur ! Dit Roan avec un grand sourire.

Roan était arrogant mais il avait raison et Lexa le savait.

- En effet Roan et c'est pour cela que tu n'iras pas !
- Quoi ? Mais ?
- J'espère pouvoir gagner ce duel...
- Vous croyez pouvoir perdre contre ce pantin !
- Roan, contrairement à toi, je ne sous estime jamais mes adversaires, et il y a une possibilité pour qu'il gagne, c'est pourquoi, je veux compter sur toi pour commander les troupes et raser la ville, si nécessaire. Je peux compter sur toi ?
- Évidemment Heda !
- Bien dans ce cas, c'est réglé ! Tu pourras éventuellement entraîner celui ou celle qui m'accompagnera.
- Entendu, je serai là cet après midi dans ce cas.

Lexa regarda Roan partir, et Clarke arriver, elle avait l'air inquiète.

- Tu ne peux pas faire ce duel Lexa, je t'en pris !
- Tu sais que je ne laisse pers...
- Personne se battre à ta place, je sais ! C'est de conneries tout ça ! Tu ne sais même pas comment il se bat...
- Raison de plus pour que j'y aille, je suis la plus expérimentée au combat singulier, et puis si cela se trouve, il est nul ! Dit Lexa en souriant.
- Et si tu échoues ?
- Je suis vexée que ma femme n'est pas confiance en moi... Dit Lexa en enlaçant Clarke.
- Tu sais mieux que quiconque qu'un combat n'est jamais gagné à l'avance... Je sais que tu est la meilleure, mais tu n'es pas infaillible...
- J'ai vu cela avec Roan. Si je perd, c'est lui qui rasera la ville avec les troupes comme prévu, tu vois pas d'inquiétude, dit Lexa visiblement amusée.
- Lexa ce n'est pas un jeu..., dit Clarke en se dégageant violemment. Bien sur je veux que ce malade soit éliminé, mais je ne veux pas que dans le processus, tu sois tuée, tu comprends ? Tu as deux petites filles dont une que tu viens de mettre au monde et je ne veux pas te perdre..., pas encore une fois...
- Jamais personne ne se bat...
- Oui je sais jamais personne ne se bat à ta place..., et bien cette fois ci je préférerai !

Clarke avait les poings et la gorge serrés, elle sentait les larmes lui monter aux yeux, elle avait tellement peur, peur de la perdre à nouveau. Le danger planait toujours au dessus d'elle, elle le savait, mais là, il serait vraiment présent, réel !
Lexa reprit Clarke dans ses bras. La blonde se débattit pour se dégager à nouveau, mais Lexa usa de sa force et tint bon, alors elle se rendit et l'enlaça elle aussi.

- Je te promet de me préparer physiquement et mentalement. Je serai très prudente et ne lui laisserai aucune possibilité de prendre le dessus, je te le promet mon amour., lui murmura Lexa.
- Je te crois, mais quoi que tu me dises..., j'aurais toujours peur pour toi, je tremblerai toujours pour toi...
- Je sais, je sais..., Dit Lexa en lui caressant doucement les cheveux.