Désolée ! Sorry ! Disculpe me ! Scusi ! Entschuldigung ! Gomen ! Mea culpa ! et mon répertoire linguistique n'est pas plus étendu (déjà que j'ai dû demander de l'aide, lol) Bref, vous l'aurez compris, je suis sincèrement désolée pour ce monstrueux retard. Mais bon, comme je disais, maintenant y'a plus de promesse qu'une semaine équivaille à un chapitre, ce sera au mieux que je pourrais ;-)
NdA : On m'a fait remarquer (bis et tjs la même personne très attentive ;-) ) que pour le moment, Severus n'attaque pas vraiment les Gryffondor, alors que dans le 5ème volet, Sirius et Remus semblent dire qu'il était autant responsable qu'eux. Ce n'est pas une erreur (pour une fois !) seulement cette attitude de sa part ne commencera logiquement que l'an prochain, pour une raison bien particulière que vous découvrirez (et non, ce n'est pas à cause de la "mauvaise farce" de Sirius, qui aura bien lieu cette année là. Ce serait plutôt la conséquence en fait…)
! HELP ! Le dictionnaire Français-Latin que j'utilisais tout le temps pour ce récit (dicolatin . fr) est devenu payant (sauf pour les mots commençant par L, c'est vachement utile…) ce qui fait que je n'ai plus de site pour trouver des formules ou des noms T.T S'il vous plait, si quelqu'un connaît un bon site où on peut trouver gratuitement un dictionnaire allant dans le sens Français-Latin (et possiblement dans l'autre), est-ce que vous pourriez me passer l'adresse ? ! HELP !
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Chapitre 3 : Relations houleuses
Severus Rogue, cinquième année à Serpentard, était reconnu par tous comme un élève taciturne et pour le moins inintéressant. On l'avait souvent associé à Lucius Malefoy, qui faisait fréquemment appel à ses dons en potion, mais maintenant que le riche héritier avait quitté Poudlard, rares étaient les personnes à simplement lui accorder un regard si ce n'était pour utiliser certaines de ses connaissances. Le Serpentard, par ailleurs, se complaisait parfaitement de cette situation qui lui permettait de rester au calme la plupart du temps, à réviser ou tester certaines potions.
Cette solitude qu'il recherchait restait cependant illusoire et il devait reconnaître que s'il préférait rester seul, il y avait une personne à qui cette règle ne s'appliquait pas et qui ne se gênait pas pour en profiter autant que possible. Cela n'empêcha malgré tout pas Severus d'être profondément surpris lorsque Tara ne le lâcha pas de toute la première journée de cours si ce n'était pour se rendre en classe – et là encore trouvait-elle le moyen de le rejoindre aux intercours, dusse-t-elle avoir été dans les cachots lorsque lui se trouvait dans les tours.
- Tu n'as personne d'autre à aller voir ? demanda-t-il en haussant un sourcil alors qu'ils s'installaient à la table des Serpentard pour déjeuner.
Severus songea avec ironie qu'il avait été le premier à la refuser à cette table lors de leur première année, les choses changeaient…
- Oh si ! Mais j'irais plus tard ! Je n'ai pas pu te voir hier alors ça m'a embêté, du coup je reste avec toi tout aujourd'hui, c'est bien, non ?
- Si tu le dis, répondit simplement le Serpentard en se servant à manger et en l'écoutant continuer de parler.
- Rogue ? Qu'est-ce qu'elle fait ici ?
Le garçon se tourna vers Hash Avery, qui regardait la Gryffondor avec mépris, celle-ci se contentant de lui sourire poliment.
- Elle mange, lui indiqua-t-il laconiquement.
- Ça je le vois bien, mais elle n'a rien à faire ici !
- C'est moi qui l'y aie invité, elle restera donc ici tant que j'y serai. Si sa présence te dérange, tu n'as qu'à l'ignorer. Maintenant j'aimerai manger tranquillement avec ma cousine, si ça ne te dérange pas.
Avery voulut répliquer mais sembla soudain percuter les paroles de son condisciple et en resta sans voix. Il finit par retourner s'asseoir, l'air légèrement choqué, comme tous ceux alentours qui avaient entendu Severus.
- Tu aurais dû être moins brutal dans tes propos, tu l'as traumatisé, rigola Tara, qui affichait un immense sourire en réponse aux paroles de son désormais officiel cousin.
- Je n'ai fait ça que pour faire taire les rumeurs, déclara calmement Severus.
- Je n'en doute pas une seconde, commenta Tara avec un petit rire. Dis-moi, tu n'as que potion après manger, n'est-ce pas ? Tout comme moi ! On ira se balader dans le parc ? Parfait, ça fait toujours du bien de sortir un peu. Et nous…
Par expérience, Severus savait qu'il ne servait à rien d'essayer d'intervenir, aussi la laissa-t-elle parler en réprimant le sourire qui lui venait. Il était hors de question que quelqu'un d'autre qu'elle puisse le voir ainsi après tout. De plus, cette proposition de balade l'arrangeait, car il devait lui parler loin d'oreilles indiscrètes, et il ne doutait pas que c'était dans cette optique que Tara lui avait proposé cette sortie.
- Matthias ! Ouhou ! Comment vas-tu ?
Elle se précipita vers un seconde année de Poufsouffle qui lui adressa un sourire timide et Severus continua son chemin, sachant pertinemment que la Gryffondor serait sur ses talons dans les secondes qui suivraient. Il avait toujours trouvé cette faculté de sa cousine à connaître tous les élèves de Poudlard stupéfiante. Ce Matthias, par exemple, était un élève insignifiant, Severus devait l'avoir vaguement vu deux ou trois fois, souvent seul, une ombre que personne ne remarquait.
Tara le connaissait, cet enfant effacé invisible aux autres, elle avait en tête le nom de chaque élève de Poudlard, de son histoire, de ses passions, Tara savait tout sur tout le monde sans jamais rien partager sinon avec la personne concernée. Etrange Gryffondor qui avait agacé un nombre incalculable de fois le moindre élève de cette école, toujours là sans jamais y être, un coup de vent, un éclair qu'on n'a même pas le temps de saisir et qui pourtant nous embrase, nous transporte sur les monts de l'existence.
Personne ne se sentait insignifiant en ayant ne serait-ce qu'une fois croisé les yeux noirs de la jeune fille. Les deux perles d'encre portaient la vie et l'égocentrisme des hommes qu'elle se plaisait à préserver, à cultiver, pour montrer à chacun son existence et son appartenance au monde. Elle n'avait pas de pouvoirs pour cela, elle avait juste des yeux et s'en servait, car Tara, dynamique et légère folledingue d'un collège déjà bien particulier, voyait si bien tout le monde, sans la moindre exception, que personne n'était invisible lorsqu'elle se trouvait dans les parages. Elle n'avait pas peur de plonger son regard dans ceux des autres, même les plus intimidants, même les plus timides. La jeune fille ne détournait jamais les yeux la première, et paradoxalement, personne ne voulait détacher son regard de ceux-ci, mais c'était elle qui choisissait, qui décrétait l'arrêt de l'échange, comme un doux au revoir promesse de retrouvailles. Et même partie, sa trace restait, tout au fond de l'être, même en son absence, on se sentait enfin entier et réel.
Severus avait ressenti tout cela lui aussi, dans une mesure différente. Pour un Serpentard, il n'était pas vraiment ambitieux mais en revanche très fier de ses qualités d'autodidacte, et quand Tara était apparue dans sa vie, il avait eu le sentiment de découvrir le monde qui l'entourait. Lui qui jusqu'alors se moquait bien des autres et de ce qu'il se passait autour de lui avait ressenti que son existence était reliée à ce monde et cela l'avait fait se sentir bien plus vivant que jamais.
- Tu crois qu'Achear va parler des filtres de régénérescence cette année ? Il va peut-être plutôt apprendre la sixième… Mais ce serait intéressant de les avoir maintenant, ça permettrait…
Il regarda la jeune fille qui venait de réapparaître à ses côtés et se sentit plus léger, à l'aise. D'habitude le Serpentard trouvait ces idées ridicules, mais quand Tara était près de lui, il était prêt à croire qu'il existait en ce monde une magie qui dépassait la simple notion d'énergie et de puissance, sa cousine en était bien la preuve.
- Mais ne serait-ce pas Servilus Morve qui nous arrive là ? lança soudain une voix désagréable au possible.
- Potter… Comment as-tu fait pour descendre jusqu'ici sans te fracasser ton énorme crâne dans les escaliers ?
- Il est certain qu'avec la taille de ton cerveau, tu ne peux pas comprendre combien l'équilibre est facile à conserver, ricana Black.
Severus allait répliquer mais Tara le prit soudain dans ses bras et tourna la tête de gauche à droite en souriant largement aux deux Maraudeurs.
- Pas de ça ! Le soleil est resplendissant aujourd'hui, il ne faudrait pas gâcher une si belle journée par une dispute, n'est-ce pas ?
Black et Potter échangèrent un regard, visiblement hésitants à poursuivre leurs provocations. Lupin intervint finalement dans un soupir.
- Laissez tomber, vous êtes vraiment pathétiques.
Les deux se retournèrent en lançant un regard indigné à leur ami, oubliant de ce fait Severus. Il remarqua que Evans esquissait un regard satisfait et s'approchait d'eux comme ils protestaient contre Lupin puis reporta son attention sur Tara.
- Hors de question qu'on ne puisse pas aller se balader, déclara-t-elle avec assurance.
Il se contenta de hausser les épaules et suivit le reste de la classe dans la salle de cours comme Achear venait d'ouvrir la porte.
Le cours de potion se déroula comme à l'habitude, l'intervention de Tara dans le couloir n'empêchant pas Gryffondor et Serpentard de s'envoyer certains pics et de se faire des coups bas, mais il n'y eut aucun incident notoire et la classe se termina sans qu'aucun problème majeur n'ait lieu, ce qui tenait d'un certain exploit en considération des deux maisons en présence.
De légers nuages voilaient le soleil lorsque Severus et Tara sortirent dans le parc où se trouvaient déjà quelques élèves n'ayant tout comme eux aucun cours. Ils se dirigèrent d'un pas tranquille pour Severus et sautillant pour Tara vers le bord du lac, dans un endroit isolé où personne ne pourrait les déranger. Pour plus de sûreté, Severus établit un bouclier sonore et d'alerte autour d'eux avant de s'asseoir dans l'herbe en regardant sa cousine tourner sur elle-même en fredonnant une mélodie. Le garçon eut l'image fugace de sa mère tournant de la même manière, souriant au soleil, et il dut secouer la tête pour faire partir ce mirage.
- Les vacances ont été plutôt calmes, remarqua le garçon en reportant son regard sur le lac.
- Il y a eu de nombreuses interventions, commenta la jeune fille en cessant de danser et regardant dans la même direction avec un sourire rêveur. Ce n'était pas de tout repos pour les Aurors et d'autres personnes.
- Vacances fatigantes ?
- Mmmh… Assez, oui, mais j'ai pu me reposer sur les deux dernières semaines, alors ça va, et puis c'est moi qui le décide puisque je le force.
Severus l'observa sans faire le moindre commentaire. Lorsque Tara lui avait avoué son don de visionnaire, trois mois plus tôt, il avait été surpris mais étonnamment il n'avait pas une seconde mis en doute ses paroles. Il n'empêchait que de toutes les choses que la jeune fille aurait pu lui cacher, il n'aurait jamais pensé à quelque chose dans le genre… ou peut-être que si… Tara lui avait toujours semblé tellement plus qu'elle ne montrait.
- De quelle manière évolue-t-il ? l'interrogea Severus après un moment de silence.
- De nombreuses manières, rigola-t-elle doucement. Sur la précision, la quantité d'informations, l'influence que j'ai dessus… Il y a un an, j'avais du mal à appeler mes visions, mais aujourd'hui j'ai appris à capter les flux magiques qui m'entourent, je commence à voir… C'est pour ça qu'on parle des "visionnaires", tu sais ? Le terme de "voyant" est beaucoup plus ancien, il ne définit que ceux qui "voyaient l'avenir", mais les visionnaires, eux, "voient le présent qui anticipe le futur". En quelques sortes, nous avons la vision d'une magie présente qui suivra certainement un cheminement particulier. Les voyants et les prophètes ne peuvent que capter ces flux sans vraiment les voir, alors que nous en sommes capables en modifiant notre vision, et je commence à y parvenir.
- Tu t'en es servi dans le repaire du lord noir, n'est-ce pas ?
- En effet. C'est pour ça que nous pouvons modifier l'avenir, parce que notre don est relié au présent, et non au futur, c'est plutôt paradoxal quand on y pense…
- Mais c'est un don dangereux.
- Tous les dons le sont quand tu y réfléchis bien, car il y aura toujours quelqu'un à vouloir en profiter, remarqua-t-elle. Et puis je risque beaucoup moins que lors de la période de "chasse aux visionnaires", sans compter que je suis protégée.
- Je me pose une question depuis quelques temps. Dumbledore est le Gardien du Secret de ton pouvoir, mais Carvi avait été mis au courant, non ? Pourquoi n'a-t-il pas pris d'initiatives à ton égard ?
- Connais-tu le fonctionnement du Fidelitas ?
- Pour être franc, pas vraiment, je n'en avais jamais entendu parler avant toi.
- Suivant l'objet sur lequel il s'applique, le Fidelitas agit différemment. Quand il s'agit de cacher un lieu ou quelque chose de fixe, le sortilège s'applique à tout le monde, mais c'est différent pour une personne ou un don, une chose "mobile" en fait. Le secret de mon don ne peut s'appliquer qu'à Voldemort, par exemple.
- Comment ça ?
- C'est quelque chose de très particulier. Cacher un don est nettement plus difficile à un niveau magique parce qu'il s'agit déjà de magie en soi et appliquer de la magie sur de la magie implique un grand nombre d'interactions. Pour rendre le Fidelitas vraiment efficace, il faut le focaliser sur une seule personne, en l'occurrence Voldemort.
- Tu es en train de me dire que toutes les personnes au courant de ton don peuvent aller le crier à tout va ? s'exclama Severus, soudain inquiet.
- Le monde entier serait au courant que Voldemort ignorerait toujours ce dont je suis capable.
- Mais ça ne rime à rien ! Carvi a très bien pu en parler à d'autres Mangemorts et dans ce cas là ils…
- … ne feront rien, le coupa Tara. Tu sais, avec toi, seules huit personnes sont au courant de mon pouvoir. Et puis il y a Carvi mais il fut… une erreur. Carvi est un cas particulier parce qu'il n'était pas du tout intéressé par moi, tu vois ? Et dans sa folie, mon don ne l'attirait pas pour se faire valoir auprès de son maître, aussi n'a-t-il rien dit à personne. Les personnes au courant sont toutes de confiance. Par ailleurs, le Fidelitas agit également d'une autre manière. Quelqu'un qui apprendrait par hasard pour mon don, sans qu'on lui dise, se verrait immédiatement oublier cela. Et si quelqu'un à qui le Gardien du Secret révèle le secret en parle à son tour, cette personne ne pourra pas le dire qui que ce soit, mais il conservera le savoir du secret.
- Pourquoi autant de complications ?
- Le sortilège est puissant mais également très instable, c'est la raison pour laquelle lorsque le rituel est effectué, certaines règles doivent être établies dont certaines assez laxistes. J'avoue que les explications de Dumbledore n'ont pas été faciles à comprendre et que certaines choses restent assez floues, mais c'est ainsi.
- Je reste persuadé que ça ne te protége de rien !
- Si, parce que, pour une raison que j'ignore, Dumbledore semble savoir comment fonctionne Voldemort. Il ne laisse pas beaucoup de liberté à ses Mangemorts, et fait payer très chers les erreurs. Même si un Mangemort était mis au courant, il n'oserait pas agir seul. Du moins c'est ce que Dumbledore m'a assuré. Et puis c'est la meilleure protection que je puisse avoir, à moins de m'enfermer dans un lieu clos jusqu'à la fin de Voldemort…
- Mais le risque est très grand à chaque fois que… tu le dis à quelqu'un.
- Je n'ai jamais dit le contraire.
Elle plongea son regard malicieux dans le sien et il détourna le regard, se sentant un peu mal à l'aise de cette confiance qu'elle lui accordait.
- Tu as déjà eu des visions de moi ? demanda-t-il après une hésitation.
- Non, mais je pourrais.
- Pourquoi ne le fais-tu pas ?
- A quoi ça me servirait ?
Il tourna brusquement des yeux écarquillés vers elle tellement il trouvait la question absurde.
- Je n'ai pas besoin de voir ce que tu feras dans l'avenir pour savoir que j'ai confiance en toi. Tes choix, tes erreurs, je les accepterai, quels qu'ils soient. C'est ça une famille, et puis je sais ce que me montrerait ton avenir en plus.
- Quoi donc ?
Elle tourna un visage souriant vers le ciel, ses yeux se perdant dans l'azur.
- Une partie de ton cœur où je suis et que tu ne voudras jamais briser…
Une fois de plus elle le regarda, mais cette fois ses yeux étaient tendres.
- Là est toute la confiance que j'ai en toi, Severus, et que j'aurai à jamais.
Cette fois il ne détourna pas le regard et s'ils n'avaient été dehors, à la vue de tous, il l'aurait certainement serré dans ses bras, il ne sourit pas cependant. Il y avait du vrai dans ces paroles, une vérité à laquelle il n'avait même jamais fait attention, et cette réalisation le faisait se sentir meilleur… Meilleur que quoi, il l'ignorait, simplement meilleur, pour elle, pour eux, pour leur lien, parce qu'elle avait raison, quoi qu'il advienne, jamais il ne pourrait la trahir.
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Confortablement installé dans un des fauteuils de la salle commune, le dernier livre de Winglor en main, Remus leva son nez du chapitre qu'il lisait en entendant le rire de James. Ses trois amis étaient assis dans des fauteuils près de lui, en grande conversation sur les prochaines farces qu'ils allaient faire.
- Si on s'y prend comme il faut, ça s'étendra à tous leurs dortoirs, ça risque d'être très intéressant, s'enthousiasma Sirius.
- On pourrait y aller demain soir, remarqua Peter.
- Vous avez l'intention de faire une farce focalisée sur les Serpentard ? demanda calmement Remus en replongeant dans son livre.
Un court silence lui répondit alors qu'il sentait les regards de ses amis se poser sur lui.
- Ce sera plus amusant sur les Serpentard, assura finalement James.
- Mais ce n'est pas ça qui va aider à améliorer les relations entre maisons.
- Comme si ça nous importait, répliqua Sirius.
- En vous en prenant uniquement aux Serpentard, vous risquez plus une punition qu'en faisant une farce généralisée, connaissant Dumbledore, ce qui vous ferait perdre du temps pour vous exercer.
Il avait dit cela tranquillement, faisant référence à leurs essais pour être animagus, et les trois autres semblèrent peser le pour et le contre un moment
- Si on trouve quelque chose de général, tu te joins à nous ? demanda James.
- Ça dépend de l'idée, sourit Remus en fermant son bouquin pour les regarder.
Remus fut rassuré de voir que l'idée qu'il agirait avec eux les convainquit de changer leur plan. Il savait d'avance qu'il ne parviendrait pas à les empêcher de faire des farces – et il n'en avait d'ailleurs pas vraiment la volonté, plutôt celle de participer – mais il comptait bien essayer de les calmer pour ce qui était de leurs mauvaises blagues.
Le garçon avait été très surpris de voir Dumbledore lui remettre la fonction de préfet. Il s'était attendu à ce que ce rôle incombe à Lily mais ça n'avait pas été le cas. En même temps le choix était compréhensible car qui d'autre qu'un Maraudeur pourrait retenir les Maraudeurs ? Quant à mettre l'un des trois autres à cette fonction, c'était risible.
Tandis que les trois autres s'exposaient leurs mille et une idées de stratagème, il laissa son regard dériver vers son livre et la feuille qui marquait sa page. Il s'agissait d'un dessin fait par Bill pour lui. Le garçonnet lui avait dit que c'était son portrait et il avait été bien forcé de le croire comme la ressemblance entre lui et le bonhomme fait de cercles restait extrêmement vague.
Remus avait été assez surpris de l'accueil que lui avait fait l'enfant – Charlie étant encore trop petit pour lui faire un réel "accueil". Même s'il n'y avait jamais eu de soucis lorsqu'il l'avait vu quand il venait leur rendre visite avec ses parents, il s'était imaginé que le petit allait lui en vouloir de prendre une certaine place dans sa famille. La réalité s'était avérée toute autre comme Bill ne l'avait quasiment pas lâché de tout l'été, essayant de l'imiter dans ses activités et le regardant avec des yeux brillants quand il parlait. Remus s'était étonnamment senti à l'aise dans ce rôle de grand frère, même lorsqu'il s'occupait de Charlie d'ailleurs, et il n'avait jamais eu autant l'impression d'être à sa place dans cette maison que quelques jours avant la rentrée, quand Charlie avait effectué ses premiers pas tout seul – même si ça n'avait été que sur trois pas qui s'étaient terminés sur les fesses du bambin. A ce moment là, alors qu'Arthur félicitait son fils, Molly avait tourné son regard débordant de fierté vers lui et Bill, emporté par la bonne humeur, lui avait sauté au cou en rigolant et applaudissant après que son "coussin" ait refermé ses bras sur lui. Un grand sourire était alors venu éclairé son visage et il avait attrapé le petit garçon par la taille pour le faire tourner dans les airs, son rire cristallin lavant toutes les peines de son cœur.
Et puis il y avait eu sa mère également. Comme promis, Dumbledore avait trouvé une autre infirmière que celle que Remus avait vue. La nouvelle était plus jeune et bien que très attentionnée, paraissait un peu maladroite. Mais malgré cela elle s'occupait efficacement de Théia Lupin et, même si celle-ci ne lui répondait pas, lui parlait gaiement de tout et de rien comme elle aurait pu parler à n'importe qui d'autre. Et puis surtout, elle lui épargnait les regards de pitié qu'avait eu l'autre infirmière à son égard. Durant tout l'été, Remus avait tenté de l'approcher, mais sa mère l'avait toujours repoussé et il se contentait le plus souvent de l'observer de loin, la gorge serrée mais gardant l'espoir que les choses s'arrangent. La jeune aide-soignante l'aidait bien en cela puisqu'elle ne manquait pas de venir lui parler pour le rassurer et même si elle ne semblait pas vraiment certaine de voir un jour sa mère se rétablir, elle était en revanche persuadée qu'elle finirait pas accepter sa présence.
Molly et Arthur aussi avaient été là, plus que Remus n'aurait pu l'imaginer. Il s'en était voulu dans un premier temps de les importuner de la sorte, autant pour Molly qui avait ses deux fils à s'occuper qu'Arthur dont le travail était prenant, mais ils avaient eu tôt fait de le rassurer et de lui prouver qu'il était le bienvenu chez eux. Plusieurs soirs, quand la peine qui courait dans son cœur se faisait trop pressante et qu'il ne pouvait pas retenir ses larmes, alors qu'il s'était cru seul, une chaude étreinte était venue l'enlacer et ses pleurs avaient coulé sans honte sur les vêtements de Molly. Elle paraissait toujours savoir quand être là, quand il se sentait mal et elle était toujours rapidement auprès de lui lorsqu'il avait l'impression que tout s'écroulait autour de lui. Il ne serait jamais assez reconnaissant à l'homme et à la femme pour ce qu'ils faisaient pour lui mais il savait déjà que cent vies ne suffiraient pas pour qu'il l'oublie et fasse tout pour leur rendre au mieux tout leur amour.
- Alors Lunard ? C'est fou ce que ton nom te va de mieux en mieux, souffla James. Tu étais de nouveau dans la lune !
- Désolé, qu'est-ce que tu disais ?
- On a plein d'idées mais on n'arrive pas à se mettre d'accord, alors on a décidé que ce serait toi notre juge, ça marche ?
- Après tout, maintenant que tu portes cet insigne de préfet, il va falloir que tu donnes continuellement des preuves de ta loyauté envers les Maraudeurs, lança narquoisement Sirius.
Remus aurait pu jurer que Sirius n'avait pas choisi ses mots au hasard, mais s'il plaisantait avec ça, c'était bien la preuve que la page avait bel et bien été tournée sur l'année dernière.
- Mais je ne demande pas mieux Patmol, répondit-il avec un sourire en coin. Après tout, cette condition de préfet que vous dénigrez tant apporte de nombreux avantages dont il serait positivement répréhensible de ma part de ne pas profiter en mon âme et conscience de Maraudeurs.
- Parce que les Maraudeurs ont une conscience ? demanda Peter avec un rire amusé.
- C'est justement Remus, remarqua doctement James. Et il semblerait que notre cher Lunard cache encore de nombreux atouts dans ses manches.
- Je ne voudrais pas étaler toutes mes cartes sachant que c'est tout ce qu'il me reste pour avoir un minimum de contrôle sur vos propres actions, grimaça le châtain. Alors ces idées ?
La journée se termina dans la tranquillité pour tout le monde, sauf peut-être pour quelques Gryffondor désespérés qui avaient vu les Maraudeurs comploter toute la soirée auprès du feu et qui allèrent se coucher avec des signes manifestes d'accablement et de résignations. Après tout, tant qu'à subir les farces des quatre lurons, autant n'avoir manqué aucune heure de sommeil pour être en forme le jour fatidique.
Remus émergea ce matin là des bras de Morphée avec une étrange impression qu'il ne parvenait pas à identifier. L'esprit encore embrumé, il ouvrit lentement ses lourdes paupières pour regarder son réveil indiquant qu'il lui restait à peine quelques minutes avant la sonnerie. Il referma les yeux et se tourna sur les dos avant de les rouvrir… et de pousser un cri de frayeur en tombant sur un visage à à peine quelques centimètres du sien.
- T… Tara ? balbutia-t-il, le souffle court suite à la peur qu'il avait eu.
- Ouais ! T'es réveillé !
- Mais qu'est-ce que tu fais là ? s'exclama-t-il, n'appréciant que très moyennement ce genre de réveil.
- Ben je suis venue m'assurer que vous n'alliez pas manquer l'heure du réveil, dit-elle d'un ton qui semblait proférer la plus parfaite logique.
Le garçon poussa un profond soupir exaspéré, ferma les yeux plusieurs secondes en se rappelant qu'il s'était promis de faire un effort pour établir une relation plus amicale avec la jeune fille puis se leva pour s'enfermer dans la salle de bain sans tenir compte du hurlement de Peter lorsque Tara se jeta sur son lit pour le réveiller en lui ébouriffant les cheveux.
Quant il ressortit de la salle d'eau, il tomba sur James et Sirius en grande conversation animée avec la Gryffondor alors que Peter baillait à s'en décrocher la mâchoire. Remus haussa un sourcil devant l'air éveillé et dynamique des deux bruns. Généralement, il fallait au moins qu'ils soient passés par la douche pour paraître aussi éveillés, peut-être qu'il pourrait demander à Tara son secret pour rendre les gens aussi enjoués de si bonne heure.
- Remus ! James et Sirius m'ont dit que tu connaissais déjà le nouveau prof de défense, c'est vrai ? lui demanda-t-elle en tournant vers elle son habituel sourire débordant d'enthousiasme.
- Oui, mais nous n'avons pas vraiment parlé longtemps. Je pense par contre qu'il sera plus agréable que… ceux qu'on a déjà eu.
- Ce qui ne sera pas très dur, rigola la jeune fille.
Remus hocha la tête sans répondre. Le sujet des professeurs Fitevil, Jugson et Carvi – qui étaient tous trois fortement liés – restait assez sensible pour lui et il préférait ne pas s'y attarder.
- Mais au fait Tara, ta présence dans notre dortoir n'irait-elle pas à l'encontre du règlement ? demanda-t-il pour changer de sujet.
- Pas le moins du monde ! Ce sont les garçons qui n'ont pas le droit, et ne peuvent pas d'ailleurs, aller au dortoir des filles, l'inverse n'est absolument pas répréhensible. Tu devrais le savoir en tant que préfet !
- Comment ça les garçons ne peuvent pas aller au dortoir des filles ? intervint James avec des yeux ronds.
- Ouh là ! Un sacré coup pour la réputation des Maraudeurs, commenta Tara, surprise. Vous l'ignoriez ?
- Remus ? C'est quoi cette histoire ? insista Sirius, qui paraissait aussi étonné que James.
- Ce que dit Tara est vrai, des sortilèges empêchent les garçons de se rendre dans le dortoir des filles, admit-il de mauvaise grâce.
- Voilà bien un interdit dont nous ignorions l'existence…
James et Sirius échangèrent un regard entendu et malicieux que Remus préféra prévenir.
- Et qui n'appartiendront pas aux projets d'effraction des Maraudeurs.
- Mais Lunard…
- Qu'est-ce que vous iriez faire là-bas ? le coupa Remus.
Sirius eut un sourire narquois et hocha la tête.
- D'accord, tu l'as dit toi-même : tant que nous n'aurons pas de raisons, nous ne nous y intéresserons pas.
Avant que Remus ait pu répliquer ou même comprendre les implications de la remarque de son ami, celui-ci prit la place laissée libre par Peter dans la salle de bain.
- D'un autre côté, je ne suis pas certaine que beaucoup de filles y voient un inconvénient, remarqua pensivement Tara, s'attirant un regard abasourdi de Remus et amusé de James.
- De quoi vous parliez ? demanda Peter.
- D'un moyen qui te permettrait de voir ta bien-aimée Valentine plus que tu ne le peux déjà, répondit aussitôt James.
Peter rougit instantanément et regarda Tara avec gêne alors que Remus lançait un regard noir à James, considérant qu'il n'avait pas à dire cela.
- Valentine Lay ? se renseigna Tara avant d'adresser un sourire à Peter. Vous formeriez sans aucun doute un très joli couple. Tu vas lui demander quand ?
- Eh bien… euh… c'est-à-dire… bafouilla le garçon, de plus en plus embarrassé.
- Il n'ose pas aller la voir pour ça.
- James ! s'indigna Remus. Arrête avec ça, ça le regarde !
- Oh, tu ne devrais pas avoir peur ! s'exclama Tara en tapant dans ses mains avec un sourire espiègle. Valentine t'apprécie beaucoup, tu sais ? Je ne pense pas qu'elle ait vraiment pensé pouvoir sortir avec toi, mais c'est parce qu'elle est très timide et aussi parce qu'elle ne pense pas à ces choses-là. Mais tu es le seul garçon à pouvoir lui parler comme tu le fais, d'habitude elle n'est pas très à l'aise, tu as certainement plus de chances que n'importe qui.
Peter leva vers elle un regard surpris, de même que Remus, qui ne s'attendait pas à ce qu'elle l'encourage de la sorte.
- Bon, avec tout ça le temps passe et je commence à avoir faim ! Les filles doivent déjà être dans la salle commune, on y va avec Remus et Peter et vous nous rejoignez avec Sirius, ok ? Ça marche ! A tout de suite !
Elle attrapa Remus et Peter chacun par un bras, leur laissant à peine le temps de prendre leur sac et leur fit dévaler les escaliers avant de les lâcher pour se jeter dans les bras de Millea.
- Alors on a joué à la marmotte aujourd'hui ?
Toutes les filles de leur année étaient en effet présentes et Lily eut un sourire amusé en avisant l'air blasé de Remus.
- Bonjour Remus, tu vas bien ? lui demanda-t-elle en l'embrassant. N'oublie pas tes bonnes résolutions en ce qui concerne Tara, ajouta-t-elle à mi-voix avec un clin d'œil.
- Bonjour Lily. Je fais de mon mieux, plaisanta-t-il.
Lui et Peter saluèrent les autres filles, James et Sirius arrivant sur ces entre faits. Bien que poli, l'accueil de Lily fut assez glacial à leur encontre, et James n'arrangea rien puisqu'il tenta de lui parler tout le temps que dura leur avancée jusqu'à la Grande Salle sous les regards surpris et amusés des autres.
Bien que ce ne soit pas désagréable, Remus trouva étrange de descendre et déjeuner en compagnie des filles comme c'était la premières fois que ça leur arrivait d'ainsi s'attendre. Il dut reconnaître que l'ambiance était plutôt bonne enfant si on oubliait James et Lily et qu'il ne serait pas contre que tous les matins se déroulent ainsi, même s'il le devait à Tara. D'ailleurs, c'était peut-être un effet de son imagination, mais la jeune fille semblait particulièrement le coller ce matin.
- Dis-moi James, pourquoi est-ce que tu insistes autant avec Lily ? demanda-t-il à un moment où les filles n'écoutaient pas ce qu'ils disaient. Si tu la laisses un peu tranquille, je suis sûr que ça se calmera tout seul.
- Mais je veux lui parler ! répliqua James. J'ai été vraiment surpris à la fin de l'année dernière, elle était superbe contre Voldemort !
Ses trois amis le regardèrent de biais.
- Super, tu veux dire, risqua Peter.
- C'est ce que j'ai dit.
- Non, tu as dit "superbe", ricana Sirius.
- Ah… Bref, on s'en fiche ! L'important, c'est que je ne m'attendais pas à ce qu'une fille aussi coincée et bûcheuse qu'elle soit comme elle s'est montrée, et je ne parle pas du projet lib…
- Tu vois Potter, je me demandais récemment si je n'allais pas changer d'attitude à ton égard, je suis bien heureuse d'avoir hésité jusque là, le coupa soudain la voix sèche de Lily, qui s'était levée de sa place pour se rapprocher d'eux.
Remus eut une grimace compatissante pour James qui se tourna vers la jeune fille avec un sourire assuré.
- Pourquoi ? Puisque je te dis que tu n'es plus du tout comme avant, c'est bien non ?
- Si c'est cela ta notion des compliments, je me demande comment tu as pu embobiner certaines filles, siffla Lily. Tu vois, on m'avait fait remarqué que j'avais peut-être émis un jugement trop hâtif à ton encontre mais finalement c'est certainement bien de toi que vient le problème.
Elle se tourna vers Sirius et Peter et hocha légèrement la tête vers eux.
- Je m'excuse pour mon comportement. Même si je n'approuve pas tout ce que vous faîtes, j'ai eu une conduite excessive vous concernant et on m'a aidé à me remettre à ma place.
En disant cela, elle avait adressé un sourire à Remus qui le lui rendit, heureux que son amie ait mis à profit ce qu'il lui avait dit.
- Tant mieux ! s'exclama James, ravi. Alors maintenant nous…
- Cela ne s'applique pas à toi, Potter ! cingla Lily. Puisque tu me considères "coincée et bûcheuse", je ne vois pas pourquoi je ferai en sorte de te faire changer d'avis sur moi vu que cela m'importe peu. Ne m'adresse plus la parole, et ce n'est qu'un conseil.
- Mais puisque…
La jeune fille n'attendit pas sa réponse pour partir en compagnie de Fiona qui se contenait visiblement de rire avec difficulté.
- Je ne comprends pas ! C'est vrai qu'elle était comme ça avant mais maintenant elle a beaucoup changé, pourquoi est-ce qu'elle est en colère ?
- T'es sérieux là ? demanda Remus, qui hésitait entre l'hilarité et l'étonnement.
- Ben quoi ?
- James sera toujours James et la Terre continuera de tourner, commenta Sirius en adressant une accolade à son ami. Je crois que c'est à mon tour de t'apprendre comment parler aux filles Cornedrue.
- Hein ? Mais je ne veux pas sortir avec Evans !
Remus secoua la tête avec dérision et termina son petit déjeuner sans faire attention à la conversation de ses trois amis. Comme il ne regardait pas autour de lui, il fut plus que surpris en se levant de sentir un poids s'accrocher à son bras.
- On se retrouve devant la salle les filles ? lança Tara à Millea et Océane qui étaient encore en train de manger.
- On fait comme ça, à tout de suite !
- Mais pourquoi tu ne restes pas avec elles ? demanda Remus à la jeune fille.
- Parce que je veux être avec toi ! déclara-t-elle le plus simplement du monde.
- Tu sais que d'une autre personne, cette déclaration ressemblerait fortement à une promesse d'amour ? remarqua Sirius alors que les cinq Gryffondor sortaient de la Grande Salle.
- Heureusement ce n'est pas une autre personne, souffla Remus avant même d'avoir pu s'empêcher de s'exprimer à voix haute.
- Tu sais que si je le voulais, je pourrais interpréter dans le sens où tu espérerais que ce soit réellement une déclaration d'amour ? le taquina malicieusement Tara.
Remus tourna vers elle un regard inquiet et un visage devenu pâle.
- Je peux aussi entendre par là que tu ne voudrais absolument pas que ce soit le cas et m'en sentir alors extrêmement blessée, ajouta-t-elle en prenant un air peiné.
Cette fois le garçon rougit de sa maladresse et détourna les yeux.
- Je suis désolé, je ne voulais pas dire ça.
Le rire de Tara envahit le couloir comme elle secouait la tête.
- Je suis Tara, tout le monde sait bien qu'il ne faut pas me prendre au sérieux.
- Tout le monde sauf Remus, plaisanta Peter.
- Vrai, pour ça que je compte me l'accaparer plus qu'avant, assura fermement Tara. Tu es d'accord ?
- J'ai vraiment le choix ? demanda Remus, amusé malgré lui.
- Tu vois que tu commences déjà à mieux me connaître ! répondit Tara, toute joyeuse.
Le chemin jusqu'à la salle de classe se déroula dans une bonne ambiance, même si à un moment donné, il sembla à Remus que Tara était plus crispée qu'elle n'aurait dû sur son bras, comme tendue, mais il devait se tromper.
Le professeur Whimsical n'était pas présent quand la cloche retentit mais la salle de classe étant ouverte, les Gryffondor finirent par s'installer pour l'attendre, continuant leurs conversations de la Grande Salle.
Une dizaine de minutes plus tard, alors qu'ils se demandaient s'ils ne devaient pas simplement considérer que leur professeur était absent, celui-ci passa en trombe la porte de la classe et la referma violemment derrière lui, s'appuyant contre le bois pour reprendre difficilement son souffle sous les regards abasourdis de ses élèves. Il finit par retrouver sa respiration et leva les yeux vers ses élèves, marquant une pause devant tous ces regards stupéfaits.
- Bonjour tout le monde ! lança-t-il soudain joyeusement. Désolé pour le retard mais j'ai été retardé… Oui, bon, c'est logique me direz-vous, grimaça-t-il. Proteus Whimsical, ajouta-t-il en se dirigeant vers son bureau, comme le professeur Dumbledore vous l'a dit à la cérémonie de la rentrée mais je ne doute pas que vous ayez eu mieux à faire que de retenir le nom d'un prof.
Il déballa ses affaires sur son bureau tout en continuant de parler, ne semblant pas remarquer les regards indécis que se lançaient les Gryffondor.
- Je serai donc votre professeur de défense contre les forces du Mal pour cette année et les suivantes… Ah mais ! Voilà bien des banalités que tout le monde sait mais qu'on finit toujours par sortir, je me laisse toujours prendre ! Pourtant c'est dans certains faits et habitudes anodines qu'on peut trouver des réponses…
Il s'arrêta soudain de rechercher dans ses parchemins pour prendre un air pensif, les sourcils foncés.
- En fait on oublie trop souvent que c'est dans les habitudes qu'on peut apprendre à connaître quelqu'un ou quelque chose. Mine de rien, ça aide beaucoup dans la lutte contre les forces du Mal, le travail d'observation consiste en plus des trois quarts du travail, vous savez… En fait non, vous ne devez pas savoir, sinon à quoi je servirai moi, hein ?
Il avait repris son air joyeux et poursuivit sa recherche de document.
- Il a été le dégoter dans un asile ou quoi ? chuchota James à Sirius en prenant bien garde que Remus ne l'entende pas.
- Dans un secteur approché en tous cas… Il devrait bien s'entendre avec Tara, ajouta Sirius en désignant la jeune fille qui souriait de toute ses dents, le menton posé sur une de ses mains, l'air passionné par ce que racontait le professeur.
- Nous allons donc avoir un vaste programme cette année car vous avez d'importants examens à passer… Il me semble… Vous en avez ? demanda-t-il, soudain incertain.
- Oui, oui, on a nos BUSE, répondit gaiement Tara.
- Ah ! Bien ce que je me disais ! Donc vous avez vos BUSE, ce qui signifie que vous devrez être parfaitement rodé à la fin de l'année à passer l'épreuve de défense ! Mais ne vous inquiétez pas, nous allons y parvenir aisément. Et pou commencer nous allons voir… Mais où ai-je mis ce fichu parchemin ? grommela-t-il en attrapant sa sacoche pour la retourner et la secouer dans l'espoir d'en faire sortir ce qu'il cherchait, déversant dans un fracas les divers objets qui s'y trouvaient.
Il commença à balancer à droite et à gauche ce qu'il avait étalé sur sa table, forçant les élèves à plonger sous leurs bureaux s'ils ne voulaient pas se prendre un projectile en pleine figure.
- Euh… Monsieur ? tenta Remus. Vous avez besoin d'aide ?
Whimsical cessa son activité et leva les yeux vers lui, les clignant plusieurs fois avant de sourire largement.
- Oh ! Monsieur Lupin ! Vous êtes dans cette classe ?
- Oui… Peut-être devriez-vous faire l'appel ? suggéra-t-il prudemment.
Le professeur le regarda un instant sans répondre puis parut horrifié.
- Mais oui… C'est ce que je devrai faire, mais je n'y ai pas pensé… Et je ne retrouve pas le cours que j'avais préparé. Je vous promets que vous serez prêts pour les BUSE et je ne suis même pas capable d'assurer correctement mon premier cours !
Et là, devant ses élèves ébahis, l'homme éclata en sanglots, se lamentant sur le fait qu'il ne méritait pas la confiance de Dumbledore et qu'il aurait mieux fait de rester dans "son bureau miteux que le ministère lui avait accordé en reconnaissance de ses services, cette bande d'incapable qui ne pouvait pas comprendre tous les sacrifices qu'il avait fait pour la communauté sorcière".
- On devrait peut-être essayer de le calmer… suggéra Lily à voix basse.
- Moi je veux bien mais tu veux faire quoi ? demanda Millea.
Remus finit par amorcer un mouvement vers son professeur mais au même moment, celui-ci se redressa brusquement, un air assuré sur le visage.
- Ah mais je ne vais pas me laisser abattre ! s'exclama-t-il, surprenant ses élèves. Je n'ai pas mes cours, soit, alors faisons avec ce que nous avons ! Je vais vous parler de mon expérience sur le terrain, d'accord ? Allez, rapprochez-vous !
D'un coup de baguette magique, il fit se déplacer les bureaux et conjura des coussins pour que tout le monde s'assied à terre, montrant l'exemple en s'installant sur un moelleux pouf.
- Prenez place, allons !
Ils firent ce qu'il leur disait et passèrent le reste du cours à l'écouter raconter certaines missions qu'il avait dû effectuer à l'époque où il travaillait pour le ministère. Il leur expliqua qu'il avait appartenu à un service qu'on assimilait aux Ombres de l'époque de Grindelwald, ces espions surentraînés, mais qui n'avait plus grand-chose à voir comme le service des Ombres était déjà en train de se démanteler quand il l'avait intégré. Il avait en revanche suivi la formation de ces espions ainsi qu'une spécialisation en défense qu'il avait effectué à Belaube, le centre de formation des Aurors, autant dire qu'il retrouva rapidement une certaine crédibilité auprès de ses élèves qui avaient un instant douté de ses capacités. Il s'avéra finalement que l'homme était un grand tacticien et qu'il avait su mener plusieurs équipes d'espionnage aussi bien que de combat contre les forces occultes, humaines ou animales.
Lorsque le cours se termina, les Gryffondor considéraient déjà qu'ils pouvaient bien passer l'humeur assez changeante de leur professeur pour tout ce qu'il allait apparemment leur apprendre.
- J'arrive pas à croire qu'il ait été un élève particulier de Taran Freyr ! s'exclama un James surexcité alors qu'ils sortaient. C'est une chance exceptionnelle !
- Mais ton père connaît bien Freyr, non ? remarqua Peter.
- Oui mais ça n'a rien à voir ! Quand mon père a fait ses études, Freyr n'était pas encore professeur à Belaube, il l'a connu bien après. Et vous avez entendu ses récits ? C'est vraiment un stratège hors pair, j'espère qu'il va pouvoir nous apprendre à analyser aussi bien les situations que lui !
- Personnellement je le trouve plutôt inquiétant, dit Peter.
- Je suis assez de ton avis, sourit Remus, mais je ne pense pas qu'il soit dangereux, il faudra juste qu'on s'habitue à ses… sautes d'humeur.
- Ça, faut reconnaître qu'il est assez particulier, commenta Sirius, mais il me plaît bien quand même. Il change des autres profs au moins.
- C'est certain, il… Tiens, tiens, Servilus…
Les trois autres tournèrent immédiatement la tête dans la direction du regard de James avec des expressions allant de la raillerie à l'inquiétude.
- James, tu ne devrais pas… commença Remus.
- Servilus ! Regarde un peu ce nouveau sort qu'on a appris !
Le Serpentard eut juste le temps de se retourner que le sort de James le frappa de plein fouet. Sur le coup, il ne sembla rien avoir mais il plaqua soudain sa main devant sa couche et vomit dans le couloir sans pouvoir se retenir. Il leva sa baguette sûrement dans l'intention de lever le sortilège mais il en fut empêché par une nouvelle nausée.
- Tu pourras te purger autant que tu veux, je doute que ça suffise pour enlever toute la saleté que tu as en toi, ricana James.
- Tu sais bien qu'il ait une saleté à lui tout seul, s'esclaffa Sirius.
Peter aussi rigolait mais Remus, lui, ne trouvait pas ça drôle du tout, surtout que Rogue commençait à devenir bien trop pâle et que ce qu'il rendait ressemblait surtout à de la bile. Si ça continuait…
- James, lève tout de suite ce sortilège, ce n'est pas drôle ! dit-il à son ami, sachant pertinemment qu'il n'avait pas les capacités pour le faire lui-même.
- Oh, laisse ça ! Ça ne peut pas…
- Severus !
Une chevelure acajou leur passa devant en les bousculant pour venir soutenir le Serpentard. Tara l'observa un instant puis se tourna vers eux. Un instant Remus crut qu'elle allait se mettre en colère contre eux, ce qui aurait été du jamais vu, mais son regard allait au-delà.
- Lily ! Tu peux m'aider s'il te plait ?
La jeune fille auburn arriva et, avisant la scène, sortit sa baguette pour annuler le sortilège. Remus poussa un soupir de soulagement, heureusement qu'elle était assez puissante, il doutait que James ait accepté de le faire lui-même. Il vit Tara aider Rogue à se relever et le soutenir pour le conduire à l'infirmerie, il aurait bien voulu s'excuser mais avait conscience que ce n'était pas à lui de le faire.
- Qui a fait ça ? gronda Lily en se tournant vers les garçons, rouge de colère.
- Tu aurais dû le forcer à rester au moins pour qu'il nettoie ses saletés, lança nonchalamment James.
- Evidemment ! Encore et toujours toi ! Tu as intérêt à aller t'excuser et à nettoyer tes dégâts ! rugit-elle, hors d'elle.
James allait répliquer mais Remus posa une main ferme sur son épaule en regardant Lily.
- Merci d'avoir arrêter le sort Lily, je m'en occupe.
Elle le regarda un instant puis hocha la tête et s'éloigna pour retrouver ses amies. Remus attendit que le couloir se soit vidé pour se tourner vers James.
- Non mais qu'est-ce qu'il t'a pris ?
- Du calme Lunard, ce n'était que Servilus, il…
- Tu te rends compte qu'à force il aurait craché du sang ? le coupa Remus, furieux. Et toi Sirius, tu te croyais malin à en rajouter une couche alors que tu aurais pu faire cesser cela ?
- Tu ne croyais quand même pas que j'allais aider Servilus ? s'offusqua Sirius.
- J'avais espéré, figure-toi ! Et maintenant, vous allez enlever toute cette saleté.
- T'es vraiment pas drôle Remus, grommela James en nettoyant le couloir d'un coup de baguette.
- Mais quand est-ce que vous allez grandir ? Il n'y avait rien d'amusant à ce que tu as fait ! A quoi ça t'avance d'humilier les gens de cette manière, hein ? Si tu trouves qu'il y a de quoi rire à voir quelqu'un malade alors tu n'as vraiment rien compris !
Il se détourna d'un pas furieux.
- Et la prochaine fois, je vous jure que j'en parlerai à McGonagall pour qu'elle vous retire des points et vous mette une retenue.
Les trois autres échangèrent un regard un peu malaisé principalement dû à la remarque de l'autre sur la maladie. Ils le suivirent en silence pour le prochain cours et James et Sirius se retinrent de provoquer les Serpentard de leur année qu'ils croisèrent dans l'après-midi. Parfois, Remus savait toucher juste dans ses paroles.
A suivre…
Plus long que ce que j'aurai cru ce chapitre… tant mieux me direz-vous ! Alors ce nouveau prof ? Porte bien son nom, pas vrai ? ;-)
BONUS :
Les lieux magiques :
Les endroits où nous emmène JKR dans ses bouquins sont vraiment fabuleux ! Elle a un sens divertissant de la description qui m'émerveille sincèrement. Ça donne envie d'aller chez Honneydukes, sur le Chemin de Traverse… ou plus simplement à Poudlard ! Ce sont tous ces détails qui font la magie propre de ses bouquins.
Personnellement, je ne suis pas très satisfaite de mes descriptions, je les trouve encore trop… littéraire, trop "descriptive" justement. Sauf pour la BASE… Ça tient en quoi ? Cinq à sept lignes à tout casser (dix en format poche ! lol), mais je me suis vraiment éclatée à décrire la bibliothèque des sorciers, dans « le Miroir de Parenze », et je suis contente de moi quand je me relis :-P
Je n'ai pas fait ça avec les Maraudeurs… Faut dire aussi que je ne les ai pas vraiment sortis des "lieux communs", sauf pour le Wonder, la salle de concert… Mais c'est différent, j'aime la description que j'en ai faite mais ce n'est pas la même chose qu'avec la BASE. Le Wonder, je décrivais un poster, du moins c'est une impression, alors que la BASE, je décrivais un lieu réellement vivant. Il faudrait que je recommence… Je vais y réfléchir :-P
(court bonus pour pallier le précédent, mdr !)
