So MIzu, une des deux fidèles "revieweuses" de cette fic (merci à elles), demande : "Comment Shûhei et Byakuya vont-il se réconcilier ?"
Que d'impatience !
Comme je suis quelqu'un qui aime bien torturer - un peu - les personnages (et les lectrices), il faudra attendre plusieurs chapitres pour voir renaître une ambiance plus romantique...
Mais tant qu'Ichigo sera là...
Enfin bref, je garde pour l'instant tous mes secrets pour moi, et je vous laisse découvrir les conséquences de cette première nuit.
Chapitre 6
Le perturbateur doit s'en aller !
Il régnait un silence de mort dans la salle à manger où s'affairaient pourtant servants et servantes. Malgré une longue habitude de ce type d'atmosphère, ces derniers accomplissaient leur service matinal dans l'angoisse d'un geste maladroit, du cliquetis des couverts ou du heurt des assiettes de porcelaine qui pourraient briser ce statu quo et appeler sur eux les foudres du maître de maison.
L'humeur du seigneur Kuchiki était tangible. Si ces gestes étaient toujours aussi raffinés, si sa posture était toujours aussi maintenue, il portait sur chacun des convives un regard irrité dont la profondeur anthracite était exceptionnelle.
Rukia s'était recroquevillée et faisait de son mieux pour se faire oublier. C'est à dire, que tout en satisfaisant un solide appétit, elle jetait de fréquents coups d'œils à droite et à gauche, cherchant d'un côté l'appui d'Ichigo et de l'autre essayant de comprendre ce qui ennuyait ainsi son frère. Cette tentative de discrétion vouée à l'échec irritait encore plus celui-ci.
Ichigo, qui s'était réjouit un moment de la fuite de ses tourments devant la lumière du jour, avait bien vite déchanté. Byakuya était toujours fâché après lui pour une raison qu'il ignorait. Épuisé après une autre nuit de veille, il essayait tant bien que mal de faire honneur au repas. Il étouffa pour la troisième fois consécutive un bâillement, ce qui lui valut d'être la cible d'un nouveau regard exaspéré de son hôte. Il haussa les épaules et soupira.
Shûhei accueillit avec soulagement la colère qui se portait sur lui. Elle le rassurait. Quoiqu'il se fut passé entre ce Kurosaki et son amant, cela ne remettait pas en cause son attachement envers lui. Si sa jalousie restait, parce que, quand même, certaines attentions n'appartenaient qu'à lui, il savait au fond que Byakuya lui était fidèle. Plongé dans des réflexions qui l'emmenaient sur la voie de la réconciliation, les traits de son visage se détendaient. Son attitude contradictoire acheva de pousser à bout Byakuya.
« Rukia !
— Hai, Nii-sama ! s'exclama-t-elle, prise au dépourvu.
— Il ne sied pas à une demoiselle de ton rang de se tenir ainsi. Dois-je rappeler auprès de nous Iruko-dono pour des leçons supplémentaires de maintien ?
— Ah non ! Euh... Je veux dire... Ce ne sera pas la peine, Nii-sama, se repris Rukia en se redressant avec toute la grandeur aristocratique dont elle était capable, et en abaissant son regard de la façon la plus humble qui soit. Triste condition incompréhensible des femmes du clan Kuchiki ! Elle ne se rappelait que trop bien les heures infernales et humiliantes passées à chasser les mauvaises manières dont elle était accusée par cette lointaine cousine de son frère.
— Shûhei !
— Byakuya ? murmura le jeune homme, comme étonné de le voir s'adresser à lui.
— Puisque tu nous fais l'honneur de ta présence ce matin, il serait de bon ton également que tu te nourrisses convenablement et que tu prennes part à la conversion.
— …
Shûhei resta coi, se demandant à quelle conversation il pourrait bien prendre part. Dans un repli stratégique et faisant d'une pierre deux coups, il s'empressa de porter à ses lèvres sa tasse de thé.
— Kurosaki Ichigo !
— Ouais ? répondit nonchalamment Ichigo.
— "Ouais" n'est pas une façon de s'adresser à moi pour un manant tel que toi.
— Qu'est-ce que tu veux, Byakuya ? corrigea Ichigo dans un essai incomplet de satisfaire à l'exigence de l'aristocrate en colère.
— Tu n'es plus le bienvenu dans ma demeure. Je te demande de partir sur l'heure.
— … !
— … !
— … ! »
Vous l'avez compris, la stupéfaction régnait autour de la table, convives et serviteurs compris. Ce dernier éclat ne ressemblait guère à Byakuya Kuchiki, chef du clan Kuchiki, l'une des quatre grandes Familles de la haute aristocratie du Seireitei. Il ne convenait pas à une personne de son rang de disposer de la sorte d'un résident de sa demeure, encore moins d'un invité, même indésirable, à moins qu'il y ait eu atteinte à sa réputation ou à son honneur, ce qui n'était pas le cas.
« Nii-nii... Nii-sama ! bégaya Rukia offusquée, la première à se reprendre mais encore trop interloquée.
— Euh... Byakuya... si j'ai fait quelque chose qui t'a offensé, je te présente mes excuses, finit par dire Ichigo, ennuyé. Il plissa les yeux, sentant venir un mal de tête carabiné, et leva la main pour se frotter la tempe.
— Nii-sama ! répéta Rukia, indignée.
— Byakuya ? interrogea Shûhei, incertain de la signification de cet ultimatum.
— N'est-ce pas ce que tu veux, Shûhei ?
— Nii-sama ! blâma Rukia, ne pouvant accepter qu'Ichigo soit la victime de l'ascendant de Shûhei sur son frère.
— Ce que je veux n'a rien à voir avec la présence ou l'absence du Shinigami remplaçant, déclara Shûhei.
— Hé, j'suis là, vous savez, intervint Ichigo d'une voix faible.
— Tais-toi ! » s'écrièrent tous les deux Shûhei et Byakuya.
Ichigo adressa à chacun d'eux un regard où il était facile de voir combien il était blessé. Il se leva et quitta la pièce.
« Hisagi-san ! Nii-sama ! reprit Rukia, outrée, inquiète et perplexe.
— Va le retenir, Rukia » demanda Shûhei à la surprise de tous.
Remettant les explications à plus tard, la jeune Shinigami se leva et partit rattraper son ami.
« Qu'est-ce que cela veut dire, Shûhei ? Le jeune Kurosaki n'est qu'une source de problèmes pour moi. Après ton esclandre d'hier, je pensais que tu te réjouirais de son départ.
— Problème ou pas, tu ne peux pas le chasser, surtout dans son état d'esprit actuel, n'est-ce pas ? Rukia ne le comprendrait pas. »
Byakuya baissa la tête, c'était un fait qu'il ne pouvait ignorer. À son grand dépit, Shûhei éclata de rire.
« Mais enfin, Shûhei ! Je ne te comprends pas ! s'exclama-t-il, pour la première fois pris au dépourvu devant un revirement qu'il ne parvenait pas à déchiffrer.
— Je sais. »
Byakuya plongea ses yeux dans ceux de Shûhei, songeant qu'encore aujourd'hui, il n'avait pas encore percé tous les mystères du jeune Shinigami au cœur ténébreux.
fin du chapitre 6
prochain chapitre : Quelle soirée !
