Chapitre 8 : La manipulation de trop

Des cours avaient été annulé pour permettre aux professeurs de surveiller la théorie et faire passer la pratique des Buses et des Aspics.

Il arrivait donc souvent que les après-midi des années sans examens, se voient libérées de leurs cours.

En ce début de mois de juin, le temps était plus que clément. Le soleil était au rendez-vous et les températures particulièrement agréables.

N'ayant pas d'examen à passer cette année, Hermione et Harry profitait de leur temps libre pour travailler à la bibliothèque ou s'entraîner dans la salle sur demande.

Cet après-midi, Hermione avait décidé de leur faire prendre une pause.

Les derniers mois avaient été éreintants. Dumbledore surveillait le moindre de leurs faits et gestes, les gryffondors, qui s'étaient alliés pour la plupart avec le nouveau Ronald Weasley, avaient quelque peu tourné le dos aux deux amis.

Ca ne les avait pas perturbé plus que ça. Ils avaient compris que Ronald avait pris la grosse tête et avait bradé leur amitié pour un semblant de célébrité. Le fait qu'Harry ce soit effacé pour rester dans son coin avec Hermione et se concentrer sur ses études et leur entraînement avait laissé la place libre au dernier Weasley.

Même les serpentards ne cherchaient plus de noises aux deux amis.

La douleur de la perte de Sirius était toujours aussi forte mais ils se devaient d'avancer et de se tenir sur leurs gardes.

Hermione rangea les livres dans l'étagère derrière elle et retrouva Harry à leur table au fond de la bibliothèque.

- Et si on allait profiter un peu du beau temps ?

Harry releva les yeux de son livre et posa sa plume.

- Pourquoi pas. On passe par les cuisines prendre des sandwiches et on va pic-niquer près du lac ?

Hermione acquiesça d'un signe de tête et aida son ami à ranger leurs affaires.

Une fois prêts, ils firent un détour par les cuisines, où les elfes se firent un plaisir de leur préparer un panier repas.

Ils quittèrent le château et prirent la direction du lac.

Voyant une horde d'élèves au bord du lac, Harry entraîna Hermione vers un endroit isolé près de la forêt interdite.

Il invoqua une couverture qu'il déposa sur l'herbe, au pied de l'eau et s'installa avec Hermione.

Ils passèrent plusieurs heures à discuter de tout et de rien et à se chamailler, les pieds dans l'eau.

Ils venaient de se réinstaller sur la couverture pour manger leurs sandwiches quand Harry fronça les sourcils.

Le voyant faire, Hermione se tourna dans la direction qui semblait attirer l'attention de son meilleur ami.

- Qu'est-ce que tu regardes ?

- Tu ne trouves pas que Malfoy et sa clique sont souvent dans notre giron depuis quelques temps ?

Hermione fronça les sourcils et jeta un coup d'œil vers le groupe de vert et argent. Draco Malfoy était assis dans l'herbe sous un arbre avec Pansy Parkinson, Blaise Zabini, Crabes et Goyle et semblait jeter de fréquents coups d'œil dans leur direction.

- Je n'avais pas fait attention. Mais maintenant que tu le dis…

- C'est étrange. Et aucun d'eux ne nous a pris à parti depuis un sacré bout de temps. Ils se battent et raillent le reste des gryffondor mais pas nous. Insista Harry.

- Du moment qu'on à la paix.

- Oui tu as probablement raison. Accepta Harry en mordant dans son sandwich.

Ils discutaient du livre de défense qu'ils étudiaient depuis une semaine quand ils virent Dumbledore approcher.

- Bonjour Professeur, dirent-ils, hypocritement.

- Bonjour mes enfants. Salua le directeur d'un air de papy gâteau factice, comme disait Harry.

- Vous vouliez quelques choses, Monsieur ? Questionnement Hermione d'un ton faussement poli.

- Oui en effet, Miss Granger. Harry peux-tu venir dans mon bureau, nous devons discuter des arrangements qui ont été pris pour toi, pour cet été.

Harry fronça les sourcils, sentant le mauvais coup venir. Mais il ne pouvait pas refuser sans que le vieux manipulateur comprenne qu'ils ne lui faisaient plus confiance.

- D'accord. Dit Harry en se levant. Il fit comprendre discrètement à Hermione qu'il ferait attention et suivit le directeur dans le château.

Hermione le laissa partir à contre cœur. Elle ne pouvait qu'attendre son retour.

Dans le bureau d'Albus Dumbledore, Harry s'installa dans le siège que lui désigna le directeur.

- Un thé, Harry ? Un bonbon au citron ? Proposa-t-il joyeusement.

- Non merci, Monsieur. Refusa Harry avec politesse. Hors de question de risquer d'avaler quelques choses venant de ce vieux fou, pensa Harry.

- Tant pis. Je t'ai fait venir pour te parler de cet été. Comme tu n'as pas d'examen cette année et que vos emplois du temps sont relativement légers, nous avons décidé de te faire quitter l'école plus tôt que les autres cette année, pour ta sécurité.

- Pardon ? S'étonna Harry.

- Vois-tu, les professeurs, l'Ordre et moi-même avons jugé préférable que tu ne prennes pas le Poudlard Express à la date prévu, pour ta sécurité et celle des autres élèves. Nous craignons que Voldemort et ses mangemorts n'attaquent le train pour te trouver. Expliqua Albus.

Le cerveau de Harry tournait à plein régime. L'excuse était bonne même excellente mais Harry sentait qu'il y avait autre chose. Dumbledore lui préparait un mauvais coup.

Il avait compris, après coup, que le vieux sorcier avait profité de son abattement après la mort de Sirius pour le remettre sous son emprise. Et sans Hermione, il se serait fait avoir. Mais là, il sentait l'arnaque à cent kilomètres à la ronde.

- Mais et mes cours ? Tenta Harry.

- Tu travaille beaucoup depuis la rentrée de janvier Harry, Miss Granger t'as bien fait reprendre le chemin des études et tes notes sont plus qu'excellentes. Tu n'as que peu de cours pour cette dernière semaine de cours et les professeurs ont accepté de t'envoyer les cours de la semaine par hibou pour que tu ne rate rien.

Harry comprit qu'il n'y avait pas échappatoire.

- D'accord. Je profiterais du calme du Square Grimaud pour travailler. Accepta-t-il à contre cœur. Hermione allait être seule ici, et il avait peur qu'il lui arrive quelque chose.

Il se tendit en voyant l'air contrit du directeur. Oh oh ! Pensa Harry.

- Je suis désolé Harry. Mais avec la mort de Sirius, les protections du Square Grimaud sont plus faibles vu qu'il n'y a plus de Black pour renforcer la magie des protections familiales. Il y a bien le fidélitas dessus, mais j'ai peur que ça ne fasse pas le poids si Voldemort nous attaque. Il est plus puissant que jamais et on ne sait pas à qui ira l'héritage et les biens des Black. Il reste Narcissa et Bellatrix, nous ne pouvons pas prendre le risque de t'y emmener. C'est toujours le QG de l'Ordre mais pas par choix. Nous cherchons un autre endroit. Mentit Albus.

- Donc je dois retourner chez les Dursley ? Souffla Harry de dépit. Il connaissait déjà la réponse à sa question mais se prenait à espérer une autre solution.

- Oui, Harry. Je suis désolé. Et tu devras y rester tout l'été, jusqu'à la rentrée. Comme je te l'ai dit, le Square n'est pas sûr pour toi, donc je n'ai pas d'autre endroit pour toi. Je sais que tu prends 17 ans dans un mois et que tu dois te faire une joie de fêter ta majorité avec tes amis, donc je te promet que si nous trouvons un endroit plus sûr que le Square, je viendrais moi-même te chercher le jour de ton anniversaire pour que tu puisses le passer avec les Weasley et Miss Granger. Mentit de nouveau Albus.

Harry N'était pas dupe. Le directeur savait que ce n'était pas la joie chez les Dursley. Il voulait le détruire moralement pour le reprendre sous sa coupe. C'était diabolique mais efficace s'il ne faisait pas attention.

- Je pars quand ? Demanda-t-il tristement.

-Maintenant. Arthur a raccordé la cheminée de ton oncle et ta tante au réseau de cheminette sécurisé le temps de t'y envoyer. Je sais que c'est rapide mais nous devons être discrets. Tes affaires sont déjà là-bas.

- Mais… Je peux au moins dire au revoir à Hermione. S'offusqua Harry.

- Je parlerais à Miss Granger. Elle comprendra que c'est pour ta sécurité mon garçon. Contra Albus en le poussant vers la cheminée.

Harry soupira et se promit de contacter Hermione une fois chez les Dursley. Heureusement, le deuxième miroir de communication, celui de son parrain était magiquement apparu dans les affaires de Harry lors de la mort de son parrain. Hermione le gardait toujours sur elle au cas où ils seraient séparés.

Harry sentit l'effet du voyage par cheminette et atterrit dans le salon des Dursley, devant un oncle Vernon au sourire carnassier.

Harry déglutit, ça, ça n'était pas normal. Et ça sentait mauvais.

En dehors des privations, des insultes, des brimades et de l'indifférence, il n'y avait jamais eu de coup. Sauf la chasse au Harry que menait Big D et ses copains quand ils étaient plus jeunes.

Mais ce que voyait Harry sur le visage de son oncle ne le rassurait pas le moins du monde. Au contraire.

- Te voilà le monstre. Lâcha Vernon en attrapant violemment Harry par le col de son t-shirt.

Son oncle le traîna sans douceur, loin de là même, jusqu'à sa petit chambre à l'étage et le jeta violemment sur le plancher de sa chambre.

- Tu ne sortiras pas d'ici de l'été. On te glissera à manger une fois par jour par la trappe nouvellement installée dans ta porte et ta baguette et ta malle resteront en bas. Puisque le vieux fou qui te sert de directeur a décidé de nous contraindre à ta présence tout en arrêtant de nous payer, il est hors de question qu'on te facilite les choses. Cracha Vernon en sortant avant de verrouiller la porte.

Harry se releva et passa une main tremblante sur son visage.

« Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Et par Merlin de quel argent parlait son oncle ? Est-ce que Dumbledore payait son oncle et sa tante depuis des années pour qu'ils acceptent de le garder ? » Pensa Harry.

Il fouilla dans sa poche pour sortir son miroir de communication et l'activa. Hermione répondit immédiatement.

- Harry ! S'exclama la jeune femme en voyant le bleu sur la tempe de son ami. Sa tête avait cogné contre une marche de l'escalier quand son oncle l'avait traîné à l'étage.

- Hermione, je crois que je suis en danger. Avoua Harry.

Quand Harry avait suivi le directeur dans le château, Hermione avait commencé à faire les cents pas sur la couverture du pic-nique. Elle avait un très, mais alors très très mauvais pressentiment.

Au bout d'une heure, elle commençait sérieusement à se ronger les ongles, quand elle sentit une présence. Elle s'arrêta et releva la tête pour tomber dans deux orbes gris orage.

- Qu'est-ce que tu veux Malfoy ?

Celui-ci leva un sourcil perplexe devant le ton inquiet qui se voulait sûrement menaçant à la base.

- Où es Potter ?

Hermione fronça les sourcils de suspicion.

- Je ne vois pas en quoi ça te concerne.

- Il est parti depuis une heure alors que ça n'était visiblement pas prévu, vu comme tu te ronge les ongles depuis une heure. Commença Malfoy avant d'être coupé par la gryffondor.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

- Écoutes Granger, tu ne m'aime pas et je ne t'aime pas. Jusque là tout va bien. Mais pour la sécurité de Potter tu vas devoir me faire confiance.

Hermione pouffa.

- Tu en as d'autre comme ça, Malfoy.

Draco passa une main lasse sur son visage. Comment le maître voulait-il qu'il assure les arrières de Potter avec le passif qu'il y avait entre eux. Granger ne lui ferait jamais confiance. Et s'il arrivait quoique ce soit à Potter, il allait le sentir passer. Il devait tenter le tout pour le tout.

- Très bien. Je sais que Potter et toi ne faites plus confiance à personne et surtout pas à Dumbledore et à son ordre du poulet grillé. Je pense qu'il se passe un truc pas net avec Potter en ce moment même et je peux t'aider.

La jeune femme sembla réflechir un moment avant de prendre une décision.

- Admettons. Pourquoi croirais-je ça ? Pourquoi Voldemort voudrait assurer les arrières de Harry alors qu'il tente de le tuer depuis qu'il a un an ?

- Parce que les choses sont plus complexes que tu ne le pense et que même moi je n'ai pas toutes les réponses. Ce que je peux te dire c'est que Black est en vie et qu'il a fait promettre au Maître qu'il ne ferait pas de mal à Potter.

- Q-q-quoi ? Sirius ! Mais… Bégaya Hermione, hésitante.

- Si je te donne des infos que seul Black et vous connaissez, tu acceptes de me laisser t'aider ?

- Dis toujours ! Répondit la jeune femme clairement dans le doute.

- Black est un Animagus qui se transforme en chien. C'était le meilleur ami du père de Potter qui se transformait en cerf. Leurs surnoms étaient Patmol et Cornedrue.

- Tu aurais pu savoir ça autrement. Dit Hermione d'un ton sec.

- OK, dans le cas où je devrais sauver la peau de Potter, Black m'a dit de te dire ' Lord Potter-Black.' J'espère que tu sais ce que ça veut dire parce que je n'en sais pas plus.

Hermione écarquilla les yeux. Oui elle savait. Avant sa mort, Sirius avait refait son testament en secret et avait fait de Harry l'héritier de la maison Black. Ainsi, à sa majorité, Harry deviendrait Lord Potter-Black, héritier des familles Black et Potter.

- Très bien, je t'écoutes. Accepta Hermione sous le regard surpris du blond.

- Est-ce que Potter peut être en danger en étant dans le bureau de Dumbledore depuis une heure ?

- Oui. J'ai un mauvais pressentiment. Répondit sincèrement Hermione.

- Est-ce que tu as un moyen de contacter discrètement Potter ? S'impatienta le jeune Malfoy.

Hermione allait dire non quand elle sentit le miroir chauffer dans sa poche.

- Le miroir ! S'exclama-t-elle en le sortant de sa poche. Elle répondit à l'appel de son meilleur ami et fronça les sourcils en voyant le bleu sur sa tempe.

- Harry !

- Hermione, je crois que je suis en danger. Avoua Harry.

- Où es-tu et que s'est-il passé ? S'empressa de demander Hermione faisant fi du serpentard en face d'elle.

- Dumbledore m'a dit que le QG n'était plus très sûr depuis la mort de Sirius et que je devais passer l'été, tout l'été chez les Dursley. Il a dit que je ne pouvais pas prendre le Poudlard Express en même temps que tout le monde, car ils craignaient une attaque de Voldemort. Il m'a envoyé par cheminette chez les Dursley.

- Quoi ? Tu y es déjà ? S'étonna la gryffondor.

- Oui. Quand je suis arrivé mon oncle m'a attrapé violemment par le cou et m'a traîné dans les marches avant de me jeter dans ma chambre, d'où le bleu sur ma tempe. Il m'a enfermé à clé et m'a dit que comme Dumbledore les obligeait encore une fois à devoir supporter ma présence et qu'en plus il ne voulait plus payer, je serais enfermé tout l'été dans ma chambre avec un repas par jour. Il a installé une putain de chatière dans la porte Mione. S'indigna Harry.

- Quoi ! Attends Harry tu as dit que Dumbledore ne voulait plus payer ? Ca veut dire quoi ?

- Je crois que Dumbledore payait les Dursley pour qu'ils acceptent de me prendre en charge et ça depuis mes un an. Mon oncle est étrange, il me fait peur Mione. Avoua Harry.

- Ne fais rien, tiens toi à carreau et contactes-moi au moindre soucis. Je vais essayer de trouver une solution.

- Attends Mione ! S'inquiéta Harry

- Non Harry, fais-moi juste confiance. Je veux que tu me donnes un coup de miroir une fois par jour.

- D'accord. Accepta Harry. Je dois te laisser j'entends mon oncle monter. Dit-il avant de couper la communication rapidement.

Hermione soupira. Elle crevait d'inquiétude pour Harry. Comment allait-elle faire pour le sortir de là.

- Granger reprends-toi. Claqua la voix de Malfoy devant elle.

Elle souffla plusieurs fois et se reprit.

- Il faut que tu m'aide, je fois parler à Sirius.

- Non. J'ai des ordres. Je préviens le maître, et après on voit ce qu'on fait. Contra le blond.

Draco attrapa la main de la gryffondor et l'entraîna dans l'entrée de la forêt interdite pour se mettre à l'abri des regard. Le groupe de vert et argent avait suivi le mouvement.

- Dray ? Questionna Zabini.

- Je dois prévenir le Maître. Rentrez tous au château, préparez vos malles et la mienne. Je pense qu'on ne va pas s'éterniser ici.

Le serpentard noir acquiesça à l'ordre et entraîna les autres sur ses pas.

- Pourquoi tu m'as emmené là Malfoy ? Questionna Hermione avec inquiétude.

- Détends-toi Granger, je ne pouvais pas contacter le Lord à la vue de tous.

Hermione acquiesça en se demandant si elle avait eut raison de faire confiance au blond. Mais si Sirius était de retour et dans le giron de Voldemort, c'est qu'il y avait une bonne raison, se dit-elle.

Draco vit l'acceptation dans le regard de la gryffondor et s'empressa de sortir une montre à gousset de sa poche.

Hermione se rapprocha pour voir et il inclina la montre pour le lui permettre.

Il activa l'artefact d'un coup de baguette et un homme brun extrêmement séduisant aux yeux noir et carmin, d'une bonne vingtaine d'année apparut sur le cadran de la montre à gousset.

- Maître. Salua le blond. Hermione sursauta en comprenant qu'il s'agissait de Lord Voldemort.

- Je t'écoutes Draco. Répondit Voldemort.

- Potter a des problèmes. J'ai du m'expliquer avec Granger.

- Expliques-toi ! Vite ! Claqua la voix froide du Lord.

- Dumbledore l'a convoqué dans son bureau et on ne l'a pas vu rejoindre Granger au bout d'une heure. Je me suis rapproché d'elle en lui disant ce que Sirius m'avait dit. Elle a utilisé un miroir à double sens pour contacter Potter. Apparemment Dumbledore l'a envoyé chez ses moldus pour, soit disant le mettre en sécurité pour l'été.

- Hormis le fait qu'il ait envoyé Potter chez ses moldus plus tôt que prévu, qu'est-ce qui te fais penser qu'il est en danger ? S'étonna le mage noir.

- Il nous l'a dit lui même. Enfin il l'a dit à Granger. Il avait un bleu sur la tempe à cause de son oncle. Celui-ci lui a dit que puisque Dumbledore le renvoyait chez eux mais ne voulait plus payer, il passerait l'été dans sa chambre verrouillée et aurait un repas par jour.

Une grimace de mépris passa sur le visage du Lord Noir.

- Très bien, j'envoie Vénima sur place. Ton père cherche encore le moyen de contrer les barrières de sang sur la maison de ces vulgaires moldus. Elle le protégera en attendant. Veille sur Miss Granger, ne la quitte pas d'une semelle.

- Mais ? Dumbledore va se poser des question si Granger fraye avec des serpentard.

- Peu importe. De toute façon, ton père, Severus et Black viennent vous récupérer ce soir. Severus nous a rapporté qu'à la réunion de l'Ordre qui a eut lieu hier soir, le vieux fou et la majorité de l'Ordre a voté pour utiliser du véritasérum sur certains serpentards. Ceux dont ils pensent que les parents sont des mangemorts. Expliqua Voldemort.

- Je dois prévenir qui, Maître ? Heure et point de rendez-vous ? Enchaîna Draco.

- Prends avec toi Miss Granger, Zabini, Parkinson, Nott, Crabes, Goyle, les sœurs Greengrass et rendez-vous devant la sorcière borgne. Il y a un passage secret qui donne sur HoneyDukes. Black dit que Granger connaît le passage et le mot de passe. Ton père et les deux autres vous attendrons derrière HoneyDukes. Faites en sorte d'être dans la boutique pour minuit pile. Ordonna Le Lord.

- Bien, Maître.

Sans un mot de plus, Voldemort coupa la communication et Draco rangea la montre dans sa poche.

- Le Maître dit vrai ? Tu connais le passage secret et le mot de passe ? S'assura Draco.

- Oui.

- Dans ce cas je t'emmène à ta tour. Tu prépare ta valise et tu viens dans les cachots avec nous.

- Mais… Commença Hermione.

- Il n'y a pas de mais, Granger. Le maître a dit que je ne devais pas te quitter d'une semelle. Je ne compte pas le décevoir pour la première mission qu'il m'a donné. J'ai assuré les arrières de Potter maintenant je te garde avec moi et on part ce soir. Vu ?

- D'accord. Accepta Hermione avec un sourire. Sirius était en vie, elle n'avait plus de doute. Il était du côté de Voldemort ça c'était plus surprenant mais il devait y avoir une raison, se dit la rouge et or en suivant Draco vers le château.

Harry était allongé sur son lit, les genoux remontés contre sa poitrine depuis son arrivée la veille. Aucun des Dursley n'était venu dans sa chambre, en soi c'était une bonne chose. Mais il n'avait pas encore eu de repas et il commençait à avoir vraiment faim.

Il se releva et se posta devant sa fenêtre pour regarder le soleil se coucher sur Privet Drive, le regard perdu au loin.

La nuit commençait à tomber quand il entendit un sifflement.

Il sursauta et vit un long serpent se glisser par la trappe de sa porte. Il fronça les sourcils sous la surprise.

- Comment es-tu rentré ? Siffla Harry en fourchelangue.

Le serpent glissa jusqu'à lui avant de lui répondre en sifflant.

- Je viens te protéger. Mon Maître m'a envoyé.

- Qui est ton maître ? Siffla le gryffondor, suspicieux.

Le serpent ne répondit pas mais s'enroula autour de la jambe du jeune sorcier, perplexe.

Harry haussa les épaules et s'allongea sur son lit pour prendre quelques heures de sommeil.

Il se réveilla en sursaut en entendant la voix de son oncle.

- Réveilles toi, garçon. Tu n'as pas autre chose à faire que de dormir en plein jour.

Harry faillit répondre que non justement, mais se retint. La lueur cruelle dans le regard de son oncle lui faisait peur.

Son oncle s'approcha de lui avant de reprendre.

- Tu crois pouvoir nous empoisonner la vie et que ça ne nous apportes plus rien ? Grogna méchamment Vernon.

- Je… Commença Harry.

- Tais-toi ! S'énerva son oncle en le giflant au visage.

Harry gémit et tenta de se relever.

- 17 ans que tu nous pourris la vie de ton anormalité.

Un coup de poing s'abattit sur la mâchoire de Harry qui siffla de douleur.

Il vit le serpent glisser de son lit pour s'échapper mais ne s'en occupa pas plus.

Son oncle revenait à la charge. Une ruée de coup le plongea dans une semi-inconscience.

Tom était posté devant la fenêtre de son bureau, regardant Lucius, Severus et Black partir pour récupérer Granger et les Serpentard.

Il se retourna vivement en entendant un sifflement.

- Vénima ? Siffla le Lord en voyant son nouveau familier glisser jusqu'à lui.

Lucius lui avait offert le serpent quelques semaines plus tôt. Ils savaient que de devoir se séparer de Nagini pour récupérer son horcruxe avait gêné Tom et ils avaient décidé de lui offrir un nouveau familier.

Il avait envoyé Vénima auprès de Potter, elle ne devait pas être ici, ce soir.

- Maître. Le petit sorcier mignon, il est en danger. Le gros et gras moldu lui fait du mal. Siffla le serpent.

Tom écarquilla les yeux de stupeur.

- Parles ! S'impatienta-t-il.

- Il frappe le petit sorcier mignon. Il faut l'aider mon maître. Vénima aime bien le jeune sorcier qui siffle comme mon maître et il est beau et gentil. Reprit Vénima.

- Viens. Lui ordonna Tom.

Le serpent glissa le long de la jambe de Tom et s'enroula autour de son bras. Tom transplana immédiatement.

Tom atterrit devant le 4 Privet Drive et commença à tisser sa magie autour des protections pour les faire tomber. Tant pis pour la discrétion, pensa-t-il. Il fallait faire vite.

Quand il sentit la dernière protection tomber, il pressa le pas et explosa la porte d'entrée d'un bombarda maxima puissant.

Il stupéfixa une femme au visage chevalin qui accourrait dans l'entrée et un gros gamin.

Un cris de douleur provenant de l'étage l'interpella. Il monta les marches en courant, sentant la magie de Potter l'appeler.

Tom ouvrit la porte et vit un gros moldu qui passait Potter à tabac. Le jeune semblait proche de l'inconscience et son état physique était déplorable. Le moldu n'y avait pas été de main morte.

- Vous êtes qui vous ? Qu'est-ce que v… Commença le gros moldu en le voyant.

Fou de rage, Tom se laissa envahir par une violente pulsion destructrice et lança un puissant sortilège de découpe.

Le moldu se vida de ses entrailles et tomba dans un bruit atroce, mort.

Tom s'approcha de Potter et se pencha sur lui.

- Tu vas souffrir encore un peu Potter mais il faut que je te porte pour transplaner. Dit Tom d'une voix trop douce à son goût.

Harry écarquilla les yeux mais ne put répondre, la mâchoire visiblement cassée et le visage tuméfié.

Avec douceur, Tom le souleva dans ses bras et transplana dans la salle de réunion du château Serpentard, tombant face à Sirius, Lucius, Severus et les jeunes serpentards fuyards.

- Harry ! Hurla Hermione en voyant l'état de son ami.

- Vous avez dit que vous ne lui ferait pas de mal ! Gronda la voix menaçante de Black.

Tom laissa un peu de sa magie s'échapper, sa fureur avait du mal à redescendre.

- Sombre idiot, même si je l'avais voulu je n'aurais pas pu, je t'ai fait un serment sorcier Black. Cracha le Lord avec mépris. C'est la parodie d'être humain qui lui sert d'oncle qui l'a mis dans cet état.

Sirius envoya un regard d'excuse au Lord Noir et s'approcha.

- Severus récupère ta trousse de soin et tes potions et… Commença le Lord.

- Je crois que ça ne sera pas nécessaire, Tom. Regardes. S'exclama Lucius.

Et en effet, une aura verte entourait les deux sorciers et semblait soigner les principales blessures du jeune homme dans les bras de Tom.

Celui-ci, surpris, ne parvenait pas à détacher ses yeux du corps entre ses bras. Sa propre magie s'échappait de son corps pour soigner Potter. Par Salazar, qu'est-ce que c'était encore que ça, pensa Tom.

Ignorant les autres, et comme dans un état second. Tom se dirigea vers l'étage des maîtres. Il ouvrit d'un coup de pied la porte de la suite à côté de la sienne.

Il déposa Harry sur le lit et allait reculer quand la magie du gryffondor tira plus fort sur la sienne. Il grimaça et s'allongea à côté du morveux, une main posée sur son torse pour facilité le flux de magie guérisseuse. Du moins c'est l'excuse qu'il se donnait à lui-même.

Jamais il n'avouerait qu'il ne parvenait pas à quitter le jeune homme. Pour la première fois depuis presque un an, il ne sentait ni pulsions, qu'il peinait à assouvir jusque là, ni rage, et sa magie était calme. Il se laissa porter par la sérénité qu'il ressentait dans le mélange des deux magies et s'endormit.

Lucius, Severus et Sirius se tenaient devant la porte et tentaient d'analyser ce qu'il se passait sous leurs yeux médusés.

- C'est ce que j'appelle un partage de magie. Ca déborde de tous les pores de leurs peaux. S'exclama Severus.

- Oui et bien, visiblement ça calme Tom et ça soigne Potter. Ajouta Lucius.

Sirius soupira.

- Je vous conseille de penser à réveiller le Lord avant que mon filleul se réveille. Sinon je ne donne pas cher de sa peau.

- De la peau de qui ? De Tom ou de ton filleul ? Railla Severus.

- Du Lord. Harry va faire de sa vie un enfer. Rigola Sirius.

Lucius se tendit.

- Attends un peu Black ! Tu comptes plaider la cause du Lord on est d'accord. Tu es conscient que Potter est en sécurité ici.

- Oui et oui. Répondit Sirius avec un sourire moqueur. Je ne me fais pas de soucis, Harry va vite comprendre les choses une fois que je lui aurait tout raconté.

- Alors quoi ? S'impatienta Severus.

- Alors, je connais mon filleul. C'est le fils et le filleul de maraudeurs. Il a de plus, un caractère très explosif. Accepter mes explications et s'allier au Lord c'est une chose. Se laisser diriger par le Lord en est une autre. Surtout avec leur passif. Il va faire de la vie du Lord un enfer. Ricana Sirius.

- Et bien ça promet. Dirent Severus et Lucius de concert, levant les yeux au ciel.

Sirius rigola devant la mine des deux serpentards et quitta la suite de son filleul.

- Combien de temps devrait mettre Potter pour se réveiller ? Demanda Lucius.

- Entre 12 et 24h. Répondit Severus.

- Mais ! Je croyais que la magie de Tom le soignait.

- C'est le cas. Mais la magie de Potter l'a plongé dans un comas magique pour permettre à la magie de Tom de le soigner et de remonter son niveau de magie. C'est ce que prouve la batterie de sort de diagnostique que je viens de lancer.

- Donc on tu viens réveiller Tom dans 10h ? Tenta Lucius.

- Hors de question. Il est insupportable au réveil alors avec la malédiction je te dis pas. S'indigna Severus.

Lucius capitula et referma la porte qu'il protégea d'un sort de magie noir, on ne sait jamais.