Salutations! Voila un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira car il a été long et difficile à écrire... Je vous souhaite un bon moment de lecture! ^^

Merci à Aline pour sa review^^, comme j'ai un peu de temps je vais te répondre à tes deux review passés (chapitre 8 et 9) Comme tu l'as dit effectivement Fleur est en troisième année d'étude par rapport à Adénor mais je n'ai jamais dit le contraire^^ c'est juste que je ne l'ai pas mentionné mais j'avais fait le calcul dans ma tête de mathématicienne du dimanche^^ (je l'ai même re-précisé dans ce chapitre, pour te faire plaisir lol) Ne me lâche surtout pas, continue d'écrire! ^^ Biz (oh et une dernière chose, j'ai publié une nouvelle fanfiction, je te conseil d'aller jeter un œil tu risque de sauter au plafond, essaye d'éviter de t'assommer ;))

MxJ, encore merci pour ta review du chapitre 8 (tu as réussi à me faire rougir ^^) et aussi je voulais t'annoncer que la suite d'une autre de mes fanfictions que tu connais vient d'être publié, va donc y faire aussi un petit tour^^


Le monde des sorciers sortant des romans Harry Potter ainsi que ses personnages appartiennent à J.K. Rowling.

Les personnages nouveaux (O.C.) que vous ne connaissez pas des livres m'appartiennent ainsi que leurs histoires. Toute ressemblance de près ou de loin avec un évènement ou une personne réel serait fortuit et non volontaire.


Adénor Harker à l'école des sorciers

Chapitre 10

Duel pour une rapière

Les rayons du soleil se diffusaient doucement au travers des vitres colorés de la bibliothèque, illuminant les couvertures de piles de livres déposés sur une table. Madame Pince s'avança vers la table et y donna un petit coup de baguette, levant les objets en l'air. Les nombreux livres flottaient au milieu de la bibliothèque, puis d'un coup se dispersèrent jusqu'à de nombreuses étagères parfois poussiéreuses. Un petit nuage de poussière vola alors qu'un livre venait de prendre sa place sur l'une des étagères. La poussière arriva jusqu'aux narines d'une élève qui se trouvait installé à une table juste à coté de cette même étagère. La fillette poussa un petit éternuement, s'arrêtant de commencer à écrire sur son parchemin vierge. La table ou elle était installé était recouverte d'ouvrages sur l'histoire de la magie mais tous étaient fermés. La fillette se moucha avec un mouchoir bleu puis le remis dans une poche de son uniforme avant de se mettre à écrire.

Le 10 décembre 1990,

Chère Fleur,

Je te remercie de toutes tes lettres, je t'avoue que notre correspondance me permet de ne pas avoir l'impression de trop m'isoler des autres, ce qui pourtant est le cas. Tu as raison de me dire que je ne devrais pas m'isoler comme ça, et que ça ne me rend que plus triste encore mais que veut-tu je suis comme ça. Dès que ça va mal, je préfère m'isoler plutôt que d'exposer ma faiblesse aux autres. Lily, Mary et les autres en ont fait les frais, sans le vouloir, je leur ai répondu plusieurs fois sèchement et de manière assez brutale. Lily s'est montrée très compréhensive, car comme toi, elle a comprit que c'était ma façon de m'isoler sans pour autant vouloir envoyer vraiment paitre les autres. Je suppose qu'elle a dû l'expliquer aux autres, car depuis une semaine, plus personne ne se risque à m'approcher si je ne l'ai pas invité.

Pour moi, je n'ai pas à les embêter avec ça. A toi je le dis parce que tu insiste mais sinon j'aurais gardé ça pour moi. Je me sens tellement désemparé depuis que j'ai reçu la lettre de mes parents. Chaque jours qui passe à l'école, ou j'apprends toujours de nouvelles choses me donne l'impression de m'éloigner de plus en plus de chez moi. C'est comme si je montais un escalier et qu'à chaque marches que je gravis, la précédente disparaît, m'empêchant de redescendre. Ceci créant un trou béant entre les marches d'escalier que je monte et le sol, qui est la base sur laquelle je suis venu.

Depuis déjà plus d'une semaine, je commence à me demander si je ne ferais pas mieux de partir, de rentrer chez moi tant que je le peux encore. Mes parents et mon petit frère me manque énormément, il n'est peut-être pas encore trop tard. Je doute… et personne ne peut vraiment comprendre que j'ai peur de tout perdre. Que faire Fleur ? Pour l'instant je vais rester ici encore un peu, malgré tout, je me sens bien dans cette école. Grâce à l'escrime, je garde encore une trace de ma vie de moldu et j'en ai besoin.

Durant le mois à venir, les professeurs vont nous faire passer des test dans chaque matière pour nous préparer aux examens de fin d'année. J'attends de voir mes résultats avant de prendre une décision et ensuite j'aviserais. Ce qui me fait le plus de peine, c'est de ne pas rentrer à la maison pour les fêtes de Noël.

J'espère que tous se passe mieux pour toi que pour moi à Beauxbâtons…

A bientôt ++,

Adénor

La fillette posa sa plume et souffla sur sa lettre pour que l'encre sèche plus vite. Elle plia ensuite la lettre et la mit dans une enveloppe avant d'écrire le nom de sa destinataire dessus. Adénor se leva et commença à ranger ses affaires dans son sac alors que le professeur McGonagall pénétra dans la bibliothèque, un livre dans les mains et s'approcha du bureau de madame Pince.

« Merci beaucoup Irma, je dois avouer que ce roman était très divertissant. » Déclara d'une voix basse le professeur à la bibliothécaire.

« Mais de rien Minerva. Si ça t'intéresse, j'attends une collection de romans pour mon usage personnel d'ici quelques jours. Je te les prêterais une fois que je les aurais terminés. » Chuchota madame Pince avec un petit sourire.

« Mais avec grand plaisir, merci beaucoup. » Le professeur McGonagall se retourna, s'apprêtant à partir lorsqu'elle aperçu Adénor quittant la bibliothèque avec son sac sur l'épaule.

« Miss Harker, puis-je vous interrompre un moment s'il vous plait ? » Lança le professeur après avoir suivit la fillette jusque dans le couloir pour pouvoir parler plus fort que dans la bibliothèque.

« Oui professeur McGonagall ? » Répondit la fillette en se retournant pour faire face à sa directrice de maison.

« J'aurais aimé m'entretenir quelques minutes avec vous car je sens un certain mal être émaner de vous, et je suis sûr que ce n'est pas uniquement durant mon cours. »

« En effet, je ne suis pas très bien en ce moment… » Fit la petite en baissant les yeux.

« Et puis-je savoir pour quelle raison ? J'avais pourtant crû comprendre qu'en tant qu'élève d'origine moldu, vous vous étiez plutôt bien épanouit parmi les autres. Vous n'êtes pas malade au moins ? »

« Non rassurez-vous, j'ai juste quelque petits problèmes d'ordre privé. » Lança la fillette ne voulant pas parler de ça avec l'une de ses professeurs.

« Miss Harker, je peux comprendre que vous ne désiriez pas me raconter ce que vous vivez mais… Je suis responsable de vous, comme tous les autres membres de la maison Gryffondor et je ne supporterais pas de laisser l'une de mes élèves se morfondre dans son coin parce que quelque chose ne vas pas. »

« Je comprends professeur mais mes 'préoccupations' diront nous, ne concernent pas directement l'école alors vous n'avez pas à vous en inquiéter. »

« Vous êtes sûr miss Harker ? » Demanda le professeur McGonagall avec un air concerné sur le visage.

« Oui professeur. Maintenant veuillez m'excuser mais je dois y aller. »

« Je vous en pris, faites, mais si jamais vous vous sentez le besoin de vous exprimez, n'hésiter surtout pas à venir me voir. »

« Merci professeur. » Répondit Adénor avant de partir en direction de la tour de Gryffondor sous le regard de sa directrice de maison qui semblait gêné de la laisser partir ainsi.

La fillette avança dans les couloirs pour rejoindre son dortoir lorsque soudain s'ouvrit une porte, subtilement caché dans un mur, s'ouvrir. Il en sortit le professeur Rogue avec une fiole dans la main. Adénor préféra faire comme si elle ne l'avait pas vu et poursuivit son chemin. Depuis la punition qu'elle avait subit injustement à Halloween, la fillette préférait éviter autant que possible son professeur et se cantonnais à bien faire son travail afin qu'il ne l'humilie pas en cours.

« Une petite seconde miss Harker. » Lança le professeur de potion d'une voix grave.

La petite s'arrêta, et sachant qu'elle ne pourrait pas y couper, se retourna et s'avança vers lui.

« Oui professeur Rogue ? »

« Dîtes-moi, j'ai cru remarquer que vous sembliez dans ce que certains de vos amis appellent 'une phase de déprime'. » Adénor roula les yeux se doutant que ce devait être Lily qui avait dit ça. Elle se dit également que Rogue avait vraiment des oreilles et probablement aussi des yeux partout. « Je ne tiens pas à me mêler de vos petites affaires qui ne me regardent et ne m'intéresse pas, cependant j'ai noté une légère baisse de réussite dans la fabrication de vos potions. Rien d'alarmant pour le moment mais si cela continue, vous devriez vous inquiétez pour votre note. »

« Pardon ? »

« Écouter-moi bien Harker car je ne me répèterais pas. » Lança d'une manière froide le maitre des potions en s'avançant près de la fillette en la fixant de ses yeux noir. « De toute la classe de première année, vous être sûrement l'un des meilleurs éléments, pour ce qui est des potions en tout cas. Déjà que je n'ai pas beaucoup d'élèves à qui je risque de mettre la moyenne, cela me déplairais fortement et encore plus au directeur qu'il y est une note de plus dans le négatif dans ma matière. On me reproche ma sévérité mais les potions sont un art c'est pourquoi je ne peux lever mes notes pour améliorer la moyenne des élèves. Vous me suivez Harker ? »

« Parfaitement monsieur. » Soupira la fillette qui pensait qu'il risquait de se moquer d'elle à cause de ce qui s'était passé il y a un petit peu plus d'un mois. Finalement, il ne s'inquiétait que d'une chose, sa matière.

« Dans ce cas, j'attends de vous un excellent résultat lors du test. Vous pouvez disposer. » La fillette se retourna et se dépêcha de s'éloigner sans demander son reste. « Oh et une dernière chose Harker… Vous avez vraiment intérêt à réussir, sinon il se pourrait que vous retrouviez malencontreusement de l'herbe aux chats dans votre chaudron. » La fillette roula une nouvelle fois des yeux, se doutant qu'elle risquait d'en entendre parler pour encore un moment.

Adénor gravit quatre à quatre les marches des escaliers montant jusqu'à son dortoir, et put entrer directement sans avoir à prononcer le mot de passe puisqu'un autre élève l'avait devancé de quelques secondes. Elle arriva à la salle commune ou se trouvaient de nombreux élèves à discuter. Étant donné que les cours étaient terminé depuis une heure, tout le monde avait rejoint ses quartiers avant le diner ou alors étaient en train d'étudier. Lily était assise à discuter dans un coin avec d'autres filles de première année alors que sur le grand canapé devant la cheminée se trouvait Charlie qui discutait stratégie avec les membres de l'équipe de Quidditch. Lorsque Lily vit Adénor, elle se dirigea vers elle avant qu'elle n'eut le temps d'arriver à l'escalier.

« Adénor… Est-ce que tu dînes avec moi et les filles ce soir ? »

« J'ai toujours diné avec vous alors pourquoi cette question ? » S'étonna la fillette.

« Oui c'est sûr que tu es toujours présente à table, mais tu ne parle pas. Et si jamais quelqu'un te dérange, ce qu'on ne peut pas deviner, tu vas répondre de manière froide. Alors c'est pour ça que je te demande si tu compte diner avec nous et non pas faire seulement acte de présence. » Adénor soupira, sentant que certaines discussions dont celle de Charlie s'étaient arrêtés.

« Je n'en sais rien… Écoute Lily ce n'est pas contre toi, ni les autres, mais là je ne tiens pas à discuter. »

« Pourquoi ? Si quelque chose ne vas pas tu peux me le dire. »

« Oui mais ça ne te regarde pas, et je ne peux pas non plus faire comme si de rien n'étais. Jouer la comédie pour cacher ce que je ressens est au dessus de mes forces et je suis désolé que toi et les autres ayez à subir mon humeur. Crois-moi c'est sincère… »

« Je te crois Adénor. » Répondit Lily en posant une main sur une épaule de la fillette. « S'il y a bien un truc que j'ai compris chez toi, c'est que tu es incapable de masquer entièrement tes sentiments et les cacher aux autres en te créant un masque, c'est pourquoi tu préfère te taire. » Adénor acquiesça et sans plus de conversation elle préféra monter jusqu'à son dortoir.

Lily se retourna pour voir Charlie silencieux, debout devant le feu, son sourire ayant disparu de son visage alors que les jumeaux et Olivier, assieds sur le canapé, avaient eux aussi les visages rivés vers elle, l'air tout aussi perdu.

« Elle est vraiment pas croyable cette fille. » Marmonna Fred sur un ton ironique, essayant de détendre l'atmosphère alors que son jumeau ne dit rien.

« Tait-toi Fred. » Lui lança Charlie. « Il y a quelque chose qui ne vas pas chez Adénor, c'est un fait qui se voit très bien sur son visage et dans son comportement. Mais si elle ne veut rien nous dire, on ne peut pas la forcer. »

« Oui mais si on la laisse comme ça, ce sera de pire en pire. » Renchérit Olivier.

« Il faudrait que quelqu'un lui parle, mais on dirait qu'avec moi elle ne dira rien… » Exposa Lily tristement, regardant d'où elle se trouvait de manière pensive le feu de la cheminée.

Montée dans la chambre des filles de première année, Adénor venait de terminer de se changer. Elle avait revêtu ses vêtements de sport qu'elle mettait habituellement lors de ses entrainements et mit par-dessus sa cape noir et son échappe aux couleurs de sa maison pour masquer sa tenue d'en dessous. Seules ses basquettes étaient visibles, et si Adénor faisait attention en marchant elle pouvait aussi les cacher avec sa cape comme elle l'avait déjà fait. Elle essaya de bien se couvrir car malgré le froid qui régnait dehors, Adénor voulait aller s'entrainer pour ne plus penser et essayer pendant une heure d'oublier ses soucis. Elle sortit sa rapière qu'elle gardait bien caché dans sa valise et la glissa également sous sa cape en maintenant son bras droit bien le long de son corps, tenant par en dessous l'objet bien droit. Avant de redescendre, Adénor prit son souffle, sachant qu'elle allait devoir une nouvelle fois subir les regards des autres posés sur elle.

Elle sortit et descendit calmement les escaliers pour éviter que quiconque ne voit rien de sa tenue de sport. Sans regarder vers les autres, elle se dirigea directement vers la sortie de la salle commune et dévala quatre à quatre les escaliers dont un la coupa dans son élan en bougeant vers un autre coté. La fillette sortit dans la cour pavée, se dirigeant vers le pont couvert. La fraicheur de l'extérieur était telle que personne n'avait risqué à mettre son nez dehors. Tout en regardant le ciel, Adénor se doutait que d'ici peu, un manteau de neige viendrait recouvrir l'école. Prise dans le fil de ses pensés, la petite ne remarqua pas Danaé Flint qui marchait non loin d'elle, retournant vers l'entrée, semblant être d'une humeur massacrante.

« Saleté de Hope ! Si jamais cette fille m'humilie encore en me traitant de fillette à son grand frère, je jure que… » Ruminait-elle avant de remarquer Adénor qui se dirigeait dans la direction opposée.

La première réaction de Danaé fut de se demander qui pouvait être assez idiot pour aller faire un tour dans le parc par ce froid. Mais ce qui l'interpela vraiment était la forme droite qu'elle semblait cacher sous sa cape. Danaé se souvint alors que cette fille était celle qui était en partie responsable de ce qui était arrivé à son frère un mois plus tôt. La petite blonde décida de suivre la fillette tout en espérant dénicher quelque chose de croustillant au sujet de la petite Gryffondor moldu afin de lui pourrir sa réputation qui, d'après ce qu'elle avait entendu dans les derniers potins, était assez en dents de scie.

Adénor ne se rendit pas compte qu'elle était suivit puisqu'elle était perdu dans ses pensées. Elle alla jusqu'au saule cogneur et passa par un petit chemin qu'elle avait trouvé, la menant en contrebas de l'arbre, évitant ainsi ses éventuelles attaques. Derrière elle, Danaé n'osa pas s'avancer lorsqu'elle fut à environ trois cent mètres de l'arbre en question, de peur de se faire agresser par ses énormes branches. Cependant, elle eu le temps de voir Adénor sortir un objet long de sous sa cape avant qu'elle n'échappe à sa vue. Pour elle cela ne faisait pas de doute, la petite moldu cachait quelque chose, et ça allait être le moment pour Danaé de lui faire payer pour ce qui était arrivé à son frère à qui il restait encore quelques marques sur le visage qui mettront encore du temps avant de disparaître.

...

Une heure s'était écoulée et Adénor avait presque réussit à oublier ses préoccupations. La fillette rangea sa lame dans son fourreau et malgré le vent qui soufflait, elle ne ressentait pas le froid à cause de la chaleur qu'elle dégageait. Adénor referma bien sa cape et remit son épée en dessous afin que personne ne voit ce qu'elle cachait. Elle retourna au château et lorsqu'elle arriva dans la cour pavée, de nombreux Serpentard se trouvaient aux différents coins de la cour, l'observant de manière amusé. Essayant de ne pas y prêter attention, la fillette s'avança vers les grandes portes d'entrée ou l'attendait le professeur Rogue, les bras croisés, le visage impassible. La fillette déglutit lentement, se doutant que s'il était là, ce n'était certainement pas pour prendre le frais.

« Bonsoir miss Harker, puis-je savoir d'où vous venez ? » Demanda Rogue de sa voix la plus grave.

« J'étais allé me promener dans le parc professeur. » Mentis la fillette sentant les regards des Serpentard posés sur elle.

« Par ce temps ? C'est assez téméraire… » Il regarda la tenue de la fillette en silence et remarqua plus particulièrement son bras droit qui semblait assez rigide. « Veuillez ouvrir votre cape. »

« Pardon ? Mais professeur… il fait très froid. » Contesta la petite en essayant d'éviter ce qu'elle redoutait.

« Le froid ne vous dérange pas plus que ça puisque vous allez vous balader dans le parc. » La fillette n'avait rien à répondre à cela. Elle se contenta de baisser la tête sans obéir. « Miss Harker, veuillez ouvrir votre cape, c'est un ordre. » La fillette ne le regarda pas et ne bougea plus. « Plus vous attendrez, plus votre punition risque d'être sévère si bien sûr vous avez quelque chose à vous reprocher, car dans le cas contraire vous n'avez donc rien à craindre. » Adénor sachant qu'elle ne pourrait y échapper ouvrit lentement sa cape avec dédain de sa main gauche, gardant son autre main bien droite, tenant son épée fermement en essayant de la cacher par les plis de la cape. « Voila de bien étranges vêtements… c'est une tenue moldu je présume ? »

« Oui professeur. » Répondit tête basse la fillette ne souhaitant pas rencontrer le regard perçant du professeur Rogue.

« Et puis-je savoir a quoi peut bien servir ce genre de tenue, le tissu ne me semble pas suffisamment épais pour vous réchauffer autant qu'un simple pull. »

« C'est… une tenue de sport. »

« De sport ? Et quel sport pouviez-vous bien pratiquer dans le parc par ce temps ? » Il remarqua alors qu'elle essayait de lui cacher quelque chose dans sa main droite. « Montrer moi ce que vous tenez dans votre main droite. » Adénor déglutit puis avança très lentement, le bras légèrement tremblant, son épée. Rogue observa l'objet quelques secondes avant de le prendre d'une main par le milieu du fourreau.

« Professeur Rogue, puis-je savoir pourquoi vous m'avez demandé de venir ici alors que vous saviez que j'avais des copies à corriger ? » Lança le professeur McGonagall sortant du château en poussant légèrement l'un des battants de la grande porte, suivit par le professeur Flitwick et un autre professeur, une femme portant de grosses lunettes qu'Adénor ne connaissait pas.

Rogue mit quelques secondes avant de répondre, préoccupé par la chaleur émanent de l'épée qui correspondait à celle qu'il sentait étrangement émaner de la fillette.

« Je viens de surprendre miss Harker revenant du parc habillé de vêtement moldu et en possession de ceci. » Expliqua le maitre des potions en montrant l'épée au professeur de métamorphose. Cette dernière resta bouche-bée, ne s'étant jamais retrouvé face à un tel cas alors que Rogue commença à retirer en partit la lame de son fourreau. « C'est de l'acier visiblement, du vrai, donc miss Harker ne s'amusait pas avec un simple jouet. » Il tourna son visage vers la fillette qui continuait de fixer avec insistance le sol. « Puis-je savoir ce que vous faisiez près du saule cogneur avec ceci en votre possession ? » La petite ne répondit pas, mais était intrigué par un détail qu'il venait de dire.

« Miss Harker, c'est objet vous appartient-il ? » Demanda le professeur McGonagall.

« Oui professeur, cette rapière est à moi. »

« Vous êtes pourtant au courant comme les autres que les objets moldus sont interdits ici, hormis les vêtements. De plus cet objet est une arme, qu'elle soit moldu ou non ne change rien puisque les armes sont également interdites dans l'enceinte de l'école, vous le savez il me semble. »

« Oui professeur. »

« Dans ce cas je n'ai d'autre choix que de confisquer ceci. » Annonça McGonagall en récupérant à deux mains l'épée que lui tendit le professeur Rogue. « Ensuite vous allez être sévèrement punis pour avoir désobéis de manière si désinvolte au règlement… J'avoue que je ne sais qu'elle peine vous infliger car ce que vous avez fait est assez grave, vous comprenez ? »

« Que se passe-t-il ici ? » Lança alors la voix âgée du directeur approchant des professeurs face à la fillette. Il observa la petite qui continuait de fixer le sol tristement, sentant de la chaleur émaner de son corps, puis se tourna vers les professeurs. « De quoi est accusée cette petite ? »

« Il s'agit de miss Adénor Harker professeur Dumbledore, elle fait partie de ma maison. » Annonça le professeur McGonagall. « Le professeur Rogue l'a trouvé revenant du parc, vêtu de cette tenue moldu et se baladant avec ceci. » Elle lui présenta la rapière que le directeur prit à deux mains. Ce dernier sentit émaner de la lame un reste de chaleur ressemblant à celui que dégageait la petite.

« Il faut la punir professeur. » Déclara Rogue. « Cette fillette n'a pas respecté le règlement et a apporté une arme dans nos murs. Sa punition doit être sévère pour ne pas dire radicale. Pour commencer je serais d'avis de détruire cette épée. »

A ces mots, Adénor releva la tête, tournant son regard paniqué vers le directeur puis sur son épée qu'il tenait entre ses longs doigts fins.

« Ooooh, vous ma chérie ! » Commença un professeur qui était resté derrière Minerva McGonagall. « Je sens émaner de vous quelque chose… quelque chose de grand ! » Annonça-t-elle en levant ses bras en l'air. Tous les professeurs la regardèrent étrangement, pensant qu'elle se mettait à divaguer alors que les élèves autour, dont le nombre avait augmenté et n'était plus seulement réduit aux élèves de la maison Serpentard, ricanaient dans leurs coins. Adénor la regarda bizarrement, pensant qu'elle devait sûrement se moquer d'elle. « Votre aura est… sublime ! Je n'ai jamais vu ça. C'est tellement… grand ! »

« Merci Sibylle de votre sympathique intervention. » Lança Dumbledore en la prenant par la main, la faisant reculer pour qu'elle arrête de parler. Voyant le regard suppliant de la fillette, le directeur compris que l'épée avait certainement une grande valeur à ses yeux. « Dites-moi miss Harker, cette épée, à quoi peut-elle bien vous servir ? »

« A m'entrainer avec monsieur. » Répondit sans ambages la fillette en le regardant dans les yeux.

« Si je comprends bien, vous êtes donc capable de vous battre avec ceci. »

« Hum… et bien plus ou moins. Auparavant je m'entrainais avec… »

« Dans ce cas je pense qu'il serait juste de vous laisser une chance de garder votre bien. »

« Pardon ? » Lança Rogue interloqué.

« Miss Harker n'est qu'une fillette de onze ans Severus. » Commença le directeur. « Elle n'est qu'en première année et n'a pas l'expérience nécessaire pour nuire à qui que ce soit, ce qui n'était certainement pas son but. Certes elle a désobéis au règlement, c'est pourquoi Minerva, pour pourrez la punir de quelques heures de colle avec vous ou bien de lui infliger une retraite de points. » Il se tourna vers la fillette. « Si comme vous nous le dites, vous avez amenez cette lame pour vous entrainer, alors montrer nous de quoi vous êtes capables. » La fillette récupéra à deux mains son épée que lui tendit le directeur, de manière très étonné.

« Qu'est-ce que vous attendez de moi ? »

« Juste une bonne démonstration. » Dumbledore claqua des doigts et apparut au milieu de la cour un fantôme passant au travers du sol, dégainant son épée. La fillette se retourna pour l'observer en train de lui sourire. « Voici le baron sanglant miss Harker, une très fine lame, si vous le battez alors je vous laisserais garder votre épée. Si vous échouer je la confisquerais… ou peut-être que je laisserais le professeur Rogue s'en charger. »

L'esprit d'Adénor ne fit qu'un tour à cette annonce et elle commença à ôter sa cape et son écharpe laissant voir qu'elle portait un haut de survêtement blanc et un pantalon de sport noir.

« C'est d'accord, j'accepte le défi. » Répondit Adénor avec rage.

Quelque chose venait de s'animer en elle, il était hors de question pour elle de perdre la dernière chose qui la reliait à tout ce qu'elle aimait. La petite fit quelques pas vers la cour, ou encore de nombreux élèves venaient s'agglutiner pour voir ce qui se passait. Ils étaient dans les allés couvertes laissant la partie à ciel ouvert disponible pour le duel qui s'annonçait. Adénor vit alors Lily, la fixant avec inquiétude à coté d'autres filles de la maison Gryffondor.

« Adénor… » Murmura la petite rousse très inquiète. La née-moldu s'approcha de son amie et lui tendit sa cape et son écharpe.

« Tu peux me garder ça un moment s'il te plait ? » Demanda-t-elle alors que Lily s'exécuta et prit les vêtements dans ses mains tandis qu'Adénor réajusta l'une de ses baskets blanches avant de se relever. Elle prit son épée et commença à tirer vers le haut la lame, que très légèrement, observant son reflet dans l'acier.

« Tu ne vas quand même pas faire ça ? Affronter le baron sanglant c'est du suicide ! » Lança Charlie sans aucun sourire en poussant des élèves de Gryffondor qui ne se trouvaient pas loin de la petite, afin qu'il puisse la voir. « C'est un fantôme Adénor, il ne sentira rien de ce que tu pourras lui faire et contrairement à toi, lui ne se fatiguera pas. Pour lui ton épée, aussi jolie soit-elle, n'a qu'une allure de cure-dent. »

« C'est vrai que je n'y avais pas pensé. » Répondit Adénor tout en continuant de fixer sa lame. Elle le regarda alors. « Mais il est hors de question que je perde cette épée. » Les yeux de la fillette semblaient comme s'embraser pour Charlie.

« Adénor, si tu fais ça… tu risque gros, en plus le baron sanglant est le fantôme de la maison Serpentard. Il risque de prendre un malin plaisir à vouloir t'humilier. »

« Je suis prête à prendre ce risque Charlie. » La petite sortit alors son épée du fourreau et le tendit à Lily. Tenant sa lame fermement, Adénor inspira avant de se retourner pour se diriger vers le centre de la cour.

« Elle est vraiment dingue ! » Lança Charlie de manière inquiète alors que les jumeaux qui étaient derrière lui ne faisaient que regarder la fillette agir.

De l'autre coté de la cour se trouvaient de nombreux élèves de Serpentard dont Marcus Flint ayant à coté de lui sa petite sœur, souriant d'un air mauvais, n'ayant pas remarqué Olivier Dubois qui se trouvait non loin d'eux.

« Elle va se faire massacrer par le baron, tu seras alors vengé frérot. C'est encore mieux que ce que je pensais, elle va avoir droit à une humiliation digne de ce nom devant tout le monde. » Lança Danaé tout en regardant la cour.

« Je dois admettre que c'est bien joué ma sœur, mais ce n'est pas surtout à cette gamine que j'en veux… mais aux frères Weasley. Si jamais un jour tu trouve quelque chose de compromettant sur eux n'hésite surtout pas à me le faire savoir. »

« Tu peux compter sur moi. »

« En attendant de me venger d'eux, voila déjà un avant gout fort plaisant de la raclée qu'on mettra au Gryffondor sur le terrain de Quidditch. »

Adénor s'avança face au baron sanglant et plaça son épée devant son nez tout comme son adversaire puis ils les écartèrent en même temps avant de se pencher pour se saluer.

« Ravie de constater que vous connaissez les signes de bonnes conduites avant un début de combat. » Lança le fantôme. La fillette ne répondit pas, essayant de se concentrer, tendant son épée d'une main vers l'avant, ce que fit également le baron.

« Le duel peut commencer. » Lança le professeur Dumbledore en retrait avec les autres professeurs.

Le fantôme s'avança le premier et attaqua, Adénor repoussa sa lame qu'elle pouvait, étrangement, toucher parfaitement, pourtant le reste du corps était transparent. Ainsi la fillette n'hésita pas à passer sa lame dans le corps du fantôme qui ne sentait rien, puisque la rapière ne faisait que le traverser. Durant plusieurs minutes, la fillette et le fantôme échangèrent de nombreux coup, mais Adénor sentait qu'elle arrivait au bout de ses limites. Elle avait accumulé la fatigue de son entrainement d'une heure, et le poids de sa rapière étant beaucoup plus lourds que celui du fleuret qu'elle avait pour habitude d'utiliser lui rappelais également son manque de force dans les bras. C'est ainsi que par un coup puissant, le baron sanglant poussa la petite en arrière et trébucha contre un pavé, la faisant tomber sur le dos, lâchant son épée à coté d'elle. Elle poussa un son de douleur lorsque son dos percuta le sol.

« C'est déjà finit ? » Lança le fantôme tandis que de nombreux Serpentard riaient. « Moi qui pensais que les Gryffondor étaient plus combatifs que ça. Je me demande si je ne pourrais pas récupérer votre rapière et la garder comme trophée. » Adénor roula douloureusement au sol sur le coté et reprit son épée et la planta dans le sol pour s'aider à se relever.

« Ce n'est pas encore finit. » Déclara-t-elle sous les yeux de l'assemblée alors que certains professeurs, dont le professeur McGonagall, commençaient à s'agiter.

La petite s'élança de nouveau pour le plus grand plaisir du baron et échangèrent encore plusieurs coups. Sentant que le duel commençait à le lasser, le baron décida d'en finir et usa d'une de ses bottes secrètes pour repousser la fillette comme la première fois, mais cette fois tête la première. Allongé au sol, Adénor releva le visage, sentant son dos la faire atrocement souffrir à cause de sa première mise à terre mais maintenant elle devait supporter en plus les écorchures qu'elle sentait au niveau de ses genoux et le gout du sang à la bouche à cause d'une écorchure à la lèvre.

« Il faut arrêter Albus ! Dès le départ je me doutais que ça se terminerais mal, mais je pensais que vous aviez l'intention d'agir, pas de laisser faire sinon je me serais interposé. » Lança le professeur de métamorphose au directeur.

« Je ne crois pas qu'il serait utile d'arrêter, après tout miss Harker à l'air de vouloir continuer. » Répondit Dumbledore sur un petit ton joice.

Malgré la douleur et le sang qui s'échappait de sa lèvre inférieure, Adénor s'était une fois de plus relevé, très lentement.

« Jeune fille, je crois qu'il serait temps de mettre fin au combat, non pas qu'il ne fut pas divertissant mais je ne tiens pas à être responsable des séquelles qui pourraient résulter de ce combat sur votre corps. Vous m'avez déjà l'air assez mal en point comme ça. »

« Je n'abandonnerais pas. Cette épée est un objet qui a une grande importance à mes yeux alors il est hors de question que je perde. » Murmura la fillette en resserrant sa main à son épée avant de s'élancer de nouveau.

Cette fois-ci, les coups furent moins nombreux et une nouvelle fois le baron sanglant envoya valdinguer la fillette contre un mur à coté de la grande entrée ou se trouvaient les professeurs. La douleur devenait de plus en plus insupportable et Adénor savait qu'elle risquait d'avoir des bleus mais elle ne se sentait pas prête à baisser les bras, pour elle c'était impossible. Dans un nouvel élan, elle se releva de nouveau et s'avançant vers la cour, elle fut retenue par une longue main qui vint se poser sur son épaule.

« Je pense que vous nous en avez assez montré miss Harker. » Déclara Dumbledore derrière elle. Sa main était chaude et apaisante, ce qui fit oublier quelques secondes à Adénor l'humiliation qu'elle venait de subir. « Merci monsieur le baron, nous n'avons plus besoin de vos services. »

« Je vous en pris monsieur le directeur. » Répondit le baron en faisant une petite révérence. « Tout le plaisir fut pour moi d'autant que je dois bien admettre que cette petite a un certain talent à l'épée. » Il commença à disparaître dans le sol en souriant. « Bonne fin de journée. »

Sentant qu'elle n'avait plus le choix, Adénor tendit difficilement, en essayant d'éviter de trembler, son épée au directeur.

« Prenez là. J'ai perdu alors tenez. J'accepterais ma punition sans protester. »

« Je pense que pour ce qui est de votre punition, vous avez déjà assez payé comme ça miss Harker. » Lança le professeur McGonagall. « Je ne vais vous retirer que 40 points étant donné que ce duel vous a déjà suffisamment éprouvé. »

« Merci. » Marmonna la petite en baissant la tête sous les yeux du professeur Rogue visiblement qu'à moitié satisfait.

« Pour ce qui est de votre épée miss Harker, vous pouvez la garder. » Déclara le professeur Dumbledore en retirant sa main.

« Hein ? Mais j'ai perdu. »

« Oui mais en même temps qui pourrait espérer gagner un duel à la loyale contre un fantôme qui par définition ne peut être touché. Cependant, vous êtes tombé trois fois et à chaque fois vous vous êtes relevé, pour moi c'est plus que suffisant pour constater votre attachement à cette arme mais aussi votre force de caractère. »

« Merci beaucoup. » Lança la fillette ayant les larmes aux yeux. Le directeur plaça ses mains sur les épaules de la petite avec un sourire.

« Allons, allons miss Harker, il ne faut pas vous mettre dans cet état là pour ça. »

« Albus, je pense qu'il faudrait que miss Harker aille à l'infirmerie. Vu l'état de son visage et sans aller vérifier son dos, je suis sûr qu'elle a besoin de soins. » Déclara le professeur de métamorphose.

« Ne vous inquiétez pas Minerva, je m'occupe de cette petite. Pendant ce temps j'aimerais que vous et les autres professeurs présent dispersiez la troupe d'élèves qui nous observent et les rameniez à leurs dortoirs jusqu'au dîner. »

« Entendu Albus. » Elle se tourna vers les élèves et s'avança au centre de la cour pavée. « Que tout le monde retourne à son dortoir ou à son travail, il n'y a plus rien à voir ici. »

Des bruits de mécontentement échappèrent de la foule mais lentement tous se dispersèrent tandis que le professeur Dumbledore pris Adénor par une épaule pour la conduire jusque devant la gargouille qui gardait l'entrée de son bureau. Il sentit une nouvelle fois de la chaleur, qui semblait plus forte cette fois qu'avant le duel.

« Bulles baveuses. » Lança le directeur à la gargouille qui se mit à tourner sur elle-même dévoilant un escalier à colimaçon. « Venez miss Harker. » Il l'entraina par l'épaule en la plaçant devant l'escalier pour qu'elle monte la première et se retrouve en haut face à une porte close.

Le professeur Dumbledore passa devant elle et ouvrit la porte lui faisant signe d'entrer. Elle se retrouva dans un bureau assez atypique, il y avait de nombreux tableaux ainsi que des étagères couvertes de livres. Elle pouvait voir aussi un nombre incalculable d'objets dont les fonctions lui étaient inconnues.

« Waw… »

« Venez donc vous asseoir au lieu d'avoir le nez en l'air. » Lui demanda le directeur alors qu'il s'asseyait derrière son bureau. La fillette s'exécuta et s'assied sur le siège face au bureau après avoir posé à coté d'elle son épée sans fourreau. Sentant le regard scrutateur du professeur Dumbledore posé sur elle, Adénor préféra regarder ses pieds avec insistance. « Pour commencer… » La fillette sentait venir les reproches et commença à transpirer s'attendant au pire. « Puis-je t'appeler Adénor ? »

« Hein ? » Fit la petite en relevant la tête, croisant le regard du directeur qui la scrutait. Elle devait bien avouer qu'elle s'attendait à tout sauf à ça. « Heu… si vous voulez, ça ne me dérange pas. »

« Parfait, et ne dévie pas ton regard comme ça Adénor, je ne vais pas te manger. »

« C'est juste qu'après ce qui vient de ce passer, je pensais que… »

« Que j'allais te reprocher quelque chose et te punir d'avantage ? Allons, ce qui vient de se passer suffit largement. Si je t'ai fait venir ici, c'est d'avantage pour comprendre pourquoi tu es dans cet état ? » La fillette le regarda bizarrement, son état physique était suffisamment visible et la douleur qu'elle ressentait suffisait à comprendre qu'elle s'était pris une raclée. « Je ne parle pas de ton état physique, mais de ton état mental Adénor. Je suis le directeur ici, et je sais tous ce qui se passe dans ce château y compris que depuis un petit peu plus d'un mois tu t'isole des autres et tu te renferme dans la solitude. Pourquoi ? Il y a bien une raison et je suis sûr que ce n'est pas la punition que tu as subit, assez injustement avec les jumeaux Weasley à Halloween, qui en est la cause. »

« Comment vous savez tout ça ? » Demanda la petite épatée.

« C'est mon devoir de tout savoir ma chère. »

« En fait, c'est à cause d'une lettre que j'ai reçu le soir d'Halloween. »

« J'ai cru comprendre que tu correspondais très régulièrement avec une jeune personne nommé Fleur Delacour, élève en troisième année à Beauxbâtons il me semble. »

« Oui, mais le courrier n'était pas d'elle. Il était de mes parents. » Répondit tristement la petite. Elle préféra tout dire, se doutant que le directeur n'allait pas tout répéter et elle avait besoin de parler. « Je suis venu ici sans leur accord. Le soir où je suis partit de chez moi avec le Magicobus, j'ai laissé mes parents comme ça sans trop d'explications. Je vois encore clairement le visage en pleurs de ma mère avec mon petit frère dans les bras, et mon père… complètement paniqué. Depuis, je leur envoyais des lettres toutes les semaines mais je ne recevais jamais aucunes réponses. » Elle commença à sangloter. « Jusqu'à ce soir là d'Halloween ou dans la lettre, je me suis senti rejeté. Ils veulent toujours de moi mais si je retourne là-bas, je ne pourrais pas revenir ici. » Elle sortit alors de sa poche la fameuse lettre et la tendit au directeur.

Dumbledore l'ouvrit constatant qu'elle était froissée et que certaines lettres d'encre étaient à moitiés effacés par des larmes. Il prit le temps de la lire tout en entendant la fillette pleurer sur sa chaise. Soudain entra par une fenêtre haute de la pièce en grand oiseau majestueux au plumes rouge et orange et alla sa poser sur un grand perchoir se trouvant près du bureau. Il émit un petit son de surprise voyant quelqu'un d'autre que le directeur dans la pièce. La fillette leva ses yeux pleins de larmes, observant l'oiseau magnifique qui la regardait sans bouger.

« Adénor, je te présente Fumseck, mon oiseau et ami de toujours. »

« Il est très beau monsieur. »

Après quelques secondes de silence, l'oiseau alla se poser, en prenant garde à ne pas la blesser, sur un genou de fillette. Sa tête n'était plus qu'à quelques centimètres du visage d'Adénor qui commençait à paniquer, mais essaya de garder son sang froid. Elle le fixa dans les yeux et l'oiseau se mit à pleurer, quelques gouttes sur les genoux écorchés, quelques autres sur chacune des épaules, une larme tomba sur la lèvre ensanglantée de la petite et enfin deux tombèrent sur chaque œil. En quelque secondes, les blessures se refermèrent et les larmes d'Adénor avaient disparu et ses yeux n'étaient plus rouges.

« Fumseck est un phénix Adénor. » Déclara le directeur en se levant de son siège, allant s'appuyer contre l'avant de son bureau pour pouvoir observer la fillette ayant l'oiseau sur un genou se laissant doucement caresser la tête puis le plumage par la petite. « Les phénix sont des animaux fabuleux, ils possèdent la faculté de renaitre de leurs cendres, de soulever de très lourdes charges mais également, grâce à leurs larmes, de guérir n'importe quel blessure. » Il se mit à sourire entendant Fumseck émettre des petits sons de joie alors que la fillette le caressait au niveau du cou. « Force est de constater que Fumseck t'aime beaucoup, ce n'est pas donné à tout le monde. Généralement il ne s'approche que des gens qui me sont fidèles. »

« Peut-être qu'il a sentit que je n'étais pas dangereuse. »

« Oui peut-être. Pour ce qui est de cette lettre Adénor, tu ne dois pas te laisser aller et désespérer. Tu es une née-moldu ma petite, il est normal que tes parents aient du mal à accepter ce que tu es. Tu n'es pas la première à qui cela arrive, j'ai beaucoup d'exemples en tête. Tu dois essayer d'aller de l'avant, comme tu l'as fait en te battant et ne pas abandonner. Te laisser sombrer dans la solitude est une manière d'abandonner et je trouverais très dommage que tu rates tes test pour si peu. J'avais d'ailleurs entendu dire que beaucoup de tes professeurs plaçaient de grands espoirs en toi, même le professeur Rogue. » Il s'avança vers elle avec un petit sourire. « Et ce n'est pas, tu peux me croire, peu de chose que d'avoir la moyenne dans sa matière, surtout lorsqu'on est à Gryffondor. » Tout deux sourires et Fumseck passa sa tête contre l'une des joues d'Adénor pour lui faire signe qu'il était content.

« Vous avez raison je ne dois pas me laisser abattre. Mais mes parents ? Je ne peux pas laisser les choses avec eux comme ça ? »

« Ne t'en fait pas, avec le temps, ils auront pris du recule et comprendront leur erreur, crois-moi. » Fumseck s'envola et retourna à son perchoir alors que Dumbledore fit signe à la petite de se relever. « As-tu encore mal à ton dos ? »

« Je ne sens plus rien, les larmes de Fumseck m'ont aussi guéri là ? »

« Oui mais je préférais en être sûr. » Il posa sa main sur l'épaule de la petite constatant que sa chaleur se dissipait. « Reprend ton épée et retourne à ton dortoir ou tes amis doivent certainement t'attendre. Je peux compter sur toi pour arrêter de te morfondre ? »

« Oui ! Je vais essayer de faire de mon mieux. »

« C'est bien, le principale est toujours d'essayer même si parfois on se rate. » Il la raccompagna à la porte de son bureau mais l'arrêta juste avant d'ouvrir la porte. « Une dernière chose, j'ai vraiment apprécié ta démonstration dans la cour, je suis sûr que si tu continue à t'entrainer tu pourrais devenir une vraie championne. »

« Oui mais maintenant je doute que je puisse m'entrainer de nouveau. »

« Dans les jardins c'est une évidence, en plus la neige ne va pas tarder mais regarde. » Le directeur pointa une porte sombre se trouvant dans un coin de la pièce. « Cette pièce est vide, j'y entreposais à une époque la paperasse que je remettais toujours à plus tard, lorsque j'étais à mes débuts de directeur mais maintenant elle ne sert plus à rien. Je pense qu'elle est suffisamment grande pour te servir de salle d'entrainement. »

« Vous voulez dire que vous me laisseriez l'utiliser ? » Demanda la petite n'en croyant pas ses oreilles.

« Oui. Tu as mon accord pour venir autant de fois que tu veux ici, tu as retenu le mot de passe de la gargouille ? » La fillette acquiesça. « Bien, donc lorsque tu viendras ici, n'oublie pas de t'assurer que personne ne te vois et tu pourras entrer même lorsque je ne serais pas là. »

« Merci beaucoup monsieur ! » Adénor ne put se retenir et serra le vieil homme par la taille. Un peu étonné par l'attitude de la petite mais aussi ému, il tapota les épaules de la petite de manière un petit peu mal à l'aise et la fit reculer.

« Vas-y maintenant et passe une bonne soirée. » La fillette lui souri une dernière fois, le trouvant fort sympathique et passa la porte, dévalant les escaliers son épée à la main.

La gargouille tourna en même temps qu'elle pour redescendre. Adénor arriva en bas et vit Olivier qui semblait l'attendre, appuyé contre une colonne.

« Salut, comment tu te sens ? Tu veux aller à l'infirmerie ? » Lui demanda le garçon l'air inquiet en s'avançant vers elle avant de constater qu'elle n'avait plus aucunes marques. « Dumbledore t'as soignée ? »

« En quelques sortes oui. » Répondit la petite avec un sourire.

« Il a du faire bien plus que ça sinon tu ne sourirais pas comme ça. »

« Je voudrais m'excuser auprès de toi mais aussi des autres, je n'aurais pas du me refermer comme ça, j'ai eu tord mais pendant un moment je me suis sentit tellement seule. Je pensais que personne ne pourrais comprendre parce que vous n'êtes pas comme moi et j'en ai oublié le plus important. »

« Ne t'inquiète pas, on ne t'en veut pas. » Répondit Olivier en posant une main sur l'épaule de la fillette. « On a tous nos moments de déprime et ça arrive à tout le monde d'inquiéter les autres. » Ils sourirent tout les deux en se dirigeant vers l'entrée du château. « Au fait, je voulais te dire aussi quelque chose. »

« Et qu'est-ce que c'est ? »

« Je sais qui est responsable de ce qui t'es arrivé, quelqu'un t'as dénoncé auprès du professeur Rogue afin qu'il te punisse et cette même personne a rassemblé les membres de la maison Serpentard puis les autres pour que tu sois humilié devant tout le monde. Cette personne c'est… »

« S'il te plait Olivier ! Je ne tiens pas à savoir qui c'est malgré le fait que je sois très curieuse de nature. Ce qui est fait est fait et puis je ne tiens pas à savoir de qui il s'agit pour après me demander pourquoi il ou elle a fait ça et dans quel but. En plus me connaissant je serais capable de représailles et je n'y tiens pas. »

« Très bien, dans ce cas je garderais ça pour moi. » Répondit Olivier. « Sinon ne croit pas que tu te sois vraiment fait humilier devant tout le monde, au contraire tu as impressionné à te relever comme tu l'as fait. Je suis sûr que tout le monde doit parler de toi en ce moment. » Adénor soupira en passant les portes du château avec Olivier qui riait de manière amusé.

« T'aurais pu éviter de me rappeler ça. Tu sais bien que je déteste me faire remarquer… »


J'espère que ce chapitre vous aura plu^^

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A plus tard! Leonem ;)