Merci à tous les lecteurs qui ont pris le temps de laisser un petit commentaire, c'est toujours agréable d'avoir un retour sur investissement!

Et merci à ma rigoureuse bêta, Carboqueen, qui a su me sortir (entre autres!), sur ce chapitre, des affres d'un abominable questionnement au sujet d'une petite culotte... Mais hop hop hop, j'en ai trop dit : voilà la suite ;P


Chapitre deuxième : une aube noir d'encre

Le ciel d'encre était chargé de nuages couleur topaze ; une chaude lueur s'étendait derrière la masse des arbres. Sam réalisa qu'il s'agissait de ceux qui bordaient le jardin du général O'Neill. Et le souvenir de la nuit précédente se glissa dans son esprit.

« Vous êtes sûr ? » avait-elle demandé, consciente que la main de son supérieur avait quitté ses épaules pour reposer tendrement dans le creux de ses reins.

Elle avait senti la légère caresse de ses doigts sur sa joue, et s'y était appuyée une seconde. Elle ne l'avait pas quitté des yeux lorsqu'il avait répondu "Toujours" et qu'il s'était penché pour l'embrasser.

Elle sourit intérieurement. Ce baiser… Il n'avait rien à voir avec celui que son subconscient avait créé à bord du Prométhée. Elle était sûre d'une chose : elle s'en souviendrait bien plus nettement !

Elle s'était collée contre lui quand leurs lèvres s'étaient rencontrées. La main droite de Jack était venue se perdre dans ses courts cheveux blonds, et sa main gauche, lentement, délibérément, avait parcouru sa taille pour se glisser sous sa veste.

Elle avait souri à ce geste, et avait interrompu le baiser pour ôter son vêtement. C'était sa veste en cuir, sa préférée — celle que Pete n'aimait pas lui voir porter — mais elle la lança sans ménagement sur le canapé. Le feu avait fait son office : elle ne grelottait plus, et la pièce s'était agréablement réchauffée. Sur son jean, la tache qu'elle avait faite un peu plus tôt en renversant sa bière était presque sèche.

Alors, elle revint à Jack, réamorçant le baiser en entourant de ses mains l'arrière de sa nuque. Elle le sentit sourire contre ses lèvres, ce qui déclencha chez elle une réponse identique alors qu'elle ramenait ses mains sur le devant de son T-shirt. L'humidité en était encore palpable sous ses doigts et il recula brusquement quand son vêtement mouillé rencontra sa peau.

« Désolée. » avait-elle dit doucement, avant de le lui ôter.

Le flot de ses pensées fut interrompu par un mouvement derrière elle, dans le lit. Elle roula sur le côté pour tourner le dos à la fenêtre, les draps recouvrant sa poitrine — c'était plus sûr. Elle rencontra les yeux bouffis de Jack O'Neill.

« Bonjour, mon Général. »

Il battit des paupières et se frotta les yeux. Puis sourit, ses yeux bruns la parcourant de haut en bas avant de s'arrêter sur les siens.

« Je croyais t'avoir dit de ne pas m'appeler comme ça, Sam. »

Il se souleva sur un coude pour la regarder correctement, et elle rétorqua sur un ton amusé :

« Les vieilles habitudes ont la vie dure. »

« Est-ce que c'est pour ça que tu es réveillée depuis cinq heures du matin, alors que je nous ai donné deux semaines de congés ? »

Elle se redressa, s'appuya contre la tête de lit et chercha sa montre. Montre qu'elle avait réussi, on ne sait quand ni comment, à poser sur sa table de chevet pendant la nuit…

La nuit qui s'achevait avait été… magnifique. Nerveuse. Lente. Et simple. Ils pouvaient encore faire mieux, mais aucun d'eux n'avait espéré que ce soit parfait dès la première fois. Et ça s'était passé avec Jack. Enfin.

« Sam ? » interrogea-t-il, après avoir constaté son silence pendant quelques instants. « Dois-je t'ordonner de te recoucher ? »

Bref échange de sourires.

« Tu as l'air encore un peu fatiguée. »

« Non. Désolée. Je pensais à la nuit écoulée. »

Ils échangèrent un regard amusé et heureux.

« Et en fin de compte, c'est une bonne chose que nous soyons réveillés. Je dois rentrer chez moi et me préparer pour cette partie de pêche ! »

« A cinq heures du matin ? Je n'aurais jamais pensé te classer dans ces filles qui ont besoin de quatre heures pour faire les bagages d'un week-end, Sam. »

C'était vrai elle n'était pas ce genre de fille. Pete avait supposé qu'elle l'était, ou qu'elle pouvait l'être, mais ce n'était pas dans son caractère.

« Mark loge à la maison quelques jours. »

Sa voix trembla presque imperceptiblement, et Jack, de sa main libre, caressa son bras pour la réconforter. Elle avait presque oublié ce qui avait pu la décider à venir jusque là au début. Presque.

« Alors tu veux rentrer en douce avant qu'il s'aperçoive que tu as découché ? »

« Quelque chose comme ça, oui, mon Général. »

Il leva un sourcil.

« Jack, » se reprit-elle, « est-ce que tu pourrais m'aider à mettre la main sur mes vêtements ? »

Il se pencha pour embrasser son bras à l'endroit où il avait posé sa main, puis traça une ligne de baisers jusqu'à son épaule et son cou avant de se glisser hors du lit. Elle s'autorisa à poser longuement ses yeux sur lui alors qu'il enfilait déjà un T-shirt propre et un sweat de l'Air Force, et repoussa à contrecœur les draps.

Et pendant qu'elle ramassait son soutien-gorge et sa culotte, regrettant de n'avoir pas pensé à troquer ses habituels sous-vêtements en coton noir contre quelque chose de plus sexy avant de partir de chez elle la veille au soir, Jack déambula hors de la chambre.

Un instant plus tard, elle perçut le ronronnement d'une machine à café puis d'autres sons mêlés alors qu'elle l'entendait aller d'une pièce à l'autre.

Elle avait localisé son jean et était en train de l'enfiler lorsqu'il revint, lui tendant d'une main son chemisier, qu'il lui lança, et de l'autre sa veste.

« J'ai trouvé ça derrière le canapé. » dit-il en agitant celle-ci. Les coins de sa bouche se plissèrent, et Sam sourit en retour, simplement amusée de sa réaction.

« Je suppose que je n'aurais pas dû la jeter n'importe comment. Mais j'étais déconcentrée. »

Elle enfila son chemisier sous son regard passionné.

« Pas d'excuse, Carter. Vous devez prendre soin d'une jolie veste comme ça. »

Il la lui rendit pour qu'elle puisse la passer et embrassa sa nuque.

« C'est ma préférée, tu sais. » murmura-t-il. Il se redressa légèrement alors qu'elle se retournait en souriant. « Ma deuxième préférée, en fait. Après ce mignon petit débardeur. »