Et voilà le chapitre suivant !

J'ai complètement oublié dans le dernier chapitre d'enlever les questions sur les groupes sanguin ! On m'avait déjà fait la remarque à la première publication comme quoi ce n'était pas cohérent mais, ça m'a complètement passé par dessus la tête. Désolé pour ceux à qui ça a dérangé ;) Mais bon, dites vous qu'ils étaient divinement fort en médecine les nains ! ;p

Voilà le chapitre 3 qui, je pense, est un de mes préférés !

Bonne lecture ;)


J'allais devenir la femme modèle et la Reine attendue.


Quelle douce cruauté que cette sensation de colère et de rage qu'on ne peut pas laisser sortir. On doit la maintenir au plus profond de son être et tenter de la maîtriser. C'était mon choix et je ne le regrettais pas. Ou plutôt, je ne le regrettais pas encore. J'étais seule face à toutes ces émotions, tous ces évènements brusques et indésirables. Il fallait que je puisse me montrer forte.

A ce moment là, je ne savais même plus quoi penser sur les personnes qui m'entouraient. Dwalin. Devrais-je me montrer reconnaissante face à lui ? Pour m'avoir empêché de faire une bêtise et de fuir comme une lâche ? Ou devrais-je plutôt lui en vouloir amèrement de m'avoir privé de ma liberté ? Comment savoir ce qui était juste et ce qui ne l'était pas ... ? Etait ce de la faute de Thorin si j'allais me marier contre mon gré à cet homme sombre et indéchiffrable ? Ou était ce de la faute de mon père pour m'avoir vendu misérablement ?

Je ne reviendrai plus sur ma décision, mon choix était fait. C'était comme si j'allais mourir le lendemain, lors du mariage. C'était comme si Méliana allait disparaitre pour laisser place à la Reine d'Erebor. Et, c'était exactement ce qui allait se passer. D'ailleurs, Dwalin savait que ça allait me changer complètement. Moi qui était si naïf ! Il le savait puisqu'il connaissait Thorin mieux que quiconque.

Il avait été là lorsque que l'or avait dévoré celui que l'on appelait jadis Ecu-de-Chêne. Je ne connaissais pas les détails de cette mésaventure mais j'en savais assez pour affirmer que Thorin avait été très affecté par le pouvoir de l'or. C'était le fardeau de la ligné de Durin.

De plus, comme je ne portais pas Thorin dans mon cœur, je ne fus pas enchantée de revoir sa sœur qui lui ressemblait énormément. C'était, je dois l'avouer, une très belle naine avec de grosses boucles ébènes qui lui tombaient sur les épaules, les mêmes yeux bleus sombres et la même carrure imposante.

Contrairement à moi, elle avait des traces de barbe de part et d'autre de sa mâchoire. Ses mains étaient plus grosses que les miennes et plus fermes. C'est à côté d'elle que je me rendis compte à quel point je ne ressemblais pas à une naine. Je remarquai aussi ses nombreuses tresses qui avaient toutes des significations différentes et qui montraient son importance.

Il y avait par exemple celle qui dévoilait son sang royal, une belle tresse ronde attachée par une perle en or incrustée de petites pierres précieuses. J'en avais une comme elle mais la mienne était attachée par une perle d'huitre blanche. Je reconnus aussi les deux tresses qui marquaient la naissance de chacun de ses fils et, à coté de celle qui était dédiée à la mort de son mari, celle qu'on fait traditionnellement lors de son mariage. J'aurais bientôt la même qu'elle.

Dis n'était pas seulement belle, elle était aussi très gentille et dès qu'elle me vit entrée dans la salle commune, elle accourut vers moi. Elle avait toujours ce sourire radieux et sincère qui ornait son visage et qui la rajeunissait.

Au début, je restais de marbre et ne lui adressait que très peu de sourire mais, petit à petit, elle réussit à briser la tension qui régnait entre elle et moi. J'avais du mal à lui faire confiance mais je savais qu'elle pouvait m'aider et qu'elle ne me voulait aucun mal. Très vite, elle m'emmena dans ses appartements privés loin des brouhahas et des oreilles indiscrètes.

C'était vraiment une très belle chambre. De loin plus belle que celle que j'occupais dans les Montagnes Bleues ! Toutes ces merveilles me tombaient dessus et j'avais du mal à me dire que j'allais vivre avec le reste de ma vie. J'avais les yeux grands ouverts devant la beauté de la pièce.

Dis me regardait avec attendrissement et je rougissais légèrement en me rendant compte de mes réactions puériles. Elle ria et me proposa de m'assoir en prenant place sur un autre fauteuil. J'acceptai l'offre avec plaisir et je m'assis sur un joli siège en velours bleue marine et en bois d'acajou. Il s'en suivit une longue minute de silence durant laquelle je savais qu'elle hésitait à aborder le sujet de mon mariage et de son frère. Finalement, elle me dit :

- Ce n'est pas trop difficile pour toi ?

Elle me regarda droit dans les yeux et je ne pus soutenir son regard bleu océan. Bien sur, je n'allais pas lui dire que je n'avais aucunes envies de me marier avec son frère.

- Non. J'accomplis mon rôle.

Je tentai de lui sourire mais, dans un soupir, elle reprit :

- Tu sais, je sais ce que c'est. Moi même j'ai été mariée avec quelqu'un que je ne connaissais pas.

Je relevai vivement les yeux vers elle, soudainement plus intéressée mais, en même temps, très surprise. Il n'y avait pas que moi qui subissait ce sort. Je me sentis tout d'un coup plus proche d'elle et surtout, j'avais l'impression que l'on partageait quelque chose. Je lui répondis un peu gênée :

- Oh ... Je ne savais pas. Je suis désolée ...

- Ne le sois pas. Tu sais, je n'ai pas été malheureuse. C'est vrai que c'était très dur au début mais, après, j'ai vraiment vécu un conte de fée.

Je ne pus m'empêché de lever les yeux au ciel. Un conte de fée avec Thorin ... Laissez moi rire. En voyant ma réaction, elle me sourit et continua :

- Tu ne seras pas obligée de l'aimer ! Peut être qu'il y aura seulement une relation d'amitié entre vous ? Presque toutes les princesses ont ce fardeau à porter.

Je l'écoutais avec attention. Je n'avais encore pas vu les choses de cette manière. Une amitié était encore dure à imaginer mais je n'allais pas me braquer sur moi même. Après tout, je ne connaissais rien de Thorin à part les nombreuses rumeurs qui courraient à son sujet. Hésitante, j'osais lui poser cette question :

- A ... A-t-il toujours été ... euh ... Comment dire ?... Sombre ?

Je ne m'attendais pas à ce que Dis change autant de comportement. Elle perdit d'un coup son sourire ainsi que son rire et baissa ses yeux tristement. J'eus peur de l'avoir mise en colère. Pourquoi fallait-il toujours que je pose des questions indiscrètes ? Elle me répondit et, c'est avec soulagement que je me rendis compte qu'elle était tout sauf énervée :

- C'est assez compliqué ... Il n'a pas toujours été comme ça mais les évènements qui ont marqués sa vie l'ont bien changé. Il est sombre et renfermé depuis qu'il a reprit Erebor mais ce n'est rien par rapport au tout début.

- Au tout début ? demandais-je intriguée

- Oui ... durant la célèbre bataille des cinq armées.

Je sentais qu'elle ne voulait plus en dire davantage alors que moi je brulais d'envie de poser d'autres questions. Le regard de Dis se faisait fuyant et je n'osais pas continuer la discussion. On m'avait beaucoup parlé de la célèbre compagnie de Thorin Ecu-de-Chêne et depuis toute petite je vivais dans les histoires du terrible dragon Smaug et de la lignée de Durin.

Maintenant que j'allais me marier avec le Roi d'Erebor, je voulais savoir la vérité qui se cachait derrière le conte merveilleux. Seulement, je savais qu'ils ne me diraient pas tout de leur plein gré. Les secrets étaient tellement bien cachés dans les familles royales. Je me consolais en me disant que j'avais le temps pour en découvrir plus.

Un silence désagréable prenait place entre Dis et moi et nos pensées nous faisaient vagabonder loin de la réalité. C'est elle qui le brisa :

- Est ce que je peux t'appeler Mel ?

Surprise je lui répondis :

- Oui bien sur.

- Je voudrai qu'on soit amie. On a toujours besoin d'une personne qui peut nous aider dans des moments comme ceux que tu vis maintenant ... Je sais que tu ne me fais toujours pas confiance mais saches que même si j'aime mon frère je sais qu'il a changé et ça fait longtemps que notre relation n'est plus autant fusionnelle.

Elle avait parlé avec tellement de sincérité et de gentillesse que je m'en voulue de m'être autant méfier d'elle. Je lui fis un grand sourire en lui répondant que j'étais désolée si je m'étais mal comportée et que je serai ravi d'être son amie.

Après tout, elle avait raison, c'était une mauvaise idée de m'enfermer dans la solitude surtout que Dis était une personne avec qui j'avais de nombreux points communs. Elle me rendit son sourire et rapprocha son fauteuil du mien en disant :

- Je sais que tu n'as vraiment pas envie d'en parler mais, tu te maris demain et il faut que je t'explique comment ça se déroulera. De plus, il faudra que tu essayes ta robe qui sera surement trop large pour toi. On n'avait pas prévu que tu sois si fine !

- Désolée ...

- Arrête de t'excuser. Une reine ne s'excuse pas.

- Euh ... Oui, d'accord.

- Premièrement, sais tu faire des tresses ?

- Oui mais je ne suis pas très douée.

- Je vais t'apprendre à faire celle-ci.

Tout en parlant, elle avait attrapé sa tresse et me la présenta. Je la regardais un long moment en me demandant comment je ferais pour parvenir à ce résultat. C'était une tresse vraiment très belle mais qui semblait d'une énorme difficulté à réaliser ! Elle ria en voyant ma tête ébahie :

- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas si dur quand tu connais la méthode.

- Même si j'y arrive, je vais mettre trois ans à la faire !

- On va s'entrainer.

- Le Roi aussi va me faire une tresse ?

- Oui mais ça ne sera pas la même.

Je retins un soupire. Comment allais je faire moi qui n'étais pas minutieuse !

- je vais maintenant t'expliquer ta journée en détaille. Si tu as des questions n'hésites pas à me couper.

Je hochai la tête et elle reprit :

- Il faudra que tu te lèves tôt pour qu'on te prépares : Robe, coiffure, maquillage. Ça prend souvent énormément de temps. Bien sur, la coiffure sera très légère pour permette à Thorin de te faire la tresse. Ensuite vers onze heure, se sera le moment où vous prononcerez le Pacte.

- Le quoi ?

- Le Pacte, répéta-t-elle. C'est un serment de mariage un peu comme des vœux inviolables. Je te l'apprendrai plus tard. Après le Pacte, il y a les tresses, le lien et puis les signatures.

Je me sentais un peu dans les vapes. Allais je vraiment réussir tout cela ? Comment ferais-je pour ne pas faire de faux pas ? Dans cette salle ou sera regrouper tout les grands seigneurs de ma race est-ce que j'arriverais à faire honneur à ma lignée ? Mes parents seront là et je pense qu'ils seront heureux pour moi. Comment leur en vouloir ? Ils vont marier leur fille au plus puissant Roi des nains.

Aurais-je été heureuse à leur place ? C'était vraiment trop dur, vraiment trop insoutenable mais il fallait le faire. C'était comme une promesse qu'on ne peut briser. C'était le Pacte. Un serment qui dirige notre vie, et qui nous condamne à mort à la moindre erreur. Comme m'avait dit Dwalin, c'était mon devoir, mon destin. Et tant pis si je vis un enfer ! Tant pis si je suis malheureuse. Il fallait que je pense à mon peuple, à celui d'Erebor et à toutes les guerres que je pouvais éviter.

Je fermai les yeux un instant. Il fallait que je me concentre sur les paroles de Dis même si je sentais la nausée me prendre les tripes. C'était maintenant que je devais écouter pour ne pas faire de faux pas le moment venu. Dis ne semblait pas se rendre compte que je ne l'écoutais plus et parlait de banquet et de vin avec tellement de joie que je n'osais pas la couper. Je tentais de reprendre la conversation en plein milieu.

- ... Mais malheureusement c'est après que ça se complique.

- Pardon ? Après quoi ?

- Méliana je viens de t'expliquer ...

- Désolé j'étais un peu dans la lune.

- Ce n'est rien, je parlais après le banquet.

- Oui et ?...

- Et bien ...

- Que se passera-t-il après le banquet ? ma voix c'était soudainement teinté d'inquiétude et je devinais de quoi elle voulait me parlait.

- Il faut consumer son lien.

Je restais interdite et mon regard se perdit dans le vague. J'allais vraiment tout perdre, même mon honneur et ma fierté. Je sentais mes mains tremblées légèrement et des migraines me tourmentaient. Ce n'était pas le moment de penser à cela. Avoir peur maintenant n'était pas une bonne idée ! Surtout qu'il y avait énormément de chose à accomplir avant. Je tournais vers Dis un regard remplit d'inquiétude et elle posa sa main sur la mienne avec un air désolé. Est ce que cela devait me rassurée ? Je repris une respiration calme et d'une petite voix je lui dis pour parler d'autre chose :

- Comment se passera le banquet ?

- Et bien ... Vous serez assis tout les deux au centre avec, à côté, ta famille et de l'autre, celle du roi. Pendant que vous mangerez les seigneurs de chaque contrée vous offrirons des présents. Ensuite, il y aura des danses et de la musique toute la nuit.

- Il y aura une lune de miel ?

- Cela dépendra de Thorin. Mais je ne pense pas.

- Et le couronnement ?

- Ah oui ! J'allais oublier ... Il se fera après le Pacte et les signatures.

- Explique moi en détail, s'il te plait.


Je me rappelle de cette nuit. Abominable nuit. Je ne pouvais pas dormir alors que je faisais tout pour. J'étais piégée dans le néant et, à chaque fois que je fermai les yeux, un cauchemar immonde m'engloutissait. J'étais roulée en boule, je tentais de penser à autre chose mais, mon oreille entendait les tic tac de l'horloge qui m'informait que le temps me rattrapait.

C'était comme un cris immonde qui me hurlait que la fin était proche. Cette nuit là fut la nuit de mon agonie. Lente et cruelle, elle m'assassinait une énième fois. Tout me rappelait ma condition et ma place.

J'avais passé toute la journée avec Dis et elle m'avait appris à faire la tresse, à marcher convenablement sans trébucher dans ma robe, à réciter le serment du Pacte. Elle m'avait aussi montré quelques danses traditionnelles, m'avait informée de quelle manière il fallait que je me comporte avec les invités et surtout avec Thorin. On avait répété des gestes et des paroles pendant des heures et des heures. Pourtant, il me semblait que tout m'échappait. J'avais l'impression de tout oublier et j'étais tellement angoissée de mal agir que je tremblais de tout mon corps.

Pétrifiée, je regardais le soleil se levait et envoyait, dans toutes les directions, des faisceaux lumineux de plus en plus puissants. J'enfouissais ma tête sous la couverture. Je ne voulais pas voire ce jour fatidique arriver, je voulais retourner en arrière et refaire l'histoire. Je me sentais piégée comme un cerf lors d'une chasse, lorsqu'il est entouré de lances et, qu'il sait que quoi qu'il fasse, il mourra.

Et puis, il eut ces trois coups à ma porte. Trois coups violents. Elles étaient trois et elles se sont prosternées devant moi avant de tirer les rideaux pour laisser la lumière entrée dans la chambre. Je ne leur ai pas adressé la parole et, de même, elles ne m'ont rien dit. Elles se sont contentées de m'habiller, de me maquiller et de me coiffer sans un mot. J'avais l'impression qu'on me préparait pour un enterrement. Leurs yeux étaient baissés et leurs visages fermés. Quand je me suis regardée dans la glace je ne me suis, encore une fois, pas reconnue.

Ensuite, nous sommes sorties. J'avançais devant et, elles me suivaient derrières. On n'entendait que les échos de nos pas dans les couloirs vides et sombres. Jusqu'à ce moment là, je n'avais toujours pas vu ma mère et je me demandai si je pourrais la voir avant de me présenter au prête.

Nous nous dirigeâmes vers un petit salon où se trouvait mon père et ses proches. Je me suis avancée vers eux et ils ont tous applaudis. Pour la première fois, je voyais bien que mon père n'était pas bien. Il était presque au bord des larmes, lui, le grand et sombre seigneur des montagnes bleus. Je lui demandai :

- Ou est maman ?

- Elle n'est pas encore arrivée.

Son regard devint plus triste et ses yeux se voilèrent. Pourquoi n'était-elle pas là alors que j'avais tellement besoin d'elle ?

On ne me laissa pas une minute de plus car mon père me prit le bras pour m'entrainer dans la salle du trône. Je n'avais pas revu le roi depuis notre première rencontre. On s'était quitté dans de tellement mauvaises conditions que j'appréhendais de le voir devant l'autel. En fait, j'avais l'impression d'être dans un rêve. Cela semblait tellement irréaliste ! J'allais me marier deux jours après mon arriver à Erebor.

Je devais me concentrer pour ne pas trembler quand les portes s'ouvrirent. Il y avait tellement de monde ! Tellement de regards fixaient sur moi ! Sans que je puisse m'en empêcher, je m'accrochai davantage au bras de mon père. Nous avancions sur un tapis rouge et mes yeux étaient fixés sur le Roi qui me regardait avancer. Le trône était à quelques mètres de hauteurs et des escaliers de marbres y permettaient l'accès. Mon père me lâcha devant la première marche et m'embrassa les mains avant de s'éloigner sans m'accorder un regard.

J'étais donc seule pour gravir la distance qui me séparait de Thorin. Le plus délicatement possible, je soulevais ma robe blanche comme me l'avait appris Dis. Lorsqu'il n'y avait plus qu'une marche qui me séparait du Roi, celui-ci me tendit la main. Ma première réaction fut d'hésiter à la prendre mais, je me repris et je plongeai ma main dans la poigne dur et puissante du grand Roi sous la montagne.

C'est à ce moment là que des tonnerres d'applaudissement dominèrent la salle et que les invitées s'assirent. Alors, le prêtre parla. Longtemps. Et pendant tout ce temps, je sentais le regard brulant de Thorin sur moi. Je portais une robe blanche qui serrait ma taille avec un corset en triangle. Les manches étaient bouffantes, en dentelles et s'arrêtaient aux épaules. Après le corset, la robe s'échappait de manière plus ample et, traînait derrière moi. Le tissu était en soie. Je portais une couronne de tresse dans laquelle on avait introduit un ruban blanc.

Soudainement, j'entendis mon prénom et je sursautai légèrement. Il fallait que je me concentre sur les paroles du prêtre :

- Méliana, fille de Enar, fils de Endar, Princesse des Montagnes Bleues, est présente en ce jour pour célébrer son union avec Thorin, fils de Train, fils de Thror, Roi sous la montagne. Ils se devront mutuellement fidélité et secours, ils assureront le maintien de la paix, ils légueront leur vie au service de leur peuple. Puisse leur union apporter joie et prospérité.

Il se tourna vers moi et déclara :

- Méliana, à partir de ce jour, vous deviendrez la Reine d'Erebor. Votre passé sera oublié, votre famille sera abandonnée, vousn'appartiendrez qu'à votre mari, votre royaume et vos futurs enfants.

Ma gorge se noua. Je ne pouvais pas accepter ça et, il me fallut tous les efforts du monde pour ne pas pleurer, ne pas hurler et partir loin de ces monstres sans cœurs. Je fermai les yeux un instant pour me calmer. La condition des femmes était si horrible au sein de notre peuple.

- Prononcez le Pacte face à l'assemblée pour montrer votre dévouement à votre peuple.

Lentement je me retournais. Face à moi, il y avait tous ces gens que je ne connaissais pas. Tous ces yeux qui semblaient me rire au nez. Je cherchais dans l'assemblée le regard de ma mère mais je ne trouvai aucuns signes de réconfort. Mes mots ne sortaient pas et mes mains tremblaient légèrement. Je pris une grande respiration. Il fallait que je me lance. En regardant droit devant moi, je récitais les paroles que j'avais apprise par cœur.

- Moi, Méliana des Montagnes Bleues, je jure de prononcer le serment du Pacte de ma propre volonté, sans subir de pression d'aucunes sortes. Ni la menace ni l'obligation ne me forcent à être ici aujourd'hui. Je me tiens devant vous en pleine connaissance de cause. Face à vous, je jure d'être fidèle à mon nouveau peuple, à mon royaume et à mon mari dans toutes les circonstances quelles soient bonnes ou mauvaises. Je jure de n'appartenir qu'à une seule nation, de vivre, de mourir et de me sacrifier pour elle. J'accepte que le titre de princesse des Montagnes Bleues n'est plus le mien, je renonce donc aujourd'hui à tous les liens, serments et loyautés qui m'attachaient à ma vie hors Erebor. Je commence une nouvelle existence en tant que Reine et épouse du Roi sous la montagne, seigneur des fontaines d'argent, Thorin Écu-de-Chêne. Je connais et respecterai les lois qui régissent mon nouveau royaume. Je jure d'obéir à mon Roi ainsi qu'à mon mari, de l'aimer et de l'aider dans les moments les plus sombres de sa vie. A partir de maintenant et, jusqu'à la fin de mes jours, je ne vis que pour vous.

Je prononcerai la dernière phrase dans un souffle en me tournant vers Thorin mais, je ne pus soutenir son regard et je baissai les yeux. Je sentis alors mes larmes montaient et je me mordis la lèvre inférieure pour me retenir. C'est alors que je sentis une main caresser ma joue et redescendre jusqu'à mon menton pour le relever lentement.

Mon regard croisa encore celui, envoutant, du Roi. Quelques secondes passèrent sans que personne ne bougea et j'eus l'impression qu'une éternité s'écoulait. Finalement, sa main descendit le long de ma mâchoire pour attraper quelques mèches de cheveux derrière mon oreille. Il les lissa entre ses puissantes mains et commença à me les tresser tout en disant :

- Moi, Thorin, descendant de la lignée de Durin, je jure de me marier de ma propre volonté, sans subir de pression d'aucunes sortes. Ni la menace ni l'obligation ne me forcent à être ici aujourd'hui. Je me tiens devant vous en pleine connaissance de cause. J'accepte que le titre de Reine d'Erebor soit accorder à Méliana, fille d'Enar. Nous règnerons ensemble, nous ne formons plus qu'une personne. Ainsi, elle me représentera comme elle représente le royaume d'Erebor. Face à vous, je lui jure de vivre, de mourir et de me sacrifier pour elle. Je la protégerai et je la chérirai autant que je chéris mon peuple.

A partir de maintenant et jusqu'à la fin de mes jours, je ne vis que pour vous.

Son regard n'avait pas quitté le mien une seule seconde et j'avais été comme paralyser. Mais ce n'était pas de la peur cette fois-ci, c'était autre chose de bien plus étrange. Ses doigts courraient sur mes mèches de cheveux et formaient la tresse à une vitesse impressionnante.

Quand il eut fini, il tendit une main vers le prêtre qui y déposa une petite attache en or incrustée d'améthyste. J'étais d'abord énormément surprise qu'il me fasse sa tresse à un endroit si peut voyant.

Puis ce fut mon tour de lui faire la tresse. je ne savais pas où est ce qu'il fallait que je la fasse. Comme il était plus grand que moi, je ne pouvais pas la faire commencer du haut de sa tête. Timidement, je décidai de la mettre au même endroit que la mienne.

Pas très originale. Mes gestes étaient peu assurés et j'y allais doucement pourtant, je ne ressentais pas d'agacement venant de Thorin. Alors qu'il m'avait m'y très mal à l'aise durant notre première rencontre, il me redonnait confiance en ce moment là. Il me fallut un petit temps avant que je ne puisse accrocher l'attache similaire à la mienne. Heureusement, le résultat était réussi.

Je sursautai quand les mains de Thorin se posèrent sur les miennes pendant que le prête reprit la parole :

- Aujourd'hui, acclamons la Reine sous la montagne, Méliana fille d'Enar !

Je fus encore noyer sous les applaudissements alors qu'on me posa une couronne sur la tête.

- Les mariés peuvent s'embrasser.

Non. Non. Pas question. Ses mains quittèrent les miennes pour attraper délicatement mon visage. Je me sentis mal à l'aise. Même si un simple baisé ne pouvait pas me faire de mal. C'était juste surréaliste qu'un nain que je venais à peine de rencontrer m'embrasse devant une foule aux aguets.

Résolue, en le voyant s'approchait de mon visage, je fermai les yeux pour m'offrir à lui. Ses doigts s'emmêlèrent légèrement dans mes cheveux quand nos bouches se lièrent. Le baisé était chaste, doux comme un soupir. Sans m'en rendre conte, je m'étais accrochée à la tunique de Thorin et, je la lâchai rapidement quand je m'en rendis compte. Autour de nous, tout le monde hurlait de joie. On s'était levé de ses chaises et on hurlait à tue tête :

- Longue vie au Roi ! Longue vie à la Reine ! Longue vie à Erebor !