Bonsoir mes amours ! :D
Comme je vous l'annonçais deux semaines auparavant, j'ai été incapable de rester sur la fin initialement prévue. Je vous propose donc la suite du défi du mois de septembre avec, cette fois, le PoV de Blaise. J'espère que ça vous plaira et que cette histoire vous mettra un peu de baume au cœur en ce dimanche soir.
Merci à Line.M, Slyth12, MissPika42, Mery-Alice Gilbert et Laura.
Musique :
Placebo – My sweet prince
Damien Rice – Cheers darlin'
The Cure – Lovesong
Je voulais te dire que je t'attends…
« Le pire dans la vie, c'est d'attendre. Le meilleur dans la vie, c'est d'attendre quelqu'un qui mérite qu'on le fasse. » Jessica Brumley
Tu es toujours dans mes pensées. Depuis le jour où tu es parti, Theo, je n'ai pas cessé de penser à toi. Je te vois encore te rhabiller et partir sans un mot, comme si tu allais revenir, comme si tu descendais juste te racheter un paquet de clopes. Mais j'avais compris. J'avais compris.
Je n'aurais jamais cru que ton départ me ferait cet effet. Je n'aurais jamais cru qu'aucun départ ne me ferait d'effet. J'en ai aimé des mecs, avant toi. Enfin, c'est ce que je croyais parce qu'aucun ne m'a laissé aussi vide, aussi vide qu' un cœur décharné.
Tu te souviens de ces soirées que l'on passait à boire des bières et à fumer des joints à la fenêtre, les jambes dans le vide ? On regardait le monde vivre cinq étages plus bas et on rigolait. Enfin, moi, je rigolais. Toi, tu m'écoutais et parfois, je jurais voir la commissure de tes lèvres s'étirer.
Tu ne riais jamais. Tu ne souriais que brièvement, comme si tu te prenais toi-même en flagrant délit et que tu ravalais ton sourire. Tu sais… il n'y a aucun mal à être heureux, Theo. J'ai l'impression que tu te blâmais pour tes actions, pourtant. Comme si tu devais te châtier pour le mal qui te ronge.
J'ai compris à quel point tu étais hanté le jour où je t'ai retrouvé en larmes sous la douche. Tu n'as rien voulu me dire. Tu ne semblais même pas supporter que je te touche. Que j'assiste à ta souffrance ressemblait à un véritable supplice. Et tu es parti. Tu as disparu pendant plusieurs jours. Quand tu es revenu, je savais ce que tu avais fait. Le meurtre a fait les gros titres de La Gazette du sorcier. Tu as été identifié comme un des membres du groupuscule Néo-Mangemorts.
Ensuite, tu es devenu l'ombre de toi-même. Même ton sourire en coin, je ne l'ai plus jamais revu. Je te regardais dépérir à vue d'œil mais je ne disais rien. Je savais que tu ne parlerais pas, comme si tu avais peur qu'en ouvrant la bouche, ta noirceur contamine tout autour de toi.
D'ailleurs, tu étais persuadé que ça finirait par me bouffer aussi. Que ta noirceur allait m'atteindre et qu'on plongerait tous les deux. La vérité, Theo, c'est que je ne me suis jamais senti aussi désespéré que depuis que tu es parti.
Les jours qui ont suivi, je suis resté prostré sur une chaise, en regardant la porte d'entrée. Tout comme je savais que tu allais partir, je savais que tu ne reviendrais pas. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
C'est Drago qui est revenu me chercher. Il s'inquiétait de ne pas me voir au travail. D'autant plus qu'il avait une grande nouvelle à m'annoncer : grâce à un départ à la retraite, je venais d'être promu Directeur du département communication & commerce extérieur, dans la boîte où on bossait. Où on bosse toujours, d'ailleurs.
Me ramenant à la réalité, Drago m'interpelle. Comme tous les vendredis soirs, après une semaine éreintante, on se retrouve chez moi, avec Miles Bletchey, qui fait partie de la même compagnie et on boit des bières, avant de se décider à sortir dans une quelconque boîte de nuit moldue, pour se moquer des gens. Ou bien on reste chez moi et on se saoule jusqu'à pas d'heure.
C'est ce que l'on fait aujourd'hui et, comme d'habitude, je me perds dans un autre monde, un monde où je peux te parler. Un monde où je te vois encore faire un saut par mon appart', un saut qui s'éternise parce qu'on ne parvient pas à se quitter. Un monde où je vois ton joli petit cul blanc se promener chez moi, et qui me donne l'impression que j'ai trouvé un coin de paradis.
Drago s'adresse à nouveau à moi, et je consens finalement à lever la tête vers lui.
« Eh ben ! T'en as mis du temps, Blaise. Heureusement que tu es chez toi ! Tu pourras décuver tranquille », se plaint-il. « Bon, en fait. Je voulais te proposer de sortir avec nous, mais je crois que ça vaut mieux que tu restes, hein ? »
Je ne cherche même pas à le contredire. J'acquiesce. De toute façon, je n'ai pas le cœur à sortir, ni à faire quoi que ce soit. Je meurs de ton absence, Theo. Chaque jour un peu plus.
J'accompagne Drago et Miles jusqu'à la porte, et d'un mouvement du menton, je vois le premier dire au second de l'attendre en bas. Un regard anthracite capte mon attention.
D'abord, il ne dit rien. Il se contente de me fixer. En fait, il me sonde.
Ensuite, je vois au froncement de ses sourcils qu'il réfléchit. J'ai juste envie de lui dire de partir, de ne pas chercher à comprendre, de me laisser avec mon gouffre... mais je ne dis rien, parce que je ne lui ai jamais dit ce qu'il y avait entre nous.
Enfin, il relâche son regard oppressant, regardant les alentours avec dédain. Quand il fait ça, on croirait voir son père. Je sais ce qu'il se dit.
« Je me demande pourquoi tu t'obstines à rester ici », commenta-t-il. « C'est ton premier appart'. Avec ce que tu gagnes, tu pourrais te payer le loft le plus luxueux du centre de Londres. »
Ses pupilles se posent à nouveau sur moi, rieuses.
« À l'exception près que c'est moi qui l'ai. Donc, en fait, non, tu ne pourrais pas », plaisanta-t-il.
Je force un sourire. Je m'en fiche. Je suis à mille lieues de son amusement. Drago fait un pas dans ma direction, puis un deuxième. Je le regarde faire, alors qu'il se penche à mon oreille.
« Tu veux savoir ce que je pense, Zab' ? Il s'est passé un truc ici. Un truc que tu ne veux pas oublier », dit-il, sérieux, avant de se reculer. « Ma baguette au feu que c'est une histoire de mec. Mais rends-toi à l'évidence. Il ne reviendra pas. Pas après tout ce temps. »
Le coup est brutal. J'encaisse. Six ans, c'est long, six ans. Mais Theo, de là où tu es, écoute-moi bien.
Je t'attends. Et tant pis si je perds mon temps, ma vie. Tu es tout ce qui m'importe. Tu étais ma vie. Tu es toute ma vie. Drago pourra dire ce qu'il voudra : je n'abandonnerai pas. C'est pour que tu saches où me trouver que j'ai gardé l'appart'.
OoOoO
Il avait raison. Tu ne reviendras pas. Tu ne reviendras jamais.
Devant moi, une bouteille de Whisky pur feu à moitié vide et un article de journal. Mais je n'ai plus besoin de le lire pour savoir ce qu'il contient. Je l'ai parcouru tant de fois que je sais ce qu'il contient, à la virgule près.
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Arrestation massive de jeunes Néo-Mangemorts
Ce mercredi 9 décembre 2006 à 7h23, un groupe de jeunes a été arrêté dans sa cache. Ces jeunes, ce sont Pansy Parkinson, Flora & Hestia Carrow, Alexey Dolohov et Gregory Goyle. Rappelez-vous. Ils avaient semé la terreur dans le Royaume à la fin de la guerre, se proclamant « sauveurs de l'honneur du Seigneur ».
À la chute du plus grand mage noir de tous les temps, Vous-Savez-Qui, nombreux de ses disciples, connus sous le nom de Mangemorts, ont été poursuivis et arrêtés avant d'être jugés et enfermés à Azkaban.
Ce que le Ministre n'avait pas prévu, ni les Aurors assurant notre protection, c'était que leurs rejetons décident de prendre la relève.
Flora & Hestia, jumelles d'Amycus Carrow, bien connu pour avoir pris le contrôle de la célèbre école de magie de Poudlard, durant l'année scolaire 1997-1998.
Pansy Parkinson, élève à la sombre maison de Serpentard, qui avait déclaré qu'il fallait vendre le héros Harry Potter à son maître.
Gregory Goyle, élève en même année, n'avait jamais caché sa volonté de venger son ami Vincent Crabbe, décédé lors de la grande bataille.
Alexey Dolohov, fils caché d'Antonin Dolohov. Nos sources nous indiquent qu'il serait le fruit d'une union avec Alecto Carrow, la sœur d'Amycus.
Tous ont été emmenés en détention préventive à Azkaban, dans l'attente d'un jugement dont l'issue ne fait aucun doute.
Un mystère continue cependant à planer sur cette affaire : Theodore Nott, également fils de Mangemort, n'a pas été retrouvé. Il est également bien connu des services de l'ordre. Seule sa baguette a été retrouvée sur les lieux et son état suggère que sa magie n'est plus reliée à un être vivant. Il serait donc fort probable que le jeune homme soit décédé.
Affaire à suivre.
Britney Skeeter, rédactrice à la rubrique des faits divers.
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Décédé. Le mot danse encore devant mes yeux, comme pour me faire admettre une vérité trop douloureuse. Tu n'es plus de ce monde, Theo. Depuis combien de temps ? Que t'est-il arrivé ? As-tu souffert ? Avais-tu prévu de revenir ?
Je ne le saurais jamais. Je ne saurais jamais si tu comptais revenir. J'aurais dû t'empêcher de partir cette fois-là. J'aurais dû te retenir, te dire combien je t'aime. Je ne te l'avais jamais dit, pas avec des mots, en tout cas. Ça me semblait tellement évident. Maintenant, je ne suis plus sûr. Finalement, est-ce que tu le savais ?
J'allume une cigarette. La troisième. Alors que je ne fume pas, habituellement. Pas du tabac, en tout cas. Enfin, j'ai essayé une fois. On était en cinquième. Tu avais apporté un paquet en douce. On était seuls dans le dortoir. Je t'ai regardé comme on regarde un mauvais garçon, un voyou que l'on admire. Je te trouvais déjà beau.
Je crois que c'est ce jour-là que je suis tombé amoureux. Je ne l'ai jamais dit, à personne, c'était notre secret. Je sais que tu draguais des filles, pour la couverture. Je ne sais pas comment auraient réagi nos amis, si je leur avais dit. Mais j'ai fini par dire à Drago, moi, que j'aimais les mecs. Un jour après la guerre. Mais je ne lui ai pas dit qui. Je ne lui ai pas parlé de toi. Drago s'en fiche, il ne se mêle pas de la vie des gens. Drago aussi se cache. Il préfère cacher sa vraie nature, donner l'impression que ses relations sont superficielles.
Comme toi, toi aussi tu cachais la tienne. Tu voulais me faire croire que tu n'étais qu'un pauvre type, mais c'était ta façade. Moi, je voyais tes failles. Tu voulais te montrer dur comme la pierre, froid et sensible. Mais je les voyais. Elles étaient rouges et irritées sur ta peau blanche, et je les voyais à trois kilomètres.
Non, je sais. Tu n'étais pas un ange, Theo mais tu illuminais ma vie, vraiment. Tu m'avais choisi moi, parmi tant d'autres. Moi le comique de service, le gars avec qui on aime passer du temps, mais qu'on ne juge pas suffisamment intéressant pour apprendre à le connaître. Mais, toi, Theo, tu as vu ce qui se cachait derrière mon rire. J'avais juste envie de partager des bouts de vie avec quelqu'un, et tu étais là pour moi.
Tu n'étais pas un ange, malgré tout, ça ne faisait pas de toi un monstre ou un pauvre type. Loin de là. Tu étais juste une âme en peine qui cherchait sa voie, qui cherchait comment sourire dans un monde qui t'apparaissait en noir et blanc. J'aurais aimé que tu y arrives, Theo.
Je ne sais plus si je pleure ou si j'ai déjà trop pleuré. Mon visage est humide, et je renifle. J'essuie mes joues d'un geste brusque.
Maintenant, je peux regarder la porte en sachant que tu ne l'ouvriras plus jamais.
OoOoO
Quand j'ouvre les yeux, je ne sais pas quelle heure il est. Mon esprit est brumeux mais pas suffisamment pour ne pas me rappeler que tu n'es plus.
J'encaisse. Je me penche par-dessus la table du salon, avisant le paquet de cigarettes, hésitant avec le fond de bouteille. Ma vue se brouille et tangue comme sur un bateau. J'ai la nausée. Tant pis, ce sera le Whisky. À défaut de pouvoir encore me noyer en toi, je me noierai dans l'alcool.
« Si j'étais toi, je ne ferais pas ça », m'interpelle une voix rocailleuse, comme si elle n'avait pas parlé depuis longtemps.
Je sursaute, me rattrape de justesse d'une main sur le sol. J'ai renversé le reste de Whisky sur le tapis. Je peste. Sans ménagement, je repose la bouteille sur la table. Je prends une cigarette et je l'allume. Et seulement, je regarde qui se trouve dans la pièce.
C'est toi, Theo. Tu es assis un peu plus loin, sur le fauteuil à une place. Je ne me rappelais pas avoir consumé des stupéfiants.
J'évite de te fixer en tirant sur ma cigarette.
« Voilà que je vois des fantômes, maintenant. Bien joué, Blaise, t'as trop forcé hier soir », grogné-je.
Tu souris doucement, indulgent. Tes yeux brillent d'amusement mais une part de toi semble triste. J'aurais aimé te voir comme ça de ton vivant, Theo. Tu t'en serais vachement bien sorti, si ça avait été le cas.
« En fait, on est toujours le soir. Mais je confirme, tu as bien descendu, si tu as bu seul », continues-tu.
Je déglutis. Tu parais bien trop réel. Je pourrais presque te dire de partir, de cesser de me donner de faux espoirs mais je ne peux pas. Je veux que tu sois là. Pourquoi te dire de me laisser ? Tu m'as déjà quitté une fois. Ton fantôme peut bien m'accompagner, lui.
Je ne dis rien. Tu ne me lâches pas du regard. Finalement, c'est toi qui reprends la parole.
« Je ne suis pas un fantôme, Blaise », murmures-tu.
Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Il n'y a que toi qui as cette façon de prononcer mon prénom. À la manière d'un Irlandais qui masque son accent mais dont une oreille aguerrie peut en déceler les nuances. Et puis… cette douceur, qui en fait quelque chose de si unique.
« Ce n'est pas ce que la Gazette des sorciers affirme », rétorqué-je, plus durement que je ne le voudrais.
« Ce torchon », soupires-tu. « Je ne suis pas retourné les voir après. »
Tu me regardes dans les yeux, et je comprends qu'après signifie bien après. Après que tu sois parti. Je t'interroge du regard. Je veux comprendre.
« J'ai simulé ma disparition. »
« Tu es condamné à fuir le pays, alors », réponds-je sceptique.
Tu souris, apparemment satisfait.
« Theodore Nott est condamné, oui. Mais pas Chad McDonald. »
Je ne comprends pas. Je fronce les sourcils.
« Chad McDonald ? » répété-je.
Tu remues, sortant une baguette de ta poche. Ce n'est pas la tienne. Ce n'est pas celle qui a été retrouvée dans la cache. Tu m'expliques.
« J'en ai fait faire une nouvelle aux États-Unis, sous ma fausse identité. J'ai prétexté fuir mon pays en guerre. Is n'ont pas cherché plus loin. Les Américains prennent les Anglais pour des sanguinaires toujours en guerre. » Ton sourire s'agrandit, puis tu reprends. « Remarque qu'ils n'ont peut-être pas tout à fait tort… j'en suis la preuve vivante. »
Je cligne des yeux plusieurs fois. J'ai l'impression que tout alcool s'est dissipé. Pourtant, la scène ne peut être réelle. Je cherche des explications.
« Si tu es vivant, comment est-ce que tu es entré ? » demandé-je.
Tu me regardes, un peu moqueur cette fois.
« Parce que tu as oublié tes sorts de sécurité, Blaise. »
Je grogne. Bien joué.
« Prouve-moi que tu existes », te défié-je.
Tu me dévisages longuement, avant de venir vers moi. Nos pupilles sont accrochées. Je sens mon cœur s'accélérer alors que tu t'approches et que ton odeur m'entoure.
Tu t'arrêtes à quelques centimètres de mon visage et je sens ton souffle. Par Salazar, je le sens vraiment.
Je me fais à peine à l'idée que c'est décidément bien trop réel que déjà tu plonges sur mes lèvres. La pression est d'abord douce, puis vorace. Je suis enivré de ce baiser, de nos langues qui jouent une guerre sans pitié. Mon corps t'appelle avant que je prenne conscience de ce que cela signifie.
Tu t'écartes mais je te retiens. Je dessine tes mâchoires du bout des doigts, caresse tes lèvres de mes pouces. Tu es réel… Tu es réel. Soudain, tu deviens flou et je hoquette brutalement. Une douleur vient de me prendre à la poitrine.
Je sens tes lèvres toucher mon front, puis effacer les larmes qui coulent le long de mes joues. Je réalise que je pleure, comme un enfant à qui… à qui rien du tout. Je n'ai pas de comparaison, en réalité. Je pleure comme moi-même, Blaise Zabini, qui réalise que l'homme qu'il aime est de retour.
« Tu es revenu », sangloté-je. « Tu es revenu. »
Et j'éclate de rire, de ce rire qui résonne dans la pièce pour la première fois depuis longtemps. Pour la première fois depuis six ans, pour être exact.
Alors, votre avis sur ce two shots ?
Paillettes de licorne sur vous et à bientôt pour un nouveau défi !
