Jane observa défaite la scène qui se produit devant ses yeux, c'était aujourd'hui la fête de Noël, du partage de la famille, de la bonne humeur et intention. Foutaises ! Et il semblerait que cela soit devenu un vrai désastre nucléaire. Elle aurait préféré vivre un tremblement de terre.

L'apparition inopiné de son père qui se disputait avec son ex-femme de son infidélité alors qu''il était pire, Tommy qui s'est remis à boire, il se montra insolant et Frankie le réprimanda venant presque aux mains, et la tante Constantine qui nargua Angela de sa meilleure vie que la sienne. Et les petits cousins qui jetaient de la nourriture pour faire une bataille. Sa cousine la regardait de haut parce qu'elle était mariée à un chirurgien et qu'elle avait trois enfants. Et au milieu se trouvait Jane qui tenta une faire une quelconque médiation pour ne pas exploser, mais elle se la prenait violemment en pleine face son pacifisme. L'italienne ne sut que faire, c'était un véritable désastre cette soirée. Elle avait envie de prendre ses jambes à son cou. Mais c'était une idée brillante, et personne ne remarquerait sa disparition. Elle allait passer la soirée tranquille chez elle, ou à traîner dans les bars du coin à boire de la bonne bière. Bonne alternative, se congratula-t-elle avec un sourire amer. Cependant sa joie se dissipa quand elle sentit son téléphone portable vibrer contre sa cuisse, elle s'éloigna du tumulte famille pour prendre avec appréhension la nature de l'appel.


Pendant ce temps dans le restaurant des délices de Paris.

Cela faisait déjà trois quarts d'heure que Maura attendait ses parents au restaurant. Les concernés lui avait dit de les attendre directement au lieu de rendez-vous, ainsi il ne perdrait pas de temps dans les circulations. La légiste sentit une boule se former dans son estomac, bien que cela ne soit pas scientifiquement possible, sauf si elle avait un cancer de l'estomac ? Non, elle ne devait pas penser de la sorte, il fallait être positive et plus rationnelle. Peut-être c'était une forme d'angoisse qu'imposait son corps ? Il fallait aussi qu'elle n'émette pas d'hypothèses, ou sinon elle se perdrait avec une multitude de théories. Un serveur vint la soustraire de ses remue-méninges. Elle se mit à sourire ploiement et commanda une bouteille de vin, le meilleur du restaurant. Et puis elle observa sa montre qui affichait dorénavant 21 heures. Ils allaient bientôt arriver, n'est-ce pas ? Isles sentit son téléphone vibrer dans son sac à main, et prit l'appel.

« Allo mère ? » La dite à l'autre bout du fil semblait avoir des difficultés à dire une simple salutation.

« Maura bonsoir…je…dois t'informer que ton père et moi-même nous ne pouvons pas venir ce soir. Il y a eu un problème à l'aéroport à cause de la neige…les avions ne peuvent pas voler dans un temps pareil. Je suis sincèrement désolée. »

« Ce n'est en rien de votre faute mère, je comprends parfaitement la situation, tu n'as pas à t'inquiéter pour moi. Ce qui compte, c'est votre sécurité. On peut remporter la soirée une prochaine fois. » Dit d'un air déçu la châtain, qui fit tout son possible pour ne pas le révéler, elle comprenait les raisons de cette absence, mais cela ne rendait pas la chose moins douloureuse. Elle avait réellement attendu ce moment spécial avec sa famille…et maintenant, elle se retrouvait encore seule. Elle pouvait voir des couples amoureux et complices, ou familles rirent ensembles, et elle…elle était toujours dans son coin…une image douloureuse qui la renvoyait dans son passé solitaire…

« Nous viendrons demain s'il le faut. Mais ne t'inquiète pas, j'ai tout prévu pour ce soir, tu ne seras pas seule, aussi le repas est à notre charge, mange ce que tu veux. Aussi Joyeux Noël mon ange. »

« Que voulez-vous dire par tout prévu ? Et je ne serai pas seule ? » Questionna intriguer Maura, mais elle reçut en retour qu'un au revoir. Dépitée, la légiste se servit un verre de vin et le but d'une traite. Elle ne voyait plus l'intérêt de rester en ces lieux, elle allait tout simplement payer sa boisson à peine entamée et partir. Elle allait alerter le serveur, mais on l'en empêcha.

« Désolée, je suis un peu en retard. Embouteillage, manque de place de parking et tout ça. Je me suis presque vautrée sur une plaque de verglas en arrivant. La honte si je m'étais cassée de cette façon la jambe, bien que je me sois tordu la cheville en faisant un footing. Mais oublions tout cela ! Je meurs de faim ! Je pourrais même manger de la salade mais il faut qu'il ait de la viande dedans ou des frites ! » Dit d'une voix essoufflée une personne que reconnut entre mille Maura, les larmes aux yeux, elle crut rêver en voyant Jane s'asseoir sur la chaise qui lui faisait face. Avec un immense sourire, la brunette prit la carte du menu et inspecta les mets.

« Jane ? » La dite extrêmement pensive fronça les sourcils, cela la dérangeait qu'il n'ait pas de prix dans cette carte. Et si l'eau était à 100 dollars ? Mon dieu, elle ne voulait pas y penser, en fait…elle le devait, sinon son salaire annuaire allait entièrement être englouti.

« Velours des bois ? Ça se mange ce machin ? Ce n'est pas pour des rongeurs ? Du bois c'est rugueux, non ? Je ne comprends pas… ? »

« C'est un velouté de champignons. » Expliqua toujours hébéter Maura. Est-ce qu'elle était en train de rêver ? La détective était réellement là ?

« Oh ! Je croyais qu'il avait des rondins de bois pour faire un habit de velours. »

« Dans un restaurant ? Des vêtements et du bois ? » Se moqua la blonde alors que sa comparse roula des yeux.

« On ne sait jamais…la nouveauté et tout ça…la mode est étrange de nos joures…Maur…on ne peut pas manger dans un fast- » La brunette n'eut le temps de continuer sa phrase qu'elle se fit fusiller sur la place. Si elle avait été sur un peloton d'exécution, elle ne serait plus parmi les vivants.

« Non Jane, pas de fast-food, pour Noël, il serait préférable de manger convenablement. »

« Mais je ne sais même pas ce que je vais manger… c'est du chinois pour moi ! » Bouda comme une enfant Rizzoli alors que son amie souriait.

« C'est de l'anglais et latin par moment. »

« Ouais mais je ne comprends toujours pas, mesclun de Pecten maximus vinaigré orangé ? »

« C'est un mélange de pousses et de feuilles, d'au moins cinq variétés différentes avec des noix de saint jacques avec une vinaigrette d'agrume. »

« … il ne pouvait pas le dire directement ! Bah, au moins ça à l'air bon… tant que ce n'est pas des escargots ou des huîtres…c'est dégueu avec toute la bave. » Pesta la brunette qui scruta le reste du menu et soupira. Elle posa son front contre la table. « Bon, je te laisse me faire la traduction, je n'ai pas la patience de jouer aux devinettes. Un steak et des frites si tu trouves. »

« Jane ! » La nommée reçut un coup brutal à son pied, elle sursauta et toisa son amie.

« Tu m'as frappée ! On est noël ! Tu as oublié ou quoi ? Compassion, gentillesse ? »

« C'était mon devoir de le faire. On est dans un restaurant quatre étoiles, ta position n'était pas adéquate ! Ni même tes commentaires ! » Réprimanda la légiste alors que son invité roula des yeux. Elle se mit toute droite contre sa chaise, les mains posées sur ses jambes.

« Est-ce que c'est mieux maintenant maman ? »

« Angela a bien du courage. »

« Bon si c'est cela, je m'en vais. » Commenta la brune qui allait se relever.

« Non, reste…Pourquoi es-tu là ? »

« Pour Manger ? »

« Non, oui certainement, mais pourquoi ici…maintenant...et ta famille ? »

« … Tu fais partie de ma famille Maura. Et puis chez ma c'est la folie, une vraie orgie de dispute, et je m'en suis sortie vivante, bien que ce n'était pas facile. Alors c'est une bénédiction pour moi de venir ici…en plus je n'ai rien pu manger…j'ai tellement faim… »

« D'accord, mais tu n'as pas répondu à, pourquoi es-tu ici ? »

« …Constance m'a appelé tout à l'heure. » Rétorqua avec nonchalance Rizzoli en haussant les épaules, qui prit du pain dans la corbeille, et se fit frapper par la main de son amie.

« Non mais ça ne va pas ! C'est la deuxième fois, la troisième fois, tu vas le regretter amèrement ! » Isles ne semblait pas particulièrement troubler par cette menace.

« Tu ne vas plus avoir d'appétit si tu grignotes avant de manger. Ma mère t'a appelé ? » Questionna incrédule Isles, elle s'attendait à tout mais pas à cela.

« Oui, elle m'a prévenue qu'elle, et ton père ne pouvait venir à Boston, et je lui ai répondu qu'elle ne se fasse pas de soucis. Je resterai la soirée avec toi. »

« Depuis quand vous êtes proches toutes les deux ? »

« On ne peut pas dire que nous sommes proches…une entente cordiale serait le terme adéquate, je ne vais pas non plus l'appeler maman…bien qu'étrangement elle m'a dit que cela ne la dérangeait pas…Mais en cas de problème, elle peut me contacter et vice-versa. Car on tient toutes les deux à toi, donc c'est normal. Un peu comme toi et Ma en ce qui me concerne, non ? » La légiste fut sans voix, elle ne savait pas quoi répondre. Cela la troublée qu'on tienne autant à elle. Elle n'avait cette habitude, même ses anciens petits amis n'étaient pas aussi attentionnés à son égard. De plus, sa mère ne faisait confiance dans son entourage, jamais…seulement Jane…

« Alors tu m'aides pour commander, alors je précise trois choses, un : je suis fonctionnaire de police, et le salaire qui va avec, deux : je ne comprends toujours pas ce qui est écrit, et trois : je ne veux pas d'escargot, de caviar ou même du kale. » Maura se mit à sourire de bonheur.

« Ne t'inquiète pas Jane, mes parents payent le repas. »

« Champagne et je veux un gâteau au chocolat ! » Déclara enflammer l'italienne sous les rires de son amie.


Jane se fit réveiller soudainement quand les lumières du théâtre l'accueillirent, elle se releva de l'épaule de sa meilleure amie d'un air épuisé, et s'essuya promptement la bave le coin de sa lèvre. Non, est-ce qu'elle avait des pouvoir divinatoire ? Elle s'était vraiment endormie pendant tout le spectacle. Elle observa Maura qui lui sourit, et se releva de sa place en remettant son manteau et l'écharpe que lui avait offerte sa meilleure amie. Est-ce qu'elle l'avait mise en colère ? Elle ne lui en voudrait pas, cela ne se faisait pas dormir ainsi dans un opéra alors qu'elle avait déclaré qu'elle ne le ferait pas. Mais elle ne dit rien, et mit son manteau et suit sa meilleure amie qui lui montra la marche à suivre.

A l'extérieur du théâtre, nos deux amies marchèrent en direction de leur voiture, Jane passa sa main dans sa chevelure en tentant de trouver une excuse à son endormissement, le plus simple était être direct. Cependant son attention se porta sur son poignet, lourd, quelque chose effleurait sa peau. Elle semblait comme surprise, elle ne rêvait pas ? Il y avait un bracelet ? Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle en possédait un…et pas un de la sorte.

« C'est un bracelet tri-métal. » Ajouta Maura quand elle vit l'italienne fixer le bijou.

« Je vois ça. Mais cela ne me dit pas ce qu'il fait à mon poignet… » Remarqua la détective qui observa minutieusement le bracelet mi-ouvert, il n'était pas rond, mais légèrement cabossé. La couleur grise prédominée, et elle était légèrement marqué par le jaune et marron.

« Je l'ai mis quand tu étais en train de dormir au théâtre. Chaque métal représente le magnétisme du corps humain. Les métaux sont utilisés à des fins thérapeutiques depuis des millénaires, et là c'est l'ayurveda, la médecine traditionnelle Indienne. Les rishis de l'Antiquité savaient que des métaux précis produisent un effet particulier sur celui qui les porte directement sur la peau. Cependant, un effet curatif accru a été observé dans le cas d'une combinaison de métaux. Le bracelet trimétal fonctionne selon le principe des radiations électromagnétiques. Selon les principes du magnétisme, l'or équivaut au pôle positif de l'aimant, l'argent au pôle négatif et le cuivre au point neutre central qui, à la fois, unit et sépare l'or et l'argent. Le port d'un bracelet trimétal crée un état vibratoire qui entraîne l'homéostasie dans toutes les structures, larges et petites, du corps. L'objectif de l'ayurveda consiste à atteindre l'harmonie et l'équilibre que l'on éprouve en définitive en tant qu'amour inconditionnel, ou état de béatitude. Le bracelet trimétal nous protège tout comme un paratonnerre qui détourne les charges électriques nuisibles. Il aide à renforcer le système immunitaire, essentiel à la défense du corps contre de nombreuses maladies. »

« Wow un tout petit objet avec de si longue explication. Donc c'est un peu comme le Nirvana, et je n'ai pas besoin de me droguer pour l'atteindre ? Je n'ai pas tout compris avec les radiations, tant que ça ne me donne pas une deuxième tête, mais ça à l'air d'être significatif pour mon organisme ? Pas en mal. Et j'aime beaucoup, merci infiniment. Cela ne doit pas être évidant de trouver un tel présent, je fais pâle copie avec mon écharpe toute miteuse. »

« Jane, tu as dit que mon sourire était le plus de tes cadeaux, pour moi simplement être à côté est une bénédiction à ma vie. Je suis heureuse de passer noël avec toi, je dois l'avouer que j'avais toujours rêvée que l'on passe un tous les deux ensembles, rien que nous deux. » Maura attrapa le bras de sa meilleure amie, elle posa doucement sa tête contre son épaule.

« Je te comprends. »

« Je t'aime. » La détective se mit à sourire et elle l'embrassa sa meilleure sur sa tempe.

« Et je ressens de même. Je t'aime aussi Maur. Joyeux noël. »

« Joyeux noël Jane. »