Bonjours !
Voilà le deuxième chapitre ;3
« J'arrivais au club vers midi. J'avais un peu de temps libre. Peut-être qu'il y aurait quelqu'un à ce moment-là… Cela faisait une semaine que je n'y avais pas mis les pieds. Lorsque j'ouvris la porte, Madarame lisais un fanzine tout en piochant dans un paquet de chips. Sasahara, lui, montait une figurine. Tanaka l'avait sûrement initié à la tâche à force de lui montrer ses chefs-d'œuvre. C'est là que je remarquais qu'il régnait dans la pièce un silence de plomb…
Tient, salut Ogiue ! déclara Sasahara.
Tu viens encore pour dessiner tes fanzines homos ?
Ouais ça te pose un problème …
Madarame avait le don de m'énerver, c'était comme ça. Je m'installai alors sur une chaise le plus loin possible d'eux et sortis mes affaires. L'envie irrésistible de les esquisser tous les deux était intense… Il fallait que je fasse un petit croquis, juste pour apaiser mes pulsions ! De toute façon ils ne le verront jamais… huhu, Madarame en uke et Sasahara en seme ! Avec un air de triomphe, je commençais discrètement à dessiner. Dans ce genre de situation, rien ne pouvait troubler ma concentration. Lorsque je dessinais des personnes réelles, j'avais toujours envie que mes dessins représentent la réalité… Mais c'était sûrement impossible…
Pendant ce temps Madarame observait Ogiue. Il savait qu'elle aimait par-dessus tout le yaoi. Il se demandait alors qui elle pouvait bien dessiner… L'image de Sasahara apparue alors, en seme au rictus sadique. Il ouvrit et ferma les yeux plusieurs fois avant de se reprendre. S'il pensait à ce genre de choses, il ne pourrait s'empêcher de le montrer contre son grès. Un léger chuchotement interrompit ses fantasmes.
He Madarame, tu sais ce qu'elle dessine ? J'ai bien envie de voir !
Demande-lui ! Répondant celui-ci encore troublé.
Elle ne voudra jamais…
Attends laisse-moi faire ! Finit-il par chuchoter à Son ami. Ogiue, tu dessines pour le Comic Market ?
Non, pourquoi ?
Alors on peut jeter un coup d'œil ? comme on sait tous que tu dessines vraiment bien …
Non !
Toujours aussi catégorique, céda Sasahara.
Ce n'est pas pour le concours mais c'est le même genre de dessin, je me doute que ça vous intéresse… répondis-je par défense.
Salut à tous ! Déclara Saki en déboulant dans le local.
Elle s'empara d'Ogiue et l'entraina à l'extérieur, sans que celle-ci n'eut le temps de protester. Par l'élan qu'avait provoqué son envol, un de ses dessins s'échappa et se posa délicatement à terre. Les pupilles de la petite s'écarquillèrent abusivement, accompagné d'un air totalement incompréhensible qui en disait long. On entendit la porte claquer, et la voix d'Ogiue résonner à travers les murs de l'enceinte. Les deux hommes se regardèrent d'un air amusé. Cette situation ne sortait pas de l'ordinaire, c'était tout simplement Saki, cette énergumène qui à elle-seule arrivait à bouleverser leur monde d'otaku. La voie était libre. On ne savait pas en quel honneur, mais les secrets d'Ogiue étaient alors sous leurs yeux avides, sans défense. D'un mouvement leste, Sasahara récupéra la feuille. Il sentit tout à coup son corps se paralyser, et une sensation terrible de chaleur l'envahir. Que venait-il de voir… Comme si le destin se jouait de lui sans cesse.
Alors, tu confirmes son talent ? s'exclama Madarame intrigué.
Le concerné fit volte-face, déchira le morceau de papier et s'assit. Madarame n'ouvra plus une seule fois la bouche, les ondes froides et sanglantes que renvoyait Sasahara autour de lui le frigorifiaient. Les minutes passaient et il n'osait toujours pas émettre le moindre son. Pourtant l'envie le tourmentait… Et si ce dessin allait changer la donne… S'il se révélait être une sorte de message. Pour la troisième fois la porte s'ébranla. Ogiue était de retour. Un air sarcastique rayonnait sur ses pommettes. Elle jeta un regard furtif à terre. Ne voyant pas le dessin elle le chercha attentivement jusqu'à le découvrir déchiqueté dans la poubelle. Cela suffit à lui donner un air diaboliquement heureux. Tout cela n'était tout de même pas… une mise en scène ?
Je ne m'y attendais pas du tout, il fallait tout de même le dire. Si Saki ne m'avait pas enlevée de la sorte, il est clair que je n'aurais jamais accepté sa proposition. Mais maintenant, je me rends compte qu'elle avait tout à fait raison. Sasahara faisait semblant de se concentrer sur son modèle pour ne pas paraitre perturbé. Et Madarame, lui était complètement perdu ! « Entre membres du Genshiken on ne peut rien se cacher !» m'avait lancé Saki. Je croyais qu'à ce moment-là elle délirait complètement… Mais après expérience, ce qu'elle affirmait était irréfutablement vrai. Un nouveau couple allait naître, et il fallait un peu les aider. Je remballais mes affaires et sorti du local.
Alors alors ! s'empressa de murmurer Saki en s'agrippant à moi.
Sasahara a vu le dessin… Il était tellement gêné qu'il l'a déchiré et foutu à la poubelle !
Ma petite Ogi, le premier pas est fait ! Après la révélation, le nœud de l'intrigue !
Kuhuhu ! ricanèrent-elles en s'éclipsant.
Les deux vipères parties, Sasahara s'apprêtait à sortir son tour. Avant de quitter définitivement la salle, il s'adressa à son ami.
Madarame… je… si tu veux regarder le dessin, je m'en fiche… Alors fait ce que tu veux.
… ok mais attends ! s'écria L'otaku à lunette dans un dernier élan.
Mais Sasahara était partis. Il aurait aimé qu'il lui dise lui-même ce que ce vulgaire morceau de feuille pouvait bien représenter … Il s'approcha tout de même de la poubelle, le cœur en alerte. Au fond de lui, il avait bien une idée de ce que pouvait représenter l'esquisse… C'était assez clair. Il reconstitua patiemment l'image, et ses attentes étaient largement surpassées. L'expression qu'il affichait sur le croquis, le fit transpirer. Une bouffée de chaleur remonta brusquement de ses entrailles. La main sur la bouche, il pensait secrètement que cette fiction devait avoir pour mérite d'exister… Mais il était trop tard pour rattraper l'évadé. Ogiue avait vraiment un don… Et Saki avait tout compris… Au final ça ne le gênait pas plus que ça, les choses évoluaient à grand pas.
Le local était vide. Un visage se dessinait de l'autre côté de la vitre, dans l'immeuble d'en face. Il avait tout vu. »
Tsuzuku...
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