Bonjour mes amours ! :D
Celleux qui me suivent sur FB le savaient, mais oui, j'ai effectivement du retard pour la publication de cet OS. Il se trouve qu'en fait...le défi du mois de mars était un véritable défi pour moi.
D'abord, Dean et Luna ne sont pas des personnages que j'ai l'habitude d'exploiter. Luna un peu, mais pas énormément. Alors un Dean/Luna... (mais c'est tout l'intérêt du défi, et c'est pour cette raison que j'ai choisi le fanart qui les représentait)
Ensuite, il a fallu imaginer une histoire avec ces personnages. Du coup, j'ai lu quelques OS sur eux...qui ne m'ont pas franchement emballé, pour être honnête. Alors j'ai cherché, cherché, jusqu'à me faire une idée non seulement de leur personnalité, mais également de ce qui pourrait les unir.
Enfin, j'ai fait un premier jet...et je n'étais pas du tout satisfait. D'ailleurs, je remercie grandement MissPika42 et BrownieJune pour avoir lu cette première version un peu catastrophique. xD Ça n'allait pas, mais je ne savais pas où jouer pour améliorer mon écrit. Leurs conseils m'ont permis de réévaluer l'histoire sans fondamentalement la changer. J'ai bossé dur mardi soir... et la satisfaction fut. Merci à l'Impératrice Charlotte pour son habituelle relecture. Merci également à BrownieJune et Muushya pour votre réflexion sur les dessins !
Et voilà mon oeuvre. J'espère qu'elle vous plaira. Une petite précision par rapport au titre, parce que je m'en rends compte qu'il n'est peut-être pas accessible à tout le monde (et vous savez que mes titres sont significatifs) :
- mistral : vent violent, de secteur nord à nord-ouest, froid et sec, résultant de dépressions formées au-dessus de la Méditerranée et qui souffle dans la vallée du Rhône et sur le littoral méditerranéen.
- tramontane : étoile polaire, qui servait autrefois de guide aux navigateurs, avant la découverte de la boussole.
(Définitions cnrtl)
Bonne lecture. :D
Du mistral à la tramontane
Luna dansait presque alors qu'elle déambulait dans les rues animées, comme si elle était seule au monde. Elle aimait sentir le léger voile de chaleur sur sa peau, le soleil étant au rendez-vous en cette douce journée d'avril. Un sourire se dessina sur son visage alors qu'elle songeait à ses précédentes expéditions dans la ville. Le plaisir était présent à chacune de ses visites. La vie à Florence avait ce côté lumineux qui résonnait en écho avec sa musique intérieure.
Mais où qu'elle soit, sa musique intérieure ne cessait jamais. Même à Londres, avec son climat brumeux, elle avait toujours une raison de sourire. À Paris, avec son agitation, elle appréciait se fondre dans la masse comme une goutte au milieu d'un océan en tempête. À Rio de Janeiro, elle aimait la musique entraînante, s'oubliant dans les rythmes chauds. Et même sous la pluie, les orages, en temps de guerre – ce qui était parfois le cas dans les pays qu'elle découvrait -, un véritable orphéon vivait là, à l'intérieur d'elle, modifiant ses mélodies à l'atmosphère ambiante.
Et si Luna parcourait le monde, c'était d'abord pour Le Chicaneur, qu'elle alimentait en collaboration avec son père, qui commençait à se faire vieux. Mais c'était aussi pour son projet de mettre sur parchemin toutes ces créatures ignorées. Inspirée par Norbert Dragonneau et son manuel, qu'elle avait dû étudier – avec des étoiles plein les yeux et un enthousiasme entêtant – pour le cours de Soins aux créatures magiques, elle avait décidé de se lancer sur les traces de ces animaux magiques décriés par la majorité.
Honnêtement, comment pouvait-on ignorer leur existence ? Ils étaient partout. Mais les sorciers faisaient parfois preuve de fermeture d'esprit, et Luna ne pouvait pas leur en vouloir. Il y avait de la magie que tout le monde ne parvenait pas à sentir, et c'était ainsi. Même si elle souhaitait quand même tenter de leur ouvrir les yeux sur cette magie. Ils étaient tellement intéressants ! Tellement attendrissants. Elle voulait qu'ils soient reconnus partout et respectés pour ce qu'ils étaient.
Ce cheminement mental lui rappela d'ailleurs les raisons de sa présence dans la ville toscane : malgré tous ses efforts pour y parvenir, elle n'était définitivement pas douée pour dessiner les créatures qu'elle croisait sur sa route. Ces tentatives ressemblaient définitivement plus à des matières organiques non digérées qu'à des coups de plumes maîtrisés.
Elle cherchait donc un compagnon de route qui pourrait réaliser pour elle cet aspect du travail, et elle avait entendu dire qu'un artiste d'un genre nouveau exposait en ce moment même dans une galerie florentine. Il se faisait appeler Il inglese nero.
Les maigres connaissances en italien de la blonde lui avaient permis de comprendre l'idée du pseudonyme : « L'Anglais noir ». En attendant son nom, ses idées avaient voyagé, lui donnant des images de voyages, d'un expatrié, mais aussi d'un homme du monde, d'ici et de là. Quelqu'un un peu comme elle, mais avec des racines beaucoup plus variées. Et elle aimait ça : elle imaginait bien comment un voyageur pouvait l'aider dans son œuvre. Puis elle avait pensé à un ancien camarade de Poudlard, dont elle avait entendu dire qu'il vivait à présent sur les terres de la célèbre botte. Elle ne croyait pas que Merlin la mettait sur sa route sans raison.
Avant même qu'elle ne s'en aperçoive, elle avait rejoint le quartier sorcier, situé au bout d'une ruelle dissimulée par un sort d'invisibilité.
L'ambiance typiquement méditerranéenne la happa d'un seul coup, agrandissant davantage le sourire qui ne la quittait jamais. Entre les uns qui discutaient avec animation autour d'un cappuccino ou d'une glace, les enfants qui couraient les rues de part et d'autre, se retrouvant sur le mini-stade de Quidditch du parc en contre-bas, et cette odeur entêtante de bistecca alla fiorentina qui lui chatouillait les narines, Luna avançait, le nez en l'air, salivant des effluves épicés.
Les yeux mi-clos, elle soupira de bien-être. Elle ne se lassait pas du quartier malgré le fait qu'elle en soit à sa cinquième venue. Elle aimait tellement ça, autant qu'elle aimait le plaisir des souvenirs qui se rappelaient à elle.
Après avoir pris une ruelle sur sa droite, Luna arriva face à l'établissement qu'elle était capable de retrouver les yeux fermés : c'était le lieu de l'exposition qui, d'apparence, faisait étrangement penser à une église avec ses vitraux colorés.
Mais lorsqu'elle y entra, ce n'est pas la luminosité qui la frappa. Il y faisait aussi sombre que dans la profondeur de la Forêt Interdite à peine éclairée par la lune.
Intriguée, elle passa le panneau qui lui indiquait qu'elle se trouvait bien dans la bonne galerie. À présent, elle n'avait plus du tout l'impression d'être entrée dans une église. La pénombre lui permettait juste de voir où elle mettait les pieds. Ces derniers l'amenèrent dans un espace clos par de grands panneaux opaques, et duquel s'échappait une mélodie jouée au piano. Elle avançait comme dans un rêve, incertaine, mais pas apeurée. Elle était intriguée.
Passant les panneaux, Luna pénétra dans la salle. Celle-ci était occupée par quelques personnes, plongées dans un silence contagieux. Seule la mélodie (1) se faisait entendre, emplissant tout l'espace, tandis qu'une brise légère et magique soufflait. Quelques mèches de cheveux balayèrent son visage, et elle fut immédiatement prise d'un frisson.
Broken bottles in the hotel lobby
Seems to me like I'm just scared of never feeling it again
I know it's crazy to believe in silly things
But it's not that easy
Tel un automate, envoûté par la musique, elle se dirigea vers le premier tableau.
Il s'agissait d'une œuvre à la craie, représentant une jeune femme. Elle était positionnée de face, mais son visage était baissé et dissimulé par un long rideau de cheveux châtain doré, qui semblaient onduler au rythme de la brise. Ses yeux étaient clos, et ses lèvres se relevaient sur un léger sourire. Bercée par la musique en fond, qui ne cessait pas, Luna continua à contempler la jeune femme, comme hypnotisée par sa vue : elle avait la sensation qu'elle était là, dans la pièce, qu'elle emplissait tout l'espace.
I remember it now, it takes me back to when it all first started
But I've only got myself to blame for it, and I accept it now
It's time to let it go, go out and start again
But it's not that easy
.
But I've got high hopes, it takes me back to when we started
High hopes, when you let it go, go out and start again
High hopes, when it all comes to an end
But the world keeps spinning around
Et, au plus elle contemplait les traits de la jeune femme, au plus Luna avait le sentiment que cette jeune femme avait une importance cruciale. Elle représentait un souvenir intense, et elle était absorbée par un souvenir qu'elle avait l'impression de connaître. Il lui était familier, mais il était plus fort en émotions qu'en images.
And in my dreams, I meet the ghosts of all the people who have come and gone
Memories, they seem to show up so quick but they leave you far too soon
Naïve I was just staring at the barrel of a gun
And I do believe that, yeah
Et tout cela était prenant. Consciemment, Luna savait qu'elle observait un dessin, mais son cœur se serrait d'appréhension. Une petite voix en elle lui soufflait que tout cela avait une fin.
…How this world keeps spinning around
Avec peine, elle se détacha du dessin, rejoignant la seconde salle.
Là, elle dut attendre quelques instants. Elle ne savait pas pourquoi, mais les visiteurs n'étaient pas autorisés à entrer tous en même temps. On la pria de patienter quelques minutes. Un autre visiteur demandant quelques explications, Luna avait tendu l'oreille l'employé lui avait assuré que l'attente ne serait pas plus longue, mais que l'artiste avait souhaité que chaque personne soit seule pour découvrir cette partie de l'exposition. Luna était intriguée par cette information, et d'autant plus désireuse de découvrir cette nouvelle œuvre.
Elle fut finalement autorisée à entrer dans la seconde salle, qui avait, elle aussi, sa propre ambiance musicale. (2) Elle s'arrêta au centre de l'espace, ne sachant où donner de la tête.
Cold bones. Yeah, that's my love
She glides away, like a ghost
Des dizaines de tableaux occupaient l'espace. Et chacun d'entre eux représentaient la même jeune femme, mais dessinée sur une multitude de tableaux, disposés de part et d'autre de la pièce, sans agencement logique.
Does she know that we bleed the same?
Don't wanna cry but I break that way
Luna pivota sur elle-même, admirant chacun des tableaux à tour de rôle. Elle remarqua alors que la jeune femme avait de magnifiques yeux verts rieurs.
Cold sheets. Oh, where's my love?
I am searching high, I'm searching low in the night
Sur chaque œuvre, elle irradiait de vie.
Sur l'une d'entre elles, la jeune femme arborait une tresse qu'elle terminait de nouer, avant de la poser sur son épaule, tandis que son visage se dérobait à la vue de l'observateur, laissant juste le temps d'apercevoir la gêne traverser ses pupilles et le rouge colorer ses joues.
Does she know that we bleed the same?
Don't wanna cry but I break that way
Sur une autre, elle prenait la pose comme sur une photo, s'amusant comme une enfant, donnant l'envie de sourire avec elle, sa bonne humeur étant contagieuse.
Did she run away?
Did she run away? I don't know
If she ran away
If she ran away, come back home
Just come home
Sur la suivante, elle était allongée au sol, contre un lit, les jambes se balançant en l'air. Luna avait l'impression de voir une journée tranquille, un dimanche après-midi à paresser loin de la frénésie d'une semaine de travail.
I got a fear, oh, in my blood
She was carried up into the clouds, high above
Sur le haut du mur, un mouvement attira l'attention de Luna : la jeune fille riait aux éclats, alors qu'un homme l'étreignait, son visage enfui dans ses longs cheveux aux reflets dorés.
If you bled, I bleed the same
If you're scared, I'm on my way
Sur une autre, ce n'était plus la jeune femme, mais deux mains liées entre elles par les auriculaires, comme pour sceller une promesse.
Did you run away?
Did you run away? I don't need to know
Des yeux verts, brillants, faisaient perler des larmes après le passage d'une paupière tremblante.
If you ran away
If you ran away, come back home
Et enfin, une dernière, représentant une vallée où une averse tombait sur la verdure environnante. L'image était douce, et pourtant renvoyait tant de tristesse.
Just come home…
Toutes ces images animées emportaient Luna dans un tourbillon de mouvements qui la perdait, alors qu'elle tournait sur elle-même dans ce mélange de joie et de tristesse ambiantes, tant et si bien qu'elle s'oublia, comme si elle était plus qu'une simple spectatrice. Comme si elle vivait une histoire, la comprenant au-delà des mots, à travers les portraits.
Elle ne se rendit même pas compte que ses pas la menaient hors de la pièce, se rendant dans la dernière, sombre comme dans un four. Seul un tableau y était alors visible, suspendu dans le vide. Et la mélodie qui résonnait alors était plus qu'explicite. (3)
.
Remember all the things we wanted
Now all the memories they're haunted
We were always meant to say goodbye
Even with our face held high
It never would have worked out right
We were never meant for do or die
.
I didn't want us to burn out, I
I didn't come here to hurt you, now I can't stop
.
I want you to know
It doesn't matter
Where we take this road
But someone's gotta go
And I want you to know
You couldn't have loved me better
But I want you to move on
So I'm already gone
Looking at you makes it harder
But I know that you'll find another
Doesn't always make you want to cry
It started with the perfect kiss then
We could feel the poison set in
Perfect couldn't keep this love alive
.
Know that I love you so
I love you enough to let you go
I want you to know
It doesn't matter
Where we take this road
But someone's gotta go
And I want you to know
You couldn't have loved me better
(…)
.
Sur le dernier tableau, un être difforme, imprécis, se mouvait à la façon d'une tornade silencieuse et effrayante, ayant déjà emporté tout bonheur avec elle.
Luna sortit de l'établissement, ressentant le besoin de s'aérer. À l'entrée de celui-ci, elle prit la mesure de son émotion. Et elle était vive.
Il était bouleversant de ressentir quelque chose d'aussi intense lorsque l'on n'était même pas soi-même protagoniste. Elle hoqueta soudainement, et quelques larmes s'échappèrent de ses yeux avant qu'elle ne les essuie d'un revers de main. Alors, elle rit à travers les larmes, surprise de son propre émoi.
En cet instant, elle se sentait si proche de l'artiste. Ses œuvres étaient absolument magnifiques, son talent incontestable. Il parvenait à transmettre tant d'émotions à travers ses coups de fusain. Luna était impressionnée et, malgré la tristesse du dernier tableau, elle se sentait heureuse pour lui, parce qu'il semblait avoir vécu une très belle histoire d'amour.
Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas les pas qui venaient dans sa direction.
« Luna ? »
OoOoO
Elle n'avait pas sursauté alors qu'il l'avait appelée par son prénom. Elle le regardait comme si elle s'était attendue à le voir. Peut-être même l'attendait-elle. Lui, en tout cas, était surpris par sa présence.
Il l'avait vue quitter l'exposition, et s'était senti un peu gêné d'avoir exposé ses sentiments à une ancienne camarade. Pourtant, malgré les années qui s'étaient écoulées depuis qu'ils avaient quitté Poudlard, il n'avait pas oublié que Luna Lovegood était l'une des sorcières les plus douces et les plus compréhensives que Merlin lui ait donné de connaître.
Ce fut alors qu'il remarqua ses yeux baignés de larmes. Elle ne l'avait pas quitté du regard.
« Oh ! Tu pleures ? », lui demanda-t-il inutilement.
Elle lui sourit, comme pour lui prouver le contraire.
« Oh ! Dean, c'était absolument merveilleux. Cette exposition…je suis admirative. Il y a tellement de poésie et de magie derrière ces tableaux. »
Il ne put s'empêcher de lui répondre par un sourire, alors qu'au fond de lui, il doutait des propos de la sorcière. Cette exposition, il la connaissait par cœur, puisqu'il en était l'auteur. Mais merveilleux ? Poétique ? Magique ? Ce n'était certainement pas les qualificatifs qui lui venaient à l'esprit lorsqu'il y songeait. Il y voyait sa propre douleur.
« Mmmh ! Merci. Je suis content qu'ils t'aient plu », lui répondit-il malgré tout.
Il regarda plus attentivement Luna, qui s'était rapprochée. Un rayon de soleil éblouissait son visage et faisait briller ses cheveux, lui rappelant des souvenirs. Un flash. Des cheveux châtains, aux reflets dorés, et des yeux verts comme il n'en avait jamais vu en Italie. Des yeux qui avaient quelque chose de puissant et de précieux, comme deux émeraudes à l'état brut. Et ce rire… un rire cristallin, qui résonnait autant que ses cheveux brillaient au soleil.
Il ferma les yeux, envahi par la tristesse, la douleur le transperçant comme un Crucio ! en plein cœur.
« Dean ? », l'appela Luna d'une voix douce et inquiète. « Tout va bien ? »
Il acquiesça, mais il ne répondit pas. Luna enchaîna.
« La tristesse se lit sur ton visage », affirma-t-elle.
Il soupira, mais il ne répondit pas. La sorcière avait la capacité de lire en lui comme dans un grimoire, et ça avait quelque chose d'embarrassant. Ses émotions, il avait encore du mal à les accepter. Il n'avait pas fini de travailler sur lui depuis…depuis qu'elle était partie.
« Comment s'appelle-t-elle ? », continua Luna, sans s'offusquer de son silence.
Sans la regarder, l'esprit perdu dans des souvenirs qui paraissaient plus lointains qu'ils ne l'étaient réellement, Dean lui répondit sans chercher à se dérober.
« Federica. »
« C'est joli », commenta la blonde. « Elle a beaucoup de chance que tu l'aimes. »
Dans un râle, il se laissa tomber contre le mur de l'établissement, s'y adossant. Ce n'était pas ce que la concernée semblait penser, pourtant.
Il sortit un paquet de cigarettes de la poche de son pantalon, et à l'aide d'un briquet l'alluma, aspirant une première bouffée avant d'expirer. Son entreprise réalisée, il rangea l'objet. Son geste avait à peine pris quelques secondes, durant lesquelles il avait senti le regard de Luna sur lui. Il savait qu'il était étrange pour un sorcier de ne pas utiliser sa baguette pour un sort aussi simple. Mais parfois, il tremblait un peu trop pour cela…
« Cela ne l'a pas empêchée de partir... », répondit-il malgré lui.
Luna acquiesça, comprenant aisément. Elle n'ajouta rien et, après avoir tiré sur sa cigarette, ce fut lui qui enchaîna.
« Qu'est-ce qui t'a amenée ici ? »
« Je cherche quelqu'un pour illustrer le manuel de créatures magiques que j'écris. »
« Oh ! Et tu penses que je pourrais t'aider ? »
« J'ai entendu des échos positifs sur ton travail. Et maintenant que j'ai vu ce que tu fais, je suis parfaitement d'accord avec ce qu'on m'a dit. »
Un léger sourire se dessina sur son visage. Puis, il commença à rire franchement, d'un rire rauque à cause de la fumée. Il toussa un peu avant de se reprendre.
« Je ne pense pas être très qualifié pour ce que tu recherches », avoua-t-il enfin.
Il se tut, et Luna l'observa quelques instants dans le silence le plus total, tandis qu'il continuait à consumer sa cigarette.
« Je ne suis pas d'accord. »
Il ferma les yeux, ses paupières rougies par le soleil occultant sa vue. Il avait tellement espéré que dessiner exorciserait ses démons. Mais rien n'y avait fait. C'était devenu une frénésie, un besoin obsessionnel de la mettre sur papier, comme si elle pouvait encore vivre de cette manière, à travers son coup de fusain. Des œuvres comme celles qu'il avait exposées, il en avait noirci des parchemins entiers durant les six derniers mois.
Force était de constater qu'elle ne revenait pas, et que sa douleur s'intensifiait. Il n'était plus que l'ombre de lui-même. Il n'était même pas parvenu à quitter l'Italie, et il avait fait de son chagrin son inspiration première. Il n'était plus non plus capable d'utiliser la magie, comme si cette dernière avait disparu avec elle.
Ayant terminé sa cigarette, il l'écrasa subitement contre le mur, s'apprêtant à rentrer dans l'établissement.
« Je dois retourner bosser », lui dit-il.
Elle l'observa avec ses grands yeux qui dévoilaient tant de gentillesse et de bienveillance.
« On pourra se revoir ? J'ai très envie de discuter avec toi de mon manuel. »
Interdit, il la regarda. Il ne comprenait toujours pas pourquoi elle voulait à ce point travailler avec lui. Et il comprenait encore moins pourquoi il avait envie d'accepter. Si Seamus était doué pour les explosions, lui préférait habituellement éviter les dégâts.
« D'accord. Retrouve-moi ici à dix-huit heures, quand l'établissement fermera ses portes. »
OoOoO
Luna flânait, le nez en l'air, lorsqu'elle revint devant l'établissement qui abritait l'exposition des œuvres de Dean. Elle était impatiente de le retrouver, de lui parler de son projet. Et depuis qu'ils avaient discuté, elle avait une idée obsédante en tête : elle voulait lui apprendre à voir le soleil tel qu'il était : chaud, brillant, presque aveuglant de beauté.
« Rebonjour, Dean », fit-elle en arrivant face au sorcier, qui l'attendait, une cigarette entre les doigts. « Tu ne devrais pas fumer tu sais, c'est très mauvais pour tes poumons. »
Dean sourit à sa remarque et, sans un mot, l'écrasa sur le mur, à moitié consumée. Il ne semblait pas contrarié, simplement amusé. Luna lui sourit en retour.
« E questo è tutto! », chantonna-t-il en italien.
« C'est bien. Mais tu vas recommencer quand je ne serai pas là », affirma-t-elle d'une voix douce.
« Mmmh ! Ce n'est pas faux », admit-il.
« Alors je crois que je ne vais plus te quitter et que tu seras définitivement obligé de m'aider pour mon manuel ».
Le rire de Dean résonna, un peu tendu.
« Très bien, si tu commençais plutôt par m'expliquer ce projet que tu as en tête ? On va boire un verre ? »
Luna acquiesça, avant de lui montrer le panier qu'elle tenait.
« J'ai tout ce qu'il faut », lui dit-elle.
Dean leva un sourcil, interloqué.
« Tu as tout ce qu'il faut ? », releva-t-il.
« Oui », confirma-t-elle. « J'ai des sandwiches, du fromage, des cornichons et de quoi faire une salade. Et j'ai pris du vin et une bière bio. Tu préfères sans doute la bière. »
« Et si je suis un carnivore ? »
Luna secoua la tête. Elle n'aimait pas l'idée que des animaux avaient souffert pour qu'elle puisse se nourrir. Il y avait tellement de bonnes choses à manger sur cette Terre pour qu'ils puissent laisser les animaux en paix. Les légumes, c'était très bien, c'était plein de vitamines et personne ne souffrait de leur consommation.
« Je n'ai pas de viande, ce n'est pas gentil pour les animaux qui sont abattus. Mais si tu veux, la prochaine fois, je t'amènerai de la viande végétarienne. Ça y ressemble beaucoup. Enfin, au goût, je ne sais pas, je n'ai jamais voulu en manger mais d'aspect, on y croirait à s'y méprendre. »
Dean l'observait, tandis qu'elle faisait son monologue. Elle se demanda s'il était contrarié par l'absence de viande, auquel cas elle serait déçue de ne pas avoir pu lui faire plaisir. Elle ne voulait pas qu'il soit contrarié.
« Est-ce que tu veux que l'on cherche s'il y a encore un magasin d'ouvert ? Si ça te fait vraiment plaisir d'en avoir… »
Une étincelle s'alluma dans le regard de son ami, alors que son sourire ne l'avait pas quitté.
« Non, ça ira comme ça. Je t'embêtais. »
« Tu ne m'embêtes pas du tout. »
« Bien madame la philanthrope, dans ce cas, allons manger ce délicieux repas. »
Ils se mirent en route, décidant d'un commun d'accord pour le parc en contre-bas. Regardant le jeune homme, Luna se fit la réflexion qu'il semblait joyeux, mais elle ne se laissait pas bercer par ses airs. Il était encore blessé par sa rupture avec la jolie jeune femme aux cheveux d'or et aux yeux d'émeraude. Son ciel était sombre, mais elle voulait être la lumière qui le guiderait.
« Tu sais Dean, j'ai envie d'être plus qu'une philanthrope pour toi. »
Il s'arrêta soudainement pour lui faire face.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Je veux être ta tramontane. »
Il resta interdit, mais il ne dit rien. Luna reprit sa route, rapidement rejointe par Dean. Il souffla quelque chose qu'elle ne comprit pas, mais elle se demanda s'il pensait qu'elle était folle… Il n'aurait pas totalement tort. Enfin, elle était différente, mais elle n'avait pas l'impression d'être si folle. Elle était en décalage, mais pas au point d'être internée à Sainte Mangouste au service psychiatrie. Elle se sentait surtout davantage connectée à la vie et à la nature, ce qui ne lui semblait pas si mal. Parce qu'elle aimait la vie, sa vie et la nature. Elle se sentait chanceuse.
Lorsqu'ils arrivèrent au parc, Luna ouvrit son panier, duquel elle sortit une grande nappe en fleurs - des marguerites blanches et jaunes -, que Dean aida à déplier et installer.
Ils passèrent les heures suivantes à déguster leurs sandwiches, puis leurs boissons, pendant que Luna racontait sa vie d'exploratrice. Elle lui raconta les pays qu'elle avait visités, les sorciers et les sorcières, parfois même les moldus, qu'elle avait rencontrés, et par-dessus tout, les créatures magiques qu'elle avait eu l'occasion d'approcher.
Elle se perdit dans son discours, tant et si bien que la nuit commença à tomber. Elle ne laissa cependant pas la possibilité à Dean de s'échapper. Elle n'avait pas oublié la promesse qu'elle s'était faite un peu plus tôt dans la journée.
« Je rentre avec toi », décida-t-elle.
« Et pourquoi donc ? », résista-t-il pour la forme, tandis que l'amusement se lisait sur son visage.
« Parce que je ne veux pas que tu fumes et que tu broies des idées noires. Dorénavant, tu vas mettre des couleurs dans tes dessins. Tu verras, les créatures magiques sont beaucoup plus jolies avec des couleurs. »
Le noir rit franchement, comme si les couleurs dans ses mots l'atteignaient déjà. En tout cas, elle l'espérait.
« Très bien, tu me montreras comment faire ma… tramontane, c'est cela ? »
« Oui ! », confirma la blonde, heureuse qu'il accepte finalement de participer à son projet.
Et dans le fond, il acceptait ainsi beaucoup plus que de l'aider, elle : il acceptait aussi qu'elle l'aide.
OoOoO
Installé dans le fond d'une cabane, à la faible lueur d'une lampe à huile, Dean dessinait.
Il était resté en Italie, le temps que l'exposition de ses œuvres laisse place à de nouvelles, puis il était parti en compagnie de Luna. Ils ne vivaient pas de grand-chose, mais il l'avait aveuglément suivie dans son projet.
Il ne savait pas où toute cette histoire le mènerait, mais il n'avait rien à perdre. Puis il devait avouer que la présence de la blonde était plutôt agréable. D'un côté, elle était toujours de bonne humeur, elle était à la fois douce et honnête on pouvait lire ses émotions sur son visage, ce qui avait un côté rassurant. D'un autre côté, cette sorcière restait une énigme pour lui. Il ne comprenait pas trop comment elle fonctionnait, juste qu'elle était surprenante de simplicité. Et ça lui plaisait assez.
Il releva la tête, regardant par la petite fenêtre de la cabane. Ils se trouvaient actuellement quelque part en Tanzanie, à la recherche du Swildbokker (4), une espèce d'antilope argentée qui avait des effets bénéfiques sur le moral. Dean n'était pas certain qu'une telle créature existe, ni même que les effets soient réels si tel était le cas mais l'intention de la blonde était plus qu'explicite.
Il se sentait d'ailleurs beaucoup plus joyeux après un mois de route avec la jeune femme. Mais bien qu'elle persiste à dire que c'était la proximité de la créature magique qui agissait sur son moral et qu'ils allaient bientôt la trouver, Dean avait en réalité conscience que ce n'était nulle autre que la présence de Luna Lovegood qui avait cet effet sur lui.
Soupirant, il voulut revenir à ses parchemins, lorsqu'il réalisa qu'il était observé. Luna en personne se tenait dans l'embrasure de la porte, revenant de la promenade à laquelle il n'avait pas souhaité se joindre.
« Tu avais l'air concentré », lui dit-elle, s'approchant alors. « Tu pensais à elle ? »
Dean secoua la tête. Il lui avait tout raconté. En un mois, il n'avait pas pu échapper à son regard à la fois inquiet et bienveillant. Ô elle ne l'avait jamais forcé à s'exprimer sur le sujet. C'était surtout lui qui se sentait suffisamment en confiance avec elle pour lui faire part de ce qu'il avait vécu.
Mais c'était très vite qu'il avait vidé son sac. Il lui avait raconté comment il était tombé amoureux d'une lycéenne de dix-sept ans, pleine de vie et d'enthousiasme, mordant la vie à pleines dents. Il avait été charmé par son sourire, par l'éclat de ses cheveux au soleil. Par le son chantant de sa voix lorsqu'elle s'exprimait dans son italien natal. Par ses ambitions d'artiste, égalables aux siennes, même si elle s'exprimait par les mots et pas par des coups de fusain.
« Elle… Federica ». Il avait fermé les yeux, tant il lui était encore difficile de prononcer ne serait-ce que son prénom. « Elle était une étudiante florentine. »
« Vous étiez très amoureux, pas vrai ? »
« Oui… On était ensemble depuis deux ans. »
En cet instant, il n'avait plus osé regarder Luna.
« Qu'est-ce qu'elle étudiait ? », lui avait-elle demandé gentiment, consciente de son trouble.
« La littérature romane. Elle voulait devenir une grande auteure. »
Il ne savait pas pourquoi il lui répondait. Il n'avait pas envie de parler. Même à Seamus, il n'en parlait plus depuis qu'elle était partie.
Et pourtant, il lui avait aussi raconté comment il l'avait sentie s'éloigner de lui au fur et à mesure du temps, sans rien y comprendre. Elle était juste partie. Elle n'avait plus de sentiments, elle avait dit. Elle avait aussi dit qu'elle voulait vivre d'autres garçons, faire des expériences.
Comment Luna avait réagi ? D'une façon étonnante, mais qui l'avait soulagé : elle avait simplement dit « Je vais te faire du thé et des biscuits à la vanille. Maman appelait ça des langues de chat, et elle disait toujours que ça réchauffait le cœur des gens tristes. » Rien n'avait changé entre eux, elle avait compris qu'il ne voulait pas d'effusion d'affection. Et c'était vrai.
Il reporta son attention sur le temps présent et sur la sorcière, qui avait profité du fait qu'il était perdu dans ses pensées pour s'asseoir en tailleur sur la chaise à côté de la sienne. Patiente, elle l'observait. Elle n'était pas vraiment du style à s'offusquer quand on mettait du temps à lui répondre. Ni même quand on ne lui répondait pas, d'ailleurs.
« Non, je pensais à toi, en fait. »
Un sourire fleurit sur ses lèvres, jusqu'à découvrir ses dents. Il aimait particulièrement lorsqu'elle souriait de cette manière. Elle paraissait si calme, si posée qu'il se sentait instantanément plus serein. Le côté rêveur de Luna avait une façon si douce et si simple de le ramener à l'essentiel, à l'instant présent. C'était reposant.
« Moi aussi, je pensais à toi pendant que je me promenais. »
Dean lui sourit en retour, étrangement heureux de sa réponse. Depuis quelque temps, il sentait une espèce de chaleur dans son thorax, à la fois douce et enivrante, chaque fois qu'il pensait à la blonde ou qu'elle lui parlait aussi simplement et ouvertement.
« J'ai vu un insecte dont je n'ai jamais entendu parler auparavant », continua-t-elle comme si elle n'avait rien dit à son propos. « On dirait un scarabée, mais avec une carapace semblable à celle d'un scorpion…qui aurait un léger duvet roux. »
« Mmmh », fit Dean qui n'avait jamais entendu parler d'un tel animal.
« J'aimerais bien que tu viennes le voir avec moi. Que tu me dises si tu en as déjà entendu parler, et que tu le dessines, comme ça on pourrait faire des recherches. J'ai senti une puissance magique s'en dégager, je suis très excitée à l'idée d'en savoir plus », expliqua-t-elle d'une voix posée, contrairement à ce qu'elle venait d'énoncer. « Tu es d'accord ? »
« Bien sûr », lui répondit-il, toujours partant pour de nouvelles aventures en sa compagnie. « Et même maintenant si tu veux. »
Pour corroborer ses paroles, il se leva effectivement, tendant la main à sa compagne de route. Ravie, Luna attrapa sa main, et ils partirent ainsi à la recherche du mystérieux insecte-arachnide.
OoOoO
Luna regardait la pluie, appuyée à l'entrée de la hutte qu'elle partageait avec Dean. Ils étaient arrivés deux jours auparavant, à Jaipur, en Inde. Et c'était la saison de la mousson. Au loin, elle percevait l'oiseau qui avait annoncé, il y avait de ça quelques heures, le début des averses.
Derrière elle, elle sentit plus qu'elle ne vit Dean. Le noir ne l'avait pas quittée en six mois, et depuis leur voyage en Tanzanie, elle avait vu beaucoup de changements dans son attitude. Il semblait beaucoup plus serein. C'était, avec certitude, l'œuvre du Swildbokker. À sa plus grande joie, ils avaient trouvé le mammifère, et avaient même pu l'approcher. L'effet avait été vivifiant. Magique. Luna, elle non plus, ne s'était jamais sentie aussi bien.
« Tu avais prédit qu'il pleuvrait », chuchota-t-il à proximité, déclenchant une onde de bien-être dans le chef de la sorcière. Elle se sentait irradier de bonheur avec lui. Sa présence était chaleureuse, productrice d'un grand trouble.
« C'est le chant du Shakun (5) qui m'a informée. »
« Le Shakun ? »
Luna sourit. Elle aimait bien lui apprendre ce qu'elle savait des créatures magiques. Elle avait conscience qu'il n'y croyait pas toujours, mais il était gentil : il l'écoutait parler, il lui posait des questions avec un intérêt qu'elle ne ressentait pas comme feint. Il était plus que poli, il s'intéressait à elle. Et elle aussi, elle était intéressée par lui. Mais elle lui laissait le temps, le temps de son deuil et le temps de terminer son parchemin pour en commencer un nouveau.
Elle avait l'impression qu'elle apprenait avec lui, aussi. Elle avait parfois l'impression qu'elle était plus terre à terre. Elle se perdait toujours dans ses pensées, mais elle revenait souvent à l'instant présent, juste pour le plaisir de le regarder. Elle le trouvait très beau lorsqu'il dessinait.
« C'est comme l'Augurey qu'on trouve au Royaume-Uni, mais typique d'Asie du Sud », lui expliqua-t-elle. « Il chante pour annoncer l'arrivée de la mousson. »
Dean restant silencieux, Luna se tourna pour lui faire face. Leurs regards se croisèrent alors qu'il avait les yeux posés sur elle, avec une infinie tendresse qui fit sourire la blonde.
« Tu veux le voir ? », lui proposa-t-elle.
Il acquiesça à peine Luna avait-elle agrippé sa main, l'entraînant avec elle à l'extérieur de l'habitat, les exposant à l'humidité et aux bourrasques.
Riant aux éclats, trempée de la tête aux pieds en quelques secondes, elle s'arrêta sous un arbre un peu plus loin, présentant du doigt l'oiseau, semblable à un perroquet aux milles couleurs. Elle riait tellement qu'elle était incapable de prononcer un seul mot. Mais Dean ne la quittait pas du regard, un grand sourire éblouissant accroché aux lèvres.
« Tu…ne…le…regardes…même…pas ! », parvint-elle péniblement à articuler. Elle essuya inutilement les larmes qui avaient débordé des yeux, se mêlant à la pluie sur ses joues.
« Il n'y a plus rien à voir », répondit simplement Dean, la dévorant littéralement des yeux. Son estomac se contracta, pendant que son cœur faisait une embardée.
Luna leva les yeux, se rendant compte que l'oiseau s'était envolé.
« Dommage », dit-elle.
« Mais ça en valait peut-être la peine », s'amusa-t-il, passant un doigt dans les cheveux ruisselants de Luna, dont le cœur manqua un battement.
« C'est romantique », souffla-t-elle.
Sa main s'arrêta sur sa joue, et elle ne bougea plus. Elle attendait, voyant les yeux noisette du noir s'accrocher aux siens. Lentement, comme pour lui laisser le temps de reculer, il approcha son visage du sien. Elle ferma les yeux, sans même que l'idée de se dérober ne lui traverse l'esprit.
Lorsque ses lèvres touchèrent les siennes, elle goûta leur humidité, mais surtout leur douceur et leur tiédeur, avant qu'elle n'ouvre les barrières pour goûter à la suavité de sa langue. Luna soupira de bonheur jusqu'à l'instant où leurs lèvres se séparèrent à contrecœur.
« Tes lèvres goûtent le crumble qui sort du four. »
Dean eut un temps d'arrêt, avant qu'elle ne voie l'hilarité le gagner progressivement, trait par trait.
Lorsqu'il se reprit, il lui demanda :
« C'est à ça que te font penser mes baisers ? À du gâteau ? »
« Oui, à celui qui fait un jour de pluie pour se réchauffer le cœur », répondit-elle, songeuse. « Celui-là m'y fait penser, en tout cas. Il faudrait recommencer pour être sûr », dit-elle en réfléchissant à voix haute.
Amusé, il secoua la tête.
« Tu sais à quoi tu me fais penser, toi ? »
« Non ? »
« À une tramontane. Et je crois que tu m'as sauvé du mistral. »
Le cœur de la blonde fit un bond dans sa poitrine.
« Alors oui, ça en valait la peine. »
(1) High hopes, Kodaline.
(2) Where's my love, SYML.
(3) Already gone, Sleeping at last.
(4) Mon esprit détraqué a trouvé amusant de mélanger des mots et des lettres pour donner ce nom improbable. De l'afrikaan « Wildsbokke » signifie simplement « antilope », et « silwer », « argenté ».
(5) Encore et toujours mon esprit détraqué. « Shakun » signifie « auspice » en hindi.
Et voilàààà ! J'espère que ça vous aura plu. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner votre avis.
Je vous retrouve demain pour le chapitre 4 de Tu as les yeux de ton père, Elia et jeudi prochain pour le lancement des propositions de fanarts pour le défi du mois d'avril. En principe, celui devrait être publié le 6 avril.
Plein de paillettes de licorne sur vous !
