Chapitre 5: Saturation et emportement.

C'est plus déterminée que jamais que je marchais dans les couloirs du château. Le 7ème étage n'est plus très loin, je sais que je ne suis pas en avance à cause d'Ombrage mais j'ai pas vraiment eu le choix. Lorsque mon gallion a chauffé je venais juste de sortir de la salle donc j'aurais pu être à l'heure me direz-vous. Mais, non. Ombrage est sortie presque au même moment, Théodore a dû se cacher à la va vite derrière le mur et est parti le plus discrètement possible.

Quant à moi, je ne pouvais pas prendre le risque de partir avec Ombrage qui me fixait, elle ne devait avoir aucun soupçon. Elle a donc insisté pour me raccompagner dans ma salle commune pour se rattraper du mal qu'elle a abattu sur ma main vous comprenez. Quelle vipère ! Elle voulait surtout être sûre que je n'irai nul part oui. J'ai donc dû aller dans ma salle commune, y trouver par chance le professeur Flitwick en lui expliquant que je n'avais pas pu manger et que donc, je devais me rendre dans la grande salle. Il a fait part du message à Ombrage et ni une ni deux, j'ai filé vers la Salle sur Demande en profitant de leur inattention.

J'arrive enfin à destination, je suis à bout de souffle. J'exécute les trois passages devant le mur vierge en répétant « Je veux rejoindre l'Armée de Dumbledore. ». La grande porte que apparaît et j'entre dans la salle. Tous les visages se retournent vers moi.

« Désolée du retard. J'avais à faire ailleurs. »

Padma se détacha de la foule et me sourit.

« Heureusement qu'on t'a appris à être à l'heure Smith. »

« Je me passerai de tes commentaires Patil. »

Je lui rendis son sourire.

« Bon, reprenons. » lança Harry. « Avalon, on en était à revoir les bases, le sort de désarmement étant un des plus importants à contrôler, on le perfectionne. »

« D'accord pas de problème, encore désolée pour le retard Harry. »

« Aucun soucis, tous les binômes étant déjà confectionnés pour aujourd'hui tu vas te mettre avec moi et essayer de me désarmer, après on inverse et tu dois essayer de me contrer. Ok ? »

« Pas de soucis. »

J'avais vraiment sympathisé avec lui depuis le début de l'année. Mais je ne sentais que trop bien le regard de Cho dans mon dos. Il va falloir que je lui parle, il ne faut pas qu'elle se fasse de fausses idées.

Mais pour le moment, je me concentrais au maximum pour essayer de désarmer Harry, il contrait toutes mes attaques, c'était vraiment frustrant. J'avais beau me concentrer un maximum il anticipait tout.

« Comment fais-tu ça, on ne peut pas anticiper autant de choses à la fois. »

« C'est de la pratique, crois en toi tu vas y arriver. »

On a inversé les rôles, il me désarme et je dois contrer. Contrer est plus facile je trouve, mais je le soupçonne d'y aller doucement. Bon on va pas se voiler la face, il a quand même réussi à me désarmer 2 fois. Mais je progresse, les semaines d'avant j'étais incapable de contrer ce sort, y'a du mieux non ?

« Tu t'améliores à vue d'œil, c'est vraiment mieux. »

« C'est parce que j'ai un bon professeur. »

Il déteste qu'on le qualifie comme professeur, c'est pour ça que j'ai dit ça. Il s'adressa à tout le monde.

« Bon maintenant on va corser un peu les choses. Toujours avec le même sortilège, je vais vous demander de voir des échanges. On envoie, on contre, on ré-envoie. Je veux vous voir aller jusqu'à un désarmement, ça marche ? »

Tout le monde acquiesça et se mit en place. Il me fit signe de commencer à attaquer, ce que je fis. Il para mon sort et me le renvoya aussitôt. J'ai réussi à parer mais pas à le renvoyer. Donc on a recommencé, encore et encore, jusqu'à ce qu'on arrive à se faire un échange construit et intéressant.

C'était vraiment difficile de contrer les sorts de Harry qui me ménageait de moins en moins, il réussit à me désarmer après seulement un minuscule échange. Vidée de toute énergie par cette journée qui n'en finissait pas, avec pour couronner le tout ma main qui me faisait mal, les tristes révélations de Théodore. Je n'en pouvais plus.

« Je t'ai connue plus tenace Avalon. »

« Quelle observation Harry, je suis fatiguée c'est tout. Mais ça va, reprenons. »

Il m'a rendu ma baguette avec un regard bizarre, comme si il essayait de savoir ce que j'entendais par fatiguée. Et bah justement d'ailleurs, trop fatiguée pour expliquer.

« Si t'es à bout, on peut faire une pause. »

« Hein ? Non, non ça va je t'assure. »

Mon sourire sonnait faux mais il ne fit aucun commentaire. La suite du cours se passa normalement, je n'ai pas réussi à le désarmer, ô joie, mais on est arrivés à des échanges plus intéressants même si il finissait toujours par l'emporter.

Comme à chaque fin de cours, tout le monde a regagné sa salle commune en sortant par petits groupes pour rester discret.

Une fois arrivés dans la salle commune, j'étais lessivée. Padma attendait des explications, j'avais ce fichu devoir de DCFM à rendre pour le lendemain, ainsi que le devoir de potions dont il manquait certains détails. Je me suis donc installée dans mon lit pour commencer tout ça, la salle commune est trop bruyante le soir.

Padma ne m'a pas posé de questions, Merlin merci.

Et après avoir enfin fini mes devoirs, j'ai pu m'écrouler tranquillement dans mon lit. Parce que oui réveillée à 4h45 et endormie à 23h15, ça fait des sacrés journées.

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6h45, le lendemain.

Je suis littéralement explosée, mais la bonne nouvelle c'est qu'on est vendredi et que demain une sortie à Pré-au-Lard est organisée. La mauvaise c'est que ma main n'a pas cicatrisé et que ce soir, c'est reparti. J'en ai jusqu'à mercredi ou jeudi prochain, week-end compris: ordre de l'autre folle rose.

C'est donc dépitée, pour changer, que je me suis rendue à mon premier cours de la journée, botanique. La joie est si présente dès le matin, vraiment. Et ce cours était si long, mais si long... On a dû se rappeler de nos cours de première année pour les mettre en pratique et s'occuper de mandragores. Je déteste ces sales bestioles qui crient, alors stop, je sais ce que vous allez me dire, oui je déteste énormément de choses. Bah, oui c'est vrai mais j'ai aucun argument donc juste, on va dire que c'est la faute de la folle habillée en rose ? Oui voilà, si je pouvais lui mettre tout le malheur du monde sur les épaules à elle. En parlant d'elle, après botanique, cours de DCFM puis double cours de potion. Honnêtement j'ai rarement connu d'aussi longue matinée de ma vie mais c'était inintéressant donc passons.

L'après-midi c'était sortilège puis histoire de la magie, puis WEEK-END ! Hallelujah !

Bref, le reste de l'après-midi je suis allée discuter avec mes amis verts et argent avant que les filles ne s'en aillent, et que Blaise suive Daphné. Théo est resté avec moi, mais c'est bizarre. Quelque chose s'est brisé, il ne me fait plus confiance à cause de toute la partie sur mon accident et, il me fait un peu peur après ses récentes révélations..

«Avalon? »

« Hm? »

« J'ai réfléchi à ton accident, et à mon avis, ça pourrait être une bonne chose que tu remontes sur un balai.. »

« C'est hors de question. »

« Tu pourrais au moins prendre le temps d'y réfléchir... »

« Mais c'est purement réfléchi Théo. Je ne remonterai jamais sur un balai, un point c'est tout. »

« Écoute Ava je comprends que tu fasses un blocage mais tu dois surmonter tes peurs. »

« Je pourrais te dire la même chose. »

« Qu'est-ce que j'ai fait encore ? »

« Affronte tes peurs Théo, et dis à ton Lord d'amour ses quatre vérités. »

« Mais tu t'entends ?! Il y a une différence entre se soulever contre un sorcier très puissant et contre un balai en bois ! »

« Bien sûr qu'il y en a une, le balai est bien plus effrayant. »

Il me regardait droit dans les yeux, puis a explosé de rire d'un coup. Je n'ai pu que le suivre.

« J'en peux plus de ta connerie Smith. »

« Je me fatigue moi-même. »

« Mais s'il te plaît, pense à ce que je t'ai dit. »

« Mais j'ai peur Théo, j'ai failli laisser ma vie sur ce rocher ce jour-là. »

« Tu me fais confiance ? »

Très très bonne question. Est-ce que je lui faisais réellement confiance ?

« Si tu ne me fais pas confiance, alors crois en toi Ava. »

« Bon c'est d'accord, mais je veux aussi qu'on reprenne le tir à l'arc. »

« Avec plaisir. »

Je lui ai souri et il m'a souri en retour. Rappelez-moi, pourquoi j'ai accepté déjà ?

Le Soleil commençait à se coucher... Attendez, quoi ?! J'ai regardé l'heure sur ma montre moldue, 18h05, eh mer... OMBRAGE VA ME TUER.

J'ai abandonné Théo sous l'arbre du parc puis ai couru aussi vite que j'ai pu dans la salle de DCFM. Je suis arrivée devant la porte à 18h15, avec un mal de poumon insupportable, ai pris un instant pour souffler un peu puis ai toqué à la porte de Barbapapa.

Lorsque j'ai ouvert la porte elle n'affichait pas son sourire habituel.. Ok, aujourd'hui j'allais ramasser.

« La ponctualité, mlle Smith, est un des piliers du Ministère de la Magie. Si vous n'êtes pas en mesure de le respecter, je me verrai dans l'obligation de vous sanctionner. »

« Je suis désolée. »

« Tout cela pour rester avec les membres d'une autre maison en plus. N'ai-je pas été claire lorsque je vous disais que vous deviez rester à distance des Serpentards ? »

« Si Madame. Mais Dumbledore ne partage pas votre opinion, j'ai donc pensé judicieux de l'écouter lui. »

J'allais payer aujourd'hui dans tous les cas, donc autant la chercher un peu.

« Arrêtez donc de penser et copiez. »

« Avec grand plaisir. Que dois-je copier aujourd'hui ? »

Je lui ai fait mon plus grand sourire, moi je cherche ? Nooooon, jamais.

« Vous allez me copier toujours la même chose. « Je dois apprendre à me taire. ». »

Donc j'ai copié. Très honnêtement, je faisais la fière mais j'avais déjà tellement mal à la main que dès que j'ai commencé, je souffrais le martyre.

Seulement 15 minutes de copie de lignes, mais je n'en pouvais plus. Elle avait retrouvé son sourire la vipère, un jour je lui ferai avaler ses plumes de malheur, elle inflige même ça à des premières années, DES PREMIERES ANNEES ! C'est juste intolérable.

Je n'ai pas osé regardé ma main devant Ombrage parce qu'elle n'attendait que ça, que je vois ce dont elle était capable. J'allais quand même pas lui faire ce cadeau enfin... C'est dans cet état d'esprit que je suis sortie de la salle.

Je ne voulais pas voir l'état de ma main, je sentais le sang qui coulait lentement le long de mes doigts..

« Oh mon dieu Avalon.. Ta main... »

J'ai tourné la tête vers le nouveau venu. Harry. Il avait le regard fixé sur ma main et affiché un air horrifié. Il s'est rapproché et a pris ma main pour pouvoir voir ce qu'il y était inscrit.

« On dirait que je ne suis pas seul à ne pas pouvoir me la voir. »

Il a levé les yeux vers moi.

« Je vais lui faire subir tout ce qu'elle fait subir aux autres, elle paiera Harry, je te promets qu'elle finira par payer pour chaque larme de souffrance sortie des yeux d'un élève. »

« Alors je t'aiderai, elle regrettera d'avoir mis les pieds ici. »

Je lui ai souri puis il est parti rejoindre Cho.

Puis j'ai baissé les yeux vers ma main, pour la première fois depuis le début de la journée, rouge de sang jusqu'au bout des ongles. L'inscription était toutefois parfaitement lisible. Et encore une fois, comme chaque jour depuis le début de l'année j'ai l'impression, j'ai donné libre cours à mes larmes qui ne sont pas privées. Je me suis laissée tomber le long du mur, et suis restée immobile pendant bien 20 minutes je pense, avant de me résigner et d'aller à l'infirmerie bander ma main.
J'ai dû mettre au plus 3 minutes pour me rendre là-bas mais le chemin m'a paru si long, je cachais ma main dans ma cape pour qu'aucun professeur ne la voit et je me forçais de rester le plus neutre possible, mais ça faisait un mal de chien bon sang !

Mme Pomfresh m'a regardé entrer complètement déboussolée de voir des élèves défiler chez elle pour se faire bander la main.. Car même si la plupart du temps, on n'y allait pas pour ne pas l'affoler, certains moment, on n'avait pas vraiment le choix.

« Mlle Smith, je ne vous ai jamais vu autant défiler à l'infirmerie que depuis le mois dernier. N'aimeriez-vous pas faire une pause et faire profil bas pour quelques temps ? »

« Excusez-moi madame.. Vraiment j'aimerais mais j'ai une semaine de retenue qui se profile à l'horizon donc vous allez sans doute me voir tous les soirs jusqu'à jeudi prochain, je le crains. »

« Après ça vous serez calme ? »

« Oui madame, je pense avoir compris maintenant. »

Alors très clairement non, je n'allais pas me calmer. Désolée Pomfresh, je t'aime vraiment bien vu que tu es très douce etc, mais la rose là j'allais pas la louper. Et même si elle me coupait la main, je trouverai un moyen. Et puis au pire, elle me coupe la main gauche, et je suis droitière donc pas de soucis de baguette. Problème résolu.

Il faudrait juste que j'explique ça à mes parents.. Oh mes parents. Les vacances de Noël sont dans deux semaines, je n'aurai sans doute pas cicatrisé vu que j'ai des retenues jusqu'à jeudi et que sûrement que j'en aurai d'autres après. Je suis mal, comment leur expliquer ça sans que mon père décide d'aller toucher deux mots à la folle ?

Il faudrait vraiment me couper la main en fait.. Et au pire je prétexterai une blessure en cours de soin aux créatures magiques ? Pas super crédible en effet..

Je parle je parle et je n'ai pas vu le temps passer, c'est l'heure d'aller manger. J'ai promis à Astoria que je mangeais avec elle ce soir, donc bah très clairement les ennuis continuent. Je ne suis que joie aujourd'hui.

Je me suis donc dirigée vers mes amis Serpentards, et me suis directement adressée à Astoria et Daphné.

« Vous vous souvenez en début d'année lorsque je vous disais qu'on devrait attendre de voir comment était réellement Ombrage car elle ne pouvait pas être si terrible ? »

« Oui ? » firent-elles en chœur.

« Bah c'était n'importe quoi. »

En disant cette phrase j'ai posé ma main gauche sur la table, le bandage était rouge de mon sang même si Pomfresh avait arrêté le plus gros. J'ai mal d'ailleurs.

Daphné semblait désolée pour moi alors qu'Astoria tremblait de haine. En les regardant on ne pourrait deviner qu'elles sont sœurs, Daphné est douce, adorable et plutôt timide alors qu'Asto' est extravertie, et a le sang chaud même si elle est tellement gentille avec les gens qu'elle aime.

« Je vais lui faire la peau. »

« Astoria calme-toi, elle fait partie du corps enseignant. » lui répondit sa sœur.

« Arrête Daphné même les professeurs la détestent. »

« Ne t'attire pas d'ennuis à cause de moi, je gère. »

J'avais dit ça avec un semblant de sourire qui se voulait rassurant, puis me suis excusée prétextant que je n'avais pas faim pour quitter la table. Hors de question d'affronter d'autres regards de pitié aujourd'hui.

Je suis arrivée dans la salle commune et me suis directement posée dans mon dortoir vide. Tous les lits étaient vides. J'étais vide.

Assise sur mon lit, regardant droit devant moi depuis maintenant bien quinze minutes, je cherchais une solution, un échappatoire à la quantité astronomique de questions auxquelles j'allais devoir faire face devant mon père dans deux semaines. Et le pire dans l'histoire, c'est qu'il n'y avait aucun échappatoire.

Ce chapitre a été tellement long à écrire, wow j'en suis désolée.
Malgré tout j'espère qu'il vous plaira, n'hésitez pas à me donner vos avis!