Bonjour mes amours ! :D Me revoilà pour vous jouer un mauvais tour. Ou plutôt pas trop cette fois, cet OS est plutôt doux et sans prétention.

Cela faisait un moment que j'avais cette histoire en tête. Depuis bien cinq mois, pour être honnête. Mais je pense que ce n'était pas le moment. Peut-être que j'avais besoin de vivre un peu reclu pour ça. Peut-être que j'avais aussi besoin d'approfondir, par l'écriture, la relation que je prête à Harry et à Hermione (ce que je fais depuis plusieurs mois par le biais de TALYPE).

Cet OS m'a été inspiré par la chanson Be there du groupe Seafret, et en particulier par le refrain :

'Cause I can't be without you
(Parce que je ne peux pas être sans toi)

I'll be there when you need me most
(Je serai là quand tu auras le plus besoin de moi)
I'll be there if you're ever alone
(Je serai là si jamais tu es seul)
Together, we can grow old.
(Ensemble, nous pouvons vieillir)
I can't leave you
(Je ne peux pas te quitter)

Il est sans prétention, mais il me sort de ma zone de confort : en effet, la scène s'inscrit dans les livres. Pour la première fois, je suis retourné lire certains passages pour m'imprégner de la scène en question. Ce qui change ici, c'est uniquement le point de vue : c'est l'analyse d'Hermione du départ de Ron. Il s'agit donc d'un écrit 100% canon (comme Drago). J'espère qu'il vous plaira.

Merci à NathanaelleS et LineM pour vos si gentils commentaires. Merci aussi à BrownieJune. Je sais que mon premier jet ne t'a pas plu. Je n'ai rien changé finalement : ma prise de risque se situe à un autre niveau, pas dans les événements mais dans la contrainte du contexte.

Cecile : Merci beaucoup pour ton passage sur le précédent OS alors que tu n'aimes pas le Drarry ! Y a-t-il un chance pour que je t'y fasse adhérer ? (a)


Together we could grow old (On pourrait vieillir ensemble)

La neige était tombée cette nuit-là. Elle avait recouvert le sol et les arbres d'une nappe blanche, donnant la sensation que la vie dormait d'un sommeil aussi profond que celui de Blanche Neige. Ça avait toujours été son Disney préféré, enfant comme adolescente. Peut-être parce qu'elle rêvait, en attendant de pouvoir vivre son propre conte de fées, avant de découvrir le monde magique.

Sauf qu'aucun prince charmant ne viendrait sauver Hermione de son indolence. Elle avait justement versé trop de larmes en raison du départ explosif de son roi. Elle ne pouvait plus se permettre d'espérer son retour, et l'abattement l'avait envahie.

Une bourrasque la fit frissonner et elle resserra étroitement son manteau. À côté d'elle, appuyé contre le même arbre, Harry en fit autant.

Lui aussi feignait de ne rien ressentir. Son hébétude avait laissé place à une douleur sourde, mais qui criait tellement fort qu'on la sentait comme une aura mélancolique.

Elle savait ce qu'il ressentait. Elle voyait encore sa réaction, lorsque Ron s'était levé en lui assenant qu'il avait cru en lui, qu'il avait cru qu'Harry savait où ils allaient. Il avait encaissé, comme s'il recevait un coup de poignard. Puis son regard s'était voilé, et la haine avait remplacé la douleur. Pour qu'elle ne le détruise pas, elle devait exploser, sortir de son corps.

Les mots avaient été durs. Comme toujours, Ron ne mâchait pas ses mots, les usant pour blesser autant que lui l'était. Ça aussi, Hermione le savait. Tout comme elle savait que « Celui-Qui-A-Vu-Pire » n'était pas directement une atteinte envers son meilleur ami. C'était surtout, et avant tout, une maladresse. Parce qu'il n'en avait pas d'autres pour exprimer son inquiétude ou son impuissance.

Pendant des jours, aidé par l'Horcruxe pendu à son cou, il avait ruminé. Il avait perdu la foi, comme un enfant qui apprend que le Père Noël n'existe pas réellement et ce qui comprend ce qui se cache réellement derrière les cadeaux. Lui qui avait toujours cru en Harry, presque comme un super héros, il se rendait compte que lui aussi avait des limites. Il ne pouvait pas tout résoudre, encore moins sans difficultés.

Ça partait du bon sens, mais pour Ron… Harry était non seulement la première personne à l'avoir considéré, mais en plus il était comme un modèle. Il est difficile d'accepter qu'un modèle ne réussit pas en tout, parce que si lui ne le pouvait pas, qui le pourrait ? Sûrement pas Ron. Dans sa conception des choses, en tout cas.

Et Hermione n'avait rien arrangé en lançant un Protego. Bien sûr, elle avait d'abord pensé à les protéger, Godric savait à quel point la colère de deux têtes brûlées pouvait être pernicieuse. Ensuite, elle avait réalisé avec horreur le tableau qui s'était peint sous ses yeux : le bouclier ne les avait pas seulement protégés, il les avait également séparés, dressant une barrière invisible entre eux. Enfin, Ron parti, l'horreur avait laissé place à la culpabilité.

Consciemment, elle savait qu'il reviendrait. Elle savait aussi qu'à la seconde où il le ferait, Harry lui pardonnerait. Pour elle, ça prendrait un peu plus de temps, parce qu'elle était amoureuse, et donc blessée autrement plus profondément. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait, elle n'en doutait donc pas une seule seconde qu'ils seraient à nouveau tous les trois réunis. Comme avant. Comme s'il ne s'était rien produit, ni les mots durs ni le départ impromptu.

Néanmoins, la guerre, les pertes, la peur les rendaient plus vulnérables. L'espoir tanguait comme une flamme dans une brise. Par peur de s'effondrer, l'un comme l'autre restait silencieux depuis son départ. Elle pleurait la nuit, parfois. Si la journée elle se retenait pour ne pas en rajouter sur sa peine, elle lâchait les vannes une fois qu'il s'était assoupi. Elle avait besoin de ça pour tenir le coup, se décharger avant de repartir. Autant que possible.

Il fallait aussi admettre ce qui était. Lorsqu'elle avait utilisé le charme du bouclier, elle n'avait pas uniquement pensé à protéger ses amis. Elle avait aussi pensé à protéger Harry. Pendant une fraction de seconde, ça n'avait plus été Ron, celui qu'elle aimait. Ça avait été un sorcier qui aurait pu s'en prendre à son meilleur ami. Et ça, Hermione ne pouvait pas l'accepter. Elle s'opposerait toujours à quiconque voudrait s'en prendre à Harry. Toujours.

Ce qu'elle ressentait pour lui, c'était au-delà de tout, au-delà du descriptible.

Elle l'aimait pour sa façon de se battre pour des causes justes, sans chercher la gloire ou la reconnaissance. S'il avait pu le faire, il aurait toujours agi dans l'ombre, mais toujours pour le bien de tous.

Elle l'aimait aussi pour son humilité, sa bonté de cœur, mais aussi son humour : il était ridicule, mais si léger et enfantin que l'on ne pouvait qu'en rire. Il ne demandait rien à personne, il n'aspirait qu'à vivre. Et malgré tout ce qu'il lui était arrivé, toutes les responsabilités auxquelles il devait faire face alors qu'il était si jeune, il ne se plaignait jamais. Il ne se posait jamais en éclopé. Il fait simplement face à ce qu'il estimait être un devoir.

Quand Ron lui avait demandé de choisir entre Harry et lui, il n'avait même pas été envisageable de le suivre. Ce n'était pas seulement parce qu'elle considérait Harry comme la seule famille qui lui restait. C'était aussi parce qu'elle lui avait fait la promesse d'être toujours là, à ses côtés. De le soutenir, d'affronter les difficultés avec lui. S'il devait se soulever pour combattre Voldemort, détruire ses Horcruxes, elle irait jusqu'au bout avec lui. Qu'importe ce à quoi elle devait renoncer pour cela.

Ça lui était égal si elle risquait sa vie. Si elle avait pris une décision contraire, elle n'aurait plus pu affronter son propre reflet dans le miroir. Il avait besoin d'elle d'un point de vue intellectuel, c'était incontestable. Mais tout seul, dans cette forêt… il n'y survivrait pas. On n'affrontait pas seul le plus grand mage noir de tous les temps sans pilier, même si on était Harry Potter. Oh ! À la fin, ce serait lui, elle le savait. Ce n'était cependant pas pour cette raison qu'il ferait le chemin sans âme, sans soutien.

Ce devait d'ailleurs bien être pour cette raison que Dumbledore lui avait légué Les contes de Beedle le Barde. Il savait qu'elle irait jusqu'au bout pour lui. Il savait qu'elle était intelligente. Elle était persuadée qu'il lui avait laissé un message, et elle se devait de découvrir lequel.

Il n'était plus question de rester ici et de vieillir dans la solitude, perdus au milieu d'une forêt. Ils vieilliraient ensemble, dans un monde en paix, débarrassé de Voldemort et de ses sbires. Elle se leva, décidée à percer l'énigme dont elle était l'héritière.

Ils avaient une guerre à gagner.


Comme toujours, j'ai hâte d'avoir votre retour !

Ce weekend, je vous publierai également le défi du mois de juillet, qui est écrit. J'aurai ainsi rattrapé le retard engendré par ma pause "examens" ! :D

Paillettes de licorne sur vous.