Bonjour à tous,
Je suis désolée de ne pas avoir publié la semaine dernière mais j'étais un peu bloquée sur la manière d'aborder l'histoire du point de vue d'Aro. J'espère avoir réussi.
Merci à toutes mes revieweuses qui m'ont bien soutenue lors de cette épreuve !
Bonne lecture !
Aro n'en revenait pas : cette femme l'avait attaqué alors qu'il l'avait sauvée. Etait-ce ainsi que les femmes modernes remerciaient leur prince charmant ? Certes, Aro ne la considérait pas comme sa princesse (ou plutôt sa Reine puisqu'il était lui-même Roi), néanmoins, il estimait mériter plus d'égards et des remerciements. Il décida donc de la rattraper et de lui dire sa façon de penser. Il parvint à sa hauteur en une fraction de seconde mais resta caché. Etrangement, cette femme l'intriguait et il ignorait pourquoi. Elle tomba par terre, ce qui était prévisible étant donné les chaussures qu'elle portait. Il fallait être stupide ou désespéré pour courir avec des talons hauts. Il sentit alors son sang, ce qui lui donna horriblement soif. Pourtant, il revenait de chasse et il avait toujours su se contrôler. « La mia cantante » se dit Aro, fou de joie. Oui, c'était sa chanteuse : son sang ne chantait que pour lui. Partagé, il ne savait s'il devait céder à ses pulsions et la vider de son sang sur le champ ou s'il devait l'attraper et l'enfermer pour lui prélever chaque jour un peu de son sang. Mais pourrait-il se contenter d'un demi-litre par jour quand il pouvait d'ores et déjà en avaler cinq ?
Ou alors… La prendre comme compagne ? Il se rappela Edward et Bella. Cette dernière était la chanteuse du jeune Cullen qui avait préféré sortir avec plutôt que de la tuer. Il avait sacrifié sa soif de sang pour lui faire un enfant. Il avait ainsi obtenu une compagne puissante et un enfant hors du commun. Cela plut à Aro ! Après 3000 ans d'existence, sa soif de pouvoir restait toujours plus forte que sa soif de sang. Il contempla l'humaine qui se redressait maladroitement et tentait de continuer de fuir en boitant. Elle avait de gros progrès à faire si elle désirait un jour devenir sa Reine.
Tout d'abord, son maintien ! Une Reine devait se tenir droite et avoir fière allure alors que cette femme ressemblait davantage à une pauvre âme apeurée, fuyant pour sa vie. Ensuite, son caractère ! Aro aimait bien les femmes imprévisibles (cela chassait son ennui) mais il était hors de question pour lui de se faire agresser à chaque fois qu'il l'approchait. Or, cela faisait déjà deux fois qu'elle le maltraitait. Une fois, en lui disant qu'il n'était pas son ami alors qu'il n'avait rien demandé et l'autre fois, en l'aveuglant alors qu'il la sauvait. Il est vrai qu'il l'avait traquée et que, s'il fallait entrer dans les détails, il avait davantage tué cet homme qui avait osé s'attaquer à sa proie plutôt que de tenter de sauver sa vie mais cela n'était guère important. Dans les faits, elle avait eu la vie sauve grâce à lui et c'était tout ce qui comptait ! Enfin, la dernière chose qu'elle devait changer était son style vestimentaire. Elle était plutôt belle, avec sa forte poitrine, son ventre plat et ses longs cheveux noirs qui tombaient jusqu'à ses hanches. Toutefois, sa robe, bien que décolletée, était d'une simplicité affligeante. N'avait-elle donc aucun sens de la coquetterie ? Pas de bijoux, pas de jolis accessoires… Même le maquillage était trop simple. Elle aurait pu au moins se faire un regard charbonneux ou mettre du rouge sur ses lèvres ! Mais non, elle s'en était tenue à un simple mascara. Aro soupira en pensant qu'elle allait vraiment devoir faire beaucoup d'efforts pour le séduire. Elle avait de la chance qu'il soit si clément et prêt à faire des concessions.
Lorsqu'elle arriva chez elle, il resta dehors en réfléchissant sur la meilleure manière de l'aborder. Il secoua la tête en comprenant que c'était inutile. Dès qu'elle le verrait, elle reconnaîtrait son prince charmant en lui et accepterait de le suivre jusqu'au bout du monde. Enfin, il n'aurait pas besoin d'aller si loin. Le Palazzio dei Priori, sa demeure, serait suffisant. Il frappa donc à la porte en souriant à l'idée de la voir surprise et lui tomber dans les bras. A la place, la porte s'ouvrit brutalement sur la jeune femme visiblement en colère qui lui hurla, sans même un regard :
« C'EST A CETTE HEURE-CI QUE TU ARRIVES ?!»
Puis, voyant Aro, elle fit une énorme grimace et lui claqua la porte au nez. Aro resta sidérée : les jeunes femmes modernes avaient décidément une curieuse manière d'accueillir leur prince charmant !
