Chapitre 9 :
Albus fulminait dans son bureau. Il ne comprenait pas ce qui s'était passé la veille.
Il n'était sûr que d'une chose : Harry Potter avait disparu.
Il avait beau avoir passé le 4 Privet Drive au peigne fin, rien. Aucune preuve en dehors du corps mort et évidé de l'oncle de Harry.
Quand il avait entendu les alarmes reliées au 4 Privet Drive se déclencher, il s'était empressé de prévenir l'Ordre, pensant à une attaque de Voldemort.
Une fois sur place, il avait trouvé Pétunia et Dudley Dursley stupefixés en bas des marches.
Pendant que les membres de l'Ordre surveillaient les environs, il était monté à l'étage pour trouver Harry et son oncle. Un bruit de transplanage d'escorte lui avait fait accélérer le pas mais en vain.
Seul le corps éviscéré de Vernon Dursley se trouvait dans la pièce. Mais il en était sûr, Harry était encore là quelques secondes plus tôt et pas seul, le bruit du transplanage d'escorte étant révélateur.
- Albus ? Questionna Lupin en montant les marches.
- Ici, répondit le directeur.
Lupin pénétra dans la chambre en grimaçant. Ses sens de loup lui avait permis de sentir l'odeur de mort et de sang et, paniqué pour Harry, il était monté contre les ordres.
- Par Merlin, que s'est-il passé ici, Albus ? Où est Harry ?
- Je ne sais pas Rémus. Mais j'ai entendu un bruit de transplanage d'escorte. Et toutes les barrières de protection ont été démonté. Je pense que quelqu'un a enlevé Harry. Et vu la puissance qu'il faut pour démonter les barrières qu'il y avait ici, je dirais Voldemort. Avoua Albus. Il ne pouvait décemment pas cacher une chose pareil. Et puis il fallait que l'Ordre soit persuadé que Harry avait été enlevé. Quant à lui il doutait. Harry avait-il suivi Tom pour une raison ou une autre ? Ou Tom avait-il enlevé Harry ?
- On doit le retrouver, Albus. S'inquiéta Rémus.
- Je sais. Mais nous n'avons aucun moyen de localiser le QG de Voldemort. Il est, selon Severus, incartable, sous fidélitas et bardé de protections. Nous devons attendre que Severus nous informe des conditions de détention de Harry et de ses intentions envers lui.
- Vous avez raison. Accepta Rémus d'un air soumis. Et que comptez-vous faire des Dursley ?
- Oublietter la femme et l'enfant et donner une sépulture au père. C'est tout ce qu'on peut faire dans la conjoncture actuelle.
Rémus acquiesça et redescendit.
Harry se réveilla lentement, profitant du corps chaud contre le sien. Il savait que dans son état normal, cette constatation l'aurait horrifié, surtout qu'il n'avait pas osé ouvrir les yeux pour voir qui le câlinait de cette façon. Mais là il n'en avait pas le courage. Il était comme dans du coton.
Il soupira et finit par ouvrir les yeux pour tomber sur pas moins que Lord Voldemort, endormi, le visage serein.
Il sursauta et se glissa discrètement hors du lit.
« C'est quoi ce bordel » S'horrifia Harry en attrapant la baguette de Voldemort sur la table de chevet.
« Bon Réfléchis, Harry. » Pensa le jeune homme. « Tu t'es fait tabasser par l'Oncle Vernon. Tu te rappel bien avoir vu Voldemort te porter en te disant qu'il t'emmenait en sécurité. Là ! C'est ça qui ne va pas. Pourquoi est-ce que Lord Voldemort lui avait sauvé la peau ? Encore ! Et pourquoi je dormais avec lui ? »
Harry faisait les cent pas dans la chambre, la baguette du mage noir dans la main et semblait perdu loin dans ses pensées.
Une voix froide mais suave le sortit de ses pensées et le stoppa net.
- Arrêtes-ça Potter tu me donnes le tournis ! S'indigna Tom mi-amusé, mi-ennuyé. Et Rends-moi ma baguette.
- Bah voyons ! Pour que vous l'utilisiez contre moi ? Je veux savoir où je suis ? Et par Merlin pourquoi j'étais dans votre lit ! S'offusqua le gryffondor.
Tom plia et déplia les doigts de sa main droite à plusieurs reprises, appelant sa baguette à lui.
Celle-ci s'échappa de la main de Potter pour la sienne sous les yeux écarquillés et inquiets du jeune révolté.
- Débrouilles-toi avec ton parrain ! J'ai autre chose à faire et de toute manière tu ne m'écouteras pas. Répondit froidement Tom en sortant de la chambre.
- Mon parrain est mort ! Hurla Harry.
Tom ne répondit pas. Il savait que Potter ne lui ferait pas confiance et serait sur ses gardes. Il le comprenait, leur passif était, disons… plutôt lourd. Et ça l'exaspérait de s'être laissé aller à s'endormir ici, en présence de Potter. Le pire étant qu'il était plus reposé que jamais et que la malédiction semblait le laisser un peu en paix.
Tom ferma la porte et prit la direction de son bureau quand il tomba sur celui qu'il cherchait.
- Black ! Ton filleul est réveillé et d'une humeur massacrante. Grogna Tom.
Sirius écarquilla les yeux puis tenta de retenir le fou rire qui menaçait de sortir en comprenant la situation. Lucius et Snape n'avaient pas pris la peine de réveiller Tom avant le réveil de Harry et cela avait du le mettre dans une situation étrange. Il ne put s'empêcher de pouffer s'attirant un regard noir de Tom.
- Bien, Mon Seigneur. Je vais le voir.
Sirius s'empressa de courir vers la chambre de son filleul, lâchant l'éclat de rire qu'il retenait devant Tom. Celui-ci grogna de dépit. Les prochaines semaines voir les prochains mois allaient être atroces.
Tom changea de direction pour rejoindre Lucius et Severus dans la bibliothèque. Il devait parler à ces deux traîtres qui n'avaient pas daigné le réveiller avant Potter.
Il les trouva en pleine conversation, installés dans deux fauteuils autour de la cheminée en pierre de la bibliothèque Serpentard.
Les deux hommes grimacèrent en voyant l'air peu avenant du Seigneur des Ténèbres.
- Rappelez-moi pourquoi je n'utilise pas le doloris sur vous deux ?
- Parce que ce serait contre-productif ? Tenta Lucius en se retenant de rire.
Severus lui jeta un regard noir. Ce n'était pas le moment de taquiner Tom, pensa-t-il.
- La prochaine fois que vous me laissez dans une situation aussi… périlleuse, je vous le ferait payer durement. Menaça Tom.
- Périlleuse ? Tu dormais et personne ne pouvait vous approcher, ta magie et celle de Potter faisait barrage. C'est à peine si Severus a réussi à envoyer un sort de diagnostique sur Potter. Expliqua Lucius.
- Ne me cherches pas Lucius ! Je ne suis pas d'humeur. S'indigna Tom.
Lucius leva les yeux au ciel et se leva, se rapprochant lentement de la porte de sortie.
- Très bien. Je suis désolé Tom. J'aurais du venir te réveiller avant que Potter ne se réveille. Le fait est que te voir câliner Potter comme un doudou était très… Commença Lucius.
Lucius ne put finir sa phrase et préféra la fuite. Il échappa au premier sort cuisant que tenta de lui envoyer Tom. Il était trop loin de lui et déjà à moitié hors de la bibliothèque pour que Tom puisse l'atteindre. Mais rapidement, il entendit les pas de Tom derrière lui, dans le couloir et reçut le second sort cuisant en pleine cuisse, le faisant japper et rire en même temps.
Tom grogna et prit le chemin de la salle de réunion. Il avait convoqué tous ses mangemorts pour une réunion de préparation qui devait commencer dans quelques minutes. Et avec les pitreries du crétin blond qui lui servait d'ami et de bras droit, il était énervé.
Depuis que Voldemort avait quitté la chambre, Harry était prostré sur le canapé du salon de la suite.
C'est dans cette position, que le trouva Sirius quand il entra dans la suite.
- Harry. Appela l'animagus avec douceur. Il savait que son filleul aurait un choc. Après tout il le croyait mort.
Harry se retourna vivement et se figea la bouche ouverte et les sourcils froncés.
Sirius s'approcha de son filleul pour l'étreindre mais arrivé devant lui, Harry fit un pas en arrière.
- Harry, c'est moi Sirius. Je vais t'expliquer, mon grand. Commença Sirius en voyant le trouble et l'incertitude sur le visage de son filleul.
- M'expliquer ! S'indigna Harry, le visage crispé. Tu veux m'expliquer quoi Sirius ? Pourquoi tu n'es pas mort alors que je tente de faire ton deuil depuis des mois ? Pourquoi je me fais enlever par Voldemort et que je te trouve dans son château ?
Harry hurlait sur la fin de sa diatribe.
Sirius grimaça. Ca n'allait pas être simple.
- Écoutes, c'est un peu compliqué mais si tu te calme et que tu m'écoute, tu comprendras vite. Tenta Sirius.
- Me calmer ? Tu veux que je me calme ? Cria Harry furieux, sa magie dévastant la pièce.
Sirius tenta de calmer son filleul, en vain. Il était furieux, perdu et se sentait trahi. Il ne parvenait plus à contrôler sa magie. Par Merlin, qu'elle était puissante, pensa l'animagus.
Le raffut avait attiré Lucius et Severus, qui étaient en train de descendre dans la salle de réunion.
- Qu'est-ce qu'il se passe Black ! Hurla Snape en lançant un bouclier autour de Lucius et lui.
- Il est furieux et ne contrôle plus sa magie. Répondit Sirius en reculant vers les deux hommes.
- C'est un euphémisme. Ironisa Lucius.
Harry se tenait droit au milieu du salon, les yeux brillant de fureur et les cheveux plus en bataille que jamais. Sa magie explosait dans la pièce et claquait dans l'air.
- Vas chercher Tom. Sa magie devrait le calmer vu comme elle agit au contact de celle de Potter. Dit Lucius à Severus.
- Tom est en pleine réunion avec le second cercle. Premièrement, je doute que sa présence calme Potter, au contraire. Deuxièmement, j'ai vu Dolohov sortir de la salle de réunion dans un sale état. Tom est plus que mécontent des rapports du second cercle. Cria Severus pour couvrir le vacarme.
Lucius grimaça.
- S'ils s'y mettent tous les deux, je ne donne pas une semaine au Château Serpentard pour finir en ruine.
Pendant ce temps, Sirius avait réussi à atteindre son filleul et l'enferma dans une étreinte puissante.
Ce dernier parvint à rappeler sa magie et éclata en sanglot dans les bras de son parrain.
Sirius resserra son étreinte et sans lâcher Harry, les fit reculer jusqu'au canapé où il s'assit, Harry serré contre la poitrine de l'animagus.
Lucius et Severus quittèrent la pièce pour laisser le cabot gérer et reprirent la direction de la salle de réunion.
Au bout de quelques minutes, les sanglots de Harry se tarirent et le jeune homme releva la tête vers son parrain, les yeux plein d'excuses.
- Ne t'excuses pas, mon grand. Ca arrive aux meilleurs d'entre nous. S'empressa de dire Sirius en le voyant ouvrir la bouche.
- Je crois que c'était la goutte de trop. Rigola nerveusement Harry.
Sirius lui sourit et se passa une main fatiguée sur les yeux.
- Tu es devenu sacrément puissant Harry. On va devoir canaliser tout ça où tu vas détruire ce château à chaque crise de colère. Rigola Sirius.
Harry lui répondit par une grimace contrite.
- Tu m'explique maintenant ? Tenta le gryffondor.
Sirius acquiesça et commença son récit. Il dit tout. Ses doutes, ce qu'il avait découvert juste avant sa mort, la malédiction de Voldemort, les manipulations de Dumbledore, les atrocités faites par certains membres de l'Ordre du Phénix, ce que Snape avait découvert concernant la mort de James et Lily, son retour du voile,…
Tom commençait à perdre patience. Il était déjà de mauvaise humeur à cause de Potter et de Lucius et les rapports de ses mangemorts sur les missions en cours n'arrangeaient pas les choses.
La plupart de ces incapables avaient foiré sur toute la ligne et Dumbledore et son Ordre gagnaient du terrain.
Il se concentra de nouveau sur Nott Senior, qui se trouvait quasiment à l'autre bout de la longue table de réunion.
- Es-tu en train de me dire que Dumbledore a réussi là où tu as échoué Nott ? S'énerva Tom en apprenant que le vieux fou avait réussi à rencontrer les chefs de clans vampiriques de Grande Bretagne.
Sentant la magie de son maître crépiter autour de lui, Nott Senior s'empressa de répondre, la voix tremblante de peur.
- J-je sais d-de source s-sûr, Maître, que les chefs de clans n-n'ont pas encore d-donné de réponse.
Lucius grimaça en voyant que Tom perdait le contrôle. Sa magie crépitait dans toute la pièce en claquant tels des éclairs et Nott peinait à respirer normalement, étouffer par l'aura de son maître.
- Ce n'est pas une raison. Claqua la voix furieuse de Tom. Tu n'as même pas été foutu de les rencontrer, à défaut de les convaincre.
Nott Senior devenait rouge par manque d'air. Mais Tom ne semblait pas parvenir à rappeler sa magie à lui. Lucius en déduisit que la malédiction prenait le contrôle et qu'il n'avait pas vraiment envie de contrôler son envie de meurtre cette fois. Nott avait merdé et Lucius savait que ça n'allait pas leur faciliter les choses de passer après Dumbledore. Les chefs de clans vampiriques allaient leur donner du fil à retordre.
Il prit pitié de Nott qui s'étouffait de minute en minute et se pencha vers Tom.
- Mon Seigneur. Vous allez le tuer.
Tom tourna la tête vers son bras droit et plongea son regard carmin dans celui du blond.
- Et alors ? Demanda-t-il un brun moqueur.
Lucius soupira et retint un sourire. Tom tenait encore un peu les rennes, pensa le blond.
- Alors, malgré sa piètre performance, il pourrait encore être utile. Peut-être. Se moqua Lucius en regardant Nott se débattre avec la magie de son maître.
- Tu as 24h pour rencontrer les chefs de clans vampiriques Nott. Lâcha froidement le Seigneur des Ténèbres en rappelant un peu sa magie afin de libérer son mangemort.
- Oui M-Maître. Répondit Nott d'une voix rauque avant de quitter la pièce.
Lucius souriait intérieurement. Décidément la magie de Potter avait fait des miracles. Il y avait encore deux jours, Tom aurait perdu la main sur la malédiction et aurait été englouti par ses pulsions destructrices. Nott serait mort. Mais là, il avait réussi, malgré sa fureur palpable, à reprendre partiellement le dessus. A moins que ce ne soit la présence même du gryffondor. Lucius n'avait pas vu le défilé habituel d'amants provenant de la chambre de Tom, depuis l'arrivée de Potter. Ce foutue gamin avait réussi en une nuit, à calmer momentanément la magie de Tom et par la même occasions ses pulsions.
Mais pour combien de temps. Le rassemblement avec les mangemorts de second ordre ne s'était pas très bien passé et la réunion avec les favoris était loin d'être terminée il savait, en plus, de source sûr que Nott n'était pas le seul du premier cercle à avoir échoué dans sa mission. Tom ne gardera jamais le contrôle à cette allure, pensa le blond.
Il espérait que les choses prenaient un meilleur tournant à l'étage entre Black et Potter. Si Potter perdait le contrôle à nouveau, alors que Tom était déjà borderline, le château s'écroulerait sous leur puissance.
Lucius se concentra de nouveau sur la réunion et se rendit compte qu'il avait été plongé dans ses pensées un moment, quand la voix froide de Tom claqua de nouveau.
- Fenrir, je t'écoute.
Le loup-garou releva courageusement le regard vers son maître et commença son rapport.
- J'ai rassemblé sous votre bannière, tous les loups de Grande Bretagne, Maître. Enfin, à l'exception du loup personnel du vieux glucosé.
- Lupin c'est ça ?
- Oui Maître. Je ne me fais pas de soucis c'est un pleutre pas foutu d'accepter son loup et complètement sous la coupe de Dumbledore. Je serais surpris s'il se montrait assez idiot pour accepter une mission qui l'obligerait à approcher d'autres loups, Maître.
Tom réfléchit un instant.
- Et s'il le fait ? Si Dumbledore décide de tenter sa chance en envoyant Lupin comme émissaire auprès des meutes que tu as rallié ?
Greyback secoua la tête, le regard amusé.
- Il peut essayer. Je doute qu'il reparte entier.
- Très bien. Il vaut mieux pour toi que ça tourne comme tu le prévois. C'est du bon travail, Fenrir, mais je ne te ferais pas de cadeau si tu te plante. Reprit Tom.
- Ca n'arrivera pas, Maître. Je m'occuperais moi-même de lui s'il tente de jouer les émissaires.
Tom hocha la tête pour marquer son acceptation. Il se tourna vers Severus et l'invita silencieusement à faire son rapport.
- La dernière réunion de l'Ordre a été tout bonnement inutile en terme de productivité et d'avancée. Albus a du s'expliquer sur le pseudo enlèvement de Potter et m'a, évidemment, chargé de savoir qu'elles étaient vos intentions envers son protégé.
- L'Ordre est persuadé que Potter a été enlevé contre son gré ? S'amusa Tom.
- Oui, Mon Seigneur. Et Albus n'a, bien sûr, pas démentit. Reprit Severus.
- Il n'a pas de raison de le faire, je n'ai pas laissé de traces. Se vanta Tom.
- Ca ne l'a pas empêché de dire devant tout l'Ordre, que vous aviez tué l'oncle de Potter et kidnappé le gamin. D'ailleurs, Minerva m'a demandé si Potter m'avait posé des questions où si je n'avais pas remarqué un comportement étrange.
- Comment ça ? Demanda Tom, visiblement perplexe.
- J'ai pu discrètement lire son esprit pendant la réunion. Elle doute de la version de Dumbledore quant à l'enlèvement de Potter. Apparemment, elle vous aurez vu quand vous avez lancé votre bouclier de protection sur Potter, lors de l'affrontement à Pré au Lard. Et le comportement distant de Potter et Granger depuis l'été dernier, lui donne à penser qu'Albus ne lui a pas tout dit. Et elle n'aime pas ça. Expliqua le maître des potions.
Tom se pinça l'arête du nez. Ce foutu élan protecteur pendant l'affrontement de Pré au Lard allait lui causer des problèmes.
- Est-ce qu'elle va nous poser problème, Severus ?
- Je ne pense pas, Mon Seigneur. C'est une femme intelligente. Elle mènera son enquête dans son coin et derrière le dos de Dumbledore.
- Tu te fous de moi ? S'énerva Tom. Elle est le foutu bras droit du vieux fou.
Severus grimaça en sentant l'air s'épaissir et la magie de Tom claquer de nouveau autour de lui. Il fallait vraiment que cette réunion se termine.
- Non, Mon Seigneur. Je connais Minerva. Elle était très proche de Lily et James Potter. Elle est loyal envers Dumbledore mais, si la situation l'amène à devoir faire un choix entre suivre Dumbledore et suivre Potter, elle suivra Potter. Assura Severus, sûr de lui.
Tom parvint à se calmer encore une fois et un sourire machiavélique s'étira sur son beau visage.
- Es-tu en train de me dire qu'il est possible de débaucher le bras droit de Dumbledore ?
- Pas nous Mon Seigneur, mais Potter oui. Rétorqua Severus.
Tom grimaça. Il faudrait encore que ce foutu morveux daigne croire ce que Black était en train de lui expliquer depuis des heures, dans la suite. Avoir l'icône de la lumière de son côté lui faciliterait grandement les choses. Si Tom était honnête avec lui, il s'avouerait que le problème n'était pas là. Lucius et Severus étaient persuadé que Potter finirait par comprendre les manipulations de Dumbledore, les mensonges… Ce n'était pas ça qui le chiffonnait. Le ralliement de Potter à sa cause était quasiment assuré, avec Black de son côté. Ce qui le chiffonnait c'était l'idée que le gamin participe à son combat de son côté sans pour autant lui pardonner d'avoir tenté de le tuer à plusieurs reprises. Le problème était cette foutue malédiction qui semblait n'être endiguée que depuis la présence de Potter au château, et encore ! Le problème c'était aussi cette foutue prophétie mais surtout le problème, c'était que lui, Lord Voldemort, plus puissant seigneur des ténèbres depuis des siècles, n'avait qu'une envie : Quitter cette foutue réunion et attraper Potter pour se fondre dans son cou. Pour respirer son odeur, sentir la douceur de sa peau.
Tom grogna. Ce foutu gamin avait involontairement réussi, juste en dormant contre lui, cette nuit, à calmer sa magie, brider les pulsions causées par la malédiction et lui offrir sa première vraie nuit de sommeil depuis son retour à la vie.
Et tout ça, Tom ne l' acceptait pas.
Lucius sentit que quelques choses n'allait pas. Tom était perdu dans ses pensées depuis quelques minutes, laissant Severus en, plan, au beau milieu de la discussion. Et sa magie crépitait. Non, réflexion faite, elle crépitait au début de la réunion. Là, elle explosait plutôt par vague autour de Tom. Si rien n'était fait rapidement, Tom allait faire un carnage sans vraiment s'en rendre compte.
- Mon Seigneur, appela le blond pour tenter de faire revenir Tom à lui.
Pas de réponse.
Severus et Lucius échangèrent un regard inquiet. Ce n'était pas bon. Pas bon du tout ! Pensa l'aristocrate.
- Tom ! Lâcha Severus, faisant fi de la présence des autres favoris. Il devait rapidement le faire réagir, tous les objets de la pièce lévitaient.
Lucius allait congédier tout le monde, quand la porte d'entrée s'ouvrit à la volée, faisant place à un Potter à l'air sérieux et passablement énervé.
Sous le choc de l'apparition du survivant, personnes ne réagit. Sauf Bellatrix qui pointa sa baguette en direction du jeune homme.
- Dehors ! Claqua la voix froide du gryffondor.
Bellatrix éclata d'un rire fou.
- Pour qui te prends-tu Potter ? Ironisa Bellatrix en se demandant quand même ce que le gamin faisait dans le château et libre en plus.
- J'ai dit dehors ! Ordonna de nouveau Potter en laissant sa magie claquer autour de la mangemorte.
Furieuse, Bellatrix se tourna vers son maître. Elle fronça les sourcils en voyant que le seigneur des ténèbres était figé et que sa magie explosait toujours. Mais ce qui la surprit le plus était de se rendre compte que le regard de son maître était plongé dans celui du morveux Potter.
Elle tourna plusieurs fois la tête entre Potter et Voldemort et sembla se décider.
- Endolo… Commença Bellatrix en direction de Potter.
Elle ne put finir son maléfice. D'un geste las de la main et sans quitter Potter des yeux, Tom avait propulsé sa fidèle mangemorte contre le mur le plus proche.
Bellatrix retomba sur le sol de pierre, assommée. Les autres favoris présents, regardaient la scène bouches béés.
- Dehors ! Répéta la voix de Potter les faisant sursauter. Ses yeux émeraude n'avait pas quitter les orbes carmin de Tom depuis le début.
Lucius sursauta et se reprit.
- Sortez tous ! Ordonna-t-il.
Une fois tout le monde dehors et la porte refermée, Lucius se retourna vers Potter.
- Potter ! Je pense que votre magie peut le calmer. Il faut… commença Severus.
- Sortez aussi. Ordonna Harry plus poliment en s'adressant aux deux hommes.
Severus lui lança un regard noir inutile vu que le morveux n'avait pas quitté Tom des yeux. Et Lucius fronça les sourcils.
- Écoutez Potter, commença le blond.
Harry le coupa d'un geste de la main. Surpris, Lucius se tut.
- Je ne sais pas comment gérer ça et je ne veux pas que vous soyez blessé. Ni vous professeur Snape. J'ai une dette envers vous deux pour le sauvetage de mon parrain. Pour le moment vous devrez vous contentez de ça. Répliqua Harry, haletant.
Lucius leva un sourcil perplexe en voyant la sueur coulait sur le front du jeune homme.
- Severus, on y va. Dit Lucius en lévitant le corps assommé de sa belle sœur.
Severus sursauta en entendant son nom. Il commença à suivre avant de comprendre et de s'arrêter. Le morveux canalisait l'explosion de magie de Tom depuis son arrivée dans la salle. Voilà pourquoi il était en sueur et le souffle cours.
- Potter…
- Dehors ! Je ne vais pas tenir longtemps. Je ne sais même pas comment je fais ça. S'énerva Harry. Il venait de finir de discuter avec son parrain et de visionner toutes les preuves à leur disposition, quand il avait sentit la magie de Voldemort l'appeler. Il était descendu dans un état second. Et depuis son entrée, il empêchait tant bien que mal, la magie du Lord d'exploser et de les tuer tous. Fichue malédiction et surtout fichu Dumbledore, pensa Harry.
Il sentit plus qu'il ne vit, les deux hommes quitter la pièce et referma la porte.
Sans quitter le Lord Noir du regard, il marcha lentement vers lui, maintenant la poigne de fer qui bridait la magie de Voldemort depuis son entrée dans la salle de réunion.
A quelques pas de lui, il s'arrêta, ne sachant que faire.
Tom était toujours assis dans sa chaise au dossier haut et était comme sous l'emprise de Potter. Il sentait sa magie bridée par le morveux et ne parvint qu'à bouger son bras pour le tendre vers Harry. Il pestait intérieurement. Il ne voulait pas ça, mais son corps ne lui répandait plus. Il avait besoin de Potter, sa magie avait besoin de Potter, tout en lui crier le nom de Potter.
Harry attrapa la main du Lord et se retrouva rapidement attiré contre le torse du brun, assis sur ses genoux. Par Merlin, il était bien. Il ne voulait pas mais c'était trop bon.
Tom déplaça légèrement Harry pour le serrer d'avantage contre lui.
Comprenant ce que cherchait à faire son vis à vis, Harry se retourna dans l'étreinte et se mit à califourchon sur les cuisses du Lord et plaqua son torse contre le sien, passant ses bras autour du cou de sa Némésis.
Tom glissa une main dans le creux des reins du jeune homme et le plaqua complètement contre lui avant de glisser son nez dans le cou du gryffondor.
Il soupira de bien-être et laissa la magie de Potter finir de canaliser la sienne.
« Il fallait que ça tombe sur moi. Voilà que je me sens bien et en sécurité dans les bras de celui qui essaye de me tuer depuis que j'ai un an. Foutue malédiction. » Pensa Harry en se laissant bercer par la respiration plus régulière du Lord.
Il ne fallut pas longtemps pour que les deux hommes s'endorment, apaisés.
