Pidop ! Non ce n'est pas une illusion due au changement d'horaire, c'est bien la suite de Mafia Blue II ! :D Je suis vraiment vraiment désolée de ne rien avoir posté pendant plus de 2 mois, mais je suis overbookée. Bref, un grand merci à Camhyoga pour sa correction et à tous ceux qui m'ont envoyé de formidables mots d'encouragement, j'ai été très touchée.

Sur ce, enjoy ! :)


Mafia Blue II – Chapitre 5

Aiolia attendait sagement non loin du policier, les bras croisés et sans dire un mot. Il aurait bien eu pas mal de choses à dire, mais il préférait se taire : après tout, le flic avait eu la gentillesse de demander des nouvelles de son frère alors que c'était loin d'être sa priorité. Ils entendirent soudain quelqu'un monter les marches qui menaient au sommet du toit. L'Espagnol s'y dirigea et salua le nouveau venu :

« Salut Egidio.

-Ouais, ouais, salut, grogna-t-il.

-Alors, cet appart ?

-Merdique, mais je pense que tu t'en doutes. C'est qui, celui-là ?

-Un journaliste. Quand est-ce que tu te décideras à lui proposer d'emménager avec toi, hein ? soupira Shura. Allez, au boulot.

-Un journaliste ? répéta l'Italien sans s'occuper du reste de la phrase. Qu'est-ce qu'il fiche ici ?

-Je t'expliquerai, mais en attendant je veux le garder sous la main. C'est le frère d'Ayoros Fotia, ajouta-t-il.

-Bonjour » lança Aiolia.

Egidio se contenta de le regarder puis se dirigea à la suite de son collègue vers le papier laissé par le tireur. Il le lut rapidement, poussa un juron entre ses dents, puis regarda en contrebas vers l'endroit où les PDG s'étaient tenus. Puis il se pencha vers le sol, comme un chien au aguets.

« Tes impressions ? demanda finalement l'Espagnol.

-J'aurais pas trouvé de meilleur poste de tir. C'est à se demander comment cet enfoiré a pu le louper. Je pense même que c'est impossible.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-On est d'accord pour dire qu'on pense au même mec ? Bien. C'est pas un amateur, il sait se servir d'un fusil et si on lui avait demandé de tuer Kido, sa petite fille serait en train de commander la pierre tombale de son cher papi au moment où je te parle. Donc, deux solutions : soit c'était pas l'intérêt d'Hadès de dégommer Kido, mais alors je me demande à quoi ça rimait de le blesser et de faire cette mise en scène. Soit c'est pas Hadès et là on a un sérieux problème, conclut Egidio.

-C'est toujours impressionnant quand tu te sers de ce qui te fait office de cerveau, fit une voix grave. J'en suis arrivé aux mêmes conclusions, ajouta Aldébaran en se rapprochant d'eux, la respiration légèrement haletante suite à la montée des marches. Vous avez trouvé autre chose ?

-J'ai cherché des douilles, mais j'en ai pas trouvé dans ce secteur, répondit Shura.

-Avec le recul, elles ont pu glisser plus loin, selon l'arme utilisée, expliqua l'Italien en s'éloignant. J'ai repéré des projections au niveau du sol, le tireur était agenouillé près du bord pour viser. La douille est partie en arrière. Il a dû voir que tu te dirigeais par ici, il a juste eu le temps de remballer et de filer. Elle est encore là, quelque part. »

Shura et Aldébaran échangèrent un coup d'œil tandis que leur collègue furetait, le nez au sol. Ils échangèrent un sourire moqueur, interrompu par l'intervention d'Aiolia :

« Est-ce que ça serait ça ? »

Il désignait un petit objet par terre, non loin de l'endroit où il se tenait. Egidio l'écarta sans ménagement et hocha la tête.

« On aura le droit de récupérer la balle dès qu'elle sera extraite ? C'est un calibre plutôt petit, mais je peux pas dire exactement quel genre de fusil on a utilisé.

-Si jamais Kido veut la garder en souvenir, on la lui empruntera, soupira Aldébaran. Bien, la scientifique est en route, on va devoir dégager. Bravo pour ta brillante analyse, tu devrais faire ça plus souvent.

-Cas de force majeure, je peux repartir ? maugréa-t-il.

-Rencard, souffla l'Espagnol à l'intention du Brésilien sans s'occuper du regard noir de son ami.

-Je vois, pouffa leur supérieur. Désolé Egidio, mais pour le moment tu restes ici. Je te redonnerai une demi-journée une prochaine fois.

-Comment ça une demi-journée ? protesta l'Italien. Je veux une journée entière !

-Il est bientôt midi, donc officiellement la matinée est terminée. Monsieur Fotia, vous nous suivez, on va avoir besoin de votre déposition.

-Je peux voir mon frère ? demanda Aiolia en emboîtant le pas au trois policiers.

-Je pense que c'est faisable, en tout cas on va le prévenir que vous êtes avec nous, acquiesça Aldébaran. Shura, je veux que tu attendes la scientifique et que tu gères la pose des scellés, et tu n'hésites pas à rentrer dans les bleus, faut bien qu'ils apprennent le métier. Egidio, tu prends les dépositions et tu commences à faire le tri. Monsieur Fotia, vous venez avec moi. »

Le Grec suivit l'imposant Brésilien, puis osa :

« Dites… Est-ce que je pourrais avoir l'exclusivité de l'avancée de l'enquête ? »

Aldébaran lui jeta un regard un peu surpris, puis fit une moue désabusée. Aiolia secoua la tête et reprit :

« Je sais ce que vous devez penser, que j'ai fait ça pour le travail. Franchement, ma patronne est quelqu'un de chouette et elle comprendrait que je revienne sans rien à imprimer parce que je m'inquiétais pour mon frère. Mais vous êtes débordé par les médias qui déforment vos paroles et interprètent tout de travers, je me trompe ?

-Poursuivez, fit le Brésilien sans s'arrêter.

-On peut se mettre d'accord, non ? Vous me donnez l'exclusivité, ma patronne est contente, j'ai enfin quelque chose d'intéressant et vous n'avez pas le standard téléphonique saturé d'appels d'une population paniquée. Ça marche ?

-Est-ce que ça implique que vous veniez sur le terrain ?

-C'est si gentiment proposé… Mais je doute qu'avoir un intrus dans les pattes mette une bonne ambiance, pas vrai ? » sourit le jeune homme.

Le Brésilien resta un moment silencieux. La proposition du journaliste était assez tentante, et il sentait qu'elle était faite en toute bonne foi et sans arrière-pensée. Il n'avait pas encore été rongé par l'intérêt et incarnait une certaine fraicheur. Peut-être que son idée pourrait servir.

Ils entrèrent dans le bâtiment et se dirigèrent à l'intérieur à grands pas. Ils croisèrent plusieurs policiers en faction, qu'Aldébaran salua d'un rapide signe de la tête avant de toquer à une porte. Elle s'ouvrit sur un homme de taille moyenne aux yeux légèrement bridés et au visage sombre.

« Dokho, tu nous laisses entrer ? fit l'inspecteur.

-Pardon Aldé, s'excusa ledit Dokho en s'effaçant pour les laisser passer. Qui est-ce ?

-Aiolia Fotia, il est avec moi. Comment va Kido ?

-Etat stable, il s'en remettra.

-Parfait. Et les autres PDG ? »

Le policier fit la moue et jeta un coup d'œil derrière lui.

« Gemini prend son mal en patience et Inferno dicte des lettres à son second depuis plus d'une heure.

-Merci Dokho. Bon, allons-y. »

Les trois hommes s'avancèrent plus en avant dans la suite où ils s'étaient installés. Les PDG, leurs seconds et Saori Kido se levèrent en les voyant entrer. Ayoros écarquilla les yeux en avisant son frère, qui se précipita vers lui en courant :

« Ayoros ! Tu vas bien ? Tu n'es pas blessé ? s'écria le journaliste en serrant son aîné contre lui.

-Je vais bien, répondit le Grec en lui retournant l'accolade. Mais qu'est-ce que tu fais là ?

-On répondra à vos questions plus tard, les interrompit Aldébaran. Je ne sais plus si je me suis présenté : inspecteur Constelação, je suis en charge de l'affaire. Pour aujourd'hui nous allons vous faire rapatrier chez vous, des voitures vous attendent à l'extérieur pour vous escorter jusque chez vous. Mes hommes resteront en surveillance le temps que cette menace soit éclaircie. Mademoiselle Kido, une ambulance est en bas pour prendre votre grand-père en charge, une chambre d'hôpital est réservée et des policiers sont déjà sur place pour assurer votre sécurité. Est-ce que quelqu'un a des questions ? »

Trop surpris par l'intervention du Brésilien pour dire quoi que ce soit, personne ne dit mot. Satisfait, Aldébaran ajouta :

« Je vous laisse mon numéro de téléphone, je suis joignable à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. N'hésitez pas si vous avez la moindre inquiétude. Nous prendrons vos dépositions demain, veuillez rester à notre disposition.

-Nous avons des entreprises à faire tourner, inspecteur, fit soudain Pandore Inferno.

-Je n'ai jamais mentionné le fait de rester cloîtrée chez vous, riposta tranquillement le policier. Nous viendrons sur le lieu de votre travail si nécessaire. Autre chose ? »

La jeune femme resta silencieuse, les sourcils froncés dans une attitude agacée. L'aisance avec laquelle le policier l'avait rembarrée lui restait en travers de la gorge et elle n'avait pas l'habitude de se faire moucher de la sorte. Mais Aldébaran ne le vit pas –ou fit semblant de ne pas le voir, mais le résultat était le même- et conclut :

« Bien, puisque nous sommes tous d'accord, nous allons vous faire évacuer séparément. Monsieur et mademoiselle Kido d'abord, mademoiselle Inferno ensuite et pour finir monsieur Gemini. »

Tous obtempérèrent sans rechigner. La journée avait été plus que riche en émotions et ils n'avaient qu'une envie, rentrer chez eux. Pourtant Saga retint un instant son second par le bras et fit à voix basse :

« Il faut qu'on parle, Ayoros. Le plus vite possible. »

Le Grec jeta un coup d'œil à son cadet, qui le dévisagea avec une pointe d'interrogation dans le regard. Puis il acquiesça vivement et demanda, chuchotant lui aussi :

« Dès ce soir ?

-Si tu t'en sens le courage, oui.

-Alors autant en finir, soupira le jeune homme. Aiolia, je vais rentrer avec Saga, reprit-il un ton plus haut. Inutile de m'attendre. »

Le journaliste fit une moue désapprobatrice mais ne dit rien. Ce qui se passait entre son frère et son supérieur ne le concernait pas, du moins pas directement. Et au vu de l'expression qu'arboraient les deux hommes, il y avait une discussion houleuse qui se profilait à l'horizon. Se rendant compte qu'ils étaient encore les seuls dans la pièce, il s'apprêtait à sortir sur le signe dudit Dokho lorsqu'une poigne le retint par l'épaule.

« J'ai réfléchi à votre proposition, fit Aldébaran avec une voix songeuse.

-Ah ? Et quelle est votre réponse ?

-Demain matin à neuf heure dans mon bureau, ne soyez pas en retard. Bonne soirée ! »

Ravi, Aiolia n'eut pas le temps de remercier le policier qu'il était déjà reparti vers ses collègues. Il haussa les épaules et quitta l'hôtel rapidement pour rejoindre sa voiture : sa patronne devait attendre son rapport avec impatience !

De leur côté, Saga et Ayoros avaient pris place dans la Lincoln noire du PDG. Gordon démarra aussitôt, tous les sens aux aguets et furieux contre lui-même. Qui sait si ce tir n'était pas destiné à son patron ? Et même s'ils ne se parlaient pas beaucoup, il appréciait Saga qui était franc et honnête malgré son travail. Il ne comprenait d'ailleurs pas le revirement de son employeur quant à Ayoros, avec qui il s'était toujours très bien entendu. Quoique, ce n'étaient pas ses affaires. Il avait plutôt hâte de finir sa journée lui aussi, car le contrat qu'il avait signé avec l'héritier Gemini stipulait qu'il avait toutes ses soirées. Il était d'autant plus pressé de rentrer chez lui que depuis quelques mois, il avait la chance de ne plus les passer seul. Il se morigéna : Saga et Ayoros étaient encore dans la voiture et potentiellement en danger. Et même s'il voulait retrouver l'amour de sa vie, ce n'était pas pour autant qu'il avait hâte de laisser son patron seul. Il ne lui avait jamais connu de maîtresse ou d'amant, et avec cette menace soudaine, il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée qu'il reste en solitaire. Peut-être devrait-il soumettre l'idée à Ayoros ?

Arrivés au pied de l'immeuble de la société Gemini, Saga déclara :

« Inutile de vous attarder Gordon, je rentrerai avec ma voiture. Et ces messieurs de la police seront là pour veiller à ma sécurité, ajouta-t-il avant que son garde du corps ait pu protester.

-Bien monsieur, passez une bonne soirée » finit par marmonner le Polonais.

Ayoros suivit son patron jusqu'à son bureau, sans dire un mot. Il n'imaginait que trop bien la discussion qui allait avoir lieu. Son issue était déjà connue, après tout. Saga l'invita à s'asseoir mais il refusa d'un signe de la tête et fit doucement :

« Je pense qu'il est inutile de retarder l'inévitable. »

Le Grec acquiesça avec un air grave.

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Aiolia venait de raccrocher le téléphone lorsque son frère rentra chez eux. Il se précipita à sa rencontre et s'écria :

« Ayo, faut absolument que je te raconte ! J'ai eu Paula, tu sais ma directrice, et elle était ravie du deal que j'ai passé avec Aldébaran Constelação ! Je pensais pas qu'il dirait oui, mais… Tu vas bien ? » s'interrompit-il en voyant que son aîné n'avait toujours pas bougé de l'entrée.

Ayoros ferma les yeux et se laissa glisser au sol, appuyé contre la porte. Il entendit son cadet courir vers lui et poser une main sur son front, puis demander avec inquiétude :

« Eh, qu'est-ce qui t'arrive ?

-Je suis viré. »


à suivre...