note du 18 avril 2012 :
Une situation indépendante de ma volonté a empêché les publications des chapitres suivants du "Séjour d'Ichigo" : toutes les corrections des prochains chapitres sont à refaire !
Aussi, pour vous faire patienter, j'ai décidé de mettre en ligne une nouvelle fic : "Chroniques d'un serviteur des Kuchiki". Jetez-y un coup d'oeil si le coeur vous en dit.
En attendant ces corrections, je continue l'écriture du Séjour d'Ichigo. Ne vous inquiétez pas, vous en verrez la fin.
Chapitre 7
Quelle soirée !
Au terme d'une journée où les successions agaçantes des irruptions de ses collègues en mal d'occupation l'avaient exaspéré, le capitaine Kuchiki envisageait avec impatience son retour dans sa demeure. Ce n'est qu'en chemin qu'il se rappela que s'y trouverait toujours Ichigo et cela suffit à assombrir plus encore son humeur. Ralentissant le pas, il se perdit dans la contemplation de la colline du sôkyoku que la hauteur rendait visible de presque tout le Seireitei. Se remémorant les événements qui s'y étaient déroulés, il étouffa un soupir et repris sa route, du pas égal qui était le sien.
Le lien qui existait entre Rukia et Ichigo ne pouvait être défait, il fallait l'accepter. Tout comme le lien qui s'était ainsi créé entre lui et le Shinigami remplaçant. Qu'il le veuille ou non, que Shûhei le comprenne ou non.
Une question n'arrêtait pas de lui tarauder l'esprit : que s'était-il passé la veille qui mette ce dernier dans un état pareil ?
Byakuya, grâce à un esprit remarquablement structuré, s'était, entre deux dossiers à remplir, entre deux regards lourds de menaces motivantes à Renji, entre deux interruptions amicales, penché sur la question. Et il faut bien avouer que malgré un intellect supérieur à la moyenne, il échouait à analyser correctement la situation. Sa fierté naturelle l'empêchait tout simplement d'envisager l'hypothèse que ses actions puissent avoir été à l'origine de la querelle. Car tout ce qu'il avait fait, c'était d'agir conformément à la promesse faite à sa sœur. Il n'avait lieu que de se féliciter. La conclusion à laquelle il arrivait toujours et encore, c'était que la présence du jeune Kurosaki avait déplu, pour quelque raison que ce soit, à Shûhei.
Mais là encore, lorsqu'il avait voulu se débarrasser de l'importun ce matin, Shûhei s'y était opposé, déclarant que la présence ou l'absence d'Ichigo ne changeait rien à l'affaire.
Il arrivait donc à l'hypothèse contradictoire, pour le moins surprenante et incompréhensible, que c'était lui que Shûhei blâmait.
De quelle façon il avait déclenché ses foudres, il n'en avait aucune idée. C'est que l'intraitable aristocrate pouvait être un peu obtus, dès lors qu'il s'agissait de se remettre en question...
Décidant qu'il ne servait à rien de s'attarder plus longtemps sur une question dont il ne pourrait trouver seul la réponse, il la chassa de ses pensées et se concentra sur l'organisation de sa soirée afin de se ménager du temps pour pouvoir parler à son amant.
C'est sur ces bonnes dispositions qu'il arriva en vue de son pavillon.
« Bienvenue, Byakuya-sama, l'accueillit Tsujirô.
— Bonsoir, Tsujirô. Shûhei est-il rentré ?
— Pas encore, Byakuya-sama.
— Rukia ?
— Rukia-sama a fait dire qu'elle serait en retard. Elle ne rentrera que pour le dîner. »
Byakuya pinça les lèvres de contrariété.
« Et que devient notre jeune invité ? demanda-t-il dans le secret espoir que celui-ci se soit volatilisé.
— Il a été absent toute la journée et vient juste de rentrer. J'ai servi le thé dans le petit salon.
— Bien ».
Il trouva Ichigo, le dos raide, assis en tailleur, installé devant une tasse fumante qu'apparemment il ne se décidait pas à boire.
« Bonsoir, Byakuya, lui dit-il, sobrement en se tournant vers lui.
— Bonsoir, Kurosaki Ichigo.
— Je ne m'attendais pas à te voir.
— Je suis ici chez moi, rétorqua Byakuya toujours debout.
— Oui, excuse-moi. Je voulais dire... comme ce matin... si tu veux toujours... euh... ».
Le discours de l'adolescent était encore plus embrouillé qu'habituellement. Visiblement, il était encore embarrassé par la scène qui s'était déroulée au matin.
« Je comprendrais, tu sais... continua-t-il cependant.
Cela ne te ressemble pas, Kurosaki Ichigo » dit Byakuya en s'agenouillant.
Le silence se fit. Bientôt ponctué d'une succession de bâillements immodérés, suivis d'une respiration ample et régulière lorsqu'Ichigo, inexplicablement détendu, s'allongea et s'endormit comme une masse.
Le maître de maison n'approuva pas du tout l'impolitesse de cette attitude, qui se produisait … pour la deuxième fois. Sa présence était-elle donc à ce point soporifique ? N'ayant ainsi pas eu l'occasion de s'enquérir des raisons du comportement inaccoutumé d'Ichigo, il se servit son thé et décida d'emmener sa tasse directement à son bureau où l'attendaient plusieurs affaires familiales à régler.
Trois quart d'heure plus tard, retentit dans la maison un hurlement douloureux et désespéré : « NON ! ». Des portes claquèrent, des murmures se propagèrent entre les murs, des pas précipités résonnèrent dans les couloirs. Le seigneur Kuchiki, de surprise, en avait perdu le fil de la vérification d'une rallonge budgétaire réclamée par une des branches secondaires de la Famille.
Petit à petit le calme revint, rythmé par les bruits de cette fin de journée. Byakuya cependant ne se remit pas à sa tâche, intrigué par la douleur qu'il avait perçue dans la voix. Le jeune Shinigami était tombé de sommeil en sa présence. Il était indéniable qu'il avait besoin de dormir. Il soupira en regardant les colonnes de chiffres dont la signification lui échappait maintenant. Il s'inquiétait. Il s'inquiétait pour Kurosaki Ichigo ! Rageant contre le sort qui s'acharnait ainsi sur lui, il se leva et parcourut la distance jusqu'au petit salon d'un pas furieux.
Ses craintes se confirmèrent. Le jeune Kurosaki, assis dos au mur, dodelinait de la tête sur ses bras croisés, posés sur les genoux. Il avait tout d'un garçon en détresse qui se refusait à dormir. En deux pas il fut sur lui, l'attrapa par l'épaule, ignora son regard stupéfait, le releva d'une poigne d'acier et l'entraîna avec lui le long du grand corridor jusqu'à son bureau où il le projeta d'une main ferme vers le sofa.
« Allonge-toi et plus un bruit » lui ordonna-t-il en regagnant son bureau.
Le pauvre Ichigo ainsi traité n'avait pu que balbutier en pure perte des « B-bya.. B-bya... Que... Eh ! » avant d'obtempérer en silence.
Quelques temps plus tard, quand il releva la tête de ses papiers, Byakuya put vérifier que le jeune Kurosaki s'était à nouveau endormi. N'en déplaise à Shûhei, il n'avait rien à se reprocher. Il n'allait tout de même pas laisser partir à la dérive le jeune ami de sa sœur, un guerrier de valeur de surcroît. Si sa présence lui était bénéfique pour il ne savait quelle raison, et s'il fallait recommencer ce qu'il avait fait la veille pour éloigner les cauchemars qui habitaient son sommeil, il était prêt à le faire.
fin du chapitre 7
Prochain chapitre : "Shûhei : le retour"
