Votre très humble serviteur s'agenouille avec déférence devant vous en cette nouvelle année 2014 et vous tends sur un plateau de platine ce nouveau chapitre, Bonne année ^^.
Les review ; Quand j'ai vu que j'avais plus d'une review de base je l'ai pas vraiment cru… je me suis dit mais non Salamendera c'est le matin tes p'tits nyeunyeux sont encore plein de sommeil. Et ben non, c'était vrai ! Quatre reviews de plus, wouhouuuuuuuuu.
Saphira15 ; merci beaucoup pour tes deux reviews ^^. Oui, Séline est le genre de fille à avoir un caractère en béton armé et elle sait (ou savait) ce qu'elle veut (ou voulait, mouhahahaha). Je suis très contente que la scène entre Séline et son père t'ait plus, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire. Je suis du genre à mettre des geysers de sang partout avec des bouts de cervelles volant aux quatre vents et là je me suis dit que ça ne collait pas avec ce que je voulais faire passer comme ambiance.
BPanter ; aaaah, je vois jeune padawan de FanfictionTWD que tu te poses les bonnes questions. Mais dans mon esprit le premier réflex quand ta famille subit un truc comme ça c'est pas d'appeler du secours, c'est de te mettre à l'abri, on leur dirait quoi d'ailleurs ? Remarque ça pourrait être marrant à imaginer ;
- Allo la police.
- Oui madame on vous écoute.
- Je viens de poignarder une bonne partie de ma famille qui se transformait en zombies, vous voulez bien envoyer une patrouille ?
- Mais bien sur madame, elle arrive dans cinq minutes.
Bon, j'ai honte… heum, avec un peu plus de sérieux, Séline avait une raison d'agir comme elle l'a fait et si vous voulez des réponses ce chapitre en est plein ^^, mais je ne suis pas certaine que vous allez les voir et les comprendre dès maintenant.
Mumty ; qu'est-ce que tu fais là sale gosse ? Retourne dans le salon près de papa et maman. Non mais… et oh, lâche cette tablette tout de suite, associable! Quoi ? Quoi, tu veux te battre peut être ? *tire de toute ses forces pour récupérer la tablette mais sa petite sœur gagne la partie*. Ouais, ok ça va tu peux rester avec nous. Mes frères et mes Sœurs je vous présente ma calamité personnelle, ma petite fin du monde rien qu'à moi depuis bientôt seize ans, la tueuse de rodeurs en rose, ma sœur. Que j'aime beaucoup malgré tout (non mymy, pitié, ne me frappe pas tu vas apprécier la suite) et qui est une source de joie quotidienne (j'expliquerais à toute personne m'envoyant un PM l'histoire du pot de fleurs de ma maman et de ma sœur attachant ses chevilles avec un foulard en disant "mais non je vais pas me casser la gueule". Aïe, aïe, aïe, ouais je sais je l'ai cherché… pardon je le ferais plus) ainsi que d'inspiration et de soutien (une ovation car c'est la première à avoir pu donner son avis avant que je ne fasse de cette histoire un bunker où plus personne ne peut entrer mis à part moi).
P.S. : Dobby, l'elfe de mais… pardon de Noël m'a fait parvenir un rapport ne comprenant que quelque lignes. "Santa Claus incontrôlable. Trois elfes infectés. Dame Noël est en sécurité."
J'avais dit qu'il fallait lui mettre une balle entre les deux yeux mais personne ne m'écoute jamais… J'imagine que l'on aura d'autres nouvelles de la part de Dobby d'ici peu de temps.
La chaussée était déserte quand ils s'engagèrent dessus. Nathan n'habitait qu'à deux rues de chez eux et ils arrivèrent vite devant sa maison. Un détail interpella Séline, la porte d'entrée était entrouverte. Neil était déjà prêt à ouvrir la grille du jardin quand sa sœur le retint en posant sa main sur son épaule.
- Je passe devant, couvre-moi.
Il hocha la tête alors que la jeune femme poussait la porte vers l'intérieur sans aucune résistance. Elle encocha une flèche avant de pénétrer chez son frère et sa belle-sœur. Aucun bruit ne se faisait entendre du hall, elle fit signe de faire le tour du rez-de-chaussée. Séline se trouvait au milieu du salon quand un bruit de frottement attira son attention vers la cuisine. Elle contourna le canapé avant de se figer, trois de ces choses se trouvaient devant elle, lui tournant heureusement le dos. La jeune femme se déplaça vers Neil en le poussant vers la sortie. Il fit non de la tête et montra les étages. Elle se pencha vers lui pour lui murmurer à l'oreille ;
- Tu vérifies que la rue est libre, on les appels et s'il n'y a pas de réponse on part.
Le jeune garçon lui montra qu'il était d'accord. Il sortit dans l'allée et lui fit signe que tout était ok. Séline prit une grande inspiration avant de crier à plein poumons.
- Nathan, Samantha !
Seul des grognements lui répondirent lui apprenant qu'ils étaient repérés, ces saloperies étaient donc sensible aux bruits. Neil lui prit la main avant qu'ils ne courent vers la moto. Séline enclencha le moteur en espérant que son frère et sa femme sortirait d'un instant à l'autre de la maison. Neil frissonna contre son dos quand deux de ces choses passèrent la porte. Elle n'avait plus le choix, il fallait partir.
Séline roula vers l'autoroute et continua pendant deux heures avant de se rendre compte qu'elle ne savait pas où elle allait. Elle devait réfléchir, le monde qu'ils connaissaient était sur le point de prendre une grosse claque quand le soleil se lèverait. Ils devaient s'éloigner des habitations et autres endroits où ces… "choses" se trouvaient. La jeune femme vit un panneau indiquant une aire de repos et décida de s'arrêter là un instant.
Séline coupa le moteur en observant son environnement, seul trois camion se trouvaient sur le parking à ciel ouvert. Aucun grognement ne se faisait entendre, le vent frissonnait dans l'air en faisant bruisser les arbres aux alentours. Neil descendit de la moto alors que sa sœur restait en selle en sentant le poids du véhicule vouloir la coucher au sol. Elle raffermit sa position pour éviter que cela n'arrive en se rendant compte qu'il ne fallait pas se voiler la face. Les directives que son père lui avait données n'étaient plus applicables, le fort Nathan était tombé comme le château familial…
- Je ne sais pas où nous devons aller.
Le jeune garçon la regarda droit dans les yeux avant de lui indiquer la forêt d'un bras tendu. Séline commençait à s'inquiéter, son frère n'avait rien dit depuis leur départ. Elle repoussa cette constatation pour laisser la place au problème immédiat. La forêt était une idée astucieuse, peu de ces créatures devaient s'y trouver, mais ils n'avaient rien pour s'abriter. L'idée de dormir à la belle étoile alors que ces horreurs pouvaient leur tomber dessus ne lui était pas supportable. Elle vit Neil frissonner dans la nuit pendant qu'il attendait sa décision.
- le vieux cabanon.
L'enfant hocha la tête, Séline sentit les larmes lui monter aux yeux alors qu'elle remettait le moteur en route. Le geste que venait d'avoir son frère lui avait rappelé son père, cette même façon sec de descendre son menton et de relever la tête. Elle le sentit prendre appuie sur son dos pour se hisser derrière elle et les Graham se mirent en chemin pour une route qu'il connaissait par cœur depuis leurs enfances.
Le vieux cabanon se tenait devant eux, solitaire au milieu d'une clairière. Neil déchargea les sacs pour les emmener à l'intérieur pendant que sa sœur ramassait du petit bois pour démarrer un feu. Alors qu'elle rentrait les bras chargé, Séline ne put faire que deux pas dans la pièce avant de sentir une boule de tristesse lui monter dans la gorge. Neil passa derrière elle pour refermer la porte et la poussa plus en avant à l'intérieur. Ce mouvement la rappela à la réalité et elle s'activa pour démarrer un feu dans la vieille cheminé du mur du fond. Refoulant au plus vite ses sentiments, elle devait être forte.
Le bois crépitait dans l'âtre et Séline rassemblait tout ce qui pouvait être utile. Sacs de couchages, cordes de rechange pour les arcs,… Son frère lui tendit une tente auto-dépliable avant de s'emparer d'un des sacs de couchage et de s'installer près du feu que le bois peu sec faisait craquer.
La jeune femme laissa son regard s'attarder sur lui. Elle s'inquiétait de plus en plus pour son frère. Neil n'avait prononcé aucun son depuis qu'ils étaient partis de chez eux. Son frère en avait trop vu cette nuit, tiré du lit par Thomas… elle se reprit en se disant que ce n'était pas Thomas. Il n'aurait jamais fait de mal à sa famille, c'était une de ces "choses" qui avait fait ça. Elle réentendit les paroles de son frère alors qu'ils se trouvaient au stand de tir ;
- Je sais pas Séli… je sais pas.
Ce souvenir la rendait furieuse, la théorie qu'elle avait avancé ne tenait pas la route. Aucun drogué n'aurait pu faire ce qu'elle avait vu. Elle avait eu tort, tort de croire que la blessure de Thomas n'était pas grave, tort de ne pas avoir fait plus attention à lui, tort de ne pas être allé le voir dans sa chambre pour prendre de ses nouvelles, même si elle savait qu'il l'aurait rembarré en lui disant qu'il n'avait pas besoin de nounou.
Elle se rendit compte que son corps tremblait et que sa respiration était saccadée. Le monde qui l'entourait devenait peu à peu l'enfer. Les morts se relevant pour tuer ceux qui étaient autrefois leur famille, leurs amis, leurs voisins. Son regard tomba à nouveau sur Neil dont le sommeil n'était pas des plus calmes. Son premier réflexe fut de vouloir le réveillé pour lui dire que tout allait bien, de le prendre dans ses bras et de le bercer doucement, elle ne bougea pourtant pas. Elle ne pouvait pas lui mentir, il savait ce qu'il en était. Neil avait été le premier à se faire attaquer et depuis l'enfant laissait le silence parlé pour lui. La jeune femme se dit qu'elle ne devait pas le réveiller, il devait dormir pour être en forme et arriver à surmonter ce qui leur tombait dessus.
Elle voulut se pencher vers leurs sacs mais à peine avait-elle tendue le bras qu'elle bloqua un cri dans sa gorge. Ses mains étaient couvertes de sang, elle retira son blouson en remarquant que son t-shirt collait à sa peau. Une vague de dégout la traversa, ce n'était pas son sang mais celui des siens. Elle s'approcha du seul miroir présent dans la pièce.
Son reflet lui renvoyait l'image d'une personne qu'elle ne reconnaissait pas, celui d'une femme qui avait due abattre ses proches, celui d'une Séline Graham désespérée. La fureur monta peu à peu en elle avec l'envie d'envoyer ce bout de glace au sol pour en éparpiller les morceaux mais cela aurait réveillé Neil. Elle se contenta de le décrocher et de le mettre dans le tiroir d'une vieille armoire avant de sortir du cabanon et de marcher vers le petit court d'eau qui traversait la clairière. L'obscurité ne la gêna pas, elle connaissait parfaitement les lieux et le clapotis de l'eau la guidait sans faille.
Séline retira le tissu poisseux qui lui collait à la poitrine, le jetant en boule à ses pieds en ayant envie de vomir. La jeune femme s'assit sur le bord de la petite rive pour défaire ses lacets et retirer ses chaussures. Le pantalon de pyjama qu'elle portait n'avait pas meilleur mine et elle décidât de lui faire rejoindre le t-shirt.
Elle se pencha, les mains en coupe pour s'asperger d'eau froide, il fallait que ce sang disparaisse. Elle ne supportait pas de le savoir sur elle, c'était un rappel de ce qu'elle avait fait. Malgré les frissons et la chaire de poules qui parsemait son corps Séline continua de frotter sa peau, la morsure de l'air se renforça quand elle essaya de laver ses cheveux tant bien que mal. Du sang coula dans ses yeux et un gout ferreux atteint sa bouche, s'en était de trop. Séline faillit tomber dans le petit ruisseau quand son repas fit le chemin inverse de celui qu'il aurait dû continuer à emprunter.
La jeune femme se retrouva à frissonner violement sous la morsure du vent, les visages des siens défilaient dans son esprit. Thomas, son frère, son meilleur ami, son confident et complice, mort de sa main. Ses parents, les personnes les plus aimantes au monde, morts par sa main. Elle était une meurtrière, une parricide doublé d'une fratricide… Son estomac tenta de recracher un peu de bile qui lui brula la gorge en lui laissant un goût affreux dans la bouche. Son sang battait avec violence dans ses tempes et la nuit semblait se refermer sur elle.
- Tu sais quoi faire Séli… la tête. Il faut que tu le fasses chérie…
Les paroles de son père tournaient en boucles sans qu'elle ne puisse leur opposer une quelconque résistance. Elle n'avait pas voulu faire ça, elle les aimait plus que tout au monde, la jeune femme aurait donné sa propre vie pour les faire revenir. Quelque chose en elle se brisa avec puissance, il lui semblait que son âme elle-même se déchirait. Séline se recroquevilla en ramenant ses genoux contre son torse, se balançant légèrement d'avant en arrière. Elle pouvait sentir que la folie la guettait, il lui serait si facile de s'y abandonner…
- Tu es forte Séline, je le sais… Mais tu dois l'être encore plus maintenant. Tu dois retrouver les nôtres, tu dois… protéger la famille.
Non ! Non, elle ne pouvait pas abandonner, elle était Séline Graham. Fille de Dominic Graham, Capitaine de la Compagnie des Faucons Noirs des Blackwater, Le chien de guerre, le putain de mercenaire le plus coriace qu'elle connaissait. Si elle voulait lui faire honneur la jeune femme se devait d'accomplir les ordres qu'il lui avait donnés avant de mourir. Elle sentit son estomac faire un dernier soubresaut alors qu'elle se repassait de l'eau sur le visage en comprenant qu'elle devait se ressaisir.
Un bruit la fit sursauter et instinctivement elle porta la main à sa ceinture mais elle ne rencontra que le fin tissu qui couvrait sa hanche. Pour la première fois les ombres qui parsemait les ténèbres de la clairière du vieux cabanon lui firent peur, ce n'était plus un havre sûr, ces horreurs pouvait leurs tomber dessus partout et à tout moment et voilà qu'elle se retrouvait dehors sans aucune arme. Elle grogna un juron en attrapant ses chaussures et un autre en se levant pour retourner à l'intérieur. Elle ne pouvait pas se permettre un tel manque de clairvoyance, être idiot sur un champ de bataille pouvait être synonyme de mort. Séline décida en ouvrant la porte qu'il était temps de faire les choses correctement.
Elle posa les sacs sur la table, ils ne pouvaient pas tout emporter comme ça. Elle entreprit de trier ce qu'y allait leur être utile et ce dont ils pouvaient se débarrasser sans regrets. Cette tache l'empêchant de devoir se focaliser sur la suite des opérations. Elle commença par son sac, rangeant les armes et les munitions à un coin de la table. Les médicaments, bandages et désinfectant suivirent en s'alignant devant elle. Vint alors les affaires qu'elles avaient fourrées au fond, quelques vêtements qu'elle tria rapidement avant de mettre un jeans et un t-shirt propre malgré sa peau mouillée et ses cheveux qui goutaient sur le sol, son portefeuille et son portable. Son portable, comment n'y avait-elle pas pensée plus tôt ? Elle se gifla mentalement avant de composer le numéro de Marcus en prenant appui sur la cheminée, réchauffant ses membres froids et essayant de faire s'évaporer l'humidité que contenaient ses habits. La tonalité lui appris qu'elle n'avait pas de réseau. La déception la submergea, elle aurait tout donné pour que son frère ainé réponde à ce coup de fil et lui dise qu'Atlanta était safe.
Elle observa Neil en se rendant compte qu'il ne restait plus qu'eux trois. La famille Graham ne comptait plus que trois membres, il fallait qu'ils soient réunis. Ensemble ils pourraient tout affronter, tout surpasser et puis les ordres de son père avaient été clairs. Rejoindre la famille et la protéger, ils avaient leur destination, Marcus.
Elle continua son rangement après un soupir. Les sacoches de la moto contenaient tout ce qui leur serait utile pour se défendre et aller chasser. Elle tourna un regard étonné vers son frère. Tout était là, fil pour les pièges, hameçons… leurs affaires de chasses comprenant leurs vêtements et les couteaux. Son frère réagissait peut être mieux qu'elle a ce qui arrivait finalement, il l'avait écouté et exécuté parfaitement ce qu'elle lui demandait, dès son arrivée au garage il avait filé vers l'armoire où ils rangeaient leurs arcs. C'était Neil qui lui avait donné la direction pour qu'ils aient un abri pour la nuit, lui qui avait pensé à une tente pour la suite du voyage.
Elle finit de disposer leurs armes en se rendant compte qu'elle haïssait ce qui arrivait, la fureur la prit aux tripes. Ces choses changeaient son frère, l'enfant avait ouvert les yeux sur ce qu'y l'entourait et il n'avait vu que des horreurs. Des visions que mêmes un adulte d'âge mûr aurait du mal à supporter par la suite. Lui le cadet, lui le plus doux de la famille avait compris qu'il fallait devenir fort pour continuer à vivre.
Une larme commença à rouler sur sa joue avant qu'elle ne l'efface rageusement du revers de sa main. Non, elle ne pleurerait pas, elle ne pleurerait plus. Elle se devait d'être forte pour les siens. Si Neil n'avait plus rien à dire elle devait l'accepter, elle pouvait le comprendre. Séline se jura de tout faire pour qu'il reste en vie, il fallait l'emmener en sécurité.
Elle se pencha pour ouvrir le sac de son frère, il avait pris une dizaine de conserves et deux bouteilles d'eau. Elle vit qu'il ne restait que ses affaires personnelles et la liasse d'enveloppes tombée du coffre-fort, sa main se tendait vers ses dernières et elle en compta six. Toutes avaient un prénom écrit sur l'avant, Séline fut tenté de prendre celle qui portait le sien mais elle préféra la remettre dans le sac de son frère avec les autres, ce qu'elle contenait pouvait attendre que la situation aille mieux. C'était à Neil de voir ce qu'il voulait emporter comme vêtements, elle referma la tirette avant de pousser le sac un peu plus loin.
Séline allait s'assoir près du feu quand son regard tomba sur la radio posée au-dessus de la cheminée. Une vieille petite radio portative. La jeune femme se releva pour la prendre avant de se mettre au niveau de l'âtre, elle poussa le bouton vers on en diminuant le son. Passant d'une station à l'autre elle comprit que le monde commençait à ouvrir les yeux sur ce qui arrivait. Un présentateur affolé leur signifiait qu'il fallait qu'il reste chez eux le temps que les autorités prennent les choses en main. Aucune station ne donnait d'élément concordant sur ce qui se passait, il ne devait surement pas le savoir.
Séline écouta la radio jusqu'à ce que le soleil se lève. La seule information importante qui avait filtré cette nuit était qu'il ne fallait pas se faire mordre ou griffer par ces choses. Neil ouvrit les yeux lorsque les rayons du soleil arrivèrent à sa tête.
- Bonjour.
Séline ne savait pas trop quoi dire d'autre alors que son frère lui faisait un salut de la main avant de pointer la table d'un doigt interrogateur.
- J'ai fait un tri dans nos affaires mais je n'ai pas touché aux tiennes.
Il se leva pour regarder dans son sac, n'en sortant que des vêtements dont il n'aurait pas besoin. Son regard tomba sur elle alors qu'il pouvait voir qu'elle n'avait pas pris son enveloppe. Neil sortit la liasse pour la lui tendre.
- Garde-les.
Au plus profond d'elle Séline voulait savoir ce que contenait la lettre qui lui était destinée mais elle avait peur que les mots de son père ne la blesse, le moment n'était pas le meilleur pour s'apitoyer sur le passé ou sur un avenir qui partait peu à peu en fumé. Elle vit Neil hausser les épaules en remettant les lettres dans son sac.
- Je pense que l'on doit aller à Atlanta, rejoindre Marcus au plus vite.
Il remit les conserves dans son sac en hochant la tête. Après l'avoir refermé il indiqua la radio éteinte.
- Rien que l'on ne savait déjà. Ils disent de rester chez soi et de se barricader. Une morsure ou une griffure et tu deviens comme eux.
Neil prit la radio et l'alluma, le premier présentateur semblait moins anxieux que ceux que Séline avait entendu durant la nuit. Elle ravivait les braises du feu avant d'y mettre une boite de ravioli au centre. Il recommandait aux personnes se trouvant dans des zones à risques de se diriger vers les camps de réfugiés. Atlanta se trouvait en tête de liste pour la Géorgie. Ils échangèrent un regard avant d'engouffrer les raviolis, de charger la moto et de retourner sur l'autoroute en direction de leur frère ainé.
La nuit était tombée depuis deux heures et Séline n'arrivait plus à faire zigzaguer la moto pour continuer d'avancer vers Atlanta. Elle fulminait intérieurement, le voyage n'aurait dû leur prendre que deux heures, trois au maximum sachant qu'il était partis du vieux cabanon. Mais l'affluence de personnes cherchant asile à Atlanta avait créé des bouchons record et la dernière portion d'autoroute ressemblait à un entonnoir trop plein.
La jeune femme coupa le contact et attendit que son frère descende pour l'imiter. Ses jambes la faisaient souffrir depuis que le soleil avait été à son zénith. Son organisme commençait à lui réclamer le sommeil réparateur d'une journée harassante. Mais elle prit sur elle en étirant ses jambes avec un grognement. Neil la regarda avant de sortir une barre chocolaté d'une des sacoches et de la couper en deux avant de lui tendre une moitié.
Séline le remercia avant de manger sa part en essayant de la savourer au maximum. Il avait fait arrêt dans une station-service sur l'autoroute, pour refaire le plein, où le propriétaire trouvait opportun de tripler les prix de tout ce qu'il proposait. Mais la jeune femme avait vu le regard de Neil s'attarder un instant dessus et elle lui avait dit d'en prendre le plus possible.
La corde de l'arc de Séline lui rentrait dans l'épaule, elle le retira et le tendit à son frère avant de masser la zone douloureuse. Elle remarqua que Neil la regardait, lorsqu'il sut qu'il avait capté son attention il pointa d'un doigt chocolaté la route qui se trouvait devant eux.
- Je ne pense pas que nous pourrons beaucoup avancer ce soir.
Neil pointa son torse avant d'agiter deux doigts vers le bas, mimant quelqu'un qui marche. La jeune femme entendit un bruit de dispute sans pouvoir voir d'où cela venait, elle tendit l'oreille, aucun grognement. Son corps se relâcha alors qu'elle ne l'avait pas sentie se contracter. Elle prit une inspiration avant de dire ;
- je vais aller voir en avant ce qu'il en est et essayer d'avoir d'autres renseignements. Toi, tu restes ici.
Neil ne semblait pas d'accord.
- Tu dois rester près de la moto.
Il comprit où elle voulait en venir. Une autre bagarre éclatait alors qu'elle allait reprendre son arc. Son geste s'interrompit un instant.
- Neil ?
L'enfant lui remettait son arc avant de lui tendre un carquois d'où il retira trois flèches. Son ton l'avait interpellé et mis sur la défensive.
- Tu te souviens quand Papa est revenu de Falloujah, de ce qu'il nous a raconté sur le comportement des gens ?
Il hocha la tête gravement.
- Je pense que cela pourrait arriver ici aussi.
Une lueur de peur passa dans le regard de son frère mais il prit juste son arc par-dessus son épaule en encochant discrètement une flèche. Séline vérifia que personne n'avait rien remarqué mais la moto et le camping-car qui se trouvait devant eux leur offrait un semblant de couverture.
- Fais-toi tout petit, reste dans l'ombre. Je fais au plus vite.
Elle se retourna et commença à marcher vers l'avant en essayant de capter ce que les gens se disaient. Beaucoup d'inquiétude et peu de certitude, personne ne semblait vraiment savoir ce qui arrivait. Séline augmenta l'allure quand le bruit d'une explosion éclata en direction d'Atlanta. Elle coupa par les bois alors que des hélicoptères passaient au-dessus de sa tête.
Séline s'arrêta d'un coup en regardant Atlanta bruler, des explosions éclatant aux quatre coins de la ville. Le ciel de nuit se parait des lumières des feux de l'enfer qui s'élevaient devant ses yeux. Séline se doutait de la nature de ce que les hélicos avaient transporté et un homme proche d'elle confirma ce qu'elle pensait.
- Ils larguent du napalm dans les rues.
Séline se retourna brusquement pour courir rejoindre son frère alors que l'homme prenait une femme dans ses bras. Elle sentit ses jambes protester contre ce traitement, ses muscles semblaient sur le point d'éclater mais elle ne ralentit pas l'allure pour autant, il fallait qu'elle rejoigne Neil avant que cela ne devienne le chaos total. Il fallait trouver une solution au problème qui se tenait devant eux. Atlanta et son camp de réfugiés étaient certainement tombés aux mains de ces monstres et si Marcus se trouvait dans cette ville en ce moment… il n'y avait plus avoir beaucoup d'espoirs pour lui.
