BONNE FETE A TOUTES LES MAMANS DU SITE !
(c'est demain, mais demain je ne posterai pas, donc c'est aujourd'hui que je le dis )
oOo
NdA :Je sais, j'avais dit que ce chapitre arriverait avant que je parte en exam, mais il faut croire que je me suis surestimée, lol (ou que j'ai sous-estimé ces trèèèès chers professeurs que nous aimons tous…) Désolée (ça va devenir une habitude :-S) Je ne dis plus rien pour les chapitres suivants ! Comme ça je me mouille pas, mdr ! Une chose est sûre, je récapépéte, j'abandonne pas ! ;-)
Erreur : J'ai fait une erreur dans le chapitre précédent, lorsque Peter et Remus parlent de la possibilité de contrôler le garou durant les pleines lunes, je leur faisais dire le terme de "dichotomie", mais je me suis embrouillée avec le phénomène qui arrive à Tara à cause de son don de voyance, lol. Le bon terme est "dissonance" pour les lycanthropes, j'ai corrigé… je crois… faudra que j'aille vérifier ;-) Désolée pour cette erreur, même si personne ne l'a relevée, lool.
Merci pour ta review Angel (pense à ton mail, stp ;-) )
oOo
BONNE LECTURE ! (celui-là, il devrait plaire Enfin je crois… :-S Et pis il fait presque 16 pages word, ça compense un peu le retard, nan ? sourire d'ange)
Chapitre 6 : Atomes crochus
Depuis quelques minutes, de petites explosions retentissaient dans les couloirs déserts du premier étage. Un fantôme qui passait par là risqua un coup d'œil à travers la porte d'une des salles pour s'assurer que tout allait bien et repartit avec un air rassuré bien que visiblement désappointé.
Dans la salle de classe où les Gryffondor assistaient à leur dernier cours de la semaine, un véritable champ de bataille avait été mis en place. Les tables renversées sur les côtés servaient de protection pour quelques élèves enthousiastes qui avaient les yeux rivés vers le centre de la salle, où James, Sirius et Millea se tenaient, baguette en main, en train de combattre ce qui semblait être des mannequins de chiffon mobiles.
Le dernier de leurs assaillants fut bientôt terrassé par Millea et le professeur Whimsical fut aussitôt à leurs côtés, l'air ravi.
- Parfait ! Je dirai même excellent ! Vous avez bien su travailler en équipe et vous ne vous êtes pas laissés avoir par les pièges que je vous avais tendus. Vos idées de contre-attaque étaient stupéfiantes messieurs, j'applaudis votre esprit d'initiative, quant à vous miss Stimpson, votre potentiel est impressionnant, vous avez une vivacité et une hardiesse auxquelles je dois bien admettre que je ne m'attendais pas. Splendide ! Vraiment magnifique !
James avait un sourire jusqu'aux oreilles de ces compliments et Sirius et Millea semblaient aussi ravis que lui de l'enthousiasme de leur professeur à leur performance.
- Excusez-moi monsieur, mais il serait peut-être intéressant de placer un bouclier de protection autour de la classe la prochaine fois, vous ne pensez pas ? demanda Remus alors que Peter hochait vivement la tête, un des sortilèges de ses amis ayant failli l'atteindre à un moment donné.
Le professeur regarda un instant Remus avec surprise puis se gratta la tête.
- Ah oui, tiens, je n'y avais pas pensé… Excellente idée, monsieur Lupin, continuez comme ça, ajouta-t-il avec un grand sourire sincère.
Fiona Distort dissimula un rire derrière sa main, Whimsical ne s'arrangeait pas avec le temps.
- L'imagination et l'esprit de créativité sont, contrairement à ce que certains voudraient faire croire, deux grands alliés de tout Auror qui se respecte, poursuivit le professeur dans sa lancée. Tout à l'heure par exemple, monsieur Potter a utilisé une combinaison très intéressante avec ses sortilèges de lévitation et de désorientation. Dans un combat réel, ce sont ces effets de surprise qui peuvent permettre de prendre l'avantage sur ses adversaires.
Tout en parlant, il avait négligemment agité sa baguette pour remettre la salle dans son état originel, mais il arrêta soudain tout mouvement pour froncer les sourcils.
- Nous allons traverser une zone de turbulence, veillez à ce que votre ceinture soit bien attachée, murmura Fiona avec un demi sourire.
Seule Lily fut apte à comprendre la référence, mais tous savaient ce que sous-entendait l'attitude de leur professeur.
- Ces abrutis du ministère… grommela Whimsical. Ils croient tout savoir mais ce ne sont que des bureaucrates en mal de popularité ! s'écria-t-il brusquement, visiblement furieux. Ils vont essayer de mettre la main sur vous, croyez-moi ! Ah, mais je compte sur votre tempérament pour les remettre à leur place, tous autant qu'ils sont ! Ils vous demanderont de suivre les ordres à la lettre quelle que soit la situation et de ne SURTOUT PAS faire preuve d'initiative ! Mais quand vous serez sur le terrain, qui risquera sa peau ? Raaaaah ! Ces abrutis m'énervent !
Il frappa violemment un bureau de ses poings, le souffle enragé, puis se tourna tout sourire vers ses élèves, l'air de très bonne humeur.
- C'est exactement cela ! Ce qui prime avant tout, c'est l'esprit d'équipe, annonça-t-il en regardant avec fierté les trois Gryffondor qui venaient de pratiquer. Les Aurors peuvent travailler seuls, mais c'est un cas très rare, on les trouve plus généralement par deux ou trois lors de leurs missions, et ce sont eux qui sauront évaluer la situation sur place et agir en conséquence. Ce qui ne vaut pas que pour les Aurors d'ailleurs, ajouta-t-il après une courte réflexion.
Il jeta un coup d'œil à sa montre et tapa dans ses mains avec enjouement.
- Allez, je vous lâche plus tôt ce soir, et comme vous avez bien travaillé, je ne vous donne pas de devoirs pour le week-end, mais n'oubliez pas qu'une bonne défense ne s'acquière qu'avec de la pratique ! Je vous souhaite un bon appétit !
- Il était plutôt calme aujourd'hui, commenta joyeusement Tara qui marchait devant les autres pour se rendre dans la Grande Salle.
- C'est vrai qu'il n'a rien fait exploser et qu'il n'a changé d'humeur que quatre fois dans l'heure, c'est un record, acquiesça Millea.
- Ce prof est complètement dingue mais il a un sens du discernement sûr, déclara James. Tu vois Evans, même Whimsical reconnaît que je suis génial !
- Je ne vois pas en quoi cette référence pourrait me toucher, répliqua glacialement la jeune fille. Par ailleurs, je n'ai jamais remis en question tes capacités, Potter, c'est ce que tu en fais qui me répugne de ta présence.
- Tu as entendu le prof comme nous, on doit s'entraîner ! C'est pour ça qu'on s'exerce sur les Serpentard, surtout qu'ils le méritent, pas vrai Sirius ?
- Je n'aurai pas dit mieux moi-même, sourit son ami, amusé.
- Tes inepties deviennent plus affligeantes chaque jour qui passe et je me demande même pourquoi je te réponds. Remus, c'est toujours d'accord pour reprendre l'arithmancie ? demanda-t-elle au châtain en se mettant à ignorer royalement James.
Celui-ci se renfrogna un peu, frustré de ne pas parvenir à faire diminuer l'aversion d'Evans à son encontre. Il devrait peut-être demander des conseils à Remus, après tout il était très ami avec elle depuis quelques temps.
- Corne de faune ! Qu'est-ce que c'est encore que ça ?
L'exclamation de Millea ramena James à ce qui se déroulait autour de lui et un large sourire s'étala sur son visage quand il découvrit la source d'étonnement de sa camarade.
La Grande Salle avait entièrement été décorée dans un style oriental aux dominantes rouge et noire. Des lampions flottaient dans les airs et divers idéogrammes chinois s'étalaient sur des banderoles accrochées au plafond.
- Premier jour du « Tour du monde culinaire », expliqua Remus. Nous sommes le deuxième vendredi de novembre, aujourd'hui, c'est la cuisine asiatique qui est à l'honneur.
Il désigna d'un vaste geste les tables remplies de nems, porc laquais, riz cantonnais, raviolis fris et autres mets d'Orient. Ils se mirent à table pour déguster le festin, les plats inhabituels étant plus ou moins bien accueillis par les élèves dont la majorité se méfiait des ingrédients qui avaient servi à l'élaboration de certains plats.
Lorsqu'il fut temps de passer au dessert, les collégiens regardèrent avec circonspection les petits gâteaux triangulaires qui étaient apparu devant eux, un pour chacun, en plus des différents fruits et pâtisseries. Dumbledore attira leur attention et ils le regardèrent avec prudence.
- Les biscuits dans les assiettes individuelles sont appelés "gâteaux du destin", chacun contient un petit papier qui prédit un événement du futur proche. Je propose que nous les mangions tous en même temps avant de regarder ce que l'avenir nous réserve. Régalez-vous !
Devant l'enthousiasme de leur directeur, les élèves se seraient sentis mal de refuser et, tout en mordant dans son gâteau, James songea qu'il était bien heureux d'avoir un directeur aussi déjanté que Dumbledore. Il déchanta bien vite cependant en dépliant le papier qui s'y trouvait, réalisant qu'un nom y était inscrit.
- Mais qu'est-ce que…
Autour de lui, les autres élèves semblaient aussi sceptiques en remarquant qu'ils tenaient en main le nom d'un résidant du château. James leva le regard pour croiser ceux, tout aussi perplexes, de Sirius et Peter, Remus en revanche semblait s'amuser comme un fou et une lueur de compréhension s'alluma dans l'esprit de son ami.
- Tu nous as inclus dans le sort ! l'accusa-t-il, stupéfait.
- Et bien oui, reconnut Remus avec un sourire. Mais vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu, je vous avais dit qu'un jour ou l'autre ça vous retomberait dessus.
Sirius et Peter le regardaient avec des yeux exorbités, incapables de parler, et le jeune Lupin grimaça.
- Si ça peut vous rassurer, je ne me suis pas écarté des effets et je pense pouvoir certifier que je suis celui à s'en tirer le moins bien.
- Sur qui t'es tombé ? demanda Sirius, retrouvant la parole.
Avec un profond soupir, son ami lui montra son papier et il faillit s'étouffer en lisant le nom inscrit dessus.
- Ah oui, quand même…
- Est-ce que nous pourrions savoir ce que ça signifie ? intervint soudain la voix sèche de McGonagall.
Les quatre garçons sursautèrent et remarquèrent que toute la Grande Salle avait les yeux fixés sur eux, en quête d'explication.
- Mais c'est très simple professeur, répondit James avec un grand sourire. Les noms qui sont inscrits sur ces papiers se sont modifiés lorsque nous avons mangé les gâteaux, les mettant par paire. Pendant vingt-quatre heures à compter de maintenant, les membres d'une paire ne pourront plus se quitter d'une semelle !
- J'espère que c'est une blague ! rugit Gerald Hargow, à la table des Serdaigle.
- On reconnaît bien là l'intelligence de ta maison, Hargow, ricana Sirius. Et ce n'est pas tout à fait exact. En fait ce sortilège n'agit que sur des personnes qui ne peuvent pas se supporter.
- Si vous êtes en bon terme avec l'autre personne de votre paire, alors le sortilège n'agira pas, poursuivit Remus. Si vous ne vous connaissez pas, il durera jusqu'à ce que vous vous entendiez ou pendant vingt-quatre heures.
- Et si vous vous détestez cordialement, attendez-vous à rester collés un bon moment ! termina James avec satisfaction.
- Qu'est-ce que tu entends par "un bon moment" ? siffla Lily Evans en le foudroyant du regard.
- Quelle importance ! Ça va être l'occasion pour toi de mieux me connaître, c'est merveilleux, non ? se contenta-t-il de répondre, l'air ravi.
- T'es tombé avec Evans ? s'exclama Peter, les yeux écarquillés
- La peste soit de vos idées stupides ! Si tu crois que je vais rester avec toi Potter !
La jeune fille se leva, furieuse, et entreprit de s'éloigner, mais elle avait à peine parcouru quelques mètres qu'elle s'arrêta soudain, l'air stupéfaite, et revint vers James. Celui-ci avait un sourire goguenard aux lèvres alors qu'Evans restait devant lui, sans réaction… avant de le gifler violemment, le visage rouge.
- Ouch ! compatit Sirius. C'est pas comme ça que tu vas raccourcir la durée du sortilège, Evans.
En voyant la scène, certains rigolèrent, mais d'autres tentèrent de s'enfuir en espérant ne pas se retrouver proche de la personne qui leur avait été désignée. C'était peine perdue comme elle se retrouvait systématiquement sur leur chemin, et comme la plupart d'entre eux ne se connaissaient pas, les paires risquaient de durer, sans parler de ceux qui se détestaient !
- Pas mal l'idée, commenta Wanda Canaris en regardant Millea Stimpson envoyer un sortilège de silence à une Rica Histey, une élève de Serpentard, avant même qu'elle n'ouvre la bouche pour protester contre leur paire.
- Et tu es aussi bloquée, toi ? demanda Sirius, la regardant avec méfiance.
La Serpentard lui adressa un sourire narquois.
- Tu aimerais bien le savoir, pas vrai ? Mais comme nous avons été désigné en paire et que je n'ai nulle envie que tu saches si je t'apprécie finalement ou pas, je ne te laisserai pas l'occasion de te laisser t'esquiver.
- Oh oh ! Voilà un défi qui me tente bien ! sourit Sirius.
James se tourna vers Peter pour le voir discuter avec Justin Hilton – visiblement il ne serait pas coincé – et grimaça en repérant Remus qui s'était éloigné et semblait se faire invectiver par son pair. Il voulut aller à sa rescousse mais quelque chose le retint par sa robe avec force.
- Tu as intérêt à avoir une solution pour faire cesser cette mascarade dans la minute, Potter, lui déclara froidement Evans, ses yeux charger d'éclairs.
Le garçon ne répondit pas immédiatement, contemplant les émeraudes chargées de fureur de la jeune fille, ce ne fut que lorsqu'elle amorça un pas vers lui et qu'il se souvint de la gifle qu'il répondit.
- Désolé mais le seul moyen, c'est que tu m'apprécies, répéta-t-il. Mais ne t'inquiète pas, ça sera facile !
Evans poussa un soupir de découragement, visiblement en désaccord avec lui, et regarda comment se débrouillaient les autres élèves. Une bonne partie était restée libre et d'autres finiraient par les rejoindre en faisant connaissance avec leur pair, mais James fut heureux de constater que le hasard avait tout de même mis en place des couples saugrenus qui risquaient de durer, comme Christopher Wilkes qui était tombé sur une septième année de Serdaigle. Elle s'appelait Agathe Kwartz, s'il ne se trompait pas, et il eut un sourire satisfait en la voyant s'adresser au Serpentard de telle sorte qu'il reculait avec une certaine frayeur sur le visage.
- S'il vous plait ! intervint la voix de Dumbledore dans le brouhaha de la Grande Salle. Compte tenu des circonstances, nous allons installer un dortoir ici pour cette nuit, comme vous ne pouvez pas vous rendre dans une salle commune qui n'est pas la vôtre. Sachez que tous ceux qui le désirent pourront dormir ici.
Il se rassit et James remarqua qu'il semblait plutôt satisfait de la situation, il lui sembla même le voir lui adresser un clin d'œil.
- Il n'aurait plus manqué que vous l'ayez fait exprès Lupin ! Quoi que ça ne m'aurait qu'à moitié étonné de votre part.
James tourna un regard dangereux vers la personne qui accompagnait Remus.
- Crois bien que si on avait eu le choix, on t'aurait apparié au calmar géant, histoire que tu prennes un bain pour une fois, lança Sirius qui avait également entendu la réplique.
Rogue lui adressa un regard noir mais ne répondit pas comme Tara venait de lui sauter sur le dos et de lui coller un baiser sur la joue, faisant grimacer James et Sirius de dégoût.
- Ouais ! C'est super que vous soyez ensemble ! s'exclama Tara, apparemment enchantée de la situation.
- Tu n'es liée à personne toi ? demanda Peter.
- Ben non, je connais tout le monde, répondit la jeune fille sur le ton de l'évidence.
- Le risque que tu tombes sur quelqu'un qui ne t'aime pas était en effet minime, acquiesça Stimpson qui venait d'apparaître à côté d'eux, traînant derrière elle la Serpentard qui lui était appariée et qui, en plus de ne pouvoir parlé, ne pouvait plus non plus bouger.
- Tu ne crois pas que les professeurs vont avoir à en redire quelque chose ? demanda Peter en haussant un sourcil.
- Penses-tu ! Ils vont au contraire venir me remercier pour les avoir libérer de la voix perçante de cette hystérique !
Rogue ne releva même pas l'insulte faîte à sa camarade de maison et se détourna du petit groupe, entraînant Remus avec lui par surprise.
- Tu vas où comme ça ? l'arrêta James.
- Je t'ai suivi jusqu'à tes chers amis, Lupin, maintenant j'ai besoin de changer d'air.
- Si tu crois que…
Mais Sirius fut interrompu par Remus.
- Arrêtez avec ça, c'est bon, on se verra plus tard. Ce n'est vraiment pas le moment de déclencher une dispute.
- Tu ne vas quand même pas lui faire confiance !
- Bien sûr que si ! s'exclama Tara à sa place, enthousiaste.
Elle se pencha vers Rogue pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille qui ne parut pas plaire au garçon mais il prit malgré tout un vague air résigné.
- On va se contenter d'aller aux mêmes endroits sans s'adresser la parole jusque demain, je ne vais pas vous le réduire en cendre votre animal de compagnie.
James vit Remus se tendre brusquement et détourner le regard. Il pensait certainement au garou, même si Rogue ne faisait évidemment pas allusion à cela.
- Cette insulte, tu la paieras, Servilus, siffla Sirius entre ses dents, conscient qu'attaquer maintenant pourrait rallonger la durée du lien entre lui et Remus.
Ils s'éloignèrent et James se tourna vers Evans pour la voir regarder dans la direction de Remus avec inquiétude, visiblement soucieuse de la sécurité de son ami, mais elle revint vite à ses propres problèmes.
- Bien… J'avais prévu d'écrire une lettre ce soir et ce n'est sûrement pas toi qui va m'en empêcher, Potter. C'est ta faute si on est dans cette situation alors on va faire ce que je dis, compris ?
- Je suis tout à vous, charmante demoiselle, assura James avec une révérence.
- On se revoit tout à l'heure, vieux, déclara Sirius. Je ne peux pas embarquer une Serpentard chez nous, après tout !
- Me ferais-tu si peu confiance ? ricana Wanda Canaris.
James n'eut pas le temps d'entendre la réponse de son ami qu'Evans le traînait déjà hors de la Grande Salle.
- Alors tu vas envoyer une lettre à tes parents pour leur faire part de tes constants progrès ? demanda James, soucieux de se faire mieux voir de la Gryffondor. Ta métamorphose au cours de McGo aujourd'hui était géniale, tu…
- Ce que je fais de ma vie ne te concerne en rien, alors évite de me poser des questions. En fait, évite de me parler tout court et peut-être que muet comme une carpe et invisible, je t'apprécierai.
- C'est cruel de me dire ça alors que je fais des efforts pour toi, sourit James.
La jeune fille le regarda en coin sans cesser d'avancer, semblant le jauger du regard.
- Je veux bien t'accorder une chance, Potter. Même si je doute que tu puisses être autre chose qu'arrogant, tu peux essayer de me montrer le contraire.
- Ah ! Je savais qu'on allait parvenir à s'entendre ! Bon, alors si tu me disais pourquoi tu m'en voulais tant jusqu'alors ?
- Il y a un moment que la raison première n'est plus d'actualité, quand au présent, si tu n'es pas capable de comprendre par toi-même de quoi il retourne, je ne peux rien pour toi.
- Quand même ! Je pourrais essayer de changer ça !
- Tu changerais parce que je te l'ai dit ? demanda Lily, sceptique.
- Et pourquoi pas ? Depuis que je t'ai vue combattre contre Voldemort et ses Mangemorts, je meurs d'envie que tu t'entraînes avec nous ! On est bien plus doués que tous ces idiots qui ne comprennent pas des trucs aussi simples que les métasortilèges ou…
- Tu inclues beaucoup de monde dans "ces idiots" ? le coupa sèchement Evans.
- Hein ? Ben tous ceux qui comprennent pas.
- Autrement dit plus des trois-quarts de notre année. Ce n'est pas parce que tu as des facilités qu'il faut t'imaginer que c'est pareil pour tout le monde, cette partie du programme est l'une des plus complexes !
- Et alors ? Tu comprends bien, non ? Je ne vois pas ce qui…
- Toi en revanche tu ne comprend rien à rien, l'interrompit à nouveau la Gryffondor avant de donner le mot de passe à la grosse dame devant laquelle ils venaient d'arriver.
James la suivit sans parler, perplexe face à sa réaction. Il lui avait fait un compliment, non ? Alors pourquoi semblait-elle lui en vouloir ? Il n'arrivait vraiment pas à la cerner.
Sans se soucier de lui, la jeune fille monta les escaliers vers son dortoir, James la suivant automatiquement. Il ne réalisa la situation qu'une fois arrivé en bas des marches.
- Euh… Evans… Tu ne devrais peut-être pas…
Mais il avait déjà posé son pied sur la première marche de l'escalier de pierre et celui-ci se transforma soudain en toboggan, prenant Lily par surprise qui dégringola jusqu'en bas avec un cri de stupeur, s'effondrant sur James, les projetant tous deux à terre.
- Ouf ! T'es pas légère, dis donc, souffla James comme la Gryffondor était tombée sur lui.
Celle-ci le regarda avec stupeur avant de devenir rouge de colère et de se relever.
- Goujat ! Et qu'est-ce qui t'a pris de monter ?
- C'est ta faute ! Je te rappelle que nous sommes liés !
- Ma faute ? répéta Lily avec indignation. Et qui nous a lié ? Comment je fais pour aller chercher mes affaires maintenant ?
- Je vais te prêter du parchemin et une plume, voilà tout ! Je te laisserai même utiliser Falke si tu veux, ça te va ?
La jeune fille le regarda d'un air suspicieux puis hocha la tête.
- D'accord, alors allons dans ton dortoir.
Elle le suivit dans les autres escaliers, James remarquant avec consternation qu'elle était toujours furieuse.
- C'est quoi, Falke ? demanda-t-elle soudain. Ta chouette ?
- Non, ma chauve-souris, elle doit être dans le dortoir à cette heure-ci.
Il la fit entrer dans la pièce et Falke, qui était en effet rentrée, fit la fête à son maître pour lui souhaiter la bienvenue.
- Doucement, tu vas rendre mes cheveux pires que d'habitude, grommela-t-il comme elle s'accrochait à sa tignasse.
Il la prit délicatement entre ses mains et la présenta à Lily.
- Evans, voici Falke, la roussette la plus intelligente de l'Univers, elle a de qui tenir.
La Gryffondor ne releva pas la remarque et s'approcha avec prudence, avançant la main pour caresser l'animal. Falke renifla une seconde les doigts de la jeune fille avant de leur donner un coup de langue et de s'envoler pour s'accrocher à son épaule, continuant à lui donner des coups de langue dans le cou.
Cela devait chatouiller car Evans pencha la tête de côté en rigolant et en attrapant doucement la chauve-souris. James resta un moment figé devant le sourire joyeux de la jeune fille qui semblait avoir totalement oublié son existence. Ses cheveux lui tombaient sur les épaules, voilant légèrement son visage et rendant ses yeux plus foncés qu'ils ne l'étaient. Le garçon était hypnotisé par ce visage rempli d'une douceur qu'il n'avait jamais vu à sa camarade.
- POTTER !
Le garçon sursauta, une main sur son cœur, l'air horrifié.
- Non mais ça va pas de crier comme ça ! s'insurgea-t-il.
- Ça fait un moment que je t'appelle, ça ne va pas ?
La jeune fille semblait hésiter entre méfiance et inquiétude, ce qui ravit James, tout n'était pas perdu.
- Heureux de voir que tu te préoccupes de ma santé, dit-il.
- C'est ça, soupira Evans. Et si nous prenions tes affaires, qu'on puisse redescendre dans la salle commune.
Tandis qu'elle rédigeait sa lettre, James n'arrêta pas de parler de tout et de rien, obligeant la jeune fille à recommencer plusieurs fois son courrier comme sa colère lui faisait faire des mouvements brusques qui tachaient le parchemin d'encre. Le garçon continuait de lui parler et elle de s'énerver lorsqu'ils se rendirent à la volière.
- Je ne vois pas comment énumérer tes soi-disant qualités pourrait m'aider à avoir une meilleure opinion de toi, souffla-t-elle dans un effort de se contenir de hurler.
- C'est pour que tu me connaisses mieux ! déclara James avec évidence. Et puis comme ça tu réalises que je suis bien mieux que tu ne le pensais !
- Je vois surtout que tu es plus arrogant que je ne l'aurais cru et je peux t'assurer que j'avais déjà une haute estime de ton niveau en la matière !
- Ah ben tu vois que tu m'as en estime, répliqua James, guilleret.
Evans inspira profondément pour se retenir de lui sauter à la gorge.
- Ça aurait quand même été plus simple si tu avais laissé Falke s'occuper de ton courrier, elle est fiable, tu sais ?
- Ce n'est pas de sa fiabilité que je doute, Potter.
- Tu me brises le cœur, tu sais ? Tu n'as donc aucune compassion ?
Il lui adressa son meilleur regard d'enfant suppliant sa maman de lui acheter des chocogrenouilles mais ne se reçut qu'un roulement d'yeux exaspéré avant qu'Evans entre dans la volière et appelle un oiseau.
James grimaça, se demandant comment il pourrait faire en sorte que la jeune fille ne le regarde plus avec cette constante lueur de désapprobation et de colère.
- Bon, d'accord, on reprend à zéro, annonça-t-il quand ils se retrouvèrent dans les couloirs. Je te laisse faire la conversation, décider du sujet, et moi je me contente de suivre, ç marche ?
- Alors si je ne dis rien, tu ne parleras pas ?
- Exactement !
- …
Ils traversèrent plusieurs couloirs sans dire un mot, James lançant de nombreux coups d'œil à sa camarade qui n'en avait que faire.
- Mais ce serait plus agréable de discuter quand même, craqua finalement le garçon en tentant un sourire contrit.
- Je savais bien que ça ne durerait pas, grommela Evans. Bon, qui ne tente rien… Qu'est-ce que tu sais du monde des Moldus ?
- Le monde des… euh… ben ils n'ont pas de pouvoirs magiques et… ils se débrouillent…
- Les connaissances du grand James Potter ne semblent pas si illimitées que ça, commenta la jeune fille.
- Il n'y a que des sorciers dans ma famille, c'est normal ! se défendit James.
- Il n'y a aucun sorcier dans ma famille et j'ai dû me renseigner sur le monde de la magie, répliqua Evans.
- Mais tu avais des amies pour ça, répondit le Gryffondor. Je n'avais pas de raison de m'intéresser aux Moldus.
- Remus est un sang-mêlé, non ? Tu aurais pu te renseigner pour lui.
James eut un sourire amusé mais ne répondit pas. Ce n'était pas vraiment sur les origines de Remus que s'étaient portées leurs recherches, à lui, Sirius et Peter.
- Remus ne parle jamais des Moldus, sauf peut-être pour ce qui est des livres.
- Je vois, soupira la jeune fille qui paraissait s'empêcher de dire quelque chose.
- Il n'y a vraiment jamais eu de sorciers dans ta famille ? demanda soudain James, curieux. Comment ça s'est passé lorsque tu as reçu ta lettre de Poudlard ?
- Ça t'intéresse vraiment ? s'étonna sa camarade.
- Sinon je te demanderai pas. Tu n'as pas de frère ou sœur qui présentent des dons magiques ?
- Non, répondit la jeune fille après une hésitation. J'ai une sœur plus âgée mais elle n'a jamais montré aucun don pour la magie.
- Et ton père ? Tu sais que c'est la première fois qu'un Moldu est aussi important dans le monde de la magie ? Enfin, pas vraiment, il y a eu des précédents, mais pas depuis longtemps.
- Comment tu sais pour mon père ? demanda Evans, surprise. Je ne pensais pas que tu t'intéressais autant à la politique.
- Avec le climat actuel, tout le monde s'y intéresse plus ou moins, rigola-t-il, choquant un peu la jeune fille de parler du sujet avec autant de légèreté. Mais ce sont surtout mes parents qui en parlent en fait, ma mère est reporter et mon père Auror, alors ils sont assez au courant.
- Ta mère travaille à la Gazette ?
- Oui ! Et je peux te dire qu'elle est célèbre dans le métier, déclara-t-il avec fierté.
Sa camarade le regarda bizarrement une seconde avant qu'elle ne laisse un sourire fleurir sur son visage.
- Ma mère est biologiste, dit-elle, et elle est passée chef de service l'an dernier. Elle était très heureuse, ce n'est pas un poste que beaucoup de femmes obtiennent.
- Bio…. euh… Pourquoi est-ce qu'elle ne pourrait pas y accéder en tant que femme ? se renseigna James en abandonnant l'idée de répéter le mot inconnu.
Ils parlèrent ainsi jusque dans la Grande Salle, et même lorsqu'ils s'y arrêtèrent, sous le regard surpris de nombreux élèves qui auraient pensé les retrouver en train de se taper dessus. Il y avait peut-être une chance pour que ces deux-là s'entendent finalement.
o
Quelques étages plus bas, dans l'un des cachots les plus profondément enfouis du château, l'ambiance au sein de deux liés ne s'annonçait pas autant au beau fixe. Remus, assis à une table, regardait depuis déjà près d'une heure Rogue s'affairer autour d'un chaudron avec une extrême concentration. Il avait bien essayé de faire ses devoirs mais la présence de Rogue dans la même pièce ainsi que les effluves de sa potion étaient trop oppressants pour lui permettre de réfléchir sur sa dissertation de métamorphose.
Il pensa aux progrès de ses amis dans leurs tentatives pour devenir des animagi. Au départ, il avait été étonné que seul Sirius lui montre à quel point il se perfectionnait, mais il n'en avait rien dit, décidant de leur faire confiance, du moins jusqu'à un certain point. Quelques jours plus tôt, tous trois s'étaient en partie métamorphosés devant lui et bien que la transformation semblait être un peu douloureuse à Peter, ils maîtrisaient bien la technique désormais. Cependant, James avait décrété qu'à compter de ce jour-là, il devrait attendre qu'ils aient totalement acquis leur animagus pour qu'ils les voient, désireux de lui faire la surprise lorsque le moment serait venu. Rassuré sur l'absence de risques à ce stade si ce n'était de ne jamais parvenir à la métamorphose complète, Remus avait accepté l'idée.
Un sourire s'ébaucha sur ses lèvres alors qu'il songeait qu'ils pourraient très bien y arriver avant Noël s'ils continuaient à s'entraîner autant qu'ils le faisaient. Et peut-être pourraient-ils l'accompagner à la prochaine pleine lune… Remus ferma fortement les yeux, appuyant ses poings dessus, à force d'entendre James et Sirius en parler comme une évidence, il commençait à se faire à l'idée de les avoir avec lui durant ces nuits mais c'était bien trop risqué, quoi qu'ait pu en dire Dumbledore. Et pourtant le directeur était quelqu'un qui ne disait jamais rien qui ne soit sûr et, au fond du jeune Gryffondor, la flamme de l'aventure s'était allumée dès l'instant où les autres avaient suggéré de venir le rejoindre. Remus avait peur de ce qui pouvait arriver, et paradoxalement, il sentait en lui quelque chose qui le poussait à acquiescer avec enthousiasme à la proposition de Sirius de sortir de la cabane hurlante. Il pouvait réfréner cette envie autant qu'il le voudrait, elle n'en resterait pas moins présente, et il savait pertinemment qu'il finirait par lui céder.
Il leva son regard vers Rogue avec un faible soupir, se demandant s'il devait essayer d'établir une discussion ou non. Le Serpentard était un personnage profondément antipathique et associable, il suffisait de le voir pour le comprendre. Il n'était pas de ces gens qui semblent en vouloir au monde entier mais plutôt de ceux qui désirent que le monde les laisse en paix et faisaient tout pour. Remus n'avait rien contre le garçon aux cheveux gras en particulier, il savait que les insultes qu'il lui lançait, il les devait au fait d'être ami avec James et Sirius et il n'en avait cure. Par contre il reconnaissait qu'il n'était pas des plus fréquentables avec sa manie d'insulter ceux qui n'étaient pas de "sang pur", bien qu'il se soit calmé depuis que Tara le voyait de plus en plus.
La Gryffondor était une autre raison pour laquelle Remus laissait le bénéfice du doute à Rogue. Tara avait beau s'entendre avec "tout le monde", il existait certains élèves auxquels elle ne s'était jamais frottée, tels que Malefoy et sa bande quelques années plus tôt, et Wilkes, Rosier ou encore Hargow aujourd'hui. Le garçon doutait que le fait qu'elle les évite ne soit dû qu'au hasard, c'était au moins une chose qu'il reconnaissait à la jeune fille, alors Rogue n'était peut-être pas si terrible que ça.
Il attendit qu'il ait fini de doser une quelconque substance pour prendre la parole.
- Tu révises une potion du programme ? demanda-t-il aimablement.
Rogue se tourna lentement vers lui et le regarda avec des yeux tels que Remus songea que ça n'avait pas été une si bonne idée que ça de lui parler.
- Hormis le fait que ce que je fais ne te regarde aucunement, ça ne m'étonne pas qu'un type aussi médiocre que toi en potion ne remarque pas que nous n'avons jamais étudié cette potion en cours.
Remus grimaça comme il s'en retournait à sa préparation et fit une nouvelle tentative.
- Désolé, je voulais juste entretenir la conversation. Après tout nous sommes bloqués ensemble jusque demain, à défaut de nous entendre, nous pourrions rendre ce temps moins ennuyeux.
- Qui s'ennuie, Lupin ? demanda le Serpentard avec indifférence. A moins que tu n'imagines que le sortilège puisse se défaire avant l'heure. Après tout, tu es le mieux placé pour le savoir, renifla-t-il avec mépris, sauf si tu t'imaginais que nous pouvions nous apprécier avant la duré impartie.
Il avait terminé sa phrase d'un ton moqueur et Remus s'en sentit irrité, avait-il besoin d'être aussi désagréable ? Il pouvait essayer de faire des efforts, tout de même. Un nouveau silence s'installa et bientôt, Rogue s'assit à un bureau, laissant sa mixture mijoter et ouvrant ce qui semblait être un carnet.
- Je suis désolé, dit Remus au bout d'un moment.
Rogue ne réagit même pas et tourna une page.
- Pour James et Sirius, explicita le Gryffondor après un instant. Je crois qu'ils ne réalisent pas qu'ils…
- Tu t'attends peut-être à ce que je me lève pour aller leur dire que je leur pardonne ? le coupa sèchement Rogue sans lever le nez de son livret.
- Euh… Non, mais…
- Alors évite de parler pour ne rien dire.
- Ecoute Rogue, je sais bien…
- Es-tu complètement idiot ou simplement sujet à des surdités passagères ? l'interrompit à nouveau le Serpentard en levant enfin un regard irrité vers son comparse. Je n'ai aucune envie de t'adresser la parole, c'est pourtant simple à comprendre, tu ne crois pas ? Quoi que ça ne m'étonnerait pas de t'avoir encore trop surestimé en t'accordant la possibilité infime d'une once d'intelligence sous le roc de stupidité qui te sert de cerveau. Je me demande ce que Tara peut bien trouver d'intéressant en toi pour te faire l'honneur de sa présence.
La dernière phrase parut remplie d'amertume à Remus, mais il ne prit pas vraiment garde à cela, il n'avait pas l'intention de se laisser insulter sans réagir.
- Et moi je me demande comment tu peux encore être ainsi à tellement la fréquenter. Tu sembles pourtant l'apprécier, je me trompe ? Tu n'as pas envie qu'elle soit fière de toi ?
- Encore une fois tu n'as rien compris à ma cousine, Lupin, ricana Rogue. Au moins cela me rassure-t-il, elle ne s'attardera pas longtemps avec toi quand elle réalisera la faible capacité de réflexion que tu as. Après tout, je l'apprécie, comme tu le dis si bien, et cela me désolerait qu'elle ait de si mauvaises fréquentations.
- Tu parles pour moi ou pour ses amies ? Que je sache, l'une de ses meilleures amies est l'une de celles que tu traites de "Sang-de-Bourbe". As-tu si peu confiance en ta cousine ou lui portes-tu si peu d'estime que tu ne puisses reconnaître les gens qu'elle aime ?
- Parce que tu crois qu'elle te considère comme un ami ? se moqua le garçon. Je croyais que tu ne pouvais pas la supporter.
- Contrairement à toi, je suis capable de revoir mon jugement sur les gens. Et non, je ne la considère pas comme une amie, même si je commence à l'apprécier.
- "Tu commences", hein ?
Rogue le darda de ses yeux froid et laissa échapper une exclamation cynique.
- Tara est bien libre de fréquenter qui elle veut, je n'ai aucun droit sur sa vie, si tu ne peux comprendre cela, tu ne la comprendras jamais elle. Tu ne sais rien d'elle, tu ne sais pas ce qu'elle est, ce qu'elle représente, et tu ne seras jamais apte à le savoir. Elle te surpasse Lupin, bien plus que tu ne l'imagineras jamais, et rien que penser que tu lui adresses la parole me donne la nausée.
Il se rapprocha de lui, empli d'une colère que ne comprenait pas Remus.
- Tu m'es méprisable Lupin. Toi, le gentil Gryffondor toujours prêt à aider son prochain et à donner des leçons de morale, mais je vais t'en donner une moi, bien que je me doute de la perte de temps que ce sera te concernant. Tu crois tout savoir, tu penses que tout t'est acquis, tu te vois supérieur aux autres parce que tu t'imagines que tu comprends tout bien mieux qu'eux alors que tu es certainement l'être le plus inférieur de tous. Avant de parler pour les autres, je te conseille fortement de regarder vers toi et de réfléchir à ce qu'est réellement ta vision du monde. Avec un peu de chance, tu réaliseras ce que je suis en train d'essayer de te faire comprendre et je pourrai assister à ta déchéance.
- Mais enfin, qu'est-ce que je t'ai fait ? souffla Remus, stupéfait de la fureur que le Serpentard avait mis dans ses mots.
Rogue ne put répondre comme la porte du local s'ouvrait sur une tornade rouge qui fondit sur eux avec un rire joyeux.
- J'ai mis du temps à venir, je suis désolée ! s'exclama gaiement Tara. Ooooh ! Tu as presque terminé Severus, c'est super ! ajouta-t-elle en regardant le chaudron.
Le Serpentard adressa un dernier regard noir à Remus et se tourna vers Tara pour confirmer. Le Gryffondor n'eut pas le temps de plus réfléchir à cette aversion bien supérieure à tout ce que le Serpentard lui avait jamais adressé puisque Tara les entraîna dans les couloirs en discutant joyeusement à l'un et à l'autre sans se soucier du fait qu'ils se tenaient aussi éloignés que leur permettait le sortilège qui les liait.
Ils croisèrent en chemin deux autres Serpentard, une fille qui s'appelait Anne d'après la manière dont l'avait interpellée Tara et Elmer Parkinson, qui était poursuiveur dans leur équipe. Le garçon semblait mécontent de se trouver là et lançait des regards meurtriers à la jeune fille lorsqu'elle ne le regardait pas. Remus en conclut qu'ils étaient dans le même cas que lui et Rogue et se demanda vaguement pourquoi Parkinson avait l'air de vouloir immoler sa condisciple sur place.
- Ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vus, Severus, comment vas-tu depuis le temps ? demanda la Serpentard avec un sourire en coin un peu inquiétant.
Remus tourna les yeux vers le garçon pour le voir crisper la mâchoire, l'air sur ses gardes.
- Toi tu as l'air en pleine forme, Sinclair.
- Evidemment, rigola-t-elle, grâce à ces Gryffondor, j'ai un serviteur jusque demain !
Le Maraudeur remarqua alors qu'Elmer Parkinson portait deux sacs de cours, le sien et certainement celui de la jeune fille.
- Je ne te permets pas de m'insulter de la sorte ! s'insurgea d'ailleurs le Serpentard en l'entendant parler ainsi. Dois-je te rappeler que…
Il s'arrêta de lui-même comme Sinclair s'était lentement tournée vers lui avec un sourire qui ne présageait rien de bon.
- Tu as quelque chose à redire, Elmer ? demanda-t-elle d'une voix suave.
- Je… Je fais partie d'une puissante famille et tu aurais tort de me sous-estimer, déclara-t-il bien qu'il avait l'air d'avoir perdu toute son assurance.
- Et moi je ne viens que d'une famille de seconde main, n'est-ce pas ? ajouta Sinclair toujours sur un ton doucereux plutôt effrayant. Dis-moi Elmer, es-tu en train de sous-entendre que je devrais prouver ici et maintenant ma supériorité sur toi ? Non parce que si c'est le cas, je n'y vois pas le moindre inconvénient.
Le Serpentard ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche sans parvenir à répondre et finit par pousser un grognement de frustration en détournant le regard sous les yeux stupéfaits de Remus.
- Brave petit, sourit grandement Sinclair avant de se tourner vers Remus. Quant à toi, permet-moi de te remercier pour ce petit cadeau bien pratique. Je suis à Serpentard, j'espère que tu ne m'en voudras pas de ne pas m'acquitter de cette dette ?
- Je n'avais pas l'intention de le demander, répondit le Gryffondor en fronçant les sourcils.
Ce n'était pas que cette jeune fille lui était désagréable mais elle ne lui paraissait ni très recommandable, ni très saine d'esprit avec son sourire à la limite de la psychotique qui ne la quittait pas. Elle eut d'ailleurs un ricanement à la fois narquois et amusé à sa réplique.
- Intéressant, sans nul doute, se contenta-t-elle de dire. Et bien nous allons vous laisser, il reste après tout une recherche à finaliser, n'est-ce pas Elmer ?
Parkinson grommela quelque chose d'inaudible mais visiblement, Sinclair n'attendait aucune réponse puisqu'elle se tourna vers Rogue.
- A très bientôt Severus. Nous n'avons guère l'occasion de nous voir mais j'espère bien que cela… changera par le futur.
Elle avait terminé sa phrase à quelques centimètres de son oreille sur un ton caressant qui arracha un frisson à Remus alors que Rogue faisait un bond de côté en regardant la fille avec horreur, et ce jusqu'à ce qu'elle disparaisse au coin d'un couloir.
- Anne Sinclair ? demanda Remus en regardant Tara.
- Elle est en sixième année, lui indiqua-t-elle. Elle est sympa, hein ?
Elle avait demandé ça avec un sourire jusqu'aux oreilles et une sincérité si déconcertante que Remus n'eut pas le cœur de la contredire. Il se contenta de hocher la tête tout en songeant qu'il ferait désormais attention à ne pas se trouver sur son chemin.
Un coup d'œil vers Rogue lui indiqua qu'il partageait cet avis, mais ce serait certainement la seule et unique chose qu'ils partageraient jamais. Avec un soupir, il entreprit de discuter avec Tara de la récente découverte d'un sortilège de camouflage, sans remarquer le regard assassin que lui adressa Rogue.
o
Depuis près d'une heure, Sirius tentait par tous les moyens de semer Wanda Canaris afin de prouver qu'elle n'éprouvait pas de réelle antipathie pour lui. Il s'était même rendu dans les toilettes des garçons mais elle l'avait suivi. Malheureusement, avec le caractère de la jeune fille, il aurait été bien en mal de dire si c'étaient les effets du sortilège ou de son propre chef.
- En fin de compte, sortilège ou pas, tu ne fais pas grand-chose pour t'écarter de moi, remarqua-t-il, ce qui prouve bien que tu es attaché à moi.
- Ou alors cela prouve que je désire garder le mystère sur mes intentions…
- Ah parce qu'il y en a un ? se moqua le garçon.
- Ris autant que tu veux, pendant ce temps, tu ignores de quoi il retourne réellement.
Sirius ricana mais ne répondit pas. C'était devenu un jeu, un jeu très amusant et qu'il n'aurait manqué pour rien au monde. Au fond, il savait qu'elle l'aimait bien et elle savait que la réciproque était vraie. Ils étaient trop semblables malgré leurs divergences pour qu'il en soit autrement de l'avis du garçon. Cela l'avait amusé d'entendre les quelques rumeurs sur la potentialité qu'ils se mettent en couple – il avait d'ailleurs du mal à comprendre pourquoi il n'y en avait pas eu plus tôt – puisqu'il lui semblait que jamais il ne pourrait envisager ce genre de relation avec elle. Peut-être était-elle cette sœur qu'il aurait dû avoir… mais non, c'était encore autre chose et, franchement, il n'en avait que faire.
- Tu m'as fait faux bond ces derniers temps, dit-il en faisant référence à ce qu'ils ne s'étaient guère adressés la parole dans les dernières semaines.
- Et bien cela n'est-il pas une preuve qu'on se lasse vite de toi ? demanda-t-elle avec le plus grand sérieux.
- L'indifférence peut être une défense contre tout autre chose, déclara-t-il philosophiquement non sans un sourire narquois.
- Dois-je te rappeler ce qui s'est passé la dernière fois que tu as fait ce genre d'allusions ou devrais-je une nouvelle fois te corriger suite à des mots déplacés ?
- Quel joli verbiage, soupira Sirius d'un air inspiré, on reconnaît bien là l'héritage d'une noble famille. Et non merci, la gifle de la dernière fois m'a suffie. Pour être franc, je m'attendais à un coup de poing de ta part…
- Cela n'aurait guère convenu à mon rang… Mais méfie-toi qu'à la prochaine boutade tu ne te retrouves pas avec quelques dents en moins, après tout, j'ai renié ce rang…
- Tu deviens violente, grimaça le Gryffondor. Où sont donc les douces et fragiles jeunes filles d'antan ?
- Parlerais-tu ainsi de nos mères ? demanda narquoisement la jeune fille.
- Admettons que je n'ai rien dit, reconnut Sirius, non pas que j'en sache autant sur la tienne, cela étant. Alors, qu'est-ce qui t'a pris tant de temps que tu m'en as presque oublié ?
- Le presque est de trop mon cher Black, et je crains de ne pouvoir répondre à ta question, du moins pas pour le moment. Après tout, nous ne sommes pas si proche que je te dévoile mes petits secrets.
- Argh ! C'est une flèche en plein cœur que tu m'envois là !
- Du moment qu'elle n'est pas de Cupidon, ironisa la Serpentard. Mais parlons de toi, es-tu revenu sur tes propos ?
- Oublie la flèche, la massue dans le ventre, c'est plus douloureux, grogna Sirius. J'ignorais que les Serpentard étaient si borné.
- J'ignorais que les Gryffondor étaient si cyniques, le singea Canaris avec un sourire en coin. J'aimerai éviter de perdre mon temps mais le sujet me semble assez important pour qu'on s'y arrête.
- Bornée et mêle-tout, hein ? souffla Sirius, désabusé. Crois-moi, tu ferais mieux de gagner ton temps.
- Remarque, je ne dis pas que je te comprends. Après tout je suis fille unique et ce fut un véritable plaisir que d'être l'unique espoir de mes parents pour rendre honneur à notre nom. En même temps cela m'étonnerait que Dolohov ait accepté de prendre le nom des Canaris, mais bon…
- Au moins les Canaris laissent-ils leur chance aux filles… murmura Sirius en serrant les poings.
- Pardon ?
- Non, rien. Je vois ce que tu veux dire mais pour une raison que j'ignore, si mes parents ont forcé mon éducation magique, il en a été différemment de Regulus. Un temps j'ai cru qu'ils avaient essayé mais ne s'était pas montré très doué, pourtant, quand il est entré à Poudlard, j'ai cru comprendre que ses résultats étaient excellents, alors je ne sais pas… En tous cas, même s'ils ne cessent de me montrer Regulus en exemple, mes chers géniteurs ne semblent voir que moi comme héritier légitime de la puissance des Black.
- C'est plutôt compréhensible…
Sirius la regarda avec étonnement.
- Ne me regarde pas ainsi, tu sais très bien ce que je veux dire. En effet, Regulus est un bon élève, mais ce n'est rien comparé à la puissance qui émane de toi. Malgré tout ce que mes parents ont voulu m'enseigner, je sais que la puissance magique n'est pas exactement quelque chose d'inné. Nous partons avec un seuil limite plus ou moins élevé, il est vrai, mais après tout dépend de si la personne cherche à l'exploiter ou non. Maintenant, certains pourront s'entraîner autant qu'ils le veulent, s'ils arrivent à leur limite, ils ne pourront aller plus haut, mais il se trouve que ta limite à toi est bien plus haut que n'importe quelle autre, tout comme pour Potter ou Lupin, même si celui-ci n'utilise pas autant son potentiel que vous.
- Comment tu sais ça, toi ? interrogea le Gryffondor en fronçant les sourcils.
- C'est une technique magique qu'on m'a enseignée parce que mon père disait que connaître la limite de quelqu'un permettait d'éviter les mauvaises surprises.
- Et tu peux faire ça avec tout le monde ? Même avec les profs ?
- Tu sais, si la puissance n'est pas innée, sa limite l'est en revanche, alors adultes ou enfants, c'est du pareil au même. La seule que je ne peux pas voir, c'est celle de Dumbledore, elle est bien trop haute… je me suis même demandée si elle existait, grimaça-t-elle, mais je pense surtout que je ne suis pas encore assez douée pour la voir.
- Alors moi, James et Remus, on a la même limite ? demanda-t-il, l'air pensif.
- Non, le potentiel de Lupin est supérieur au vôtre mais… A vrai dire c'est étrange, parce que je sens deux limites en lui, celle qui est au même niveau que la vôtre et une qui la dépasse largement, mais je crois qu'il ne peut pas l'utiliser.
Sirius ne répondit pas pendant un moment, de peur de faire une gaffe. La seconde limite, c'était certainement celle du loup-garou, celle que Voldemort avait voulu utiliser l'an passé, elle était si forte que cela ?
- Hé hé ! Ça m'amuserait bien de voir le soi-disant potentiel de Rogue.
- Tu aurais vraiment tord de le sous-estimer, sourit la Serpentard.
- Quoi ? Il n'est quand même pas plus puissant que moi et James !
- Plus, je ne crois pas, mais son potentiel vous équivaut dans une autre mesure. Je ne voudrais pas te vexer, mais même si vous n'êtes pas nombreux, il y en a d'autres à avoir une puissance magique égale à la vôtre… voire supérieure…
- Supérieure ? s'étonna Sirius. Loin de moi l'idée de me faire des chevilles aussi grosses que celles de James mais cela me semble difficile. Bien que j'ignorais qu'il existait une technique permettant de les connaître, je connaissais déjà les potentiels et j'ai une assez bonne estimation du mien pour savoir que je suis encore loin de la limite.
- Tu sais beaucoup de choses sur les potentiels ?
- Ce que tu en as dit.
- Alors tu ignores les variations de don. Les dons magiques sont, comme tu le sais, des aptitudes particulières de la magie, en fait il s'agit d'une réserve supplémentaire de magie qui est entièrement consacré au don. Mme Ventura, par exemple, a une réserve qui est impartie à son don de voyance. Ces réserves donnent un surplus de potentiel magique, mais ce surplus est inutilisable pour la magie ordinaire, si je puis dire. En fait ils ont deux niveaux de potentiel avec entre les deux une puissance spécifique.
- Je vois… C'est pareil pour Remus alors…
- Parce qu'il a un don ?
Sirius sursauta, il n'avait pas réalisé qu'il avait parlé à voix haute.
- De toute façon ce n'est pas cela, poursuivit Canaris sans lui laisser le temps de répondre. Le potentiel intermédiaire de ceux qui ont des dons est très structuré, il obéit à des lois, ce n'est pas le cas de celui de Lupin. C'est vraiment comme s'il avait deux potentiels distincts… Mais bon, cela m'importe peu de toute façon. En plus, je te rappelle qu'un potentiel n'est rien si on ne l'utilise pas. Tricia McKinnon a la même limite que toi.
- Euh… qui ça ?
- Elle est en quatrième année dans ta maison, bonne élève sans vraiment briller, elle ne sait pas exploiter ses capacités. Enfin bref, tout ça nous a éloigné de notre sujet premier.
- Et nous n'y reviendrons pas, assura Sirius. Je n'ai aucune envie de parler de lui.
- Soit, soupira la Serpentard. Dans ce cas, retournons dans la Grande Salle, à moins que tu ne comptes encore essayer de me semer ?
- C'est en fin de compte bien plus amusant de voir que c'est toi qui reste avec moi, déclara Sirius avec un sourire. Au fait, et ton potentiel à toi ?
Wanda Canaris se contenta de lui adresser un clin d'œil avec un sourire malicieux mais ne répondit pas et Sirius n'insista pas comme ils mettaient le pied dans la Grande Salle transformée en gigantesque dortoir.
Sirius repéra rapidement James et fut surpris de le voir en train de discuter avec animation mais sans animosité avec Evans. Il n'était pas le seul à être étonné d'ailleurs, aux vues des amies de la jeune fille qui regardaient dans leur direction avec perplexité. Il se tourna vers Canaris qui eut un sourire moqueur.
- Tu me demandes mon avis pour aller quelque part maintenant ? demanda-t-elle.
Sirius la regarda avec amusement et se rapprocha de son ami.
- Encore en vie James ? Ça tient du miracle !
- Mon charme fou a encore agi, sourit grandement James.
Sirius vit Evans froncer les sourcils à cette réflexion mais elle ne dit rien. Les uns après les autres, les élèves se couchèrent pour la nuit. Remus et Rogue revinrent avec Tara juste avant que James, Sirius et Peter ne décident d'aller les chercher et chacun s'abandonna bientôt aux bras de Morphée, non sans une première résistance due à la présence des autres maisons, il fallait bien le reconnaître.
Le lendemain, samedi, la majorité des élèves avaient retrouvé leur liberté comme ils avaient su s'entendre avec le second membre du groupe. Ce ne fut évidemment pas le cas de tout le monde et Remus dut à nouveau rester avec Rogue, avec lequel il repartit vers les cachots après le déjeuner en assurant aux autres que tout irait bien.
La relative bonne entente entre James et Evans ne semblait pas non plus suffire à briser le sortilège, la jeune fille restant sur ses gardes vis-à-vis du garçon. Elle et Canaris obligèrent d'ailleurs James et Sirius à les regarder jouer aux échecs une bonne partie de l'après-midi et Sirius aurait juré qu'elles le faisaient exprès pour se venger du sort. A la troisième partie, Peter, qui avait passé la journée avec Valentine, vint les rejoindre et ils firent une partie de carte explosive jusque quelques temps avant le repas.
- Remus n'est toujours pas revenu, nota Sirius.
- Non, et d'ailleurs on devrait peut-être aller voir ce qu'il en est, remarqua son ami en se levant alors que Lily s'était mise à discuter avec Wanda Canaris.
- Les filles, on va faire un tour, les prévint Sirius.
- Tu comptais nous proposer de vous accompagner, c'est bien aimable à toi, Black, répondit Canaris d'un air neutre comme elles étaient de toute façon liées à eux.
- Nous vous avertissions juste pour que vous ne soyez pas prises au dépourvu, assura galamment Sirius.
- De toute manière j'avais envie de me dégourdir les jambes, intervint Lily.
Les cinq élèves ressortirent et s'engagèrent vers les cachots, les garçons en avant et les filles discutant derrière sans faire attention à la direction qu'ils prenaient.
- On n'aurait vraiment dû insister pour qu'ils restent avec nous, grogna Sirius.
- Mais Rogue ne lui fera rien, non ? Il l'a promis à Tara, il me semble, rappela Peter.
- Je ne vois pas ce qu'une promesse de Servilus peut valoir, dit James d'une voix pleine de bon sens.
- Ben c'est surtout qu'il l'ait faite à Tara, remarqua Peter. Il ne lui refuse jamais rien.
James et Sirius le regardèrent avec étonnement, n'ayant pas fait attention à cela.
Une voix familière leur parvint d'un autre couloir à un croisement et James et Sirius n'eurent qu'à échanger un regard pour sortir tous deux leurs baguettes avec un sourire narquois. Tout se passa très vite, Evans nota leur mouvement et voulut leur demander ce qu'ils comptaient faire, Remus et Severus apparurent à l'angle du couloir et deux rayons frappèrent de plein fouet le Serpentard qui se retrouva brusquement projeté dans les airs avant de partir en vrille à une vitesse hallucinante et de retomber à terre dans un bruit mat.
- Ça c'est pour avoir insulté un Maraudeur, Servilus, lança Sirius d'un air mauvais.
- Wahow ! C'était impressionnant ! s'exclama Peter, les yeux écarquillés.
James et Sirius semblaient très fiers d'eux, Peter émerveillé, Wanda Canaris avait haussé un sourcil sceptique et Remus et Evans étaient paralysés de stupeur. Ce fut la jeune fille qui se réveilla la première et courut vers le Serpentard en poussant les deux Gryffondor satisfaits.
- Hé ! Fais gaffe Evans, il pourrait… commença James.
- Vous êtes complètement malades tous les deux ! hurla-t-elle à leur intention avant de se pencher vers le garçon inanimé, bientôt aidé par Remus qui s'était remis de sa stupeur.
- Il faut l'amener à l'infirmerie, je m'en occupe, dit le châtain en sortant sa baguette.
- C'est pas la peine de l'aider ! lança nonchalamment Sirius. La vermine, ça a la vie dure.
Remus lança un sort d'allégement sur le corps du Serpentard et le mit sur ses épaules avant d'avancer vers ses amis.
- Remus, tu vas pas…
- Vous, le coupa son ami sans même le regarder, la voix grondante, vous restez ici. Je vous retrouverai au dortoir quand le charme sera levé.
Et il leur passa devant sans lever les yeux, l'air passablement furieux. Canaris fit mine de le suivre puis parut se souvenir du sortilège et s'adossa au mur, bras croisés. Sirius voulut lui demander ce qu'elle attendait comme ça lorsqu'Evans se rappela à son bon souvenir.
- Vous êtes inconscients ! rugit-elle. Ce n'est pas possible d'être aussi stupides et lâches !
- Il avait insulté Remus plus tôt ! se défendit James. Et nous ne sommes pas lâches !
- Tu appelles ça comment des gens qui attaquent par surprise, deux contre un, quelqu'un sans défense ? J'ai bien fait de me méfier de toi, Potter. Comme je le pensais, tu es incapable de changer ! Heureusement que le charme sera rompu d'ici une heure, je n'aurai pas supporté plus ta compagnie de petit prétentieux aliéné. Tu pourras attendre longtemps avant que je t'adresse de nouveau la parole autrement que pour te tancer ! Et n'essaie même pas de te justifier, Potter, ajouta-t-elle comme le garçon ouvrait la bouche.
Elle passa devant lui d'un pas furieux et il n'eut d'autre choix que de la suivre en lançant un regard d'incompréhension à Sirius qui haussa les épaules.
- Ce coup-là, ça va t'en prendre de la patience pour qu'elle s'en remette, remarqua négligemment Canaris en se mettant en marche à leur hauteur, s'attirant un regard perplexe de James.
- Remus avait vraiment l'air en colère, dit soudain Peter d'une voix blanche.
Les deux autres le regardèrent puis échangèrent une grimace, ça n'allait pas être facile d'affronter Remus si celui-ci était fâché. Ils avaient déjà donné une fois, ils espéraient juste que leur ami ne serait pas aussi en colère que ce jour-là, sinon ils en auraient pour leur grade.
Le charme s'arrêta comme prévu à l'heure exacte et les derniers liés s'éloignèrent avec soulagement de leurs comparses. Les Maraudeurs eurent une retenue pour la peine et ils se tinrent à carreaux pendant quelques jours, mais bizarrement, ça ne semblait pas dû à McGonagall, Remus Lupin paraissait singulièrement les avoir à l'œil.
La blague fit tout de même plus d'amusés que de rancuniers, surtout que le couple qui perdura le plus longtemps avant la levée du sortilège – deux jours de plus ! – faisait vraiment rire les foules. Ce n'était après tout pas les jours qu'on voyait Argus Rusard forcé de se coltiner un élève vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et c'était d'autant pus hilarant que Gerald Hargow n'était guère apprécié dans le collège. Finalement, cette troisième semaine de novembre commença plutôt bien, et puis les vacance de Noël arrivaient à grands pas.
(à suivre…)
Chapitre 7 : On est leeeeees aniiiimagus ! On va éclater Argus ! (Aaah ! Les Animaniac's, que de bons souvenirs ! lol) Vous avez aussi le droit de chanter « Petit papa nouyeeeeeeeeel », même si c'est pas la saison, mdr !
°O°
BONUS
NB : Avant de commencer, je tenais à préciser que suite à une remarque, j'ai été forcée de constater que… AUCUN dico ne me donnait la traduction : « run away » « bord de mer ». Mais OU est-ce que j'ai été pêché ça ? La question se pose et… je n'ai pas la réponse :-S Je sais juste que j'avais bel et bien mis ce nom pour cette traduction mais j'ignore où je l'ai tirée, si qq'un a une explication qui ne mettrait pas en cause ma folie… (genre un américanisme très peu connu… lol)
Les noms et significations (suite et fin… quoi que…):
Wanda Canaris et Wilhelm Carvi, donc, arrivons-en ;-) On va faire simple : Wilhelm Canaris était un amiral allemand nazi à l'époque de la 2e guerre mondiale, mais il a joué contre les nazis et aurait même eu des contacts avec les Alliés (un traître dans le camp nazi, en résumé). L'histoire est plus complexe et on la trouve en entier dans Universalis, si ça intéresse qq'un, je l'ai mise en entier à la suite.
Wilhelm Carvi, est donc ici l'opposé de Wilhelm Canaris, puisque celui-ci fait croire être avec Dumbledore alors qu'il est en réalité avec Voldemort (inversement, le vrai Canaris faisait croire être avec l'Axe quand il était du côté des alliés)
Quant à Wanda Canaris, même si elle ne prétend pas être dans un camp qu'elle n'est pas, elle était à l'origine supposée être dans celui de Voldemort. Quant j'ai trouvé son prénom (Wanda), j'ai réalisé qu'il serait simple de faire correspondre les initiales de ces deux personnages au travers du personnage historique de Wilhelm Canaris, et voilà comment Wanda s'est retrouvée avec le nom de cet amiral (rien à voir avec le mignon petit zoziau jaune, donc, lol)
CANARIS WILHELM (1887-1945) amiral allemand
Fils d'un maître de forges, Karl Canaris, de lointaine ascendance italienne, Wilhelm Canaris est le benjamin de trois enfants. Intelligent, vif d'esprit, espiègle, il fait ses études au lycée de Duisbourg, lit beaucoup, retient sans effort et apprend facilement les langues. Au début de la Première Guerre mondiale, il prend part au combat naval de Coronel, puis à celui des Falkland, désastreux pour la flotte allemande. L'équipage de son navire est interné au Chili. Canaris réussit à s'échapper, met huit mois pour parvenir à Buenos Aires, se fait passer pour un Chilien afin de regagner l'Allemagne, où il arrive au printemps 1916. La réussite d'un tel exploit incite ses chefs à le verser dans le Service des renseignements. Après quelques mois d'instruction, il est envoyé en Espagne où, sous une fausse identité, il organise un réseau destiné à surveiller le mouvement des navires alliés. Alors qu'il tente de rentrer en Allemagne par l'Italie, il est arrêté et incarcéré. Puis, il parvient à revenir en Espagne par mer. Après quelques mois, il est alors recueilli clandestinement par un sous-marin allemand venu le chercher en rade de Carthagène, en octobre 1917. Il demande à reprendre de l'activité, mais dans les sous-marins. Après avoir suivi des cours de formation, il reçoit le commandement d'un U-Boot affecté à des opérations en Méditerranée. Au cours des années troublées qui suivent la défaite, il prend part à la lutte contre les spartakistes. Il est aussi impliqué à tort dans le meurtre de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg et soupçonné d'avoir favorisé l'évasion de l'un des officiers condamnés. Le ministère de la Défense lui confie, plus tard, la création de milices patriotiques. Il est ensuite rapporteur de cette question à l'Assemblée nationale de la république de Weimar. Après cette brève intrusion dans le monde de la politique, il réintègre la Marine où il gravit normalement les échelons jusqu'en 1933. S'il n'approuve pas sans réserve la prise du pouvoir par Hitler, du moins espère-t-il que le nouveau chancelier sortira l'Allemagne du marasme, la soustraira à un coup de force communiste et redonnera à la flotte une place prépondérante.
C'est en janvier 1935 que son expérience d'agent secret le fait désigner pour prendre la direction de l'Abwehr (Service de renseignements de l'armée). Canaris rencontre fréquemment Hitler: ses qualités de diplomate discret, capable d'écouter, d'enregistrer, de retenir et d'exécuter, sont appréciées. Dès 1938, année où il est promu vice-amiral, il comprend cependant que le Führer mène l'Allemagne à sa perte et s'entoure de collaborateurs hostiles au nazisme. Canaris est tourmenté par un grave conflit moral: doit-il donner sa démission? Si finalement il ne s'y résout pas, c'est pour éviter la mainmise de Heydrich sur l'Abwehr. Il est certain que son poste lui permet de protéger des personnalités antinazies, de favoriser et de soutenir les complots contre Hitler. On prétend même qu'il aurait pris des contacts avec les Alliés. Beaucoup de légendes ont couru sur sa personne, en raison de la complexité et du caractère secret de ses activités. Bien que, dès 1942, les dirigeants nazis l'aient tenu pour suspect, Canaris réussit à ne donner aucune prise à leurs attaques. Ce n'est qu'en février 1944 qu'il est relégué à l'état-major de la section de la guerre économique. Impliqué dans l'attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, il est arrêté, torturé et pendu au camp de concentration de Flossenburg, bien que la Gestapo n'ait pu lui arracher des aveux, ni trouver aucun document prouvant sa participation à la préparation du complot.
(d'après Universalis)
((Pour ceux qui voudraient impressionner leur prof d'histoire, ça en jette ;-) Bon, faudra juste attendre l'an prochain, mdr !))
