Hesymi, au chapitre 9, a fait la leçon : " Ichigo, non mais qu'est-ce qui t'as pris de te barrer? Fallait faire semblant de dormir, et zieuter"
L'Ichigo de la fin du chapitre 10, rougit, toussote, baisse la tête et murmure : " Maintenant, je regrette de ne pas l'avoir fait".
Et moi de me demander : "Ichigo, ta jeune âme innocente commencerait-elle à être influencée par les moeurs libertines de tes hôtes ? Dois-je en préserver la pureté en te faisant quitter leur demeure ?"
Sur ce, le dernier résident de la maisonnée s'est montré curieusement absent jusqu'ici...
Et donc découvrez la situation maintenant que Shûhei et Byakuya se sont réconciliés :
Chapitre 11
Jalousie, quand tu nous tiens
Cela faisait quelques jours maintenant qu'une étrange routine s'était installée dans le pavillon privé du chef de clan, au sein de la résidence des Kuchiki.
Si le début de la journée semblait se dérouler normalement, le soir, par contre, il en était tout autrement. Le capitaine de la sixième division rentrait plus tôt que de coutume et rejoignait son invité insomniaque qui l'attendait dans le petit salon. Ensemble, ils se dirigeaient en silence vers son bureau et s'y installaient, Byakuya s'attablant pour continuer le travail qu'il avait ramené avec lui, et Ichigo s'allongeant sur le canapé pour profiter d'un sommeil réparateur. Il en était ainsi jusqu'au dîner.
Personne, pas même Shûhei, ne s'avisait de les déranger. Et Shûhei détestait la place qu'avait pris Ichigo auprès de Byakuya. Mais il rongeait son frein car il avait accepté sa présence. Il rentrait le plus tard possible, l'humeur morose et se morfondait dans un silence boudeur.
Le pire étaient les nuits, entrecoupées des cris du jeune Shinigami.
Vint un soir où Shûhei s'était trouvé à court d'excuses valables pour s'attarder à sa division. Lentement, il entreprit le chemin du retour, et se remémora la nuit qui avait suivi sa réconciliation avec Byakuya.
« Nous devrions être tranquilles ce soir, avait assuré Byakuya, le gamin s'est détendu dans la journée.
— Ne parle plus de lui et vient près de moi » avait-il grogné.
Dans l'intimité de leur chambre, Byakuya était venu le rejoindre sous la couette où il s'était saisi de lui tel un prédateur voulant soumettre sa proie. Mais la proie s'était défendue, et leurs ébats brutaux avaient exacerbé leur passion. Chacun heureux de retrouver l'autre, chacun désireux de faire payer à l'autre son récent tourment, chacun souhaitant se perdre dans les bras de l'autre. Au milieu de ce tourbillon de sentiments et de cet accomplissement de désirs qui formaient leur couple, avait résonné dans les couloirs l'appel suppliant et désespéré que tous avaient entendu la veille.
Ce fut comme si un vent glacial avait balayé la pièce. Il s'était figé et frissonnait non plus des caresses prodiguées à fleur de peau mais de l'écho du cri dans son cœur. Agrippé aux épaules de Byakuya, il l'avait fixé d'un regard où toute trace du feu brûlant qui y dansait auparavant avait disparu. Byakuya qui était au dessus de lui avait tourné la tête dans la direction d'où avait émané le son angoissé. Et lentement, son amant s'était rallongé lourdement à ses côtés.
« Je ne suis plus d'humeur, l'avait-il entendu déclarer au bout d'un moment.
— Moi non plus » avait-il enchaîné. Il avait alors niché sa tête dans la nuque de Byakuya et au creux de son oreille avait murmuré d'une voix fragile :
« Tu ne vas pas le voir ?
— Lorsqu'il sera prêt à en parler, il viendra de lui-même. Le forcer à le faire ne ferait que le bloquer davantage. »
Ils s'étaient finalement endormis, tressaillant ou s'irritant parfois aux sons de cris étouffés.
Depuis, ils n'avaient plus refait l'amour.
Shûhei se sentait négligé. Byakuya semblait indifférent à cet état des choses.
Au crépuscule, ils partageaient un saké, dans l'intimité du salon mitoyen de leurs appartements, enfin délivrés de la présence de Rukia et Ichigo. Ils se retrouvaient dans leur chambre où ils s'enlaçaient tendrement, et discrètement - on ne les y reprendrait pas deux fois.
« Cela devrait me satisfaire » se tança Shûhei, s'accrochant à ce que lui disait sa raison.
Mais il n'était pas parfait, et d'ailleurs il ne voulait pas l'être. Il voulait être au centre de l'intérêt et de l'attention de son amant. Il voyait sa place diminuer au sein du cercle privé de Byakuya entre la charge de chef de clan et le dorlotement du Shinigami remplaçant, et il n'était pas prêt pour cela.
Abattu par cet accès de mélancolie, Shûhei arrivait à un carrefour et n'eut pas l'idée de redresser la tête. Mal lui en prit, il percuta quelqu'un, un de ses confrères sans doute. La violence du choc les fit se retrouver tous les deux sur les fesses, se confondant simultanément en excuses polies :
« Excusez-moi : je ne regardais pas où j'allais »
« Excusez-moi : j'étais trop pressé ».
Au son de leurs voix respectives, ils se regardèrent avec plus d'attention et s'écrièrent de concert :
« Kurosaki ! ».
« Hisagi-san ! ».
Et enchaînèrent comme un seul chœur :
« Tu rentres au manoir ? ».
Devant la réponse affirmative de chacun, ils n'eurent d'autre choix que de continuer la route ensemble.
Ichigo cheminait aux côtés de son aîné. Ce dernier le dépassait de plusieurs centimètres et fixait sur lui un regard peu amène sous lequel il se renfrogna.
« Si tu as quelque chose à dire, dis-le, fit-il au bout d'un moment.
— Quand comptes-tu partir ? finit par demander Shûhei.
— Mais, c'est bien toi qui a insisté pour que je reste, Rukia me l'a dit, rétorqua Ichigo.
— Taisons-nous, cela vaut mieux, soupira Shûhei.
— Eh, je parle quand je le veux ! Je vois bien que je vous dérange, mais pourquoi es-tu aussi agressif envers moi ? Je ne t'ai rien fait que je sache.
— Rien, à part monopoliser le peu de temps libre dont dispose Byakuya, perturber nos nuits par tes cris et nous empêcher de faire l'amour ! explosa soudain Shûhei, perdant le contrôle de lui-même comme beaucoup avant lui devant l'aveuglement de notre jeune rouquin.
— Oh ! ».
Ce fut le retour de la fraise, aux plus beaux jours d'un soleil d'été.
Dans un silence religieux, ils continuèrent leur parcours.
fin du chapitre 11
Prochain chapitre : Une juste compensation
