Chapitre 3 : Quand l'icône de la lumière doute

Harry était coincé chez les Dursley depuis la fin des cours et s'ennuyait à mourir. Il tentait parfois d'obtenir des informations en regardant discrètement le journal télévisé mais rien ne transparaissait. Pas de faits étranges aux yeux des moldus ou d'attaques. Voldemort et ses sbires semblaient calmes, ce qui inquiétait Harry.

Il avait appris via les lettres de Sirius et la Gazette du Sorcier que lui envoyait Hermione, que le Ministère niait le retour du mage noir et avait lancé une campagne diffamatoire envers Harry et Dumbledore, les faisant passer pour des affabulateurs ou des fous à lier.

Sirius lui avait écris, dans l'une de ses lettres, que Dumbledore avait reformé l'Ordre du Phénix mais que leurs actions restaient pour le moment, discrètes et peu nombreuses. Ils tentaient de recruter du monde et de diffuser le retour de Voldemort. Le vieux directeur laissait Harry dans l'ignorance la plus totale et celui-ci ne comprenait pourquoi.

Depuis qu'il était de retour chez les Dursley, ceux-ci l'ignoraient le plus possible, faisant comme si leur neveu n'était pas là. Harry ne s'en plaignait pas vraiment, cela lui permettait d'étudier les livres que lui envoyaient Hermione et Sirius.

Ce dernier avait décidé de faire l'éducation magique de son filleul derrière le dos de Dumbledore. Ainsi, il apprenait l'histoire de la magie (la vraie, pas les sempiternelles guerres de gobelins que leur rabâchait le Professeur Binn), Le fonctionnement du ministère et du Magenmagot ou encore les traditions sorcières. Une vraie éducation de sang-pur digne d'un Malfoy, avait ironisé Harry.

Il passait aussi beaucoup de temps à méditer. Depuis les événements du cimetière, sa magie faisait des siennes. Sirius lui avait appris, par courrier, la technique de la méditation et Hermione lui avait envoyé une collection d'ouvrages sur les techniques méditatives et de contrôle de sa magie.

Heureusement que Sirius et Hermione lui écrivaient, parce qu'il n'avait rien reçu de Ron, les Weasley, Lupin ou même de Dumbledore.

Hermione lui avait expliqué que Ron était étrange et ne semblait pas s'inquiéter du fait qu'Harry ne soit pas avec eux au QG.

En plus du manque d'information qui le minait, il y avait le manque de sommeil. Quand Harry ne faisait pas des cauchemars sur la nuit de la mort de Cédric et le retour de Voldemort, il en faisait un autre étrange, où il voyait un long couloir sombre donnant sur des portes verrouillées.

Il en avait parlé à Sirius, qui lui avait dit ne pas pouvoir en parler avec lui par lettre, au cas où celle-ci serait interceptée. Harry avait compris dans cette réponse, que son parrain devait savoir quelque chose et qu'il en saurait plus une fois que l'Ordre aura daigné venir le chercher.

Un après-midi où il s'ennuyait, n'ayant plus rien à lire, il décida d'aller profiter du soleil et de quitter la chaleur étouffante de sa minuscule chambre.

Il sortit de la maison et se rendit dans un parc tout proche.

Après quelques heures de réflexion, allongé dans l'herbe du parc, au soleil, Harry vit arriver son cousin Dudley. Ce dernier venait visiblement de quitter ses amis et prenait le chemin du retour quand il aperçut Harry.

Voyant Harry faire tourner nonchalamment, sa baguette entre ses doigts, il attaqua :

- Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Et ranges-ça où je vais dire à papa que tu as sorti ton bout de bois.

- Je fais ce que je veux. Et puis quoi, Big D, tu as besoin de papa pour te défendre ? Railla Harry.

Il ne pouvait s'empêcher de provoquer son cousin quand il en avait l'occasion.

- Et c'est celui qui pleurniche après son petit-ami la nuit qui vient me dire ça ? Je t'ai entendu la nuit dernière.

Harry se tendit perceptiblement en entendant ça. La nuit dernière, il avait fait un cauchemar, revivant les événements du cimetière et donc la mort de Cédric.

- Arrête-ça ! S'énerva-t-il en pointant sa baguette vers la poitrine de son cousin, fou de rage.

- NE POINTE PAS CE TRUC SUR MOI ESPÈCE DE MONSTRE ! Vociféra Dudley, les yeux écarquillés de peur.

Harry allait répondre, quand il releva les yeux vers le ciel en sentant une sensation bizarre le parcourir.

Dudley avait du le sentir aussi puisqu'il se remit à vociférer, plus paniqué que jamais.

- Arrêtes-ça ! Qu'est-ce que tu fais ?

- Je ne fais rien, ce n'est pas moi. Commença Harry en fronçant les sourcils. Il connaissait cette sensation de peur froide qui le prenait au tripes. Cette impression que vous ne connaîtrait plus jamais le bonheur. Des détraqueurs.

Il eut a peine le temps de réaliser, que deux silhouettes noires encapuchonnées flottaient rapidement vers eux.

- Cours Dudley ! Ne t'arrêtes pas, cours !

Pour une fois son crétin de cousin, fit ce qu'il disait. Il courrait.

A quelques centaine de mètres de la maison des Dursley, il vit les deux détraqueurs s'approcher dangereusement.

Quand il se retourna, il vit une des silhouettes attraper son cousin par la gorge dans le but de l'embrasser. Dudley, ne pouvant voir les créatures des ténèbres, hurlait à plein poumons, les yeux exorbités.

Harry attrapa sa baguette et lança rapidement son patronus qui s'empressa de charger le détraqueur le plus prêt de lui.

N'entendant plus son cousin hurler, il se retourna et envoya son patronus vers le second détraqueur qui relâcha Dudley et disparut. Ce dernier s'était écroulé sur le sol, le regard hagard.

Il aida son cousin à se relever et à se maintenir debout. Il entendit un bruit de pas et allait ranger sa baguette, quand il entendit la voix de Mrs Figg, la vieille voisine aux chats.

- Ne ranges pas ta baguette Harry. Les détraqueurs pourraient revenir et je ne pourrais pas t'être d'une grande aide.

Harry écarquilla les yeux.

- Mais… Vous êtes une sorcière ? Les moldus ne peuvent pas voir les détraqueurs. Bégaya-t-il.

- Non, Je suis une cracmolle.

- Mais pourquoi ne pas me l'avoir dit, depuis tout ce temps ? Questionna Harry en avança difficilement avec le poids de Dudley contre lui.

- Dumbledore m'avait demandé de te surveiller pour te protéger. Mais je ne devais rien te dire.

Harry ricana sombrement sans que la vieille femme ne l'entende. Une cracmolle ! Dumbledore lui avait envoyé pour seule protection, une vieille femme incapable d'utiliser la magie. Le directeur était soit complément dérangé soit trop confiant. Ou alors, et Harry tendait plus vers cette option depuis quelques temps, le vieux directeur se fichait de ce qu'il pouvait lui arriver.

Arrivés devant la maison des Dursley, Mrs Figg les laissa là pour aller prévenir Dumbledore de l'attaque.

Il entraîna son cousin dans la maison et attendit que l'orage passe. Son oncle était furieux et ne comprenait pas ce qui arrivait à son fils malgré ses explications et, étonnement, celle de sa tante à qui sa mère, Lily, avait apparemment parlé des détraqueurs et d'Azkaban dans sa jeunesse.

Au bout de plusieurs minutes de cris et de menaces de représailles de la part de son oncle, les Dursley quittèrent la maison pour emmener Dudley voir un médecin, le laissant seul dans la maison.

Quelques secondes plus tard, une beuglante du Ministère arriva, lui annonçant son procès au Ministère pour usage illicite de la magie par un sorcier de moins de 17 ans et usage de la magie devant un moldu. L'audience aurait lieu au Ministère devant une assemblée du Magenmagot le 12 Août.

Harry soupira.

« Les problèmes continus. » Pensa-t-il amèrement.

Il allait remonter dans sa chambre, quand un second hibou arriva. Un mot de Sirius lui demandant de ne surtout pas quitter la maison jusqu'à ce que l'Ordre vienne le chercher, pour sa sécurité.

Quatre jours sans nouvelles de l'Ordre ou même de Sirius. Il ne s'en formalisa pas. Ca commençait à devenir une habitude.

Le soir de son anniversaire, Harry reçut avec plaisir le colis d'Hermione et Sirius, contenant des gâteaux et des bonbons ainsi qu'une lettre lui annonçant qu'ils se verraient bientôt.

Un second hibou avait apporté un colis provenant des farces et attrapes Weasley de la part des jumeaux.

Ron, son soit-disant meilleur ami, n'avait même pas pris la peine de lui envoyer une simple lettre d'anniversaire. Il s'était senti blessé.

Le pire avait été la lettre de Ginny. Celle-ci lui avait écrit une véritable déclaration d'amour digne des romans à l'eau de rose qu'affectionnait sa tante Pétunia. Il n'avait pas trop compris cette démarche. Ginny et lui n'étaient pas proches, donc il ne comprenait pas cette nouvelle façon de se comporter avec lui comme si elle était déjà sa petite amie. Il ne voyait Ginny que comme une sorte de sœur comme le reste des Weasley. Et puis, certaines discussions avec Hermione et Sirius, l'avaient amené à se poser des questions sur sa sexualité.

Il remplit sa malle avec toutes ses affaires, le colis d'Hermione et celui des jumeaux, en se disant que tout serait prêt quand l'Ordre daignerait venir le chercher.

Les Dursley passait le week-end chez la tante Marge. Au moins il était tranquille.

Il était en train de se préparer un sandwich avec le peu de restes qu'il trouva dans le frigo quand il entendit la porte d'entrée s'ouvrit et le fracas d'un vase qui se brise sur le sol.

Il se retourna immédiatement et brandit sa baguette, sur ses gardes.

Il se détendit et souffla de soulagement quand il vit Maugrey Fol Œil venir vers lui accompagné d'une jeune femme aux cheveux roses. Derrière eux se trouvait Rémus Lupin et un grand sorcier noir, qu'Harry ne connaissait pas.

- Bonjour Harry. Dit Rémus en s'approchant à son tour.

- Bonjour, Professeur Lupin. Professeur Maugrey. Les salua Harry en baissant sa baguette.

- Je ne suis pas professeur gamin, et techniquement je n'ai pas eu le temps de l'être. Reprit Maugrey.

Lupin leva les yeux au ciel, amusé.

- Je te présente Nymphadora Tonks, la petite cousine de Sirius et accessoirement auror au Ministère. Et là c'est Kingsley Shakelbot, auror aussi.

- Enchanté de vous rencontrer. Répondit Harry poliment.

- Trêve de bavardage les enfants. Potter tu prends ton éclair de feu et on décolle. Ordonna Maugrey en entraînant tout le monde sur le perron de la maison pendant que Tonks faisait transplaner sa malle et la cage vide d'Edwige.

- Mais… On va où ? Demanda Harry en enfourchant son balai.

- Tu verras quand on y sera, Potter. Maintenant en vol. Si l'un de nous est tué, les autres poursuivent, pointe au nord. Répondit Fol Œil en donnant un coup de pied au sol pour décoller.

Après deux heures de vol, Harry était frigorifié. L'été était chaud mais ils volaient haut dans les nuages pour rester discret et l'air était froid et humide à cette hauteur.

Maugrey les fit atterrir dans un parc en friche. Il tendit un morceau de papier au jeune homme et lui ordonna de se répéta ce qui était écrit dessus, plusieurs fois, mentalement.

Harry fronça les sourcils mais s'exécuta. Quelques secondes plus tard, une maison à étage apparût devant lui entre les numéro 11 et 13, écartant les deux habitations sans que les moldus ne semblent s'en rendre compte.

Maugrey les entraîna à l'intérieur, en silence, et disparut avec les deux aurors, au bout du couloir, laissant Harry en plan au milieu de l'entrée.

Avant qu'il n'ait le temps d'analyser son environnement, une tornade au cheveux frisés lui sauta dans les bras. Hermione, se dit Harry en resserrant son étreinte autour de sa meilleure amie.

- Enfin ! Comment tu te sens ? Et les détraqueurs ? Le procès ! Ne t'inquiètes pas tout s'arrangera. Débita-t-elle d'une traite.

- Hermione ! Hermione ! Stop ! Oui ça va, ne t'inquiètes donc pas tant. Et pour le procès, je ne peux qu'attendre et voir ce qu'il se passera. Dit amèrement Harry en se disant qu'encore une fois Dumbledore ne lui disait rien.

- Viens ! La réunion vient de finir on va pouvoir aller manger, tu as maigri.

Harry laissa sa malle dans l'entrée et suivit sa meilleure amie dans la cuisine où les Weasley et son parrain l'attendaient.

Cela faisait plusieurs jours, qu'Harry était arrivé au Square Grimaud. Il devait partager une chambre avec Ron et l'ambiance n'était pas super. Ce dernier était distant et Harry ne faisait rien pour combler cette distance.

- Harry, viens ! Murmura la voix de Fred, dans l'entrée de la chambre qu'il partageait avec Ron.

- Pourquoi ?

Fred et Georges déplièrent un objet inconnu de Harry et l'entraînèrent près des autres jeunes, en haut des marches.

- Voici la nouvelle invention de WWW. Les oreilles à rallonge. Un outil idéal pour espionner les conversations de l'Ordre. Même si jusque là, nous n'avons pas appris grand-chose. Elles avaient besoin d'être améliorées. Expliqua Georges.

Fred activa les oreilles à rallonges d'un coup de baguette et des voix lointaines commencèrent à leur parvenir.

- C'est encore cette sale chauve souris de Snape qui fait son rapport top secret. ! Grogna Ronald.

Hermione donna un coup de coude à Harry pour lui rappeler qu'il n'était pas censé savoir que Snape était un espion pour l'Ordre du Phénix.

- Snape ? Il fait parti de l'Ordre ? Fit semblant de s'étonner Harry. Hermione lui avait écrit pendant les vacances quand Sirius lui avait dit.

- Oui. Une sorte d'espion pour l'Ordre. Se gaussa Ron, ravi d'être le détenteur des informations, sans savoir qu'Harry le savait déjà.

Harry allait dire quelque chose mais les voix se turent et la porte de la cuisine s'ouvrit sur Mrs Weasley.

- Les enfants descendez, la réunion est terminée, on va pouvoir manger. Cria Molly dans les marches, sans les voir.

Les jours défilèrent relativement de la même façon. La journée, Harry s'enfermait dans la bibliothèque des Black avec Hermione pour travailler, la plupart du temps accompagné de Sirius. Ron avait pesté plusieurs jours sur la nouvelle passion de Harry pour les livres et avait fini par abandonner pour traîner dans la cuisine ou avec sa sœur Ginny pour jouer aux cartes ou aux échecs.

Le soir, Harry attendait que Ron s'endorme et rejoignait Sirius dans sa chambre pour discuter ou pour que Sirius lui parle de ce qu'il se disait pendant les réunions.

Sirius avait tenté de parler de ce que faisait l'Ordre avec Harry, pendant un repas, mais Molly Weasley avait piqué une crise en disant qu'il n'était qu'un enfant et qu'il n'avait pas à s'occuper des affaires de l'Ordre.

Quand son parrain avait voulu arguer qu'Harry était en première ligne, la mère des rouquins avait attaquait Sirius, sur son incapacité à savoir ce qui était bon pour un enfant.

Vexé, Sirius avait dit à Molly qu'il n'était pas son fils. Celle-ci avait répondit que c'était tout comme.

Harry aurait pu se sentir flatté que la matriarche Weasley le considère comme son fils s'il n'avait pas aperçut brièvement son regard avide quand il parlait de l'héritage des Potter avec Sirius, lors d'un petit-déjeuner.

Entre le comportement étrange de la mère Weasley, l'éloignement et les réflexions parfois méchantes de Ron ainsi que Ginny qui passait son temps à le coller, Harry ne savait pas à quoi s'en tenir avec les Weasley. Seuls les jumeaux semblaient sortir du lot. Les deux aînés, Bill et Charlie étaient en mission à l'étranger pour l'Ordre et Arthur semblait effacé face à sa femme.

La veille de son audience au ministère, Harry profita que Ron dormait pour rejoindre son parrain, comme à l'accoutumé. Il récupéra Hermione en route, qui les accompagnaient souvent, et ils entrèrent sans frapper dans la chambre de Sirius.

- Vous en avez mis du temps ! Lâcha l'animagus en voyant les deux jeunes entrer.

- Hermione attendait que je sorte de ma chambre et Ron n'arrêtait pas de me parler de son nouveau balai qu'il allait avoir. J'ai du attendre des heures qu'il s'endorme. Répondit Harry en s'installant avec Hermione sur le lit de son parrain, lui-même assis en tailleur, le dos contre les oreillers.

- Son nouveau balai ? Pourquoi ses parents lui achèteraient un nouveau balai alors que leurs finances ne sont déjà pas glorieuses ? S'étonna Sirius.

- Je ne sais pas. Mais il semble sûr de lui. Répondit Hermione.

- Bref. J'ai des trucs à vous dire. Harry, tu m'as parlé de ce rêve que tu fais où tu vois un couloir sombre, tu saurais me le dessiner pour qu'on ait une idée de ce à quoi ça ressemble ? J'ai appris certaines choses pendant la réunion et je me demande si ça a un lien.

Harry acquiesça à la question de son parrain et attrapa un crayon et un parchemin sur le bureau avant de se réinstaller sur le lit.

Il dessina rapidement de mémoire. Il jeta un coup d'œil sur son œuvre, et satisfait, la tendit aux deux autres.

- Tu as un sacré coup de crayon, Harry. Le félicita Hermione en souriant.

- Merci Mione. Alors ça t'aide ?

- Oui. C'est bien ce que je pensais. Quant à savoir pourquoi tu vois en rêve le couloir de la salle des prophéties du ministère, couloir que l'Ordre surveille en cachette depuis un mois, là je sèche. Répondit Sirius.

- La salle des prophéties ? S'étonna Hermione et Harry de concert.

- Oui.

- Pourquoi protéger la salle des prophéties. Demanda Hermione.

- Albus nous a expliqué qu'il existe une prophétie concernant Harry et Voldemort. Il ne nous l'a pas donné, il a seulement expliqué que la prophétie te mettez sur le devant de la scène dans cette guerre contre Voldemort. Expliqua sombrement Sirius.

- Quoi ? Mais pourquoi est-ce qu'il ne m'a rien dit ? Ca me concerne directement. S'énerva Harry, sous le choc.

- Je ne sais pas, Harry. Je ne comprend pas moi-même pourquoi Albus fait tant de secret. De ce qu'il a daigné nous dire, la prophétie est la cause du décès de James et Lily. Voldemort aurait appris à l'époque une partie de la prophétie et a tué tes parents avant d'essayer de te tuer. Et tu connais la suite.

- Il nous cache trop de chose. Il y a des choses que je ne comprend pas. Pourquoi Voldemort s'est intéressé particulièrement à nous, à l'époque ? Pourquoi il n'a rien fait pour t'innocenter alors qu'il semblait être convaincu de ton innocence quand on t'a aidé à t'échapper il y a deux ans ? Pourquoi cacher le contenu de cette prophétie si elle m'amène à me battre contre Voldemort ? Et pourquoi me tenir éloigné de tout et dans l'ignorance si j'ai un rôle si important ? S'époumona Harry.

- Je ne sais pas Harry. Et je me pose les mêmes questions que toi. Et bien d'autre. Pourquoi Dumbledore a-t-il convaincu tes parents de prendre Queudver à ma place comme gardien du secret de leur fidélitas, alors qu'on savait que c'était un lâche qui risquerait de nous donner s'il se faisait prendre ? Pourquoi t'avoir placé chez des moldus ? Pourquoi ne fait-il rien pour m'obtenir un procès maintenant ? Pourquoi le testament de James et Lily n'a jamais été ouvert alors que je sais que ton père en avait fait un comme tout bon sang-pur qui se respecte ? Renchérit l'animagus.

- Puisque Dumbledore et l'Ordre ne nous donne pas les réponses et nous cache des choses, nous allons devoir trouver les réponses nous même. Tonna Hermione d'une voix froide.

Sirius et Harry acquiescèrent silencieusement.

- Je ne veux pas que vous vous mettiez en danger. Faites vous discrets pour le moment et une fois à Poudlard, tenez-vous à carreaux. J'essaierais d'obtenir des informations derrière le dos de Dumbledore. Pour le moment c'est tout ce qu'on peut faire. Ordonna Sirius.

Le procès de Harry fut une formalité. Malgré le procès en grande pompe, Dumbledore fit témoigner Mrs Figg et les charges furent abandonnées.

Harry en gardait un goût amer. A aucun moment, Dumbledore ne lui avait adressé la parole ou simplement offert un simple regard. Harry était furieux contre son directeur et doutait de plus en plus de lui.

La veille du départ pour Poudlard, Harry, Sirius et Hermione comprirent pourquoi Ron s'était autant gaussé de son hypothétique nouveau balai.

Les lettres de Poudlard, avec les fournitures avaient été envoyé quelques jours plus tôt et Molly et Tonks avaient été acheté tout sur le chemin de Traverse, sans eux. Harry avait remis sa clé à Tonks pour ses achats. Il n'avait plus confiance en Mrs Weasley même s'il ne savait pas exactement pourquoi.

Mais de nouvelles lettres étaient parvenues pour annoncer la nomination de Ron et Hermione au poste de préfet.

C'est pour le féliciter que Molly offrit à son fils un nouveau balai, un Brossdur. Ron avait pesté, disant à Harry qu'il aurait préféré un Éclair de Feu comme le sien, mais que ses parents n'avaient pas les moyens. Harry avait vu l'aigreur et la jalousie chez Ron.

Le soir même, après la réunion de l'Ordre, Harry et Hermione avaient retrouvé Sirius dans sa chambre pour la dernière fois avant le départ pour Poudlard.

- J'ai appris quelque chose de Snape pendant la réunion de ce soir. Attaqua Sirius, à peine les deux jeunes avaient refermé la porte et lançaient leur habituelle batterie de sorts de silence.

- Quoi ? S'impatienta Harry.

- Snape a dit qu'il ne savait pas comment mais Voldemort aurait retrouvé le physique de ses vingt ans. Ce n'est apparemment plus la face de serpent immonde que tu avais vu au cimetière.

- Et qu'est-ce que ça change pour nous ? Il ne ressemble plus à une horrible créature reptilienne et alors ? Répondit Hermione.

- Et alors il est possible que quoi qu'il ait fait pour retrouver son corps jeune, il serait logique que ça l'ait aidé à récupérer sa puissance d'antan aussi.

- ça craint ! S'exclama Harry.

- Oui c'est le mot ! Enfin rien n'est sûr ce n'est que mon opinion. Par contre je te trouve Snape étrange. Ces derniers temps il ne donne pas autant d'informations qu'avant. Maugrey a dit ce soir que c'était inutile d'avoir un espion dans les rangs de Voldemort si cet espion ne parvenait pas à obtenir des informations utiles. Dumbledore a dit qu'il fallait un peu de temps pour que Voldemort refasse confiance à Snape, après tout il a passé ces quinze dernières années près de Dumbledore. Mais je pense que Snape cache des choses à l'Ordre et à Albus. Je ne l'aime pas à cause de notre passif mais je reconnais volontiers que c'est un homme très intelligent. La déduction que je me suis faite au sujet de la possible puissance retrouvée de Voldemort, il se l'ait forcément faite aussi. Mais à aucun moment il en a parlé à Dumbledore et à l'Ordre.

- Tu crois qu'il est fidèle à Voldemort et qu'il joue les triples espions ? Demanda Hermione.

- Ca ne m'étonnerai pas. Mais je pense plutôt qu'il roule pour lui-même. Je ne sais pas trop quoi penser de lui, en ce moment. L'autre jour je l'ai trouvé à farfouiller dans la vitrine du salon que Molly veut vider de ses trucs dangereux. Il n'a même pas pris la peine de me répondre ou de me balancer un sarcasme. Expliqua Sirius.

- Étrange. Confirma Hermione.

- En parlant d'étrange. Il y a quelque chose qui me revient et que j'avais oublié de vous dire. Quand je suis sorti de mon audience au Ministère, je suis passé près du fameux couloir sombre. J'ai vu Lucius Malfoy en pleine discussion avec Fudges.

- Fudges mange dans la main de Malfoy donc ça ne me surprend pas. Par contre le fait que Lucius traîne près du couloir de la salle des prophéties, ça c'est important. Dit Sirius en fronçant les sourcils.

- Bah il attendait sûrement la fin de mon audience pour voir Fudges. Répondit Harry peu convaincu par sa propre réponse.

Sirius secoua la tête avant de reprendre :

- Harry, tu ne comprend pas. Si Lucius traîne près de la salle des prophéties, ça veut sûrement dire que Voldemort fait surveiller, lui aussi les lieux pour obtenir la prophétie.

- Pourquoi ? S'étonnèrent Harry et Hermione de concert.

- Lucius est un mangemort. Et je pense même qu'il est le bras droit de Voldemort. A l'époque il s'en est sorti en disant qu'il avait été mis sous imperium et en graissant quelques pattes. Même Snape a confirmé que Voldemort passait énormément de temps enfermé dans sa bibliothèque avec Lucius depuis un mois.

- Je vois. Ca ne m'étonne même pas. Dit Harry avec amertume.

- On reparlera de ça quand on aura du nouveau. Tenez. C'est un miroir à double sens. James et moi l'utilisions quand nous étions en retenue. Garde le toujours avec toi Harry, je veux pouvoir rester en contact avec vous quand vous serez à Poudlard. Allez au lit maintenant. Sourit Sirius en tendant à son filleul le miroir.

Dire qu'Harry appréhendait ce retour à Poudlard était un euphémisme.