Yosh =) Eh oui, voilà la suite de Mafia Blue II ! Puisque beaucoup d'entre vous -pour ne pas dire tout le monde- voulait des nouvelles d'Ayoros, en voilà, il suffisait de demander :p
Ensuite, je voulais m'excuser de la parution 'lente' de cette fic : impossible de combiner écriture et boulot comme je le voudrais, donc pas de changements au niveau du rythme de parution avant la fin mai (avec un grand creux de mars jusqu'à mai inclus).
Enfin, un grand merci à Camhyoga pour sa correction ainsi qu'à vous tous pour vos reviews qui apportent toujours un sourire et me font énormément plaisir. Je me répète, je sais, mais un soutien pareil, ça change tout. Un petit mot pour Leti à qui je ne peux pas répondre directement : il y aura des larmes (j'ai déjà prévu d'acheter les paquets de mouchoir !) mais ça se terminera bien, parce que malgré mon sadisme, j'aime les happy end... ^^ Mais trêve de spoils, bonne lecture !
Mafia Blue II – Chapitre 7
Yeux fermés et tête enfouie dans son oreiller, Ayoros peinait à quitter les bras de Morphée. Il n'avait jamais été matinal, sinon par obligation, et se lever resterait à jamais une épreuve pour lui. C'était l'odeur du pain cuit qui venait de la boulangerie d'à côté qui l'avait tiré du sommeil, et depuis il écoutait d'une oreille distraite les vas et viens des passants dans la rue. Lorsqu'il avait jeté un coup d'œil à son radio-réveil, il avait fait un bond en constatant qu'il avait plus de trois heures de retard… avant de se souvenir qu'il n'avait plus d'emploi du temps à respecter. Il était retombé sur son matelas avec un soupir et n'avait plus bougé. Ce fut les grondements de protestation de son estomac qui finirent par le tirer du lit. Sans entrain, Ayoros se dirigea vers la cuisine –et surtout la cafetière qui une fois de plus était encore pleine. Mais un post-it jaune attira l'attention du Grec qui s'en saisit et parcourut l'écriture rapide de son frère :
« Salut frangin ! Jette pas le café, il est de ce matin. J'ai enlevé ta sonnerie de réveil, repose-toi aujourd'hui. Ce soir faut qu'on parle. PS : plus de café en poudre, SOS. »
Un sourire fleurit sur les lèvres du jeune homme : c'était du Lia tout craché. Il se servit une tasse et alla ouvrir les volets, un peu perplexe. Il ne savait absolument pas quoi faire de sa journée, et déjà des souvenirs de la veille remontaient à sa mémoire. Il secoua la tête avec un soupir : il ne voulait pas y repenser. Pas tout de suite. Autant aller acheter du café et ranger le capharnaüm qui s'était progressivement installé sur la table basse du salon. Au moins, ça lui changerait les idées pour quelques heures, même s'il savait que lorsque son frère rentrerait, il aurait des explications à lui donner.
Aiolia n'avait rien demandé après qu'il lui ait avoué avoir été viré. Il s'était contenté de le prendre dans ses bras et de l'envoyer se coucher. Ayoros s'était endormi comme une souche, éreinté après tout ce qui s'était passé durant la journée de la veille. A présent qu'il avait l'esprit plus clair, des questions lui venaient en tête : est-ce que Saga regrettait ? Comment avait-il réagi en ne le voyant pas arriver, ce matin ? Est-ce que lui aussi avait dû se souvenir qu'il ne verrait plus son second ?
Le Grec vida sa tasse d'une traite : il ne devait pas se laisser abattre. Il fallait voir le côté positif de la chose, c'est ce que lui aurait dit son cadet : dormir plus, faire des choses qu'il avait laissé de côté à cause de son travail, sortir… Ne plus avoir à se casser la tête pour finir des dossiers, ne plus gérer les soucis internes de la société, ne plus avoir à se coltiner Alvise, le jeune gestionnaire qui le collait un peu trop… Ne plus apporter un café à Saga, ne plus avoir d'avis à lui donner, ne plus le revoir.
Ayoros poussa un soupir : visiblement, sa tentative de pensée positive tombait à l'eau. Non, vraiment, il fallait qu'il aille acheter ce café.
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Assise sur l'un des sièges inconfortables de l'accueil de l'hôpital, Saori triturait son sac à main sans s'en rendre compte, perdue dans ses pensées. Ce fut l'odeur d'un café au lait qui lui fit relever la tête avec surprise. Elle croisa le regard de son ami d'enfance et accepta le gobelet en plastique qu'il lui tendait, avalant une gorgée du liquide brûlant. Son compagnon s'installa près d'elle et jeta un coup d'œil à Tatsumi, qui réglait des formalités avec une infirmière.
« Des nouvelles de ton grand-père ? demanda-t-il enfin.
-Il se repose, répondit la jeune fille. Il lui faudra du temps pour s'en remettre, il n'est plus tout jeune.
-Ton grand-père est encore solide, je ne m'en fais pas pour lui. C'est plutôt pour toi que je m'inquiète.
-Merci Jabu » souffla-t-elle avec un petit sourire.
Le jeune homme passa un bras protecteur autour de ses épaules et lui fit signe de s'appuyer contre lui, ce que Saori s'empressa de faire avec un soupir. Qu'aurait-elle fait si son ami n'avait pas été là pour la soutenir lorsqu'elle en avait besoin ? D'aussi loin qu'elle pouvait s'en souvenir, Jabu et elle avaient toujours vécu ensemble dans la grande propriété de Mitsumasa. Les parents de son ami travaillaient pour son grand-père, et le vieil homme avait rendu les armes lorsque sa petite-fille avait demandé –ou plutôt ordonné- que son camarade reste avec elle. Jabu avait donc eu droit à une éducation sévère mais d'une qualité qu'il n'aurait jamais pu avoir en temps normal. En lieu et place d'un siège dans un amphithéâtre bondé de la capitale, il avait pu passer des concours pour entrer dans de grandes écoles d'économie. Tout ça dans le seul but de pouvoir toujours aider Saori et de devenir un second précieux lorsqu'elle recevrait son héritage : la société Kido. Oui, la jeune fille savait qu'elle devait beaucoup à son ami, notamment de l'avoir accompagnée en Grèce à sa demande alors qu'il aurait dû passer une semaine auprès de ses parents.
« Si tu me disais ce qui ne vas pas ? fit soudain Jabu.
-J'ai peur, avoua Saori en réprimant un tremblement.
-Tu sais bien que ni Tatsumi ni moi on ne laisserait quelqu'un te faire du mal.
-Je sais, ce n'est pas ce que je voulais dire. J'ai peur de ce qui va se passer, maintenant. J'espère qu'on va rentrer à la maison, je n'aime pas cet endroit.
-Pourtant venir en Grèce était l'un de tes rêves, même si tu ne l'as jamais dit à Mitsumasa, s'étonna le jeune homme.
-C'est vrai… Mais après ce qui s'est passé, je n'ai pas spécialement envie d'aller faire du tourisme. »
Jabu haussa les épaules et finit par répondre :
« Tu n'as qu'à demander à ton grand-père. Il te passe tout ce que tu veux.
-Je sais, c'est bien pour ça que je fais en sorte de lui demander le moins de choses possible, s'agaça un peu Saori. Il doit d'abord penser à la société.
-Et ce partenariat, il vaut vraiment le coup de se prendre une balle dans l'épaule ? riposta son ami. Personnellement, même si j'aime bien ton grand-père, je trouve que ce genre de choses est un peu ridicule. La société se porte très bien au Japon, je ne vois pas l'intérêt d'avoir une filiale en Grèce.
-Les affaires, Jabu, soupira la jeune fille. Mais je pense que grand-père a une idée derrière la tête, c'est juste qu'il ne m'en a pas encore parlé.
-Une idée derrière la tête, hein ? répéta le jeune homme. Ça serait bien son genre.
-Il sait ce qu'il fait. Tout du moins je l'espère…
-C'est bien là le problème. Finis ton café ou il va être froid » ajouta-t-il en voyant que son amie n'avait presque pas touché au gobelet.
Elle acquiesça et avala d'une traite le liquide sombre. Tatsumi revint à cet instant précis et leur annonça avec un sourire :
« Mitsumasa nous attend. Il vous a réclamée, ajouta-t-il à l'intention de la jeune fille.
-Allons-y » fit-elle d'un air décidé en se levant.
Jabu et elle le suivirent parmi les couloirs, jusqu'à arriver devant une chambre gardée par deux policiers, qui les saluèrent d'un bref signe de la tête. Ils entrèrent dans la pièce, plongée dans une semi pénombre par des rideaux de couleur foncée. Non loin de la fenêtre se trouvait le lit dans lequel se reposait Kido. Saori s'avança avec un sourire aux lèvres et saisit la main de son grand-père, qui sortait des draps.
« Comment te sens-tu ? le salua-t-elle d'une voix inquiète.
-Parfaitement bien, répondit le vieil homme en se redressant d'un air décidé. Je suis prêt à sortir, mais visiblement les médecins ne sont pas de cet avis.
-Et tu ferais mieux de les écouter, approuva la jeune-fille avec un ton désapprobateur, tandis que Jabu ouvrait les rideaux. Ça ne serait pas raisonnable.
-C'est aussi ce que m'ont dit mes conseillers quand j'ai décidé que tu serais mon héritière, rétorqua Kido. Et je n'ai pas changé d'opinion depuis.
-Il s'agit de ta santé, grand-père, pas d'argent.
-Les deux sont pourtant liés, répondit Mitsumasa en se calant contre l'oreiller. Le jour où je mourrai, tout sera à toi, et ce jour-là tu devras être prête. La vie tient à si peu de choses… » ajouta-t-il comme pour lui-même.
Saori lança un regard interrogateur à Tatsumi, qui se contenta de hausser les épaules. Son grand-père commencerait-il à perdre la raison ? La blessure l'avait-elle plus touché psychologiquement que ce qu'elle craignait ?
« C'est pour ça que j'ai décidé de te laisser négocier le partenariat que me proposent Gemini et Inferno, reprit Mitsumasa en fronçant les sourcils. Ce sera à toi et toi seule de décider ce qu'il convient de faire. Je relirai ton dossier avant approbation, mais le reste te revient. »
Saori écarquilla les yeux et rétorqua d'une voix tremblante :
« Mais enfin… C'est ridicule ! Jamais je n'y arriverai, et je risque de faire des erreurs qui pourraient coûter à la société ! Grand-père, cette idée est…
-Exactement ce qu'il te faut pour prendre de l'assurance, la coupa Kido. Et tu ne seras pas seule, Jabu t'aidera. J'ai vu ses résultats, ils sont excellents et il saura te conseiller comme il le faudra. Tatsumi aussi sera là. Et si jamais tu as le moindre doute, je pourrais toujours te guider. »
La jeune fille secoua la tête sans dire un mot, avant de s'asseoir sur la chaise qui se trouvait à côté du lit. Jabu la regarda faire sans rien dire : il savait déjà que Mitsumasa aurait ce qu'il voudrait, et que son amie accepterait la fantaisie de son grand-père malgré ses réticences.
« Grand-père…, tenta une dernière fois Saori.
-Ma chérie, nous ne partirons pas d'ici tant que ce contrat ne sera pas signé, tentative d'assassinat sur moi ou pas, déclara Kido. Tu ferais mieux de t'y mettre tout de suite. »
L'adolescente se raidit et fit d'une voix sèche :
« Tu es ignoble.
-Tu me remercieras plus tard » répondit Mitsumasa avec un sourire amusé.
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Assis sur le rebord de la fenêtre, une tasse de thé fumante à la main, Kagaho regardait pensivement la rue s'animer au gré de l'ouverture des magasins et des sociétés. Mais même les passants empressés n'arrivaient pas à le distraire de son inquiétude. Il le sentait dans toutes les fibres de son corps : quelque chose allait se passer, dans laquelle il serait irrémédiablement impliqué. Il avait à peine fermé l'œil de la nuit tant cette pensée l'obsédait. Il avait failli proposer à Sui de l'accompagner jusqu'à son lycée, mais son cadet aurait aussitôt deviné que quelque chose n'allait pas et ça, Kagaho voulait l'éviter à tout prix. Sui ne devait pas être impliqué, quoi qu'il advienne. Il l'avait donc laissé partir, le ventre noué, attendant le coup de téléphone de son amant qui lui dirait ce que ses frères et lui avaient décidé –bien qu'il se doutât de leur réaction. Après tout, ils avaient commandé la mafia grecque la mieux organisée d'Athènes et aucun d'eux n'avait un tempérament posé et réfléchi : ils n'allaient certainement pas laisser passer cet affront pour leur égo. Et ni Rune ni Kanon ne pourraient y faire quoi que ce soit, si tant est qu'ils ne soient pas du même avis que leur amant respectif.
La sonnerie de son portable interrompit ses réflexions. Kagaho décrocha sans regarder qui l'appelait, et fut un instant surpris en constatant qu'il ne s'agissait pas d'Eaque :
« Je voulais savoir si tu venais aujourd'hui ou si tu comptais te défiler comme hier, fit la voix un peu acerbe de Pharaon.
-Désolé, soupira l'Egyptien en se maudissant d'avoir oublié de le contacter. Je passerai tout à l'heure, ne t'en fais pas.
-Je ne te demande rien, rétorqua son compatriote d'un ton froid. Mais que ce soit clair, tu as une responsabilité vis-à-vis de l'aiglon que tu as récupéré, et fais-moi confiance pour te le rappeler aussi souvent que nécessaire.
-Je viendrai Pharaon, répliqua Kagaho. J'ai eu un imprévu hier, c'est tout.
-Grave ? s'enquit finalement le jeune homme avec un peu plus de compréhension.
-C'est compliqué, soupira-t-il.
-Très bien. Si tu as besoin d'en parler, n'hésite pas. A tout à l'heure » ajouta Pharaon avant de raccrocher, sans attendre de réponse.
Kagaho l'imita, un peu perplexe. Son compatriote était difficile à cerner, et il semblait un peu trop versatile pour qu'il le comprenne vraiment. Mais une nouvelle fois, la sonnerie de son téléphone le tira de ses pensées, et cette fois-ci le numéro d'Eaque était bien affiché.
« Bonjour mon cœur, souffla le Népalais d'une voix peu enjouée.
-Vous revenez sur Athènes, déclara l'Egyptien en fronçant les sourcils.
-On prend le ferry demain, répondit son amant. Je sais que tu n'approuves pas, mais c'est la meilleure chose à faire. La police finira par mettre la main sur nous si on n'agit pas.
-Je sais, rétorqua sombrement Kagaho. Je viendrais vous attendre à l'arrivée du bateau.
-Tu n'es pas obligé, tenta Eaque.
-Je serai plus rassuré en étant avec toi, riposta le jeune homme d'un ton sans réplique. Préviens-moi lorsque vous aurez choisi un horaire.
-Je préfèrerais que tu ne sois pas impliqué, essaya une nouvelle fois le Juge.
-Tu aurais dû y penser plus tôt. Je sais très bien ce que je veux, Eaque, ajouta Kagaho d'un ton plus doux. Tu ne me feras pas changer d'avis. Certainement pas après ce qu'on a vécu.
-Je suis désolé, soupira le Népalais. Je t'aime, tu sais.
-Moi aussi. A demain. »
Dans une autre pièce, un jeune homme retira le casque qu'il avait sur les oreilles et esquissa un sourire satisfait : les pions bougeaient exactement comme ils l'avaient prévu. Il ne lui restait plus qu'à prévenir sa patronne que les Juges étaient de retour sur le continent.
