Jingle bells, jingle bells,
Jingle all the way.
Oh! What fun it is to ride
À cet air de musique chaleureux environnant l'esprit de Noël, s'égaya une voix des plus bourrue et plaintive :
« Ahhhh ! Où est l'amusement ? Je hais Noël, je hais les achats de dernières minutes, je hais faire les magasins, je hais les files d'attente interminable en caisse, je hais ce temps glacial, je hais marcher, je hais ne plus sentir mes orteils et doigts ainsi que mes oreilles ! Et aujourd'hui je confirme que cela me donne de l'urticaire. Je vais devenir comme toi lorsque tu mens. À chaque fois que j'irai dans une boutique plus de dix minutes, je vais être couverte de rouge ! Maur vient me gratter le dos, ait pitié de moi, je n'aurai pas dû porter le pull en laine de grand-mère Rizzoli. » Maugréa Jane qui se traînait comme une limace en perte d'énergie derrière l'experte de l'achat compulsif, qui scrutait avec la moindre attention les moindres vitrines des boutiques environnantes. La brunette avait l'impression d'être un serviteur à porter les courses d'une célébrité, et en plus, elle n'était pas payée. Elle se faisait surtout réprimandée par sa lenteur.
Oui elle aussi devait faire des achats de dernières minutes pour ses frères et sa mère, soit des chaussettes, un pull et un parfum, rien de bien original. Mais contrairement à sa meilleure amie, cela ne lui avait pas pris toute l'après-midi, et pire le début de sa soirée. Heureusement que les magasins étaient ouverts le Dimanche, et tard dans la soirée pour les retardataires.
« Je le sais, tu me l'as dit au moins une dizaine de fois. Tu hais faire les magasins. Ce n'est pas une première, surtout dont je vois comment tu t'habilles. » Répondit d'une voix distraite la châtain.
« Hé ! Qu'est-ce que tu as à critiquer mes vêtements ! Ils sont confortables. »
« C'est certainement ce qui pose problème à Angela. »
« Je suis certaine que c'est plus que cela. » Rétorqua ironique l'italienne, elle se dirigea vers un arbre, puis elle se mit à se gratter contre l'écorce et elle soupira de béatitude. Elle ne s'en préoccupait pas des regards en sa direction, ou même qu'on la nommait de folle, son soulagement corporel était l'essentielle pour le moment.
« Je le confirme, mais comme je n'aime pas avoir à donner un chiffre approximatif sans savoir le véritable nombre de "je hais" de ta part, déjà que dire une dizaine de fois m'a rendu presque malade. Jane ! Mais arrête ça immédiatement ! Tu vas trouer ton manteau…qui est déjà dans un piteux état. »
« Ne fais pas ce regard ! Je le reconnais à des kilomètres ! » Pesta la brunette alors que son interlocutrice souriait seulement en réponse.
« Je ne vois pas ce que tu veux dire Jane. »
« Tu vas m'acheter un manteau ! Je n'en veux pas, j'aime déjà celui que j'ai. » Isles grimaça, elle ne comprenait pas les goûts vestimentaires de son amie. C'était plutôt un bout de tissu usé qu'elle portait.
« Jane, tu vas arrêter ! Il faut que tu évites de te gratter, surtout si le prurit s'accompagne de boutons. Tu pourrais en garder des cicatrices. De plus, le grattage prolonge et aggrave la réaction locale. À la maison, je te frotterai ton corps, et j'ai aussi de la crème hydratante pour l'apaiser. Tiens le coup, je dois encore chercher le cadeau pour mon père et ta sentence sera finie. » Maura attrapa par le bras du ronchon détective, qui expirait fortement par la bouche.
« C'est mon calvaire sera fini…pourquoi tu ne fais pas comme les chaussures, tu achètes les cadeaux sur Internet ? Cela nous aurait évité de me tuer de fatigue. »
« Je ne peux me fier à Internet, et si ma commande est en retard ? Ou qu'ils se sont trompés sur la marchandise ou que ce soit détériorer lors du transport- »
« Ok, ok, ok, ça va ! J'ai compris. Le stress de Noël est en train de consumer. Je suis contente pour toi. » Coupa la brunette avec un sourire en touchant l'épaule de son interlocutrice qui ne semblait pas du tout partager son enthousiasme, c'était tout simplement horrible cette sensation.
Cela faisait plusieurs jours qu'elle avait cette nervosité qui grandissait en elle, comme lorsqu'elle était en approche d'un important examen. La légiste voulait que tout soit parfait. Normalement en ces jours de fête, elle était souvent avec les Rizzoli, son autre famille, sauf si elle avait des projets personnels. Elle aimait participer à leur festivité, c'était si chaleureux contrairement à sa propre famille. Juste penser qu'elle n'allait pas être avec Jane la rendit malheureuse, cette femme avait pris une grande part dans sa vie, elle voulait tout partager avec elle. Cependant, elle ne pouvait se montrer égoïste. Leurs deux familles ne pouvaient pas pour le moment se mélanger. Elle qui avait rêvé d'avoir une grande famille, et bien elle était servie, elle en avait quatre. Les Doyles, les Isles, les Martin, et les Rizzoli. Mais cela ne pouvait former un ensemble compatible, il y avait tellement de dissemblance entre eux, elle ne voulait perdre aucun d'eux, à part le côté de son père biologique, une famille de criminelle, non merci. C'était pour cette raison que le lendemain, elle irait passer noël avec Hope et Cailin, et la fête du nouvel an avec ses amis du travail et Jane. Et parlant de l'italienne, celle-ci se tint en face de Maura qui s'arrêta abruptement dans sa marche. Elle n'avait pas remarqué qu'elle fût si pensive.
« Vraiment Maura, toi qui connais tout sur tout. Tu devrais savoir qu'il fait froid dehors, et que ce n'est pas bon pour ton corps cette différence de température. Tu as visiblement gelé sur place. Tu portes comme d'habitude tes tailleurs de marques, un fin manteau… au moins garde ça sur toi. Tu auras plus chaud, et c'est mieux que ton nez ne coule pas dans ton plat lorsque tes parents seront là demain soir. » Soupira la brunette qui posa les sacs sur le sol quand elle entendit tout le jargon médical sur les maladies d'hivers. Jane prit dans un petit sac qui lui appartenait, et dont la légiste n'avait pas remarqué la présence. La brune chercha minutieusement à l'intérieur, et se mit à sourire à pleine dent quand elle trouva ce qu'elle souhaitait. Elle le remit à Maura qui observa seulement ses mouvements rapides de mains.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » Grimaça la châtain en voyant que ce vêtement rouge et gris et bien présent en taille n'allait pas du tout avec ses habits clairs. Elle allait l'enlever, mais elle sentit un geste ferme qui l'en empêcha, et se resserra autour d'elle.
« Chut ! On ne s'énerve pas ! Tu es déjà une boule de nerf ambulante. Et je pense que cela se voit ce que c'est, soit une écharpe. Je sais que je ne suis pas un maître de la mode comme toi, ou même, ce n'est pas du cachemire ou un accessoire grand luxe, mais cela tient chaud. Aussi si ton cadeau ne te plait pas, tu pourras toujours l'échanger au magasin. J'ai laissé le ticket de caisse à l'intérieur du sac. »
« Est-ce que tu viens tout juste de me dire chut ? » Protesta outrer la scientifique, alors que son interlocutrice tirait la langue de manière enfantine.
« Oh ! Ah ce que je sache, tu n'as pas l'exclusivité du mot ainsi que de son emploi. Et puis cela te va bien cette écharpe. Tu es très mignonne. Et tu devrais aussi mettre plus d'épaisseur en vêtement, tu vas tomber malade par un froid pareil. Regarde-moi tes mains, elles sont toutes rouges. » À cette constatation, l'italienne attrapa les mains de sa meilleure amie, et elle se mit à souffler sur chaque d'entre elles, Maura voulait ajouter que ce n'était pas très hygiénique cette méthode de réchauffement, avec les germes et tout le reste. Néanmoins, quand elle vit l'air sérieux et soucieux de sa meilleure amie, elle n'osait plus respirer. Elle ne fit que l'admirer avec la plus profonde tendresse. Jamais personne ne s'était montré aussi attentionné envers elle.
« Et voilà ! » Sourit l'italienne qui reprit avec bouderie les sacs, elle les avait presque oubliés ces poids. Tandis que Isles remarqua qu'elle n'avait plus du tout froid, mais qu'une élévation de sa température avait au niveau de son visage. Elle se cacha dans cette écharpe jusqu'à y perdre son nez à l'intérieur. La détective voyant cette image adorable se mit à rire.
« Cette écharpe… tu l'as acheté pour moi ? Mais quand ? » Jane se mit à rire et poussa Isles avec son épaule, la faisant tituber légèrement sur le côté. Sa tête ahurie valait tous les détours.
« Quand tu étais si préoccupé à acheter un sac à main à ta mère Constance, j'ai eu le temps de faire mes propres achats pendant ce temps, tu ne m'as même pas remarqué ma disparition, je devrais vraiment m'en inquiéter. Tu as de la chance, j'aurai pu acheter une écharpe aux couleurs des Red Sox. »
« Oui je suis très chanceuse… » Ironisa la châtain sous l'air hébéter de sa meilleure amie.
« Non mais j'y crois pas, quelqu'un utilise du sarcasme ? Et contre moi ? Toi en plus ! »
« Jane…je n'ai pas ton cadeau… »
« Ce n'est pas grave, mon plus beau cadeau c'est que tu sois heureuse. Te voir sourire est simplement un bonheur. Et puis tout ce que tu m'offres d'habitude, ne peut comparer à ce modeste bien. Allons-y, il manque le cadeau de ton père, et je veux rentrer un jour chez moi. » Maura se mit à acquiescer, elle sursauta quand elle reçu une bisa sur la joue, elle fixa cette longiligne figure la devancer rapidement, et se tient sa poitrine. Elle voulait vraiment être auprès de cette femme pour le restant de sa vie.
