Au moment où Barjow fut amener hors de la salle de réception, il croisa un personnage aussi sombre que le Seigneur des ténèbres qui ne daigna même pas le regarder. Severus Rogue. Sa cape noire voletait à chacun de ses pas. Son visage ne laissait transparaitre aucune émotion. Il en semblait d'ailleurs totalement dépourvu.
Il s'avança dans la pièce faisant fi de ce qui l'entourait puis stoppa son avancée au pied des marches menant au trône du maitre. Il se prosterna puis leva les yeux dans Sa direction.
- - Maitre, je me permets de venir devant vous pour vous avertir qu'une nouvelle prophétie vient de voir le jour. Dumbledore ne me l'a annoncé pas plus tard que ce soir. Je suis venu vers vous dès que je l'ai su.
- - Malheureusement pour toi, mon cher Severus, tu es en retard, siffla Voldemort. Il ouvrit sa paume pour montrer la sphère.
- - Maitre... commença Severus mais fut arrêté dans son élan par un Doloris.
Il resta debout, endurant la punition sans montrer le moindre signe de faiblesse. Cela mit Voldemort plus en rage et il intensifia le sort jusqu'à ce que Severus mette un genou à terre.
- - Comment toi, mon plus fidèle mangemort peut-il s'être fait devancer par une pauvre créature ? déclara-t-il. Un voleur sans-le-sou de l'Allées des Embrumes...
Il prit plaisir à voir Severus souffrir. Il ne fut pas le seul. Lucius Malefoy ne loupait pas le spectacle offert par son maitre. Il en tira une grande satisfaction car il jalousait depuis toujours la place de Severus auprès du Seigneur des ténèbres.
Quand Voldemort se lassa de la situation, il regarda la forme devant lui et lui ordonna de se relever. Severus obéit non sans mal. Il ne laisserait pas un son sortir de sa bouche, rien qui pourrait montrer une faille. Cela reviendrait à signer son arrêt de mort. Au vu du nombre de vautours prêts à tout pour lui voler sa place.
- - Cette sphère ne s'ouvre pas et ne s'ouvrira pour personne, ça je vais m'en assurer. Je vais te confier cette prophétie, Severus, tu la mettras dans un lieu que tu seras le seul à connaître. Je sais que tu es le mieux placé pour la protéger. Ne me déçoit pas..., dit Voldemort de façon doucereuse.
- - Bien, mon Seigneur, dit Severus.
Il monta les quelques marches qui le séparaient de l'objet désiré et tendit la main pour le récupérer. Ce qui se passa ensuite plongea la salle dans le silence et une lumière blanche transperça les ténèbres. Dès que Severus l'effleura, la sphère se mit à étinceler. Il releva brusquement la tête pour voir la réaction du Maitre et il croisa un regard haineux.
Un silence de mort régnait à présent dans la salle de réception. Tous avaient les yeux rivés vers la boule en verre attendant de savoir ce qui allait arriver. Tous fixés avec appréhension le creux de la paume de Severus.
La sphère sembla comme frémir puis l'ornement doré qui l'entourait, commença à se mouvoir. Un fin serpent d'or apparut et se mit à onduler à sa surface. Il glissa ensuite doucement en direction de l'annuaire droit de Severus pour s'y enrouler. Il semblait avoir toujours été destiné à cette place. Son tracé apporta une sensation de réconfort sur la peau du maître de potions. C'est à ce moment-là que la boule s'ouvrit telle une fleur de lotus. La lumière, d'une rare pureté, illumina le visage sombre de Severus.
Une voix douce et féminine s'éleva dans le silence pour annoncer la nouvelle prophétie :
« Celui qui « a été trop lâche pour revenir », doit périr de la main du Lord Noir,
Car il porte en lui les germes de Sa destruction.
Les Héritiers auront leur mot à dire car même le mal peut engendrer une arme à double tranchant,
Les Robes Noires, entreront dans cette étrange danse bien avant la fin.
Le destin a parlé. »
La voix s'atténua et la lumière disparut lentement, laissant les ténèbres reprendre ce qu'il leur était de droits. Dans l'immense salle de réception, le feu crépitant était la seule chose que l'on pouvait entendre. Toutes les personnes présentes retenaient leur respiration attendant la suite.
Le Seigneur des ténèbres se leva soudain de son trône, faisant sursauter la populace à ses pieds. Tout son être, tendu, exprimait une rage sans nom. Ses yeux virèrent au rouge sang, sa main se crispa sur sa baguette, ses jointures devinrent blanches. Personne n'osait bouger. Sa réaction ne se fit pas attendre et ses mots claquèrent dans le silence.
- - Sortez ! Sortez tous ! ordonna-t-il. On pouvait ressentir sa fureur au son de sa voix. Il essayait de ne pas laisser exploser sa rage devant ses fidèles et de rester maître de lui. Que reste mon 1er cercle, le reste disparaissait de ma vue !
Les Fidèles furent poussés sans ménagement vers la sortie par la haie d'honneur. Seuls deux d'entre eux furent autorisés à rester. Beaucoup protestèrent contre le manque de respect dû à leur rang et le fait que certains puissent rester auprès de leur seigneur. Ils furent rapidement réduits au silence par la colère de leur maître qui fit jaillir des immenses flammes de la cheminée. Ils sortirent avec davantage d'entrain pour ne pas subir plus que nécessaire les foudres sans limites de Voldemort. Quand la pièce se fut enfin vidée du dernier misérable profiteur, le gardien de la pièce s'inclina vers son seigneur puis d'un geste de la main fit se refermer lentement la porte en chêne.
Severus était resté stoïque devant les éclats de rage de Voldemort. Il ne doutait pas que la conversation était loin d'être finie et qu'il allait devoir répondre de ses actes dans un futur proche.
Vous-savez-qui descendit les marches pour se diriger vers la cheminée. Bellatrix le suivit de près, en sautillant alors que les autres serviteurs y allèrent plus lentement. Il fixa les flammes et la lueur qui en émanaient tranchée avec la pâleur de sa peau. Un tel être ferait refroidir n'importe quelle source de chaleur à proximité. Tous attendaient les prochaines paroles de leur maître mais son comportement en surpris plus d'un.
Il tourna la tête vers la droite, vers des gémissements étouffés provenant d'une masse informe au sol, attachée avec une chaîne en acier au mur. Il s'agissait d'une jeune femme qui avait du être belle dans le passé et pleine de vie mais qui maintenant, n'était plus que l'ombre d'elle-même. Voldemort s'approcha d'elle et mit un genou à terre pour être à sa hauteur. Il prit son visage dans sa main. Les mangemorts autour de lui eurent un sursaut de dégoût. Bellatrix tenta d'éloigner son maître de cette moldue touchée par son Seigneur mais fut stopper par le regard glacé de ce dernier. En ce moment-même, sa rage, sa haine et son dégoût envers cette moldue n'avait d'égal que sa folie meurtrière.
Voldemort regarda le visage dévasté avec minutie. Il pouvait voir chaque blessure, chaque plaie présentes sur la malheureuse et la peur que le lieu lui inspirait. Il se délecta de sa réaction et lui sourit, enfin un côté de commissure de lèvre se souleva. La jeune femme semblait comme hypnotiser et son visage se détendit. Il savoura la modification de ces émotions. Les mangemorts avaient le regard emplit d'incrédulité face à la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Sans qu'ils ne sachent pourquoi, la jeune femme se mit à hurler à l'agonie.
Le Seigneur des ténèbres lui montrait par la pensée toutes les horreurs qu'ils comptaient faire à son espèce. Elle hurlait de peur et de désespoir, se débattant pour s'éloigner le plus possible de cet être abominable. Elle se recroquevilla finalement au sol, essayant de ne plus entendre les cris de mort et de ne plus voir les images dans sa tête. Mains sur les oreilles, elle se contorsionnait sur le sol. Finalement, il se redressa et la regarda comme si elle n'était qu'un animal, rien de plus. Naguini, qui avait suivi son maître, se rapprocha de la jeune femme, attendant un signe qui ferait d'elle son prochain repas. Ce dernier ne vint pas et il dut se satisfaire d'un rat passant par là.
- - Vous tous, débarrassez-moi de tous ces... ces..., et fit un geste dédaigneux de la main puis alla se rasseoir à son trône. Sauf celle-ci et deux autres que vous garderez pour plus tard.
En s'en allant, sa cape de sorcier recouvrit la moldue, comme l'image vivante de la mort qui allait s'abattre sur elle.
- - Attendez ! ordonna-t-il quand ses serviteurs commencèrent à faire leur travail de bourreau. Ne la laissez pas par terre si loin de moi, voyons... Amenez-la plus près. Oui ! Juste au pied de mon trône, accroché à celui-ci, se sera parfait, dit-il d'un sourire carnassier.
La pauvre jeune fille pensant sa dernière heure arriver, s'était sentie soulagée et prête à accepter cette douce mort si réconfortante. Elle se remémora la vie qu'elle avait avant d'être dans ce lieu étrange et se dit qu'elle, Gwen, ne regrettait rien de ses choix passés. Tout son être se mit à trembler de manière incontrôlée quand elle comprit les paroles de cet être sans compassion. Elle tenta de se rebeller, de rester près de la cheminée mais l'Imperium qu'elle reçut, la fit avancer contre son gré vers son triste destin. Gwen sentit les larmes couler le long de ses joues, impuissante à ce qui se déroulait. Elle fut projetée au sol par Bellatrix qui en profita pour lui cogner la tête sur les marches menant au trône. Du sang se mit à perler de son front. Il traça une ligne le long de son visage pour finir sa course sur le sol. Marques rouges sur les marches blanches. Gwen avait la tête bourdonnante. Quand elle releva les yeux, elle vit l'ombre de Voldemort au dessus d'elle. Les serviteurs s'avançaient déjà vers les moldus pour obéir à l'ordre de leur maître.
Des lumières jaillissant de bâtons, touchaient les autres personnes comme elle dans la salle. Les cris, les gémissements, les pleurs faisaient une mélodie qui semblait satisfaire l'homme à côté d'elle. Certains furent rapidement tués par un éclair vert, d'autres torturés par un rouge ou frappés à mort. C'était un spectacle horrible et Gwen ne pouvait détourner le regard du massacre devant elle. Bellatrix se faisait un malin plaisir de lui maintenir la tête pour qu'elle profite au maximum du spectacle.
- - Profites ma jolie, se sera bientôt ton tour, dit-elle en lui murmurant à l'oreille. Elle passa sa langue sur la joue de Gwen pour goûter l'odeur de son maître encore présente sur la peau de la jeune fille. Elle s'en délecta.
McNair s'avança vers une autre jeune fille dont la chevelure autrefois blonde était encrassée par tous les mauvais traitements qu'elle avait subis. Un sourire carnassier était inscrit sur son visage de bourreau. Il lui enleva ses lourdes chaines. Se sentant libre, elle essaya de s'enfuir mais le goût de la liberté fut de courte durée. McNair la saisit par les cheveux et la traina à même le sol, sans autre forme de procès, vers la sortie. On pouvait entendre ses cris de pure terreur diminués au loin. Personne ne souhaitait savoir ce qu'il allait suivre.
Vous-savez-qui se délectait du spectacle offert. Tout d'un coup, il sembla réfléchir et rien ne put détourner son attention. Severus, quant à lui, était resté en retrait de cette sordide situation. Il semblait détaché de ce qui l'entourait mais au fond de lui, il bouillonnait. Heureusement pour sa survie, c'était un grand maître occlumens.
Tout à coup, le silence se fit dans la salle. Toutes les chaînes étaient attachées dans le vide. La délivrance était enfin arrivée pour tous ces êtres torturés. Gwen aurait tant aimé partir avec eux et non rester enchainée prés de ce monstre.
Les mangemorts se replacèrent en cercle devant les marches, face à leur maître. Ils attendaient qu'il se rende compte de leur présence. Cela sembla durer une éternité quand leur seigneur leur adressa de nouveau la parole.
- - Avancez, ordonna Voldemort aux deux silhouettes restées au fond de la pièce.
Elles étaient restées stoïques face aux tortures et meurtres commis devant leurs yeux. Les autres mangemorts se retournèrent pour les voir s'avancer vers le maître. Il s'agissait de deux jeunes hommes dans la vingtaine au physique totalement opposé.
Le premier avait un visage angélique, parfait. Ses cheveux noirs étaient coupés courts et gominés, bien différents de ceux graisseux de Severus. Ses yeux noirs comme la nuit fixaient sans peur le Seigneur des ténèbres. On pouvait y lire une force de caractère et une maitrise parfaite de soi. De petite de taille, il emplissait pourtant la pièce d'une attitude orgueilleuse et sûre de lui. Ses lèvres semblaient appeler à la luxure, pleines et à l'aspect de velours. Il portait une robe de sorcier aussi sombre que lui, simple et adaptée aux duels.
Quand au second, il était bien bâti, avec une silhouette musclée. Il portait avec élégance une cape couleur émeraude qui faisait ressortir ses cheveux auburn, ondulant légèrement, attachés en catogan. Son port de tête était altier et de tout son être transparaissait une force brute. En s'avançant vers Vous-savez-qui, on pouvait voir sous sa cape, un kilt porté avec fierté. Comme son voisin, aucune émotion n'était visible sur son visage. Juste une volonté de réussir, de plaire au maître.
Il cessèrent leur progression devant le cercle de mangemorts et mirent un genou à terre afin de saluer le Maître. Ils gardèrent la tête baissée jusqu'à ce que Tu-sais-qui s'adresse à eux.
- - Relevez-vous voyons, dit Voldemort. Voici donc deux nouveaux visages.
Sa voix pouvait paraître agréable au premier abord mais son rictus montrait au contraire qu'il tolérait tant bien que mal la situation. Personne ne rentrait sous ses ordres sans être accepté et surtout pas sans se présenter au préalable. Ils avaient franchi la porte de son sanctuaire sans le moindre problème ce qui laissait entendre un sérieux manque de sécurité de la part de ses serviteurs. Il allait devoir remédier à ça. Severus s'avança alors pour se mettre devant les nouveaux. Ces derniers prirent position, derrière lui comme si cela était légitime. Vous-savez-qui eut un haussement de paupière, à défaut des sourcils, devant ce comportement.
- - Maître, je vous présente Sean O'Bryan et Gwendall Hawking. Devant vous, je me porte garant d'eux. Ce sont d'anciens élèves de Dumstrang. J'ai pu voir leurs capacités évoluées au fil des années et j'ai pris la décision de les former pour qu'ils soient des sorciers dignes de vous servir. Tout cela pour qu'à votre retour, vous aillez les meilleurs dans vos rangs.
- - Je devrais te punir mon cher Severus pour cette initiative de ta part.
- Tu as toujours eu le don de me surprendre et une fois de plus en bien. Mais ne t'avise pas de recommencer, suis-je bien clair ? susurra-t-il.
- - Oui mon maître, répondit Severus en inclinant la tête.
Voldemort fixa les deux jeunes sorciers devant lui, dans les yeux. On pouvait croire qu'il cherchait à lire leur âme mais c'était seulement leur esprit qu'il tentait de sonder. Il fut d'abord satisfait de ce qu'il y lisait puis surpris. En effet, il put voir des brides de souvenirs d'entrainements, de duels dans l'esprit des jeunes ainsi que leur volonté d'intégrer ses rangs mais se retrouva rapidement face à un mur. Il essaya de le briser avec la même facilité que d'habitude mais fut pris au dépourvu face à la robustesse de ce dernier. Il força leurs résistances mais un second mur apparu, puis un autre.
- - Tu as bien fait ton travail, Severus. Mes autres mangemorts sont faibles d'esprit et de conviction face à ces deux-là. Mais jusqu'où ira votre loyauté ? demanda-t-il à Sean et Gwendall.
Son regard machiavélique s'illumina pendant une seconde.
- - Voyez-vous ces deux moldus encore accrochés contre le mur ?
- - Oui maître, répondirent ensembles les deux jeunes.
- - Bien... Tuez-les pour moi et je verrai ensuite ce que je ferai de vous.
Les mangemorts regardèrent Sean et Gwendall s'avançaient vers leurs prochaines victimes. Le mépris faussait déjà le jugement de certains à l'encontre des nouvelles recrues. La remarque de Voldemort sur leur faiblesse d'esprit n'était pas bien acceptée mais ils ne le montreraient jamais de crainte d'être les suivants à mourir.
Sean et Gwendall marchèrent jusque devant les masses qui avaient été autrefois des hommes. Ils levèrent leurs baguettes. On aurait pu croire qu'ils agissaient tel des robots vu leur synchronisation. Aucune émotion ne semblait transparaitre de leurs deux visages.
L'un des deux moldus encore vivants regarda avec courage Gwendall dans les yeux. Il le défiait littéralement du regard et ne céda rien. Il ne fléchirait pas devant cet homme sombre. L'autre moldu, en revanche, se mit à geindre et à essayer de mettre le plus de distance entre lui et son bourreau. Il se traina au sol jusqu'à être bloqué par le mur. Ensuite, il se recroquevilla sur lui-même et attendit en pleurant. Sean n'avait pas une once de pitié dans le regard.
Pas un son ne sortit des bouches des jeunes sorciers mais un éclair vert toucha les deux personnes devant eux qui s'effondrèrent sur elles-mêmes. Gwendall se détourna le premier et retourna se poster devant le maître. La froideur émanait de chaque pore de son être. Cet ordre ne l'avait en rien affecté. Sean, lui, cacha son dégoût derrière son air hautain et suivit Gwendall quelques secondes plus tard. Ils furent autoriser à reprendre leur place derrière Severus par un geste vague de la main de Voldemort.
Gwen n'avait pas bougé d'un cheveu devant la scène de meurtre qui s'était produite. Elle savait que si elle avait haussé un sourcil ou inspiré trop fort, sa tortionnaire aurait trouvé ça comme un prétexte pour la torturer de nouveau. Elle sentait Bellatrix surexcitée à côté d'elle, trépignant de ne pas avoir pu les achever elle-même. Le sang ne coulait plus de sa plaie au front, commençant à sécher. L'odeur métallique lui monta au nez et un spasme de dégoût l'a parcouru. Gwen se retint de vomir et soudain, elle se statufia. Bellatrix l'a fixé avec une attention dont elle se serait bien passée.
- - Maître, dit Bellatrix, ne pourraient-ils pas également en finir avec cette chose qui est accrochée à votre trône ? Ils montreraient une fois de plus leur envie d'appartenir à vos rangs.
- - Serais-tu jalouse Bellatrix ? demanda Voldemort avec un sourire narquois.
- - Moi ! De cette... cet animal ?! s'exclama-t-elle outrée. Elle ne mérite pas l'insigne honneur d'être aussi proche de vous.
- - Comment oses-tu élever la voix devant ton seigneur et agir ainsi ! hurla-t-il.
Bellatrix perdit de sa superbe et baissa la tête, résignée. Mais sa main sur sa baguette au fond de sa poche, se crispa de rage. Elle regarda Gwen, assise sur les marches, avec une envie de meurtre. La jeune fille essaya tant bien que mal de masquer le sourire qui venait à ses lèvres. Voir cette horrible femme remise à sa place, lui donna un peu de confiance. Elle en joua en la fixant comme cette dernière l'avait fait plus tôt mais elle tressaillit quand Voldemort repris la parole.
- - En effet, elle ne vaut guère plus mais elle me servira de jouet tant qu'il me plaira. Tu n'as pas ton mot à dire il me semble ?!
- - Oui mon Maître...
- - Revenons à nos jeunes gens venus me servir.
Voldemort était satisfait d'eux mais ce n'était pas encore assez pour qu'ils puissent être porteurs de sa marque. Ils devaient faire leurs preuves et pour cela, il avait une idée.
- - La prophétie est claire et je ne peux m'y résoudre. Je n'ai pas fait tout cela pour me voir disparaître à cause d'un enfant et de Potter, dit-il avec hargne. C'est pourquoi vous allez parcourir tout le pays et me retrouver tous les mangemorts ainsi que leurs progénitures qui n'ont pas répondu à l'appel de mon retour. Tous seront considérés comme des traîtres. Ils paraitront devant moi pour être punis ou s'ils se rebellent, tuez-les. Vous allez aller aussi libérer tous mes fidèles encore détenus à Azkaban et me les ramener. Certains, s'ils ont encore toute leur tête, pourraient avoir des informations utiles à me fournir. Quant à vous, mon premier cercle, je veux que vous m'ameniez vos héritiers pour qu'ils soient également interrogés. Celui qui refusera, sera exécuté sur le champ.
Voldemort balaya ses mangemorts du regard pour voir si tous avaient saisi ses propos. Ils étaient restés silencieux pendant l'explication de leur Seigneur mais beaucoup étaient en train de réfléchir à ce que cela allait impliquer pour eux et leur famille.
Lucius Malefoy regarda sa femme qui était restée en retrait derrière lui. Il eut honte de ce qu'il lut sur son visage, de la faiblesse et de la peur. Il réglerait ça plus tard, mais pour l'instant, il devait faire honneur à son nom en montrant que son fils était un fidèle serviteur et non un traître. S'il s'avérait qu'il en était un, il le tuerait de ses propres mains.
Severus était resté à part du cercle avec ses deux apprentis. Son cerveau fonctionnait à toute vitesse pour analyser la meilleure façon d'avoir un rôle clé dans ce qui allait devenir des purges. Sean et Gwendall pouvaient sentir grâce à leur pouvoir de légimens que leur mentor était à la recherche d'un plan. Ils fixaient le dos raide en attendant un signe de sa part.
Naguini sembla se réveiller, indifférent aux évènements précédents, et se mit à glisser lentement les marches. Il frôla Gwen qui frissonna et ondula à travers les mangemorts présents. La crainte retenait ces derniers de bouger. Il arriva aux pieds de Sean et se mit à lui tourner autour comme s'il avait trouvé son prochain repas. Il se redressa afin de pouvoir poser sa tête au creux de la main de Sean comme s'il voulait être caressé. Sean retourna la main et la créature mit son museau en son sein. Ils se fixèrent, un échange invisible se produisit puis le serpent repartit au pied de son maitre comme si de rien n'était. Sean reprit sa posture raide et attendit.
- - Naguini a l'air de t'apprécier, constate le Seigneur des ténèbres, mais il m'en faudra plus pour que ce soit mon cas. Puis il reporta son attention sur ses autres mangemorts. Severus, tu seras mes yeux et mes oreilles lors des arrestations. Je ne veux rien laisser au hasard. Bellatrix, tu ne tueras pas tous les suspects cette fois, je veux pouvoir les interroger. Quand à vous autres, suivez le plan à la lettre, celui qui désobéira, subira mes foudres.
- - Oui maître, dirent les sombres serviteurs en s'inclinant.
- - Quand à vous deux, dit-il en s'adressant à Sean et Gwendall, vous allez suivre Severus comme son ombre. Vous participerez aux arrestations et je verrai si vous méritez votre place dans mes rangs.
Les mangemorts se dirigèrent vers la sortie de la salle pour commencer les recherches. Severus, suivi des deux jeunes, quitta la demeure en transplanant dans un tourbillon de capes. Bellatrix se rapprocha de Gwen, lui susurra qu'elle allait bientôt revenir pour en finir avec elle puis partit en sautillant telle une enfant.
Avançant d'un pas rapide vers son bureau, Lucius Malefoy devait écrire une missive pour que son fils revienne au plus vite au manoir. Il devait passer devant le maître pour prouver l'allégeance des Malefoy à sa cause. Les membres de la famille de cette demeure n'étaient en aucun cas des traîtres. Narcissa, quand à elle, préféra se reposer dans sa chambre afin de réfléchir au moyen de sauver son fils. Elle ne pouvait se permettre de le perdre lui-aussi.
La porte de referma derrière les disciples. Voldemort resta assis, avec pour seule compagnie son serpent Naguini et une pauvre moldue, sur son trône attendant la suite des événements. Ils promettaient d'être mouvementés.
