Bonjour à tous :) Déjà, mes excuses les plus sincères pour vous servir ce second chapitre un mois après le premier...
Remerciements : merci à Camhyoga pour sa correction, à Alexis ma pseudo-muse adorée, ainsi qu'à Mo qui me menace toujours autant... x) Merci aussi pour toutes vos reviews, ça me touche très sincèrement que vous soyez aussi nombreux à suivre ce second opus.
Enjoy !
Mafia Blue II – Chapitre 2
Installé près de l'estrade où allait avoir lieu la conférence de presse, Dokho ruminait en silence. Il regarda brièvement sa montre, agacé de devoir rester debout sans rien faire. Les PDG des trois compagnies n'étaient pas encore arrivés, mais les journalistes avaient déjà investi le parterre devant les tables. Il les observa installer leur matériel avec peu d'intérêt, puis poussa un nouveau soupir.
Lorsqu'on leur avait téléphoné quelques jours plus tôt pour leur annoncer qu'ils allaient veiller à la sécurité et au bon fonctionnement de l'entrevue, ils avaient tout d'abord cru à une mauvaise blague. Malheureusement Aldébaran avait confirmé qu'ils se rendraient sur les lieux en compagnie d'autres garnisons et qu'ils y resteraient certainement toute la journée. Le seul de bonne humeur était Egidio : il avait posé cette journée une semaine plus tôt pour aller voir Mu et n'aurait pas à venir avec ses collègues. Après en avoir discuté avec l'Italien, Dokho avait réalisé que l'ancien tireur n'avait pas l'air d'apprécier les journalistes, sans en comprendre la raison.
C'est ainsi qu'en compagnie d'Aldébaran, Shura et Milo, ils étaient venus prendre position dès cinq heures du matin. L'Espagnol avait emmené une thermos de café fort qui était déjà vide, au grand regret de la petite équipe qui devait se contenter de verres d'eau, l'hôtel Olympe étant trop huppé pour avoir des distributeurs à boisson dans son hall.
Enfin, Dokho entendit un brouhaha venir du passage couvert qui menait jusqu'au lieu de la conférence. Il fit un signe discret à Aldébaran qui hocha la tête et prévint tous les policiers que les PDG arrivaient, via leurs talkies-walkies. Les trois patrons, leur second et leur garde du corps respectif arrivèrent sous les flashes des appareils-photos. Dokho reconnut Saga Gemini et Ayoros Fotia, qu'il avait rencontré environ cinq mois plus tôt à la suite de l'affaire Hadès. Il avait gardé un souvenir plutôt bon de ce dernier, qui avait l'air agréable et calme. Il avait d'ailleurs appelé quelques temps après leur rencontre pour remercier l'équipe d'Aldébaran de leur discrétion à propos de Kanon, le frère jumeau de son patron.
Le groupe s'installa, accrocha leur micro sur le col de leur vêtement, puis Mitsumasa Kido commença son discours. Dokho l'écouta d'une oreille, son attention focalisée sur la surveillance de son secteur. Tout d'un coup, un coup de feu éclata, le Japonais s'effondra sur sa chaise et on se mit à hurler.
Dokho réagit au quart de tour et bondit sur l'estrade, prêt à faire feu. Il vit Shura quitter le parterre en courant, suivi par un jeune homme. Voyant qu'Aldébaran et Milo géraient les journalistes paniqués, Dokho se tourna vers l'homme d'affaire et prit son pouls.
« Il est vivant, emmenons-le à l'intérieur. Qu'on prévienne une équipe de soins ! ordonna-t-il d'un ton qui n'admettait pas de réplique.
-Je m'occupe de monsieur, déclara le garde du corps de Mitsumasa.
-A l'intérieur ! » répéta le Chinois.
Le gérant de l'hôtel leur faisait de grands signes de la main, les exhortant à se dépêcher. Pistolet à la main, Dokho fermait la marche. On allongea Kido sur l'un des canapés de l'accueil et le médecin de l'Olympe arriva en renfort. Il écarta les pans de la chemise du vieil homme et nettoya la blessure, avant de dire avec un ton soulagé :
« La balle n'a fait qu'effleurer monsieur Kido, ses jours ne sont pas en danger et la blessure est bénigne. »
La jeune fille qui accompagnait le vieil homme poussa un soupir soulagé et essuya furtivement une larme qui menaçait de couler. Le garde du corps de Kido posa une main qui se voulait réconfortante sur l'épaule frêle de la demoiselle, qui hocha la tête pour signifier qu'elle avait repris le contrôle d'elle-même. Dokho réprima un froncement de sourcils : elle semblait bien jeune pour participer à des évènements de la sorte.
« Il faudrait peut-être emmener monsieur Kido dans une chambre isolée et calme, proposa soudain Ayoros Fotia. Il doit bien y en avoir de libres ?
-Tout à fait, opina le gérant avec l'air soulagé de quelqu'un qui ne savait pas quoi faire et à qui on vient de sauver la mise. Je peux vous y conduire.
-Je préviens mon chef, déclara Dokho. Nous allons vous escorter.
-Votre surveillance a d'ailleurs laissé à désirer, reprocha le gérant avec un air pincé.
-Si on nous avait prévenus plus tôt et si on nous avait donné plus de moyens, on aurait peut-être pu empêcher ça, grommela le Chinois.
-Heureusement cet incident n'a aucune conséquence physique sérieuse pour monsieur Kido, tempéra la troisième PDG. Et personne d'autre n'a été blessé. »
Le policier la regarda plus attentivement. La jeune femme avait le visage sévère, et cette impression était renforcée par la pâleur de sa peau contrastée avec le foncé de ses longs cheveux. Elle avait des yeux froids et gardait les lèvres pincées, dans une attitude peu cordiale. Et pourtant, elle venait de défendre les intérêts de la police. Dokho la remercia d'un rapide signe de tête et s'éloigna de quelques pas pour prévenir Aldébaran.
« Très bien, je t'envoie Milo, fit le Brésilien en écoutant la requête de son collègue. Il te rejoindra dès que Shura sera revenu.
-Il a trouvé quelque chose ?
-Je n'ai pas de nouvelles, on essaye de calmer ces enragés de journalistes.
-Est-ce qu'on prévient Egidio ? Il pourrait nous être utile.
-C'est sûr que menacer ce peloton de les tirer comme des pigeons ne peut avoir qu'un effet bénéfique, railla Aldébaran. Fais comme tu le sens » ajouta-t-il en éteignant la communication.
Dokho jeta un coup d'œil par la porte et avisa les policiers des autres garnisons, totalement débordés par les journalistes. Il saisit son portable et composa le numéro de l'Italien.
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Lorsque le coup de feu avait retenti, Shura s'était aussitôt précipité à l'extérieur pour essayer d'appréhender le tireur. Il n'avait pas le flair de son ami Egidio pour repérer la provenance d'une balle, mais elle ne pouvait avoir été tirée que du toit d'un des immeubles voisins. Arrivé hors de l'enceinte de l'Olympe, il regarda tout autour de lui, prêt à saisir son pistolet et tous les sens aux aguets. C'est ainsi qu'il vit accourir un jeune homme châtain, portant épinglé sur le col de son t-shirt l'autorisation réservée aux journalistes.
« Monsieur retournez à l'intérieur ! ordonna sèchement l'Espagnol.
-Hors de question, je vous aide à rattraper celui qui a fait ça, rétorqua le journaliste. Vous l'avez repéré ?
-Si vous voulez jouer au héros d'une série télé, faites-le un autre jour ! risposta Shura. Ou allez écrire un article à sensation comme vos collègues, mais ne restez pas ici.
-Ecoutez, fit le jeune homme en fronçant les sourcils. Je vous accorde que rester avec vous pour choper le tireur pourrait me faire un papier d'enfer, mais vous voyez pour le moment je m'en fous. Mon frère était sur cette putain d'estrade et aurait pu être tué, alors que vous le vouliez ou pas je reste, un point c'est tout. »
Le policier fit la moue et espéra que le journaliste ne tenterait rien de téméraire. Au même moment, il remarqua une silhouette se faufiler dans la rue et se diriger vers une moto, un sac effilé à l'épaule et un casque à la main. Il se désintéressa du jeune homme et se rapprocha, la main posée sur l'étui de son arme de service. Remarquant que le gêneur était juste derrière lui, il lui chuchota :
« Vous avez de quoi noter ?
-Oui, acquiesça-t-il en sortant un calepin couvert de gribouillages et où s'entassaient une quantité impressionnante de papiers divers. C'est pour la plaque d'immatriculation ?
-Je pense qu'elle est fausse, mais sait-on jamais, approuva Shura. Et donnez-le-moi dès que vous l'aurez notée. »
Le jeune homme arracha la page et la lui tendit sans dire un mot. L'Espagnol l'empocha et l'enfourna dans une poche avant de s'avancer plus franchement vers le motard qui avait rejoint son véhicule. Svelte, il avait une tenue sombre et des cheveux d'un noir de jais. Shura écarquilla brièvement les yeux, avant de sortir son pistolet et de l'interpeller :
« Monsieur, on ne bouge plus ! Mettez les mains sur la tête et tournez-vous lentement vers moi ! »
Surpris alors qu'il mettait son casque, le motard se retourna et avisa le policier qui venait vers lui rapidement. D'un geste vif, il sauta sur son véhicule et le démarra, poursuivi par Shura et le journaliste.
« Tirez dans les roues ! cria ce dernier.
-J'aimerais vous y voir ! » riposta l'Espagnol en visant soigneusement.
La balle ricocha sur la suspension de la moto, manquant de peu la roue arrière. Le tireur fit rugir son moteur et s'éloigna en trombe. Shura poussa un juron puis s'approcha de l'impasse d'où était sorti le motard. Une petite porte, donnant certainement sur le débarras de l'immeuble, était entrouverte. L'Espagnol la poussa du pied, vérifia que la voie était libre et s'avança à l'intérieur du bâtiment. L'escalier était étroit, mais semblait monter jusqu'au toit. Il s'agissait sans doute d'un ancien escalier de service, servant pour les concierges. Shura grimpa les étages sans broncher, toujours suivi par le jeune homme.
« Qu'est-ce que vous cherchez ? demanda ce dernier avec curiosité.
-Une douille, des empreintes, ce genre de choses, répondit évasivement le policier.
-Il ne faut pas la police scientifique pour ça ? s'étonna-t-il.
-Si on devait toujours faire appel à eux, on serait encore en train d'attendre pour des dizaines d'affaires, se moqua tranquillement Shura. Ils ne viendront que s'il y a matière à se mettre sous la dent.
-Oh. Ça fait longtemps que vous êtes flic ?
-Pas d'interrogatoire, merci.
-Désolé, je suis nerveux » marmonna le jeune homme en se passant la main dans les cheveux.
Shura fronça les sourcils puis demanda :
« Votre frère, qui est-ce ?
-Ayoros Fotia, le second de Saga Gemini. Je m'appelle Aiolia. »
Le policier ne répondit pas à l'invitation explicite de se présenter à son tour et le jeune homme reprit, parlant de façon un peu hachée :
« En fait je n'étais pas sensé être ici, mais ma cheffe m'a téléphoné en urgence ce matin pour me dire de couvrir l'évènement. Et comme mon frère y était, j'ai trouvé ça… Je vous ennuie, hein ?
-Je comprends que vous ayez besoin de parler, répondit prudemment Shura.
-Ouais » fut la seule réponse dudit Aiolia qui se plongea dans un mutisme boudeur.
Peu soucieux du moral du journaliste, l'Espagnol retourna à ses réflexions, tandis qu'ils enfilaient les marches menant au toit. Ainsi, ils retrouvaient à nouveau Ayoros Fotia et Saga Gemini. De plus, en voyant le motard, il avait tout de suite pensé à Kagaho, le tireur d'Hadès. En effet, le jeune homme avait réussi à tuer l'un de leurs suspects depuis une fenêtre voisine de leurs locaux, alors qu'ils venaient de faire capoter un débarquement de clandestins à Athènes. Cheveux noirs, excellent tireur, motard, un corps fin mais solide. Dommage que le tireur portait déjà son casque en se retournant, car cette description sommaire correspondait trait pour trait à l'assassin d'Hadès.
Les deux hommes arrivèrent sur le toit de l'immeuble. Shura s'avança vers le bord et regarda en contrebas : le tireur avait eu une vue parfaite sur l'estrade où s'étaient tenus les PDG. Restait à trouver l'emplacement exact. Ce fut Aiolia qui le tira de sa réflexion en désignant quelque chose du doigt :
« Regardez, il y a un objet blanc là-bas. »
L'Espagnol et le journaliste s'en approchèrent à grands pas et se lancèrent un regard circonspect en avisant une feuille maintenue au sol par un caillou. Shura s'accroupit pour mieux voir ce qui était inscrit dessus et Aiolia, poussé par la curiosité, regarda par-dessus son épaule.
« Hadès rends toujours ses comptes, ceci n'était qu'un avertissement, lut-il à haute voix. Mais je croyais qu'Hadès avait été démantelé ? » ajouta-t-il en écarquillant les yeux.
Shura ne répondit pas, le visage sombre. Ainsi il avait peut-être vu juste en pensant avoir affaire à Kagaho. Mais pourquoi s'en prendre à Kido ? A sa connaissance, ils auraient dû en vouloir à Saga Gemini et à Ayoros Fotia, et non pas au Japonais. L'Espagnol saisit son talkie walkie et appela Aldébaran, lui racontant succinctement ce qu'il venait de découvrir.
« Kagaho ? Hadès ? répéta le Brésilien avec un soupir fatigué. Ils auraient attendu cinq mois avant d'agir ?
-C'est une supposition, rétorqua Shura.
-Bon, Egidio va arriver et te filer un coup de main. Dokho l'a appelé, ajouta-t-il avant que son collègue ne s'étonne. Je vous laisse vous en occuper pour le moment, on a encore du boulot en bas.
-Une question Aldé, l'interrompit Shura. Tu sais si Ayoros Fotia va bien ? »
Aiolia lui jeta un regard étonné, tandis que le Brésilien répondait :
« Oui, Dokho est avec les PDG. Kido est sain et sauf, on a évité un énorme problème politique. Pourquoi cette question ?
-J'ai le cadet Fotia avec moi, journaliste et très collant. A tout à l'heure. »
Le regard reconnaissant que le jeune homme lui lança convainquit Shura qu'il avait bien fait de ne pas l'envoyer paître. Ça faisait au moins une bonne nouvelle pour la journée.
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