Bonjour mes amours ! :D

Cette fois, je vous écris de mon tout nouvel ordi (avec plusieurs jours d'avance par rapport à la publication effective), ouf ! Pour celleux qui n'avaient pas suivi l'histoire, mon ordinateur avait grillé début du mois de décembre. J'en aurais pleuré tellement j'avais de favoris (sur Harry Potter, le féminisme, ma PAL de fanfictions à lire et autres sources en lien avec mes études). Heureusement, j'avais sauvegardé tous mes écrits.

Bref, on se retrouve aujourd'hui pour ce tout nouveau défi, qui est un défi bis puisque je n'ai pas pu m'empêcher de faire plaisir à Muushya, à qui je souhaite un très joyeux anniversaire ! J'espère que cet OS te plaira.

Réponse au/à la reviewer anonyme :

Guest : Merci pour ta review, et je suis content que tu ais passé un bon moment ! :D Frustrant, en effet. Mais je crois que c'est mon côté Serpy qui parle (appris par mon véritable caractère Serdy qui approuve la construction de l'histoire).

Note : cet OS peut être considéré comme ensemble de missing moments s'inscrivant dans la continuité d'Oxymoron desti. Spoilers présents pour celleux ne l'ayant pas lu.


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Une voix pour raconter des histoires

Hermione avait toujours aimé lire des histoires. Dès son plus jeune âge, elle s'était évadée à travers les romans qu'elle lisait. Merlin savait qu'elle avait passé de nombreuses heures seule, dans sa chambre, isolée du monde extérieur. Parfois, elle en oubliait même qui elle était. Souvent, elle espérait de tout cœur pouvoir vivre les mêmes aventures que ses héros préférés.

Mais cela n'était rien en comparaison à ce qu'elle ressentait à chaque fois que son homme lui lisait à voix haute un extrait.

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« Encore dans tes livres ? »

« Mmh ! », fit Hermione sans même relever les yeux de son roman. Ce jour-là, elle lisait Orgueil et préjugés de Jane Austen.

« Tu me surprendras toujours. Autant tu peux être terre à terre, autant tu peux te perdre dans des histoires à l'eau de rose complètement ridicules. »

Cette fois, Hermione leva un sourcil, avant de baisser son livre. Elle dévisagea Drago, qui semblait aussi indifférent qu'à l'accoutumée, presque lassé. Mais pas moins réellement intéressé par sa réponse, elle le savait.

« Figure-toi que l'un des personnages principaux te ressemble beaucoup », argua-t-elle.

« Alors là, ça m'étonnerait beaucoup », commenta le blond.

Hermione referma le livre d'un mouvement vif et décidé, le tendant en direction du Serpentard sceptique.

« Juges-en par toi-même », lui dit-elle sur un air de défi.

Il l'avait regardée avec l'air de dire « Tu ne perds rien pour attendre, Granger », mais avait pris le livre sans prononcer un mot. Hermione savait qu'elle avait touché la brindille sensible en le mettant au défi. Son ego de serpent mordait, quand bien même se savait-il piégé par sa lionne.

Il avait passé les jours suivants à lire, dans une concentration extrême, fronçant parfois les sourcils, semblant réellement réfléchir à d'autres instants. Hermione aimait le contempler ainsi, lorsqu'elle rentrait du travail, ou lorsqu'elle cuisinait, l'observant du coin de l'œil. Elle voyait sa lecture avancer, et elle attendait le moment où il refermerait l'ouvrage, après en avoir lu les derniers mots.

Et ce jour arriva enfin.

Elle était occupée à lire le Mediwizard magasine lorsqu'elle le vit refermer le livre, le regard perdu dans le vide, comme s'il évaluait le sens des mots, qu'Hermione connaissait par cœur : « Les habitants de Pemberley restèrent avec les Gardiner dans les termes les plus intimes. Darcy, aussi bien que sa femme, éprouvait pour eux une affection réelle et tous deux conservèrent toujours la plus vive reconnaissance pour ceux qui, en amenant Elizabeth en Derbyshire, avaient joué le rôle providentiel de trait d'union. »

Puis, brisant le silence, Drago déclara :

« Je ne vois pas du tout quel personnage pourrait me ressembler. »

Hermione sourit, amusée. Sa mauvaise fois était aussi manifeste que le hurlement d'un loup-garou dans la nuit.

« Vraiment ? », pouffa-t-elle.

Drago lui lança un regard faussement outré, avant de lui répondre par une réplique du livre.

« Qu'en dites-vous Mary ? Vous qui êtes une jeune personne réfléchie, toujours plongée dans de gros livres ? »

Se prenant au jeu, Hermione s'approcha, lui prit le livre des mains et lui répondit sur le même ton en ayant trouvé la page correspondante.

« Mr. Darcy, aidé de la rumeur qui, cinq minutes après son arrivée, circulait dans tous les groupes, qu'il possédait dix mille livres de rente, attirèrent bientôt sur celui-ci l'attention de toute la salle », lut-elle, avant de reprendre un peu plus loin sa lecture. « Peu à peu, cependant, le désappointement causé par son attitude vint modifier cette impression favorable. On s'aperçut bientôt qu'il était fier, qu'il regardait tout le monde de haut et ne daignait pas exprimer la moindre satisfaction. Du coup, toute son immense propriété du Derbyshire ne put empêcher qu'on le déclarât antipathique et tout le contraire de son ami. »

L'ego de Drago prenant une nouvelle fois pleinement le dessus, il reprit l'ouvrage pour lui répliquer.

« Cet orgueil, dit miss Lucas, me choque moins chez lui parce que j'y trouve des excuses. On ne peut s'étonner qu'un jeune homme aussi bien physiquement et pourvu de toutes sortes d'avantages tels que le rang et la fortune ait de lui-même une haute opinion. Il a, si je puis dire, un peu le droit d'avoir de l'orgueil. »

Hermione ne put s'empêcher de rire, et s'ensuivit alors un échange purement littéraire, mais pas moins intellectuel, entre les deux amoureux.

Drago emporta cependant le jeu, en clôturant de la manière suivante :

« Je suis bien loin d'être aussi présomptueux. J'ai bon nombre de défauts mais je me flatte qu'ils n'affectent pas mon jugement. Je n'ose répondre de mon caractère ; je crois qu'il manque de souplesse – il n'en a certainement pas assez au gré d'autrui. – J'oublie difficilement les offenses qui me sont faites et mon humeur mériterait sans doute l'épithète de vindicative. On ne me fait pas aisément changer d'opinion. Quand je retire mon estime à quelqu'un, c'est d'une façon définitive. »

À cette réponse, Hermione sourit amoureusement. Cela restait tellement…égocentrique. Tellement Drago. À la fois exaspérant et adorable. Elle approcha alors son visage du sien, l'embrassant délicatement sur les lèvres, avant de se lover contre lui.

« On devrait refaire ça, une fois. C'était plutôt drôle », déclara-t-elle.

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Après cet épisode, Hermione avait vendu les mérites de La part de l'autre, roman d'un dramaturge français. Elle avait fait l'analogie entre Adolf Hitler, dictateur moldu de la première moitié du XXème siècle, et Tom Jedusor. Dans l'histoire, l'auteur envisage une vie alternative au moldu, dans laquelle il n'aurait pas commis les crimes racistes dont il s'est rendu coupable durant ce que les Moldus nomment la Deuxième Guerre Mondiale.

Par-là, Hermione voulait lui montrer que Tom, ou n'importe lequel de ses serviteurs, aurait pu connaître une toute autre trajectoire de vie. Drago, lui-même, avait finalement choisi une autre voie, même s'il ne serait jamais le sorcier le plus tolérant et ouvert d'esprit. Une part de lui resterait le sorcier à l'éducation de Sang-pur. Il n'empêchait que la brune lui avait particulièrement bien vendu l'ouvrage en question, et qu'il le lut avec autant, si pas plus, d'avidité qu'Orgueil et préjugés.

Cette fois, il revint vers elle directement après son travail. Il l'attendait dans l'entrée du Centre de recherche médicomagique de Londres quand Hermione descendit les escaliers, prête à rentrer chez eux. Elle était épuisée, et ne rêvait que d'une seule chose : manger et dormir.

Néanmoins, en apercevant Drago dans le hall, elle sourit. Il était déjà venu la chercher quelques fois après le travail et, systématiquement, il l'avait invitée au restaurant.

« Je devrais peut-être me changer », lui dit-elle après l'avoir embrassé.

« Tu es parfaite ainsi », lui assura-t-il avec un air sérieux.

Sans plus attendre, il l'emmena à l'extérieur du bâtiment, et ils transplanèrent sur le Chemin de Traverse. Là-bas, Hermione le suivit dans son restaurant préféré, The WizMark House – littéralement La Maison de la Marque Magique.

À l'intérieur, ils furent guidés par un serveur, qui les amena à une table réservée et décorée avec luxe. Une bouteille d'un vin onéreux était prête à être dégustée, et Hermione comprit rapidement que le repas avait déjà été commandé à l'avance après dix ans de couple, ses goûts n'avaient plus de secrets pour Drago.

Ils trinquèrent à leurs carrières et leur vie commune, puis Drago reposa son verre, décidé à s'exprimer. L'oreille attentive, Hermione attendit.

« J'ai beaucoup aimé le livre sur les vies parallèles de ce Moldu », commença-t-il. « ça fait réfléchir sur…le destin, les événements de la vie qui nous amènent à mener telle ou telle existence. Ce type, Adolf…n'était pas quelqu'un de très appréciable, même dans sa vie romancée. Mais il n'est pas devenu ce tyran que les Moldus ont réellement connu. »

Hermione le dévisageait avec attention et, lorsqu'il leva ses yeux vers elle, elle remarqua le bouleversement dans ses pupilles ses yeux eux-mêmes semblaient hésiter entre une tendance grise et une tendance bleue, tremblant légèrement. Elle soutint son regard, comme pour l'encourager à continuer.

« Tu as fait l'analogie entre le Seigneur des Ténèbres et ce Adolf. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire l'analogie avec celui que j'étais alors et que je suis devenu », avoua-t-il.

Hermione n'en pensait pas moins. C'était cela, la magie des livres qu'ils soient écrits par des Moldus ou des sorciers. Malgré tout, elle se tut, préférant le laisser parler tant qu'il se dévoilait. Ces moments étaient toujours précieux tant ils étaient rares.

« J'ai fait des choses horribles », admit-il à voix basse. « Même si je ne voulais pas. Même si je me suis tenu par la suite et que j'ai obtenu ma rédemption. Je crois que cette Prophétie y est foncièrement pour quelque chose. Surtout parce que… »

Il s'arrêta, rompant le contact visuel avec Hermione. Il avait déjà dit beaucoup, et il n'en fallait pas plus à Hermione pour qu'elle comprenne. Il ne le dirait pas, mais leur amour, les sentiments qu'ils partageaient, l'avait rendu meilleur. Tout cela, elle le savait.

Tendant le bras vers lui, elle attrapa avec douceur la main qu'il avait posée sur la table.

« Tu es devenu quelqu'un de bien, Drago. Et je suis fière de me promener à ton bras, autant que je me fiche de savoir que tu es un Malefoy et quelle réputation a ton père. Tu es parfait pour moi. »

Son visage s'illumina alors, d'une lumière dont l'ego était en majeure partie responsable. Il y avait des choses qui ne changeraient pas, et l'égocentrisme du blond en faisait partie. Tout comme l'amusement que cela provoquait dans le chef d'Hermione.

« Et tu es parfaite pour moi aussi », lui répondit-il, confirmant ce qu'elle pensait alors.

Ils s'étaient sauvés l'un l'autre, en quelque sorte. Lui l'avait sauvée de sa dépression, elle d'un destin triste. Ils formaient un couple particulier, mais amoureux et heureux.

La suite du repas se déroula agréablement, entre dégustation goûteuse et discussions enjouées sur leurs métiers respectifs. Quand vint le moment du dessert – une délicieuse île flottante, que la magie gardait à température parfaite -, Drago se racla la gorge. Surprise, Hermione en fut temporairement déstabilisée. Elle pensait qu'il avait suffisamment parlé « affaires sentimentales » pour ce jour-là, mais son expression annonçait le contraire.

« J'ai réfléchi à quelque chose », lui dit-il alors. « Je sais que…le mariage n'est pas quelque chose que tu envisages et, vu mon nom, je le comprends parfaitement. »

Hermione voulut l'interrompre, pour nuancer ses propos ce n'était pas tellement la raison, même s'il était vrai qu'elle ne souhaitait pas s'appeler Hermione Malefoy. Une part d'elle-même, étrangement, souhaitait conserver une certaine individualité, comme si elle avait appris cela de Drago, ce qui était probable. En tous les cas, il ne lui permit pas de continuer. Ce n'était pas l'objet de sa prise de parole.

« En revanche », reprit-il, « j'approche de la trentaine. Et de plus en plus, je me dis que j'aimerais bien avoir une descendance, un mini-moi…un mini-nous, duquel je pourrais être fier. »

« Oh ! », fit Hermione pour toute réponse.

De surprise, elle avait lâché sa cuillère, que Drago rattrapa d'un sortilège informulé. Un mini-nous ? Hermione ne s'était pas attendue à ce que Drago lui fasse une telle demande. Un enfant n'avait jamais été dans leurs plans de couple. Ils n'en avaient jamais discuté. Certes, elle y avait déjà pensé, et une petite voix en elle lui répétait par intervalles qu'elle rêvait d'être maman. Mais elle avait toujours rationalisé l'idée qu'à cause de sa famille, Drago ne voudrait jamais avoir d'enfant avec elle. Qu'il ne voudrait pas jeter l'infamie sur la noblesse de sa famille en ayant au sang-mêlé.

Interdite, Hermione se recomposa quelque peu.

« Tu…veux un enfant avec moi ? »

« Non, j'envisageais de me trouver une Sang-pur pour conserver la pureté de mon sang. Bien sûr que c'est avec toi que je veux un enfant Hermione, qui d'autre ? »

Hermione referma la bouche, partagée entre l'ironie et la beauté des paroles de Drago.

« Oui, je…c'est juste que je ne m'y attendais pas », souffla-t-elle.

« Tu n'es pas obligée », la rassura-t-il, une expression de déception peinte sur le visage. « Je me ferais à l'idée de ne pas être père, ne t'en fais pas. »

« Drago ! », s'insurgea Hermione. « Je n'ai rien dit de tel. »

Il fronça les sourcils. Hermione n'était qu'un amas d'émotions, mêlées entre elles à la manière d'une pelote de laine. Ses pensées étaient emmêlées, mais douces. Puis le mot s'imprima dans son esprit, comme une évidence : maman. Elle avait la possibilité d'être maman, et Drago voulait en être le père.

« Que voulais-tu dire dans ce cas ? »

« Oui », dit-elle, avant de préciser : « Moi aussi, je veux un enfant avec toi. »

Et devant ses yeux, le paon déploya à nouveau ses plumes aux multiples couleurs. Son regard, plein de malices, vint finalement s'ancrer dans les pupilles d'Hermione.

« Je crois qu'on aura du travail en rentrant. »

Hermione secoua la tête en pouffant discrètement. Il ne perdait pas une minute.

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Un matin de juillet particulièrement lourd, Hermione se sentit suffisamment mal pour quitter le travail plus tôt – ce qui n'était pas peu dire, venant d'elle. Drago, qui avait travaillé de nuit la veille, l'accueillit avec surprise.

« Je ne me sens pas en forme », lui expliqua Hermione, avant de prendre la direction de la chambre conjugale, et de se glisser sous les draps sans prendre la peine de mettre un pyjama.

Il ne fallut pas moins de dix secondes à Drago pour venir à son chevet, plaquant une main agréablement froide sur son front.

« Tu n'as pas de fièvre », commenta-t-il.

« Je me sens juste…fatiguée », minimisa Hermione, qui se sentait plus proche de l'épuisement que de la fatigue.

« Je vais te préparer une potion de sommeil. »

Il disparut et, lorsqu'il revint une demi-heure plus tard, Hermione ne s'était pas endormie. L'effet de la potion fut cependant immédiat.

Elle se réveilla au beau milieu de la nuit, pas plus reposée qu'auparavant, mais seule, puisque Drago se trouvait à Sainte Mangouste.

Elle se rendit dans la salle de bain pour se rafraîchir un peu, et ce fut au moment de se brosser les dents qu'elle prit conscience de quelque chose. Depuis combien de temps attendait-elle ses menstruations ?

Fronçant les sourcils, elle avisa une des potions qui permettaient de vérifier la présence d'une grossesse.

Quelques minutes plus tard, le verdict était sans appel. Elle était enceinte de deux mois.

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Hermione ne garda pas l'information secrète très longtemps. Elle voulait malgré tout faire la surprise à son homme. Ainsi, lorsqu'il rentra du travail, elle ne lui dévoila rien. Elle lui sourit, le faisant sourire en retour.

« Tu sembles aller mieux. Cernée, mais de bonne humeur. »

« Oui », confirma Hermione. « Je vais d'ailleurs retourner au Centre médicomagique. »

Drago acquiesça, peu étonné.

« Le contraire m'aurait surpris de ta part. »

Il partit prendre sa douche, tandis qu'Hermione se prépara pour le travail. Si elle allait effectivement prester sa journée, elle fit un détour par Fleury & Bott à la fin de celle-ci. Bien sûr, elle y acheta quelques ouvrages traitant de la grossesse, mais surtout, ce pour quoi elle s'y était rendue en tout premier lieu.

Passant la porte de son logement, elle rangea ses victuailles dans une étagère de la bibliothèque, gardant près d'elle le seul ouvrage qu'elle avait fait emballer. Elle savait que Drago n'allait pas tarder à émerger du sommeil.

De fait, elle eut à peine le temps de se servir une tasse de thé que le blond sortit de la chambre - en pyjama, mais peigné -, visiblement l'esprit encore embrumé par son somme.

« Un thé ? », lui proposa Hermione, tous sourires.

« Volontiers », fit-il en s'installant à l'une des chaises hautes du comptoir de la cuisine.

Hermione se leva, et commença à préparer une tasse, tandis qu'elle observait Drago du coin de l'œil. Il avisait l'emballage cadeau.

« Qu'est-ce que c'est ? », lui demanda-t-il alors qu'elle déposait un thé fumant face à lui.

« Un cadeau pour toi. »

Intrigué, il le déballa, découvrant l'objet.

« Les contes de Beedle le Barde ? », lut-il, perplexe.

« Tout juste », lui répondit-elle, mystérieuse, en reprenant sa place assise.

« Je ne comprends pas. C'est un livre pour enfants. Tu l'as déjà dans ta bibliothèque. Et jusqu'à présent, tu ne m'as fait lire que des livres pour Moldus. »

Hermione lui sourit, impatiente de connaître sa réaction.

« Il n'est pas vraiment pour toi. Et je tenais absolument à en acheter un neuf, pour commencer une nouvelle page. »

Le front plissé de Drago semblant lui signifier son incompréhension, Hermione se sentit dans l'obligation d'expliciter.

« J'aime ta voix, quand tu me lis des extraits d'un ouvrage », expliqua-t-elle. « Tu prends tellement au sérieux les interactions qu'on se croirait dans une pièce de théâtre. Notre enfant adorera également que tu lui lises des histoires. »

« Mmmh ! », fit Drago, les lèvres pincées. « D'accord. Mais pourquoi l'acheter maintenant ? »

Le sourire d'Hermione s'élargit. La Noise sembla tomber dans l'esprit de Drago, en même temps qu'il écarquillait les yeux.

« Tu n'étais pas malade. Tu es enceinte », comprit-il.

Alors qu'Hermione hochait la tête à l'affirmative, il se leva. Il ne dit rien, mais apposa son front contre le sien, les yeux clos. Il devait être ému. Hermione passa sa main dans ses cheveux, ce à quoi il ne réagit même pas.

Ils allaient être parents, et l'émotion du papa était sans équivoque pour la maman qui avait appris à décoder les petits signes évocateurs.

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« Il était une fois un jeune sorcier beau, riche et talentueux, qui avait remarqué que ses amis devenaient sots lorsqu'ils tombaient amoureux, folâtrant et se pomponnant, perdant l'appétit et leur dignité. Le jeune sorcier décida qu'il ne sera jamais la proie d'une telle faiblesse et il eut recours à la magie noire pour assurer son immunité. » (1)

Allongée tout contre Drago dans leur lit conjugal, son ventre grossissant séparant quelque peu leurs corps, Hermione écoutait la mélodie qui caractérisait la voix du futur papa chaque fois qu'il lui narrait une histoire. Ce conte en particulier faisait toujours beaucoup sourire la brune, tant la ressemblance avec Drago était palpable. Et, tout comme à son habitude, il jouait son rôle à la perfection : d'un égocentrisme exaspérant et adorable, mais également d'une sensibilité à peine perceptible et encline à faire chavirer le cœur de sa belle.

Charmée, elle laissait les mots la bercer en direction d'un entre-deux, dans une veille tout aussi proche de l'éveil que du sommeil. Lorsque les derniers mots résonnèrent autour d'elle comme les dernières vibrations d'une basse, Hermione s'engouffra dans le sommeil, sentant à peine les lèvres qui effleuraient son front avec tendresse.

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Appuyée contre l'embrasure de la porte, Hermione observait la scène. Penché par-dessus le berceau de leur fille, Drago lisait. Il avait rapidement fait le tour des Contes de Beedle le Barde, et n'avait pas rechigné lorsqu'Hermione lui avait tendu un livre de contes moldu. Ce soir-là, il lisait La femme de l'écureuil de Philippa Pearce.

Hermione l'aimait particulièrement en raison de la sagesse qui s'en dégageait. Mais à n'en pas douter, elle l'aimait d'autant plus lorsque c'était Drago qui le lisait. Sa voix emplissait tout l'espace, au point qu'elle en oubliait qui elle était il n'y avait que lui, et ce son mélodieux qui l'entourait.

Le regard et l'esprit perdus dans un autre monde, elle ne réalisa pas que l'histoire était terminée. Il fallut la douceur des mains de son homme dans sa nuque pour qu'elle revienne à la réalité. Elle ouvrit les yeux sur deux pupilles céruléennes.

« Alya n'est pas la seule à être prête pour le lit », remarqua-t-il.

« Mmmh ! », répliqua Hermione, qui n'était pas en mesure de le contredire.

« Sauf que sa maman ne va pas aller dans son lit pour dormir… », sous-entendit-il.

Levant les yeux au ciel, Hermione ne se refusa pas aux avances de Drago. Ses baisers les menèrent rapidement jusqu'à la chambre conjugale, où ils étaient prêts à s'aimer encore longtemps…au moins jusqu'au réveil de leur nouveau-né.

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(1) Premier paragraphe de Le Sorcier au cœur velu, dans Les Contes de Beedle le Barde de J.K. Rowling.

Et voilà pour ce défi bis. Qu'en avez-vous pensé ? J'ai conscience que j'ai déjà écrit beaucoup mieux, mais si je me suis amusé à écrire l'histoire sur base d'autres histoires. Je crois que ce n'est plus un secret pour personne que le Dramione ne m'intéresse plus autant qu'auparavant, depuis que j'ai découvert le Drarry. Sans pour autant lui dire adieu (puisque j'en lis encore, surtout ceux de Loufoca-Granger, et que je suis en train d'écrire ma deuxième fic longue), la magie n'est pas toujours au rendez-vous dans mon esprit, et ça se ressent dans l'écriture. J'ai besoin de nouveauté...

J'espère que ça vous aura quand même plu.

On se retrouve le mois prochain pour le défi du mois de mars. Je vous donne rendez-vous le 2 mars.

Des paillettes de licorne sur vous !