Bonsoir mes amours !

Je vous retrouve aujourd'hui avec l'avant-dernier défi du mois. En effet, j'ai décidé que ce recueil prendrait fin après un an de productions. Ce n'est pas la fin des défis à travers mes différents écrits, mais c'est la fin de ce concept si particulier de propositions-production. La raison, elle est simple : nous vous ni moi n'y retrouvons l'envie et l'excitation des débuts. Depuis quelques mois déjà, vous ne me proposiez plus rien et, moi, de mon côté, je trichais en produisant mes propres montages pour écrire ce qui me faisait envie. En soi, pourquoi pas ? Mais ce n'était pas le concept de ce recueil.

Le défi du mois de décembre et d'or et déjà en cours de production : il s'agira d'une fic de Noël. Eh oui, j'avais dit que je n'en écrirai jamais... mais quel meilleur défi, justement, que de m'attaquer à ce thème ? De plus, cette fois, j'ai sélectionné le fanart parmi vos propositions, sur ma page Facebook.

Je vous laisse découvrir ce défi. Attention, il s'agit de la suite du défi du mois d'octobre. Assurez-vous donc de l'avoir lu pour entamer votre lecture.

TW : cet OS contient une scène de Rating M (lemon). Si vous ne souhaitez pas la lire, arrêtez-vous à la deuxième séparation (OoOoO).

Merci à Lyra Muushya, Slyth12, BrownieJune et Line.M.


Apprends-moi à t'aimer…

"You can run 'till the end of time
But that's romantic suicide
We're just two kids getting by.
Are you gonna be by my side?"

Love slow, Jacob Whiteside.

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« Tu peux courir jusqu'à la fin des temps
Mais c'est un suicide sentimental
Nous sommes juste deux enfants.
Seras-tu à mes côtés ? »

Aime lentement, Jacob Whiteside.

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Assise sur son lit, Hermione regardait Ginny aller et revenir dans leur studio. La tension émanait de son corps comme un champ de magie maléfique. Elle se préparait pour son entraînement de Quidditch, sachant pertinemment ce dont elle avait besoin, mais son obstination à ne pas laisser ses pupilles se perdre en direction de son aînée l'empêchait visiblement de rester concentrée sur sa tâche.

Cela faisait deux jours qu'elle tournait en rond comme un lion en cage. Intérieurement, elle fulminait, Hermione ne pouvait que le constater. Elle attendait le moment où elle romprait les digues et laisserait exploser sa fureur. Et Hermione savait qu'elle le mériterait amplement.

Mais elle ne supportait plus cette distance que Ginny mettait entre elles.

« Gin', il faut qu'on parle », lança-t-elle.

Ginny suspendit ses mouvements. Puis elle fourra rageusement sa serviette de bain dans son sac de sport, sans même daigner lui répondre.

« S'il te plaît… », insista-t-elle d'une petite voix qui tira vers les aigus. « Tu me manques. Ton rire me manque. Ta tendresse me manque… »

Ginny se redressa, la fixant droit dans les yeux. Ses prunelles lançaient des éclairs.

« Je te manque ? » cracha-t-elle. « Je te manque ? Vraiment ? Eh bien, il fallait y penser avant de faire n'importe quoi. »

Elle referma brutalement la fermeture éclair de son sac avant de le faire basculer sur son épaule et de se diriger vers la sortie.

Hermione sauta sur ses pieds, courant à sa suite.

« Attends ! Attends. »

La main sur la poignée, Ginny prit une grande inspiration puis la bloqua. Elle attendait. Encouragée par le fait qu'elle n'était toujours pas partie, Hermione enchaîna.

« Je regrette ce que j'ai fait. Je te le jure. Ça ne signifiait rien. »

Sans crier gare, Ginny se retourna pour lui faire face. Ses yeux brillaient d'une intensité entre la rage et la douleur. Les traits de son visage étaient déformés par les mêmes émotions.

« Donc, toi, quand tu mets ta langue dans la bouche de quelqu'un d'autre, que tu te laisses peloter, c'est genre en tout bien tout honneur », l'incendia-t-elle, tandis que son regard lançait des Chauve-furie. « Ouais, je vois le genre. Dans la catégorie des « je me fous de ta gueule, mais je veux pas passer pour la méchante », t'es la reine. Salut, Hermione. »

Elle ouvrit violemment la porte, la faisant claquer en quittant les lieux.

Hermione repartit en sens inverse, s'effondrant dans son lit.

Ginny avait raison. Elle avait fait n'importe quoi. Mais elle s'en voulait vraiment. Ça faisait neuf mois qu'elles sortaient ensemble. Leurs familles étaient au courant et, le seul qui avait eu du mal, c'était Ron. Ce qu'elle pouvait aussi comprendre, puisqu'ils se fréquentaient depuis plus d'un an quand elle avait rompu. Tout se passait bien donc, si ce n'était qu'Hermione avait peur.

Elle avait peur d'aimer, d'être aimée et de se laisser aller pour tout perdre par la suite, si Ginny se lassait et la quittait. L'ironie du sort, c'était que, avec ses bêtises, elle risquait vraiment de la perdre…

Hermione soupira, son souffle perturbé par les sanglots dans sa gorge. Ce qu'elle avait fait était complètement stupide.

Deux jours auparavant, Ginny et elle s'étaient rendues à une soirée interfacultaire. Au cours de la soirée, un étudiant de troisième année en Sciences magistérielles l'avait rejointe au bar. Ils avaient discuté de leurs études respectives, Hermione étant, bien sûr, très intéressée par une fonction au sein du Ministère.

Quand le sorcier s'était penché vers son visage, Hermione ne l'avait pas repoussé. Elle voyait pourtant Ginny au loin, danser avec ses amis de la Faculté des Sports magiques, mais la peur de l'engagement que cela suscitait en elle l'avait décidée pour un baiser plus langoureux.

Évidemment, il n'avait pas fallu longtemps pour que Ginny se rende compte de la scène qui se déroulait à quelques pas d'elle. Elle les avait rejoints en quelques enjambées, les séparant alors que deux mains caressaient les seins d'Hermione à travers son chemisier.

« Ça va, je ne vous dérange pas ? » avait-elle hurlé, le visage rougi par la colère.

Elle avait vrillé son regard dans celui d'Hermione pendant de longues secondes, comme pour lui faire comprendre qu'elle avait été trop loin. Hermione s'était figée, le souffle coupé. Quand Ginny avait tourné les talons, Hermione avait mis quelques secondes pour réagir. Elle avait sauté de son tabouret, partant à la suite de Ginny pour la rattraper à travers la foule de danseurs.

Elle avait agrippé son bras, l'appelant en espérant qu'elle l'entende, malgré la musique qui pulsait et malgré sa voix qui se brisait. Sans un regard pour elle, Ginny s'était brusquement dégagée de sa poigne, disparaissant dans le flot de la foule.

Hermione était restée plantée là, sans prêter attention aux gens qui se mouvaient autour d'elle. Puis elle avait pris la direction de la sortie, sans même vérifier la présence du sorcier de Sciences magistérielles, et elle était rentrée au studio, pleurant toute la nuit, en se demandant si Ginny allait rentrer. Le lendemain matin, elle l'avait retrouvée sur le canapé du salon, endormie.

Une part d'elle s'en était retrouvée soulagée : Ginny était rentrée. Mais elle ne lui avait pas adressé la parole de la journée ni du weekend. Et elles se retrouvaient ainsi, le lundi, entourées d'ondes négatives.

Regardant par la fenêtre de la chambre, Hermione vit le ciel s'illuminer lentement. Ginny s'entraînait toujours à l'aurore. Elle devrait bientôt avoir terminé, alors qu'Hermione n'avait cours qu'à dix-huit heures. Il fallait qu'elle aille retrouver Ginny sur le terrain pour qu'elles discutent. Même si Ginny ne lui pardonnait pas, elles devaient au moins apaiser les tensions pour la colocation.

Une boule se forma instantanément dans la gorge d'Hermione. Si Ginny ne lui pardonnait pas, elle ne se pardonnerait pas non plus…

OoOoO

Hermione attendait Ginny dans les vestiaires. En entrant, elle avait vu les joueurs perdre de l'altitude, signe qu'il ne restait que le debrief avant la fin du cours.

Elle les entendit entrer avant de sentir l'odeur acide caractéristique de la transpiration. Les corps qui s'étaient dépensés n'attendaient plus que la douche et, bientôt, tous auraient des odeurs variées, mais douces pour l'odorat. Tous passèrent devant elle, certains l'ignorant, d'autres la saluant ou la dévisageant en fronçant les sourcils.

Ginny s'arrêta devant elle en soupirant, et son ami Ahmed lui tapa l'épaule en signe d'encouragement, avant de lancer un « Hé, Hermione », et de disparaître en direction de son casier, se mêlant aux conversations animées de l'équipe.

Ginny semblait plus détendue, probablement du fait des dépenses physiques. Elle regardait Hermione, le visage fermé et dur, mais, au moins, elle n'avait pas l'air sur le point de sortir sa baguette pour lui lancer un sort.

« Qu'est-ce que tu veux, Hermione ? » lui demanda-t-elle finalement, face à son mutisme. Sa voix était lasse, et elle se termina par un soupir.

« Te parler », murmura Hermione en réponse, plongeant timidement son regard dans celui, brun, de sa petite amie.

Celui-ci se voila durant une seconde, avant qu'elle ne croise les bras sur sa poitrine, tout en affichant une expression hésitante. C'était comme si elle pouvait s'effondrer ou rugir à tout instant. Elle voulait camper sur ses positions malgré un dilemme qui se jouait en elle. Restait à savoir si le dilemme était entre « rester froide ou lui arracher la tête » ou entre « lui montrer qu'elle a tort ou lui laisser une chance de s'exprimer » …

« Pour quoi faire ? » continua-t-elle avec une hargne feinte. Hermione le savait, parce que sa voix faisait des trémolos, signe qu'elle n'en menait pas large.

Hermione se ragaillardit de cette vulnérabilité visible.

« Pour t'expliquer pourquoi j'ai été stupide l'autre fois. Pour te dire pourquoi je te ne mérite pas… mais pourquoi ça veut aussi dire que… je t'aime », lâcha-t-elle d'une traite, chuchotant les derniers mots, les yeux baissés.

Le silence se fit, seulement coupé par le bruit des chutes d'eau dans les douches communes et par les discussions, toujours aussi animées, mais plus lointaines. Elle ne vit que les jambes de Ginny, avancer et… lui passer devant, s'éloignant à son tour.

Hermione se retourna, déglutissant avec difficulté. Elle partait… si elle partait, elle… ça signifiait qu'elle lui tournait le dos. Elle ne voulait pas lui pardonner, elle ne voulait même pas entendre ce qu'elle avait à lui dire… La vue d'Hermione se brouilla, elle avait envie de pleurer. Pourtant, elle se retint, prenant sur elle.

« Gin', s'il te plaît… Juste le temps de t'expliquer. Après… après… si tu ne veux plus de moi, je te laisserais, je te le promets », persista-t-elle, la voix brisée.

Ginny, qui s'était figée en l'entendant parler, prit une grande inspiration. Toujours de dos, elle reprit la parole.

« Il faut juste que je prenne une douche… Attends-moi ici. »

Même si Ginny ne pouvait pas la voir, Hermione acquiesça. Rien n'était encore gagné, mais l'air semblait déjà plus respirable.

L'attente lui parut être une éternité. Elle vit les joueurs défiler en sens inverse pour mettre une tenue de ville, pas dérangés par le fait qu'ils puissent tous se voir et s'observer dans leur plus simple appareil. Enfin, Ginny réapparut, se postant devant elle.

« Viens, on va marcher », lui dit-elle, sans chercher à fuir son regard. Ses yeux bruns, pourtant dénués de leur éclat habituel, brillaient d'émotion. Elle devait être aussi tendue qu'Hermione en cet instant.

Vêtue de son jean baggy préféré, elle portait également un vieux pull difforme. Sa seule touche féminine, une tresse, n'était pas à l'ordre du jour, n'ayant visiblement pas pris le temps de la faire avant de la rejoindre. Hermione adorait la regarder tresser ses cheveux, elle semblait à la fois si consciencieuse et perdue dans ses pensées…

Ginny glissa ses mains dans les poches de son pantalon, tandis qu'Hermione la rattrapait pour marcher au même niveau qu'elle.

D'abord, elles marchèrent côte à côte, sans dire un mot. Le soleil était bien levé à présent, illuminant le ciel bleu, malgré un vent frais. Les premières feuilles mortes commençaient à joncher le chemin qui longeait le lac d'Allen, en Irlande. L'ensemble rappelait les températures automnales.

L'endroit était à la fois splendide et annonciateur d'une fin, ce qui rappela à Hermione les enjeux de cette promenade.

« Je pensais ce que je t'ai dit tout à l'heure, tu sais », commença-t-elle.

« Je sais », soupira Ginny.

« Mais ça fait encore mal », termina Hermione à sa place.

Ginny fit volte-face, la regardant droit dans les yeux.

« Tu n'imagines même pas à quel point. Je me fiche que ce type ait essayé, j'aurais fait pareil à sa place. J'ai fait pareil ! » s'exclama-t-elle. « Ce qui me blesse, ce que tu l'as laissé faire. Comme si je ne comptais pas pour toi. »

Hermione la dévisagea, percevant clairement la lueur dans ses yeux danser comme la flamme d'une bougie.

« En fait, c'est exactement l'inverse. C'est parce que tu comptes pour moi que je l'ai laissé faire. »

Ginny soupira et se détourna, rompant brutalement leur connexion visuelle. Elle donna un coup de pied rageur dans un caillou.

« Super, donc je vais te laisser me tromper sous prétexte que c'est une preuve d'amour, maintenant. Brillante idée », se récria-t-elle.

« Non. Je n'aurais pas dû faire ça », admit Hermione.

« Alors quoi ? » râla Ginny, dont les poings serrés étaient enfoncés dans les poches.

Hermione se pinça les lèvres. Ginny exprimait toujours sa douleur par la rage, et la voir tenter de la contenir était encore plus significatif que si elle l'avait laissée exploser. C'était difficile à expliquer, mais elle avait tellement peur d'aimer cette femme et, en même temps, elle avait encore plus peur de la perdre.

« J'ai peur », souffla Hermione. « J'ai peur de me laisser aller avec toi, parce que, si je le fais… tu pourrais me détruire… »

Ginny leva le visage vers le ciel, secouant la tête dans un geste de désespoir.

« Je ne sais pas quoi faire avec toi, Hermione. Je me bats à mort pour toi, pour nous deux, et tu fous tout en l'air avec tes conneries. Tu réfléchis à ce que tu fais, parfois ? T'es intelligente pourtant, par Godric ! » s'exclama-t-elle en se tournant à nouveau vers elle.

« Justement », répliqua Hermione avec un sourire contrit, face à l'incompréhension de Ginny. « J'ai agi comme une Gryffondor, dans l'impulsion du moment. Et j'ai réfléchi après. J'ai tellement peur de la douleur que je ressentirais si je te perdais… que j'ai fait ce qu'il y a de plus idiot, risquant justement de te perdre. »

Elle haussa les épaules, regardant ses chaussures. Elle ne voulait pas affronter le regard de Ginny. Elle ne voulait pas voir le jugement ni la colère, et encore moins la douleur.

« Le problème, Hermione, c'est que je ne peux pas vivre dans la crainte que tu recommences. Et je veux pouvoir avoir confiance en toi. Donc, il faut que tu proposes une solution pour que ça n'arrive plus », argua Ginny.

Hermione déglutit.

« Tu as raison. Je… Il faut qu'on mette des règles, peut-être ? » suggéra-t-elle avec gravité, relevant la tête vers son vis-à-vis.

« Des règles ? » répéta Ginny, riant jaune. « Je croyais que c'était déjà clair qu'on était un couple basé sur la fidélité. Je ne vais pas t'interdire de fricoter non plus, t'es assez grande pour gérer tes pulsions. »

« Peut-être que tu devrais m'attacher pour m'en empêcher, justement », dit-elle sur le ton de l'humour, se parant d'un sourire d'excuse.

Ginny la fixa pour la jauger, avant d'éclater d'un rire bref mais franc.

« T'es chiante, Hermione, on est dans une discussion sérieuse ! » s'exclama-t-elle, un léger sourire aux lèvres, avant de reprendre d'une voix plus douce. « Franchement, qu'est-ce qu'on fait ? »

« Je ne veux pas te perdre… », répondit Hermione sans réfléchir, baissant inconsciemment le son de sa voix. « J'apprends encore à aimer. Je t'avais dit, il y a neuf mois, qu'il fallait que tu m'apprennes. Je te l'avais dit à ce moment-là, que je risquais de me dérober. »

Ginny acquiesça, laissant échapper un long soupir, douloureux.

« C'est vrai, tu me l'avais dit », admit-elle.

« Je ne te demande pas de gérer mes insécurités. T'as pas à le faire… mais j'ai besoin de temps. Regarde, je… j'essaie de… de te rattraper, là. Je fais des erreurs, mais je ne m'enfuis pas. Je ne m'imagine pas sans toi. Rien que de me réveiller trois fois sans toi, c'est… Juste trop », avoua Hermione, sans reprendre son souffle.

Elle s'arrêta, le souffle court.

Elle n'eut pas le temps de le reprendre que deux mains vinrent agripper sa mâchoire, soulevant son visage vers celui de Ginny. Ses lèvres happèrent les siennes dans un mouvement empressé, presque brusque. La poitrine en feu à cause du manque d'oxygène, Hermione dut mettre fin à leur baiser, mais s'empara des hanches de Ginny pour la rapprocher et passer ses bras autour de sa taille. Elle enfouit son visage dans le cou de Ginny, qui l'étreignit à son tour.

« Tu me rends dingue, Hermione. Mais vraiment », fit Ginny après un moment.

« Je sais, j'en suis désolée », s'excusa-t-elle.

« Non, ne t'excuse pas », la corrigea Ginny en lui déposant un baiser dans les cheveux. « C'est la preuve que je t'aime. »

Le cœur d'Hermione se liquéfia sous le coup de l'émotion intense.

« Je t'aime aussi », répondit-elle dans un murmure.

OoOoO

À peine quelques minutes après les réconciliations, il avait commencé à pleuvoir sur le campus. Les deux sorcières avaient couru pour se mettre le plus vite possible à l'abri, Ginny loin devant, son corps d'athlète étant bien plus performant que celui d'Hermione, qui avait plutôt tendance à muscler ses cellules cérébrales.

Elles venaient juste de refermer la porte de leur studio derrière elles, s'y adossant tandis qu'elles reprenaient leur souffle, le sourire aux lèvres.

Leurs regards se croisèrent et, l'instant d'après, sans savoir qui avait initié le mouvement, leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau. Dans une intention identique, leurs mains glissèrent sous leurs vêtements, caressant ventre et taille. Hermione gloussa quand les paumes glacées remontèrent doucement.

« J'ai envie de toi », lui souffla Ginny entre deux baisers, accentuant la pression de ses lèvres la seconde suivante. « Genre : maintenant. »

En guise de réponse, Hermione mordilla sauvagement la lèvre inférieure de la rousse. Elle sentait son bas ventre en proie avec un feu dévorant. Prenant ça pour une permission, sans la lâcher, Ginny la guida jusqu'au canapé, où elle se laissa choir, emportant Hermione dans sa chute.

Cette dernière s'empara immédiatement de ses lèvres, avides de la goûter à nouveau. Ginny, répondant à son ardeur, agrippa ses hanches pour la positionner plus confortablement sur elle, puis caressa lentement l'arrière de ses cuisses, passant parfois sur l'intérieur, faisant gémir Hermione dans sa bouche. Elle voulait être au plus près de Ginny, ses vêtements la gênaient, ils étaient décidément de trop.

Comme si Ginny avait lu dans ses pensées, elle glissa ses mains sur ses fesses, avant d'attraper le bas de son chemisier pour le soulever. Hermione se redressa pour le retirer complètement, les mains de Ginny remontant déjà sur sa peau nue, jusqu'à atteindre sa brassière, caressant sa poitrine à travers le tissu léger.

Fermant les yeux, Hermione la laissa parcourir sa peau, se laissant aller à une respiration lente. Elle sentit l'élastique se soulever, alors que les doigts, à présent réchauffés, entraient en contact avec ses tétons, qui se dressèrent rapidement.

Finalement, Ginny rabattit la brassière au-dessus de ses seins, et Hermione rouvrit les yeux en la sentant bouger en dessous d'elle. Elle vit alors le visage de Ginny se rapprocher de ses mamelons et ses lèvres se refermèrent autour, les suçotant avec lenteur et dévotion. Elle le fit tant et si bien, que la respiration d'Hermione se ralentit encore, ressemblant de plus en plus à de longues plaintes.

Quand Ginny cessa sa torture, Hermione prit conscience que tout son être semblait battre comme un cœur géant. Sa vulve, gorgée de sang, était désespérément séparée de Ginny par des pantalons trop étroits. Et Ginny qui ne bougeait plus.

Se demandant ce qu'il se passait, Hermione rouvrit les yeux, découvrant que Ginny la dévorait des yeux, une lueur mêlant amour et désir dans les prunelles. Hermione rougit instantanément. Tout à coup, elle se sentit gênée, mais elle se sentit également belle dans ce regard. Et elle se fichait de ses peurs, de ses doutes, elle voulait sentir au plus près de Ginny, être peau contre peau avec elle.

« Arrête de me regarder comme ça… », souffla-t-elle malgré elle, son rythme cardiaque rendant sa respiration laborieuse.

« Tu préfères que je m'occupe de toi, mmmh ? » lui demanda-t-elle en passant avec gourmandise sa langue sur ses propres lèvres.

« Oui… », chuchota Hermione, frémissant au contact de la paume de Ginny dans son dos. « Mais je veux aussi m'occuper de toi… te toucher… Sentir ta peau contre la mienne… »

Ginny lui répondit d'un sourire grivois.

« Vas-y… Mon corps est tout à toi », énonça-t-elle à voix basse, à peine audible, mais parfaitement compréhensible.

Hermione ne se fit pas prier. Elle aida Ginny à retirer son pull, qui l'aida ensuite à retirer sa brassière, le tout entrecoupé par des échanges torrides de salive. Puis Hermione fit passer son T-shirt par-dessus sa tête, libérant ensuite la poitrine de Ginny.

Elle repéra rapidement le grain de beauté qu'elle avait au coin de sein droit, et l'embrassa avec douceur. Ensuite, elle remonta sur ses tétons dressés, qu'elle mordilla avec précaution, faisant gémir Ginny.

« Par les quatre fondateurs, Hermione… Mords-moi encore, partout… », mendia-t-elle, haletante.

Hermione s'exécuta, remontant sur sa clavicule, son cou, sa mâchoire, ses lèvres… pinçant la fine peau sur son passage, arrachant des cris étouffés à son amante. Les bouches s'entrouvrirent et les langues se mêlèrent dans un bruit de succion et dans des râles, tandis qu'Hermione pressait son corps contre celui de Ginny, qui appuyait fermement sur sa taille pour coller leurs bustes dévêtus.

Dans l'emportement de leur effusion, Hermione descendit sa main le long du corps de Ginny, jusqu'à atteindre le bouton de son pantalon, qu'elle défit, avant d'ouvrir sa braguette. Elle glissa sa main entre le pantalon et le boxer de Ginny, dont le corps tout entier réagit en se cambrant, comme pour marquer son approbation.

Hermione en eut le souffle coupé tant elle la trouvait belle. Tout en titillant son bouton de plaisir, Hermione fondit à nouveau sur les lèvres de Ginny.

Bientôt, Hermione subit le même sort qu'elle. Toutes deux se débarrassèrent au plus vite de leurs derniers vêtements, et, recommençant leurs caresses en orbite, leurs bouches s'entrouvrirent à quelques centimètres l'une de l'autre.

Leurs souffles saccadés se mêlèrent à leurs gémissements de plus en plus rapprochés, annonciateurs d'un orgasme imminent. Toutes deux disparaissaient dans l'intensité du plaisir partagé, échangeant de brefs baisers enflammés, nécessitant tout leur souffle pour essuyer les vagues de plaisir qui les submergeaient.

Quand le plaisir les dévasta, Hermione se laissa lourdement retomber sur Ginny, qui la fit glisser à côté d'elle, avant d'entremêler leurs jambes et de la serrer contre elle. Enfouissant sa tête dans son cou, Hermione ferma les yeux, profitant de la sensation de leurs corps chauds, qui semblaient battre en rythme et de toute part, explosant leurs cellules en milliers d'ondes de volupté.

« On pourrait rester comme ça toute notre vie », chuchota Hermione, sans prendre la peine de rouvrir les yeux.

« Est-ce que je te ferais perdre la tête au point que tu manques ton cours ce soir, mon amour ? » se moqua gentiment Ginny, la voix guillerette.

Enserrant sa prise autour de Ginny, Hermione émit un son indistinct entre l'appréciation et le bien-être. Elle pourrait s'endormir dans cette position… Ce serait si bon. Comparable au paradis.

« Non, peut-être pas », répondit-elle finalement, sous le rire léger de Ginny. « Mais presque. »

Ça n'effaçait pas toutes ses peurs, mais les fuir était, en fin de compte, la pire chose à faire. Elle se sentait tellement bien dans les bras de Ginny… La solution, c'était peut-être de prendre le temps. Et d'aimer lentement.


J'espère que ce petit OS sans prétention vous aura plu. Je pense que vous savez maintenant que je suis incapable de laisser des personnages quand je me suis pris émotionnellement dans une histoire. J'avais besoin d'exprimer les incertitudes et les doutes d'Hermione. J'imagine que cette version "infidèle" d'Hermione vous aura étonné... ou peut-être pas. J'ai hâte de lire vos avis, en tous les cas.

Je vous donne rendez-vous le 25 décembre pour le dernier défi du mois.

Paillettes de licorne sur vous.