Bonjour mes amours ! :D
Qui dit nouveau mois, dit nouvel OS défi. Ce mois-ci, le fanart sélectionné est un montage Sirmione réalisé par NunaKneazlle (DeviantArt). C'est un pairing auquel je m'essaie pour la première fois, et je ne connais d'ailleurs que les fictions écrites par BrownieJune, que je remercie d'ailleurs mille fois pour sa relecture. Elle m'a été précieuse. Un grand merci également à Lorenzo, mon meilleur ami, qui m'a cette fois sauvé la vie pour la correction. Parce que j'étais à la bourre dans l'écriture et que je ne peux pas demander à ma chère Impératrice Charlotte d'être disponible H24...

Je réponds aux reviews anonymes, puis on se retrouve plus bas pour des petites infos... (a) :D

Succubus Shadows : Tu me rends heureux là. *.* Je prends tellement plaisir à lire du Drarry, et maintenant à en écrire... ce n'est assurément pas le dernier !

Guest : Super ! :D Je suis étonné de rendre fière quelqu'un que je ne connais pas, mais j'imagine que c'est un compliment ahah Bisous !

Devine qui c'est : Merciiii ! :D Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu tes reviews, ça fait plaisir. :p Étonnant, on se demande bien quel prof nous a fait aimer la médecine légale ahah Haaaaan... *.* *Comment rendre un auteur heureux*


Velum en pullus et roseus : voile en gris et rose

Sirius attendait, sur les lieux de son trépas. Depuis combien de temps, il ne savait pas. Le temps n'avait plus d'importance là où il se trouvait. Comment il s'était retrouvé à cet endroit précis, il ne le savait pas non plus. Cela faisait un certain temps qu'il ne cherchait plus à comprendre. Dans l'au-delà, la logique se dissipait aussi sûrement que les corps, devenus fluides comme la conscience.

En revanche, il savait pourquoi il attendait. Hermione Granger. Il sentait sa conscience, encore ténue, mais sensiblement en approche.

Et dans une brise légère qui fit danser le voile, elle apparut enfin, d'abord floue, puis de plus en plus nette, jusqu'à devenir parfaitement visible. Elle se trouvait au sol, recroquevillée sur elle-même.

Elle frémit, son enveloppe corporelle s'étant reconstituée après son voyage spatio-temporel. L'impression devait être étrange, mais Sirius ne pouvait guère en attester ; il y avait déjà longtemps que son corps n'était plus capable de produire ce type de manifestations, et lui-même n'était pas apparu dans les mêmes conditions.

Silencieux, il l'observa ouvrir les paupières et observer l'espace autour d'elle, tandis que la surprise, mêlée de peur, se peignait sur son visage.

Sirius avança alors, lentement, cessant d'être une ombre parmi les ombres. Il glissait plus qu'il n'avançait d'ailleurs, mais son esprit s'était fait l'économie d'un nouveau vocabulaire il pensait comme lorsqu'il vivait encore. De toutes les manières, la différence principale résidait dans la conscience de sa condition.

Les pupilles apeurées de la jeune femme finirent par se poser sur lui dans leur agitation. Loin de l'apaiser, sa vue eut pour effet de l'affoler davantage.

« Sir…Sirius ? Qu'est-ce que… ? Par Merlin, je dois être morte…oui, c'est ça, j'ai perdu la vie… Mais…je ne… Je ne me souviens de rien… », commença-t-elle, pensant à voix haute.

Sirius lui sourit, secouant la tête à la négative. Mais elle ne lui laissa pas le temps de répondre.

« Que m'est-il arrivé ? », s'écria-t-elle, sa voix montant dans les aigus, se brisant sur la fin. « Je n'ai aucun souvenir ! Han Sirius, qu'est-ce que je vais faire ?! »

Elle se prit la tête dans les mains, tandis que Sirius s'agenouillait avec légèreté pour se mettre à son niveau.

Il posa sa main sur l'avant-bras d'Hermione – ce qui n'était pas vraiment le terme approprié, vu l'aspect volatil de son enveloppe corporelle, mais l'idée était là -, qui leva des yeux brillants de larmes dans sa direction.

« Tu n'es pas morte, Hermione », lui assura-t-il, sur un ton qui sonnait comme une promesse.

« Mais alors… »

Sirius sourit à nouveau. La sorcière faisait toujours de la compréhension une priorité. Elle risquait d'être déçue, plus grand-chose n'ayant de sens par ici les choses étaient ce qu'elles étaient, tout simplement. Chercher à comprendre était une torture, que Sirius s'était infligée avant de lâcher prise. Les réponses n'existaient pas.

« Je n'en sais pas plus que toi. Je sens juste que tu as toujours une connexion avec le monde des vivants. Ton enveloppe corporelle n'est pas tout à fait ici », lui expliqua-t-il en haussant les épaules.

Hermione resta silencieuse, et la conscience de Sirius se perdit au-delà du voile, dans sa vie. Contrairement à ce que certains sorciers imaginaient, les morts ne savaient pas ce qu'il se passait pour les vivants. Sirius ne savait pas ce qu'il advenait de son filleul ni de ses amis. Il avait en face de lui une jeune femme, plus âgée de dix années par rapport au moment où il l'avait quittée. Et il n'avait aucune connaissance de ce qu'avait été sa vie durant cet espace-temps.

Un reniflement le fit revenir à la réalité. Baissant les yeux sur Hermione, il réalisa qu'elle pleurait dans un silence presque parfait. Son cœur se serra légèrement, conscient du trouble qui devait l'habiter. Il n'aimait pas la voir comme ça.

Relevant sa main, il essuya les joues humides de la sorcière.

« Est-ce que tu te souviens de quelque chose ? », lui demanda-t-il avec douceur.

Hermione secoua la tête de droite à gauche, ses yeux chocolat fixés dans les siens. Des yeux qui se dégradaient en des nuances plus subtiles, des tons allant du chocolat le plus noir à un brun plus châtaigne, mais pas moins doux. Il percevait même des étincelles dorées. Cette femme dégageait une telle douceur et une telle force de caractère…

Elle pinça ses lèvres l'une contre l'autre. Elle semblait retenir une nouvelle évasion des larmes.

« J'ai peur… », souffla-t-elle, d'une voix à peine audible.

« J'imagine ma belle, mais je suis là. Tant que tu resteras ici, je ne bougerai pas », lui promit-il.

Hermione acquiesça, reconnaissante.

OoOoO

Hermione était perdue. Tout se bousculait dans sa tête, elle ne comprenait rien, mais ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce qui lui arrivait. Comment était-elle arrivée ici ? Pourquoi avait-elle l'impression que sa place n'était pas ici ? Pourquoi était-elle bloquée, sans pouvoir revenir auprès de ses amis ? Harry, Ginny…son mari, Ron. Son cœur fit un saut périlleux.

Elle était mariée. De cela, elle se souvenait. Cela s'était produit un jour d'automne, alors que les feuilles tombaient des arbres en dessinant de jolies arabesques. Les cheveux roux de sa belle-famille se fondaient dans le décor, tandis qu'Hermione ne pouvait décrocher le sourire qui lui tirait douloureusement, mais joyeusement, le visage. C'était le plus beau jour de sa vie.

Qu'il lui semblait loin ce jour, à présent… Elle était toujours coincée, derrière le voile qui avait laissé disparaître Sirius lors de la bataille au département des Mystères.

Sirius. Il se trouvait toujours là, avec elle. Il était appuyé dans un coin de la…pièce, dont les murs n'en étaient pas vraiment, pendant qu'Hermione faisait les cent pas, tournant comme un lion en cage.

Elle aurait voulu sortir, mais l'inconsistance des murs ne rendait pas l'évasion plus évidente. C'était quelque chose qu'elle ressentait, mais ne comprenait pas… Aucune logique ne pouvait expliquer pour quelle raison un ensemble inconsistant ne pouvait pas être traversé, et pourquoi Hermione avait traversé le voile comme si elle n'était qu'atomes, s'organisant et se désorganisant. Elle n'avait aucune prise sur ce qu'il lui arrivait.

La vérité, c'était probablement que ce n'était pas la réalité. Sirius lui avait assuré qu'elle n'était pas morte. Et sa conscience, enfermée dans un étau, lui donnait l'impression d'être dans un rêve. Un rêve plus que réaliste, mais tout de même. Elle était là, mais sans être vraiment présente. Comment expliquer autrement sa condition, donc ?

Elle cessa subitement de tourner en rond, sortant de ses pensées. Son regard croisa celui de Sirius. D'abord surpris par son arrêt soudain, un sourire amusé finit par se dessiner sur son visage.

« Quoi ? », réagit Hermione, se demandant ce qu'elle avait bien pu faire d'amusant.

Sirius haussa les épaules sans se dépeindre de son sourire.

« Rien. »

La sorcière fronça les sourcils.

« Mais dis-moi ! Tu as forcément pensé à quelque chose. »

Son sourire s'élargit, découvrant ses canines, mais il ne répondit pas pour autant.

« Sirius ! », s'exaspéra Hermione, tapant du pied sur le sol.

Cela ne provoqua que son rire, aux résonances d'aboiement. Nul autre que lui ne riait de cette manière et malgré elle, Hermione sourit également. Mais qu'il était exaspérant à garder le silence !

Son rire se tarit de lui-même, puis il redevint sérieux, observant Hermione.

« Quel est ton plan ? », lui demanda-t-il.

« Pardon ? », fit Hermione, les yeux ronds. Elle n'avait aucun plan.

« Allez, tu en as forcément un. Ton cerveau ne cesse jamais de fonctionner. Et après tout, tu es la sorcière la plus intelligente de ta génération », expliqua-t-il, insistant sur les termes. « Alors, quel est ce plan ? »

Abasourdie, rougissante, Hermione resta quelques instants à dévisager celui qui semblait prêt à la suivre dans ses idées les plus folles… Le temps ne changeait pas l'adolescent aventureux qui se cachait en lui.

« Je…je… Je n'en ai pas », avoua-t-elle, piteuse.

« Des théories dans ce cas ? »

« Hum… Je rêve ? », tenta-t-elle.

« Penses-tu que tu rêves, Hermione ? », lui lança-t-il sur un ton charmeur.

Merlin, est-ce qu'il était obligé de lui sortir ce sourire ?!

« Pourquoi pas ? », fit Hermione en reprenant du poil de la bête. « Cela expliquerait pourquoi je suis ici, sans pour autant être morte, alors que tu… »

Elle ne termina pas sa phrase, soucieuse de la réaction du sorcier. Mais plutôt que de perdre son sourire, il afficha une expression suggestive à la fois déstabilisante qui rendit Hermione perplexe.

« Quoi encore ? », lui demanda-t-elle avec un air de défi.

« Donc si tu rêves, c'est de moi ? », releva-t-il avec un sourire en coin.

« Quoi ?! Mais…oui…non… Sirius, arrête avec ce regard, je t'en prie ! », s'exclama-t-elle alors qu'il jouait avec ses sourcils.

Alors qu'il partait dans un nouveau rire aboyé, Hermione s'échappa de sa vision en se tournant vers le voile, qui ondulait doucement, à la manière d'une pensée légère. Et ses propres pensées s'échappèrent au-delà du voile, dans le monde des vivants.

Subitement, dans un hoquet de surprise, elle sentit quelque chose sur le dos de sa main, comme si la paume d'une autre main s'y était posée. Il n'en fallut pas plus à Sirius pour qu'il la rejoigne en deux enjambées, se postant en face d'elle.

Tout comme elle, son regard se posa sur sa main, où la sensation avait déjà disparu, mais qui laissait l'impression d'une douce chaleur.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? », lui demanda-t-il, prenant son menton entre son pouce et son index, captant ainsi son regard et son attention.

« J'ai…senti…quelque chose. Je ne sais pas ce que c'était. »

Hermione remarqua que Sirius n'avait pas l'air surpris, ni plus préoccupé outre mesure. Il ne semblait pas plus comprendre qu'elle, mais portait plus d'intérêt à son ressenti qu'à une explication rationnelle. Cela la changeait tellement de ce qu'elle connaissait… quoique, pas tellement en fin de compte. Harry se comportait aussi de cette manière avec elle, à la différence que son parrain dégageait quelque chose d'éminemment plus…viril, en plus d'un instinct protecteur. Ce n'était pas qu'Harry n'avait rien de viril, mais il y avait quelque chose d'envoûtant dans l'attitude de l'ancien aristocrate.

« Juste quand j'ai regardé le voile, et que j'ai pensé à eux… », souffla-t-elle, continuant son explication. « Ils me manquent… »

Sirius hocha simplement la tête, lui offrant une étreinte à laquelle Hermione n'eut pas envie de se soustraire. Elle avait besoin de réconfort.

OoOoO

Assis contre un mur, Sirius et Hermione étaient côte à côte. La tête d'Hermione s'était posée sur son épaule, et Sirius avait l'impression que tout son flanc droit irradiait. La présence de la jeune sorcière était agréable. Elle avait quelque chose de vivant, qui manquait à son existence.

Ce n'était pas tant parce qu'elle était vivante alors que lui n'appartenait plus au monde des vivants, parce que c'était quelque chose qu'il avait toujours ressenti lorsqu'elle se trouvait à proximité. Mais à l'époque, il n'aurait jamais pu l'avouer. Hermione était beaucoup trop jeune, et une trop grande différence d'âge les séparait.

Par Godric, elle n'avait que seize ans lorsqu'il avait perdu la vie ! Ce qu'en auraient pensé les autres, il s'en fichait comme de son dernier repas. Même si Molly se serait exclamée qu'Hermione n'était qu'une enfant si elle avait su. Elle était déjà une sorcière exceptionnellement admirable au vu de son âge.

En revanche, il n'aurait pas pu lui infliger ça. Elle avait toute la vie devant elle, des aventures à découvrir, des erreurs à expérimenter…une guerre à mener. Elle avait mieux à faire que de se terrer au 12, Square Grimmaurd avec lui, vieil aigri, condamné par la vie, par sa détention à Askaban, par sa vie de captif pour échapper au Ministère. Non, il n'aurait pas pu lui infliger cela.

Cela ne l'avait pas empêché de se montrer rieur et fort, d'aller au-devant des dangers, ce qui l'avait finalement mené à sa perte. Il l'avait regretté au début. Il avait toujours agi de cette manière, c'était son tempérament, sa manière d'être et de vivre, mais une part de lui l'avait fait pour l'impressionner et susciter son admiration, le rendant un peu stupide et irréfléchi. Et dès lors, il avait perdu toute chance d'avoir un jour une place significative dans sa vie, puisqu'il n'était plus.

Mais la situation avait changé, à présent. Hermione n'était plus l'adolescente de seize ans qu'il avait quittée. Elle était devenue une jeune femme de vingt-six ans, qui avait eu l'occasion de vivre. Étant une Gryffondor, il était persuadé qu'elle n'était pas restée dans son coin en attendant que sa vie se fasse d'elle-même. Elle devait avoir agi, avoir donné un sens à sa vie. Avoir connu d'autres hommes également, aussi douloureuse était cette pensée… Mais c'était un fait. Et comment aurait-il pu en être autrement, vu la magnifique femme qu'elle était devenue ?

Alors, un peu comme pour rattraper le temps perdu, contournant la question des petits amis – et espérant au fond de lui qu'il n'y avait personne dans sa vie, aussi ridicule cela soit-il -, Sirius avait commencé à questionner Hermione sur la vie qu'elle menait.

« Après la guerre, j'ai entamé des études pour travailler dans la politique. Je voulais réformer l'éducation des jeunes sorciers, faire en sorte qu'ils soient plus informés sur la vie des Moldus, mais aussi sur les guerres moldues. J'étais, et je le suis toujours, persuadée qu'il fallait que le monde des sorciers tire des leçons sur le vécu des Moldus pour comprendre le règne de Voldemort et pour que cela ne se reproduise plus. »

Sirius l'écoutait, plus que convaincu. Il ne pouvait pas dire le contraire, après ce qu'il avait vécu. Sa famille continuait à le répugner, et il ne prenait jamais grand plaisir à se rappeler sa bien chère cousine Bellatrix. Heureusement, dans ce monde-ci, il n'y avait place que pour la quiétude. Il ne savait pas où elle se trouvait, mais l'au-delà ne manquait pas d'étendue.

« Je suis certaine que tout passe par l'apprentissage. On ne peut pas savoir ce que l'on n'a pas appris, et on ne peut pas l'apprendre si ceux qui savent ne nous transmettent pas. Alors je travaille activement à faire passer dans le programme de Poudlard un cours obligatoire d'éducation civique, et même avant cela, instaurer une collaboration entre les bibliothèques sorcières et moldues, pour permettre aux plus jeunes sorciers l'accès à l'histoire. »

La passion d'Hermione se ressentait dans chacun de ses mots, et cela faisait sourire Sirius. Elle avait de l'ambition, beaucoup d'ambition. Son courage, comme son intelligence, la mènerait loin. Mais pour cela, il faudrait qu'elle rentre chez elle, dans ce monde. Et à n'en pas douter, elle le ferait. Il la laisserait partir. Il la laisserait vivre. Même s'il profiterait un maximum de sa présence dans cet entre-deux.

OoOoO

Naturellement, Hermione avait laissé reposer sa tête sur l'épaule de Sirius. Elle ne s'en était pas vraiment rendu compte, mais il n'avait pas tenté de se dérober. Et comme elle se sentait bien, ainsi appuyée contre lui, elle n'avait pas bougé. Sa chaleur avait un côté réconfortant.

Elle se sentait si bien en sa présence qu'elle lui parlait de sa vie. Elle ne savait plus vraiment comment elle avait commencé. Est-ce qu'il lui avait posé une question ? Est-ce qu'elle avait pris l'initiative ? Elle ne savait plus, mais toujours était qu'il l'écoutait, et que parler lui faisait du bien.

Rapidement, après lui avoir raconté ses projets de carrière, elle en était venue à parler d'Harry. C'était son meilleur ami, il était important pour elle, mais surtout, elle se disait que c'était ce qui devait le plus intéresser Sirius. Elle avait pris plaisir à lui raconter son mariage avec Ginny, et la naissance de leur premier enfant, qui avait à présent deux ans.

« Harry a absolument tenu à faire honneur à deux personnes qui ont une place particulière dans sa vie au moment de le nommer », annonça-t-elle avec un sourire, certaine que la nouvelle ferait plaisir à Sirius, ainsi qu'au père d'Harry, lorsque le premier pourrait en informer le second.

« Et comment l'a-t-il nommé ? », s'enquit le sorcier.

« James Sirius Potter ».

Sirius rit doucement, d'un rire qui résonna de manière douce et mélodieuse à l'oreille d'Hermione. Elle aurait juré qu'il était ému.

« S'il est comme son grand-père et le parrain de son père, Harry et Ginny ne sont pas sortis du Chaudron baveur. Il va leur en faire voir de toutes les étincelles de leurs baguettes. »

« Alors ça, c'est certain », lui confirma Hermione, amusée. « Mais ils pourront aussi en être fiers. »

Hermione avait terminé sa phrase en parlant de plus en plus bas, comme si elle révélait un secret. Elle ne savait pas pourquoi elle avait cette sensation, mais elle était un peu gênée de cette révélation. La confortant de son embarras, Sirius eut tôt fait de relever le compliment dissimulé.

« Ah oui ? Tu penses qu'il y a de quoi être fier de tenir de deux imprudents ? »

« Mmmh… oui ? Ce n'est pas tant l'imprudence qui vous caractérise. C'est plus que cela », avoua-t-elle, glissant rapidement sur ce qu'elle pensait de Sirius malgré l'emploi du pluriel. « Vous êtes courageux, toujours prêts à protéger ceux que vous aimez, à défendre vos valeurs, qu'importe à quel péril vous vous exposez. Vous aimez la vie, mais vous l'aimez encore plus en étant libres, plutôt que de la vivre à genoux. Et votre assurance a un côté sécurisant qui fait du bien à votre entourage. On sait que l'on peut compter sur vous. »

« Ouah ouh ! Ça c'est de la déclaration », commenta Sirius après un silence prolongé.

Il s'était exprimé à voix basse, donnant l'impression à Hermione qu'il était soufflé par ses propos. Elle-même avait le cœur qui battait à cent à l'heure, mais son esprit n'en comprenait pas les raisons. Elle avait parlé, non pas sans penser ses propos, mais sans penser aux conséquences ou à leur signification. Qu'en était-il ? Ce n'était peut-être pas si important. Pas ici, pas maintenant.

« Je suis un peu obligée d'être fier de lui », se reprit-elle. « Je suis sa marraine, après tout. »

« Alors ce bonhomme a beaucoup de chance de tirer le meilleur de son potentiel. »

Hermione sourit. Le compliment était également perceptible.

« Merci. »

« À votre service, ma chère. »

Le silence s'installa entre eux, laissant l'air les envelopper, comme une bulle de paix.

Hermione ne se réveilla que plus tard, à la fois étonnée de constater qu'elle s'était endormie, et perplexe. Elle se redressa, rougissante elle s'était servie de Sirius comme d'un oreiller, non plus appuyée contre lui, mais complètement avachie sur son torse. Lui-même semblait s'être déplacé pour lui permettre d'être à l'aise.

« Je…heu…pardon… », bégaya-t-elle, évitant son regard. « Je n'ai pas réalisé que… »

Puis elle se figea, comprenant pour quelles raisons elle avait quitté la douceur de son sommeil. Du voile s'échappaient des voix.

« Tu as entendu ? », s'exclama-t-elle en se redressant totalement en position assise, le regard hagard.

« Non, je n'entends rien de particulier. Qu'est-ce qu'il y a ? », ajouta-t-il alors qu'elle se relevait, marchant vers le voile.

Les sons étaient indistincts, mais plus elle s'approchait et se concentrait dessus, plus elle avait l'impression que les voix devenaient intelligibles.

« Mon prénom », répondit-elle soudainement. « Quelqu'un prononce mon prénom ».

Elle sentit et entendit plus qu'elle ne vit Sirius approcher, se postant derrière elle.

« C'est Harry, je crois. Oui, c'est ça », confirma-t-elle, à présent certaine.

Elle ne comprenait pas pourquoi elle n'entendait pas Ron, plutôt qu'Harry, mais elle ne dit rien. Le toucher sur sa main se fit à nouveau ressentir, et elle détacha difficilement son regard du voile pour le poser sur sa main.

« Il semble inquiet », continua-t-elle. « Mais je ne saisis pas ce qu'il dit. »

« Ferme les yeux », l'enjoint Sirius, pendant qu'Hermione s'exécutait. Elle se concentra sur le son de sa voix, à la fois doucereuse et forte. « Maintenant focalise-toi sur la voix. Écoute-la avec ton cœur. Qu'est-ce qu'il décode ? »

Il lui sembla alors pendant quelques instants qu'elle se trouvait à deux endroits en même temps. À la fois debout, enveloppée par la chaleur réconfortante de Sirius, et allongée sur un matelas. Elle sentait l'odeur du parfum de Sirius, mais également celle de potions antiseptiques. Le sorcier respirait lentement derrière elle, et des battements de cœur se faisaient entendre autour d'elle, en même temps qu'un picotement parcourait sa peau. C'était ses propres battements de cœur, révélés par la magie.

Il n'y avait plus aucun doute possible, à présent : si sa conscience se trouvait avec Sirius, dans le monde des morts, son corps, lui, se trouvait à Sainte Mangouste. Hermione n'était plus tout à fait persuadée de rêver, à moins qu'elle puisse rêver en étant dans le coma. Elle ne savait pas si c'était possible.

Enfin, elle fut capable de comprendre ce que lui disait son meilleur ami.

« On va tout faire pour te sauver, Hermione. Je te le promets. Tu vas vivre, vieillir, être heureuse avec nous. »

OoOoO

Cela faisait plusieurs minutes qu'Hermione pleurait dans ses bras. Elle ne lui avait pas fait part de ce qu'elle avait entendu, mais son cœur le serrait douloureusement de la voir si mal. Il ne pouvait pas faire grand-chose, sinon être là, continuer à lui caresser les cheveux et tenter de la rassurer en lui chuchotant des mots qu'il souhaitait apaisants.

Lui-même n'était pas rassuré. Plus le temps passait, plus elle parvenait à se connecter avec le monde des vivants. Et pendant qu'elle se connectait, elle n'était plus tout à fait avec lui. Il savait que le temps était compté bientôt elle devrait rentrer. Égoïstement, il n'en avait pas envie.

Il aurait pu lui dire qu'en réalité, elle avait le choix. Elle pouvait choisir de rester avec lui, de l'accompagner dans son monde. Ils pourraient vivre une éternité ensemble, la rendre heureuse. Bien sûr qu'il pouvait la faire craquer, s'il le voulait. Et une part de lui le voulait.

Mais si dix ans auparavant il avait pris la décision de lui laisser vivre sa vie parce qu'elle était trop jeune pour se terrer avec un vieux clébard, il n'allait pas lui demander de mourir pour lui aujourd'hui. Il ne pouvait pas lui faire ça.

Et si elle était là aujourd'hui, c'était peut-être parce que le destin lui donnait la chance de dire à la sorcière tout ce qu'il ressentait pour elle. Une chance de lui dire qu'il serait cette étoile qui veillerait sur elle sa vie durant. Une chance de lui dire que, quoi qu'elle fasse de sa vie, elle devait le faire intensément, sans crainte. Une chance de lui dire que, le jour où son heure viendrait, elle ne devrait pas avoir peur de mourir, parce que quelqu'un l'attendrait.

Mais pour ça, il devait la laisser partir. Lui dire qu'il était temps qu'elle rentre chez elle, auprès de ses amis et de sa famille. Il devait le faire. Il allait le faire. Il avait juste une dernière chose à lui dire.

OoOoO

Hermione avait pris conscience que le temps avec Sirius était limité. C'était pour cela qu'elle pleurait. Entendre Harry lui parler lui avait fait l'effet d'un électrochoc, à la manière d'un défibrillateur. Elle devait revenir à la réalité, quitter ce cocon qui était le leur, à Sirius et à elle, depuis qu'elle était arrivée.

Le temps s'était écoulé d'une étrange manière. Elle était incapable de dire depuis combien de temps elle était là. Elle ne ressentait ni la faim ni la soif, probablement parce qu'elle était nourrie par une sonde. En revanche, elle sentait la fatigue. Elle sentait la fatigue, et elle sentait également la tension qui régnait dans la chambre d'hôpital. Ses proches – qu'elle parvenait à présent à identifier, comme si elle se trouvait dans la même pièce qu'eux – l'attendaient. Elle ne pouvait pas les abandonner. Elle devait vivre.

Elle nota mentalement qu'elle avait cessé de pleurer. Le rythme des battements de son cœur s'était calmé, tandis qu'elle respirait l'odeur de Sirius à travers sa cape en soie. Doucement, il s'écarta d'elle, avant d'approcher ses lèvres de son front.

Hermione ferma les yeux sous la douceur de son geste. Elle se sentait protégée. Il lui insufflait le courage nécessaire pour traverser le voile en sens inverse. En cet instant, si elle avait cette certitude qu'elle devait rentrer, elle sentait également qu'elle devait poser une dernière question, au risque de regretter toute sa vie d'avoir manqué cette occasion.

« Sirius ? », se risqua-t-elle.

« Oui, ma belle ? »

Les pupilles noires trouvèrent les siennes, lui donnant la confiance qu'il lui manquait pour continuer.

« Est-ce que toi aussi…tu as l'impression qu'on aurait pu…se connaître différemment ? »

« Si j'avais survécu ? », lui répondit-il alors qu'elle acquiesçait. « Assurément. »

Hermione pinça sa lèvre inférieure entre ses dents, observant les lèvres du sorcier qui se trouvaient toujours à quelques centimètres de son visage. Elle n'expliquait pas cette envie qui la tenait au ventre, mais elle les trouvait divines, et absolument captivantes.

« Je dois rentrer », lui dit-elle, exprimant l'inverse de ce qui lui traversait l'esprit en cet instant.

« Je sais », lui répondit-il sans la quitter du regard.

« Je…je ne t'oublierai pas », lui promit-elle.

Il acquiesça, lui montrant qu'il avait compris. Pourtant, aucun d'eux n'esquissait un geste pour signifier leur départ. Ils n'avaient pas terminé, ils n'étaient pas prêts à se séparer.

« Hermione ? »

« Oui ? », dit-elle d'une petite voix.

Le rythme de son cœur s'était sensiblement accéléré, comme s'il savait sans qu'elle-même en ait conscience.

« J'ai envie de t'embrasser », exprima-t-il sans détour.

C'était une demande autant qu'une requête. Un besoin, une nécessité, pour que l'un puisse retourner à sa mort et l'autre à sa vie.

Intuitivement, Hermione glissa ses mains autour du cou de Sirius, dans la douceur de ses longs cheveux noirs, lui donnant implicitement son accord pour qu'il l'embrasse.

Elle ferma les yeux à l'approche de son visage, sentant la chaleur de son souffle de plus en plus près. Lorsque leurs lèvres se touchèrent enfin, tout son corps sembla exploser en des milliards d'atomes qui se dispersaient dans l'atmosphère, pendant que leurs langues se liaient dans un tango enivrant.

Puis son corps se reconstitua à nouveau, la sensation des lèvres de Sirius sur les siennes se dissipa, la gravité se modifia. Elle recouvra ses esprits, sa conscience découvrant la tiédeur d'un lit et de draps. L'odeur des potions antiseptiques était présente, tout comme les picotements de la magie qui contrôlaient les battements de son cœur, ainsi rendus audibles.

Doucement, elle ouvrit les paupières. Ses yeux mirent quelques secondes à s'habituer à la lumière ambiante, le soleil baignant la chambre d'hôpital. Elle discerna Ron, assoupi dans un coin de la pièce. Puis son regard tomba sur Harry, qui l'observait avec un trouble perceptible.

« Hermione ? Tu es vraiment éveillée ? », lui demanda-t-il d'une petite voix, comme s'il craignait d'être en train de rêver.

Elle lui sourit, hochant la tête.

« Par Merlin et les quatre fondateurs réunis, j'ai tellement eu peur que tu n'ouvres plus jamais les yeux », s'exclama-t-il en approchant enfin, l'enlaçant.

« Que m'est-il arrivé ? », le questionna-t-elle lorsqu'il la relâcha finalement, lui attrapant la main.

« Une altercation qui a mal tourné avec des anciens Mangemorts. On t'avait conseillé de ne pas aller au Ministère ce jour-là, mais évidemment, tu ne nous as pas écoutés. Tu nous as répondu que l'éducation n'attendrait pas, et qu'il était d'autant plus important que tu ailles travailler si quelques mages noirs tentaient encore de rallier de jeunes sorciers à leur cause », lui expliqua-t-il dans un léger rire qui exprimait toute la tension et la peur qu'il avait ressentie.

Hermione lui offrit un sourire désolé qui se transforma en grimace. Elle se reconnaissait bien là, mais elle n'avait évidemment jamais voulu infliger ça à son meilleur ami.

« Et évidemment, ils n'ont pas hésité une seule seconde à t'attaquer lorsqu'ils t'ont vue », continua-t-il. « Tu as été percutée à la tête par un sortilège de magie noire extrêmement puissant. Les médicomages ne savaient pas dire si tu parviendrais à récupérer tes fonctions cognitives. »

« Oh ! », répondit Hermione. « Et ensuite ? »

Elle ne savait pas quoi dire d'autre, mais il ne lui avait pas semblé que ses cognitions mentales avaient été défectueuses, à quelque moment que ce soit.

« Divers tests ont rapidement révélé que tu avais une activité cérébrale très intense. En fait, c'était comme si tu étais éveillée. Rien ne montrait que tu étais dans le coma…sauf que c'était bien le cas. Tu étais dans le coma. Et on ne savait pas comment te faire revenir. »

Ron remua alors, attirant l'attention d'Hermione sur lui. Elle déglutit, n'ayant pas oublié le baiser échangé avec Sirius. Elle ne savait plus si elle avait rêvé tout cela, ou si tout s'était réellement produit. Mais elle se sentait un peu coupable vis-à-vis de lui, parce que rêvé ou pas, ce baiser, elle l'avait désiré.

Il la regarda, avant de lui sourire.

« Tu es de retour parmi nous », dit-il simplement, comme s'il avait toujours su qu'elle reviendrait.

« J'avais l'impression d'être dans un rêve », avoua alors Hermione. « Je savais que je devais…me réveiller. »

« Intéressant…on a essayé de te parler. C'est ce que tes parents nous ont conseillé. Ils ont dit que les Moldus avaient déjà eu des cas où les gens entendaient, même dans le coma. »

« J'ai entendu Harry me parler », dit Hermione en tournant la tête vers le concerné, dont les yeux brillaient d'émotion.

« Ils avaient raison alors », continua son mari. « D'ailleurs, ils sont dans la cafétéria, je vais aller leur annoncer la bonne nouvelle. »

Il quitta la chambre, alors qu'Hermione avait gardé son contact visuel avec Harry.

« J'ai vu Sirius », lui apprit-elle sans détour.

Il sembla encaisser l'information. Puis, en une seconde, il parut avoir compris quelque chose.

Hermione avait une histoire étonnante à lui raconter. L'histoire d'une vie qui aurait pu être différente, et qu'elle avait en quelque sorte rattrapée le temps d'un coma.


Alooors.

Déjà, n'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé. :p J'attends avec impatience vos retours, comme toujours, et d'autant plus parce que c'est bien un défi ce pairing. :p

Ensuite, je vous avais promis des infos, les voici ! Ce mois-ci, il n'y aura pas UN défi OS, mais deux ! J'ai craqué... j'ai été inspiré par le montage Sirmione, mais je n'ai pas pu m'empêcher de faire plaisir à Muushya pour son anniversaire. Alors j'ai choisi un fanart Dramione qu'elle m'avait proposé... et un défi du mois de février bis sera publié le 15 février.

Enfin, comme je suis un véritable sadique, petit décompte... il reste huit jours avant la publication du prologue de la nouvelle fic longue ! :D Plus que deux anecdotes (sur la page), dont la dernière sera l'annonce du titre de la fic. J'ai TELLEMENT hâte ! hihi

Des paillettes de licorne sur vous, et à très vite ! :D