Yop =) Voilà la suite, je tiens mon planning ! :D
Merci à tous pour vos reviews encourageantes, elles me font toujours autant plaisir. Une pensée pour Leti, Alexis et SAINT ANGEL à qui je ne peux pas répondre directement ;)
Petite note pour ceux/celles qui auraient regardé sur ma page ffnet : j'avais prévu la parution d'une nouvelle fiction, Vents Contraires. Mais je n'ai pas eu le temps de l'avancer comme je le voulais et la parution est donc décalée à une date ultérieure. Je m'en excuse, mais comme je préfère me consacrer d'abord à Mafia Blue II, je dois faire des choix ;)
Enjoy !
Mafia Blue II – Chapitre 10
Shiryu luttait désespérément contre son envie de regarder sa montre, pour la énième fois depuis le début du cours d'économie. Il sentait venir le besoin urgent de changer d'air et était fébrile, presque nauséeux. Simuler un malaise dans son état ne serait pas compliqué… La question était de savoir s'il tiendrait le reste de l'heure ou partirait avant.
Comme en réponse à ses attentes, la sonnerie retentit soudain, lui tirant un soupir de soulagement. Avec vivacité, il s'empara de ses affaires et les plongea dans son sac, sans se soucier de les ranger, et sortit de la salle en coup de vent, ignorant les protestations outrées de son professeur. Marchant à grands pas, les yeux rivés sur la sortie du couloir, il ne se rendit pas tout de suite compte du bruit de course qui le poursuivait. Ce ne fut qu'en sentant une main sur son épaule qu'il se retourna : Seiya.
« Shiryu, écoute…
-Non, répondit sèchement le Chinois. Je crois que j'en sais assez.
-Laisse-moi au moins t'expliquer ! protesta son ami.
-M'expliquer quoi ? Que tu préférais que je te découvre en train d'embrasser Shunrei plutôt que d'avoir à me l'annoncer toi-même ?
-J'avais peur de ta réaction…
-Qu'est-ce que tu aurais voulu que je dise ? rétorqua Shiryu avec un mouvement d'humeur. Ce que je vois, c'est que tu n'as pas confiance en moi ! Tu aurais pu juste me dire que tu n'aimais pas les garçons, que tu ne m'aimais pas moi, mais non ! Tu sors avec la fille que j'ai quittée parce que je suis amoureux de toi ! Alors excuse-moi de ne pas réagir comme tu le voudrais, mais tu t'es déjà passé de ma bénédiction.
-Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en toi ! protesta le Japonais. Tu es plus qu'un ami pour moi, mais…
-C'est bon Seiya, arrête de te justifier. Ça ne fait qu'empirer les choses. »
Le jeune homme resta silencieux, blessé. Mais Shiryu ajouta, terminant de le rembrunir :
« Je ne viendrais pas en cours du reste de la journée. Inutile de me prendre des notes. »
Sans savoir que dire, le Japonais regarda son camarade repartir, notant au passage qu'il allait moins vite que précédemment. Comme s'il savait qu'il n'essaierait pas de le retenir une nouvelle fois… Ce qui était vrai : qu'aurait-il pu dire ou faire ?
« Shiryu s'en va ? » fit soudain une voix près de lui, le tirant de ses pensées.
Hyoga, Shun et Sui, un ami de ce dernier, venaient de le rejoindre. Il acquiesça lentement, avant de soupirer :
« C'est à cause de moi, j'ai été stupide.
-C'est pas comme si ça changeait de l'ordinaire, riposta Ikki d'un ton moqueur, se rapprochant de ses amis. Qu'est-ce que tu as encore fait cette fois ?
-Rien qui te concerne, décréta le jeune homme en relevant le nez.
-J'imagine qu'il ne viendra pas avec nous chez Camus ce soir ? demanda Hyoga.
-J'en doute. Je pense qu'il va aller chez son oncle.
-Tu viens avec nous Sui ? proposa Shun.
-Je ne veux pas déranger, souffla le garçon.
-Camus t'aime bien, dit le Russe avec un sourire engageant. Il veut te poser des questions sur l'Egypte, c'est un pays qu'il ne connaît pas beaucoup. Et puis, avec un peu de chance, tu rencontreras enfin Milo.
-D'accord, je viens, accepta Sui. Je préviendrai juste mon frère que je rentrerai plus tard que prévu.
-Manquait plus que ça, on a un deuxième Ikki sur les bras ! s'écria Seiya avec un air dramatique.
-Dis donc sale canasson, tu sais ce qu'il te dit Ikki ?
-Qu'il faut que je coure avant que tu te jettes sur moi ?
-Je te laisse cinq secondes pour faire tes adieux, je suis clément aujourd'hui » répondit-il avec un regard amusé.
#
Le moteur de la moto ronronnait doucement, attendant une décision de la part de son propriétaire. Ce dernier jeta un dernier coup d'œil au papier que lui avait donné son ami la veille. Malgré la promesse qu'il lui avait faite, Queen n'avait pas hésité longtemps. Cela faisait des années qu'il avait attendu cet instant et même si le désir de vengeance s'était atténué avec le temps, il était resté profondément gravé en lui, ineffaçable. Le jeune homme coupa le contact, remit abruptement le papier dans sa poche et se dirigea dans la ruelle mal famée qui sentait le désespoir à plein nez. Il passa devant plusieurs alcooliques, clochards et autres toxicomanes, qu'il regarda à peine. Il s'arrêta soudain devant l'un d'eux, le dévisagea quelques secondes avant de se raidir : il l'avait trouvé.
Affalé par terre dans une position grotesque, il avait les yeux dilatés et exorbités, la bouche entrouverte. Plus un cadavre qu'un être humain. Seul de vagues mouvements de sa poitrine prouvaient qu'il respirait toujours. Pourtant, son bras fusa soudain pour attraper celui du fleuriste, qui tressaillit en sentant la poigne osseuse se resserrer sur son avant bras.
« T'aurait pas un billet des fois pour un pauv' type ? » souffla-t-il difficilement, la langue pâteuse.
Queen planta son regard dans celui du drogué en manque, cherchant à retrouver l'expression cruelle qu'il lui avait vue des années auparavant. Mais il ne vit rien de plus que du manque, qui prenait le pas sur tout autre sentiment. Sans un mot, il sortit son portefeuille et retira de l'argent, assez sans doute pour lui payer sa dose. Effectivement, l'autre écarquilla encore plus les paupières et empocha l'argent en balbutiant des remerciements incompréhensibles.
« T'es mon ange qu'est venu me sauver non ? marmonna-t-il en serrant la liasse contre sa poitrine. Tu savais qu'il en avait besoin hein ? »
Le jeune homme se dégagea violemment, dégoûté, et tourna les talons, voulant fuir ce lieu le plus vite possible. Il vit les lueurs d'envie dans les yeux des autres camés, qui s'étaient tournés vers celui qu'il venait de quitter. Le cœur battant, il attrapa son téléphone portable. Il réalisa qu'il avait les mains qui tremblaient. Sylphide décrocha presque aussitôt.
« Je ne pensais pas avoir de tes nouvelles dès aujourd'hui, fit son ami d'une voix enjouée.
-Je l'ai vu » souffla Queen en réprimant difficilement l'émotion de sa voix.
Le silence au bout du combiné dura quelques secondes, avant que le Belge demande avec inquiétude :
« Tu veux que je passe ?
-A notre glacier dans vingt minutes ?
-J'arrive. »
Le fleuriste raccrocha, inspirant profondément pour se calmer. Les gestes habituels pour démarrer sa moto refirent surface, il réinstalla son casque et s'élança. La vitesse de son véhicule lui faisait tout oublier. Ou presque. En tout cas, suffisamment pour se concentrer sur sa route, zigzaguer entre des poteaux mal placés et sillonner les petites ruelles étroites qu'il connaissait. A peine parvenu au lieu de rendez-vous, il remarqua la moto de son ami et esquissa un mince sourire de reconnaissance : Sylphide était l'un des seuls sur lequel il savait pouvoir compter en toute occasion. Cela faisait des années à présent qu'ils se connaissaient, et leur amitié n'avait jamais été ébranlée, malgré la distance et les problèmes respectifs. Ils s'étaient rencontrés en Belgique, le pays natal de Sylphide, après que son père ait reçu une promotion sur place. Queen avait tout d'abord exécré ce pays qu'il ne connaissait pas, mais après quatre années de vadrouilles en duo avec son camarade, il avait changé d'avis. Malheureusement, il avait dû déménager, et était reparti avec son père dans différents pays. Mais il avait toujours gardé contact avec son ami d'enfance, et ils avaient réussi à se revoir plus ou moins régulièrement. Et trois ans après sa propre arrivée en Grèce, Sylphide était venu lui aussi, accompagnant quelqu'un –Queen n'avait pas besoin d'être grand philosophe pour comprendre que ce quelqu'un avait ravi le cœur de son compagnon.
Tout à ses pensées, il entra dans le petit magasin. Il vit Sylphide installé à leur table habituelle et le rejoignit. Le Belge se leva aussitôt et le prit dans ses bras, inquiet :
« Est-ce que ça va ?
-Autant que possible, répondit l'Allemand. Merci d'être venu.
-Tu t'entends ? Evidemment que j'allais te rejoindre ! s'exclama le jeune homme.
-Je t'en remercie quand même. »
Les deux amis se sourirent, avant de s'asseoir. Queen ne savait pas vraiment par où commencer, ni ce qu'il allait dire. Ce fut son camarade qui relança la conversation :
« Alors tu es allé à l'adresse que je t'ai donnée, déclara Sylphide avec un ton presque triste.
-Tu te doutais bien de ce que j'allais faire, rétorqua le fleuriste un peu sèchement. Si tu ne voulais pas que j'y aille, tu n'avais qu'à pas me la donner.
-Je sais, je m'en veux du reste. Je n'aurais pas dû t'impliquer dans cette histoire, soupira le jeune homme.
-C'est fait, maintenant, répondit Queen en fermant les yeux. Ni toi, ni moi, on ne peut revenir en arrière.
-Tu l'as vu ? » demanda Sylphide en penchant la tête sur le côté.
L'Allemand resta silencieux quelques instants, cherchant ses mots. Finalement, il poussa un soupir et hocha la tête.
« Je l'ai tout de suite reconnu. C'était le même homme qu'il y a trois ans, mais… Ses yeux, Syl'. Ils étaient différents.
-Je ne comprends pas, avoua le jeune homme.
-Il n'avait pas le même regard. La drogue l'a complètement détruit. Il ne vit plus que pour sa dose. Je crois qu'il se souvient même pas du flic qu'il a tué lors d'une descente de la brigade des stups. Il a dit que j'étais un ange, ajouta-t-il avec un rire qui sonnait faux. J'ai signé son arrêt de mort et il ne s'en est même pas rendu compte. »
Sylphide fronça les sourcils, intrigué et inquiet.
« Qu'est-ce que tu as fait ?
-Je l'ai rendu riche, en tout cas suffisamment pour qu'il s'achète deux ou trois doses de la meilleure came qui circule dans son quartier. Soit il crève en s'injectant ses saloperies trop vite parce qu'il est en manque, soit un de ses collègues va se charger de lui faire la peau pour avoir l'argent. J'imagine qu'il est déjà mort à l'heure qu'il est.
-Et… Est-ce que tu te sens mieux ? demanda le Belge.
-Non. Peut-être. Je sais pas, en fait, marmonna le fleuriste. En tout cas, maintenant, je suis tranquille avec mon passé.
-Et Gordon ? »
Queen sursauta et dévisagea son ami, qui avait un visage impassible. Evidemment. On ne pouvait rien cacher à Sylphide, même s'il n'avait pas spécialement cherché à le laisser dans l'ignorance.
« Tu savais pour Gordon avant de me téléphoner ? demanda néanmoins le jeune homme.
-Non, je n'étais pas au courant. Si j'avais eu le temps de me renseigner, jamais je n'aurais demandé ton aide, se récria-t-il. Je ne t'aurais pas fait ça…, ajouta-t-il avec une petite voix.
-Je sais, Syl'. Gordon n'est au courant de rien. Je ne lui en ai jamais parlé.
-Tu devrais peut-être.
-Et c'est toi qui me donne des conseils ? se moqua gentiment Queen. Si tu me disais un peu ce qui se passe ? Tu travailles pour qui exactement ? Inferno ou Gemini ? »
Sylphide fit la moue avec un sourire, avant de lâcher :
« Inferno, mais par procuration. Je ne la supporte pas.
-Alors pourquoi est-ce que tu fais ça ? s'étonna l'Allemand.
-Je t'ai déjà parlé de Valentine ? C'est pour lui que je le fais. Je ferais n'importe quoi pour lui. La preuve, je t'ai fait jouer un rôle immonde dans cette affaire alors que tu es mon seul véritable ami, siffla-t-il d'un ton dégoûté. Et maintenant, tu es impliqué jusqu'au cou là-dedans, à cause de moi !
-C'était aussi mon choix, rétorqua Queen.
-Peut-être. Mais je savais exactement quoi te donner en échange pour que tu le fasses. Je ne vois même pas pourquoi tu ne m'as pas encore cloué au mur. »
Le fleuriste esquissa un sourire et posa une main rassurante sur le bras de son camarade :
« Parce que malgré tout tu restes mon ami. On a tous les deux fait des choix. Grâce à toi, je suis en règle avec mon passé. Et ça compte pour moi.
-J'espère que tu ne regretteras pas, soupira Sylphide en secouant la tête.
-Il faudra que je rencontre ce Valentine, se moqua Queen. Il doit être exceptionnel pour avoir réussi à t'attacher à lui de cette façon.
-Oh oui, il l'est. Malheureusement, Pandore le sait aussi.
-Tu l'aimes vraiment…, réalisa l'Allemand en voyant le regard brillant de son ami.
-Tu n'imagines même pas à quel point, soupira le Belge. Des fois, je me dis que ça aurait été plus simple pour moi de ne pas l'avoir rencontré, et après je repense au jour où je l'ai vu pour la première fois… Désolé, je tourne au sentimental larmoyant, ajouta-t-il avec un rire.
-Bah, autant que notre entrevue serve à quelque chose. Les amis sont faits pour ça, je crois. »
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Kagaho poussa le portail de la propriété et s'avança sur le chemin de graviers, avant qu'un bruit de galopade le fasse se tourner sur le côté. Langue pendante et courant ventre à terre, Cerbère se jeta sur lui, aboyant à la cantonade et secouant joyeusement la queue. Le jeune homme caressa l'énorme chien noir avec un léger sourire, avant de relever les yeux vers Pharaon, qui le regardait de loin. Il se rapprocha et déclara :
« Ravi de te revoir.
-Tu m'en veux encore pour hier, commenta Kagaho.
-Mes omelettes sont les meilleures de Grèce, répondit-il avec un rire, plus détendu. Mais tu avais de bonnes raisons, alors ce n'est que partie remise.
-Avec plaisir, accepta le jeune homme. Comment se porte l'aigle ?
-Très bien, mais il a faim. Il t'attendait visiblement. »
Ils se dirigèrent vers les volières, Cerbère sur les talons. L'oiseau était installé sur une branche, le regard rivé sur eux. Il écarta les ailes et se laissa porter sur le sol, tandis que les deux Egyptiens entraient dans la gigantesque cage. Pharaon tendit le paquet de viande crue à son compagnon, mais le rapace s'en empara d'un coup de bec vif et s'empressa de l'avaler, sous le regard surpris des deux hommes.
« Apparemment, il n'a plus besoin qu'on lui donne la becquée, commenta Kagaho.
-On dirait bien… » marmonna Pharaon avec une voix étrange.
Intrigué, l'ancien assassin se retourna vers son camarade, qui se tenait juste derrière lui. Surpris par leur soudaine proximité, Kagaho voulut se reculer et trébucha contre une souche. Pharaon tenta de le retenir, lui agrippant le bras, mais il fut à son tour entraîné dans la chute, se retrouvant affalé sur son vis-à-vis.
« Désolé, souffla Kagaho. Tu veux bien… »
Il ne put terminer sa phrase, car Pharaon l'embrassa.
à suivre...
