Bonsoir mes amours ! :D

Je sais, cet OS arrive tardivement dans le mois. Pour mon excuse, je suis très concentré sur la Drarry que j'ai commencé à écrire et qui me motive vraiment beaucoup. Elle m'obsède, je veux la rendre parfaite. Puis j'avais l'idée de ce défi depuis le début du mois, mais quelques modifications dans l'équipe de bêta reader a un peu chamboulé ce mois-ci.

En effet, NathanelleS a décidé d'arrêter son travail de correctrice. D'un commun accord, nous avons convenu qu'elle terminerait juste TALYPE, sans se préoccuper des OS bonus. Elle n'a donc pas connaissance de cet OS. Line.M, qui reste dans l'équipe, est partie en vacances. J'ai malgré tout trouvé des remplaçant-e-s. Il y a BrownieJune, ma référence en Polymione. Mais également Lyra Muushya et Slyth12, qui seront, au même titre que Line.M, bêta pour la Drarry. Merci donc à iels trois.

Cet OS ne contient pas de warning particulier.


"Where are the hopes, where are the dreams?

My Cinderella story scene.

When do you think they'll finally see?"

The best damn thing,Avril Lavigne.

.

« Où sont passés les espoirs, où sont passés les rêves ?

C'est mon histoire de princesse.

Quand penses-tu qu'ils s'en rendront finalement compte ? »

Ce qu'il y a de plus sacré, Avril Lavigne.


Mes rêves de princesse

C'était le milieu de l'été, il faisait une chaleur étouffante au Terrier. Depuis quelques jours, Ginny ne parvenait plus à trouver le sommeil, mais ce n'était pas tellement à cause des températures.

D'ici quelques jours, elle aurait dix-huit ans. Ce ne serait pas le grand cap, puisqu'elle était majeure depuis un an. Néanmoins elle aurait une fête d'anniversaire, organisée par sa mère. Ses amis seraient également présents, Hermione et Harry logeaient d'ailleurs depuis quelques jours chez elle, en vue du jour J.

Tout le monde lui avait demandé quels cadeaux lui feraient plaisir. Ce qui la préoccupait, parce que, ce dont elle rêvait le plus, personne ne pourrait le lui offrir. Et personne ne semblait s'apercevoir de ce qui l'animait réellement.

Et encore moins la principale concernée.

Ginny se retourna une fois de plus dans son lit, faisant grincer le sommier. Dans le lit d'à côté, Hermione en fit de même.

« Tu ne dors pas ? » chuchota l'aînée.

Soupirant, Ginny secoua la tête, avant de se rappeler qu'Hermione ne pouvait pas la voir dans la pénombre.

« Non », répondit-elle sur le même ton. « J'ai plus chaud que sur un terrain de Quidditch en pleine canicule. »

« Et moi, j'ai l'impression d'être juste à côté d'une fenêtre de la bibliothèque, un jour particulièrement ensoleillé. Sauf qu'il n'y a pas de soleil », se plaignit Hermione.

Ginny sourit, amusée par sa référence. Hermione était et resterait une intellectuelle.

« C'est comme si un Cognard avait fondu sur moi », enchaîna-t-elle, continuant le lancé de métaphores.

« C'est juste impossible qu'un Cognard fonde », la reprit Hermione, pensive. « C'est un métal soumis à un sort, il est insensible à la variation des températures. »

Ginny s'esclaffa.

« La chaleur que je ressens, elle, est bien réelle », trancha-t-elle, peu encline à se mesurer à l'intelligence de son amie.

« Ouais, moi aussi », conclut Hermione.

Le silence se fit et Ginny se perdit dans la contemplation du noir. Le reflet de la lune ne lui permettait pas de voir grand-chose, elle devinait à peine l'ombre déformée des meubles et la hauteur du plafond. Elle devinait aussi la présence d'Hermione sur sa gauche, son corps qui se soulevait à chaque respiration, son souffle qui s'échappait d'entre ses lèvres.

Cette pensée accentua la chaleur qu'elle ressentait et la tension interne en même temps. Elle se mordit la lèvre pour ne pas gémir. C'était si douloureux pour elle de savoir qu'Hermione n'était qu'à quelques pas d'elle, sans pouvoir la prendre dans ses bras, la toucher, l'embrasser. Par Godric, elle en rêvait…

Un jour, la Noise était tombée. Ginny avait compris qu'elle avait des sentiments pour Hermione en prenant conscience qu'elle éprouvait une attirance physique et sexuelle sans équivoque pour elle.

Elle se surprenait à se perdre dans ses yeux chocolat, à vouloir caresser ses cheveux, et particulièrement au réveil, quand sa tignasse ressemblait davantage à la crinière d'un lion. Elle rêvait de toucher ses lèvres du bout des doigts, avant de les goûter. Régulièrement, elle détaillait la courbe de ses hanches, la forme de son bassin et la façon dont sa taille s'affinait en remontant jusqu'à l'arrondi de ses seins.

Merlin, cette simple pensée la faisait frissonner… Le pire, c'était lorsqu'elle se demandait à quel point la blancheur de sa peau contrastait avec la couleur de ses tétons. Elle les imaginait même se dresser alors qu'elle y passait la pointe de sa langue…

Mais, tout ça, c'était dans sa tête. Hermione n'avait d'yeux que pour son crétin de frère. Franchement, elle adorait Ron, ce n'était pas le problème. Soyons juste réalistes deux minutes : qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui trouver ? Elle était bien plus intelligente que lui, elle méritait mieux.

De là à penser que Ginny la méritait, c'était autre chose. Elle ne franchirait pas la limite, elle se rendait bien compte qu'elle n'était pas à la hauteur non plus. De toute façon, Hermione aimait les hommes, pas les femmes.

Même si Ginny n'était pas réellement ce que l'on pouvait qualifier de « femme ». Toute sa vie, elle avait entendu des « garçon manqué ! » sur son passage, on disait d'elle qu'elle n'était pas « une vraie fille ». Une part d'elle en était fière : non, elle ne correspondait pas à l'image que l'on se faisait habituellement d'une femme. Elle n'aimait pas porter de robes, et encore moins des talons. Elle n'avait jamais aimé jouer aux poupées. Elle n'avait jamais rêvé de se marier avec un beau prince dans une belle et longue robe blanche.

Non, Ginny rêvait de se marier sur un coup de tête, dans un costume de seconde main. Ça lui était égal que ce soit avec un homme ou une femme, tant qu'il ou elle sache la faire rire et la bousculer, littéralement ou dans ses représentations. Elle aimait jouer au Quidditch, partir en balade sur des chemins tortueux, prendre un Portoloin pour une destination inconnue ou incongrue. L'état de ses vêtements lui passait au-dessus de la tête, elle passait de toute façon sa vie sur un terrain de Quidditch, dans un champ ou dans les bois, qui devenaient boueux à la moindre averse.

Elle n'avait rien de « manqué », elle était juste différente des autres filles. Et elle était terriblement amoureuse d'une autre fille. Hermione était simple, mais elle avait ces petites habitudes coquettes : elle aimait se parer d'une barrette et elle avait toujours ce collier d'amitié que Ginny lui avait offert avant qu'elle ne parte à la chasse aux Horcruxes. Parfois, pour une occasion spéciale, elle mettait un peu de fard à paupières ou de mascara, ce qui donnait un éclat particulier à ses iris.

Ginny gémit, se désespérant de ses propres songes. Comment pouvait-elle oublier ses sentiments pour Hermione si elle ne cessait de penser à elle ? Comment pouvait-elle les oublier si Hermione faisait encore partie de sa vie ? Comment pouvait-elle les oublier si Hermione dormait dans la même pièce qu'elle ? La réponse était simple : si elle n'y était pas parvenue en deux ans, elle n'y arriverait jamais, à moins de rencontrer quelqu'un d'autre.

Ou à moins de tenter quelque chose, afin d'être fixée.

Fixée sur les sentiments d'Hermione. Fixée pour elle-même. Ainsi, elle ne pourrait pas dire qu'elle n'avait rien essayé. Elle ne pourrait pas dire qu'elle l'avait laissée partir avec son frère, sans même lui avoir fait part de ses rêves, sans même lui avoir laissé entrevoir qu'une autre vie était possible.

La voix d'Hermione la fit sursauter.

« On ne pourrait pas occuper notre temps autrement ? J'ai l'impression que mon cerveau va se liquéfier dans toute cette chaleur, si je n'en fais pas quelque chose », râla-t-elle.

« Si, on peut », répondit Ginny en sautant sur l'occasion.

Elle sortit de son lit, prenant son oreiller avec elle, et se dirigea vers Hermione. Elle était une Gryffondor, par Merlin !

Alors qu'elle approchait de son lit, Hermione se déplaça pour lui faire de la place. Elles se retrouvèrent donc à regarder le plafond ensemble, leur bras se touchant. Vu la température ambiante, ce n'était peut-être pas l'idée du siècle, mais, au moins, Ginny sentait Hermione toute proche…

… Ce qui était à la fois mieux et pire. Mieux, parce qu'elle avait besoin de sa présence pour se sentir bien. Pire, parce qu'elle voulait la sentir encore plus proche. Son cœur battait la chamade, cognait contre sa poitrine, rendant sa respiration périlleuse.

Elle ne tiendrait pas éternellement dans cette position sans rien tenter.

« C'est marrant, ça me rappelle Poudlard », murmura finalement Hermione.

Ginny tourna la tête vers elle, surprise.

« Comment ça ? »

« Tu ne te rappelles pas quand tu venais dans mon dortoir, et qu'on discutait pendant des heures ? » lui remémora-t-elle d'une voix douce.

Ginny sourit. Bien sûr qu'elle s'en rappelait. Assises en tailleur sur le lit d'Hermione, elles refaisaient le monde, parlaient de garçons, de professeurs, de cours, des vacances au Terrier… À cette époque, Ginny recherchait sans cesse la compagnie d'Hermione, avant même que ses premiers émois pour elle ne s'éveillent. Elle était plus âgée, c'était sa meilleure amie, sa grande sœur, sa référence, celle qu'elle adulait… avant de l'adorer et de la désirer.

« Tu me parlais des choses les plus ennuyeuses, comme des cours », se moqua Ginny.

Elle ne mentait pas. Parfois, Hermione était franchement rasoir. Mais elle aimait le son de sa voix, la passion et l'excitation qui gagnaient son visage et les mouvements de ses mains quand elle s'expliquait. Une vraie boule d'énergie.

« C'est faux ! » répliqua Hermione, offusquée. « C'était toujours très intéressant. Puis je ne te parlais pas que de ça. On parlait de choses qui t'intéressaient aussi, comme de tes petits amis. »

« Tu me répétais toujours que les garçons étaient ennuyeux », enchaîna Ginny, en riant.

Elle se perdit dans ses souvenirs et les mots sortirent sans qu'elle ne réalise qu'elle s'exprimait à voix haute.

« Tu me disais que tu détestais quand ils ne te tenaient pas la porte de la bibliothèque, alors que tu avais les bras chargés de cours. Mais que tu détestais aussi qu'ils le fassent, parce que tu savais qu'ils avaient une intention derrière la tête. Tu me disais que tu détestais quand Krum essayait de te tenir la main, parce que ça colle mais que tu avais l'impression qu'il voulait que votre relation reste secrète s'il n'essayait pas. Tu me disais aussi que tu étais contente qu'il rentre en Bulgarie, finalement, parce que tu commençais à développer des sentiments pour Ron. »

Malgré elle, Ginny avait terminé sa tirade en baissant le ton, sa voix prenant des accents de tristesse.

« Comme toujours, je ne suis que contradictions », commenta Hermione en soupirant. « Il semblerait que je me sois trompée pour Ron aussi. »

« Comment ça ? » releva Ginny, sa curiosité piquée à vif.

Elle se redressa soudainement, prenant appui sur son coude pour regarder le visage d'Hermione. Cette dernière haussa simplement les épaules.

« Je voulais qu'on forme un couple, et, maintenant que c'est fait, je me rends compte que je n'aime pas tellement ça. Comme le fait que je voulais coucher avec Viktor, alors que je n'ai plus voulu après et qu'on n'est pas allés plus loin que des caresses intimes », lui répondit-elle naturellement, non sans rougir.

Ginny, quant à elle, était sous le choc. Hermione n'était pas amoureuse de son frère, en fin de compte. Et en plus, elle lui parlait de sexualité… Merlin. Si elle savait. Ce n'était. Pas. Le. Moment. Vraiment pas.

Elle n'était plus tout à fait certaine de savoir où son cœur se trouvait à présent, le sentant palpiter à différents endroits de son corps, en particulier entre ses jambes. Rien qu'à l'idée de penser à Hermione et elles, se caressant…

Ginny secoua la tête. Tout ça allait mal finir si elle ne bloquait pas l'apparition de ses pensées sexuelles.

« Je crois que je ne sais pas ce que je veux, en définitive », conclut Hermione, alors que Ginny ne répondait pas.

Elle la dévisagea, son cœur battant douloureusement contre sa poitrine, son attention aspirée dans ses fossettes enflammées. Elle était belle, beaucoup trop belle. Et elle était beaucoup trop proche…

Son regard glissa sur ses lèvres. Si fines, si délicates, si tentantes. Ginny voulait savoir si elles étaient aussi douces qu'elles en avaient l'air.

« Moi, je sais ce que je veux », lâcha-t-elle, la voix chaude et rendue grave par le désir.

Les yeux chocolat s'accrochèrent aux siens, interrogateurs. Ginny ne pouvait plus y échapper, c'était maintenant ou jamais. Elle fondit sur ses lèvres. Avidement.

À sa grande surprise, Hermione répondit à son baiser, lui laissant un passage après quelques pressions labiales.

Ginny ne réfléchissait plus. Elle n'avait plus que sa conscience, et surtout la conscience de son corps aussi chaud que s'il avait été plongé dans un chaudron en ébullition. Le désir bouillait en elle et tout explosait, se répercutant comme des vibrations en elle, dans ses organes, à la surface de sa peau. C'était comme si elle était squelettiquement (1) atteinte, du plus profond d'elle-même.

Elle bascula instinctivement au-dessus d'Hermione, pour avoir un meilleur équilibre et pour se rapprocher d'elle. Cela ne tarda pas, puisque deux mains vinrent agripper sa taille, la collant au ventre d'Hermione. Chaud. Bouillant.

Elle pouvait sentir la fine couche de transpiration sur leurs corps qui exultaient leur ardeur mutuelle.

Puis tout se succéda. Soudainement, Ginny fut éblouie par la lumière du plafonnier, Hermione poussa un cri, rapidement suivi par un hurlement. Sautant sur ses deux pieds, Ginny découvrit Ron dans l'embrasure de la porte, les yeux révulsés d'horreur et le teint plus cireux que jamais.

« Mais qu'est-ce que vous faites ?! » s'exclama-t-il, donnant l'impression qu'il allait vomir.

« C'est toi qui débarques dans ma chambre en pleine nuit, sans frapper, et c'est à moi que tu demandes ce que je fais ! » s'écria Ginny en réponse.

Ron ne répondit pas, les bras lui en tombèrent. Puis la maison commença à s'animer, des lampes s'allumèrent dans le couloir, on entendit des pas dans les escaliers, alourdis par le sommeil. Molly apparut dans l'encadrement de la porte, les mains sur les hanches, furieuse.

« Je peux savoir ce qu'il se passe ici ? Vous vous croyez en plein jour ou quoi ? On dort dans cette maison ! Ou, plutôt, on dormait avant que vous ne fassiez du chambard ! » les réprimanda-t-elle. « Alors ? J'exige une réponse ! »

« C'est de sa faute, maman ! » se plaignit immédiatement Ginny en pointant son frère du doigt. « Il débarque dans ma chambre et il hurle comme une furie ! »

« Mais t'as pas vu ce qu'elles faisaient, maman ! » répliqua Ron. « Elles… elles… elles étaient dans le même lit ! »

Ginny lui lança un regard noir.

« Ça ne t'est jamais arrivé de discuter en pleine nuit avec Harry, peut-être ? » s'énerva-t-elle. « Ça vaut le coup que tu hurles parce que tu vois deux filles dans le même lit ? »

« Ce n'est pas ce que j'ai vu ! » la contredit-il.

« Tu es somnambule ! » s'égosilla Ginny. « J'y peux rien si tu confonds tes rêves et la réalité, benêt ! »

« Ça suffit, maintenant ! » s'interposa Molly.

Elle dévisagea frère et sœur à tour de rôle, le visage durci par la colère et la désapprobation.

« Ron, tu retournes dans ta chambre, que tout le monde puisse se rendormir. Et je ne veux plus rien entendre, sinon vous serez de corvée astiquage des W.C. demain ! » trancha-t-elle.

Bougon, Ron tourna les talons, regagnant sa chambre d'un pas lourd. On l'entendit, tapant des pieds sur chaque marche, manifestant ouvertement sa contrariété.

Molly leva les yeux au ciel, secouant la tête.

« Que Godric ait pitié de moi », soupira-t-elle. « Bon, vous deux, je crois que vous feriez mieux de fermer la porte à clef pour le reste de la nuit. Que tout le monde puisse la terminer dans le calme et la tranquillité. »

Elle tourna à son tour les talons, et Ginny ferma la porte derrière elle, avant de la verrouiller d'un sort. Sans jeter un regard à Hermione, elle regagna son lit.

Le cœur coincé dans la gorge, les larmes lui montant aux yeux, Ginny se rallongea, dos à Hermione. Elle se rendait compte de ce qu'elle avait fait, et elle avait honte, à présent. Mais qu'avait-elle fait ?! C'était sa meilleure amie, elle ne voudrait plus lui reparler après ça, c'était sûr… Elle changeait toujours d'avis, pourquoi ne le ferait-elle pas cette fois-ci ?

Gémissant de douleur, elle nota qu'elle n'avait même plus son oreiller pour étouffer ses pleurs.

« Gin'… Tu vas faire comme s'il ne s'était rien passé ? » chuchota Hermione, sa voix sifflant sur la fin.

Elle paraissait tendue, comme un élastique sur le point de rompre. Tout comme Ginny, en cet instant, en fait. Elle se figea.

« Bon, d'accord. Écoute… bon. Enfin. Bonne nuit, alors », continua Hermione d'une voix brisée.

« Qu'est-ce que tu veux ? » lui demanda Ginny, des sanglots dans la voix.

Par Merlin, elle était grillée, démasquée. Elle n'était même pas capable de faire bonne figure. Elle se sentait sur le point d'exploser, mais ce n'était plus de désir, cette fois. C'était exploser en un torrent de larmes.

« Que tu reviennes près de moi », répondit Hermione, qui pleurait à présent.

Sans un mot, Ginny se releva et se recoucha près d'Hermione. Tout, elle pourrait tout supporter. Mais pas de l'entendre pleurer sans y rien faire.

Face à face, yeux dans les yeux, seuls quelques centimètres les séparaient. Ginny déglutit.

« Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? » risqua-t-elle.

Elle avait terriblement envie de pleurer. Tout était fichu. Elle n'aurait jamais dû se laisser aller à ses passions… Comment justifierait-elle aux autres qu'Hermione et elle ne s'adressaient plus la parole ? Après tout, c'était ce qu'Hermione faisait avec tout le monde. Une fois qu'elle ne voulait plus côtoyer quelqu'un, elle ne voulait plus, et tant pis pour celui qui se retrouvait seul… Elle comprenait, elle l'admirait pour cette facilité à compartimenter ses relations… Mais, en cet instant, elle n'acceptait pas d'en faire les frais.

« Tu voulais vraiment ce qu'il s'est passé ? » voulut savoir Hermione en reniflant, son ton sonnant comme un impératif.

Ginny soupira, se laissant tomber sur le dos pour échapper au regard d'Hermione.

« Ouais, je le voulais vraiment. Ça fait deux ans que je suis amoureuse de toi et que je rage de te savoir avec mon frère », lâcha-t-elle entre ses dents, la mâchoire serrée pour retenir ses larmes.

Un silence tomba. Ginny pressa ses lèvres l'une contre l'autre, s'obligeant à rester forte, à paraître de marbre, même si c'était la tempête à l'intérieur.

« Alors embrasse-moi encore », l'enjoint Hermione sur un ton impérieux.

Elle entra dans son champ de vision et, la seconde d'après, Ginny empoignait son pyjama pour rapprocher leurs visages. Leur souffle et leur langue se mêlèrent à nouveau, dans un tourbillon d'émotions, entre concupiscence et affolement, entre frissons et détresse.

Lorsque leurs bouches se décollèrent, Ginny garda Hermione contre elle, tandis que leurs pupilles s'accrochaient.

« Tu vas me bousiller le cœur, Hermione. Alors, autant me le dire tout de suite si tu vas changer d'avis. Je ne le supporterais pas, mais c'est mieux si tu le fais avant que je ne commence à croire en mes rêves », lui apprit-elle, sentant la bile lui remonter dans la gorge.

Hermione passa la langue sur ses lèvres et Ginny ferma les yeux. Cette vue était tellement enivrante. Elle ne parviendrait pas à la sortir de ses pensées avant très longtemps. Il fallait que tout ça se termine très vite. Elle avait déjà trop de souvenirs à oublier.

« De quoi tu rêves ? » se déroba Hermione.

Ginny secoua la tête. Elle rouvrit les yeux. Quitte à avoir du courage, autant y aller jusqu'au bout.

« Je rêve d'être avec toi. De m'endormir à tes côtés, de me réveiller avec ta tignasse qui prend toute la place sur l'oreiller. De caresser ton visage et tes cheveux jusqu'à ce que tu ouvres finalement les yeux. De t'embrasser jusqu'à plus soif. De toucher ton corps, de te désirer et te combler, de t'entendre soupirer dans mes étreintes. Je rêve que tu sois à moi, et rien qu'à moi », souffla-t-elle d'une traite.

Face à elle, les prunelles chocolat tremblaient.

« Apprends-moi, Gin'. Apprends-moi à t'aimer. Je ne veux plus me dérober. »

Un rire nerveux jaillit des deux sorcières. Puis Ginny fondit une nouvelle fois sur ses lèvres, l'embrassant de minuscules baisers, avant de rire à nouveau. De soulagement, cette fois.

Et son cœur explosait d'amour, de joie, dans un cocktail enivrant. Tout compte fait, elle l'avait eu, son cadeau d'anniversaire.


(1) Squelletiquement. Non, ce mot n'existe pas ahah Mais, il y a plusieurs mois maintenant, Lyra Muushya m'avait défié de l'intercaler dans un OS défi. J'avais imaginé le faire en lien avec le fanart associé (à voir sur ma page FB). Voilà qui est fait. Mission accomplie !

Cela faisait un moment que je voulais réécrire du Yuri. Si mes souvenirs sont bons, je n'en avais plus écrit depuis Un tour de garde sybarite. Et, à plusieurs reprises, je m'étais dit que je devrais le refaire, parce qu'on trouve bien moins de bons femslashes que de bons pairings hétéro ou de Yaoi. Bon, c'est un début. J'ai, depuis longtemps, une Ginsy en tête, mais la Drarry est plus urgente, elle répond plus à un besoin. Et vous savez que j'écris avec mes tripes, donc je suis je suis mon instinct. Un jour viendra, c'est une promesse que je me fais, que je vous fais si ça a quelconque valeur pour vous.

BrownieJune a trouvé que cet OS était plus naturel, et me disait que je semblais plus à l'aise dans l'écriture avec un pairing Yuri. Qu'est-ce que vous en pensez ? Votre avis m'intéresse.

Paillettes de licorne sur vous.