Bonjour mes amours ! :D
Après seulement deux semaines d'attente, je vous présente le défi du mois de septembre. Il s'agit d'un Zabnott. Je n'ai découvert ce pairing que très récemment, au détour d'un OS qui se trouve dans mes favoris. J'ai été happé par l'ambiance, quelque chose de très sombre qui m'a inspiré cette histoire. Je dois vous avertir d'un rating M, pour mention de violence et sexualité explicite.
Je vous annonce d'ors et déjà que ce n'est pas un OS mais un two shots, tout simplement parce que je n'ai juste pas pu rester sur cette fin. Je m'attache trop à mes personnages, j'exagère. Il y aura donc un défi du mois de septembre bis d'ici deux semaines. Ce n'est pas chouette ça ? :D
Bref, je vous laisse découvrir cette petite histoire.
Merci à LineM, Slyth12, MissPika42, Mery-AliceGilbert et Laura.
Musique :
NF – Can you hold me
Mogwai – Take me somewhere nice
Radiohead - Creep
Je suis venu te dire que je m'en vais…
« Je ne cherche pas à fuir ma noirceur, j'apprends à m'aimer en m'y trouvant. » Rune Lazuli
Je suis venu te dire que je m'en vais. Je t'ai donné rendez-vous à ton appartement, tu m'y attends pendant que je grimpe les cinq étages qui nous séparent. Ton sourire m'accueille, je ne vois plus que ça, tes dents blanches et tes pupilles brillantes. Mes convictions vacillent alors que tu me prends dans tes bras. À moins que ça ne soit mes jambes qui flanchent. Je sens ton odeur qui m'enveloppe, cette senteur de mâle à laquelle je ne peux habituellement pas résister. Mais ici, c'est pire, tout est exacerbé parce que c'est toi.
Tu me lâches après un temps, tes bras ont laissé une sensation de chaleur dans mon dos. Je voudrais que tu me serres encore, pour que je tienne en un seul morceau, parce que je ne suis pas sûr. Je pourrais m'effondrer à tout instant.
Blaise, toi qui connais toutes mes failles, mes vices et mes luxures, peux-tu les lire en moi aujourd'hui ? Je te vois rire et illuminer tout autour de toi, tandis que, moi, je suis l'habituel taciturne et inexpressif. Blaise, toi qui connais mes vices, peux-tu deviner ce que j'ai fait la nuit dernière ? Tu as trop l'habitude pour déceler quoi que ce soit.
Je peux encore flairer l'odeur de rouille, l'odeur du sang qui couvrait mes mains et qui s'écoulait sur le sol. Mes mains blanches et rouges. Elles m'avaient fait penser au serpent blanc de la légende chinoise, à la fois tentatrices et effrayantes. Ondulant jusqu'à ma chemise blanche, immaculée à son tour. Comme la sainteté, sauf qu'il s'agit d'un méfait du Diable.
Et justement, parfois, je me sens comme le Diable en personne, Blaise. Pendant que, toi, tu me regardes comme si j'étais la huitième merveille du monde. Pourtant tu le sais que j'ai tué. Ce n'est pas la première fois. Tu le sais. Je n'ai pas besoin de te le dire : je fais la une de La Gazette du Sorcier. Avec mes acolytes, on sème la terreur dans tout le Royaume, nos têtes sont mises à prix.
Malgré tout, tu ne m'as jamais vendu. Malgré tout, ta porte m'est toujours ouverte. Et tu plaisantes, tu éclates de rire comme si le monde tournait rond. Nos esprits s'épanchent de Whisky pur feu, s'étourdissent et je m'enivre de toi, de ton odeur qui emplit la pièce comme un gaz incolore. Je ne le vois pas mais je sais qu'il est là et qu'il m'endort doucement. Bientôt, je ne veux plus aller nulle part. La tête me tourne, ma vue tangue mais ce n'est pas l'alcool qui agit, c'est ta proximité. Tu rayonnes littéralement.
Tes lèvres goûtent les miennes, ton souffle emplit ma bouche et j'ai perdu toute raison. Je ne résiste pas. Je ne sais plus pour quelle raison je suis venu, Blaise. Mais je sais que je veux me perdre en toi, je veux oublier tout ça. Tout le mal que je fais. Tout le mal que je vais bientôt te faire. Emmène-moi loin d'ici. Emmène-moi loin de cette noirceur, Blaise. Je t'en prie.
Ma conscience se dissipe dans la douceur de tes baisers, dans l'empressement de tes mains qui glissent sous mon T-shirt. Les miennes ont trouvé d'elles-mêmes leur chemin dans ta nuque pour approfondir notre salve de langues, je ne m'en étais même pas rendu compte. La chaleur de tes mains sur mes côtes me fait gémir, tu as trouvé mon point sensible. Tu connais mon corps, bien plus que je ne pourrais jamais te l'avouer.
Bientôt, ton corps écrase le mien. D'une légère poussée, tu t'es allongé sur moi, m'emprisonnant de ta fougue irradiante. Je sens ton ardeur frotter contre la mienne, et j'ai chaud, mon souffle se fait court. Je ne dis rien mais je soupire longuement, pendant qu'une partie de moi t'appelle. Tu le sens, et tes mains glissent jusqu'à mon intimité, la tâtant à travers mon pantalon.
Je ne dis rien mais ma respiration devient erratique. Je te dépossède de ta chemise, de laquelle quelques boutons sautent dans ma précipitation. Je plaque mes paumes sur ton torse ardent, avant d'y déposer mes lèvres, te faisant frissonner.
Ton visage plonge dans mon cou, pendant que tu mords ma peau, sans concession, sans limite. Tu sais que j'aime ça. Tu sais que je grogne de plaisir. Tu sais que ma verge tressaute d'impatience quand tu fais ça.
Je te fais basculer, nous tombons du canapé dont j'avais oublié l'existence. Tu éclates de rire, ton hilarité se répercute contre les murs du salon, tandis que, moi, je m'y perds. Mon cœur en capte la sonorité, en suit le rythme, et je te dévore des yeux jusqu'à ce que ton rire se tarisse de lui-même.
Alors, seulement, je vais à la rencontre de ton intimité. Ton pantalon et ton sous-vêtement baissés, j'attrape ta hampe à sa base et j'y fais glisser ma langue. J'entends ta respiration se bloquer dans ta gorge, remplacée par un son rauque. Tu gémis alors que la pointe de ma langue tournoie sur ton gland mais tu cesses de respirer lorsque mes lèvres entourent ton sexe durci.
Je m'applique dans mes vas-et-viens. Je sais que l'humidité de ma bouche te fait perdre la tête, tout comme les bruits de succion qui accompagnent le mouvement. Et j'accélère le rythme tandis que tu t'agrippes à mes cheveux. Tu me supplies d'arrêter, tu veux garder ta rigidité pour me prendre. Je ne peux pas te le refuser, parce que je me rappelle, cette fois.
Je me rappelle que je devais partir. Je me rappelle que j'étais venu pour te dire que je m'en vais. J'accède à ton désir, je remonte avec lascivité jusqu'à tes lèvres que j'embrasse avec ferveur. Je m'y accroche désespérément, parce que c'est la dernière fois. Tu les mords en retour, tu es fiévreux, fébrile, maladroit. Tu me fais mal mais j'adore ça. Tu me dis de me retourner sur le tapis et je m'exécute, te laissant œuvrer.
Une œuvre. C'est presque comme cela que l'on devrait nommer ce que tu me fais. Je sens ta langue chaude et humide fouiller ma cavité, tandis que tu t'agrippes à mes fesses. J'empoigne les poils du tapis, courbant l'échine. Et je me sens coupable de te laisser faire alors que je vais partir. Alors que ma décision est prise.
Pour un peu, je te laisserais là, avant d'aller trop loin, avant d'être incapable de partir. Mais c'est sans compter tes doigts d'expert qui remplacent ta langue. Je suis pris au piège dans ce déferlement de plaisir. Ma raison a fondu comme neige au soleil. Mes gémissements gagnent en intensité et en sonorité, ils se transforment en cris. Je ne sais à nouveau plus pour quelle raison je suis là, mais je n'aspire qu'à ce plaisir coupable qui siffle au fond de mes entrailles.
Ton prénom s'échappe d'entre mes lèvres, et je sais que tu souris. Tu souris toujours quand je prononce ton prénom. Je sens ta bouche dans le creux de mon dos, et tu la presses tout le long de ma colonne vertébrale, jusqu'à remonter dans ma nuque, que tu mordilles. Et je m'égosille, perdant le contrôle de moi-même. Je passe mon bras derrière la tête, t'attrapant la nuque. Je te veux en moi et tu le sais.
Tu te redresses et je suis le mouvement, me mettant à quatre pattes. J'entends le bruit d'un emballage qu'on déchire. Je devine le latex qui recouvre à présent ton sexe. Je n'attends plus que toi, et tu ne tardes pas.
Bientôt, je sens ton gland titiller l'entrée de mon orifice, et tu t'engouffres, d'abord lentement, puis trop vite, emporté par ton désir. Mon ventre est happé par la brûlure, prodigieusement contrebalancée par la fraîcheur du lubrifiant, tandis que je te sens au plus profond de moi. Je me redresse.
À la verticale, les genoux ancrés dans le sol, je m'empresse de coller mon dos à ton torse, m'empalant davantage sur ton membre. Tu commences tes vas-et-viens, accentuant l'exquise déchirure qui me fait te désirer davantage. Tes dents rencontrent mes épaules et je hurle, perdu dans ce havre de déliquescence. Tu combles mes failles, tu t'y es engouffré de tout ton être, métaphoriquement et physiquement.
Tes doigts caressent ma hampe d'un geste rapide et aussi incontrôlable que le mouvement de nos reins et nous jouissons l'un dans l'autre. Les traces de ma jouissance collent les poils de ton tapis entre eux, c'est presque de l'art, de l'art que la magie viendra bientôt effacer.
Mais pour l'heure, je suis tien, tu es mien, et nous perdons tous les deux. Moi, je n'ai pas su partir. Toi, tu t'es agrippé à mon fantôme. Mes démons ont encore gagné, je ne peux pas les contrôler.
OoOoO
Je me réveille avec l'esprit embrumé. Je sais que j'ai merdé quand je prends conscience de ton bras autour de moi. Après le premier acte de déperdition, nous avons regagné ton lit. Et nous nous sommes encore aimés comme des mânes, jusqu'aux petites heures du matin. J'ai perdu. Je n'ai pas su te quitter comme je l'avais prévu.
Tu remues, toi aussi éveillé. Tu m'appelles en chuchotant, te rendant compte que je ne dors plus. Tu m'appelles encore, jusqu'à ce que je vienne me loger contre toi, et tu m'encercles de tes bras. Ta main se perd dans mes cheveux, l'arrête de ton nez effleure ma nuque. J'adore ces moments de douceur. Je ne veux pas te perdre. Je sens une boule se former dans ma gorge, les larmes menacent de s'écouler. Mais je ne craquerai pas.
J'étais venu te dire que je m'en vais. Mais je repense à toi, à moi, à nous. Je repense à tous ces moments qui font que je ne suis bien que dans tes bras. J'ai rêvé pouvoir affirmer que je suis quelqu'un de spécial. La vérité, c'est que c'est toi qui es exceptionnel. Moi, je suis un pauvre type. Un pauvre type prêt à te briser le cœur sans scrupules.
J'ai rejoint le côté obscur de la magie parce que c'est la seule chose qui fait réellement sens dans ma vie. Mon cœur est fait de Ténèbres, Blaise. Et tu le sais. J'aurais aimé pouvoir affirmer que je te mérite, mais tu es mon opposé. Tu es la Lumière, tu es la Lune dans ma nuit. Tu es la musique qui fait résonner mon cœur sur des notes nostalgiques. Tu me rappelles mon enfance, le réconfort des bras de ma mère avant qu'elle ne soit tuée par les sbires du Seigneur des Ténèbres.
Ironique, pas vrai ? Je suis retourné auprès de ceux qui me l'ont prise. Je suis retourné auprès de leurs fils, de leurs filles, eux aussi perdus par la chute du Grand mage noir. Mais, malgré sa chute, les Ténèbres n'ont jamais disparu. Elles sont là, partout autour de nous. C'est juste que tu ne les vois pas. Tu ne veux pas les voir. Tu es l'espoir, tu es la joie de vivre.
Serre-moi contre toi, veux-tu ? Sers-toi de moi, si tu veux. Mais retiens-moi, avant que je ne me perde définitivement, loin de ta chaleur enivrante. J'ai peur, dans le fond. J'ai peur de ce qu'il adviendra de moi, quand je partirai. J'ai peur aussi de ce qu'il adviendra de toi.
Je pourrais rester… mais je suis un pauvre type, Blaise. Je suis un pauvre type, et c'est pour ça que je pars. Tu mérites mieux. Peut-être que tu mérites que je reste aussi mais, comme je suis un pauvre type, je vais te briser le cœur. Et comme je suis également un lâche, je me dégage de tes bras, alors que ton esprit est encore embrumé par le sommeil, alors que tu ne peux pas encore réaliser ce qui est en train de se produire.
Je m'habille en silence et je t'entends t'étirer, alors je prends sur moi. Je sens la tension dans ma mâchoire alors que j'use du peu de détermination que j'ai pour ne pas te regarder, pour ne pas perdre le contrôle. J'étais venu pour te dire que je m'en vais, alors je m'en vais. Cette fois, je le jure, je suis sur le départ.
Mais tu m'appelles par mon prénom et, au son de ta voix qui vacille, je devine que tu as compris. Ton injonction à revenir près de toi, juste pour deux secondes, sonne trop posément, trop assurément pour que tu sois pris au dépourvu. Tu as compris. Et je me demande bien à quel moment.
J'évite ton regard alors que je me penche par-dessus le matelas où tu es toujours allongé. Mais tu m'attrapes la mâchoire des deux mains, et je suis forcé de regarder dans l'intensité de tes yeux marron, presque noirs. Tu as mal, mais tu ne dis rien de ta douleur. Tu as mal, mais tu me demandes de t'embrasser. Tu n'en dis pas plus, mais ça se répercute en moi comme un adieu. Et mon cœur se serre douloureusement.
Et j'accède à ta demande, parce que je ne peux pas te le refuser. Je suis un pauvre type, mais je suis amoureux de toi, Blaise. Je réalise soudainement tout ce que je vais perdre, mais je ne peux pas faire marche arrière. Il est trop tard pour ça. Ma décision est prise.
Cette fois, ça y est. Je ne te dis pas au revoir, je pars comme un voleur. Tu as compris, de toute façon. Je t'ai dépossédé de ton cœur, je le sais. Mais je sais aussi que tu arriveras à t'en procurer un nouveau. Du moins, je l'espère.
Je dévale les cinq étages qui mènent à ton appartement mais, cette fois, je m'en éloigne. Je presse le pas. Puis, je cours dans les rues, sans regarder où je vais. Puis, perdu au milieu d'un bois pour rester à l'abri des regards, j'allume une cigarette. Je n'oublie pas que je dois faire preuve d'un minimum de discrétion si je ne veux pas crever à Azkaban.
Je porte la cigarette à mes lèvres, la main tremblante. Et je prends conscience que, en réalité, c'est tout mon être qui tremble. Les sanglots menacent. J'ai le cœur lourd de t'avoir quitté. J'ai le cœur lourd d'avoir quitté le réconfort de tes bras.
J'ai le cœur froid aussi, comme s'il avait péri. Comme si ton amour était ce qui le gardait en vie.
J'ai le cœur froid, parce que je ne suis rien sans toi, je ne suis rien loin de toi.
De toute façon, je suis un pauvre type parce que tu m'as tout donné, et, moi, je t'ai envahi de ma noirceur. Mais c'est tout ce que j'avais Blaise, je n'aurais pas pu faire autrement.
J'écrase ma cigarette à moitié consumée du talon, la bouche sèche, regardant les arbres à perte de vue devant moi. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas si quelque chose a du sens.
J'étais venu te dire que je m'en vais. Mais, finalement, j'ai décidé que je reviendrai. J'ai juste quelques démons personnels à affronter, mais je te le promets, Blaise. Je reviendrai.
A suivre...
S'agissant de mon premier lemon yaoi, j'attends impatiemment votre retour à ce propos. Evidemment, j'attends aussi votre avis global ! Paillettes de licorne sur vous.
