Le soleil était à peine levé lorsque Lexa ouvrit un œil. A ses cotés Clarke dormait paisiblement, elle souriait dans son sommeil, sans doute un rêve. Elle enfila sa robe et alla voir les filles qui dormait dans l'autre pièce que comportait la tente.

Winona dormait comme d'habitude en travers de son lit, sans couverture sur elle. Lexa la réinstalla dans son lit avec délicatesse, lui remit la couverture jusqu'au menton et l'embrassa sur la joue.

Gaïa, elle, gigotait en silence dans son lit. Elle jouait avec ses pieds. Lorsqu'elle vit le visage de sa mère, elle s'agita d'avantage, tendit les bras avec un grand sourire.

Lexa ne se fit pas prier, elle attrapa sa fille, qui vint nicher sa tête dans son cou. Elle restait surprise par le petit poids de ce petit être. Elle s'installa confortablement dans un fauteuil, cala son bras et positionna sa fille devant son sein. La petite posa ses petits doigts sur la poitrine de sa mère, puis sa bouche sur le mamelon et se mit à téter goulûment.

La petite avait tout juste fini de téter, que Winona arriva les yeux encore plein de sommeil. Elle vint directement s'installer sur les genoux de sa mère.

- Bonjour, mon p'tit oiseau, tu as bien dormi ?
- Oui maman..., dit la petite en faisant la moue.
- C'est vrai ça ?
- Non. J'ai fait un mauvais rêve.
- Oh et de quoi parlait ce mauvais rêve ?
- Tu vas te battre et tante Octavia aussi ?
- Euh oui, mais qui t'as dit cela ?
- J'ai entendu...
- Tu as toujours les oreilles qui traînent partout toi hein ? Canaille ! Dit Lexa en chatouillant Winona.
- C'est vrai ?
- C'était à propos de ça ton rêve ? Tu t'inquiètes pour moi et Octavia ?

La petite hocha la tête tristement.

- Attends une seconde.

Lexa déposa Gaïa qui s'était rendormie dans son lit.
Elle se réinstalla dans le fauteuil et prit Winona à cheval sur ses genoux face à elle.

- Winona, ma chérie, il ne faut pas que tu t'inquiètes. Octavia et moi, nous nous sommes bien entraînées et nous sommes de grandes guerrières.
- Mais si le méchant homme te tue..., dit la petite au bord des larmes.

Lexa regarda sa fille avec amour. La petite semblait vraiment inquiète, malgré son jeune âge, elle avait déjà comprit que ce monde était dangereux, Lexa savait qu'il ne servait à rien de lui mentir.
Elle lui caressa tendrement les cheveux, les joues et essuya du pouce la larme qui coulait.

- Winona mon amour. Cet homme est méchant, mauvais, il faut que maman s'en occupe, tu sais pourquoi, n'est ce pas ?
- Oui, parce que tu est le commander ! Dit fièrement Winona.
- C'est ça tout à fait. Mais je suis aussi ta maman et celle de Gaïa...
- Et la femme de maman Clarke..., rajouta l'enfant.
- Oui, aussi, dit Lexa en souriant. Et je vous aime, toutes les trois, très, très fort et je n'ai pas l'intention de vous quitter, en tout cas, pas avant très, très longtemps.
Alors, je prendrai toutes les précautions, je serai très prudente, pour que rien ne m'arrive, pour que je puisse encore te serrer dans mes bras, je t'en fais la promesse...
- C'est promis, promis ?
- Promis, promis !
- Je t'aime maman ! Dit Winona.
- Je t'aime mon p'tit oiseau, répondit Lexa en serrant sa fille dans ses bras.
- Et maman Clarke, elle a droit à un câlin aussi ? Dit Clarke en arrivant.
- Ouiiii ! Cria la petite en se jetant dans les bras de son autre mère.

Clarke attrapa sa fille et la prit dans ses bras. Elle s'approcha de Lexa et l'embrassa tendrement.

- Alors cette petite canaille était inquiète..., commença Clarke.
- Oui, mais ça va mieux maintenant, n'est pas ?
- Oui, c'est promis..., je pourrai venir ?
- Euh, non, chérie, tu es trop petite...
- Mais Lincoln, y va lui !
- Et bien, Octavia est sa maman, elle fait ce qu'elle veut. Moi, je suis la tienne, et tu fais ce que, moi, je veux ! Dit fermement Clarke.
- Maman ! Supplia la petite en regardant Lexa.

Lexa regarda Clarke.

- Si maman te dit non, je ne vais pas dire le contraire.
- C'est pas juste ! Dit la petite en croisant les bras.

Lexa et Clarke se mirent à rire.

- Si tu veux nous pouvons aller voir Octavia ?
- Oui !
- A la bonne heure !

Toutes s'habillèrent et prirent la direction de la tente de Octavia. Mais elles trouvèrent celle ci en train de s'entraîner, le petit Lincoln, assis sur un tonneau, regardait sa mère.

- Ne te fatigue pas trop, Octavia, garde ton énergie pour tout à l'heure, lui dit Clarke en souriant.
- Ne t'inquiète pas Clarke, c'est juste de l'échauffement !
- Dès que l'empereur est là, nous commençons les duels, tu es prêtes ? Demanda Lexa.
- Autant que je puisse l'être !
- Nous amenons les filles à ma mère, tu ne veux pas que l'on emmène LJ?
- Non, je te remercie Clarke, mais il veut assister au combat !
- Mais il est jeune...
- Il a quatre ans, la plupart des enfants ici, on déjà fait des combats, il est temps qu'il apprenne !
- Comme tu voudras, à tout à l'heure, alors !

Lexa et Clarke arrivèrent à la tente de Abby et Marcus.

- Tu viens nous déposer les filles ? Demanda Marcus.
- Oui.
- Nous les garderons ici, s'il y a du grabuge et que ta mère a besoin de la place pour travailler, je les emmènerai plus loin.
- Merci.
- Vous êtes prêtes ? Demanda Marcus à Lexa.
- Oui.
- Et votre blessure ? Demanda Abby qui apparu soudain.
- La blessure est propre, pas tout à fait cicatrisée mais j'ai renforcé le pansement, j'y ai mis plusieurs compresses et une bande tout autour, comme tu m'avais dit de faire, dit Clarke.
- Ok, parfait ! Je vous rappelle, néanmoins, qu'un coup violent dessus pourrait ré-ouvrir votre plaie, dit sérieusement Abby.
- Oui, je sais Abby, je serai très prudente.
- C'est conseillé !

Un garde arriva en courant.

- L'empereur est arrivé, Heda.
- Nous arrivons !

Les soldats de Lexa avait construit une arène ovale, entourée d'une barrière et avaient installé des banc tout autour. A chaque extrémité de l'arène, on avait placé une chaise, manifestement une pour Lexa et une pour l'empereur, celui ci s'était d'ailleurs déjà assis sur l'une des deux, il était entouré d'une dizaine de soldats.
La guerrière s'installa sur l'autre et Clarke se tint debout à sa droite. Des soldats se positionnèrent autour des deux femmes.

La foule ne tarda pas à venir et à s'asseoir autour de l'arène. Il y avait des habitants d'El Paso, des soldats de l'empereur et aussi ceux de Lexa mais bizarrement chacun avait choisi un camp et l'arène était divisée en deux par la moitié.

Le champion de l'empereur arriva sous les applaudissements de la foule d'El Paso. Comme l'empereur, il était habillé de blanc de la tête au pied, c'était un choix étrange comme couleur, pensa Lexa. Dans sa main droite, il tenait fermement une énorme masse. Il pénétra dans l'arène et se mit face à l'empereur. Il la leva au dessus de sa tête sans aucune difficulté, ce qui laissait présumer de sa force physique, la foule se manifesta encore.

Octavia fit son entrée par petites foulées, elle vint se placer, elle aussi face à Lexa. Tous les soldats de Lexa, frappèrent leurs armes contre leur bouclier, en guise de bienvenue.
Lexa se leva et s'approcha de la barrière, Octavia fit de même.

- Octavia, aujourd'hui tu as l'honneur de représenter les quatorze clans, sois en digne, montres nous un beau combat. Respecte ton adversaire, sois rapide, maligne, efficace et surtout sois victorieuse. J'ai confiance en toi.

Lexa lui tendit son bras, Octavia lui attrapa.

- Puissions nous nous revoir, Octavia, lui dit Lexa.
- Puissions nous nous revoir, Heda, répondit Octavia.

Lexa retourna s'asseoir et Octavia vint se placer au milieu de l'arène. Elle dégaina son épée, rechercha des bons appuis et attendit. Contrairement au soldat de l'empereur, elle était habillée en cuir noir, Indra lui avait tressé les cheveux et elle arborait des peintures de guerre. Elle observa attentivement son adversaire venir vers elle. Il s'arrêta à environ cinq mètres d'elle.

L'empereur se leva et prit la parole.

- Peuple d'El Paso, nous sommes réunis aujourd'hui pour une raison particulière. Cette... femme a dans l'idée de nous envahir..., dit l'empereur en désignant Lexa de l'autre coté.

Des rires s'élevèrent dans la foule.

- Une action qui se serait soldée par échec, bien entendu, mais qui aurait coûté la vie à de nombreux innocents. Dans la volonté d'épargner ces vies, il a été décidé de faire deux duels. Un contre mon champion et un contre moi. Si nous gagnons, ils s'en vont. Comme vous pouvez le constater, mon champion et moi même, allons combattre deux femelles, autant dire que la victoire est à porté de main. Mais dans le cas peu probable ou nous perdrions, la ville lui reviendrait de droit. Dernière chose, c'est un combat à mort. Bon spectacle à tous !

Voir les deux combattants était impressionnant, on aurait dit David contre Goliath. Octavia paraissait si frêle par rapport au colosse en face d'elle. N'importe quel combattant vous dirait que la taille dans un combat importe peu, qu'un petit peut tout à fait battre un grand mais tout de même, s'il y avait eut des parieurs, Octavia n'aurait eut aucune chance.

Pourtant Octavia se tenait là, face à ce monstre, elle ne semblait ressentir aucune peur, les yeux rivés sur lui, elle attendait qu'il fasse le premier pas. Il devait attendre la même chose car leur face à face dura quelques minutes. Comme deux guerriers aguerris, ils se jugeaient, se jaugeaient, s'observaient. A ce jeu, Octavia fut la gagnante, car l'homme impatient sans doute d'en finir, fini par se ruer sur elle.

Comme elle s'en doutait, il était lourd et lent, elle n'eut aucun mal à éviter la masse qui s'écrasa sur le sol, mais elle nota, qu'un tel coup l'aurait probablement tué, il lui fallait donc garder une certaine distance et surtout observer le bras de son adversaire lorsqu'il s'apprêterait à lui asséner un autre coup.

Elle joua donc au jeu du chat et de la souris. Encore un exemple de petit être qui arrivait souvent à berner un plus gros mais qui finissait toutefois, de temps en temps, entre les griffes du félin.

Le soldat essaya et essaya encore, mais chaque coup était un échec, il n'arrivait toujours pas à toucher la jeune femme.

- Tu as beau tourner comme un insecte autour de moi, je finirai par t'avoir, dit l'homme légèrement essoufflé.

Octavia remarqua la respiration difficile de l'homme et se dit que leur «danse» finissait par le fatiguer. Il était temps de passer de la défense à l'attaque.

Lorsque le soldat arriva et donna un coup de masse à l'horizontal, Octavia se baissa, fit une roulade et vint faire une entaille profonde dans la cuisse gauche de son adversaire. La blessure le fit à peine grimacer, mais le pantalon immaculé se teinta de rouge rapidement.

L'homme regarda sa blessure, passa sa main dessus, puis lécha le sang sur ses doigts.

- Une estafilade, rien de plus, dit l'homme en riant.
- C'est plus qu'une estafilade, il perd beaucoup de sang, cela va grandement l'affaiblir, murmura Clarke à l'oreille de Lexa.

D'ailleurs après dix minutes à courir après Octavia, l'homme semblait commencer à fatiguer d'avantage, il mit un genou à terre, pour souffler.
Octavia sauta sur l'occasion pour essayer de marquer encore des points, elle se rua sur lui, épée levée. L'homme attendit le dernier moment pour se relever et tenir sa masse en avant dans sa main gauche, pour retenir la lame. Le soldat était droitier, Octavia le réalisa trop tard, il lui balança un uppercut qui l'envoya deux bons mètres en arrière.

Octavia était étendu par terre, inconsciente, à la merci de la brute. Celui ci arriva tranquillement près de la jeune femme. Il l'attrapa part la gorge et la souleva comme fétu de paille. Octavia reprit alors conscience et se débattit farouchement. Elle réussi à mettre un coup de pied dans la mâchoire du colosse, qui la lâcha. Octavia tomba lourdement par terre. L'homme prit alors son élan et lui donna un violent coup de pied dans le ventre, puis dans le visage.

La jeune femme voulu se lever mais elle n'arrivait pas à trouver son équilibre.

- MAMAN ! Hurla une petit voix aigu.

Le petit Lincoln qui se trouvait sur les épaules de Jesus jusqu'à présent, descendit rapidement de son perchoir, et fila au milieu de la foule avant que celui sur lequel il était perché, ne puisse le rattraper. Il déboula au milieu de l'arène en hurlant, un couteau à la main.

Le soldat se retourna pour voir ce qu'il se passait, lorsqu'il vit l'enfant venir vers lui, il souri, et l'ignora. Pourtant lorsqu'il fut quasiment à sa hauteur, Lincoln prit appuis sur ses pieds et sauta. Avec la détente d'un félin, il arriva à hauteur des épaules du colosse, à l'aide de ses deux mains planta son couteau dans son dos et y resta accroché. Le soldat essaya de l'attraper mais n'y arriva pas, il n'eut pas d'autre choix que de pivoter rapidement pour obliger l'enfant à lâcher la poignée de son couteau.

A force d'obstination, le géant fini par faire tomber le petit singe qui s'accrochait à son dos. La force avec laquelle l'homme se débattait envoya le petit Lincoln dans la barrière, avec un crac sinistre. Le petit ne se releva pas.

Cette «distraction» avait permit à Octavia de reprendre ses esprits, elle était encore chancelante, mais debout. Le soldat avec un rictus de satisfaction se déplaça légèrement pour que Octavia puisse voir son enfant étendu par terre.

Déjà Clarke était auprès de lui, mais il n'avait pas repris connaissance.

Lorsqu'elle vit son fils sans vie, il se passa quelque chose, Octavia, sembla être mue par une force invisible. Tout son corps fut traversé par une puissante volonté de massacrer son adversaire. Le visage déformé par la douleur, elle fonça tel un boulet de canon, vers le géant. Celui ci ne comprit que trop tard que rien n'arrêterait cette furie. Son épée fendit l'air à une vitesse impressionnante, même Lexa en fut stupéfaite. Le colosse parait les coups comme il pouvait, mais Octavia était comme une machine qui s'était emballée. Ses efforts étaient vains, et il savait, qu'un moment ou un autre, un coup allait passé, et ce fut le cas. L'épée d'Octavia ne tarda pas à entailler son bras, puis son flanc, l'homme fut bientôt à bout de souffle.

Soudain, il lâcha sa masse pour attraper un poignard, qu'il avait à la ceinture. L'effort physique et les blessures, avaient épuisé le colosse, pourtant il fit face à la jeune femme, il attendit qu'elle soit assez près d'elle, pour donner deux rapides coups de couteau. La lame pénétra l'abdomen de la guerrière, mais toujours mué par cette force dont seule une mère peut être habité, elle ne broncha même pas. Au moment ou l'homme se reculait pour constater qu'il avait bel et bien blessé la jeune femme, celui arma son bras et enfonça son épée jusqu'à la garde dans l'estomac du soldat. Celui ci la regarda d'un air surprit et s'écroula par terre. Octavia ne lâcha pas son arme, la lame glissa donc hors du corps de l'homme au fur et à mesure qu'il s'écroulait.

Une fois étendu sur le sol, Octavia sourit et lui cracha dessus. Elle attrapa ensuite le couteau que l'homme avait fait tombé. Elle s'accroupit et défit le pantalon du soldat. Elle attrapa ses testicules et sa verges et d'un seul coup de lame trancha le tout, l'homme toujours vivant hurla comme un damné.

Octavia se releva avec un grand sourire et se dirigea vers l'empereur. Celui ci, un peu pâle se leva d'un bond légèrement inquiet, malgré sa garde personnelle qui se rapprocha de lui.

Arrivée à quelques mètre de lui, Octavia lança les organes à la figure de l'empereur.

- Vous êtes le prochain ! Cracha t-elle au despote.

Elle retourna auprès de sa victime qui agonisait toujours, elle leva son épée et enfonça la lame dans son cœur.
La foule supportrice de la jeune femme hurla son approbation.
Octavia partie en courant pour retrouver son fils.
Lexa se leva.

- Vous avez perdu ce combat, je vous propose une pause. Lorsque le soleil sera à son zénith, ce sera à nous de faire notre duel !

L'empereur aussi blanc que sa tenu, acquiesça et quitta l'arène.
Lexa fit de même et se dirigea vers la tente où se trouvait Abby pour prendre des nouvelles de Lincoln Junior et Octavia.
Lorsqu'elle rentra sous la tente, le petit garçon était allongé sur un lit, Clarke assise à coté de lui et Abby s'affairait sur la plaie de la guerrière.

- Alors ? Demanda Lexa.
- LJ va bien, il a un bras cassé, mais il va bien, dit Clarke avec un grand sourire.
- Et Octavia ?
- Je désinfecte les plaies, quelques points de sutures et cela devrait aller, dit Abby.
- Je l'ai eu ce porc, je l'ai eu, dit Octavia en grimaçant légèrement.
- En effet, j'ai été très impressionnée par ton combat, je te félicite, dit Lexa sincère.
- Il ne reste plus que l'empereur..., murmura Clarke.

Lexa se tourna vers sa femme pour lui sourire.

- Je ne vais pas te répéter de ne pas t'inquiéter, parce que je sais que tu n'y arriveras pas, mais mon duel va se finir de la même façon, une victoire féminine ! Bon
Octavia et Lincoln Junior sont entres de bonnes mains, viens, allons passer ces quelques heures avec nos filles.

Clarke, caressa le visage du garçon endormi, l'embrassa sur le front et vint rejoindre Lexa. Toutes les deux quittèrent la tente pour aller retrouver les filles.