Hello toute le monde,

Voici un nouveau chapitre, j'espère que vous l'apprécierez. Je sais l'attente a été longue, j'espère que vous me le pardonnerez. Encore une fois laissez des reviews si ça vous chante c'est pas moi qui vous en empêcherez.

Swangranger: Moi aussi j'adore le fait que Diane soit une combattante. Je voulais vraiment qu'il y est cette scène de combat dans ce chapitre et qu'elle paraisse assez convaincante. Je l'ai trouvé assez difficile à écrire car je voulais en même temps qu'on comprenne ce qui se passe chez chaque combattant mais aussi que ce soit d'un point de vue extérieur. J'espère que c'est réussi :). Oui les moments entre Fred et Diane sont mignons en tout cas pour l'instant :P Concernant l'Epouvantard de Diane, tu l'as bien compris, il s'expliquera au fil des chapitres. Je ne vais pas tout dévoiler d'un coup ce serait bien trop ennuyant.

Noour: Merci :) c'est toujours compliqué de trouver du temps entre les études et la fanfic. Pour l'Epouvantard de Diane ça fait toujours mal d'être confronté à ses peurs notamment lorsqu'elles sont représenté sous la forme d'une personne et que cette dernière vous a en même temps donné quelque chose de très précieux à vos yeux mais vous a également enlevé quelque chose d'autre. Et non ce n'est pas son père biologique.

Je vais sans doute faire de la promo à l'instant mais les chansons de Ruelle sont juste géniales pour mettre une certaine ambiance. C'est sans doute pour ça que les séries les utilisent souvent. Si vous ne connaissez pas, je vous conseille vivement de les écouter sur Youtube.

L'univers d'Harry Potter appartient toujours à J.K. Rowling sauf ce qui vient de mon esprit.


If you only read the books that everyone else is reading, you can only think what everyone else is thinking.

Si vous ne lisez que les livres que tout les autres lisent, vous ne pouvez pensez qu'à ce que tout les autres pensent.

Haruki Murakami

11.

Game of Survival de Ruelle

Cette nuit-là, Diane rêva d'Iphigénie. Mais contrairement aux autres fois, elle lui souriait. Ses boucles blondes encerclaient son visage enfantin, faisant ressortir ses yeux saphirs tel un ange. Son ange. Elle était tellement pure.

Diane n'avait jamais cru au paradis. Pour elle, il paraissait assez improbable qu'un endroit où le bonheur éternel demeurait puisse être réel. L'enfer existait, ça, elle en était certaine. Mais le paradis, Diane avait vécu bien trop de choses pour y croire. De plus les sorciers n'étaient pas trop porté sur la religion ce qui était assez logique en soi puisqu'au Moyen-âge on les brûlait à cause de cette dernière. Brûler les gens n'a jamais été la solution la plus convaincante pour faire adhérer quelqu'un à ses convictions.

Pourtant un ange l'avait sauvé de son indifférence. Ou plutôt deux en comptant Draco. Il rigolerait sûrement à la comparaison. Lui qui se voyait plus comme un démon tentateur. Et pourtant elle savait mieux que personne qu'il était beaucoup plus sensible qu'il ne le laissait paraître.

Dans son rêve, Iphi la tirait pas la main pour l'amener quelque part. Où ? Elle n'en avait aucune idée. À chaque fois qu'elle le lui demandait, la petite fille riait tout en omettant de lui répondre. Ce rêve avait l'air tellement réel. Diane reconnaissait les rues de Londres autour d'elle, le marché en plein air, les pubs, le quartier de Soho dans toute sa splendeur. Elle et Iphi avait fait de nombreuses promenades sur ces dernières ou plutôt la seconde la traînait où elle voulait, surtout dans le quartier de Chinatown. Un comportement qui aurait pu l'agacer si cela ne venait pas d'Iphi. Elle avait toujours été incapable de lui refuser quoi que ce soit dans la réalité pourquoi cela changerait dans ses rêves. Cependant avant qu'elles puissent arriver à destination, Diane se réveilla, le plafond de sa chambre devant elle. Les autres n'étaient pas encore réveillés. Comme toujours. Même Ace dormait encore, accroché à un des portants du lit. Ne voulant pas le laisser, elle caressa doucement la tête du reptile qui papillonna des paupières et ouvrit bien grand sa mâchoire comme dans une sorte de bâillement, révélant ainsi ses crocs. Puis il la regarda et siffla doucement :

- Pourquoi tu dois toujours te réveiller à des heures improbables ?Et me réveiller en plus de ça ?

- T'aurais préféré que je te laisse ici ? Dis le tout de suite si c'est le cas.

- Bien sûr que non...

- Alors pourquoi t'en fais toute une histoire ?

- Je voulais juste mettre un peu de piquant à la journée.

- Toi non plus, tu ne changeras jamais finit Diane en levant les yeux au ciel.

De manière machinale, elle s'habilla , prit le serpent qui s'enroula autour de son bras comme il en avait l'habitude, à moitié endormi. Puis descendit dans la salle à manger où Mme Weasley s'affairait déjà dans tout les sens avec des casseroles. Ne voulant pas déranger cette dernière, la Serpentarde se servit toute seule un chocolat chaud. Rien de tel pour être de meilleure humeur. La douce odeur réveillait déjà ses sens et ses papilles.

- Oh Diane, j'aurais pu te servir dit la matriarche.

- Vous aviez l'air occupé…

En vérité Diane voulait surtout éviter de croiser son regard et d'y voir de la pitié par rapport à ce qui s'était passé. Heureusement Mme Weasley au contraire la regardait comme d'habitude.

- La rentrée me met toujours dans tout mes états..En plus avec toutes ses protections…

- Justement à propos de ça comment ça se déroule ?

Il paraissait inconcevable que tout les adolescents arrivent ensemble devant le Poudlard Express. Serpentard et Gryffondor réunis. Il en était hors de question. Cela ne causerait que des problèmes tant pour les uns que pour les autres. On pourrait presque dire que cela causerait l'anarchie dans les deux maisons. Or par les temps qui couraient l'ordre devait sévir et ça Diane s'en assurerait.

- Vous partez avant nous avec Tonks et Maugrey…

- Je pense qu'arriver à la gare, on pourra se débrouiller...On aura qu'à entrer directement dans le train…

- Vraiment ? Cela simplifierait les choses, c'est vrai…

- Dans ce cas, je vais aller réveiller les garçons…

- Attends Diane dit soudain Mme Weasley. Je...Comment dire...Je voulais te parler de ce qui s'était passé hier avec l'Epouvantard….

- Il n'y a rien à dire répondit la jeune fille d'un ton brusque.

- Je me suis mal exprimé reprit la matriarche. Je suis désolé de t'avoir demandé de jouer du piano et de t'avoir posé tant de questions… Je n'aurais jamais pu imaginer que…

- Vous n'avez pas à être désolé. Si je n'avais pas voulu jouer, je ne l'aurais pas fait. C'était ma décision, vous ne m'avez obligé en rien. En plus de ça je pense être incapable d'arrêter de jouer. Quand bien même ça me rappelle...Enfin bref. Pour moi jouer du piano, faire de la musique, c'est comme de respirer. Alors ne vous excusez pas. C'est grotesque. Bon j'y vais maintenant.

En disant cela, Diane espérait que l'affaire était maintenant close et qu'on ne l'aborderait plus avant longtemps. Ou du moins elle l'espérait. Arrivée devant la chambre des garçons, elle ouvrit doucement la porte de cette dernière. Elle savait oh combien ses amis pouvaient être d'une humeur massacrante si on les réveillait bien trop brusquement. Elle alla d'abord près du lit de Draco. Ce dernier dormait paisiblement sur le ventre, son oreiller contre lui. Il avait l'air tellement innocent comme ça. Ses cheveux cachaient une partie de son visage mais on pouvait voir qu'au lieu de son habituel rictus moqueur, sa bouche formait un doux sourire. Il avait l'air plus jeune que son âge. Les filles craquent déjà quand il fait la moue avec cette expression elles seraient fichus pensa t-elle en dégageant les mèches blondes des yeux du jeune homme. Puis elle caressa doucement la joue de ce dernier.

- Dray...faudrait te réveiller maintenant…

Sans ouvrir les yeux, l'adolescent attrapa sa main et la fit basculer sur le lit. Diane se laissa faire sans broncher, ce n'était pas la première fois qu'il agissait ainsi. À chaque rentrée c'était la même chose. Il l'encercla de ses bras puis posa son menton sur le haut de son crâne.

- Restons comme ça quelques minutes d'accord ? Dit-il.

- Comme tu veux répondit Diane, en respirant l'odeur mentholée qui se dégageait de son meilleur ami. Tu n'as pas envie de retourner à Poudlard ?

- Ce n'est pas Poudlard qui me rebute mais plutôt tout les problèmes que Poudlard apporte.

- Fuir les problèmes n'a jamais été dans mes habitudes…

- Tu préfères les créer ou les résoudre, je sais.

- Oh fait Dray ?

- Oui ?

- Tu n'as pas froid comme ça ?

- Pas plus que d'habitude.

- Tant mieux mais il faudrait qu'on se lève maintenant. Si quelqu'un nous découvrait les soupçons sur notre prétendue relation recommencerait à circuler.

- On ne peut plus dormir qu'avec ses sous-vêtements de nos jours sans être critiqué ?

- On dirait bien que non...Que veux-tu le monde est injuste...Allez habilles-toi et réveilles les autres au passage. On part avant les gryffons.

- Tant mieux je n'ai pas envie de voir leur tête si tôt le matin fit Draco en grimaçant.


Comme convenu, les deux Aurors laissèrent les quatre Serpentard agir à leur guise dès qu'ils furent arrivés au quai 9 3/4. Le fameux Poudlard Express était là, crachant des panaches de fumée noires au plafond. Élèves, parents, famille chacun s'activaient à leur manière pour éviter de rater le départ du train. Certains semblaient les reconnaître d'autres non. Bientôt ils sauraient.

Ne voulant pas faire de mauvaises rencontres, ils entrèrent immédiatement dans le train leurs valises en main. De par leur avance d'au moins une bonne vingtaine de minutes, ils purent chercher sans encombre un compartiment à leur convenance avant que Diane et Draco aillent au compartiment réservé aux préfets pour leur briefing. Ils ne pouvaient aller à leur endroit habituel, trop d'oreilles et de regards indiscrets, trop de personnes indésirables également. Ainsi ils avancèrent le long du couloir, jetant parfois de brefs regards à travers les portes vitrées des compartiments devant lesquels ils passaient. Arrivé au tout dernier wagon, Théodore se stoppa soudainement.

- Retournons en arrière.

- Qu'est ce que tu racontes Théo ? Répliqua Blaise qui se faufila devant lui pour regarder dans le compartiment suivant. Ah je vois. Tu te souviens de ce qu'on avait dit, non ? C'est ta chance. Elle est seule.

- C'est trop tôt…

- Mais vas y. Je te dis.

- Non...Je vais la déranger…

- Bien sûr que non…

- Mais si...

- Allons dans le wagon précédent les coupa Diane.

- Mais…commença Blaise.

- Il n'y a pas de mais qui tienne. Laisses Théo le faire à son rythme…

- Laisses le souffler, ce n'est que le premier jour finit Draco.

Blaise marmonna quelque chose comme les chances qu'un événement comme ça se reproduise étaient minimes. Il suivit néanmoins ses amis qui entraient déjà dans un compartiment vide. Ils hissèrent leurs quatre valises dans le filet à bagages puis s'assirent ou plutôt ils s'affalèrent sur les banquettes.

- Ne fais pas ta mauvaise tête, Blaise dit le blond en remarquant l'expression bougonne du métis. J'ai une idée. Pourquoi tu nous prédirais pas l'avenir pour cette année avant que Diane et moi on partes. Allez je sais que t'adores ça.

Face à cette remarque, Blaise ne put s'empêcher de sourire. La divination ou plutôt les prédictions en tout genre, c'était en effet son domaine. Rien ne le mettait plus en joie que de voir l'une d'entre elles se réaliser et ainsi constater qu'il avait vu juste. Il sortit de sa poche un paquet de cartes version sorcier composé de cinquante-deux cartes. Blaise avait toujours trouvé que celles de tarot étaient bien trop populaire à son goût et parfois bien trop imprécises quant à la date des faits futurs. Comme pour les cartes de Chocogrenouilles, les cartes dotées d' un personnage bougeaient. Les rois agitaient leur épées et leurs sceptres, les reines approchaient les roses qu'elles tenaient à leur visage pour sentir leur parfum tout en jetant parfois quelques clins d'œil et enfin les valets se tenaient bien droit tout en s'inclinant à chaque fois que les deux premiers se trouvaient près de lui. Les cartes avec des nombres, elles, changeaient. Le nombre ne se modifiait pas mais la disposition des symboles, elles, oui. Ces derniers bougeaient en toute liberté, réalisant parfois des formes quand leur nombre leur permettait.

- Qui veux commencer ? Demanda Blaise. Les dames d'abord ?

- Vous les mecs, vous sortez cette phrase quand ça vous chante mais bon allons y dit Diane en mélangeant les cartes puis en coupant le paquet de la main gauche.

Blaise étala ensuite les cartes devant elle, face cachées.

- Tu dois tirer treize cartes…

- Je sais, je n'ai pas oublié...

La Serpentarde passa sa main devant chaque carte, en prenant une lorsqu'elle sentait qu'il le fallait. Une sorte de pré-sentiment. Elle les disposa de manière à former quatre lignes de trois cartes et une ligne composé que d'une seule carte.

- Voyons voir ce que l'avenir te réserve dit Blaise en se frottant les mains. Il révéla doucement chaque carte une par une. La première correspondait au mois en cours et ainsi de suite. La treizième quant à elle précisait la tendance de l'année. Ainsi pour Diane, l'ordre était le suivant : le dix de trèfle, le trois de cœur, le deux de cœur, le dix de pique, le cinq de carreau, l'as de pique, le sept de carreau , le sept de cœur, le roi de cœur, le huit de cœur, le huit de carreau, le deux de carreau et enfin l'as de cœur. Ton année semble remarquablement bonne...c'est même je crois ta meilleure année. Tu connais les significations, non ? Ou tu veux que te les rappelle ?

- Non, ça ira répondit Diane en regardant attentivement les cartes placées devant elle. Au tour de Dray maintenant.

Blaise employa la même méthode pour ce dernier. Contrairement au tirage précédent où les cœurs étaient majoritairement présents, celui de Draco était composé principalement de pique. Ces cartes étaient respectivement : la reine de trèfle, le sept de pique, le valeur de cœur, la reine de cœur, le sept de carreau, le trois de carreau, le trois de pique, le huit de trèfle, le huit de pique, le six de pique, le roi de carreau, le dix de trèfle et enfin le valet de pique.

- Ton année à toi semble compliqué déclara Blaise. Et pleine de changements. Bons et mauvais.

- Je vois ça dit Draco. En tout cas j'ai hâte d'être en février quand mes désirs deviendront réalité.

- Fais attention fit Théodore. Ça ne précise pas quels désirs, ça pourrait être n'importe quoi. Même ceux dont tu n'aurais plus envie.

- De toute manière on verra bien ce qui se passera acheva Diane.

Elle regarda par la fenêtre où elle pouvait voir que le nombre d'élèves avaient augmenté sur le quai. Leur empressement était plus rapide, les embrassades plus pressés. Un coup de sifflet retentit. Puis un autre. Le train s'ébranla ensuite, commençant le voyage vers Poudlard.

- On devrait y aller, Dray reprit la jeune fille en se levant. Plus tôt on commencera la réunion entre préfets plus tôt on pourra revenir. Vous nous direz ce que donne vos prédictions à notre retour. Rei vous rejoindra sans doute entre temps. N'oubliez pas ne dîtes rien sur cet été et de tout ce qui s'ensuit. Ou essayez d'éluder le tout.

- Oui chef.

- J'espère que ça sera rapide. Ah et si le chariot à friandises passe avant qu'on revienne, prenez-nous comme d'habitude ajouta le blond avant de passer à son tour par la portière du compartiment.


Le wagon des préfets était situé à l'avant du train. Aussi les deux adolescents furent obligés de traverser l'intégralité de ce dernier et d'être encore une fois le point de mire des autres élèves se trouvant dans les compartiments ou dans le couloir. Ils auraient pu s'en passer en choisissant un compartiment plus près toutefois même s'ils l'avaient fait, ils n'auraient pas pu y échapper au château. Ainsi autant commencer à s'y habituer dans le train. De toute manière cela ne changeait pas d'années en années. Diane voyait bien que Dray attirait les regards féminins. Et il en jouait contrairement à elle. Elle savait aussi que certaines personnes du sexe opposé n'étaient pas indifférents à son égard. Mais aucun n'avait vraiment piqué son intérêt ou pas suffisamment. Aussi quand elle avait vu ce que lui disait les cartes à propos de son avenir, Diane avait été perplexe. Ce sentiment fut vite remplacé par de l'indifférence. Se préoccuper de l'avenir ne l'avancerait à rien autant vivre et constater la signification de tout cela après coup. Quand les deux Serpentard atteignirent leur destination, ils eurent la satisfaction d'arriver ni en premier ni en dernier. Diane reconnut même des visages familiers : Anthony Rickett et Felicity Eastchurch. Elle les salua d'un léger mouvement de tête. Assez discret pour passer inaperçu mais assez visible pour que les deux autres le voient. Toutefois la tranquillité des deux Serpentards bascula du mauvais côté lorsqu'ils découvrirent l'identité des Prefets en chef. Ou plutôt l'identité d'un en particulier.

- Vous devez faire quelques patrouilles dans le train pendant le trajet pour vérifier que personne ne dépasse les bornes déclara Heidi Macavoy, la Préfète en Chef. Certains profitent du fait qu'on ne soit pas encore à Poudlard pour expérimenter leurs sorts. Cependant même si vous pouvez leur donner des heures de retenues, les seuls points que vous pourrez enlever sont ceux de votre maison…

- Dommage souffla Draco à l'oreille de sa meilleure amie qui leva les yeux au ciel face à son comportement.

- On décidera des rondes après que tout le monde aient reçu leur emploi du temps acheva finalement Heidi. Voilà tout est dit, on vous tiendra au courant des prochaines réunions.

Soulagés que le débriefing finisse enfin, tous se levèrent impatients de retourner vers leurs amis. La réunion avait duré une heure, une heure à parler de leur rôle, de l'organisation, de ce qu'ils devaient faire ou pas faire. Une heure où Diane ne s'était concentré que sur une seule personne, Heidi Macavoy, tout ça pour éviter son regard. Adrian Pucey. Son ex maintenant devenu Préfet en Chef. Il ne l'avait pas quitté des yeux tout du long. Elle savait que Draco voulait l'énerver en multipliant les gestes de tendresse envers elle. Mais c'était inutile, tout était fini entre eux. Tout ce qu'il restait était les regrets.

- Diane, attends s'exclama soudainement Adrian en l'attrapant par le bras, l'empêchant de sortir du wagon. Les autres étaient déjà partis, Draco inclus. Elle n'aurais pas dû être si distraite.

- Lâches-moi.

- Je dois te parler…

- Ça suffit. Je n'ai ni l'envie ni le temps de t'entendre. On n'a plus rien à se dire depuis longtemps. Ce n'est pas parce que tu es devenu Préfet en Chef que les choses ont changé. N'oublie pas qui commande. Ne m'adresses plus la parole à moins que ce soit pour les responsabilités de préfet. C'est un ordre.

Elle sortit alors en claquant furieusement la portière derrière elle et s'élança le long du couloir, passant devant Draco sans le voir. Pourquoi Adrian devait-il rendre les choses aussi compliquées ? Ils avaient rompu point. Il était fiancé à quelqu'un par Merlin. Il ne devait plus s'approcher d'elle. Le voir ne faisait que lui rappeler des choses qu'elles voulaient oublier.

- Eh ralentis, j'arrive presque plus à te suivre dit Draco en lui prenant la main. Tu veux que j'y retourne et que je lui balances mon poing ?

- Ah parce que t'as tout entendu ?

- Ne t'énerves pas, j'ai pensé que tu t'en tirerais très bien toute seule. Et qu'au moins ce serait fait.

- Je suppose que t'a raison. Tu n'as pas besoin de le frapper, c'était bien suffisant en troisième année…

- Mais je peux recommencer si tu me le demandes…

- Non, ça ira…

- D'accord. Viens on va rejoindre les autres, vu le temps qu'a pris cette réunion ils ont déjà dû acheter les friandises. J'espère qu'ils en ont laissé pour nous.

La gourmandise de leurs amis avaient en effet eu raison d'eux. Une pile d'emballages s'étaient déjà accumulés sur l'une des banquettes, la plupart venant de Chocogrenouille et de Patacitrouilles. Lorsqu'ils étaient rentrés dans leur compartiment, Diane et Draco trouvèrent les deux compères en plein échange de cartes. Une nouvelle personne était avec eux et les regardait simplement faire sans émotion. Assises près de la fenêtre, elle avait des cheveux gris clair, ondulés qui lui tombaient jusqu'à la taille et des yeux de biche. Elle portait une longue robe blanche à volants et dégageait une aura glacée qui n'entachait en rien à sa beauté. Elle regarda Diane s'asseoir en face d'elle puis fronça les sourcils en voyant Draco profitait de la place qui restait sur la banquette pour se coucher et poser sa tête sur les genoux de sa meilleure amie.

- Tu as passé de bonne vacances, Rei ? Lui demanda Diane avec un sourire.

La jeune fille le lui rendit par réflexe mais reprit rapidement son masque de froideur puis répondit :

- Ça aurait pu être pire…

- Ton père t'a encore réprimandé pour ton apparence ?

- Oui mais il n'a pas insisté comme les autres fois. Il pense que ce n'est qu'une passade et que je vais vite retrouver mes esprits. Il rêve.

- Peut-importe maintenant. Ton père n'est pas à Poudlard et tant que tu y es, tu peux être qui tu veux…Au fait tu es très belle comme toujours. Je n'arrive pas à croire que tu n'es qu'en troisième année.

Rei rougit au compliment et regarda par la fenêtre pour dissimuler sa gêne.

Diane devrait arrêter ça pensèrent les trois garçons qui n'avait rien manqué à l'échange. Même si cela faisait presque deux ans que Rei faisait partie de leur « cercle », ils ne savaient toujours pas comment réagir face à sa décision. Ils ne la comprenaient pas. Ils ne savaient pas comment se comporter. Mais cela importait peu tout ce qui comptait était l'avis de Diane. Elle acceptait Rei qu'importe son choix donc ils en feraient autant. De plus le don de Rei était extrêmement utile.

- Hey Théo passes moi une Suçacide exigea Diane.

- Je comprends pas comment tu peux aimer ces trucs là répondit le garçon en lui lançant son dû. Tu sais que c'est capable de faire des trous dans ta langue si tu ne fais pas attention.

- Elle aime jouer avec le feu, c'est tout dit Draco en se relevant. Une Chocogrenouille pour moi.

Il attrapa la friandise puis déchira le papier d'emballage et arracha la tête de la grenouille d'un coup de dents avant que celle-ci puisse s'enfuir. Contrairement aux deux autres, il n'était pas intéressé par la carte et la délaissa dans le paquet.

- Au fait qu'est ce que ça a donné pour vos prédictions ? Reprit le blond. T'en as aussi fait une Rei ?

- Pas intéressée dit-elle en lui lançant un bref regard.

- Je vois...et vous ?

- Pour Théo, l'amour est dans l'air mais ça on le savait déjà et pour moi l'année semble pourri répondit Blaise en haussant les épaules.

- Pourquoi ? Demanda Diane

- Comment tu veux que je le sache ? Tu sais bien comment ça marche. On sait à peu près ce qui se passe et à quel mois mais pas tout les détails.

Blaise agissait bizarrement et Diane le voyait bien mais elle n'insista pas. Au lieu de ça elle contempla le paysage qui défilait par la fenêtre. Il n'était pas transcendant mais c'était une occupation comme une autre. Depuis leur départ de la gare, le temps avait changé plusieurs fois. Plus ils progressaient vers le nord plus les nuages remplissait le ciel. Parfois une petite pluie éclaboussait les vitres et quelque temps après quelques rayons timides faisaient leur apparition pour disparaître ensuite, impuissants face à la multitude. Draco avait repris sa position initiale, sans aucune gêne et continuait de parler avec Blaise de Quidditch tout en restant couché. Théo, lui, avait sorti un livre de son sac et le lisait tranquillement. Rei faisait comme elle, la tête tourné vers la fenêtre. Cette ambiance était agréable. Personne n'était venu les déranger, les autres élèves de leur maison avaient retenu ces ordres heureusement. Le soir tomba finalement, Poudlard n'était plus très loin. Ils se changèrent rapidement. Draco et elle n'oublièrent pas d'épingler leur insigne sur leur poitrine. Le train commença à ralentir alors que le tumulte des élèves rassemblant leurs bagages et animaux grossissait. Bientôt ils seraient chez eux.


Malgré les envies sadiques de son meilleur ami qui voulait profiter de leurs fonctions pour terrifier les premières années avant leur répartition, elle et Draco réussirent à remplir leur tâches de préfets sans encombre. Même s'il avait fallu quelques discrets coups de coude dans les côtes de ce dernier pour qu'il agisse correctement. La fraîcheur nocturne faisait du bien après avoir passé plusieurs heures dans le train. L'odeur des pins qui bordaient le chemin du lac, la nervosité des premières années et le chahut des élèves se pressant pour trouver une diligence , tout cela était familier. Les choses reprenait leur cours normal. Ayant enfin terminé, les deux Serpentard purent rapidement rejoindre leurs amis devant une diligence. Alors qu'ils s'apprêtaient à monter dans cette dernière, une personne les héla et bouscula la foule pour venir vers eux. Son uniforme arborait les couleurs de Serpentard mais sa taille démontrait qu'il était plus jeune qu'eux.

- Qu'est ce que tu veux Pucey ? Grogna Draco en le reconnaissant.

- Dray...fit Diane en secouant la tête. Son côté protecteur pouvait parfois être pénible. Tu n'as besoin d'agir ainsi il n'est pas son frère. Qu'est ce qu'il y a Auguste ?

- Je peux monter avec vous ?

- Tu ne veux pas être avec ton frère ? L'interrogea à nouveau Diane.

- Plutôt mourir que d'être dans la même diligence que cette mégère…

- Tu sais que tu parles de ta future belle-sœur…

Auguste afficha immédiatement une moue écœuré à l'appellation. Sa grimace fut telle que Diane échappa un petit rire.

- C'est bien ce que je dis la mégère, la sangsue collée aux basques de mon frangin, la rabat-joie. Appelles la comme tu veux sauf ce que tu viens de dire. Allez Diane je peux monter ? Redemanda t-il en faisant une moue de chien battue. C'est une question de vie ou de mort.

- Montes répondit finalement la jeune fille, amusée.

- Merci, tu me sauves…

- Je m'en doute.

- Oh non je ne crois pas , c'était l'enfer. L'avoir à la maison cet été était déjà bien suffisant. Maman était verte de rage. Salut Rei dit Auguste en la reconnaissant et en s'asseyant à ses côtés.

- Auguste répondit-elle en retour d'une voix indifférente.

- T'as de la chance qu'on soit amis. J'aurais été très vexé sinon. En trois ans mon armure contre tes humeurs est devenu indestructible.

- Tant mieux pour toi. Honnêtement ça m'est égal.

Nullement rebuté par la remarque, Auguste lui sourit à pleine dents alors même qu'il savait pertinemment que ça l'énerverait encore plus.

- Au fait Théo, tu les vois encore ? Fit Diane alors que le véhicule commençait à avancer et que leurs cadets commençaient une longue bataille de regards.

- Toujours et toi ?

- Toujours. Dray ?

- Rien de mon côté. Sauf si je te touche.

- Blaise ?

- Moi c'est le néant total et tant mieux d'ailleurs. D'après vos descriptions, les Sombrals ont pas l'air d'être d'une très grande beauté.

- Rei ?

- Je ne les vois pas non plus répondit-elle tout en détournant pas les yeux de son adversaire.

- Et toi Auguste est ce que tu vois les Sombrals qui tirent les diligences ?

- Hein ? Mais de quoi tu parles ?

- Gagné s'écria Rei, un sourire triomphant aux lèvres.

- Tricheuse...

Alors qu'ils continuaient de parler de tout et de rien, le convoi des diligences remontait la route en direction du château. Une dizaine de minutes suffirent pour qu'ils atteignent les deux grands piliers de pierre surmontés de sangliers ailés encadrant le portail de l'école. Le château se dessinait de plus en plus clairement. On pouvait maintenant discerner les hautes tours d'un noir de jais qui se détachaient contre le ciel nocturne. Quelques fenêtres étaient allumés par endroits. Les diligences s'arrêtèrent dans un bruit de ferraille devant les marches de pierre qui menaient à la double porte de chêne de l'entrée. Les Serpentard descendirent et gravirent les marches pour pénétrer dans le château. La faim commençait à tirailler leur estomac d'où leur empressement. Ils n'étaient pas les seuls dans ce cas là. Des torches enflammées éclairaient le hall d'entrée tandis que le martèlement des pas résonnaient sur les dalles en pierre. Tous voulant accéder à la Grande Salle. Les quatre longues tables de chaque maison, se remplissaient une à une sous le plafond magique. Ce dernier reflétait le ciel extérieur, noir et sans étoiles. Des chandelles flottaient dans les airs, illuminant les fantômes argentés et les élèves qui s'interpellaient d'une maison à l'autre. Ils se dirigèrent vers la table des Serpentard, là où ils s'asseyaient habituellement, au centre. Le fait que leur place soit libre n'était pas une coïncidence bien au contraire. Rei et Auguste s'éloignèrent d'eux et allèrent se placer plus loin à leur droite.

- Eh regardez un crapaud rose s'exclama Blaise en désignant le milieu de la table des professeurs, un sourire narquois aux lèvres.

En un seul mouvement, les six adolescents suivirent son geste. La personne qu'il désignait était la voisine de Dumbledore et correspondait parfaitement à ce que disait le métis. Son accoutrement était ce qui détonait le plus chez elle L'intégralité de ses vêtements était rose. Deux yeux globuleux ornaient son visage qui était encadré par des des cheveux châtain clair, courts et bouclés.

- J'ai l'impression de l'avoir déjà vu fit Draco, songeur.

- C'est Dolores Ombrage, elle travaille au Ministère dit Théo en fronçant les sourcils.

- Je sens que je ne vais pas l'aimer déclara Diane en détournant le regard. Je ne veux pas avoir de préjugés mais quelqu'un qui s'habille tout en rose ne m'inspire pas du tout confiance. De plus avoir un membre du Ministère dans l'enceinte de l'école n'augure rien de bon.

Alors qu'ils réfléchissaient au sens de ses paroles, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent faisant place aux nouveaux venus avec à leur tête le professeur McGonagall. Comme chaque année celle-ci portait entre ses mains un tabouret sur lequel était posé un chapeau de sorcier rapiécé avec une grande déchirure tout près du bord . Le silence se fit et les premières années s'alignèrent devant la table des professeurs, face au regard des autres élèves. On pouvait sentir la nervosité des premiers et l'impatience des autres. La déchirure qui ornait le chapeau s'ouvrit et le Choixpeau magique chanta sa chanson. Mais cette dernière fut différente de celle des années précédentes et ça tous l'avaient remarqué. Il se contentait normalement d'énoncer les qualités des quatre maisons et d'expliquer son rôle dans la répartition mais cette fois il avait prodigué des conseils et pas n'importe ils ne purent en discuter librement sans risquer une sévère remontrance du professeur McGonagall. Cette dernière balayait chacune des tables de son célèbre regard dissuadant toutes les tentatives. Elle baissa les yeux sur son long morceau de parchemin et appela tour à tour chaque nom. La file des premières années diminuait peu à peu, Serpentard avait gagné d'autres membres. La plupart semblait être prometteur. Le professeur McGonagall remporta le Choixpeau et son tabouret hors de la Grande Salle tandis que le professeur Dumbledore se levait pour son habituel discours de bienvenue qui marquait le début du trimestre ainsi que le début du festin. Quelques secondes après, des plats de toute sorte surgirent de nulle et vinrent orner les cinq longues tables.

- Quelqu'un va commenter la chanson du Choixpeau ou je dois m'en charger ? S'exclama Blaise alors qu'il mettait des cuisses de poulets dans son assiette. Unir les maisons sérieusement ? Il veut qu'on fasse ami-ami ?

- S'unir ne veut pas nécessairement dire être ami répondit Diane tout en prenant du rôti et des pommes de terre sautées. Et ce n'est pas différent de ce que je fais.

- Sauf que tu ne le fais pas avec les gryffons... déclara Draco en sirotant une gorgée de jus de citrouille. Et tu ne le feras pas. D'ailleurs je pense que les deux autres pensent pareils que moi.

- On verra bien ce soir….

Dumbledore se leva à nouveau pour un second discours lorsque tous les élèves eurent fini de dîner et que les conversations recommencèrent à monter. Toutes les têtes se tournèrent immédiatement vers lui. Malheureusement alors qu'il commençait à parler des essais de Quidditch, une personne l'interrompit par des raclements de gorge. Cette personne n'était nul autre que Dolores Ombrage, la nouvelle professeur de défense contre les forces du Mal. Diane regarda les réactions des élèves de sa maison, certains affichaient un sourire narquois, d'autres fronçaient les sourcils et d'autres paraissaient ennuyés. Elle avait une voix aigu, haute perchée. Le genre de voix qui faisait siffler les oreilles de la Serpentarde et qui lui donnait mal à la tête. Le genre de voix qu'avaient certains adultes lorsqu'ils parlaient à des personnes qui ne pouvaient les comprendre, elle détestait quand ils faisaient ça. Son discours fut long, tellement long qu'elle vit que certains avaient rapidement décroché. Bien qu'elle aurait voulu évité cette nuisance, Diane écouta chaque mot avec attention. Les intentions d'Ombrage était assez claire en l'écoutant. Elle avait sans doute organisé son discours pour être parfaitement comprise tout en ne l'étant pas entièrement. Des phrases longues, des pauses et des mots à double sens, si les idées d'Ombrage n'étaient pas aussi stupides, Diane aurait applaudi. Cependant la menace était réelle. La prédiction de Blaise disait vrai. Les choses allaient changer et pas pour le meilleur.


Minuit passé, Poudlard dégageait une atmosphère bien plus ténébreuse et bien plus mystérieuse que pendant la journée. La magie ne s'éteint jamais. Aussi la nuit semblait révéler une autre facette de cette dernière ainsi que bien des secrets. En effet alors que la majorité des élèves étaient bien endormis dans leur lits pour profiter d'une dernière nuit avant le début des cours, deux autres étaient bien éveillés. Ces derniers se trouvaient dans une salle circulaire dont le plafond était semblable à celui de la Grande Salle reflétant ainsi un ciel étoilé sans nuage. En son centre trônait une table avec quatre chaises. Derrière chacune d'entre elles, se trouvaient accroché au mur la bannière de chaque maison : Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Les deux étudiants, Anthony Rickett et Felicity Eastchurch étaient respectivement assis à la place de Poufsouffle et de Serdaigle. Quand le premier affichait une expression calme et concentrée, la seconde, elle, tapait du pied en signe d'impatience. Ils attendaient quelqu'un. Heureusement pour eux, cette dernière ne tarda pas à arriver. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, Diane affichait une nonchalance extrême. Elle alla accrocher sa cape au porte-manteau puis s'assit aux côtés de ses camarades.

- Tu es en retard ! S'exclama Felicity en en la pointant du doigt.

- J'avais des choses à régler avec ma propre maison répondit Diane, exaspérée. Et j'ai dû prendre un détour à cause de Miss Teigne. Je n'ai que cinq minutes de retard, n'en fais pas toute une histoire.

- Tu pourrais au moins t'excuser…

- D'accord. Excuses-moi d'être arrivé en retard , la prochaine fois j'arriverais à l'heure et j'amènerais Rusard jusqu'ici comme ça tu n'auras plus à supporter l'affreuse attente de cinq minuscules minutes que tu as dû endurer avant que j'arrive…

- Oh..toi..tu...

- Les filles, arrêtez ça dit Anthony en tapant son poing sur la table. On doit parler de choses beaucoup plus importantes…

- Comme Ombrage affirma Diane.

- Oui mais aussi de Potter... continua le Poufsouffle.

- Et même de Dumbledore acheva Felicity.

Les trois adolescents se regardèrent et comprirent qu'ils en auraient pour longtemps. Ils n'allaient pas retrouver la tiédeur de leur lit de sitôt.