Bien le bonjour !

Voila, le chapitre quatre. C'est surement l'un de mes préférés. Il marque une transition dans l'histoire et la mise en place des véritables problèmes. Et puis, Méliana découvre une autre parcelle du caractère de Thorin ...

Bonne lecture à tous ! ;)


Autour de nous, tout le monde hurlait de joie. On s'était levé de ses chaises et on hurlait à tue tête :

- Longue vie au Roi ! Longue vie à la Reine ! Longue vie à Erebor !


Ça y est ? Je suis devenue la femme de Thorin ? Avec ces simples mots prononcés face à une coure royale ? Je n'avais encore rien signé, j'avais juste fais des promesses. Des promesses qu'avant moi tant de reines avaient faites. Juste de simples promesses que je pouvais facilement briser avec un claquement de doigt. Des paroles vides de sens et pourtant capitales. Avec ces paroles j'étais devenue Reine d'Erebor et le peuple m'acclamait bruyamment, avec joie et allégresse. Pourtant, tous ces applaudissements n'arrivaient pas jusqu'à mes oreilles.

J'étais paralysée. Ma main était enlacée dans celle de Thorin et mon regard était perdu dans le vide. Malgré moi, je sentais ma main tremblait dans celle du Roi. Je ne réalisais pas qu'une couronne d'or et de rubis était posée sur ma tête et qu'une nouvelle tresse reposait sur mon épaule. Mon regard croisa celui de mon père qui applaudissait sans sourire ni joie. Que lui arrivait il ? Lui qui était si heureux de venir à Erebor marier sa fille. Je ne pus soutenir son regard triste plus longtemps.

Au bout d'un instant, Thorin dégagea lentement sa main de la mienne pour me tendre son bras. Je le pris automatique dans un sourire qui se voulait poli. J'avais l'impression de m'accrocher de toutes mes forces au bras du Roi et l'idée me déplu. J'avais cette drôle d'impression que si je le lâchais, mes jambes ne seraient pas assez fortes pour me soutenir convenablement. Il m'entraina vers son trône à côté duquel était dressé un autre, similaire au sien. Il était en pierre taillée et incrusté d'or et de pierres précieuses. C'était désormais ma place et je me sentis tellement petite. Il me laissa m'assoir en première puis prit place à son tour.

Le prêtre leva alors les mains et le silence se fit dans la salle. Les convives se rassirent calmement et le prêtre reprit la parole. C'était le moment du dépôt des signatures. Un nain, plus petit que la moyenne, s'avança vers nous puis me tendit un épais et vieux grimoire ainsi d'une plume. Le livre était déjà ouvert et j'allais devoir signer juste en dessous de la signature de la femme de Thrain. Il fallait que je fasse vite si je ne voulais pas trembler et faire des ratures. C'était tellement angoissant.

La plume se posa sur le papier et elle glissa facilement en formant mon prénom et mon nom. Je la rendis ensuite au nain puis je repris une grande respiration. C'est bon. Tu es une femme à présent. Et maintenant ? Thorin à côté de moi signait à son tour et je vis qu'il me lançait un regard suspect. Je ne voulais pas croiser son regard. Quand le prêtre reprit la parole pour faire un énième discours sur le mariage, Thorin se pencha vers moi et me demanda en chuchotant :

- Vous m'étonnez Méliana, vous n'avez pas tenté de vous opposer une seule fois à cet union ... Vous êtes vous finalement résignée ?

Je sentis mon cœur faire un bond et mes mains se crispèrent sur ma robe. Je lui répondis les dents serrées :

- N'est ce pas ce qu'on attend de moi ? Je reste polie et courtoise pour ne pas déshonorer mon sang.

Il ricana légèrement en répondant :

- Polie et courtoise ?

Puis il continua d'une voix plus froide :

- Ne me faites pas rire ... On m'a informé de votre tentative d'escapade.

Soudainement affolée, je me retournais lentement vers lui pour, enfin, croiser son regard. Là, en cet instant, avec la manière dont il me regardait et celle dont il avait de serrer ses poings, Thorin m'inspirait de la crainte. Son aura d'autorité et de défis me donnait à nouveau l'envie de fuir loin de lui. Comment le savait il ? Dwalin m'avait il trahi ? Qu'importe de toutes façons. Cela ne changerait rien de connaitre le coupable. Je voyais que le Roi se délectait du don qu'il avait pour me réduire au silence. Je me raclai la gorge et ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais aucun son ne sortis. Que pouvais je lui dire ? Nier n'aurait servit à rien.

Il reprit sur le même ton :

- Il ne faudra que plus jamais cela ne se reproduise. Les conséquences pourraient être ... désastreuses. Vous comprenez ?

Mes poings se serrèrent un peu plus et une boule dans mon ventre prit place. Je hochais la tête frénétiquement alors, il détourna les yeux et porta son regard dans le vague. Il continua :

- Je voulais aussi vous dire que ...

Mais il fut rapidement interrompu par des raclements de chaises. Le prêtre avait fini de parler et les convives se levèrent. C'était le moment de passer à la grande salle commune, là où un gigantesque banquet nous attendait. A partir de ce moment là, il n'y aurait plus que les riches seigneurs et les rois réunis. Pendant le repas, tous les invités des autres contrées naines allaient venir se présenter face à la nouvelle reine et offrir un présent à la jeune mariée en gage de leurs alliances avec le peuple d'Erebor. On m'avait remis la liste de tout ceux qui allaient venir mais je ne me rappelais pas d'un seul nom de tous ces nains. J'avais juste hâte de pouvoir moi aussi me lever pour fuir cette atmosphère terrifiante qui régnait toujours près de Thorin.


La salle étaient somptueuses et la nourriture était abondante. Les tables étaient installées en forme de U et on pouvait compter plus de 150 places. J'étais assise à côté de Thorin, à ma droite se trouvait Dis et à la gauche du Roi se trouvait ses neveux. Je me sentais encore une fois complètement piégé. On était au centre de tout et il fallait que je m'y habitue. J'allais tellement avoir du mal moi qui avait un caractère rêveur et qui préférait souvent la solitude. Je me mis à penser au matin et à la nuit la plus affreuse que j'avais vécu de toute ma vie. Je repensais à la douleur et à la tristesse que j'avais ressenti ainsi qu'à mon dégout pour le mariage. Comment avais je fais jusque là pour tenir le coup ?

Les heures s'écoulèrent lentement. Autour de moi, on mangeait, riait, buvait mais moi, je n'avais pas beaucoup d'appétit et pas non plus le cœur à rire. J'établissais une muraille entre moi et Thorin pour oublier qu'il était à côté de moi. Il ne m'adressa pas la parole et passa la majeure partie de son temps à parler avec ses neveux. Parfois, je parlais un peu avec Dis mais je sentais que si je m'exprimais trop les larmes pourraient facilement monter. Je me forçai alors à manger un peu et à ne penser à rien qui pourrait me déprimer encore plus.

Finalement, au bout d'un moment, Dis attira mon attention pour me glissa dans l'oreille que c'était maintenant que les seigneurs se présenteraient à moi. Ma première pensé fut : déjà ? et je me redressai convenablement. Je me demandai qu'allaient donc dire tout ces nains et quels sortes de présent m'offriront ils ? Une trompette retentit et on fit un petit discours. Seulement je fus pire que surprise lorsque j'entendis le premier nain qui fut appelé :

- Enar des Montagnes Bleues !

Mon propre père allait se présenter devant moi comme si j'étais une simple inconnue ! Ce n'était pas censé être plus intime dans le cadre de la famille ? Non ? Non ... C'était vrai. Il allait se présenter à la reine d'Erebor en tant que seigneur des Montagnes Bleues pas à sa fille. Ses yeux étaient dénués d'expressions et son visage était fermé. Cela me fit mal qu'il me regarde de cette manière. Ma respiration c'était un peu accélérée et je ne savais plus comment réagir. Arrivé à ma hauteur il me dit d'une voix qui se voulait neutre :

- Je vous souhaite longue vie reine d'Erebor. Notre rencontre m'enchante, je suis heureux de pouvoir parler à la nouvelle alliée des Montagne bleues.

Ses paroles n'arrivaient pas à mes oreilles et je restais à le regarder bêtement sans qu'aucun son ne sortent de ma bouche. C'est le coup de pied de Dis sous la table qui me fit reprendre conscience. Je bégayais :

- Je ... Je suis ... Ravie de même, Roi des montagnes Bleue. Je souhaite à notre alliance prospérité et éternité.

Le regard de mon père se voila soudainement de tristesse et il continua en me tendant une petite boite :

- Je vous offre ceci, il appartenait à ... Méline des Montagnes Bleues, ma femme. Je suis certain que sa délicatesse vous ira à merveille.

Je pris la boite que me tendait Enar et je l'ouvris avec précaution. A l'intérieur se trouvait une petite chaine en or sur laquelle pendait une pierre de lune finement taillée. Je reconnu tout de suite le collier de ma mère. Celui qu'elle ne quittait jamais. Pourquoi me le donnait elle ? Alors qu'elle y tenait tellement ? Et surtout pourquoi n'était-elle pas là pour me le donner ? Je vis soudainement que mon père avait les larmes aux yeux mais qu'il regardait Thorin. Celui-ci lui lançai un regard plein de colère. Je ne compris pas. Pourquoi cette tension planait elle entre les deux seigneurs ? Que se passait il qu'on ne me disait pas ?

Pour éviter toutes formes de conflits, je m'empressai à ajouter :

- Je vous remercie pour ce présent, je le chérirai toute ma vie.

A ces mots, il partit avec empressement sans que je ne puisse rien ajouter. Je lançais un regard coupable à Thorin qui m'ignorait complètement. Il tentait de garder un regard impassible et indifférant mais je vis que ses poings serrés tremblaient légèrement. Pourquoi ne me disait on rien ? Le Roi en voulait-il à mon père ? Courrait-il un risque ? Etait ce lié à l'absence de ma mère ? S'il était arrivée malheur à ma famille et, si Thorin en était la source comment allais je devoir réagir ? Il fallait que je découvre ce qui se tramait derrière mon dos. Alors que je m'apprêtais à demander à Thorin des explications, un autre nain se présenta face à moi. Etant trop prise dans mes pensées, je ne le vis pas arriver et j'eus à peine le temps de le voir qu'il me lança joyeusement :

- Bien l'bonjour belle Reine !

Il parlait avec un accent très prononcé et avait un grand sourire au visage. Sa barbe rousse était épaisse et décorée de perle et d'attache en fer gravés de runes anciennes. Sa carrure était impressionnante et quand il se rapprocha de moi, j'eus envie de me tasser dans ma chaise. Qui était il ? Je lui répondis un peu absente :

- Euh ... Bonjour ...

Lorsqu'il fut assez proche de moi il attrapa mon menton et tourna mon visage de gauche à droite en fronçant les sourcils. Cela apporta toute mon attention vers l'inconnu et je le regardais avec surprise. Il s'exclama soudainement :

- Et bien Thorin ! Elle est majeure au moins ? Je ne vois pas de trace de barbe !

- Dain. Tu m'avais manqué ... Répondit Thorin en ironisant.

- Je sais cousin ! Je sais !

Il lâcha un rire grave et puissant et continua sans me lâcher :

- Tu es bien mignonne jeune fille ! Même si tu manques sérieusement de barbe et d'opulence. Eh Thorin ! Je ne savais pas que c'était ton style de femme. A l'époque tu étais plus attiré par la bonne chaire !

J'étais vraiment impressionnée par la manière dont il parlait à Thorin mais cela ne me fit pas oublier de quelle façon il me traitait. De plus, cela me faisait toujours mal qu'on me rappelle en permanence ma si grande différence avec mon peuple. Je me dégageai violemment en crachant :

- Lâchez moi ! Allez vous occupez des barbes d'à coté plutôt que de vous moquer de moi.

Il eut un petit instant de silence qui fut brisé par le nain roux qui riait à nouveau à gorge déployée. J'étais rouge de colère mais aussi très étonnée. Quand je jetai un coup œil vers Thorin, je me rendis compte qu'il avait un sourire au coin de la bouche. Mais qui était ce nain ! Quand son rire fut calmé il reprit en posant une main sur la table et en se penchant un peu vers moi :

- C'est rare qu'une jeune princesse se débatte avec tant de rage.

- Je suis reine à présent.

Mon ton était sec et alors que je pensais l'avoir enfin mis en colère il répondit enjoué :

- Ooooh ! J'adore ! Tu viens des Montagnes Bleues ? Si toutes les naines sont comme ça là bas j'y ferais bien un tour !

Mes yeux étaient grands ouverts. Il était impoli, il parlait fort, il était sans gêne et devait se moquer complètement de ce qu'on pouvait penser de lui ! Malgré les circonstances, je dus me retenir pour ne pas lâcher un petit rire. Je n'avais pas vu de nain comme ça depuis mon départ des Montagnes Bleues et je me rendis compte que c'était le seul qui ne me considérait pas comme un objet qu'on marchande mais comme une naine comme les autres. Je lui lançai un sourire provocateur et je lui répondis plus légèrement :

- Il y en a même qui sont pires ! Je pourrais vous présenter à quelques unes de ces naines si vous me dites votre nom.

- Je ne me suis pas présenté ? J'oublie les bonnes manières !

Il se courba légèrement tout en disant :

- Dain des Monts de Fer, pour vous servir.

Le Roi des Monts de Fer ! Celui qui était connu pour son charme. On disait que toutes les naines tombaient à ses pieds. Vu sa barbe et son rang ! Cela ne m'étonnai pas. Il avait aussi combattu auprès du Roi sous la Montagne pendant la bataille des cinq armées. Il ressemblait d'une certaine manière, aux seigneurs des Montagnes Bleues avec son ton enjoué et son aire blagueur. Je lui offris un grand sourire et le regardais émerveillée. Derrière moi, la voix grave de Thorin s'éleva :

- Je vois que vous vous entendez à merveille. Et je dois avouer que cela ne m'étonne pas.

- Les Monts de Fer, les Montagnes Bleues, nous avons beaucoup de points en commun, cousin !

Je ne vis pas le regard sombre de Thorin car Dain tapa soudainement dans ses mains et on lui apporta un petit coffre et un paquet bien emballé. Il me tendit d'abord le coffre en me disant :

- Je sais que la plupart des autres vous offriront des bijoux et des habits alors je me suis dis que quelque chose de plus original vous ferait plus plaisir ! Et je pense que ceci vous sera utile.

J'ouvris le coffre et j'y trouvai des livres. Il continua d'un ton très sérieux :

- Devenir reine n'est pas une chose aisée. Il vous faudra beaucoup de connaissances et d'apprentissage. Ces livres vous seront très utile.

Je fus plus que ravie mais je m'attendais à tous sauf à cela venant de sa part ! Ensuite, il me tendit l'autre paquet tout en continuant :

- Ceci par contre, vous ne pourrez l'utiliser qu'avec l'accord du Roi. Il vous sera sûrement tout aussi utile.

Curieuse, je déballai le paquet et je découvris une épée, fine et légère. Je la sortie à moitié de son fourreau pour regarder la lame et je fus impressionnée par sa beauté. J'avais déjà eu quelques cours d'escrime mais je n'avais jamais été très bonne. Néanmoins, je rêvais de pouvoir en manier une avec habilité. Je répondis à Dain d'un ton empli de plaisir :

- Merci mille fois ! C'est tellement génial ! C'est ... Euh ... Pardonnez moi je voulais dire, merci pour ces présents qui me seront énormément utiles.

Il me lança un grand sourire et s'inclina poliment pour disposer à son tour. J'avais tellement apprécié la rencontre avec Dain que j'en avais complètement oublié mes soucis. Son départ me fit retourner dans mes idées noires. La suite se passa avec plus de solennité. Le Roi des Monts de Fer avait raison, je reçus la plupart du temps des parures et de vêtements comme jamais auparavant. Je restais polie. Plusieurs fois je me retournais pour pouvoir poser des questions à Thorin mais à chaque fois on me coupait et je n'avais jamais l'occasion de recevoir des réponses.

Le temps passa de plus en plus et 16 heures sonnèrent lorsque le Roi se leva et me demanda de le suivre. Sans un mot, je lui obéis et nous laissâmes toutes l'assemblées derrière nous. Nous traversions le palais dans un silence de plomb jusqu'à descendre dans les salles les plus basses du royaume. J'étais un peu tendue comme à chaque fois que je me retrouvais seule avec lui et je n'osais pas prendre la parole en première. Je n'arrivais ni à savoir ce qu'il pouvait penser ni à comprendre ses intentions. Je me contentais de le suivre sans savoir où nous allions.

Avec ma robe, mes pas étaient plus petits et j'étais moins rapide que lui. Parfois, il ralentissait un peu l'allure ou m'attendait quand il avait pris plus d'avance. Je sentais qu'il gardait en permanence un œil sur moi mais je n'arrivais pas bien à savoir si c'était pour m'empêcher de fuir si l'envie me prenait ou bien si c'était pour me rattraper si jamais je me prenais une nouvelles fois les pieds dans ma robe.

Finalement, nous arrivâmes aux écuries. J'avais une folle envie de lui demander pourquoi nous nous trouvions dans ces lieux mais je tins ma langue. Il parcourrait les boxes, moi sur ces talons. J'avais l'impression que tous dans ce palais était merveilleux. Les écuries étaient propres et somptueuses et les poneys qui s'y trouvaient l'étaient tout autant. Au bout d'un moment, il ouvrit un des boxes et m'invita à entrer. Mais que faisions nous ici ? Je levai ma robe et je le suivais à l'intérieur. Je fis fasse à une magnifique bête. Un double poney baie à la crinière noir et à la robe flamboyante.

J'approchais lentement et je posai ma main sur le chanfrein de la bête. Celle-ci était complètement scellée de brides en cuir noir. On l'avait pansé et sa crinière était magnifiquement bien tressée. Je posais sur la monture un regard émerveillé. Thorin, de l'autre côté du poney, me regardait sans un mot caresser l'encolure de la bête. J'aimais beaucoup les chevaux mais j'ignorais qu'il le savait.

Pendant que mes doigts s'emmêlèrent dans les crins du poney je relevais mon regard pour rencontrer les yeux de Thorin. Je cherchais toujours la raison de notre présence dans un boxe des écuries du palais. Finalement, quand je vis qu'il ne dirait rien, je lui demandai :

- Puis je vous demander ce que nous faisons ici ?

- Et bien, je devais moi aussi vous offrir un présent.

Il me fallut un instant avant de comprendre le sens de sa phrase et je lui offris un grand sourire en murmurant un "merci" à peine audible.J'étais surprise de sa délicatesse. Pour la première fois depuis que je l'avais rencontré, je le vis sourire en retour pendant qu'il contournait la bête pour me rejoindre. Une fois à côté de moi, il détacha la sangle de la scelle qui tomba dans un bruit métallique sur le sol en pierre. Surpris, le poney releva brusquement la tête en hennissant. Je me retournais vers Thorin en lui demandant :

- Que faites vous ?

- J'ai besoin de prendre l'aire. Pas vous ?

Et sans attendre mon avis, il me saisit les hanches et me souleva sans effort pour me poser sur le dos de l'animal. Instinctivement, je m'accrochais à la crinière de la bête pendant que Thorin me rejoignait. Ma robe s'était dangereusement remontée sur mes cuisses et quand je sentis le large torse du Roi se collait contre mon dos je me tendis. Ses deux mains allèrent attraper les rênes et je me sentis complètement piéger entre le corps de Thorin. Je tirais alors un peu sur ma robe même si je n'arrivais pas à la baisser plus loin que les genoux.

Une fois prêt, il donna une impulsion avec ses jambes et le cheval parti directement au trot. Avec le mouvement, mon dos se plaqua littéralement contre Thorin et quand il partit au galop, je sentis le mouvement de ses hanches contre les miennes qui allaient et venaient au rythme de l'allure. Je me sentis mal à l'aise et je tentais tant bien que mal de mettre le plus de distance possible entre lui et moi. Ces bras qui m'encerclaient et ce souffle près de ma nuque me donnaient des frissons dans tout le corps. Thorin me faisait plusd'effet que ce je j'aurais pu penser.

Dès que nous nous trouvions assez loin, il ordonna au poney de ralentir et il repassa au pas. Je pouvais sentir le cœur du Roi qui battait dans sa poitrine et je dus fermer les yeux pour reprendre ma respiration. Je n'avais pas les idées claires. Trop d'évènements se bousculaient en un seul jour et c'était trop de sentiments et d'émotions que je ne pouvais pas supporter seule. Sans un bruit, je sentis mes larmes coulaient doucement. Elles perlaient silencieusement le long de ma joue. Je les essuyais avec ma main et je me sentis plus calme. Comme si quelque chose en moi devait sortir.

Quand il s'aperçut que je mettais mise à pleurer, une de ses mains lâcha la rêne pour venir essuyer, du dos des doigts, les larmes sur ma joue. Ensuite, un peu hésitant, il posa sa main sur la mienne. Surprise, je ne disais rien et, dans un murmure, il me dit :

- Je vois bien que vous ne me portez pas dans votre cœur et, je comprend mais, avec le temps vous apprendrez à m'aimer

Il arrêta le poney et je lui répondis :

- Je … Je ne vous comprend pas. La première fois que l'on c'est vu, vous m'avez terrifié, vous ne me parlez presque pas et j'ai l'impression que vous avez menacé mon père pour une raison que j'ignore.

- La première fois que l'on c'est vu je vous rappelle que vous avez été odieuse.

- J'étais en colère.

- Et vous l'êtes toujours ?

Je tournais la tête vers lui pour le regarder droit dans les yeux. J'avais l'impression de ne pas être avec le même nain que précédemment. Que lui était il arrivé en quelques heures pour devenir si gentil ? J'entendais mon cœur battre un peu plus vite et je sentais sa main toujours posée sur la mienne resserrait son étreinte. Il m'ensorcelait.

Etais je encore en colère ? Que pourrais je bien lui dire maintenant ? J'étais plus bouleversée, inquiète et peu sur de moi qu'en colère. Aucun mot ne sortait de ma bouche. Mon regard voguait entre les yeux de Thorin et ses lèvres qui se rapprochaient de plus en plus.

Finalement sa main quitta la mienne pour se poser sur ma joue et, d'une pression sur ma nuque, il brisa la distance qui séparait nos deux bouches. Je me retrouvais blotti contre le torse du Roi, les yeux fermaient et le souffle court. Sa deuxième main c'était retrouvé dans le creux de mon dos et me rapprochait encore plus vers son puissant corps. Je pouvais sentir ses muscles et son souffle chaud sur ma joue pendant qu'il m'embrassait. Je ne savais plus ou j'en étais, je me sentais complètement perdu.

Quand nos visages se séparèrent je n'osais pas le regarder dans les yeux mais sa main releva mon menton et je dus affronter son regard si doux, si différent. De longues secondes s'écoulèrent avant que je ne lui réponde :

- Je ne suis plus en colère ... Je suis juste complètement perdue.

Son regard n'affichait ni surprise, ni sourire victorieux. Il me fixait toujours avec douceur puis, il passa une de mes mèches de cheveux derrière mon oreille. Finalement, dans un murmure, je lui demandai :

- Je vous en pris, dites-moi ce qui se passe avec mon père ...

Et là, sans que je ne sache pourquoi, son visage se durcit et sa main se figea. Son regard devint noir et je sentis tout son corps se contracter. Que se passait il ? Je baignais encore dans l'incompréhension. Soudainement, il attrapa les rênes et donna une impulsion pour que le poney reparte au pas. Sans me regarder il grogna d'un ton glacial :

- On rentre.


Alors ? Qu'en dites vous ? :)

Je tiens à remercier ceux qui me laissent des petits mots. Si l'histoire vous plait n'hésitez pas, ca me fait vraiment plaisir.

A la prochaine !