CHAPITRE 1 : la prophétie

Dans une salle sombre, recouverte de tentures et décorée d'objets hétéroclites, une voix venue comme d'outre tombe résonna. Celle-ci fit sursauter les personnages des tableaux présents. L'un d'eux fila à travers tout Poudlard jusqu'au bureau du directeur pour l'informer du phénomène étrange qui se produisait dans l'une des tours.

- - Monsieur le directeur, c'est le moment que vous attendiez.

Derrière ses lunettes en demi-lune, le légendaire Dumbledore soupira. Il roula le parchemin qu'il était en train de rédiger et dit :

- - Je le sais mon ami, je redoutais que cela ne se produise jamais.

- - Que comptez-vous faire ?

- - Laisser les choses se produire d'elles-mêmes et qui sait, nous pourrions avoir des surprises. Quand penses-tu mon cher Fumsek ?

Le phénix regarda le directeur avec intelligence puis disparut, en cendre.

- - Je suis tout à fait d'accord avec toi, une nouvelle ère va bientôt commencer.

Le professeur McGonagall surgit, haletante, dans le bureau directoral. La très stricte directrice adjointe avait une allure toute particulière cet après-midi là. Des mèches s'échappaient de son chignon serré, son chapeau penchait sur le côté, son ourlet de robe de sorcière dans une main et sa baguette dans l'autre. Elle semblait déroutée, un éclair de peur passa dans son regard.

- - Quelle tenue Minerva ! s'exclama Dumbledore.

- - Ma tenue importe peu Albus. Ce qui se passe est grave ! répondit McGonagall. Pourquoi ne m'avez-vous rien dit de ce qui allait se passer ?

- - J'attendais que cela se produise ma chère. Venez, nous allons entendre quelle nouvelle prophétie le professeur Trewlaney fera l'honneur de nous offrir.

En se dirigeant vers la tour de divination, on pouvait voir les visages anxieux et apeurés des tableaux. Le professeur Dumbledore, suivi de près par McGonagall, courrait plus qu'il ne marchait dans les couloirs vides et sans fin de Poudlard. On pouvait déjà entendre au bas de la tour, une voix rauque et semblant lointaine.

Ils trouvèrent le professeur Trewlaney, assise au sol, dos au mur, les yeux dans le vague. Ils n'osèrent pas s'approcher d'elle de peur de l'interrompre. De l'entrée de la salle de cours, ils observèrent les mouvements anarchiques de la divinatrice et écoutèrent ses propos incohérents quand soudain, tout devint clair.

« Fruit de l'union de deux mondes, l'Unique sera indispensable pour le survivant dans la chute du seigneur des ténèbres.

Ses parents, jeunes combattants pour la liberté, lui donneront naissance dans le plus grand secret. Il sera porté par la personne qui a le plus d'importance pour lui et qui saura le protéger du mal.

Une nouvelle mère pleine d'amour. »

Le regard du professeur redevint lucide. Elle tourna la tête en direction de la porte d'entrée et eut un sursaut de surprise face aux regards des arrivants.

- - Que s'est-il passé ? Cela s'est reproduit Albus ? dit-elle d'une voix mal assurée.

- - Oui Sibylle, une nouvelle prophétie vient de naitre de votre bouche, confirme Dumbledore. Je vais mettre de ce pas ce souvenir en lieu sûr pour que son destinataire soit le seul à l'entendre. Entre de mauvaises mains, elle pourrait être mal interprétée.

- - Merci professeur, je ne supporterai pas d'être à l'origine d'un nouveau meurtre.

Le professeur McGonagall s'approcha d'elle afin de l'aider à se remettre debout. On pouvait voir que la transe avait semé un trouble chez les personnes présentes dans la pièce. Celle-ci reflétait bien l'état d'esprit de chacun : en désordre, des objets brisés sur le sol...

Dumbledore partit vers son bureau afin de mettre ce souvenir dans un lieu protégé, une boule en verre s'ouvrant qu'à l'intention d'une seule personne. En chemin, il rassura les tableaux et leur fit promettre à chacun de ne jamais parler de ce qu'il venait de se produire. Cela devait rester un secret absolu.

A la suite de son départ, à l'aide d'un sortilège de son cru, McGonagall essaya tant bien que mal de mettre un peu d'ordre dans la salle de cours. Ce lieu semblait refuser de se plier à sa volonté comme si le désordre y vivait en maître. Une aura magique se fit sentir soudain dans la pièce. Minerva se retourna et vit avec stupeur que Sibylle Trewlaney repartait en transe. Ses yeux se révulsèrent, sa tête partit en arrière, elle s'effondra au sol. Prise de convulsions, elle émettait des sons étranges. Elle se redressa soudain faisant sursauter sa collègue et recommença à parler de sa voix si étrange :

« Celui qui « a été trop lâche pour revenir », doit périr de la main du Lord Noir,

Car il porte en lui les germes de Sa destruction.

Les Héritiers auront leur mot à dire car même le mal peut engendrer une arme à double tranchant,

Les Robes Noires, entreront dans cette étrange danse bien avant la fin.

Le destin a parlé. »

Le calme retomba dans la pièce. Un silence pesant suivit. Le professeur Trewlaney se redressa seule, et commença à ranger la pièce comme si rien ne s'était passé. Se baissant vers un livre, elle tourna la tête vers sa collègue comme si elle la voyait pour la première fois de la matinée.

- - Désirez-vous quelque chose Minerva ?

- - Non, absolument pas. Je venais voir si vous alliez bien.

- - Comme vous pouvez le constater, je suis en train de ranger mon bureau. La divination n'aime pas le désordre, affirme-t-elle.

- - Je vais vous laisser alors, à plus tard Sibylle, dit McGonagall en se rappelant l'état du bureau de sa collègue tout au long de l'année scolaire. Rangé n'est pas le mot le plus approprié pour le qualifier.

Elle rejoignit aussi vite que possible le bureau du directeur pour lui faire part de la suite de la prophétie. Elle se disait en chemin que ces événements n'étaient plus vraiment de son âge.

Deux morceaux de la prophétie furent entendus ce jour-là et restèrent dans la mémoire de ceux présents. Deux sphères en verre porteuses de la sauvegarde du monde magique mais qui ne devaient absolument pas rester au même endroit. L'une fut déposée près de la pensive du directeur et l'autre fut envoyé par un hiboux grand duc pour Gringotts, dans un de ses coffre personnels.

Le porteur du précieux colis décolla en direction de la banque la mieux protégée au monde et disparut de la vue de Dumbledore.

Quand il passa au dessus de Pré-au-lard, il ne sentit pas l'ombre inquiétante qui était en train de voler au dessus de lui et qui l'attaqua lorsqu'il eut atteint Londres. Le colis tomba...