Chapitre 12 : … et à venir
Les examens se rapprochaient dangereusement et les élèves étaient plus qu'heureux de pouvoir se soustraire à leurs révisions pour le dernier match de Quidditch de l'année. Celui-ci opposait les Serdaigle aux Serpentard et chaque équipe jouait gros comme les scores de cette année étaient très serrés pour la coupe.
Le match commença normalement, avec des Serpentard peu fair-play et des Serdaigle très tenaces. Après une demi heure de jeu, Serpentard menait par dix points. Satisfaits de leurs résultats et loin de vouloir en rester là, ils multipliaient les coups bas et collectionnaient les avertissements lorsque...
- Attention !
Pour une raison inconnue, deux poursuiveurs de Serpentard étaient partis s'écraser contre les tribunes, heureusement sous les gradins. Mme Bibine siffla un arrêt de jeu et alla vérifier ce qu'il s'était passé. Aucune réponse ne sembla aider à comprendre la raison de ce brusque écart et la partie repris avec une remontée au score des Serdaigle, qui avaient pu marquer pendant l'incident.
Le Vif fut soudain aperçu par Sharp Hunter, l'attrapeur Serdaigle. Il fondit sur lui tel un rapace sur sa proie, suivi de son homologue adverse... Enfin, c'est ce qui aurait dû se passer, sauf que lorsque Warrington, attrapeur et capitaine de l'équipe, voulut s'élancer vers l'avant, l'accélération se produisit en sens inverse et, au lieu de descendre en piqué, il monta en flèche, la queue du balai en avant.
Son cri de stupeur et d'angoisse déstabilisa Hunter, qui stoppa sa lancée et observa la scène avec le reste du stade. Warrington monta si haut qu'il n'était plus qu'un point sur les nuages lorsque son ascension cessa. On le vit faire des cercles dans le ciel puis redescendre, le visage rouge de colère et d'embarras. Les poursuiveurs Serdaigle en avaient profité pour marquer trois points.
Les Serpentard jurèrent que leurs balais ne répondaient plus à leurs directives mais, après plusieurs essais, Bibine déclara qu'ils étaient en parfait état et qu'ils feraient mieux de cesser de jouer les pitres s'ils voulaient remporter la partie.
Enragés, les Serpentard voulurent se venger et rattraper leur retard, mais le match devint malheureusement pour eux du grand n'importe quoi. Quand ils voulaient tourner à droite, ils partaient sur la gauche, plonger en piqué, ils se dirigeaient vers le haut, et lorsqu'ils parvenaient à inverser leurs automatismes, les balais montaient quand ils tournaient, tournaient quand ils descendaient et partaient en vrille lorsqu'ils montaient.
Pourtant, à chaque vérification, l'arbitre affirmait que cela ne pouvait venir que d'un mauvais contrôle de leur part ou d'une quelconque tentative pour faire croire à un mauvais coup des Serdaigle, qui prirent rapidement une large avance.
Le match se finit sur un écart de trois cents points en faveur des Serdaigle, qui emportèrent par la même occasion la coupe, et les Serpentard devinrent la risée de Poudlard.
A certains qui hurlaient au sabotage, on leur répondait que ce n'était pas le genre des Serdaigle. Et les Gryffondor ? Aussi forts soient leurs ressentiments contre les Serpentard, ils n'auraient pas laisser passer la coupe pour cela, et s'ils avaient effectivement été impliqués, ils auraient réalisé une farce de bien plus spectaculaire.
- C'est l'évidence même ! s'exclama James en se jetant sur son lit, l'air hilare.
- Les gens n'ont pas inclus dans leur équation que tu serais capitaine de l'équipe l'an prochain, rigola Remus.
- Je vais être celui qui va ramener sa gloire à l'équipe, assura son ami en prenant une pose impériale. Et quoi de plus délectable que de les voir se ridiculiser « d'eux-mêmes ».
- Plus spectaculaire, ça aurait été plus amusant mais le match aurait été annulé. Et puis de toute façon, comment aurions-nous eu accès à leurs balais ? termina Peter.
C'est que les sorts avaient été lancés depuis déjà plusieurs mois, lors du match qui avait opposé les Serpentard aux Poufsouffle. Les Maraudeurs les avaient bloqué jusque là et n'avaient eu qu'à lever les entraves magiques pour faire tourner en bourrique leurs ennemis jurés.
- Par contre il faudra vraiment songer à faire quelque chose de plus spectaculaire avant la fin de notre scolarité, songea très sérieusement James. On fera ça pendant notre match.
- Il sera annulé, remarqua Remus.
- Qu'est-ce que ça peut faire ? Quand on le rejouera, j'attraperai le Vif dans les premières secondes.
Ce sujet étant clos de son avis, il sortit la carte de Poudlard et la pointa vers Sirius.
- J'ai eu une idée géniale pour ça ! Mais tu vas devoir me donner un coup de main. Toi aussi Remus, t'es le plus doué d'entre nous pour trouver des références. On cherche toujours un moyen de récupérer toutes nos déambulations depuis la première année, pas vrai ? Et bien c'est très simple, il suffit de les récupérer !
- James... Tu viens d'énoncer la question sous forme de solution, je ne vois pas en quoi ça va nous aider.
- Hein ?
- Je décrypte ce que Remus a dit pour toi, mon petit James, intervint Sirius. On cherche un moyen de les récupérer, alors « les récupérer » n'est pas une solution.
- Bien sûr que si !
- Ton intelligence prend vraiment de drôles de détours, soupira Remus.
- Mais il suffit de les récupérer grâce à la Pensine, c'est évident !
James semblait très content de lui, et comme les trois autres le regardaient sans rien dire, il développa son idée.
- Alors voilà, c'est très simple en vérité. Une Pensine, faut pas rêver, même pour des génies comme nous, c'est hors de portée. Par contre on peut créer un dérivé, pas pour sortir la pensée, mais pour la copier, et pas pour toutes les pensées, mais seulement celles liées à la carte. On va le confectionner à partir de la carte puis on se focalisera sur les plans, la Pensine fera la reste !
Pour Remus, James avait tout de ces prestidigitateurs moldus qui, à la fin de leurs démonstrations, saluaient le public avec l'assurance de ceux qui n'échouent jamais, mais il y avait des limites à...
- Intéressant, approuva Sirius. C'est largement faisable si Remus nous trouve les bons ouvrages. La Pensine évidemment, et les sortilèges de mémoire aussi, amnésie, souvenirs...
Il réfléchit un instant.
- Il faudrait aussi des références plus poussées sur les réactions des sortilèges à certains stimulus, principalement les visuels en l'occurrence. Ça devrait pas trop te poser de soucis.
- Ça va être génial ! s'écria Peter, certain de la réussite de leur action.
- On se calme tout le monde ! intervint Remus en se frottant l'arrête du nez. Vous êtes géniaux, on a compris, vous êtes intelligents, on le sait, mais là, vous parlez de Pensine. La Pensine... Vous savez ? Ce sortilège qui fait parti de ceux, hors catégorie, qui ne peuvent jamais, au grand jamais, s'apprendre en autodidacte et sont forcément transmis d'un maître à un disciple. Même pour vous c'est impossible.
James balaya ses propos d'un revers de main.
- Tu disais déjà ça pour le sort qu'on a créé. Et puis le premier à l'avoir fait a bien dû s'en charger seul. En plus j'ai bien précisé qu'on n'arriverait à rien pour la Pensine en elle-même, t'écoutes pas quand je parle.
- Même un dérivé, c'est n'importe quoi. La Pensine n'est pas le fait d'un seul homme, il a fallu des générations de sorciers très puissants pour en arriver au résultat actuel. « Juste » un dérivé ? Rien que comprendre le fonctionnement n'est pas dans vos cordes, et je ne parle pas de l'application.
- Nous verrons bien. De toute façon ça t'arrange plutôt non ? Maintenant qu'on est des animagi, on s'ennuie tellement en dehors des pleines lunes qu'on a repris nos activités favorites de fléau de Poudlard. Avec ce projet, on sera à nouveau occupés.
- Insidieux manipulateur, grommela Remus en rendant malgré tout les armes.
- J'ai eu une idée moi aussi, remarqua Peter. Vous vous souvenez qu'on a commencé à faire cette carte parce que la plupart des gens du château le connaissent vraiment mal ? Il y a près de cinq cent personnes qui se déplacent dans les couloirs, et chacune emprunte et connaît des chemins différents. Si on pouvait trouver un moyen de connaître les déplacements de chacun, on avancerait très vite.
- Belle influence que la nôtre, se moqua Sirius. Mais tu marques un point, ajouta-t-il avant l'intervention de Remus. Et ça, même monsieur « c'est impossible » reconnaîtra que c'est enfantin pour nous, pas vrai ?
Le jeune Lupin préféra ne pas répondre.
- Avec tout ça, on l'aura fini en un rien de... un rien de... temps...
James avait commencé à parler d'un ton enjoué, puis son regard s'était perdu dans le vague, pensif. Il s'illumina brusquement et brillait de mille feux lorsqu'il regarda à nouveau ses amis.
- Une merveille ! Nous allons créer une merveille ! Peter, ton idée est géniale ! Elle est plus que géniale, elle est...
- On a compris. Pourquoi donc ? s'impatienta le jeune Black.
- Tracer les gens, Sirius ! T'as pas encore compris ? Cette carte, on voulait la faire seulement pour devenir célèbres pour les siècles à venir mais elle peut nous être d'une aide immense ! Faire une vulgaire carte, franchement ! Même si elle ne peut être lue que par des élèves de notre trempe, je ne vois pas ce que ça aurait d'exceptionnel, on vaut beaucoup plus que ça. On va utiliser cette carte pour préparer nos mauvais coups sans se faire prendre !
Ils passèrent la nuit à noter tous les éléments dont ils auraient besoin, si bien que les projets de révision – du moins ceux de Remus et Peter – tombèrent à l'eau.
C'est pour cette raison que le lendemain, après les cours, le châtain entraîna son ami à la bibliothèque tandis que les deux autres déambulaient eux seuls savaient où.
Une leçon de métamorphose venait de prendre sens pour Peter quand Remus décida de faire une pause.
- Tu les crois vraiment capables de faire tout ce qu'ils ont dit ? demanda-t-il tout bas pour ne pas se faire entendre de Mme Pince.
Peter le regarda avec amusement.
- Ce qui m'étonne, c'est que tu en doutes. Ces deux-là, ils peuvent tout faire.
- Surtout James, hein ? Tu ne devrais pas autant le surestimer. Ça ne me dérangerait pas en temps normal mais...
Il essaya de trouver une façon de formuler sa pensée sans le blesser mais n'y parvint pas.
- Excuse-moi de le dire comme ça mais à chaque fois que tu les complimentes, c'est comme si tu te rabaissais d'autant plus. Je me trompe peut-être mais c'est l'impression que ça me fait. Ce n'est pas de cette façon que tu vas améliorer la confiance que tu te portes.
Peter réfléchit un instant, hésita puis poussa un soupir.
- James et Sirius... Non seulement je n'avais jamais eu d'amis comme eux mais je n'avais même jamais rencontré personne qui leur ressemble. Ils sont doués, plus que doués, intelligents, plus qu'intelligents, et la liste est longue. Des gens comme ça, certains n'en rencontrent jamais au cours de leur vie. Je ne les surestime pas, je les prend pour ce qu'ils sont : des génies. Des virtuoses même.
- Ce n'est pas parce que c'est ce qu'ils sont que tu dois les traiter comme tels. Tu es leur ami Peter, tu vaux beaucoup plus que cela à leurs yeux.
- Pour James peut-être, pour Sirius j'en doute.
Remus fut surpris de la remarque platonique du garçon, il ne le pensait pas si lucide sur la situation. Mais ce n'était pas la première fois qu'il le surprenait de la sorte.
- Si tu changeais ton attitude à leur égard, je suis sûr que Sirius changerait d'opinion à ton sujet. Tu vaux beaucoup plus que ce qu'ils semblent croire, je trouve dommage que tu aides à cette image.
- Je ne suis pas aussi convaincu que toi en ce qui concerne Sirius... J'aime bien ça, tu sais ? Passer pour un admirateur de James. Après tout, c'est ce que je suis. Je me rends bien compte que c'est bizarre pour quelqu'un comme toi ou même pour d'autres mais... Je... Je me sens vivre quand il fait quelque chose d'exceptionnel, et il ne fait que ça. Je sais que je suis mauvais en tout, que je suis maladroit et pas vraiment futé, que mon niveau magique est très moyen, que je ne suis même pas capable de retenir une leçon. Je suis comme ça, je n'y peux rien. Je ne suis pas de ses personnes qu'on complimente, alors le seul choix qui me reste, c'est de complimenter, et j'ai la chance d'avoir James auprès de moi pour pouvoir le faire. Je sais qu'il aime ça. Les flatteries, les félicitations, il s'en abreuve comme d'autres boivent de l'eau. C'est... le seul lien que je peux vraiment avoir avec lui, sinon je ne serai qu'une personne qui le suit partout, rien de plus.
- Tu connais plus mal James que tu ne le crois, le contredit Remus. Si tu...
- Cette conversation ne sert à rien, je te dis que tu ne peux pas comprendre. Tu crois qu'on est pareil toi et moi parce que tu manques de confiance en toi, mais nos similitudes s'arrêtent là. Moi j'ai des raisons de ne pas croire en moi, toi tu te trompes sur toute la ligne en ce qui te concerne, et on a beau te prouver le contraire encore et encore, tu t'obstines.
- Je ne vois pas quelle est la différence alors, remarqua le châtain avec mécontentement.
- Tu ne peux pas comprendre, répéta Peter. Je vais aller faire un tour dehors. Promis, je réviserai encore ce soir, ajouta-t-il comme Remus allait protester.
Non, il ne pouvait pas comprendre, parce que Remus était intelligent. En un sens, il était même plus intelligent que James et Sirius, plus mature en tout cas, c'était quelqu'un sur qui on pouvait compter et les deux autres Maraudeurs ne s'y trompaient pas.
Son ami avait raison sur un point, ils se trompaient sur certaines choses le concernant. Il était plus lucide qu'ils ne le croyaient, plus observateur aussi, et sans doute opportuniste, mais quel mal y avait-il à ça ? Ce que Remus ne comprenait pas, c'était que la situation actuelle lui plaisait. S'il se contentait d'être lui et de rester là, James et Sirius ne le verraient plus, il n'aurait aucun intérêt pour eux, ce qu'il comprenait très bien vu son manque de talent et de caractère. Mais avec la situation actuelle, il avait une certaine importance dans l'équipe des Maraudeurs, il pouvait donner des idées et participer à leurs plans. Il n'en demandait pas plus, tant que sa vie restait liée à la leur.
Évidemment qu'il aurait préféré être leur ami d'égal à égal, pouvoir être avec eux comme l'était Remus, savoir les contrer et les taquiner il n'en avait juste pas les capacités. Il ne les avait pas pour être leur « ami » au sens où l'entendaient la plupart des gens, mais il existait toute sorte d'amitié et Peter voulait croire que la leur à son égard en faisait partie.
Il était ébloui... Ébloui par tant de qualités et d'exploits, lui qui n'avait jamais connu que l'ordinaire et le médiocre. Mais il se plaisait tant à s'en nourrir qu'il ne réalisait pas que si Remus ne pouvait pas comprendre, lui-même avait manqué l'essentiel. Il se prenait pour Icare, à monter toujours plus près du soleil sans voir ce qui se trouvait à portée de ses doigts, et n'avait désormais pour seul espoir que de le remarquer au plus vite s'il ne voulait pas connaître le même funeste destin.
oOo
Les examens avaient commencé. On ne croisait plus dans les couloirs que des étudiants en train de réviser ou réciter leurs leçons dans un impressionnant concours de stress. Du moins cela concernait-il la plupart des étudiants.
- Ils m'énervent ! pleura presque Océane en enfouissant sa tête entre ses mains pour ne pas voir James et Sirius tranquillement en train de jouer aux cartes explosives en attendant que les portes de la Grande Salle s'ouvrent pour leur examen de défense contre les forces du mal.
- C'est vrai qu'ils sont agaçant, remarqua Millea de façon très laconique.
Sa cousine lui adressa un regard chargé d'éclairs. Fiona, Tara et elle-même étaient assises à même le sol, des feuilles de cours éparpillés autour d'elles, alors que Lily et Millea discutaient tranquillement en attendant le début de l'épreuve.
- Vous avez bien assez révisé, vous n'allez faire que vous stresser d'avantage, tenta Lily.
- D'avantage ? répéta Fiona plus en couinant qu'en parlant. C'est possible ?
- Tiens... On a eu cette leçon-là aussi ? dit Tara en attrapant un cours de Fiona avec un manque d'intérêt flagrant.
- On est en situation de crise, là ! gémit Océane. Il ne reste que la métamorphose après ça et j'ai planté tout le reste !
- J'ai un sérieux doute sur la question, la rassura Millea. De toute façon...
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent avant qu'elle ait fini.
- Il est l'heure ! termina-t-elle joyeusement. Allez, c'est l'avant dernière épreuve après tout, hauts les cœurs !
Les élèves rentrèrent s'asseoir aux places qu'ils occupaient depuis le début de la semaine, pour la plupart plus près d'un "haut-le-cœur" que réceptifs à l'enthousiasme de leur camarade.
- Hey ! Evans ! Optimal !
Malheureusement pour elle, Lily eut le réflexe de se retourner, ce qui lui valut le spectacle désormais familier de la main de James Potter ébouriffant sa tignasse noire.
Le dernier incident avec Rogue ne lui avait pas le moins du monde fait entrer du plomb dans la cervelle. Pis encore, il était passé à une tactique complémentaire qui semblait consister à lui rappeler combien il était un joueur de Quidditch hors-pair, et elle avait beau eu lui dire qu'elle s'en moquait royalement, rien n'y avait fait. Elle préféra l'ignorer et remercia le créateur de l'alphabet d'avoir placé le E si loin du P, lui laissant ainsi une relative tranquillité lors des examens.
Après s'être installée, elle laissa son regard vagabonder dans la salle pour observer ses condisciples. Certains étaient calmes, attendant patiemment que les copies soient distribués, d'autres trépignaient d'impatience comme il devait s'agir de leur matière de prédilection, d'autre encore semblaient à deux doigts de l'évanouissement, mais aucun ne semblait en aussi mauvais état qu'un des garçons au fond de la salle.
Stebbins, Serdaigle extrêmement discret, était devenu subitement célèbre grâce aux BUSE. D'abord parce qu'il stressait tellement que son pupitre tremblait littéralement avec lui, ensuite parce que son angoisse l'empêchait de lâcher la plume à la fin de chaque épreuve et qu'il se faisait systématiquement rappeler à l'ordre par les examinateurs. Lily était bien heureuse de ne pas se trouver près de lui puisqu'il semblait contaminer son entourage.
Deux rangs sur sa gauche, elle pouvait voir Fiona, les épaules tendues comme un arc, plus pâle qu'à leur entrée. Elle maîtrisait très bien cette matière mais était du genre à plus angoisser sur les sujets qu'elle connaissait le mieux. Lily déchira un bout du parchemin qui devait lui servir de brouillon et en fit une boule qu'elle envoya sur son amie.
Celle-ci se retourna avec étonnement et la rouquine lui adressa un clin d'œil avant d'inspirer un grand coup. La jeune fille l'imita et lui adressa un petit sourire de remerciement, un peu moins nerveuse.
- L'épreuve commence ! annonça le professeur Flitwick au moment où les sujets apparaissaient sur les tables.
Pendant deux heures, on n'entendit plus que le son des plumes qui crissaient sur le papier et le cliquettement du bureau de Stebbins, ce dernier semblait s'habituer un peu comme ce son s'atténua au bout d'une heure. Lily trouva l'examen plutôt simple comparé à celui de Sorts et enchantements, qui lui avait donné du fil à retordre, et le termina à temps pour pouvoir tout relire deux fois avant que Flitwick annonce la fin de l'épreuve avec le désormais habituel avertissement au Serdaigle stressé.
Elle retrouva ses amies dans le hall et elles commençaient déjà à faire leurs pronostics lorsque Tara les poussa vers la sortie.
- Dehors ! Dehors ! Il faut profiter de ce beau temps.
Elles la regardèrent avec étonnement comme elle avait essayé de parler bas, mais un simple signe de tête amusé leur en fit comprendre la raison. Les garçons de leur année étaient sortis en même temps mais ne les avaient pas encore repérées. Lily prit immédiatement la relève pour leur faire presser le pas.
Elles avaient pris l'habitude de s'installer au soleil, près du lac où elles pouvaient tremper les pieds et se débarrasser du poids des examens.
- Alors Océane ? C'était si terrible que ça ?
- Ça a été en fait.
Tout en parlant, elle jeta un coup d'œil à ses camarades pour s'assurer qu'aucune n'était au bord du gouffre.
- En fait, il semble que nous ayons mieux révisé que nous ne le pensions, rigola Fiona en battant des pieds pour créer des vagues à la surface du lac.
- Ah ! Mince !
Tara se leva brusquement et courut jusqu'au château sans donner la moindre explication. Elles restèrent un moment figée sur l'endroit où elle avait disparu puis décidèrent de ne pas en tenir compte.
- Plus qu'un examen, quelques jours et on rentre chez nous, déclara Millea en s'allongeant dans l'herbe. Cet été s'annonce particulièrement reposant, mais j'ai hâte d'être à l'an prochain.
- Vraiment ? C'est bien la première fois que je t'entends dire ça, s'étonna Fiona.
- Oh, c'est juste que j'ai vraiment envie de voir ce que vont donner les nouvelles options, répondit-elle vaguement.
Leur cinquième année touchait à sa fin. Elle avait été particulièrement calme comparée à l'année passée, entre le concours et l'offensive de Voldemort. Protégés dans l'école dont la sécurité avait été renforcée au-delà du possible, il leur avait semblé que cette quatrième année n'avait été qu'un mauvais rêve. Les deux suivantes seraient-elles ainsi, oublieuses des tourments du monde extérieur ? Lily n'était pas certaine de le supporter.
- Ah ! Je crois qu'on vient te chercher, Fiona ! remarqua Millea en pointant le doigt vers un garçon aux couleurs de Serdaigle qui s'approchait d'elles.
Fiona sauta sur ses pieds immédiatement.
- Pas envie de tes commentaires, dit-elle rapidement avant de le rejoindre et de le diriger dans une autre direction.
- C'est qu'elle me blesserait presque ! Enfin, tout a l'air d'aller pour le mieux de ce côté.
Des filles de Serdaigle vinrent les rejoindre pour discuter, le temps était parfait, la température de l'eau idéale. Lily se sentait vraiment bi...
- Ouh... Ça, c'est mauvais...
- Chut !
La rouquine regarda d'un air perplexe Océane, qui avait intimé le silence à Morine Johnson et souriait maintenant à son amie avec innocence.
- Qu'est-ce qui est mauvais ?
Mais aucune n'eut à répondre. Une certaine agitation venait d'un peu plus loin, près du grand hêtre qui bordait le lac. Lily se redressa avec un mauvais pressentiment qui se confirma vite. Potter et Black faisaient encore des leurs et la masse stupide des élèves préférait rire plutôt que de venir en aide à la victime.
En se rapprochant, elle réalisa qu'il s'agissait encore de Rogue, ce qui pouvait expliquer le manque de réaction alentours mais ne changeait rien à la situation. Le Serpentard était près de s'étouffer avec la mousse que Potter lui faisait ingérer. Lily vit rouge.
- Laissez-le TRANQUILLE !
Les deux Maraudeurs se retournèrent et le nouvel automatisme de Potter envoya ses cheveux dans tous les sens, ce qui eut le don d'énerver encore plus la jeune fille.
- Ça va Evans ? lança-t-il comme si Rogue était absent.
- Laisse-le tranquille, répéta-t-elle en refusant d'entrer dans son jeu.
Elle en avait particulièrement assez de le voir toujours s'en prendre à la même personne.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Le Gryffondor prit une mine pensive.
- Eh bien voilà, le plus gênant, chez lui, c'est le simple fait qu'il existe, si tu vois ce que je veux dire...
Les rires qui répondirent à ce qu'il pensait être un bon mot ne firent qu'endurcir Lily.
- Tu te crois très drôle, remarqua-t-elle avec froideur, mais tu n'es qu'une abominable brute arrogante, Potter. Laisse-le tranquille !
Il n'avait pas exactement intérêt à la faire répéter.
- C'est d'accord, à condition que tu acceptes de sortir avec moi, Evans, répliqua Potter sous le coup d'une inspiration soudaine si on en croyait la rapidité de sa réponse. Allez... Sors avec moi et je ne porterai plus jamais la main sur le vieux Servilo.
- Je ne sortirai jamais avec toi, même si je n'avais plus le choix qu'entre toi et le calmar géant, répondit Lily avec lassitude, sachant pertinemment que ça ne changerait rien.
- Pas de chance, Cornedrue, lança Sirius avec une certaine satisfaction et en se désintéressant d'elle. Oh ! Attention !
Rogue avait profité de leur discussion pour attraper sa baguette. Il la pointa vers Potter et lança un sort qui entailla la joue de son persécuteur, éclaboussant sa robe de sang. Bien mal lui en prit, car le Gryffondor était bien plus rapide et le garçon se retrouva en un rien de temps suspendu la tête en bas dans le vide, dévoilant aux spectateurs ses jambes chétives et un caleçon à la propreté discutable.
Cette situation renforça les acclamations du public, au plus grand plaisir des Maraudeurs, qui ne retenaient plus leurs rires. Lily faillit se laisser aller aussi, elle n'oubliait pas la rancœur qu'elle portait à Rogue après tout, mais elle se reprit vite, là n'était pas la question.
- Fais-le descendre !
- Mais certainement, répondit instantanément Potter.
Et le Serpentard chuta brutalement au sol. Dans un coin de son esprit, Lily ne put s'empêcher de le trouver assez méritant, car il chercha immédiatement à riposter, mais une fois encore, il fut pris de cours par Sirius qui le pétrifia.
- LAISSEZ-LE TRANQUILLE ! hurla la rouquine en sortant sa baguette.
Ses condisciples la regardèrent avec prudence, le dernier souvenir encore vivace dans leurs esprits.
- Ah, Evans, ne m'oblige pas à te jeter un sort, dit James avec tout le sérieux du monde.
- Alors, libère-le du maléfice !
Avec un profond soupir, Potter s'exécuta. Dans un coin de son esprit, Lily se souvint de ce qu'il s'était passé la dernière fois qu'ils avaient tenté un duel et se demanda si le même phénomène se serait reproduit.
- Et voilà. Tu as de la chance qu'Evans ait été là, Servilus.
- Je n'ai pas besoin de l'aide d'une sale Sang-de-Bourbe comme elle !
Lily encaissa le choc. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus entendu cette insulte, et elle en était presque venue à oublier que c'était lui qui l'en avait le premier affublé. Une colère froide prit le pas sur ses autres sentiments, elle se moquait de ses remerciements mais pas au point de se laisser insulter.
- Très bien. Je ne m'en mêlerai plus, à l'avenir. Et, si j'étais toi, je laverai mon caleçon, Servilus.
C'était bas et mesquin mais Lily n'avait vraiment, mais alors vraiment pas du tout, envie de jouer aux petites filles sages. Elle aurait pu en rester là, tourner les talons et retourner finir cette journée avec ses amies. C'était sans compter sur l'imbécilité de Potter.
- Fais des excuses à Evans ! hurla-t-il à Rogue de toute la suprématie qu'il était persuadé de posséder.
- Je ne veux pas que tu l'obliges à s'excuser ! Tu es aussi mauvais que lui.
- Quoi ? JAMAIS je ne t'aurais traitée de... tu-sais-quoi !
Quelque chose claqua dans l'esprit de Lily, Potter ne savait jamais quand s'arrêter.
- Tu te mets les cheveux en bataille parce que tu crois que ça fait bien d'avoir toujours l'air de descendre de ton balai, tu te pavanes avec ce stupide Vif d'or, tu jettes des maléfices à tous ceux que tu n'aimes pas simplement parce que tu sais le faire... Ça m'étonne que ton balai arrive encore à décoller avec une tête aussi enflée. Tu me fais VOMIR !
Elle le laissa sur ces mots, s'éloignant avec rage sans faire attention à ses appels.
Avait-elle vraiment un jour cru que ce type valait mieux que ce qu'elle croyait ? La farce qui les avait forcé à passer plusieurs heures ensemble lui avait sûrement déréglé le cerveau à ce moment-là, il n'existait pas pire sur cette Terre.
Elle arrêta de marcher après un bon moment et laissa échapper un cri de frustration. Elle aurait vraiment dû lui envoyer un sort, ça l'aurait au moins défoulé.
- Dans quel état je te retrouve ! James a encore fait des siennes ?
Lily redressa la tête pour tomber sur les yeux noirs pétillant de malice de Tara. Elle remarqua qu'aucune de ses amies n'avait osé la suivre, sûrement de crainte de subir le reste de ses foudres.
- Ce type... Ce... Argh ! Je n'en peux plus ! D'ailleurs je n'en peux plus d'aucun ! Potter, Black, Rogue, c'est du pareil au même.
- Severus ?
Lily grimaça, soupira et se laissa tomber assise sur l'herbe.
- Ils s'en sont encore pris à lui. Si tu veux y aller, je ne suis pas sûre qu'ils aient abandonné.
- Oh...
Tara regarda dans la direction d'où était venue Lily d'un air pensif et sourit.
- Tout va bien, la situation s'est calmée apparemment.
Son amie tourna la tête pour voir Rogue se précipiter dans le château. Un petit attroupement était resté près du hêtre mais personne ne semblait le suivre.
- Il faudrait que je les surveille tout le temps, soupira dramatiquement Tara en s'asseyant à côté de Lily.
- Qu'est-ce qu'il a contre les... enfin, ceux qui ne sont pas de sang pur, ton cousin ?
- Alors c'est ça ? Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas utilisé ce mot. Il doit vraiment en avoir ras-le-bol que tu viennes à son aide. Faut dire que tu as le chic pour arriver quand il faut, s'amusa Tara.
- Si ça n'était qu'une coïncidence, ce serait bien, grimaça Lily. Et quoi ? Je vais devoir me sentir responsable des actions de Potter maintenant ?
- T'en fais pas, va. James est bien trop heureux d'en être responsable pour que tu t'en inquiètes.
- Tu marques un point. Passons le sujet ou je vais encore m'énerver.
Elle vérifia que personne ne pouvait les entendre.
- Pourquoi es-tu partie si vite tout à l'heure ? Il s'est passé quelque chose ?
Son amie s'amusa de son air sérieux.
- Absolument rien. J'ai vu que Samuel – Samuel Easton, tu sais ? à Serdaigle – n'avait pas l'air bien suite à l'examen donc je suis allée lui parler. Aussi simple que ça. Tout ne se rapporte pas à mon don, tu sais ?
Elle se releva en étirant le dos.
- Allez viens, on va aller réviser la métamorphose, ça te fera penser à autre chose. Ah ! Et il faut aussi qu'on se mette au point pour cet été. C'est gentil à Marie de nous avoir invitées mais si on s'organise pas, on risque de pas pouvoir y aller.
Tara l'entraîna sans cesser de babiller jusqu'à la tour Gryffondor, ce qui eut le mérite de changer les idées de Lily. Et puis, après tout, qu'est-ce qu'elle en avait à faire de Potter ?
oOo
Dumbledore sortit son service à thé d'un coup de baguette. Il versa de l'eau chaude dans la théière, y ajouta son thé au citron préféré, attendit quelques minutes et était en train de le servir lorsque Minerva McGonagall pénétra dans son bureau.
- Une tasse de thé ?
- Avec plaisir, Albus.
Elle s'assit sur une chaise face au bureau directorial, bien droite, but une gorgée après avoir légèrement soufflé dessus et se détendit un peu.
- Les départs sont toujours aussi mouvementés. Proterio n'en a pas encore fini.
- Et il aura encore fort à faire l'an prochain, confirma le directeur. Mais il me semble l'avoir entendu exprimer le souhait de passer la main pour sa fonction de directeur adjoint.
McGonagall plissa légèrement des yeux mais se reprit vite.
- Je doute qu'un homme qui a un si grand sens des responsabilités ait dit cela sérieusement. Albus, j'aimerai que nous en discutions à nouveau.
Le ton avait changé, indiquant clairement que le précédent sujet n'était pas sa priorité.
- Et nous allons encore nous retrouver dans une impasse, Minerva. Tout a déjà été mis en place et ils semblent avoir hâte de se rendre à ces cours.
- Ce ne sont que des enfants ! La majorité d'entre eux ne voit cela que comme un jeu. Je n'ai rien opposé jusque là parce que nos moyens étaient limités et que cette option secrète ne pouvait porter à conséquence mais maintenant...
- Craignez-vous des dérives ? Les instructeurs ont pourtant toute votre confiance.
- Ce sont les programmes qui m'inquiètent, vous le savez pertinemment, s'impatienta la femme. Pratiquer les duels, améliorer les réflexes et les sorts d'attaque, ce que nous avons fait jusqu'ici, relève du bon sens, mais le niveau que vous leur demandez...
- Sera celui dont ils auront besoin pour combattre, compléta calmement Dumbledore. Nous le savons tous les deux, la guerre est malheureusement à nos portes et il leur faudra le plus d'armes possibles pour se défendre.
- Vous allez les épuiser ! s'écria le professeur.
Elle sembla elle-même surprise de son léger accès de colère et préféra s'éclaircir la gorge et remettre en ordre sa robe pour se redonner contenance.
- L'intérêt des enfants est ce qui me tient le plus à cœur, reprit-elle. Je sais qu'il en va de même pour vous mais vos priorités sur la question sont assez versatiles.
- Je ne peux rien contre vous, professeur, mais versatile est un mot quelque peu blessant malgré tout. L'intérêt actuel n'est-il pas celui qui protège tout un chacun de Jedusor ?
- Bien évidemment mais...
Elle fut interrompue par des coups donnés à une des vitres de l'extérieur. Dumbledore se leva pour aller ouvrir à deux papillons de nuit de bonne taille. Ils entrèrent, tournoyèrent un instant dans le bureau puis se mirent à battre furieusement des ailes, desquelles une fine poussière tomba. Celle-ci se condensa en un tourbillon de plus en plus conséquent jusqu'à ce qu'apparaissent un homme et un elfe de maison. Les sphinx repartirent aussitôt et Dumbledore referma derrière eux.
- Je ne me ferai jamais à ce moyen de transport, grimaça l'homme en s'assurant que tous ses membres étaient bien à la bonne place.
Il avisa les deux personnes en présence et adressa un grand sourire à la femme.
- Professeur McGonagall ! Cela faisait bien longtemps, le temps n'a pas eu de prise sur vous, vous êtes toujours aussi resplendissante.
- Je remarque que vous n'avez guère changé non plus, Doissan, s'amusa-t-elle, non sans rougir quelque peu au compliment.
- Ah, mais que me resterait-il si je n'étais plus si galant, soupira Alphar avec fatalisme. Je ne crois pas que vous connaissiez mon amie, Metys Raj...
- Metys suffira, coupa la demi-elfe avec rogne tout en serrant la main du professeur. Tu devrais leur rapporter ce qu'il s'est passé.
- Ah oui... Oui bien sûr...
Il sourit à nouveau à ses deux anciens professeurs puis se gratta l'arrière du crâne d'un air ennuyé.
- C'est que... j'avais bien dit que je ne voulais pas m'impliquer, et évoquer cela...
- Ne pas vous impliquer ? s'étonna Minerva. N'êtes-vous pas l'intermédiaire avec les sylphes ? Doissan !
- Ne prenez pas ce ton avec moi professeur, supplia-t-il d'un air contrit, je me sens redevenir un collégien.
Il retrouva son sérieux mais aussi son air ennuyé, soupira et regarda Métys.
- Ce n'est certainement pas à moi de faire ce rapport, grommela-t-elle.
- Bien évidemment... Oh, du thé ? Vous permettez ?
- Faîtes donc, je suis particulièrement fier de cette infusion, se vanta Dumbledore.
McGonagall poussa un soupir agacé et adressa un regard sévère aux deux hommes.
- Combien de personnes avez-vous déjà réuni ? demanda monsieur Doissan, dans le but évident de retarder son compte-rendu.
- Le réseau que nous avons mis en place compte une vingtaine de personnes, répondit volontiers Dumbledore. Plus que nous avions espéré, moins qu'il ne faudrait.
- Alors votre projet se mettra bientôt en place ? Ce sera un sacré atout contre Voldemort.
- Il est encore trop tôt, le contredit Dumbledore. Les personnes en qui nous pouvons avoir une confiance absolue se comptent sur les doigts de la main. Il va falloir attendre quelques temps.
- Vous semblez bien certain en l'avenir, vous avez prévu quelque ch... Qu'est-ce que je raconte ? J'en sais déjà bien trop, pour une personne qui ne s'implique pas.
- Pourquoi donc ? intervint Minerva avec perplexité. Vous dîtes que vous ne vous impliquez pas mais c'est un choix étrange pour vous.
- C'est que la famille que je protège a d'autres ennemis que ce mage noir.
Il parlait évidemment d'Andromeda, la famille Black ne l'avait pas laissé partir aussi facilement et Alphar Doissan n'avait pas la puissance nécessaire pour combattre deux fronts en même temps.
- Et Sirius ? demanda-t-elle. Je ne pense pas me tromper en disant qu'il est concerné.
- S'il en est bien un pour lequel je ne m'inquiète pas, c'est Sirius, rigola l'homme. Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'il soit hors de danger, en ce qui concerne sa famille en tout cas, pour le reste je lui fais confiance.
- Alors ce thé ? s'enquit Dumbledore.
- Le thé ? Ah oui ! Délicieux, vraiment, affirma son invité en vidant sa tasse.
Il ferma les yeux un instant pour savourer l'arôme puis regarda à nouveau ses hôtes.
- Et voici venu l'heure du devoir, n'est-ce pas ? Il faudra bien y passer...
Il reposa sa tasse sur le bureau et se dirigea vers la fenêtre pour regarder le ciel clair de cette journée d'été. S'il ne disait rien, tout continuerait simplement comme cela, il était après tout le seul intermédiaire entre les sorciers et les sylphes et ceux-ci l'avaient laissé décider de révéler la chose ou non.
- Comme c'est étrange... Notre ennemi devient plus puissant chaque jour et nous avons pourtant à craindre ce qui peut nous permettre de le vaincre...
Il se tut à nouveau et souffla doucement.
- Ils me l'ont présenté, dit-il avec lenteur.
Derrière lui, Dumbledore devint plus attentif et McGonagall plissa des yeux, en attente.
- L'arme qu'ils veulent nous soumettre... est plus puissante que ce à quoi je m'attendais. Ils comptent la brider avant de nous la donner, contre promesse de ne l'utiliser qu'en dernier recours. Mais... même avec cette contrainte, il s'agit d'une arme dangereuse. Si mon avis doit compter pour vous, sachez que je suis contre. Elle est à double tranchant et pourrait trop facilement, et de manière atroce, être retournée contre nous.
Et Alphar leur expliqua ce que les sylphes, ces êtres au-dessus de la magie sorcière, faits de magie eux-mêmes, étaient capables de créer. Il insista sur les risques autant qu'il put et, quand il eut fini, il poussa un profond soupir.
- Et bien voilà, je n'ai plus qu'à espérer que mes sombres prédictions ne se réaliseront pas puisque je me doute que vous allez l'accepter.
- Une telle aide sera précieuse, confirma Dumbledore, et nous ne pouvons qu'espérer vaincre avant d'avoir à nous en servir.
- En effet... Sur ce, votre compagnie m'est fort agréable mais cela fait bien longtemps que je ne suis pas rentré chez moi. J'entends d'ici la complainte de mon majordome qui se languit de moi. Vous permettez, professeur ?
Il avait désigné la cheminée dans sa question silencieuse et celui-ci hocha la tête.
- Bien sûr, j'ai déjà préparé la cheminette pour vous.
- Charmante attention, je vous en remercie.
- Mais est-ce là tout ce que vous avez à nous dire ? demanda le directeur avec malice.
- Ah, vous êtes un incorrigible curieux, vieux fripon.
- Monsieur Doissan ! s'offusqua Minerva, choquée.
- Pardonnez-moi. La fatigue du voyage sans doute. Je m'en vais.
Il disparut dans la cheminée quelques instants plus tard en compagnie de Métys, sous le regard désapprobateur de son ancien professeur.
- Je ne l'ai peut-être eu comme élève que durant une année, je me le souvenais plus... aristocrate, nota McGonagall.
- L'amour change les gens.
- Plaît-il ? Oh et puis peu importe. J'ai à faire, je vais donc vous laisser. Allez vous en entretenir le Ministre ?
- Je l'ignore encore. Cela dépasse tout ce que nous avions imaginé.
- Sans aucun doute. A plus tard, Albus.
Lorsque l'entrée fut refermée, Dumbledore se posta devant une de ses fenêtres, songeur.
Une arme puissante, oui, mais elle n'était pas la seule. L'école recelait de grands pouvoirs, il le savait et Tom aussi, sinon il n'aurait pas pris toute cette peine l'année précédente.
La magie était ainsi. De temps à autres, sur de courtes périodes, elle s'éveillait et s'agitait, devenait comme folle et gratifiait des sorciers d'impressionnants pouvoirs avant de somnoler à nouveau. Dumbledore en savait quelque chose, il était lui-même naît en une époque comme celle-ci. Tom en revanche avait été une émergence dans une période où la magie était relativement calme. Il n'avait pas d'égal dans sa génération et cela expliquait en partie le sentiment de supériorité qui le caractérisait.
Dumbledore pouvait le contrer, mais Jedusor était son disciple et quelque chose lui disait qu'il n'était pas sensé être son adversaire. Non, l'adversité qu'il recherchait était encore en devenir.
Au loin, derrière les collines, Dumbledore apercevait le panache de fumée du Poudlard express qui s'éloignait à pleine vapeur du collège. Encore quelques années, quelques années seulement...
Fin de la 5ème année...
Quelques notes d'auteur avant la délivrance :
1 - Pour ceux qui se demanderaient (sait-on jamais), Alphar a eu McGo en prof lors de sa dernière année à Poudlard, qui était la première année en tant que prof de McGo. Ça ne vient pas de JKR mais de moi, je précise.
2 – La scène de la Pensine :
°Vous la trouverez dans le tome 5, p.761-772 (pour le format poche. Je pourrai regarder pour le grand format mais il est qqpart dans un carton...)
°Les dialogues de la scène entre crochets [] sont intégralement © JKRowling. Pas la narration.
°Comme aucune info n'est donné sur « Stebbins » dans les livres (sexe, maison...), j'en ai fait ce que je voulais, et vu que je n'ai jusqu'alors cité que 3 garçons de Serdaigle de leur année, il s'est retrouvé là, lol.
°Pour avoir le point de vue des garçons, cf. tome 5 de JKR ^^
J'ai eu des soucis avec cette scène... Enfin, pas la scène en elle-même mais, comme je l'ai dit plus tôt, il fallait que j'arrive à faire en sorte que ça colle avec les caractères que j'avais donné à mes persos. J'ai fait un rallye dans cette 5ème année pour y parvenir mais il est resté malheureusement quelques incohérences. La plus grosse, que je n'aurai pas pu modifier quoi que j'aurai fait vu le caractère que j'ai refilé à James dès le départ, c'est que, suivant ma logique, la réflexion que sort James à Peter après l'examen serait plutôt prononcée par Sirius dans mon récit. J'ai malheureusement oublié (oblitéré) cette phrase mais vous n'avez qu'à considérer que c'est Sirius qui l'a dit pour coller à ce que j'écris. (désolée je ne pouvais JUSTE PAS rendre James aussi mauvais qu'il était à cet âge. Vous me direz, c'est pas le seul truc qui colle pas...) Pour rappel, la phrase de James c'est « Tu es donc tellement bête, Queudver ? Dit James, irrité. Tu fréquentes pourtant un loup-garou une fois par mois... » Je crois que j'ai refilé ce trait de caractère à Sirius... Bref !
°Ah ! Je préviens d'une possible remarque sur une incohérence qui n'en est pas une (y'en a assez comme ça!). Dans la scène de JKR, James joue avec un vif d'or dans l'espoir de se faire voir de Lily, d'où ce que je fais dire à Sirius dans le chapitre précédent, et se fait rembarrer sèchement par Sirius. L'incohérence qui n'en est pas une se trouve là : Sirius espère qu'à trop jouer au fanfaron, Lily le jettera définitivement, mais il n'est pas prêt à subir les vantardises de son ami quand la belle ne regarde même pas.
Fin des notes d'auteurs sur le chapitre...
Fi... Finie... Elle est finie...
ELLE EST !
\o/
OUAIIIIIIIIIIIIIS ! *casse tout sur son passage*
Hem... Un peu de calme...
J'en suis donc venue à bout de ce... cette année... enfin ce truc complétement incohérent, patchworké (si si, ça se dit, c'est votre dico qui y connait rien), bourré d'oublis et de fautes monumentales que constituent ces chapitres. Allez let's play ! Qui c'est qui va me trouver toutes les erreurs de cette année, hmmm ? Plus difficile que ça n'en a l'air, y'en a tellement que vous en oublierez plein...
Bref ! L'horreur est finie et on va repartir sur de bonnes bases pour la 6ème année... Qui qu'a dit « on la verra jamais » ? è.é Ouais, bon, c'est légitime, je l'accorde. Mea culpa quarante douze.
MAIS quoi qu'il en soit... euh... non, on va plus rien promettre hein. Je pourrai me lancer sans souci dans une carrière politique avec toutes les promesses que j'ai pas tenu . Néanmoins (et j'insiste) il n'est question que de délai. Je VAIS finir cette fichu-saleté-screugneugneu de série sur les Maraudeurs ! (Je l'adore :-D) J'ai trop de trucs de prévus sur le 8ème volet pour pas le faire de toute façon.
On va s'en aller finir « Ne t'oublie pas » et puis on reviendra d'ici quelques temps. Je vais essayer de rattraper les bourdes de la 5ème année :-S J'ai essayé de me rattraper un peu sur les derniers chapitres, mais du coup j'ai accentué l'effet patchwork... *déprime*
En attendant Ciao everybody, bisous ! (pour pas faire de jaloux... quoi que je doute de jouer sur le plan international, lol) Et rassurez-vous, je ne reviens pas dans 4 ans !
Question quelque peu importante : Juste pour qu'on soit bien d'accord, quand il est dit dans les livres que Sirius part de chez lui l'été de leur sixième année, quand il a seize ans, ça veut dire l'été qui suit leur 6ème année, pas celui qui vient, c'est ça ? (un doute m'assaille...)
oOo
Rien à voir mais...
Je sais que ça leur fait rien et tout et tout mais si certains d'entre vous ont toujours pas lu « Parfois les Serdaigles » de George et Fred... Avec de plus en plus de monde qui les motiverait à écrire, on aurait peut-être le prochain chapitre... hem... Oui, je sais, je ne recule devant rien... Mais je veuuuuuuuuuuuuuux la suite T.T (ce qu'elle n'ira pas crier à nouveau en review par respect pour eux... snif ! C'est dur le respect...) Je veux aussi un Jasper, mais ça, c'est pas négociable du tout, lol.
