-« bonjour Sei-kun »fit-elle naïvement.
-« bonjour Sakura comment vas-tu aujourd'hui ? »
-« je vais très bien à vrai dire je sors après demain et je suis contente »
-« ah ! Je vois, dis moi, ils te laissent sortir ? »
-« oui avec une chaise roulante mais je ne suis encore jamais sortie »
-«je vois » Akashi sortit sous les yeux curieux de son amie, il revint quelques minutes plus tard avec une chaise roulante, il s'avança vers elle calmement, la souleva délicatement et la posa sur le dite chaise, Kirigaya souriait les joues en feu, et le cœur battant la chamade, que voulait-il prouver ? Elle n'en avait aucune idée et elle n'allait pas s'en plaindre de ce geste qu'elle jugeait affectueux de sa part.
-« ou allons-nous ? »fit-elle curieuse.
-« aux jardins, cela te fera du bien de prendre un peu d'air frais »fit-il avec le plus grand calme du monde. Avec douceur, il emmena son amie dans les jardins non sans lui avoir mis un chapeau blanc sur la tête, il fallait dire qu'il était très prévenant, le temps était des plus agréables, l'air était frais et pur, et les jardins étaient plus ou moins pleins, Kirigaya se sentait bien. Il s'arrêta près d'un banc ou il s'assit pour pouvoir parler un peu avec elle, il avait beau ne pas savoir par quel miracle il avait réussi à se convaincre d'une telle démonstration d'affection mais cela lui importait peu car seule le fait d'être avec Sakura lui importait, paradoxalement, il affirme ne jamais ressentir de l'affection pour elle, cela est bien contradictoire n'est-ce pas ? Mais Akashi lui-même n'était-il pas une personnalité extrêmement complexe ? Le fait de ressentir des sentiments complètement opposés pour une personne, une fille qui plus est, le faisait sincèrement réfléchir sur la nature des sentiments qu'il nourrissait à l'égard de la jeune fille en face de lui, or la réalité était bien évidente surtout pour ses co-équipiers anciens et actuels, Akashi n'a jamais vraiment été confronté à ce problème qui froissait à présent toute sa logique et tout son raisonnement.
-« merci »murmura-t-elle.
-« i pas vraiment pas de quoi me remercier » murmura-t-il à son tour.
-« dis-moi comment te sens-tu ? Je veux dire te sens-tu mieux »demanda-t-il soudainement.
-«oui je vais beaucoup mieux, maintenant je n'ai plus mal quand mon cœur bat »
-« j'exige la vérité depuis quand ça dure ? » Kirigaya baissa les yeux.
-« depuis le collège je dirais, je ressentais une douleur aigue dans la poitrine, c'est une maladie chronique, je ne peux pas guérir, mon cœur est malade, à chaque fois que je ferme les yeux, une part de moi me dit que peut-être ce soir ma maladie m'emportera, peut-être que ce sera la dernière bouffé d'air que j'inspire, que ce sera la dernière fois que je verrai maman, mes amis de la kiseki no sedai ou même mon équipe Rakuzan avec qui je passe de très bons moments… ou…la dernière fois que je te vois…toi »fit-elle avec une pointe de tristesse dans la voix, à l'entente des ces mots Akashi écarquilla les yeux, il était parcouru par un étrange sentiment qui ne le plaisait pas du tout, il se rendit compte qu'il ne voulait pas qu'elle s'en aille, il ne voulait pas non plus l'abandonner car c'était ce qu'il voulait faire, après tout il serait bien plus heureux sans elle non ? Faux ! Il ne pourra pas malgré touts les efforts du monde à la laisser tomber et il en était parfaitement conscient c'est pour cela qu'il était d'autant plus en colère contre lui-même d'être aussi faible.
-« ne t'inquiète pas Sakura… » Surprise, elle tourna la tête vers lui puis esquissa un doux sourire auquel s'ajoutait quelques larmes au coin de l'œil, qu'elle était adorable comme ça ! Elle bouleversait complètement Akashi qui pourtant se disait inébranlable.
-« ça te dirait une partie de shogi ? » demanda-t-il.
-« avec grand plaisir »fit-elle avec un sourire qui rendait fou le capitaine. Le lendemain, comme promis, Akashi revint voir Kirigaya et comme la veille, il lui fit faire le tour des jardins.
-« tu sors demain n'est-ce pas ? »
-« oui »
-« et à quelle heure sortira-tu ? »
-« à 9h du matin pourquoi ? »
-« je viendrai te chercher alors »
-« non ! Ce n'est pas la peine »Akashi la fusilla du regard, osait-elle contester son autorité ? Il se pencha vers elle, mordilla légèrement son oreille et lui murmura…
-« ce n'est pas discutable, très chère » Elle se sentit rougir, pourquoi fallait-il qu'elle se résigne à chaque fois ? Mais dans un certain sens le fait qu'il lui accorde tant d'attention la touchait profondément, elle le connaissait très bien et savait bien qu'il comptait l'abandonner, elle ne savait pas quand, mais cela allait bel et bien arriver, elle ne voulait pas lui montrer sa faiblesse ou même l'immense chagrin que cela allait lui causer car elle savait bien qu'un garçon issu de l'une des familles les plus importantes du japon n'avait rien à faire avec une fille de la basse société comme elle, le monde est cruel, de notre temps, les gens ne se fréquentent que par rapport à leur classe sociale, en plus que représentait-elle à ses yeux ? Elle savait qu'elle était sa distraction personnelle, qu'il se défoulait sur elle, qu'il évacuait son immense pression de sale gosse de riche, égoïste et imbu de lui-même sur elle, il était sans cœur mais après tout, elle ne lui avait jamais résisté à part quelques rares fois mais la non plus, il ne s'était pas gêné de lui rappeler l'immense gouffre qui les séparait, c'était un démon sans cœur, narcissique et autoritaire, mais ce démon elle l'aimait, ce fichu sale gosse de riche était tout pour elle, et elle se détestait d'être come ça, de ressentir de tels sentiment envers une personne qui une fois lassée d'elle la jetterait sans scrupules et l'effacerait définitivement de son existence et continuerait de vivre comme si rien ne s'était passé entre eux, c'était ignoble de faire endurer ça à une personne, mais pour l'instant elle profitait de chaque instant passé avec lui car après tout elle ferait comme lui et l'effacerait définitivement de sa vie, ses yeux…il les avaient déjà utilisé contre elle, et une part d'elle-même le déteste pour ça, et c'est dans c'est moments la qu'elle se posait des questions : l'amour peut-il cohabiter avec la haine ? Elle était perdue, elle était très amoureuse de Seijuro mais une part de son cœur le détestait de la traiter de cette manière, cette relation ou l'amour grandit avec son taux de haine est inévitablement voué à une fin tragique d'après son point de vue, c'est vrai des fois elle avait l'impression qu'elle l'aimait autant qu'elle le détestait, car des fois il arrive que deux être s'aiment à un point ou l'un s'efface face à l'égocentrisme de l'autre, hélas cette relation était simple à décrire : l'un dominait et l'autre se soumettait et il est assez simple de deviner qui est qui et le résultat est : une immense douleur et un cœur brisé pour l'un et un control absolu pour l'autre, mais Akashi en ce moment était de plus en plus clément…elle ne le reconnaissait presque plus, il était venu la voir, lui faire le tour des jardins, il lui a même dit qu'il la ferait sortir de l'hôpital, non qu'elle allait s'en plaindre mais… ! . Pour la sortie de Sakura de l'hôpital, Akashi avait décidé sur un coup de tête que ce serait avec lui qu'elle rentrerait et surement pas cet imbécile heureux de Ryota qui avait pourtant insisté encore et encore. Seijuro entra dans la chambre avec une chaise roulante, s'approcha d'elle et saisit doucement son joyau aussi aimé que détesté et le mit sur la chaise. Dans les couloirs un vent frais se faisait sentir, Kirigaya frissonnait mais ne le montrait pas, Akashi en le remarquant retira sa veste et la mit sur les épaules de Kirigaya qui à présent avait les joues en feu.
